Actualités

par MRC LORRAINE le Samedi 26 Juillet 2014 à 10:01


L'idée de la suppression de la bourse au mérite revient, très discrètement sur le devant de la scène. En plein mois de juillet, pendant les vacances, quand on peut en prendre. Cette bourse était une bonne idée. Elle fut instaurée en 2009, à l'époque par Valérie Pécresse pour permettre aux élèves méritants, de bénéficier d'un coup de pouce bienvenue d'un montant de 1800 euros par an pour celles et ceux qui avaient décrochés la mention «très bien» au bac. Cette mesure de suppression avait déjà été tentée l'année passée, or devant le tollé qu'elle avait suscité, il avait été décidé de la prolonger d'un an. Autrement dit, de ne pas prendre de décision.

Cependant, selon les chiffres du Ministère, le pourcentage des meilleurs étudiants boursiers en fin de licence est passé de 20 % en 2008 à 10 % en 2010 et à 2,5 % en 2012. Il existe donc un réel problème d'accès des catégories populaires aux strates les plus élevées de la formation universitaire. Ce n'est pas une découverte et qu'il faille revoir le système, c'est une évidence, mais pas au prix du sacrifice de la méritocratie républicaine.

Il est légitime de s'interroger sur le fonctionnement de la sélection des élites de notre pays. C'est même une obligation politique pour tout républicain qui se respecte. Ce qui veut donc dire qu'il est légitime de s'interroger et de se donner les moyens pour que les meilleurs des jeunes français puissent accéder aux meilleurs de nos établissements et de nos formations. Le pays ne peut et ne doit pas se passer de leur talent. La bourse au mérite est aussi un excellent moyen de dire et de signifier, qu'en retour, ils ont le devoir de se mettre au service de leur pays, d'une façon ou d'une autre.

Il est plus que temps de mettre un terme à une vision angélique ou consumériste de l'éducation. La Nation consent à un effort colossal pour la formation de sa jeunesse. Cet effort est tout sauf gratuit, il coûte cher, mais c'est d'abord un investissement. Un investissement sur et pour notre avenir. Pour l'avenir du pays. C'est une volonté politique et c'est la volonté de l'Etat républicain. Ce n'est pas un self-service ou l'on prend ce que l'on a envie d'y prendre. C'est un choix, c'est une orientation, c'est une volonté. Il a en principe tout à voir avec l'idée d'émancipation des peuples et rien avec l'autoreproduction d'un système de domination.

Dans l'idéal, l'école est un système qui permet aux hommes et aux femmes de sortir de leur condition. Si les résultats sont à l'inverse c'est qu'il y a un énorme problème. L'école est libératrice, elle ne peut être un outil d'enfermement.

Le problème va en réalité bien au-delà. Il pose en fait la question de la nature de l'Etat aujourd'hui. L'Etat peut-il être un outil au service de l'émancipation des masses ou n'est-il qu'un moyen de domination de celles-ci? C'est tout le pari de Jean Jaurès que de dire que l'Etat peut participer de l'émancipation qu'il traduisait par sa formule des «noces de la classe ouvrière et de la Nation».

Ce qu'il faut se dire, et ce dont il faut se persuader, c'est qu'aujourd'hui, du point de vue de la France, il faut réarmer. A tous les niveaux. Idéologique, intellectuel, politique, diplomatique, militaire, économique…Pour être encore plus clair, la France et la République doivent être en capacité de réaffirmer un discours sur la puissance et l'assumer totalement. La sélection, et le mot ne me fait pas peur, des meilleurs en fait partie.

Cela passe incontestablement par l'affirmation de former notre jeunesse et de lui dire que le moment venu, à son tour, elle lui devra servir. Servir son pays, servir la République. Que c'est une voie honorable.

La méritocratie républicaine doit donc rester une réalité, mais c'est l'ensemble de la jeunesse qui a le droit d'y prétendre. La République a donc l'obligation d'être à la hauteur de l'enjeu. Il ne faut pas s'y tromper, notre pays n'affichera aucune ambition s'il n'y a aucune ambition pour notre jeunesse, ce qui était le mot d'ordre du candidat François Hollande lors de la campagne présidentielle de 2012. Le mérite et l'ambition doivent fonctionner ensemble. La naissance, l'origine ou la condition n'y font rien. La France et la République ne peuvent aujourd'hui se passer du talent de personne et chacun doit pouvoir être reconnu et récompenser en fonction de ses mérites. Mais au cœur de ce dispositif l'amour du pays, la volonté de réussir, l'ambition collective doivent être au rendez-vous.

Notre pays regorge de talent et de jeunes ayant la volonté de réussir leur vie et de faire de brillantes carrières. Les plus méritants, issus des milieux n'ayant pas les réseaux et le capital culturel nécessaires à leur disposition, doivent pouvoir compter sur la puissance publique, dont c'est le devoir, pour atteindre ces objectifs. La question de l'égalité est donc au cœur de ce dispositif.

Il faut certes, trouver un système qui permette de cibler les étudiants à la fois réellement méritants et socialement moins favorisés. Mais je ne pense pas que ce soit cela le plus difficile. Mais les temps étant aux économies, petites ou grandes, il est clair que la tentation du Père Goriot semble plus puissante que celle du Discours à la jeunesse. On a l'ambition qu'on peut…

La Fédération

par MRC LORRAINE le Jeudi 17 Juillet 2014 à 14:03


Les Jeunes du Mouvement Républicain Citoyen constituent le mouvement de jeunesse du Mouvement Républicain et Citoyen, parti fondé par Jean-Pierre Chevènement en 1992, né de l'opposition au traité de Maastricht et à la première guerre du Golfe. Nous rassemblons toutes celles et ceux qui veulent oeuvrer en tous domaines à l’accomplissement de la République. 

Face à la mondialisation financière, contraire aux besoins de l’humanité et aux équilibres de notre planète, destructrice des cultures et des solidarités, les Jeunes du Mouvement Républicain et Citoyen veulent promouvoir l’indépendance de la nation, - cadre naturel de la démocratie -, la résistance à l’hégémonie libérale et oeuvrer pour un monde multipolaire refusant la loi des empires. 

Face aux dérives libérales, aussi bien de ceux qui ont oublié la nation que de ceux qui ont oublié le peuple, les Jeunes du Mouvement Républicain et Citoyen appellent à relever le défi lancé à la démocratie en faisant vivre aujourd’hui et concrètement l’exigence progressiste et républicaine. Nous affirmons que la souveraineté du peuple est l’outil de la liberté et la condition du plein exercice de la citoyenneté. 

La souveraineté populaire est la condition des libertés publiques, de l’égal accès à l’instruction et à la culture et des droits sociaux au travail, à un revenu décent, au logement, à l’accès aux soins. Les jeunes du Mouvement Républicain et Citoyen agissent, dans l’esprit de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen et du préambule de la Constitution de 1946, pour ancrer dans la réalité les principes républicains de liberté, de laïcité, d’égalité des droits et des chances, de justice sociale et de fraternité. 

Nous combattons les obstacles posés à l’accomplissement de chacun et les discriminations fondées sur la fortune, l’origine, le sexe ou les convictions. 

L’intérêt général doit dicter l’effort du pays pour promouvoir une croissance économique au service de l’emploi, respectueuse de l’environnement au service des choix exprimés par les citoyens. Il suppose un service public fort et moderne, un Etat anticipateur et mobilisateur, un environnement favorable à l’initiative des entreprises. 

Relever la valeur du travail est une exigence de justice sociale et une condition de la réussite individuelle et collective. 

Nous refusons de voir l’Union européenne devenir le relais de la mondialisation libérale et défaire les nations citoyennes. Nous refusons ainsi le saut fédéralNous nous prononçons pour une Europe des Peuple, respectueuse des nations qui la composent, ouverte à l’Est et solidaire du Sud. Nous voulons promouvoir le dialogue des cultures, à l’encontre des stratégies de confrontation Nord-Sud, et faisons du codéveloppement l’outil de la lutte contre le sous-développement et pour la justice. 

La nation citoyenne et laïque, qui unit des citoyens et non des communautés, est la matrice de relations internationales libérées de la domination, des régressions ethniques, éclairées par la recherche de valeurs universelles et refusant la marchandisation du monde.

Actualités

par MRC LORRAINE le Jeudi 17 Juillet 2014 à 13:51


Depuis la mise en ligne d'un projet de carte sur le site internet de l'Elysée, le grand bingo des régions a commencé. Contrairement au Sénat, l'Assemblée Nationale devrait adopter cette semaine une nouvelle carte et un nouveau calendrier électoral. Quelle carte? Nul le sait encore après un nouveau (mais est-ce le dernier?) rebondissement lors de la réunion du groupe majoritaire mardi matin. Cette confusion n'est pas le fruit du hasard: le gouvernement a ouvert une boite de pandore en touchant à la carte et a aussitôt suscité 577 vocations de cartographe parmi les députés. Jouer à «marions-les» ou à «divorçons-les» est un exercice facile et un peu vain.

La taille n'est pas l'enjeu

Personne n'est capable d'évaluer les économies attendues de par les fusions qui sont proposées. Il est par contre facile de prévoir les difficultés liées à des fusions pas toujours désirées et la nécessité de devoir conserver malgré tout une certaine proximité… On peut même prévoir que ces régions XL ne favoriseront pas l'impact du conseil régional. Elargissement et approfondissement marche rarement ensemble. La région dilatée Rhône-Alpes-Auvergne n'aura aucun poids face aux métropoles concentrées comme Lyon ou Grenoble. Ce n'est pas un hasard si la Bretagne, région la plus régionaliste, veut se tenir à l'écart du mouvement!

Il est assez infantile de penser que la taille serait un enjeu au niveau européen. La carte est un faux débat, le véritable enjeu ce sont les pouvoirs et les compétences. La France n'est pas un état fédéral comme l'Allemagne, la France n'est pas non plus une République régionalisée comme l'Italie. Ces deux modes d'organisation sont profondément étrangers à notre histoire et aux principes républicains qui sont constitutifs de notre pays. Chaque nation a son histoire et des principes politiques différents, il faut les respecter. Depuis l'affirmation de la monarchie, la France s'identifie à à un Etat central puissant. La décentralisation opérée à partir de 1982 n'est pas et n'a jamais été une fédéralisation du pays.

Une décentralisation jacobine: uniformité + unité = égalité

La décentralisation a respecté quelques solides principes. Le premier: il n'y a pas de pouvoir local. Divisées entre les trois collectivités (commune, département, région), sans toujours de cohérence, les compétences décentralisées sont partagées. Ce qu'on appelle aujourd'hui le mille-feuille n'est pas un accident mais une stratégie pour bloquer la constitution de pouvoirs locaux autonomes, pour empêcher les féodalités républicaines. La création des métropoles institutionnelles marque une rupture en aspirant l'ensemble des compétences locales sur un territoire et en soustrayant ces villes aux solidarités départementales. Ce risque de désagrégation territoriale est d'autant plus fort au moment où l'Etat se retire et où les préfets se muent malheureusement en animateurs territoriaux désargentés. L'uniformité n'a pas bonne presse alors que l'expérimentation et le particularisme sont à la mode. Là encore, on construit une organisation territoriale où risquent de se multiplier les statuts à la carte, et les organisations particulières qui rendent difficile l'action publique, qui complexifie au nom de la simplification…

Région XL: une «landerisation» plus confuse que crédible

Le pouvoir législatif n'a jamais été décentralisé et les collectivités locales disposent d'un pouvoir règlementaire limité et encadré. Ce pouvoir règlementaire limité est la garantie que la loi sur le territoire est la même pour tous. La dévolution du pouvoir législatif est une revendication ancienne et minoritaire à laquelle le gouvernement doit résister en ayant une vision claire du rôle de l'Etat et de son organisation territoriale. Commencer par le tripatouillage de la carte n'est guère rassurant de ce point de vue. Avec ses régions dilatées, centrées sur une improbable compétence économique largement partagée avec les métropoles, un pouvoir règlementaire totémique…le gouvernement conduit une «landerisation» molle, beaucoup plus confuse que crédible. C'est-à-dire avec les risques et sans les avantages attendus par ses promoteurs.

Trente ans après les grandes lois de décentralisation, il est nécessaire de mettre l'ordre dans la décentralisation. Mais ce n'est pas ni en jouant avec la carte ni en faisant de grosses régions ni en supprimant les départements qu'on y parviendra. La priorité devrait être de mettre de l'ordre dans les politiques locales pour les rendre plus efficaces, plus spécialisées mais aussi plus compréhensibles pour les citoyens.

Décentralisation: ne jouons pas aux apprentis-sorciers

Il ne faut jamais oublier que la décentralisation est une décentralisation de l'Etat. Parler de l'Etat (central) d'un côté et des collectivités locales de l'autre est une facilité de langage courante et un non-sens dans une République unitaire. La réforme territoriale est toujours une réforme de l'Etat. En France plus qu'ailleurs, l'Etat compte et structure fortement les représentations symboliques des citoyens. L'organisation territoriale du pays n'est donc pas un petit sujet avec lequel on pourrait jouer pour donner des gages de réformisme à la Commission européenne ou à Berlin.

Les résultats des élections locales (y compris pour les municipales de cette année) montre que nos concitoyens sont indécrottablement jacobins. Il est dangereux de nier cette donnée lourde: les citoyens sont beaucoup plus jacobins que les élus qui revendiquent toujours plus du pouvoir. Au fil des années, la gauche a abandonné beaucoup de sujets au Front National: le contrôle des flux migratoires, le patriotisme, le protectionnisme, la critique de la monnaie unique…en bâclant la décentralisation et en cédant à l'air du temps, le gouvernement prend le risque d'offrir un nouveau cheval de bataille au Front National: la recentralisation. Demain, il sera trop tard pour reprocher aux citoyens d'être attentifs à ce discours qui saura prendre des accents jacobins pour séduire.

Actualités

par MRC LORRAINE le Samedi 12 Juillet 2014 à 13:40


La troisième conférence sociale vient de s’achever. Elle a, cette année, été marquée d’une part par le boycott de la CGT, de FO, de Solidaires, puis de la FSU et d’autre part par la surenchère du MEDEF, exigeant un futur agenda social conforme à ses revendications, en particulier le report du compte pénibilité et la simplification du code du travail.

La plupart des commentateurs ont vu dans ces attitudes des postures et des stratégies syndicales guidées par un souci de positionnement et de court terme. Certains en ont conclu, à tort, qu’il fallait en finir avec ces grands messes et laisser les partenaires sociaux définir seuls leur agenda de travail. Pourtant, ce qui se joue est bien plus profond que des positionnements tactiques. Ce qui est en jeu en effet, c’est la capacité du pays à se moderniser et à faire du dialogue social un levier du redressement productif. Notre postulat est clair : le dialogue social ne s’oppose pas à la compétitivité. Il en est une des conditions de réussite, à l’instar de ce que l’Allemagne et les pays nordiques ont réussi à instituer depuis de nombreuses années.

Or, il y a un paradoxe français à éclaircir. Alors que l’ADN du gouvernement est de type sociale-démocrate, les compromis sont de plus en plus difficiles à trouver, hormis sur des sujets relativement consensuels comme l’apprentissage ou les seniors. Le bilan des deux premières conférences n’a pas été tiré et si aujourd’hui les PSE sont mieux négociés grâce à la loi sécurisation de l’emploi, les accords compétitivité-emploi se comptent sur les doigts d’une main. De son côté, la qualité de vie au travail reste trop souvent un angle mort des politiques d’entreprises, au moment même où la DARES publie les résultats d’une enquête qui montre que l’intensification du travail augmente partout, y compris dans la fonction publique, et que 150 000 personnes par an sont déclarés inaptes à leur poste de travail.

La social-démocratie classique semble en panne de méthode, de contenu et d’objectifs clairs. Il ne suffit pas chaque année de multiplier les tables rondes et de saturer l’agenda social pour modifier en profondeur la nature des relations sociales dans un pays profondément marqué par la lutte des classes. La profondeur de la crise, l’affaissement du potentiel productif du pays, la montée inexorable du chômage appellent une action tenace, volontariste fondée sur un diagnostic clair des difficultés.

Six attitudes menacent le dialogue social en France :
  • Le poujadisme patronal qui voit dans chaque syndicaliste un empêcheur de tourner en rond et un obstacle à la bonne marche de l’entreprise
  • Une certaine forme d’action syndicale qui confond syndicalisme et politique et voit dans tout conflit social le prélude à la grève générale
  • L’absence de perspectives de progrès qui oblige les syndicats à négocier dos au mur des reculs sociaux, ce qui à pour effet d’affaiblir leur légitimité
  • La volonté depuis Maastricht de tenir les représentants de la nation hors du champ social, alors que le nécessaire rééquilibrage des forces entre capital et travail des forces suppose une présence active de l’Etat définissant avec les acteurs sociaux des priorités, une hiérarchie des objectifs et des moyens réalistes pour les atteindre
  • La remise en cause de l’ordre social et de la hiérarchie des normes qui ne permet plus aux acteurs de négocier sur un terrain juridique solide
  • Le développement anarchique d’une bureaucratie administrative qui transforme l’or en plomb et qui fait d’une bonne idée- la prise en compte de la pénibilité- un épouvantail pour tout responsable de PME

    Le dialogue social, bien sûr, n’est pas une fin en soi. C’est un moyen au service d’un objectif, inscrit dans un contexte social et économique particulier. Or, l’heure n’est pas à la redistribution comme en période de croissance. La priorité du quinquennat de François Hollande est de remuscler l’appareil productif, d’investir, d’innover pour sauvegarder notre indépendance économique et tirer parti de nos atouts. Pour cela nous avons besoin d’un Etat stratège, d’organisations syndicales fortes, de salariés écoutés et respectés, d’entreprises créatrices de richesses, notamment sur le sol français. Nous appelons à une alliance des productifs à la fois contre la finance et les tenants de la décroissance. Nous ne sommes donc pas défavorables au MRC à une politique de l’offre, mais la nôtre ne se limite pas à la baisse du coût du travail. Elle repose sur le triptyque qualification-innovation-montée en gamme des produits et des services pour repositionner la France dans la mondialisation. Cela ne pourra se faire que si, parallèlement à la baisse du coût du travail, les conditions de travail au sens large s’améliorent, seul élément susceptible d’enclencher un cercle vertueux ou la mobilisation et l’engagement des salariés, y compris des cadres. Or l’actualité la plus récente conduit plutôt au constat inverse. Le burn-out explose et 1 à 3 millions de personnes sont susceptibles d’être touchées. Cette immense question n’a pas été abordée à la conférence sociale et personne n’a voulu l’inscrire à l’agenda. D’ores et déjà, ce sujet pèse sur la compétitivité des entreprises via la montée des coûts liés à l’absentéisme.

    Nous devons tenir tous les bouts : le social et l’économique, le court et le long terme, la performance des entreprises et donc l’engagement et la santé des salariés.

    Pour cela, nous formulons un certain nombre de propositions qui ont leur cohérence.

    - Il faut en finir avec le capitalisme de connivence et de réseaux. De ce point de vue, il faut résolument ouvrir le conseil d’administration ou de surveillance aux représentants des salariés comme le suggérait le rapport Gallois et comme le défend avec vigueur l’ancien patron de Saint Gobain, Jean-Louis Beffa. Il ne s’agit pas ici d’un simple principe démocratique mais d’un souci d’efficacité. Les administrateurs externes qui trustent tous les sièges connaissent mal les entreprises et le seul langage commun qu’ils utilisent est celui du capitalisme financiarisé qui dévitalise les entreprises. Les entreprises françaises ont ainsi appliqué de manière moutonnière les règles de recentrage sur le métier là ou les Chinois et les Allemands continuaient de croire aux vertus du conglomérat. Alstom a failli mourir avec ce type de stratégie. En outre, la présence d’administrateurs salariés assurera de manière efficace le contrôle des aides publiques bien plus que tous les comités ou observatoires mis sur pied par la conférence sociale. Nous proposons que dans les entreprises de plus de 800 salariés, deux administrateurs salariés puissent siéger avec voie délibérative. Nous exigeons en outre la suspension de toutes les aides pour les entreprises qui d’ores et déjà ne respectent pas la loi sur le sujet notamment dans la Grande Distribution

    - Il est nécessaire de répondre à la demande légitime des Directions d’entreprises autour de la simplification de certaines procédures sans se tromper de cible ni d’objectifs. Il est hors de question d’accéder aux demandes de réduction des seuils sociaux comme l’envisage le Ministre du Travail. En revanche il est nécessaire de regrouper certaines obligations de négocier. Nous proposons une obligation triennale de négociation, regroupant sous le vocable conditions de travail et populations au travail les négociations sur les RPS, l’égalité professionnelle, les séniors, le handicap, la qualité de vie au travail permettant notamment de réduire l’absentéisme et le nombre de maladies professionnelles. L’ANACT et l’INRS, agences d’Etat, fournissant pour l’occasion une aide méthodologique significative à la négociation.

    - L’appareil productif français ne doit pas être tiré par une logique de baisse des salaires mais par la progressive remontée en gamme des produits et des services fondés sur une plus grande valeur ajoutée. Si par exemple l’entreprise Caddy est aujourd’hui au bord de la faillite, la question n’est pas celle du coût du travail, mais d’une insuffisante capacité d’innovation et de diversification des produits. L’initiative de l’UIMM de développer des cadres à temps partagé pour les PME devrait également être encouragée. Depuis longtemps nous plaidons aussi pour que les PME ouvertes à l’export puisse embaucher un ingénieur qualité, un designer un responsable process avec une exonération totale des charges.

    Les républicains ne sont pas des étatistes. Dés la loi Waldeck-Rousseau, ils ont compris l’intérêt de reconstituer les corps intermédiaires pour réguler les compromis sociaux issus de la révolution industrielle. Inspirons nous de leurs pensées. A défaut de quoi nous aurons la guerre sociale et le déclin du pays.
Le niveau d’abstention, qui demeure élevé, est sans équivoque : une majorité de Français ne se sont pas rendus aux urnes, marquant ainsi leur désaffection vis-à-vis d’un Parlement sans légitimité ni pouvoir d’inflexion sur la conduite de l’Europe.

Au lieu de fustiger les abstentionnistes, il faut rechercher les causes de ce refus de se rendre aux urnes. Le mépris qui a suivi les résultats du référendum de 2005 est toujours vivace, comme le renoncement de François Hollande à renégocier le traité TSCG préparé par Mme Merkel et Nicolas Sarkozy.

Le MRC avait fait le choix de se tenir à l’écart de cette compétition électorale déconnectée des véritables enjeux, organisée en circonscriptions virtuelles et rythmée par un simulacre d’affrontement entre les candidats à la présidence de la Commission. C’est une indifférence collective légitime qui a dominé.

La campagne du Parti Socialiste autour de Martin Schulz aura démontré ici l’impasse de la fuite en avant supranationale et de la politisation artificielle à base de slogans et de promesses en très grand décalage avec la politique réelle que la coalition SPD-CDU mène à Berlin et l’austérité que Bruxelles cherche à nous imposer.

Face à un Parlement croupion et mal élu, le Conseil se retrouve plus que jamais au cœur de l’Union. Une responsabilité historique repose sur les chefs d’Etat, à commencer par François Hollande, pour refaire une Europe au service des peuples et des Nations.
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MRC - Union Régionale Lorraine
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