Contribution de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, à la commission d'enquête terrorisme.


Les attentats de 2015 appelaient une instance nationale de réflexion et d’évaluation. La mise en échec de notre politique anti-terrorisme et l’explosion d’une menace rendait indispensable un examen complet du dispositif de protection des Français. A la commission d’enquête parlementaire classique, on aurait dû préférer une commission nationale plus ouverte. Par son action terroriste, le djihadisme vise la démoralisation et le découragement des Français, la simple revue de détail des politiques publiques ne répond qu’imparfaitement à cet enjeu psychologique et civique à un moment décisif de notre Histoire où il faut garantir la résilience de la Nation et s’assurer de sa résistance à l’épreuve d’une menace proche, forte et durable.

Organisation des forces de l’ordre

L’organisation de nos forces intérieures segmentées entre forces de maintien de l’ordre, forces de réaction intermédiaire et forces d’élite ne doit pas être remis en cause. Les auditions et l’analyse de l’organisation des forces d’élite ont montré leur efficacité et le travail remarquable de ces agents mais aussi une certaine concurrence et un empilement de services qui appellent un regroupement des unités d’élite sous un commandant unique. Les attentats passés ont également mis en évidence l’entrainement insuffisant des forces légères pour faire face à ces situations : elles ne sont pas entraînées au tir de précision, insuffisamment équipées offensivement comme défensivement et manquent d’expérience des situations extrêmes.

Plusieurs mesures ont été prises par le gouvernement qui sont susceptibles d’améliorer les carences constatées : protocoles d’intervention conjointe entre les forces d’élite, effort d’équipement et d’entrainement des BAC et PSIG-sabre, décloisonnement géographique qui fluidifie les capacités d’intervention des BAC. L’objectif du ministère de l’Intérieur d’être en capacité de projeter des forces d’élite en n’importe quel point du territoire en 20 minutes devra être atteint.

Tribune de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, parue sur le site Huffington Post, mercredi 20 juillet 2016.


Pourquoi j'ai voté contre la prolongation de l'État d'urgence
Au lendemain du terrible attentat de Nice, le Président de la République a annoncé le prolongement de l'état d'urgence, le maintien de l'opération Sentinelle à son plus haut niveau (10 000 hommes) et l'appel à la réserve. Deux de ces mesures venaient directement contredire des annonces du jour même: sortie de l'état d'urgence et abaissement de l'opération Sentinelle. Annonces faites en toute connaissance de cause: risque élevé d'attentats, menaces directes, double assassinat de Magnanville... Il est donc tout à fait concevable de faire face à cette situation très grave sans l'état d'urgence. Comme tous les députés et sénateurs, j'ai dû faire un choix pour articuler l'exigence de sécurité, l'efficacité et le droit. Comme en mars et mai, j'ai choisi de voter contre.

Une utilité de quelques semaines

Cette procédure d'état d'urgence est trompeuse et n'a aucune utilité en matière de lutte contre le terrorisme. En novembre 2015, le premier état d'urgence, que j'ai voté, a permis de frapper fort. Mais son utilité a vite faibli. Dès la fin janvier, le président de la commission des lois a constaté son "essoufflement"... Les mesures de l'état d'urgence relèvent de la police administrative, du maintien de l'ordre et du travail des préfets, alors que la lutte contre le terrorisme appartient à la police judiciaire, au renseignement et aux magistrats antiterroristes.

J'étais membre de la commission d'enquête sur le terrorisme qui vient de rendre son rapport et nos travaux ont bien mis en lumière les limites de la procédure d'état d'urgence, comme de l'opération Sentinelle d'ailleurs, pour lutter contre le terrorisme.

Actualités

I Publié le Mercredi 6 Juillet 2016 par


Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mercredi 6 juillet 2016.


Sans vote, sans débat, l’Assemblée Nationale vient d’adopter une deuxième fois le projet de loi « travail ».

Le Premier ministre a la Constitution pour lui mais qui peut se satisfaire d’un tel déni de démocratie. Le Premier ministre a fait l’éloge de la majorité relative. Les Français lors des législatives de 2012 avait pourtant donné au Président de la République une confortable majorité absolue.

L’opposition de gauche au projet de loi n’a pas réussi de réunir les 58 députés nécessaires au dépôt d’une motion de censure. Comme en première lecture, avec Christian Hutin, nous faisons partie des 56 députés signataires du projet de motion de censure de gauche.

A l’Assemblée nationale, la droite a décidé de se retirer. La droite sénatoriale se contentera d’une motion de renvoi qui ouvrira la voie à une adoption définitive avant la fin de la session extraordinaire de juillet. Aucune main tendue n’a été saisie par l’exécutif. Le référendum que nous proposions aurait eu le mérite d’une sortie honorable et décente pour les partisans comme les opposants de la loi en donnant la parole au peuple.

La soi-disant démonstration de force n’est qu’une démonstration d’obstination. Quel gâchis !

Actualités

I Publié le Mercredi 6 Juillet 2016 par Mouvement Républicain et Citoyen

Mots-clés : école éducation

Par Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale à l'éducation, mercredi 6 juillet 2016.


Les lycéens lauréats sont légitimement fiers et heureux d’avoir obtenu le baccalauréat, qu’il soit technologique, professionnel ou général ; leurs parents aussi. Nous les félicitons.

Sur les 617 900 lycéens, le taux de réussite est de 87,8 %, soit une proportion de 77,2% de bacheliers dans une génération. Relevons le taux inédit de 91,5% de réussite au baccalauréat général.

Dans ce que l’UE qualifiait d’ « économie de la connaissance », la hausse générale du niveau d’instruction d’une classe d’âge est une vraie réussite et un vrai motif de satisfaction. Mais cette démocratisation de l’accès au savoir n’est pas corrélée à la réussite artificialisée du baccalauréat.

Les facteurs de cette réussite toujours plus importante ? Plus de documents à exploiter, moins d’apprentissage et de savoirs à mémoriser. Des injonctions faites aux correcteurs de faire preuve de la plus grande clémence, un objectif en termes de pourcentage d’admission fixé avant la correction. La question est posée : que vaut encore le baccalauréat ? Surtout lorsque l’on relève que le taux d’échec en première année d’université est de 44 %. Un indice de la dépréciation de ce diplôme ? L’université de Genève exige une moyenne de 12/20 pour admettre un bachelier français en son sein. Le bac seul ne suffit pas. La démocratisation scolaire ne doit pas se résumer à des scores dont le niveau est déterminé par les modalités de correction. La démocratisation scolaire est ce que la République doit à chaque élève : le plus haut niveau d’instruction pour chacun en fonction de ses capacités, et pas des objectifs politiques démagogiques. Parce que la sélection est différée et la frustration n’en sera que plus grande.

Le baccalauréat doit redevenir un diplôme sélectif et exigeant et les consignes de correction doivent être abandonnées, le MRC fait confiance aux enseignants pour évaluer de manière la plus juste. L’échec à un examen n’est pas un drame et encore moins une injustice sociale insupportable. Un examen est la sanction d’un niveau de maîtrise de connaissances et de capacités qui permettent de poursuivre sa formation, pas le quitus prouvant que ce qui compte, c’est de participer. La démocratisation scolaire ne doit plus être ce que la démagogie pédagogiste en a fait : une distribution de diplômes qui trompe les élèves sur leur niveau réel et les met en échec à l’université. La sélection voulue par les pédagogistes existe toujours, dissimulée et reportée, elle ne profite qu’à une catégorie sociale et renforce la reproduction sociale. C’est là une injustice sociale qui trahit le pacte républicain.

Actualités

I Publié le Mardi 5 Juillet 2016 par


Par Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mardi 5 juillet 2016.


Membre actif de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, j’ai voté ce matin l’adoption du rapport présenté par mes collègues Fenech et Pietrasanta. Lors de l’ultime réunion de la commission et au vu des 40 propositions du rapport dont je demande au gouvernement de se saisir, j’ai toutefois exprimé trois réserves :

- Le Pacte de sécurité de François Hollande doit se traduire par un effort budgétaire très significatif en faveur de la police et de la justice, en particulier pour la Police de l’Air et des Frontières et les Douanes. La sécurité privée a un rôle à jouer mais elle ne peut pas devenir le sous-traitant de la sécurité nationale.

- La sortie de Sentinelle doit être immédiate. Cette opération sans doctrine consomme nos forces armées sur des missions de police en pesant lourdement sur l’entrainement et le moral des troupes,

- Pour les forces d’intervention comme pour le renseignement, les regroupements doivent être plus importants pour mettre fin à la concurrence entre services.

Contraint par le formalisme de la commission d’enquête parlementaire, notre commission n’a jamais été un vecteur de mobilisation du pays comme aurait pu le faire une grande commission nationale. Dans un objectif de résilience et de résistance nationales, il faut que les travaux de la commission d’enquête soient largement diffusés et contribuent à développer une culture de l’antiterrorisme chez tous les Français. Les citoyens et les responsables publiques doivent apprendre à vivre avec un risque terroriste élevé et durable, sans se perdre, ni fuir les responsabilités.

Propositions de la Commission d'enquête Terrorisme by MRC_France

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mardi 5 juillet 2016.


Le gouvernement se satisfait de légiférer sans majorité avec un second 49.3 sur le projet de loi travail lors de la nouvelle lecture à l’Assemblée nationale.

Cette détermination pourrait être bien mieux employée...Cette mise en scène est faite pour Bruxelles comme une démonstration de parfait réformisme libéral.

Sans majorité parlementaire, contesté par une mobilisation sociale puissante, l'exécutif se serait grandi en faisant trancher cette bataille de légitimité par le peuple en organisant un référendum en septembre comme nous le proposons avec Christian Hutin.
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