Lundi 15 Décembre 2014

Crise ukrainienne, relations franco-russes, OTAN : une autre politique n’est pas un choix, c’est une nécessité !




Crise ukrainienne, relations franco-russes, OTAN : une autre politique n’est pas un choix, c’est une nécessité !
Les jeunes militants du Mouvement Républicain et Citoyen ont grandi et développé leur citoyenneté dans un monde, celui du XXIème siècle, connaissant une mutation majeure : le passage de la domination sans partage de l’hyperpuissance états-unienne (années 1990) à une humanité multipolaire (premières décennies du XXIème siècle).

Cette tectonique géopolitique, où les pôles de puissance s’entrechoquent et collaborent à la fois dans le cadre d’une globalisation peu ou pas maîtrisée, semble cependant difficile à appréhender pour certains éditorialistes, politiciens ou prétendus experts en France.

Ainsi, ces fameuses « élites mondialisées », qu’identifiait si justement Jean-Pierre Chevènement il y a déjà plusieurs années, éprouvent semble-t-il quelque difficulté à comprendre la recomposition du monde depuis la chute du Mur de Berlin et l’effondrement du bloc soviétique.

La crise ukrainienne, qui a débuté il y a désormais plus d’un an, jette une lumière crue sur la manière dont ces « porte-paroles » de la voix de l’Occident ignorent souvent les simples faits pour mieux relayer leur idéologie.

Il y aurait, à écouter ceux-ci, un nouveau Staline tyrannique et sanguinaire ayant de terribles visées impérialistes et menaçant la paix dans le monde (presque sic). Vladimir Poutine, et la Russie de manière générale, sont ainsi systématiquement pilonnés et caricaturés dans les tribunes fournies par des médias complices. Il convient de rappeler que ce n’est pas la Russie qui a provoqué ce conflit mais bel et bien l’Union européenne, qui, en voulant à marche forcée faire signer un accord politique et économique au Président ukrainien Viktor Ianoukovytch a attisé les tensions entre l’ouest et l’est du pays et bousculé les équilibres géopolitiques hérités de l’URSS. Peu importe les faits, la Pravda occidentale et atlantiste continue d’affirmer jusqu’à plus soif que « l’Europe, c’est la Paix » (complètement sic).

Il suffit de relire ou réécouter les propos tenus par Jean-Michel Apathie, Daniel Cohn-Bendit, de nombreux éditos du Monde et de Libération et plus ou moins tous les journaux télévisés qui, depuis un an, ne s’embarrassent plus franchement de retenue quand il s’agit de contribuer à la propagande otaniste. Même Caroline Fourest, qu’on a connue mieux inspirée, semble avoir renoncé à l’analyse nuancée d’une situation dont personne, en France et dans les pays occidentaux, ne peut prétendre détenir toutes les clefs de compréhension.

Toutefois, au-delà de ce triste portrait du monde politico-médiatique français, toujours aussi imprégné par l’idéologie néo-libérale, atlantiste et européiste, un évènement « impromptu » est venu nous interpeller, samedi 6 décembre 2014 : la rencontre entre le Président de la République François Hollande et le Président russe Vladimir Poutine.

Gageons que le dialogue sincère et la compréhension mutuelle sont la seule porte de sortie de cette guerre civile qui détruit l’est de l’Ukraine à petit feu. Le Président Hollande parviendra-t-il à s’affranchir de la tutelle des anglo-saxons pour réamorcer un dialogue fécond avec la Russie ?

Les Jeunes du Mouvement Républicain et Citoyen saluent d’ores et déjà l’initiative de cet échange avec le Président russe, qui ne peut-être que le commencement d’une réorientation de notre politique étrangère, et attendent de la part de François Hollande que jamais la voix de la France, ni ne s’éteigne, ni ne se soumette à qui que ce soit.

La parole de la France doit être celle de la Paix et de la sécurité mondiale, du dialogue entre États souverains et de la promotion du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, comme elle le proclama en 1789. La soumission aux dogmes de l’OTAN, alliance ethno-centrée et va-t’en guerre prétendant jouer le gendarme du monde sous la coupe américaine, est une impasse pour la France et ne permettra pas un apaisement durable dans l’est de l’Ukraine.

Les Peuples russes et français doivent retrouver la voie de l’amitié, du respect et de la compréhension mutuelle, qui est de longue tradition entre nos deux nations. La France doit également nouer un dialogue avec l’Ukraine sans lui faire miroiter une adhésion rapide à l’Union européenne et à l’OTAN, ce qui reviendrait à souffler sur les braises.

L’occidentalisme est une impasse, seule une politique étrangère indépendante et ambitieuse permettra à la France de retrouver sa place dans le concert des nations.


MRC - Union Régionale Lorraine
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