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Publié le Samedi 8 Septembre 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen

Six EPR en construction dès 2025 et report des 50% du nucléaire : une prise de conscience essentielle pour l'avenir de la France



Billet de Christophe Mouton, secrétaire national aux questions énergétiques

Les conclusions d'un rapport confidentiel recommanderaient au gouvernement français de démarrer en 2025 la construction de 6 centrales nucléaires de production d'électricité de type EPR pour un démarrage dix ans plus tard.     
Les raisons invoquées et communiquées par les médias, porteraient sur la préservation du savoir-faire de la filière industrielle nucléaire française tant pour la dissuasion militaire que la production d'électricité française.      

Le MRC salue cette prise de conscience et souhaite qu’une concrétisation suive très rapidement : le renouvellement du parc nucléaire français ne peut être différé indéfiniment - "a minima 1 MW sur 2" avait estimé en 2013 Christian BATAILLE, ancien député et auteur de la loi du même nom, aux Universités d'été du MRC à Coudekerque-Branche.        

L'électricité de qualité et à faible coût par un parc nucléaire aux technologies maîtrisées et associé aux barrages hydrauliques a façonné profondément la France, son industrie et sa société. C'est un facteur-clef du progrès français par l'essor du numérique et pour le renouveau de son industrie.

C'est ce que le MRC souhaite que le gouvernement français acte dans la définition de la PPE - Programmation Pluriannuelle de l'Énergie qui doit voir le jour dans les semaines à venir. L’annonce par le Premier ministre, ce 6 septembre 2018, du report à 2035 des « 50% » d’électricité d’origine nucléaire est une décision de bon sens qu’il convient de saluer et une bonne nouvelle pour nos usagers.
 
La France a non seulement les savoir-faire mais aussi la vocation d'accompagner les pays qui le souhaitent eux-aussi, à aborder l'après-pétrole et à diminuer leurs émissions de gaz à effets de serre : cette construction de nouvelles centrales - et particulièrement de ces 6 EPR, est essentielle pour succéder et remplacer une partie des réacteurs nucléaires français qui auront 50 ans de fonctionnement en 2035 et accompagner le développement industriel du stockage de l'électricité afin de réduire et viser l'arrêt de l'usage des énergies carbonées dans les différents secteurs comme l'habitat, le transport, l'agriculture. Pour rappel : en 2016 plus de 50% de l'énergie consommée en France provient encore du pétrole, du gaz et du charbon, voir référence : https://www.insee.fr/fr/statistiques/2016345  . Dans cette perspective, il sera même envisageable de ne plus produire d'électricité d'origine carbonée (10,3 % de l'électricité produite en 2017 voir référence http://bilan-electrique-2017.rte-france.com/production/le-parc-de-production-national/).

La construction européenne devait permettre cette émancipation mais l'Histoire jugera l'opposition de notre voisin allemand face à cette opportunité qui s'offrait à la France d'accompagner et de fournir à ses partenaires et voisins une énergie propre : l'arrêt de la collaboration franco-allemande sur le développement de l'EPR, la construction par l'Allemagne sur son sol de centrales à charbon et au gaz russe ainsi que le déploiement massif d'éoliennes et de panneaux voltaïques chinois, le manque d'investissements dans des infrastructures réseau de transport d'électricité inter-pays...     
la dérégulation du secteur de l'électricité par les directives européennes vise la France et le réseau électrique du continent européen est fortement malmené : la fréquence de 50Hz s’avère de plus en plus difficile à maintenir avec ces pics de production d'énergies intermittentes rendus prioritaires sur le réseau électrique et tout en ayant un bilan carbone désastreux (voir la carte des émissions de CO2 en temps réel sur le site internet https://www.electricitymap.org  pour la seule production d'électricité)         

La question du modèle énergétique français ne se posait pourtant pas : il a fait ses preuves lors de la reconstruction de la France. C'est une approche velléitaire et ambitieuse : un service public au service de tous.  
Le gouvernement français s'apprête à faire face à des difficultés sans nom pour la gestion de l'eau, aussi bien pour l'agriculture que pour le refroidissement des centrales électriques, que les barrages hydrauliques privatisés refuseront d'assumer. L'exemple/l'échec des concessions d'autoroutes ne contribuant plus à l'entretien et au développement du réseau routier secondaire est pourtant devant nous.  

Il est même à se demander ce qui, dans cette annonce - à confirmer - de 6 EPR, trouverait grâce aux yeux du Président Macron, lui qui dénonçait en tant que ministre de l'économie, l'appropriation des bénéfices par les salariés du groupe public alors qu'en même temps, il reconnaissait à quelques semaines d'intervalles les ponctions d'une vingtaine de milliards d'euros par l'État ayant obéré les capacités d'investissements d'EDF.

Une hypothèse réside dans un démantèlement d'EDF : demandée par la commission européenne, elle fait l'objet de rumeurs régulières provenant de banques d'affaires et un ministre démissionnaire s'en vantait dans la presse britannique : un tel démantèlement ferait augmenter l'action et permettrait sa vente pour financer le plan d'investissement pour l'innovation du Président Macron tout en ouvrant la voie à des augmentations mécaniques du tarif dont profiteront les nouveaux acteurs privés.
 
 
 

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