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Publié le Vendredi 16 Novembre 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen

Communiqué commun APRES / MRC : 17 novembre : l’exaspération populaire est une aspiration à la justice sociale


Mots-clés : gilets jaunes


 

La politique du gouvernement Macron-Philippe depuis le début du quinquennat consiste à ponctionner les classes populaires et moyennes pour redistribuer l’argent public à perte aux plus riches ou aux entreprises sans ciblage ni contreparties. Au total c’est plus de 40 milliards – dont 3 Milliards d’ISF – de cadeaux fiscaux en leur faveur en 2019. Cet argent permettrait une politique de relance du pouvoir d’achat et des investissements publics en particulier pour la transition écologique, les transports en commun, les énergies renouvelables, la relocalisation des activités.
Alors oui, la colère des Français contre cette politique qui n’est ni écologique, ni juste est légitime. Bon nombre de nos concitoyens n’y arrivent plus, ont des difficultés pour se déplacer, se chauffer, finir leur fin de mois et ne veulent plus subir cette politique libérale inique.


Les centaines de rassemblements prévus samedi dans toute la France par le mouvement spontané des « gilets jaunes » sont l’illustration d’une résistance populaire.
Dans son intervention télévisée, Emmanuel Macron explique l’intérêt de l’impôt. Mais à aucun moment il ne rappelle que le consentement à l’impôt républicain est fondé sur une juste contribution de tous les citoyens à proportion de leurs facultés économiques. Or ce principe essentiel issu de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen qui préside à l’architecture fiscale de notre pays est bafoué de façon très violente par La République en Marche. Le parti présidentiel fait reposer l’effort fiscal et contributeur sur les classes moyennes et populaires avec la TVA, la hausse de la CSG et la hausse des taxes sur le carburant. Des impôts qui se sont pas progressifs et on sait que les impôts indirects – même peints en verts – sont particulièrement injustes puisqu’ils touchent beaucoup plus les couches moyennes et populaires. La fiscalité écologique doit prendre d’autres voies.


Cette injustice fiscale et sociale se double d’une injustice territoriale. Ce sont en effet souvent les mêmes villes, villages, quartiers qui subissent la politique de casse des services publics : santé, lignes de trains, gares, transports en commun, postes, centres de finances publiques, et même l’école.


Le manque de logement à prix abordable, le coût exorbitant du foncier dans les centres, l’absence d’aménagement durable du territoire pousse au développement des périphéries et amène toujours plus les Français à prendre leurs véhicules pour se déplacer, faute d’alternatives. Seule une planification écologique, de nouvelles visions de l’organisation des territoires permettront de répondre à l’impératif écologique d’une réduction de la pollution et des gaz à effet de serre par une réduction du recours à l’automobile.


La démission de Nicolas Hulot, il y a maintenant deux mois, était une alerte politique sur l’orientation des réformes économiques et écologiques d’Emmanuel Macron. Et pourtant rien n’a été retenu de cet acte porteur d’une exigence de cohérence sur l’ambition écologique de la France. Le locataire de l’Élysée a continué sa politique favorable aux lobbies des énergies fossiles, au monde de la finance et aux plus riches. Derrière ses discours et son itinérance qui était censée montrer sa proximité et son écoute avec le peuple, se cache en réalité un vrai mépris : en fait, nos concitoyens auraient besoin de pédagogie ! Ils ne comprendraient pas l’intérêt de ses choix. Emmanuel Macron ne veut ni comprendre, ni changer de politique. Or c’est la seule chose à faire et les Français ne se laissent pas tromper par des effets de communication, ils jugent les faits, la réalité de leur vie quotidienne !


Nous demandons l’abandon de ces hausses de taxes sur les carburants, une stratégie plus progressive de la convergence essence/diesel. La fausse alternative posée par le Premier Ministre (on taxe les carburants ou on taxe le travail) écarte sciemment les vraies solutions fiscales: la taxation des capitaux (et de leurs mouvements), des hauts patrimoines, la taxation du kérosène, prélèvement sur les profits exceptionnels des grandes entreprises pétrolières ou qui traite l’eau, les déchets, ou encore sur les concessions autoroutières actuelles.


Cette fausse alternative qui consiste à taper sur la France modeste oublie de préparer l’avenir : il faut s’attaquer aux causes et aux responsables de nos problèmes écologiques.


Nous souhaitons donc le succès du mouvement du 17 novembre. Il ne correspond pas aux formes traditionnelles de mobilisation sociale, mais il exprime lui aussi une aspiration à l’égalité qui a toujours été au cœur de notre engagement. Pour nous l’écologie, l’égalité républicaine, la justice sociale sont inséparables.


Il est trop confortable de ne pas répondre à la colère des Français au motif qu’ils seraient manipulés ou de n’apporter aucune réponse effective à leur difficulté. Nous n’avons jamais défendu le rejet de l’impôt, accompagné les sirènes démagogiques ou libérales de l’overdose fiscale. En revanche la situation actuelle est insupportable: il faut la justice fiscale, un impôt progressif et républicain, et une véritable révolution fiscale que la gauche a eu bien tort de ne pas mettre en œuvre.


Nous engageons nos militants, et tous ceux qui partagent ses objectifs à formuler des alternatives concrètes pour la relance du pouvoir d’achat, une programmation ambitieuse de la transition écologique, une réforme fiscale globale, un nouveau déploiement des services publics partout et pour tous et à participer aux mouvements, actions et mobilisations qui y concourent.


Comme toujours, nous voulons apporter des réponses aux attentes légitimes des Français :
 
  • Par une politique de relance par la feuille de paie pour agir sur le pouvoir d’achat, d’abord, parce que –contrairement aux riches – ce que gagnent en plus les ménages modestes et moyens est dépensé en grand partie au bénéfice de la production nationale ;
  • En terme de transports et de mobilité, à l’opposé de la logique libérale et destructrice qui a présidé par une politique de développement du service public ferroviaire (contrairement à la réforme du rail) et un investissement public massif dans les solutions de transport public urbain et périurbain la réforme de la SNCF qui conduira à de nouvelles fermetures de lignes ferroviaires et à une dégradation des services publics de transports ;
  • En termes de relocalisation de l’activité donc des emplois, par une régulation publique et une restauration de la politique industrielle – plutôt que des exonérations indifférenciées de cotisations qui n’ont jamais fonctionné, un soutien ciblé à la modernisation de l’outil de production, une législation qui favorise la reprise des établissements par les salariés quand les groupes cherchent à se débarrasser de ceux qui sont pourtant viables et efficaces, une stratégie offensive du capital public, etc. – ce qui permettra de répondre aux besoins d’emplois et de réduire les déplacements domicile travail ;
  • en termes de transition énergétique avec la création d’un véritable pôle public de l’énergie qui investisse réellement dans les énergies renouvelables et le stockage (ce que ne fait aujourd’hui sérieusement aucun acteur du marché car le stockage efficace signifierait une baisse massive du prix de l’énergie) et nous permette de nous libérer de la géopolitique du pétrole qui conduit la France à se soumettre aux pétromonarchies du Golfe ;
  • En termes de justice fiscale, qui ne saurait faire l’économie d’une remise à plat complète car notre système républicain a été rendu à la fois inégalitaire et insuffisamment efficace, après des années de bricolages fiscaux et de réformes injustes : rétablir l’ISF, rétablir la progressivité de l’impôt sur le revenu et permettre ensuite sa fusion avec la CSG, rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée entre le capital et le travail, ponctionner les secteurs improductifs (finance, immobilier) et les rentes pour alléger en contrepartie les prélèvements sur les revenus du travail, moduler l’IS en fonction du différentiel d’évolution entre masse salariale et dividendes distribués, rééquilibrer la charge fiscale entre les grands groupes et les multinationales (taxe GAFA), sous-taxés, et les petites entreprises, « verdir » notre système de prélèvements obligatoires en substituant à une partie des taxes à la consommation (TVA, accises), des impôts sur les nuisances environnementales, moderniser la fiscalité locale pour la rendre plus juste et fournir aux collectivités territoriales les moyens de faire face aux besoins de leur population, se donner l’objectif de réduire de moitié la fraude fiscale et aux cotisations sociales ;
  • Par une TICPE « flottante intégrale » pour permettre l’établissement d’un prix fixe des carburants et ne plus assujettir les ménages aux évolutions brutales du cours du baril de pétrole.

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