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I Publié le Jeudi 24 Septembre 2015


Par Christian Hutin, député du Nord et vice-président du MRC, jeudi 24 septembre 2015.


A l’initiative de Gerard Bapt, député socialiste et président du groupe d’amitié France-Syrie à l’Assemblée nationale, et accompagné de Jerome Lambert, député RRDP de Charente, je me rendrai en Syrie du 26 au 30 septembre. Je rencontrerai à Damas des parlementaires et officiels syriens ainsi que des responsables religieux. Quel est le sens de ce voyage ?

La Syrie connait la guerre civile depuis maintenant 4 ans et se trouve aujourd’hui prise à la gorge par l’expansion de l’Etat islamique jusqu’aux portes de Damas. C’est le peuple qui est touché le premier par ces conflits croisés, comme le montre l’afflux de réfugiés auquel nous faisons face en Europe. Notre visite vise donc d’abord à exprimer notre solidarité avec les victimes et leurs familles. Nous souhaitons également constater la situation humanitaire sur le terrain, les besoins alimentaires, la situation des réfugiés membres de toutes les communautés religieuses ainsi que la situation des hôpitaux.

Sur plan politique, notre message n’est pas le soutien à Bachar Al-Assad, question qui obnubile les médias, mais la nécessité pour la France du dialogue avec les différents acteurs syriens, ce qui inclut le régime. La sortie de la guerre civile ne sera possible que par la construction d’une solution politique viable et non par un effondrement brutal du régime syrien dont les effets seraient catastrophiques. Il est essentiel de concilier la préservation de l’Etat syrien et de son intégrité territoriale avec la préparation d’une transition politique. Au Moyen-Orient comme en Afrique du Nord, la destruction des Etats a été expérimentée pour le plus grand malheur des peuples et la sécurité de la région, comme nous le disons depuis longtemps au MRC.

De la même manière, la lutte contre Daech dans laquelle la France est engagée en Irak comme en Syrie ne peut faire l’économie d’une coordination avec le régime, faute de quoi les frappes seront inefficaces. Le retour autour de la table de puissances régionales telles que l’Iran ou la Russie est une bonne nouvelle, pourvu que nous ne nous mettions pas des bâtons dans les roues en faisant du départ de Bachar Al-Assad le préalable à tout contact avec l’Etat syrien.

Enfin, je crois utile de préciser que ce voyage est effectué à titre privé, ce qui signifie que nous n’entendons pas engager la parole de France et que nous finançons nous-mêmes ce déplacement. Nous concevons notre démarche comme une incitation personnelle au dialogue.

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I Publié le Lundi 21 Septembre 2015 par

Mots-clés : euro europe grèce

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, lundi 21 septembre 2015.


Syriza a largement remporté hier les élections législatives anticipées en Grèce. Avec un score proche de celui de janvier 2015, présenté à l’époque comme un triomphe, Alexis Tsipras est dès aujourd’hui en capacité de former un nouveau gouvernement en renouvelant sa coalition avec les Grecs Indépendants.

Deux mois après un mémorandum imposé au gouvernement grec par ses créanciers européens, les Grecs ont tout d’abord montré la constance de leur soutien à Alexis Tsipras et à son combat courageux. Le lien n’est pas rompu, bien au contraire. Les Grecs ne semblent pas partager les accusations de « trahison » proférées ici et là en juillet dernier. Le parti Unité populaire, issu de la scission avec Syriza, n’entre pas au parlement faute du soutien des Grecs qui ne souhaitent pas sortir de l’euro, encore moins être poussés dehors dans les pires conditions.

Beaucoup d’économistes considèrent que le redressement grec n’est pas possible dans le cadre de la monnaie unique. Ces arguments de laboratoire sont extrêmement convaincants mais ils ne peuvent être imposés à des citoyens qui vivent une crise autant politique qu’économique. L’euro, monnaie unique, est sans doute une monnaie condamnée mais les Grecs refusent d’être les cobayes d’une sortie sauvage, voire d’une expulsion, de la zone euro. C’est le sens de la nette victoire de Syriza.

En renouvelant le mandat du Premier Ministre, les Grecs ont refusé les voies sans issue : tout d’abord, celle du retour au pouvoir des partis traditionnels sclérosés, responsables, en grande partie, des plans d’austérité successifs qui auront coûté 25% de PIB à la Grèce mais surtout tenants d’un système oligarchique dont le peuple grec souhaite se débarrasser. De ce point de vue, la réélection de Syriza est également un encouragement aux premières réformes de moralisation de la vie politique engagées par Tsipras.

En permettant à Tsipras de conserver une majorité avec les Grecs Indépendants, les électeurs ont également balayé la solution d’une grande coalition demandée par l’Union européenne. Une telle option n’aurait offert aucun débouché politique autre que l’application à la lettre et sans discernement du mémorandum de juillet. Les Grecs entendent toujours faire leur choix politique en conscience.

La question centrale est à présent celle de la renégociation de la dette et la marge de manœuvre laissée par les créanciers, notamment sur le plan des réformes intérieures. A cet égard, la visite de François Hollande en Grèce, annoncée hier, est bienvenue mais ne sera utile que si la France entend jouer un rôle déterminant dans les négociations de novembre prochain sur l’allégement de la dette grecque. La place de la France est plus que jamais aux côtés de la Grèce dans l’intérêt de l’Europe elle-même.

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I Publié le Jeudi 17 Septembre 2015

Mots-clés : école

Communiqué de Bastien Faudot, porte-parole du MRC, jeudi 17 septembre 2015.


Le Mouvement Républicain et Citoyen exprime son soutien aux personnels de l’Education Nationale mobilisés contre la réforme du collège prévue pour la rentrée 2016.

Cette réforme procède d’une approche démagogique qui accroîtra la ségrégation scolaire à laquelle elle prétend s’attaquer. En supprimant l’apprentissage du latin et du grec, en diluant les savoirs dans des enseignements interdisciplinaires à la carte, en mettant fin aux dispositifs d’excellence que sont les classes bilangue, l’esprit égalitariste et compassionnel de la réforme accentuera le nivellement par le bas des enseignements et dépréciera la qualité de l’école publique.

Derrière les alibis pédagogiques invoqués par le Ministère et en en fait dictés par l'OCDE, ce sont les logiques comptables qui conduisent à la fermeture des filières d'excellence.

L'école doit redevenir l'instrument de la méritocratie, en récompensant l'effort, en permettant la promotion par le travail. En fermant ces filières et en engluant les établissements dans les difficultés de leurs territoires, le gouvernement réinstalle une sélection par les revenus. L'école doit apporter aux enfants ce que leur famille ne peut leur offrir.

Ainsi, le renforcement de l’autonomie des collèges, en fait plus de pouvoir concédé aux chefs d'établissement, favorise l’inégalité territoriale et instaure la concurrence des établissements. C’est l’unité de la République qui est menacée.

L’école de la République a d’abord besoin de repères, mais aussi de constance. La frénésie des réformes ne permet aucune continuité ni sérénité dans l’exercice des missions essentielles dévolues à cette institution.

Il est indispensable que La Ministre de l’Éducation Nationale entende enfin les professeurs et revienne sur le processus d’une réforme engagée au pas de charge. Il n’y a pas de déshonneur à enclencher la marche arrière quand on a emprunté une voie sans issue. La précipitation pour faire appliquer cette réforme a provoqué une rentrée brouillonne, les programmes devant s'appliquer en Septembre 2016 ne sont toujours pas prêts. Les enfants méritent mieux.

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, jeudi 17 septembre 2015.


L’Assemblée nationale valide aujourd’hui l’accord franco-russe réglant l’affaire des Mistral. Cet accord prévoit le versement de près d’1 milliard d’euros indemnisant la Russie pour l'annulation de la vente de 2 porte-hélicoptères par la France, suite à la crise ukrainienne.

Le coût pour la France est supérieur car s’ajouteront la mise aux normes de sécurité de l’OTAN nécessaire pour espérer une revente et la couverture, garantie par le Gouvernement, de la marge des entreprises concernées. Ni l’existence de repreneurs potentiels (Egypte, Arabie Saoudite), ni les astuces de financement par la Coface ne masquent le manque à gagner réel pour notre pays.

Enfin d'autres pertes à moyen et long terme doivent être attendues, sur de futurs contrats d'armements que les acquéreurs potentiels pourraient hésiter à signer s'ils jugent que la France n'est plus un partenaire crédible – c'est à dire capable d'honorer sa parole et ses livraisons, indépendamment notamment de la politique étrangère des États-Unis.

A cet égard, quelles que soit les précautions prises par le gouvernement, cette décision constitue un mauvais coup porté à toute une filière, ses entreprises et ses emplois.

Si d’un point de vue comptable cet accord est perdant pour la France, il l’est aussi et surtout sur le plan politique.

En refusant de céder les 2 Mistrals vendus, avec pour objectif affiché de sanctionner la Russie, la France a choisi en septembre dernier le parti pris dans le conflit ukrainien plutôt que la médiation et l’apaisement. Un an plus tard, la fragilité du cessez-le-feu et l’absence de perspectives donnent tort à cette stratégie. La crise ukrainienne et ses suites constituent un cas complexe procédant de provocations répétées de part et d’autre et non d’une simple volonté expansionniste russe. L’application aujourd’hui imparfaite des accords de Minsk 2 témoigne d’une responsabilité partagée entre gouvernement et forces pro-russes.

L'annulation de la vente des Mistral comme la pérennisation du conflit ne servent que ceux qui ont intérêt à rejouer le scénario d'une Guerre froide pourtant achevée depuis plus de vingt-cinq ans.

La Russie est un partenaire essentiel pour la France et un acteur clé pour l’équilibre de l'Europe. Son affaiblissement économique, relevant pour partie des sanctions appliquées par l’Union européenne, constitue une menace sérieuse pour le reste du continent et contribue à pousser la Russie dans les bras de la Chine.

Il est nécessaire pour la France de faire évoluer sa stratégie à l’égard d’un pays avec lequel les liens historiques sont forts. Honorer notre parole sur le strict plan commercial eût été un premier pas bienvenu. Il convient également pour l’Union européenne d’envisager la levée de sanctions économiques dont l’effet est quasi nul sur la situation en Ukraine, mais bien réel sur nos exportations.

Les députés du MRC s’abstiendront sur l’ « accord Mistral », un accord doublement perdant, doublement absurde.

Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mardi 15 septembre 2015.


L’Assemblée nationale a débattu aujourd’hui des frappes aériennes que la France effectuera en Syrie, comme l’a annoncé le Président de la République la semaine dernière. La France participe depuis un an à la coalition dans le cadre de l’opération Chammal et Daech n’a pas reculé.

Confrontée au terrorisme de Daech depuis le début de l’année, la France choisit d’élargir son action tactique dans un cadre stratégique et diplomatique qui ne fonctionne pas. Même les Américains, qui en sont à l’initiative, en font un bilan très mitigé et sans grandes perspectives.

La France fait depuis le début de la guerre civile syrienne un contre-sens flagrant en donnant la priorité absolue à la chute du régime. Cette extension des frappes doit être l’occasion d’en finir avec le mot d’ordre cher au Ministre des Affaires Etrangères, « Bachar tombera ». Sans blanchir le régime de Damas, il faut mener maintenant une diplomatie réaliste qui permette une action militaire d’envergure contre Daech.

Face à Daech, la France est à la fois une cible et un vivier de recrutement. Cette extension des frappes doit répondre aux attentats perpétrés en France depuis le mois de janvier. La France doit se fixer des objectifs anti-terroristes comme l’élimination de la hiérarchie de cette organisation terroriste. Devant la difficulté de bâtir une véritable coalition contre Daech, il ne faut pas que ces frappes, à moyens constants, relèvent de la seule communication, en prétendant riposter a posteriori aux attaques terroristes de Daech ou traiter à la racine la crise des réfugiés.


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Voiture rouge à un feu
Thierry Cotelle
Président du MRC
Conseiller régional d'Occitanie