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I Publié le Mardi 8 Décembre 2009 par MRC


Le Mouvement Républicain et Citoyne et le Parti Radical de Gauche se sont rencontrés le 8 décembre 2009 au siège du Parti Radical de Gauche.
Les deux délégations étaient conduites par Jean-Michel Baylet et Jean-Pierre Chevènement. Les deux partis ont publié le communiqué suivant :


« Nos deux partis ont affirmé leur identité ancrée dans les valeurs communes de citoyenneté et de laïcité et sur une démarche républicaine partagée, fondée sur la recherche de l’intérêt général.
C’est cette approche politique commune qu’ils entendent poursuivre ensemble comme la meilleure réponse à la crise actuelle.
Ils ont engagé l’un et l’autre des conversations avec le Parti Socialiste en vue des élections régionales.
Ils entendent faire respecter leur personnalité en vue d’un accord national PS-PRG-MRC.
Ils situent cette échéance régionale dans la perspective d’une reconstruction de la gauche en 2012 autour d’une identité républicaine refondée. »

Une tribune de Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin Bicêtre, paru sur Rue89


Pour Noël, Christian Blanc offre un train électrique à la région capitale
Ma famille politique, jacobine et décentralisatrice, n'est pas hostile par principe au retour de l'Etat en Ile-de-France. Aucun territoire n'appartient aux seules collectivités locales et aux élus du cru, encore moins la région capitale.

Malheureusement, ce retour se fait aujourd'hui de manière très contestable, presque caricaturale. M. Blanc pense être l'héritier du baron Haussmann et de Paul Delouvrier, il serait plus juste de le décrire comme le petit-fils du Père Noël et du Père Fouettard.

Voilà donc le Père Noël qui dépose, sous le sapin des Franciliens, un magnifique train électrique, 130 kilomètres, rapide, 40 gares… bref moderne. Le secrétaire d'Etat n'a pas de mots assez beaux pour le décrire. L'Etat va investir un peu mais mobiliser tous les moyens de la puissance publique et les outils opérationnels pour avancer vite, quitte à court-circuiter le débat public et les citoyens. Le projet de loi évoque 800000 emplois, 9 clusters reliés entre eux…

L'Ile-de-France est invitée à prendre le train pour le XXIe siècle. Le tracé est ambitieux et large quand l'opinion peine à bien cerner l'action des collectivités locales franciliennes, émancipées en matière de transports seulement depuis 2005.

Sous le charme, nous devrions applaudir la vision du secrétaire d'Etat. Parallèlement, dix grandes équipes internationales d'architectes ont dessiné le futur de l'Ile-de-France. Les images sont belles, contradictoires entre elles, contradictoires avec le projet de M.Blanc mais qu'importe c'est Noël…

Tout va bien se passer d'autant que le Père et le Fils veillent. Malheureusement, la magie de Noël ne dure jamais et nous serons vite le 26 décembre et il restera alors une interrogation inquiète : ce secrétaire d'Etat ne serait-il pas plutôt le Père Fouettard ?


Le pire de la méthode technocratique

Commençons par la méthode. La critique est facile, à peu près systématique et souvent convenue. Dans ce cas précis, elle ne manque pas de pertinence. Pendant une année, le secrétaire d'Etat s'est enfermé dans son ministère avec une équipe réduite pour élaborer le projet. M.Blanc revisite le pire de la méthode technocratique : absence de débat sur les finalités considérées comme des évidences et débat tardif et marginal sur les moyens.

Présenter le débat actuel comme une bataille de pouvoirs et d'égos est très commode pour le secrétaire d'Etat. Le fond de l'affaire est que le train électrique est un projet dangereux qui roulera à vide et à contresens. Ce train traversera sans s'y arrêter les territoires franciliens, reliant une dizaine de clusters aux aéroports et aux gares.

Ce train sera vide parce qu'il repose sur une conception fausse des transports de banlieue à banlieue. Il va favoriser l'urbanisation périphérique et l'étalement urbain au moment où la priorité est de bâtir une ville compacte, économe en énergie. A quelques jours du sommet de Copenhague, le parti-pris du projet de M. Blanc est clairement pré-Kyoto.

Plutôt que de répondre aux besoins de déplacements inter-banlieues dans la zone dense et d'y créer une véritable armature métropolitaine, le projet de Société du Grand Paris choisit la fuite en avant, hors du réel. Ses hypothèses économiques sont irréalistes et les chiffres de créations d'emplois ne sont pas sérieux.

L'Ile-de-France va, et doit, croître, plus vite que la moyenne nationale mais jamais ne seront atteints les chiffres agités par l'Etat. Le volet caché du Grand Paris serait-il une politique nataliste francilienne ?

Quatre ans après les émeutes de 2005 dont les images ont été diffusées dans le monde entier sous le nom de « Paris riots », le malaise social reste entier et déborde les quartiers populaires. Les émeutes n'ont pas qu'un impact négatif en matière de « marketing territorial » ; la justice sociale est nécessaire à la compétitivité.

L'Ile-de-France a besoin de raccrocher ses quartiers populaires. Notre région sera invivable sans sa classe moyenne et sans emplois intermédiaires qualifiés. Dans le schéma de M. Blanc, la métropole sera duale juxtaposant des zones d'hyper-compétitivité reliées entre elles et des territoires à l'abandon. La globalisation pousse dans ce sens.


En compétition avec Lille, Lyon et Nantes pour le cadre de vie

Tout l'enjeu pour les politiques publiques est de contrecarrer ce mouvement, pas de le précipiter. Il ne s'agit pas de défendre une « Ile-de-France village » (formule de la tête de liste Europe Ecologie en Ile-de-France) mais de conforter le rôle de Paris dans l'économie-monde en assurant la cohésion sociale. La métropole francilienne doit être compétitive, solidaire et vivable.

Avant même d'être en compétition avec Londres, New York et Tokyo…Paris l'est avec Lille, Lyon et Nantes pour la qualité de vie. En réduisant le « Grand Paris » à un projet de transport et de développement économique, en ignorant la construction de logements abordables, nous nous préparons collectivement un avenir très difficile. Convaincu que la dualité est nécessaire ou fatale, M.Blanc ne s'arrête pas à ces subtilités. Le train doit rouler.

Le rapide débat parlementaire est sans grand espoir. La bataille reprendra le 21 mars au lendemain des régionales et tous ceux qui ont à cœur l'avenir de la métropole francilienne devront s'atteler à mettre en échec- même si c'est regrettable du point de vue des principes républicains- ce projet insensé.

Le MRC a décidé de ne pas participer aux débats sur l’« identité nationale » organisés dans les préfectures à l’initiative du Président de la République avant l’échéance des élections régionales.


Nul plus que nous n’est convaincu de l’importance d’affirmer, dans un monde en perte de repères, l’identité républicaine de la France, fondée sur un message universel. C’était le projet de la Révolution française. Aujourd’hui, même si la France n’a évidemment pas commencé en 1789, et se définit surtout à travers sa langue, le français, c’est bien le message de la République qui mérite d’être entendu haut et fort. L’identité de la France c’est celle de ce message universel qui se décline dans les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.

Mais nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de l’identité républicaine de la France, qui, dans les mains du ministre à la fois chargé de l’immigration et de l’identité nationale, se charge d’un sens défensif. L’heure est à la compréhension du monde qui vient, celui du XXIè siècle, avec les repères solides fournis par l’héritage des Lumières. Elle n’est pas au repli identitaire sur un idéal national frileux qui tournerait le dos à la tradition dont nous nous réclamons, celle d’une patrie civique, généreuse et intégratrice. Tenus peu avant les élections régionales, ces débats en préfecture sentent de loin l’opération politicienne visant à ramener les brebis perdues de l’extrême-droite dans le bercail de l’UMP.

Quant au débat ouvert dès aujourd’hui sur Internet, il peut être l’occasion de quelques rappels salutaires mais plutôt à l’adresse de nos gouvernants. La force de notre pacte républicain vient de ce que les Français s’y reconnaissent massivement.. Ce dont ils doutent, ce serait plutôt de la volonté du président de la République de continuer à leur assurer une assise solide. Liberté ? Voyez du côté de la réforme de la justice, faite pour remettre celle-ci dans la main du pouvoir. Regardez les transferts massifs de pouvoir opérés au profit d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel, au détriment du parlement. Egalité ? Voyez du côté de la panne de l’ascenseur social - sauf à Neuilly. Fraternité ? Voyez du côté du copinage des banquiers, des grands medias et des partis politiques assoiffés de « rupture » avec la protection sociale. Laïcité ? Voyez les appels du Président de la République aux autorités religieuses pour leur demander d’investir l’espace public et les accords passés avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par l’enseignement confessionnel.

Nous ferons quant à nous valoir notre point de vue, comme nous l’avons toujours fait, chaque fois que cela nous semblera utile et notamment quand le gouvernement s’attaquera aux valeurs républicaines. Mais de grâce, n’inversons pas les vrais défis. Ce n’est pas aux autorités nationales de demander aux Français confirmation de leur livret de naissance. C’est à nous, Français, d’interpeller les autorités nationales en leur demandant compte de ce qu’elles font de l’héritage républicain de la France.

Dépêche AFP, mercredi 4 novembre 2009, 17h54.


Régionales: listes communes PS-MRC dès le premier tour
La première secrétaire du PS, Martine Aubry, et le président du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Jean-Pierre Chevènement, ont décidé mercredi de la constitution de listes communes dès le premier tour des élections régionales de mars.

Les deux leaders se sont rencontrés mercredi au siège du Parti socialiste et ont décidé de "la construction de listes communes dès le premier tour des élections régionales", indiquent les deux partis dans un communiqué commun.

"Ces listes devront permettre l’expression et la représentation de nos deux formations dans l’ensemble des régions" et "ont vocation à être, avec les forces de gauche et républicaines qui voudront s’y associer, le socle d’une union de toute la gauche", précise le communiqué.

Les deux partis ont également décidé de réunir "un groupe de travail sur la préparation du projet de la gauche" et un autre groupe "sur l’organisation des primaires" en vue de la présidentielle de 2012.

Les instances régionales des deux partis "en lien avec les présidents de régions" doivent se rencontrer rapidement pour aboutir à la constitution de listes d’union "au premier et au deuxième tour".

Mardi, le président du Parti radical de gauche (PRG) Jean-Michel Baylet, avait également rencontré Mme Aubry et décidé de listes communes avec le PS dès le premier tour dans toutes les régions.

Mais, souligne le communiqué PS-MRC, "un certain nombre de formations à gauche sont tentées par l’isolationnisme dans l’espoir de gagner quelques sièges de plus". "Le PS et le MRC appellent les uns et les autres à dépasser cette recherche illusoire. Les enjeux sont au-delà".

L'appel s'adresse notamment aux Verts qui ont décidé de partir en autonome dès le premier tour des régionales. Le PCF a également décidé de son autonomie vis-à-vis du PS au premier tour, mais des alliances à la carte avec les socialistes ne sont pas exclues.

Suite à leur réunion du mercredi 4 novembre 2009.


Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti Socialiste
Les délégations du Parti Socialiste et du Mouvement Républicain et Citoyen conduites respectivement par Martine Aubry et Jean-Pierre Chevènement se sont rencontrées le 4 novembre 2009 au siège du Parti Socialiste.

Nos deux partis partagent des analyses communes sur la situation que connaît aujourd’hui notre pays.

La France est profondément affectée par la crise de la globalisation financière et par la récession économique. Le chômage et les inégalités vont croissant. Pendant ce temps, les banquiers ont repris leur course folle aux bonus et autres avantages extravagants. Les facteurs de la crise demeurent.

L’Union européenne, qui aurait pu profiter de la coordination opérée entre les principaux gouvernements au plus fort de la crise pour se réformer et instaurer un véritable gouvernement économique, n’a pas apporté de réponse à la mesure de la situation. Au contraire, la Commission européenne n’a de cesse que d’appeler au rétablissement des règles de concurrence et d’orthodoxie budgétaire comme si l’orage passé, tout pouvait recommencer comme avant. Entre la concurrence déloyale des pays à très bas coût salarial et celle du dollar, la France et l’Europe sont prises en tenaille.

Le gouvernement Sarkozy-Fillon, au-delà des mesures d’urgence, se révèle incapable d’inscrire son action dans une stratégie du long terme visant à mettre sur pied un nouveau modèle de développement et une société plus juste.

Il continue sa sape méthodique du modèle français de l’action publique et collective. La prochaine étape est la reprise en main politique et la rigueur financière administrée aux institutions locales.

Dans les faits, les collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, sont aujourd’hui un vecteur essentiel d’une puissance publique qui répare, protège et prépare l’avenir. Les régions gérées par la gauche sont bien souvent les derniers outils efficaces d’aménagement du territoire, de soutien au développement économique à l’emploi ou à la formation.

C’est donc un devoir pour les forces de gauche de s’unir au-delà de leurs différences, pour continuer le travail mené dans les régions qu’elles dirigent.

Un certain nombre de formations à gauche sont tentées par l’isolationnisme dans l’espoir de gagner quelques sièges de plus. Le PS et le MRC appellent les uns et les autres à dépasser cette recherche illusoire. Les enjeux sont au-delà. La gauche n’arrivera à mobiliser les électeurs que sur une démarche claire d’alternative à la politique libérale du gouvernement. Cela se prépare dès aujourd’hui.

A cet égard le MRC et le PS affirment avec force la nécessité d’une politique favorisant une croissance durable. Il ne pourra y avoir de préparation de l’avenir, de réduction des inégalités ni même de développement durable sans création de richesse.


Sur ces bases, dans le respect de leurs différences, le PS et le MRC ont décidé :
1- La réunion d’un groupe de travail sur la préparation du projet de la gauche ;
2- La réunion d’un groupe de travail sur l’organisation des primaires ;
3- La construction de listes communes dès le premier tour des élections régionales de 2010.

Ces listes devront permettre l’expression et la représentation de nos deux formations dans l’ensemble des régions. Elles ont vocation à être, avec les forces de gauche et républicaines qui voudront s’y associer, le socle d’une union de toute la gauche capable de réunir les acteurs de la société qui veulent inscrire leur action dans la préparation des échéances nationales prochaines.

Le PS et le MRC invitent donc leurs instances régionales, en lien avec les présidents de régions, à se rencontrer rapidement afin d’aboutir à la constitution de telles listes d’union au premier et au deuxième tour.

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Voir le même communiqué sur le site du PS


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Thierry Cotelle
Président du MRC
Conseiller régional d'Occitanie