Mardi 16 Décembre 2014

Quel budget pour notre collectivité ?



Intervention d'Eléonore Perrier, Présidente du groupe "Alliance républicaine de gauche et écologiste" à Pont de Claix, lors du débat d'orientation budgétaire lors du conseil municipal du 20 novembre 2014


Monsieur le Maire, mes chers collègues, 
 
Ce soir, nous débattons sur l’orientation budgétaire municipale de 2015, un budget à hauteur de près de 26 000 000€ que nous voterons lors du prochain conseil municipal et je souhaiterai, au nom de notre groupe, l'alliance républicaine de gauche et écologiste en dire quelques mots.
 
Pour la première fois, nous enregistrons un recul des dotations de l'Etat aux collectivités locales sans précédent. Ainsi, a minima :
  • en 2015, c'est près de 475 000€ que l'Etat économisera sur le dos de la ville
  • en 2016, c'est près de 950 000€ envolés, 
  • en 2017, c'est quelques 1 375 000€ qui ne viendront pas soutenir les politiques locales. 
Et quoi, nous devrions nous en satisfaire ? 

Les élus locaux sont des élus engagés, au plus près de leurs concitoyens, partageant leurs préoccupations. Et pour la première fois, l'Etat les lâche, au profit d'une politique d''austérité sans horizon, au détriment des politiques publiques. Bien évidemment, nous voterons le voeu proposé par la majorité sur le désengagement de l’Etat. 
Et l'Etat nous ressort la nécessité de respecter les critères européens, entre autres le fameux 3% de déficit maximum pour une Nation. Souvenez-vous, ce pourcentage a été fixé dans le marbre à l'occasion du traité de Maastricht en 1992. Le Mouvement Républicain et Citoyen s'était alors opposé à cette Europe  libérale qui se dessinait à l'encontre des services publics et de l’emploi, à l’encontre des citoyens.
Le Gouvernement français accepte le diktat européen depuis des décennies, alors que les citoyens se sont opposés à cette mise sous tutelle, souvenez-vous du référendum sur le traité constitutionnel en 2005. Un 'non' clair et précis a été apporté à cette Europe-là. Les mentalités ont évolué entre 1992 et 2005, les consciences aussi, également de très nombreux partis qui aspirent à une autre Europe. Et qu'est-ce qui a été fait dans la foulée, en 2005 ? L'adoption du traité par nos dirigeants, incapables d'entendre le peuple. Circulez, il n'y a rien à voir ! Les élus nationaux se cachent derrière leur petit doigt, ce n'est pas leur faute, c'est l'Europe qui impose ses règles. 
Je rappellerai volontiers les propos de Pierre Mendès France qui, dans son discours devant l'assemblée en 1957, contre le traité de Rome, évoquait cet abandon de la démocratie par les politiques : 
« L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes, soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique, car au nom d’une saine économie on en vient aisément à dicter une politique monétaire, budgétaire, sociale, finalement « une politique », au sens le plus large du mot, nationale et internationale. ».
Et que n'entend-on dans les médias, l'abandon de la souveraineté monétaire, l'abandon de la souveraineté budgétaire, l'abandon de la politique industrielle depuis des décennies... sans se poser la question de savoir d'où viennent les déficits, oubliant la crise de 2008, oubliant les milliards donnés aux banques sans contreparties, oubliant que nous ne traversons pas une crise ponctuelle mais que nous vivons une crise systémique. 
Certains penseront que je m'égare, et pourtant je suis au cœur du sujet. L'Etat se désengage de ses responsabilités régaliennes, diminue le nombre de fonctionnaires, transfère la charge de ses obligations aux collectivités, diminue ses dotations aux communes... le tout pour répondre aux critères européens, pour répondre aux marchés financiers, à défaut d'être capable de dessiner une autre Europe, sociale, citoyenne, soutenant l'emploi et la justice sociale... et nous débattons ce soir de notre budget où nous devons prendre en compte un recul sans précédent des dotations de l'Etat aux collectivités, et cela dans un contexte territorial en profonde mutation, avec la création des métropoles, avec la disparition à venir des départements, avec peut-être la disparition demain de la clause de compétence générale des communes. L'Etat s'est engagé dans une folle spirale infernale visant à tout chambouler. 
 
On nous parle de croissance. Nous savons que la crise que nous traversons, crise systémique, impose un changement radical de nos manières d’agir. Le temps de l’opulence est bel est bien fini, et nous devrons aussi tenir compte des ressources naturelles de notre planète et de leur gestion intelligente pour préserver notre humanité. Notre avenir reste à inventer mais il exige conscience et responsabilité.
 
 
Nous, élus locaux, devons tenir le cap et se redonner des marges de manœuvre. Alors oui, nous veillerons à assurer la continuité du service public municipal, à assurer la qualité du service public, et à soutenir de nouvelles politiques publiques, ce que se propose de réaliser la majorité dans ses orientations budgétaires. 
 
Nous l'avions dit dans notre programme électoral, nous n'alourdirons pas la pression fiscale des Pontois, voire même de la diminuer le prévoit le dispositif du levier fiscal, avec une baisse de la TH et une hausse plus importante de la TF. Malgré un budget complexe, nous sommes attachés à : 
  • garantir un service public municipal de qualité, à destination de l'ensemble de la population, de la petite enfance aux seniors,
  • soutenir une capacité d'investissement permettant de financier le PPI, une programmation pluri-annuelle d'investissements afin de mener l'ensemble de nos politiques publiques,
 
La réussite de cette politique s'entend aussi si chaque collectivité territoriale assume pleinement ses compétences, comme cela a été évoqué dans le débat sur la métropolitsation au début de conseil municipal.


*****
Prochain conseil municipal : jeudi 18 décembre à 20h30 en mairie. Le conseil municipal votera son budget et les taux d'imposition pour la commune. 


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Les responsables
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Adjointe à Pont de Claix, vice-présidente du CCAS
Maire de Bellegarde Poussieu, Vice-Président de la communauté de communes de Beaurepaire
Adjoint au maire de Gières en charge de l'aménagement et des travaux

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