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Publié le Jeudi 14 Janvier 2016 par

Ne pas se voiler la face après les évènements de Cologne



Tribune de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, à paraître dans l'Opinion, vendredi 15 janvier 2016.


On commence à y voir clair sur les événements qui se sont déroulés à Cologne dans la nuit du Nouvel An. L’ampleur des agressions sexuelles visant des femmes dans la rue et des lieux publics appelle une réaction ferme des autorités et une mobilisation de tous. Un journal suédois vient de révéler que la police suédoise avait caché des agressions nombreuses visant des femmes lors d’un festival en 2014 et 2015.

En Allemagne, en Europe et en France, cette agression de masse visant des femmes dépasse le cadre du fait divers et pose des questions politiques. Que les motivations soient crapuleuses ou sexuelles, cibler ainsi des femmes dans l’espace public n’a rien d’innocent. Tous ceux qui sont attachés à la liberté des femmes ne peuvent qu’être choqués et inquiets. On sait depuis la première affaire de voile en 1989 que la question de l’émancipation des femmes, de leur place dans la société, est une ligne de fracture potentielle des sociétés européennes. Cologne nous le rappelle de manière sordide.

Regarder le réel en face. Les éléments rendus publics par la police allemande donnent des indications sur l’origine des auteurs de ces agressions. Parmi les 31 suspects identifiés à ce jour, il y aurait une majorité de demandeurs d’asile. Il ne faut pas céder à une mise en cause générale et indifférenciée des « migrants » ou des « étrangers » mais il faut regarder le réel en face, identifier les risques et apporter des réponses concrètes. Les enjeux d’une arrivée massive de migrants venus de zones de guerre n’ont rien à voir avec ceux de l’immigration économique que nous avons connue jusqu’à présent. Ces agressions évoquent des événements similaires observés pendant les troubles en Egypte, sur la place Tahrir au Caire.

Que ce soient la police ou la maire de Cologne, les premières réactions en Allemagne n’ont clairement pas été la hauteur. Le déni et l’occultation au nom d’un politiquement correct ne sont pas acceptables. La police de Hambourg a mis du temps à prendre la mesure de la gravité de la situation. Notre conception républicaine implique d’ignorer l’origine ou la culture des agresseurs, mais la mise en cause de migrants très récents, souvent des réfugiés arrivés de zones de conflit où la situation des femmes est très dégradée doit nous interroger.

Différence des droits. L’Europe fait face une crise migratoire d’ampleur : ni le multiculturalisme normatif prêt à tout accepter au nom d’un droit à la différence qui conduit à la différence des droits, ni le cynisme du patronat allemand qui veut simplement faire basse sur une main-d’œuvre providentielle ne permettent d’y faire face.

Les questions d’ordre public doivent être traitées avec fermeté et l’effort d’intégration doit inclure une dimension politique, en particulier concernant l’émancipation des femmes et l’égalité homme-femme. Les libertés des femmes (aller et venir, se vêtir, boire et fumer…) sont des évidences qui ne sont pas négociables au gré des préjugés ou des pulsions de certains. Les événements de Cologne sont très inquiétants parce qu’une insécurité culturelle se transforme en insécurité physique pour des femmes confrontées à des comportements qu’on croyait impossibles en Europe. Les femmes n’ont pas à raser les murs, ni à changer de comportements ou de vêtements.

Si jamais l’enquête confirmait la préméditation et l’organisation de ces agressions, il ne faudrait pas hésiter à envisager ces actes pour ce qu’ils sont : une véritable politique de la terreur.

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Source : L'Opinion

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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur


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