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Publié le Dimanche 8 Mai 2011 par

Le financement des dettes souveraines, un faux problème


Mots-clés : dette publique, euro

Tribune de Bruno Moschetto, délégué national du Mouvement Républicain et Citoyen aux questions économiques internationales, parue dans La Tribune du 17 février 2011.


Le financement des dettes souveraines, un faux problème
Comme toutes les dettes amortissables le service d’une dette souveraine implique et le paiement d’un taux d’intérêt et le remboursement du principal . Le paiement de l’intérêt, correspondant au coût du financement, rentre dans les dépenses de fonctionnement du budget.

La dette publique de la France s’élevait en 2005 à environ 1 000 milliards d'euros et le service de l’intérêt représentait un peu moins de 40 milliards d'euros. En 2010, la dette est passée à 1 500 milliards d'euros et le service de l’intérêt s’élève à un peu plus de 40 milliards d'euros soit moins de 10% du budget de l’Etat.

Naturellement tous les Etats n’empruntent pas au même taux. Et cela est vrai aussi au sein de la zone euro dont les Etats ont adopté une monnaie unique mais ne disposent pas d’un budget unique. Les taux d’intérêt auxquels doivent emprunter les différents Etats s’échelonnaient au cours de l’année 2010 – pour les meilleures signatures : l’Allemagne et la France, autour de 2,5% et pour les moins bonnes tangentaient les 10% - dont les pays récemment touchés par la crise de l’euro – la Grèce et l’Irlande .

Cet écart est appelé immanquablement à se réduire du fait du soutien dont ces pays ont bénéficié de la part de la communauté financière internationale – UE et FMI ainsi que de la Chine pour la Grèce – qui a ainsi réalisé un arbitrage entre des dollars rapportant peu et des euros rapportant beaucoup- arbitrage qui devrait faire des émules dont tout d’abord le Japon.

Par ailleurs, rappelons qu’un Etat ne peut être en faillite s’il est seulement endetté dans sa propre monnaie – ce qui n’était pas le cas du Mexique et de ses pareils au milieu des années 80 . Ces pays étaient endettés dans une monnaie qui n’était pas la leur : le dollar. Monnaie qu’ils ne pouvaient normalement obtenir que par un accroissement de leurs exportations alors que le prix des hydrocarbures étaient en chute libre d’une part et que les taux d’intérêt des dettes libellées en dollars avaient doublé du fait de la politique anti -inflationniste de Paul Volker, d’autre part.

Du binôme paiement de l’intérêt ou remboursement du capital c’est le premier qui compte d’abord pour les préteurs. En effet les créances des rentiers n’ont pas vocation à être amorties car ce serait la fin de leur existence . Pas de dette, pas de rentiers. Donc l’essentiel c’est que le pays débiteur paye régulièrement les intérêts – intégrés dans les dépenses budgétaires de fonctionnement – ce qui lui permettra de lever les capitaux nécessaires au remboursement du principal. Et à ce titre, une dette souveraine amortissable est en réalité par son renouvellement assimilable à une dette perpétuelle comme l’est d’ailleurs tout Etat.

Donc, les Etats européens membres de la zone euro qui du fait de leur déficit interne( la Grèce) ou des défaillances de leurs banques (Irlande) endettés seulement dans leur propre monnaie – l’euro - ne peuvent être mis en faillite. Leurs résidents sont les garants implicites de leur dette et à ce titre corvéables à merci pour produire les euros manquants. Soit en contrepartie de plans d’austérité destinés à réduire les dépenses publiques soit en contrepartie des majorations fiscales destinées à accroitre les recettes publiques.

A la réflexion, dans une monde de post crise financière – espérons le - le problème n’est pas tant de soutenir les dettes des Etats mais de préserver les revenus de leurs préteurs lesquels ont drastiquement diminué du fait de la baisse généralisée des taux conséquente à la lutte contre la crise financière conduite par les banques centrales .

Aussi le Pacte de compétitivité proposé par Berlin et adopté par Paris – au titre de la rigueur économique – et l’émergence du Fonds européen de stabilité financière - au titre de la solidarité monétaire –ne pourront que contribuer à apaiser les marchés sur le faux problème du financement des dettes souveraines.


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Bruno Moschetto
Secrétaire National aux questions économiques. En savoir plus sur cet auteur

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