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Publié le Mardi 22 Octobre 2013

L'avenir du nucléaire français passe outre-Manche


Mots-clés : nucléaire, énergie

Par Christophe Mouton, Secrétaire national au développement durable, et Gérard Pierre, Secrétaire national à l'énergie, mardi 22 octobre 2013.


Le gouvernement britannique confie à l'énergéticien public français l'ambitieuse mission de construire deux réacteurs nucléaires de génération EPR.

C’est donc maintenant 6 EPR qui sont en construction dans le monde : 1 en Finlande, 1 à Flamanville, 2 en Chine auxquels il faut ajouter maintenant les 2 EPR anglais. Cette nouvelle montre qu’avec les 4 réacteurs ATMEA de 1000 MW vendus à la Turquie et d’autres réacteurs EPR de 1650 MW en cours de discussion en Chine, en Inde, au Brésil et en Pologne, le renouveau du nucléaire français est maintenant redevenu une réalité. Il s'agit d'une très bonne nouvelle pour la France, pour son industrie, pour ses emplois, pour son commerce extérieur. Ses savoir-faire scientifiques et technologiques ne sont plus à démontrer dans le domaine nucléaire.

Il est cependant à noter que le couple "énergie" et "ultralibéralisme" ne font pas bon ménage outre-manche : le Financial Times relève dans un article paru le dimanche 20 octobre 2013 que le Royaume-Uni a connu la fin de son programme nucléaire quand British Energy a été privatisé. Le gouvernement britannique, pourtant conservateur -donc libéral- doit faire face à l'arrêt de nombreuses centrales de production électrique dès 2023 et a ainsi été obligé de solliciter non seulement les savoir-faire français mais des finances chinoises pour répondre à ses enjeux énergétiques et de réduction de gaz à effet de serre dont le C02.

La question de la souveraineté énergétique s'éclaire d'un jour nouveau : ce sont les usagers français par l’intermédiaire du groupe public qui investiront pour le financement de la construction de ces deux réacteurs EPR anglais, certes avec la participation entre 30 et 40% des partenaires chinois d'EDF et à hauteur de 10% d'AREVA. Le Royaume-Uni remboursera EDF et ses partenaires par un prix du mégawatt/h du double de celui pratiqué en France et ce, pendant 35 ans suivant les détails de l'accord final alors que des voix s'élèvent pour dénoncer l'augmentation des prix de l'énergie outre-Manche.

Force est de constater que l'ultralibéralisme à l'anglo-saxonne n'est pas compatible avec la notion d'indépendance énergétique d'un pays souverain, le Royaume-Uni est acculé par l'avidité des actionnaires de ses énergéticiens nationaux rachetés par des pays étrangers, à subventionner un groupe public français pour subvenir à ses besoins énergétiques. Cela dit, il sera intéressant de voir le grand écart que fera la commission de Bruxelles devant cette annonce : osera-t-elle mettre à bas l'énergie anglaise pour faire respecter son propre dogme?

Ces tergiversations prêteraient à sourire si elles n'engageaient pas le pronostic vital de notre planète : le réchauffement climatique s'accentue, nous savons d'ores et déjà que des îles disparaîtront d'ici une vingtaine d'années et la transition énergétique de l'après-pétrole n'est toujours pas enclenchée : le nucléaire fait partie de la solution mais ne nous voilons pas la face : la maîtrise de cette énergie est exigeante scientifiquement et techniquement, elle demande du temps et de la Raison et non quelque talent de prestidigitation marketing en quelques caractères.

Le nucléaire est enjeu de société pour la France : sommes-nous prêts à reproduire l'échec britannique tant économique qu'en termes d'indépendance énergétique ou apprendrons-nous à soutenir l'intelligence et la Raison au travers d'une industrie publique du nucléaire seule capable de nous faire entrer dans l'ère de l'après-pétrole ?

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