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Publié le Mardi 10 Février 2015 par Mouvement Républicain et Citoyen

Investissement numérique des conseils généraux dans les collèges: ne pas mettre la charrue avant les boeufs ou la tablette avant le Savoir


Mots-clés : numérique, école

Par Cédric Matthews, membre du Secrétariat national élargi, mardi 10 février 2015.


En cette période électorale qui va renouveler les conseils généraux, nombre de projets concernant l’application de leurs prérogatives vont être mis en débat sur la place publique. Parmi ceux-ci, il en est un qui commence à émerger car ciblé pour surfer sur la publication récente du rapport du conseil national du numérique, Jules Ferry 3.0. Il s’agit du don généreux fait à tous les collégiens de tablettes numériques sous le prétexte de résorber la fracture numérique et d’anticiper le développement des pédagogies associées. Mais est-ce là, un bon choix pour l’élève et pour les enseignants ? Est-ce là, un bon choix d’investissement de plusieurs dizaines de millions d’euros par conseil général, alors que ce type d’outil fait l’objet d’une obsolescence programmée avant tout profitable aux fabricants ?

C’est donc une question politique car au-delà de plusieurs centaines de millions d’euros qui pourraient être investis au niveau national, il en va de la qualité de l’apprentissage des savoirs dans un contexte détérioré où plus de 15% des élèves ne maitrisent pas les fondamentaux au sortir du primaire. Si l’on se fie à ce qu’écrit Alain Giffard (Président de la mission interministérielle pour l’accès public à internet) on pourra comprendre que l’outil est plus qu’imparfait dans l’environnement éducatif actuel : « La pratique de la lecture numérique, en tant que pratique culturelle est loin de remplir le cahier des charges de la lecture héritée de la lecture classique, en particulier autour du triangle lecture-mémoire-réflexion ».

Le propos ici n’est pas de s’opposer au progrès, bien au contraire il s’agit de penser d’abord à mettre en place les bonnes conditions de l’introduction de ce nouvel outil là où il est nécessaire avant tout de développer le savoir lire classique et de lutter contre la passivité interactive caractéristique de la culture de l’écran. Cela nécessite une action graduelle et émancipée le plus possible de la marchandisation de l’école et de l’obsolescence des outils éducatifs. Elle repose sur l’expérimentation de l’introduction de l’ordinateur à l’école qui doit être associée à une recherche contributive qui doit s’enquérir de l’impact du digital sur le transfert du savoir et de son intériorisation par l’élève. Comme le préconise Bernard Stiegler (directeur de l’IRI, membre du conseil national du numérique), les universitaires doivent être associés à l’élaboration de nouveaux outils d’apprentissage pour qu’ils soient enseignés dans les ESPE (nouveaux IUFM). Un vaste programme de thèses de doctorat doit être mis en place pour comprendre l’impact du numérique dans toutes les disciplines, au collège et dans les autres établissements de la crèche à l’enseignement supérieur. Cela n’est pas encore fait. Alors nous ne pourrions que conseiller aux élus amateurs de technologies de ne pas mettre la charrue avant les bœufs, le processeur avant les savoirs théoriques, les savoir-faire et les savoir-être. Attendez un signe d’un murissement pédagogique du ministère de l’éducation nationale, pourquoi pas la création d’exercices de lecture numérique ou encore de l’enseignement de l’informatique comme une discipline à part entière au collège. A ce moment l’investissement sera pertinent et au service de l’intérêt fondamental de l’élève, la formation de son libre arbitre et celle du citoyen en devenir qui fera la France de demain.

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