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Publié le Vendredi 7 Novembre 2014

François Hollande "face aux Français": peut-être, mais pour quelle France ?



Par Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du MRC, vendredi 7 novembre 2014.


Il y a quelque chose de fascinant à voir la détermination, d'aucuns diront l'obstination avec laquelle le Président tient son cap. Sa conviction ne fait pas de doute. Et on peut lui faire crédit d'avoir une cohérence même si on n'en approuve pas l'orientation : nettoyer les comptes publics, rendre la France respectable aux yeux de ses partenaires, par des réformes structurelles essentiellement guidées par les économies comme la réforme territoriale.

Mais si nettoyer les écuries d'Augias est bien un travail herculéen, le Président ne peut léguer aux Français - et à son successeur- une France exsangue. Qu’il ne semble pas en avoir conscience après de multiples avis de tempête est inquiétant. Il est en réalité comme Sisyphe qui roule au sommet de la montagne, au prix de multiples efforts, le chariot du déficit en prenant aussitôt des mesures qui le font dégringoler.

Où donc est le cap pour un relèvement de notre pays ?

Passer la dépense publique au Kärcher n'est pas la réponse aux besoins réels de la France. Le pacte de compétitivité non plus. Le MRC a proposé un contre-projet fondé sur une vision différente des choses : plus large en incluant la question de l'euro, plus équilibrée en s'attaquant au pouvoir bancaire, y compris sur l'orientation de l'épargne, plus juste en intégrant la question du travail sur laquelle notre Secrétariat National précisera très prochainement ses analyses et propositions.

Nous pouvons noter que François Hollande a pour la première fois marqué la nécessité d'une autre Europe. Mais ce n'est pas en contournant l’obstacle que l'on permettra à cette Europe nouvelle de voir le jour. D'autant qu'il manque cruellement à notre diplomatie une vision de l'avenir du continent, celle d'une "Europe européenne" et non transatlantique. De tout cela, pas un mot.

Ce que montre aussi en creux cette prestation est l'absence d'une cohérence chez la plupart de ceux qui, à gauche, veulent une politique différente. Les propositions pour mettre plus de justice dans le système ne sont pas à la hauteur des enjeux. Que pèsent 500 000 emplois aidés dans une zone ouverte aux grands vents de la mondialisation ? En quoi la crispation sur les 35h - que nous n'avions pas approuvées avec ses conséquences sur la flexibilité du travail sont - est-elle une solution ? Pourquoi ceux qui, à gauche, dans la majorité et hors de la majorité, contestent le pacte de compétitivité oublient-ils systématiquement le rôle de l'euro ? Pourquoi nous proposer une fuite en avant pour les uns dans un bouleversement des institutions, pour les autres dans le "care, le share et le dare" (sic) ?

Car là est le drame de notre pays. Ni le Président et son gouvernement, ni l'opposition de gauche ne croient plus en l'Etat.

Ce que demande le MRC, c’est un cap, une volonté. Nous admettons que le redressement ne se fait pas d’un claquement de doigts, mais où sont les mesures volontaires ? Où est l’ambition pour un relèvement de notre pays ?

Pourquoi contourner le véritable sujet qui est la reconquête par la France de ses marges de manœuvre et de sa souveraineté ?

C’est à l’évidence d’une refondation républicaine que la France a aujourd’hui besoin. Nous sommes prêts au débat sur cette base.

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