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Publié le Lundi 11 Juin 2012 par MRC

Commission éducation 2011-2012: positions et propositions de programme


Mots-clés : éducation

Voici le texte programmatique issu des travaux de la Commission éducation du MRC 2011-2012 conduits par Estelle Folest, secrétaire nationale à l'éducation, l'enseignement supérieur et la recherche.


Membres actifs, contributeurs :

BLANC Jean-Claude, ancien professeur de philosophie
BLANC-BLANCHARD Véronique, institutrice
DUPLAA Jean-Marie, professeur de collège
MAUPOUET Serge, professeur certifié
MENARD Jean-Eric, Maire de St Léger en Bray, ingénieur agronome de l’institut Lasalle
MUNIER-PETIT Annie, ancienne institutrice titulaire-mobile
OLIVIER Yves, conseiller municipal MRC de Blois, président départemental MRC 41, IA-IPR de mathématiques
PIERRE Jean-Louis, professeur honoraire (lettres modernes, agrégé, docteur d'état, Diplômé IEP Paris), Conseiller Municipal de Loches
QUILLET Renaud, Agrégé d'histoire, Docteur en Histoire contemporaine de l'Université de Picardie Jules Verne, Prag à l'Université de Picardie Jules Verne, affecté à l'IUFM de l'Académie d'Amiens, Centre d'Amiens
SANSEN Joël, Inspecteur de l'éducation nationale, conseiller du Recteur de l'Académie de Lille, membre du conseil fédéral du MRC 59, membre du conseil national

Autres membres de la commission éducation consultés :

AOUMMIS Hassan, enseignant
BADEL Catherine, gérante de société, pigiste
CREPIN Adeline, Secrétaire nationale à la jeunesse, Présidente du Comité jeunes du MRC
DAUDENS Christian, professeur dans le secondaire
GABILLET Alain, Directeur d'école
HERVET François, ancien Principal de collège
HIRONDELLE Thomas, professeur certifié d'histoire-géographie
LAVERGNE Pascal, professeur du secondaire
MATHIEU Monique, ancien Maître de conférence en mathématiques
MENARD Jean-Eric, ingénieur, Maire de St Léger en Bray
MEZERETTE Christophe, instituteur en détachement, Maire adjoint de Saint-Denis, Conseiller communautaire délégué
PIERRE Gérard, Professeur émerite de l'Université de Bourgogne, Secrétaire national du MRC chargé de l'environnement et de l'énergie
RAG EL HASSI Fatima, formatrice
SURMELY Alain, professeur d'histoire-géographie
VIGNAL Michel, ancien professeur d'IUFM

Consultation de Daniel Bloch, expert, ingénieur et physicien, chercheur, ancien président de l’Institut National polytechnique et de l’université Joseph Fourier de Grenoble, Recteur d’académie (Nantes, Montpellier, Reims), Directeur des Enseignements supérieurs (1991), Président du Haut comité Education-Economie, Président de la mission nationale école-entreprise, etc.

Données actuelles

Quelques chiffres éloquents

- À la sortie de l'école primaire, 25% des élèves sont en difficulté en français et 35% en mathématiques.

- À la sortie du collège, plus de 20% des élèves sont en grande difficulté :
1 élève sur 5 est évalué comme très mauvais ou mauvais par PISA
seuls 8% d'élèves sont évalués comme bons et très bons

- 20% des élèves quittent le système éducatif sans qualifications.

- Seuls 50% des enfants d'ouvriers obtiennent le bac ; un enfant d'ouvrier a 4 fois moins de chances qu'un enfant issu d'un milieu favorisé d'obtenir un bac général.

- Moins de 70% des élèves atteignent le niveau bac.
En 1985, l'objectif des 80% d'élèves au niveau du bac à l'an 2000 a été fixé en France.
En 2002, l'UE a fixé l'objectif de 85% d'une classe d'âge au niveau bac d'ici 2010.
Depuis 1995, la proportion de jeunes qui obtient le bac stagne.

- En France, l'université conduit 25% d'une génération au niveau Licence (bac+3) ou plus, contre 50% pour la Finlande ou le Danemark, 45% pour les Pays-Bas et la Suède, et 40% pour le Royaume Uni, les Etats Unis et le Japon.
L'UE avait fixé l'objectif de 50% d'une génération au niveau Licence pour 2010.

- Ces 60 dernières années, la France a obtenu 3% des Nobel en sciences, contre 9% pour l'Allemagne et 13% pour le Royaume Uni;

- La France dépose 3% des brevets mondiaux, contre 12% pour l'Allemagne.

Positions et propositions du MRC

La mission de l'école : fonder la nation, la citoyenneté, contribuer au développement économique, social et humain du pays.
Le rôle de l'école est d'instruire et de transmettre des valeurs afin de former des citoyens éclairés et d'assurer la promotion sociale du plus grand nombre, de promouvoir le mérite et la sélection des meilleurs par la promotion de tous.
L'école de la République s'adresse à la raison des élèves qu'elle accueille et cherche à pousser chacun au plus haut de ses capacités.


LES PREMIER ET SECOND DEGRÉS



Transmettre les savoirs

Garder un haut niveau d'exigences

Il est nécessaire de reconstruire des programmes exigeants, construits et cohérents. Alors qu' 1 élève sur 5 a des difficultés en lecture et en écriture, l'allègement constant du nombre d'heures de cours et l'érosion des programmes vont à l'encontre de l'amélioration des apprentissages : moins d'heures de cours et moins de contenus = moins de réussite, l'équation est simple.

Ne céder ni à la démagogie ni à la facilité

L'apprentissage est contraignant, requiert un effort et un sens de la discipline. Il faut cesser de faire passer pour des solutions les idées saugrenues récurrentes telles que la suppression des cours l'après-midi pour les remplacer par du sport par exemple (au moment-même où les Allemands remettent en question ce "modèle") ; la supression des devoirs à la maison ou des notes.

Rompre avec le pédagogisme et "l'école des loisirs"

Il faut en finir avec l'idéologie constructiviste dans laquelle nous baignons depuis la fin des années 60. Mises à l'honneur par Jospin à travers la loi d'orientation scolaire de 1989, les pédagogies issues de ce courant ont montré leur échec, détériorant l'acquisition du savoir et le niveau général d'instruction, en particulier pour les élèves issus des milieux socio-professionnels les plus défavorisés. Elles détruisent l'école républicaine exigeante pour lui substituer une école des loisirs où l'effort n'est plus valorisé et où l'enfant mis "au centre de son apprentissage" doit découvrir le savoir par lui-même, comme par magie...

Rénover intégralement les pratiques pédagogiques

La transmission du savoir doit demeurer au centre du système éducatif, la pédagogie n'étant qu'un moyen d'atteindre cet objectif. Les pédagogies dites "structurées" pourraient être promues, de même que les méthodes pédagogiques qui ont fait leurs preuves : progressives, construites et organisées, elles ont montré leur efficacité et permettent au plus grand nombre d'élèves d'améliorer leur maîtrise des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter, calculer).

Améliorer la formation des enseignants pour améliorer l'apprentissage des élèves

La réforme de la mastérisation doit être remise à plat : la suppression pure et simple de l'année de formation professionnelle des maîtres répond à une logique essentiellement économique, à une époque où les conditions d'enseignement sont pourtant des plus difficiles et où le métier de professeur ne s'improvise pas. Si l'IUFM ne parvenait plus à remplir correctement sa mission de formation, il revient à l'Etat de bâtir un nouveau système de recherche-formation efficace pour les futurs professeurs, lesquels doivent bénéficier avant tout d'une formation disciplinaire consolidée et renforcée.



1. L'école élémentaire


a. L'école maternelle : préparer à l'apprentissage de la lecture et de l'écriture, corriger les inégalités sociales de départ, développer la citoyenneté


En raison des politiques de convergence européennes et car il est jugé trop coûteux, l'accueil des enfants en maternelle à 3 ans est remis en question voire jugé inutile. L'Etat tend à se désengager pour laisser aux collectivités et au secteur privé le soin de prendre en charge la gestion et le financement de la petite enfance.
Le MRC défend l'égalité sur les territoires : la présence de l'Etat garant de l'égalité dans la petite enfance est fondamentale.

L'Etat se doit de :
  • favoriser l'entrée des enfants à l'école dès 2 ans, en particulier ceux des familles les plus fragiles ;
  • assurer le nombre de places nécessaires en crèche.

    L'accueil des jeunes enfants à l'école dès l'âge de 2 ans doit impérativement être assuré car il présente un intérêt majeur : il permet de corriger les inégalités sociales de départ et d'éveiller au langage. L'entrée précoce à l'école est bénéfique notamment aux élèves étrangers ou issus de l’immigration car elle leur donne accès aux livres, à l'écrit et au langage plus facilement et rapidement. Rappelons que 7% des enfants ne parlent pas français chez eux.
    Si les enfants ne peuvent être accueillis à l'école et qu'ils vont à la crèche, la même obligation doit s'imposer et des programmes de développement du langage doivent être développés (voir le programme Parler Bambin par exemple : grande réussite).


    La maternelle est le lieu où les enfants préparent l'apprentissage de la lecture et de l'écriture.
    L'école maternelle ne doit pas faire l'objet de mesures gadget. Par exemple, l'introduction de langues vivantes à 3 ans ne paraît pas prioritaire, les jeunes enfants devant d'abord et avant tout se concentrer sur l'acquisition de la langue maternelle (rappelons qu'1 élève sur 5 aura de graves lacunes en lecture – écriture à la fin du primaire).
    Les professeurs des écoles sont aidés par des ATSEM (Agents Territoriaux Spécialisés des Écoles Maternelles). La mission de ces fonctionnaires territoriaux est en pleine évolution, leurs missions deviennent très professionnelles et leur recrutement est donc de plus en plus exigeant. Leur rôle devrait être redéfini en tenant compte de leur niveau de recrutement et de la qualité de leur travail.


    b. L'école primaire : apprendre à lire, écrire, compter, calculer


    Il est grand temps de redonner à l'école primaire les moyens de remplir sa mission et d'y concentrer les moyens.

    L'école primaire est le le lieu où tout se joue, où l'acquisition des savoirs fondamentaux détermine la scolarité ultérieure des élèves et leur réussite. Or, elle est victime des plus grandes économies depuis presque 10 ans et cette tendance s'est accrue ces dernières années. La France n'investit pas assez dans son école primaire, ainsi que le souligne un rapport de la Cour des comptes de 2010 : "par rapport à la moyenne de l’OCDE, la France se situe à un niveau de dépenses annuelles par élève inférieur de 5% pour l’école maternelle et de 15% pour l’école primaire, mais en revanche supérieur de 10% pour le collège, et surtout de 26% pour le lycée"(1). Si la situation de l'école primaire se dégrade depuis 2006, signalons en outre que ces 3 dernières années, les coupes budgétaires liées à l'éducation ont frappé en premier lieu le premier degré : le nombre de postes ouverts au concours du CAPE accuse le plus fort recul, avec 10 000 postes ouverts en 2008, 7 000 en 2009, 7 165 en 2010, et 3154 à la session 2011. C'est pourtant en primaire que le taux d'encadrement est le plus faible, avec 1 enseignant pour 19 élèves contre 1 pour 10 au lycée par exemple.

    Au plan des contenus, la maîtrise de la langue et l'acquisition de vocabulaire tout comme la lecture doivent demeurer les priorités. Actuellement, 50% du temps scolaire est péri-scolaire, on ne consacre plus assez de temps aux contenus.
    Les volumes horaires en français et en mathématiques devraient être considérablement renforcés afin que tous les élèves soient en mesure de lire, écrire, compter et calculer correctement à l'entrée au collège. L'allègement constant des programmes a eu pour conséquence de faire perdre 1 an et ½ de cours de Français en primaire, 2 ans 1/2 si on y ajoute les heures dispensées au collège. Or, ce sont les élèves les plus fragiles qui en paient le prix le plus élevé : les 7% d'élèves qui ne parlent pas français à la maison ont en moyenne 70 points de moins que les autres élèves aux tests PISA.
    De même, l'éducation civique devrait faire l'objet d'un renforcement horaire.

    Des horaires renforcés en français, en mathématiques et en éducation civique n'auraient pas forcément pour conséquence un alourdissement du nombre d'heures de cours hébdomadaires : certaines matières pourraient n'être enseignées aux élèves que plus tard au cours de la scolarité. Ainsi des nouvelles technologies (TICE) : l'apprentissage de la langue ou des mathématiques est premier et il ne nécessite pas nécessairement l'utilisation de l'outil technologique – car c'est bien d'un outil et de rien d'autre qu'il s'agit. Les TICE pourraient être introduites au collège seulement. De même, l'initiation à la sécurité routière est importante, mais elle pourrait être prise en charge par l'éducation populaire. Quant à l'apprentissage des langues tel qu'il est pensé aujourd'hui, il ne sert pas à grand chose si ce n'est à divertir les esprits. Non seulement les enseignants y sont très mal formés, mais seules 45 minutes lui sont allouées par semaine : soit on les supprime complètement, soit on décide d'accorder 1h30 minimum à l'apprentissage réel d'une langue et on forme correctement les enseignants. Cet enseignement ne devrait toutefois être dispensé qu'à partir du CE2 : comme son nom l'indique, l'école élémentaire enseigne les éléments de base nécessaires à la suite de l'apprentissage. Les langues vivantes peuvent attendre 2 ans, il est plus utile que les enseignants de CP ou de CE1 passent du temps à entraîner la mémoire des élèves, cette dernière se contruisant entre 5 et 8 ans, ou à leur faire découvrir les grands textes de la littérature française.

    Enfin, le redoublement doit être autorisé voire encouragé dans certains cas : s'il n'est pas garant de réussite à tous les coups, il est une deuxième chance offerte à un élève de consolider ses bases avant de passer en classe supérieure.


    2. L'enseignement secondaire général



    a. Le collège : redéfinir ses objectifs et sa finalité, son unicité n'étant qu'une façade


    Le collège doit dispenser un enseignement exigeant qui garantisse à tous la transmission comme la consolidation des savoirs fondamentaux.

    Contrairement à ce qui est souvent avancé, le collège n'est pas le maillon faible de notre système scolaire : la France est l'un des seuls pays de l'OCDE dans lesquels le nombre de mauvais élèves n'augmente pas entre l'entrée et la sortie du collège. Pour autant, on ne peut se féliciter de la stagnation des mauvais élèves durant ces 4 ans d'études.
    La mission du collège comme sa finalité sont aujourd'hui mal définies. Coincé entre le primaire et le lycée, il prépare les élèves à des voies très hétérogènes, du CAP à la seconde générale, tout en conservant l'idée d'un enseignement généraliste pour tous jusqu'en 3ème. Malgré la noble ambition de ce collège unique, force est de constater son échec en demi-teinte au moins puisque, de fait, il n'est pas unique : les contenus des enseignements et les exigences des enseignants dépendent des collèges (ruraux, banlieues chics ou défavorisées par ex.) et il existe autant de types de classes que d'élèves : classes relais, SEGPA, dispositifs expérimentaux, découverte professionnelle en 3ème, classes bi-langues dès la 6ème, etc. Ajoutons que ce collège n'est pas parvenu à élever le niveau général des élèves, le principe d'égalité ayant tendance à dégénérer en un égalitarisme à tout prix qui engendre un nivellement global par le bas.

    L'idée d'une démocratisation de l'enseignement ne doit pas être remise en cause, ni même l'objectif du collège unique. Néanmoins, les 25% d'élèves qui sont en grande difficulté en lecture ou en calcul à la sortie du primaire doivent faire l'objet d'une approche pédagogique adaptée, afin qu'ils arrivent en 3ème en ayant acquis les fondamentaux. Il est inefficace de vouloir à tout prix faire faire la même chose de la même façon à tout le monde.

    La sélection opérée autrefois en 6ème était sans doute prématurée, mais il est raisonnable de proposer une prise en charge des difficultés des élèves en 3ème et de permettre une orientation efficace pour éviter des sorties sans qualifications. Le dispositif qui existait auparavant – les 4èmes et 3èmes technologiques – a été supprimé trop tôt compte tenu de la forte propotion d'élèves toujours en difficultés lourdes pour qui aucune solution n'existe. Pour autant, il ne s'agit pas de les remettre en place : la 3ème professionnelle a bien fonctionné, elle doit continuer à être développée et renforcée.


    b. Le lycée : réformer les filières, préparer au mieux la réussite dans l'enseignement supérieur


    La filière scientifique est une réussite : elle est suffisamment généraliste pour permettre le plus grand nombre de parcours dans l'enseignement supérieur et donner aux élèves les meilleures chances de réussite. Souvent accusée, à raison, de détourner les meilleurs élèves à son profit (50% des bacheliers en sont issus), elle ne doit pas pour autant être amoindrie dans le seul but de rééquilibrer à tout prix les filières. La nation aura besoin de scientifiques, de chercheurs et d'ingénieurs, pour poursuivre son développement économique et social.

    La filière économique et sociale n'a cessé de se développer : 30% des bacheliers en sont issus aujourd'hui. Elle fonctionne bien car elle est assez généraliste pour permettre aux élèves d'accéder à un grand nombre de formations qui assurent souvent de bons débouchés professionnels. Cependant, les contenus devraient être discutés, approfondis et repensés (la réforme de l'enseignement de l'économie ou la réduction du nombre d'heures de cours qui aboutit à davantage de survol par ex.).

    La filière littéraire doit être réformée. La réforme Descoings, dont l'objectif était de redonner ses lettres de noblesse à cette filière, n'a fait qu'amoindrir davantage ses chances de succès : seuls 17% des bacheliers actuels en proviennent (contre 40% en 1970) et les meilleurs élèves s'en détournent de plus en plus. Trop spécialisée, elle conduit en effet à un nombre restreint de filières dans le supérieur et est accusée de ne pas mener suffisamment à l'emploi. Elle doit être rendue suffisamment généraliste pour attirer les bons élèves. Elle pourrait inclure des enseignements en droit, en sciences économiques et sociales, en informatique et en nouvelles technologies.

    De manière générale et afin d'éviter de tomber dans un utilitarisme à courte vue, les humanités devraient faire l'objet de bien davantage d'enseignements dans les filières scientifique et économique et sociale (inutile de revenir sur l'idée de supprimer l'enseignement de l'histoire-géographie en terminale scientifique à la rentrée scolaire 2012...).
    Ajoutons que si la réforme des lycées telle qu'elle a été mise en place a introduit des dispositifs pour préparer les élèves à l'entrée à l'université (dispositifs dont l'efficacité reste à prouver), elle a parallèlement diminué la part des savoirs disciplinaires dont les horaires ont été réduits, ce dont on ne peut se féliciter.


    3. L'enseignement secondaire technologique et professionnel



    La nation a besoin de tous les talents et de toutes les compétences ; le MRC entend promouvoir les formations techn(olog)iques et professionnelles, lesquelles sont des voies de promotion, de réussite et d'insertion.


    a. L'enseignement technologique


    Le bac technologique n'est ni assez professionnel pour mener directement à l'emploi (comme c'est le cas du bac pro), ni assez généraliste pour conduire vers des études supérieures, ce qui est pourtant sa vocation majeure.
    Les titulaires d'un bac technologique représentent à peine 25% des diplômés d'IUT et 55% des titulaires d'un BTS, filières qui étaient censées les accueillir mais dans lesquelles leur taux d'échec est supérieur à celui des bacs généraux, recrutés en priorité aujourd'hui.

    Afin d'augmenter les chances des élèves de la filière technologique de suivre des études supérieures courtes susceptibles de mener à l'emploi (BTS, IUT) ou même d'atteindre le niveau M2, le caractère généraliste du bac doit être renforcé.


    b. L'enseignement professionnel


    40% des élèves de 3ème sont dans l'enseignement professionnel (lycée ou CFA).

    Le bac professionnel permet une bonne insertion professionnelle des élèves dans les secteurs productifs (industries) ou tertiaires (services) auxquels leurs spécialités les destinent (taux d'insertion voisin de celui des IUT).
    Son obtention doit aussi permettre la poursuite d'études dans le supérieur, en particulier en BTS. Dans cette perspective, les bacs professionnels doivent renforcer leurs enseignements généraux : un technicien supérieur se doit de maîtriser les références essentielles lui permettant d'entrer en relation avec l'ingénieur.

    Jusqu'à présent, le baccalauréat professionnel se préparait en 4 ans, temps nécessaire pour que les élèves orientés en fin de 3ème se remettent à niveau. Si l'on veut maintenir un niveau d'exigences élevé et faire en sorte que les élèves acquièrent les compétences nécessaires à leur futur métier tout en bénéficiant d'une formation généraliste, en l'état actuel des choses, une durée de 4 ans demeure nécessaire à la préparation du baccalauréat professionnel. Si l'on veut le faire évoluer et le rendre efficace en 3 ans, le dispositif doit être évalué et remis à plat. 4 ans pourraient demeurer nécessaires pour les élèves qui auraient besoin de rattraper un grand retard (les élèves issus de CAP par exemple).

    Au vu de la réussite de ce baccalauréat, on pourrait augmenter le nombre de bacheliers professionnels et restreindre le nombre d'inscrits en CAP. Ce dernier doit en effet demeurer en place mais former moins d'élèves car il requiert des compétences techniques et un niveau de formation général insuffisants pour conduire les élèves à la poursuite d'études et à l'obtention du baccalauréat professionnel, lequel est devenu le niveau de base des qualifications nécessaires à l'emploi d'ouvrier qualifié et d'employé.

    Le BEP, qui est en voie de disparition, devrait pourtant être maintenu. D'une part, car il permet la poursuite des études en bac professionnel, contrairement au CAP : 60% des titulaires d'un BEP obtiennent aujourd'hui un bac pro, 10% un bac techno. D'autre part, car il garantit un diplôme à ceux qui ne parviennent pas à décrocher le bac professionnel.

    Le principe de l'alternance doit continuer à être développé car il permet à l'élève d'acquérir des compétences professionnelles et de trouver un emploi. Pour autant, l'encadrement et le salaire de l'élève doivent être dignes de ce nom.




    L'ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR ET LA RECHERCHE


    Ces 30 dernières années, l'Université française a dû faire des efforts considérables pour relever le défi de la démocratisation de l'enseignement supérieur. Elle accueille aujourd'hui 1,4 millions d’étudiants sur un total de 2,2 millions dans l’enseignement supérieur, et elle est amenée à en accueillir encore davantage à moyen terme. A l'aube du XXIème siècle et à l'heure de la mondialisation, elle doit s'interroger sur sa mission nationale – sociale, culturelle et économique –, mais aussi sur sa place dans le monde et sur les cartes qu'elle doit jouer au plan international pour faire face à la concurrence : comment dispenser un enseignement de qualité au plus grand nombre, asurer l'émergence d'élites sur une base socialement large, faciliter l'insertion professionnelle des jeunes, attirer les étudiants du monde entier, renforcer la recherche et lui assurer une visibilité internationale, développer la coopération scientifique internationale, ou encore augmenter le nombre de prix Nobel et de brevets ?


    Comment rendre le système français le plus efficace possible ? Comment avoir une recherche plus productive ? Il est nécessaire de s'interroger sur le fonctionnement des universités ainsi que sur la gestion des organismes de recherche afin d'optimiser les ressources et d'améliorer le système qui est souvent incohérent ou confus.


    L'université doit produire davantage de diplômés.
    L'université ne conduit actuellement que 25% des jeunes au niveau Licence ou plus, soit presque 2 fois moins que certains de nos concurrents européens. Or, pour le bon développement de notre nation, il est plus que souhaitable de former davantage de diplômés du supérieur – et ce d'autant que si le diplôme ne conduit pas systématiquement à l'emploi, il demeure le meilleur garant d'insertion professionnelle y compris en période de crise. Les jeunes les moins qualifiés sont deux fois plus touchés par le chômage que les diplômés du supérieur et le chômage des seniors est dû en grande partie à leur très faible niveau de qualification.
    Aujourd'hui, seuls 30% de jeunes d'une classe d'âge parviennent à obtenir un baccalauréat général susceptible de conduire à l'université. Dès lors, on voit très mal comment atteindre l'objectif fixé à plusieurs reprises par l'Europe, notamment à Barcelone en 2002 : conduire, dès 2010 (...), 50% de cette même classe d'âge au niveau Licence...

    L'université doit repenser son lien avec les autres organismes de recherche
    L'université est censée être le coeur du développement de la recherche, mais elle subit la concurrence de nombreux organismes tels que le CNRS. En outre, ces organismes reprochent à l'université sa mauvais gouvernance et son incapacité à avoir une politique scientifique – ce qui n'est pas faux puisque dans ce domaine, son degré d'intervention est très limité. Le système fonctionne mal, les chercheurs sont souvent insuffisamment centrés sur leur contribution à la réussite de la France (trop de considérations internes, endogènes ; pas assez de réflexion pour répondre aux objectifs de la France).

    L'université doit repenser son lien avec les grandes écoles.
    Ces dernières recrutent les meilleurs étudiants et ne laissent à l'université que les moins bons en premier cycle. Se pose ainsi la question de la complémentarité / concurrence entre les deux, mais également celle de la sélection à l'entrée de l'université. En effet, l'université accueille aujourd'hui un très grand nombre d'étudiants sans opérer de tri à l'entrée, l'obtention d'un baccalauréat étant la seule condition préalable à l'inscription en première année de Licence.

    Faut-il procéder à une sélection à l'entreé de l'université ?

    Vu le taux d'échec de certains bacheliers en Licence (il avoisinne les 60%), il pourrait paraître judicieux de recommander la sélection des candidats à l'université, comme le font les grandes écoles. Mais l'université EST déjà sélective : non seulement certaines filières sont ultra sélectives (médecine par exemple), mais dans les autres filières, la sélection s'opère dès la Licence : les plus mauvais étudiants ne passeront pas la barre de la Licence 1 et encore moins celle de la Licence 3. Seuls 15 à 20% des étudiants de Lience arriveront en Master et 5 à 6% en Doctorat. De plus, le fait que 2 modèles de sélection coexistent, que les grandes écoles sélectionnent dès la première année tandis qu'à l'université la sélection se fasse progressivement est une bonne chose : les deux modèles sont complémentaires. En l'état actuel des choses, le premier recrute davantage d'élèves issus de milieux favorisés orientés en classe préparatoire dès 18 ans quand le second permet un recrutement de profils plus divers sur un temps plus long. Les élites de demain ne doivent pas être toutes faites sur le même moule ni recrutées dans le même vivier.

    Le problème n'est pas la sélectivité des filières mais plutôt
  • la réorientation après un échec en Licence 1
  • l'orientation après le baccalauréat
  • l'adéquation entre baccalauréat et enseignement supérieur : les enseignements dispensés dans les différentes sections du lycée sont-ils réellement adaptés aux besoins des enseignements supérieurs ?

    Les nouveaux bacheliers doivent être informés des débouchés des filières qu'ils choisissent et des taux de réussite dans les filières. Ainsi un élève de baccalauréat professionnel s'inscrivant en première année de philosophie à l'université doit-il comprendre qu'il a autant de chances de réussir son année de Licence qu'un bachelier littéraire entrant en IUT de chimie, et ce malgré la meilleure volonté.
    Ces élèves là, s'ils persistent dans leur choix malgré leur échec probable, doivent en outre pouvoir bénéficier d'une réorientation cohérente, rapide et efficace dès le deuxième trimestre.
    Il va de soi que les baccalauréats professionnels et technologiques doivent être accueillis en priorité en BTS et en IUT, filières pour lesquelles ils sont bien préparés et qui permettent une bonne insertion professionnelle. Pour cette raison, ces filières doivent pouvoir accueillir davantage d'étudiants : les 3% de titulaires de bac professionnels qui s'inscrivent à l'université ne le font que parce qu'ils n'ont pas eu de place en BTS ou en IUT la majorité du temps...


    Une université remise en ordre de marche



    a. Les enseignements supérieurs

    Développer les formations professionnelles de haut niveau

    Il s'agit d'améliorer la qualification des étudiants et de leur permettre de se spécialiser progressivement tout en permettant une poursuite des études en Master.

    Les BTS doivent être développés et permettre aux meilleurs étudiants de poursuivre leur formation pendant un an en Licence profesionnelle. Ils bénéficieraient ainsi d'une formation plus poussée et atteindraient le niveau bac + 3 sanctionnant le niveau Licence, susceptible de mener vers un Master et reconnu au plan européen (LMD).
    Les IUT doivent continuer à être développés car ils forment bien les étudiants et les conduisent à l'emploi. Obtenus après 2 ans, ils doivent devenir des diplômes supérieurs de niveau Licence 3 (Licences technologiques) pour être reconnus au niveau européen.


    Revitaliser le parcours Licence, Master, Doctorat : allier esprit scientifique et compétences opérationnelles.


    Actuellement, le parcours en Licence est trop monolithique, ancrant la formation des étudiants dans une unique spécialité dès la première année passée à l'université. Il s'agit d'élargir les champs d'enseignement et les parcours dès la Licence de sorte que les étudiants bénéficient de formations multi-disciplinaires, plus ouvertes, susceptibles de conduire à différents types de Master. Dans cette perspective, il serait bon que les universités elles-mêmes soient multi-disciplinaires, qu'elles proposent des sciences dures, sociales et humaines sur un même campus.
    Elles seraient ainsi à même d'offrir des parcours plus diversifiés aux étudiants : par exemple, la gestion, l'informatique et les humanités peuvent être complémentaires ; de même que les sciences dures et les humanités. Les étudiants devraient pouvoir bénéficier de formations moins segmentées.

    L'université d'aujourd'hui doit être capable d'allier une formation scientifique d'excellence à un haut niveau de compétences pratiques.

    Il lui faut aussi développer les compétences liées aux nouvelles technologies et l'éducation aux médias numériques : les étudiants doivent savoir effectuer une recherche ciblée, discriminer entre des types de sources, évaluer la fiabilité d'une information, mais aussi maîtriser l'informatique à usage social, c’est-à-dire savoir produire des contenus en ligne et comprendre le fonctionnement d'Internet ainsi que des outils sociaux (réseaux sociaux, blogs notamment) afin d'en avoir un usage critique dans une perspective de citoyenneté. Dans le cas particulier du doctorat, la maîtrise des nouvelles technologies et des réseaux sociaux est devenue véritablement indispensable : les chercheurs se doivent de produire des connaissances mais aussi de les diffuser en ligne.


    Favoriser l'insertion professionnelle des étudiants


    L'université se doit de transmettre les savoirs et notamment le patrimoine humaniste universel, base de toute réflexion philosophique, politique, artistique ou scientifique. Elle n'a pas pour objectif central ou unique de répondre aux besoins du marché et de lui fournir de la main d'oeuvre. Pour autant, elle se doit de faciliter l'entrée des étudiants sur le marché du travail et, dans cette perspective, de développer les enseignements professionnels.
    Les liens entre université et entreprise doivent être renforcés, notamment pour élargir l'offre de stage. Les stages doivent être mieux encadrés et la rémunération du stagiaire dépendre de son niveau d'étude.
    Le dialogue entre université et entreprise doit être développé et consolidé afin que les deux mondes se comprennent : les diplômes universitaires sont souvent illisibles pour les employeurs ; l'université doit apprendre à produire et valoriser des "compétences" pour être comprise par le monde de l'entreprise. Ce dernier se doit de repenser son mode de recrutement afin de diversifier les compétences des cadres qu'il recrute pour une meilleure performance d'ensemble : la simple adéquation du diplôme à l'emploi est réductrice et trop homogène.
    Par exemple, les Humanités ont leur place dans l'entreprise, qui a besoin de cadres ayant une solide culture générale, une bonne capacité d’argumentation, un esprit de synthèse ainsi que des compétences rédactionnelles et linguistiques.

    b. Gouvernance : défendre une autonomie de service public

    L'université doit être envisagée comme un établissement autonome qui détermine sa politique en matière d'enseignement supérieur et de recherche en fonction des besoins de la nation. L'autonomie est une bonne chose si elle permet un financement des politiques plus efficace (notamment grâce au budget unique) et davantage de mobilisation des équipes pédagogiques et de recherche autour de projets communs.
    L'Etat et les Régions doivent veiller à l'équilibre de l'offre pédagogique et scientifique afin d'éviter que les créneaux non rentables économiquement mais profitables au développement socio-culturel de la nation ne soient délaissés.

    c. Renforcer le lien entre recherche et enseignement supérieur


    Développer la coopération entre universités, écoles et centres de recherche, mais aussi entre champs disciplinaires. Des projets d'envergure rassemblant des enseignants et des chercheurs en sciences dures, humaines et sociales devraient voir le jour pour innover dans tel ou tel champ.

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(1) Cour des comptes, "L'éducation nationale face à l'objectif de la réussite de tous les élèves", 12 mai 2010, synthèse, http://www.ccomptes.fr/fr/CC/documents/Syntheses/Synthese-education-nationale-face-a-objectif-reussite-eleves.pdf


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