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  <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
  <description><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-07-12T10:57:09+02:00</dc:date>
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   <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
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   <title>Pour devenir Président de la République française, il faut s’identifier pleinement à la France</title>
   <pubDate>Sun, 05 Sep 2010 17:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, lors de l'université d’été du MRC, Valence, le 5 septembre 2010. (introduction au débat avec François Hollande) (texte et vidéos)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120672" data="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Je suis heureux, en conclusion de notre Université d’été, de pouvoir ouvrir le débat avec François Hollande avec lequel j’ai toujours entretenu des relations amicales et sympathiques, et qui n’est pas seulement un homme politique expérimenté et avisé, étant donné les responsabilités qu’il a exercées durant dix ans à la tête du parti socialiste, mais un homme qui réfléchit et qui, sans céder sur ses fondamentaux réformistes, peut procéder à des inventaires qui conditionnent l’avenir, parce qu’il permettent de bouger et d’évoluer.       <br />
              <br />
       Or, la gauche pour gagner vraiment, c’est-à-dire pour réussir, doit bouger impérativement. Il faut faire « bouger les lignes » ; telle a été la conclusion de notre dernier Congrès, les 26 et 27 juin derniers.       <br />
              <br />
       Nous avons, François Hollande et moi, des points d’accord, par exemple la nécessité d’une réforme de la fiscalité des revenus fusionnant l’IRPP et la CSG de façon à associer justement tous les Français à l’effort nécessaire, si nous voulons non seulement réduire les déficits, mais marquer nos priorités dans le domaine de l’éducation notamment et de la jeunesse. Nous avons - ou en tout cas nous avons eu – des points de désaccord, notamment sur l’Europe et par conséquent sur la nation, et par conséquent sur l’indépendance nationale sans laquelle on ne peut exercer les effets de levier nécessaires.       <br />
              <br />
       François Hollande a affirmé une haute ambition parfaitement légitime : celle de devenir Président de la République en 2012. Il m’est arrivé de dire qu’on ne naissait pas homme d’Etat mais qu’on pouvait le devenir. Simplement, pour devenir Président de la République française, il faut aussi s’identifier pleinement à la France. Le moment d’un débat de fond est venu. J’aurais souhaité qu’il puisse être abordé dans une autre configuration, avec la constitution, au lendemain de la présidentielle de 2007, d’un grand parti de toute la gauche. Cette ambition que nous avions faite nôtre à notre Congrès du Kremlin-Bicêtre de 2008 s’est heurtée au conservatisme des structures politiques de la gauche. Je l’ai regretté. Nous abordons donc l’échéance de 2012 en ordre dispersé. Ce peut être un avantage si le débat permet de faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Et ce qui n’a pas été possible au lendemain de 2007 le sera peut-être en 2012 avec les socialistes, les communistes, les radicaux, les citoyens, et peut-être avec ceux des Verts qui n’ont pas renié l’héritage des Lumières, les Verts lumineux, qu’on pourrait aussi appeler les Verts luisants. C’est le fond qui est déterminant. Nous devons incarner le grand parti de progrès, en lutte contre l’obscurantisme, avec le projet que nous avons développé hier de refaire de la France une grande puissance industrielle et technologique.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Tout d’abord, je voudrais dire amicalement à François Hollande que la rigueur, sans doute nécessaire, ne peut être une perspective politique.</b>       <br />
              <br />
       1.	il ne suffit pas non plus d’y ajouter quelques réformes comme l’avait fait la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La France vit une profonde crise morale qui est aussi <span style="font-style:italic">une crise politique de longue durée, une crise nationale entamée dès la fin de la première guerre mondiale</span>. Il faut remédier à cette crise de sens, dire à la France à quoi elle sert et aux Français ce qu’ils sont, c’est-à-dire des citoyens qui doivent témoigner, dans un monde qui paraît voué aux communautarismes et aux intégrismes, de l’universalité des valeurs républicaines.       <br />
              <br />
       3.	Parallèlement, <span style="font-style:italic">nous vivons la crise du capitalisme financier mondialisé. Cette crise n’est pas derrière nous</span> : la conjonction des plans de rigueur dans la zone euro ne peut déboucher que sur une nouvelle récession ou, au mieux sur une stagnation de longue durée.       <br />
              <br />
       a)	Les marchés ne se sont pas révélés plus forts que les Etats. C’est justement aux Etats de faire prévaloir leur légitimité qui est celle des peuples et de la démocratie. Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la substance et la permanence de l’Histoire. Cela il faut le dire : c’est un choix politique essentiel. Il faudra reréglementer et recompartimenter les marchés.       <br />
              <br />
       b)	La crise aussi bien reste devant nous parce que les <span style="font-style:italic">déséquilibres macroéconomiques</span> et politiques qui l’ont engendrée n’ont pas été résorbés, bien au contraire, par les plans de refinancement ou de relance, qui ont simplement déplacé la dette du privé vers le public.       <br />
              <br />
       c)	Cette crise est une crise mondiale, née de la déflation salariale, elle-même conséquence de la pression exercée par les pays à très bas coût, déflation salariale qui a conduit à l’endettement généralisé, et d’abord aux Etats-Unis, des ménages, des entreprises et des Etats.       <br />
              <br />
       d)	Cette crise n’a été rendue possible que par la <span style="font-style:italic">création d’un monde décompartimenté</span> et notamment en Europe, en vertu de <span style="font-style:italic">l’Acte Unique</span> et des trois cents directives d’application qui ont libéré les mouvements de capitaux et déréglementé l’économie. C’est cela qui a permis la dictature de l’actionnariat, l’extension démesurée de la sphère financière, et le creusement d’inégalités abyssales entre les rentiers de la finance et le monde du travail laissé sans défense devant les délocalisations industrielles.       <br />
              <br />
       e)	On ne peut pas faire face à cela par une simple réforme fiscale. Il faut <span style="font-style:italic">re-réglementer</span>, mais de façon cohérente, entre l’Europe et les Etats-Unis d’Obama. Les mesures de régulation Volcker doivent être reprises et durcies au niveau européen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120676" data="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      f)	<span style="font-style:italic">La crise est aussi géopolitique</span> : les Etats-Unis, depuis trop longtemps, ont vécu au-dessus de leurs moyens. Nous devons aider Obama à remettre les pendules à l’heure. La ré-industrialisation nécessaire des Etats-Unis et de l’Europe peut-elle faire l’économie de protections sectorielles dans les industries que nous voulons préserver ou développer ? Cela dépendra beaucoup de la Chine, de sa capacité à relancer sa demande intérieure, et bien sûr de la fixation de normes sociales, environnementales et commerciales plus justes, sans parler de la réorganisation du système monétaire international, instaurant des parités ordonnées entre les quatre grandes monnaies mondiales. Nous ne pouvons en aucun cas accepter un euro surévalué qui asphyxierait ce qui reste de l’industrie française.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Il nous faut organiser l’Europe comme une zone de croissance à l’échelle mondiale et ne pas nous résigner à la stagnation et au déclin.</b>       <br />
              <br />
       C’est possible sur la base d’un nouveau modèle de croissance mettant l’accent sur la transition énergétique, l’éducation, la science et la technologie appliquées notamment aux domaines de l’énergie, des transports et de la mobilité, de la santé, et bien sûr la volonté de promouvoir un modèle social fondé sur la solidarité.       <br />
              <br />
       Cette Europe implique d’autres règles du jeu que celles élaborées par l’Acte Unique et les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ces traités sont complètement dépassés.        <br />
              <br />
       Il faut ouvrir le débat :       <br />
       -	Sur une initiative de croissance européenne mettant fin notamment à la déflation salariale et finançant par un grand emprunt européen un plan d’infrastructures.       <br />
       -	Sur un gouvernement économique de la zone euro, incluant l’ensemble des paramètres économiques et pas seulement budgétaires. L’objectif doit être de résorber les déséquilibres internes à la zone euro, autrement que par la conjugaison de plans de rigueur insoutenables et dont l’effet ne peut être qu’une récession généralisée et l’éclatement de la zone euro.       <br />
       -	Il faudra modifier les statuts de la Banque Centrale européenne pour introduire la croissance et l’emploi parmi ses missions.       <br />
              <br />
       Je ne m’étendrai pas sur les quarante propositions de notre programme de salut public. Dix d’entre elles concernent le redressement de la construction européenne : développement des coopérations renforcées à géométrie variable entre les Etats – plan d’indépendance énergétique et d’équilibre écologique – agriculture orientée vers la sécurité alimentaire – régime propre des services publics – protection commerciale de notre modèle de développement – alliance sans subordination avec les Etats-Unis – partenariat resserré avec la Russie – refondation de nos relations avec la Turquie.       <br />
              <br />
       L’évolution de l’Europe nous conduit vers plus de coopération intergouvernementale. C’est inévitable et c’est une bonne chose pour la démocratie et pour l’efficacité. Il faut abandonner « l’Irrealpolitik européenne », comme dit Hubert Védrine, délaisser les chimères fédéralistes, alibi de l’impuissance, aller vers des coopérations à géométrie variable et  vers une ouverture de ces politiques à la Russie et à la Turquie.       <br />
              <br />
       J’ai cru noter une évolution de François Hollande de l’Europe à vingt-sept vers la zone euro à seize. Je partage ce point de vue mais il pose le problème de ce que veut l’Allemagne.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La politique allemande doit être analysée.</b>       <br />
              <br />
       Il serait trop facile d’imputer les difficultés actuelles au tempérament de Nicolas Sarkozy. L’Allemagne est aujourd’hui la puissance qui impose ses choix et sa philosophie ordo-libérale à l’Europe (Mme Merkel parle de « culture de la stabilité »). En fait, la déflation salariale pratiquée depuis 2000 a creusé l’écart avec les autres pays de la zone euro, notamment les pays de l’Europe du Sud.       <br />
              <br />
       La politique de rigueur que l’Allemagne impose à la zone euro est excessive. Elle risque d’ailleurs de se retourner contre l’Allemagne. <span style="font-style:italic">Il faut trouver un compromis avec l’Allemagne</span>, entre la nécessaire responsabilité des Etats et la solidarité financière entre les pays membres de l’euro. On ne peut espérer une solidarité telle que celle qui existe au sein de chaque pays. L’Europe reste faite de nations. Mais on peut imaginer des émissions de bons européens et surtout un rôle actif donné à la BCE pour lutter contre la spéculation. Nous ne devons à aucun prix nous enfermer dans un tête à tête mortifère avec l’Allemagne au sein d’une zone euro réduite à un noyau dur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120699" data="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Mieux vaut préparer un « plan B » qui serait le retour à une monnaie commune qui pourrait continuer à s’appeler l’euro avec des parités ajustables pour des monnaies nationales recréées au sein d’un système monétaire européen bis.        <br />
              <br />
       Pas de fuite en avant dans l’irreal politik européenne comme celle consistant à offrir à l’Allemagne de partager notre siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. D’abord parce que les autres n’en seraient pas d’accord. Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes conceptions en matière de politique étrangère sur le Moyen-Orient et l’Afrique notamment, et sur la défense, et en particulier sur le domaine nucléaire. Enfin, parce que la priorité n’est pas là : elle est sur le terrain économique et monétaire d’abord.       <br />
              <br />
       Un peu de sens de l’Etat, à la veille d’une élection présidentielle, ne peut pas nuire.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – La géographie et l’Histoire confèrent à la France une responsabilité particulière.</b>       <br />
              <br />
       La France est nécessaire à l’équilibre de l’Europe dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même.        <br />
              <br />
       La France n’est pas n’importe quel pays.        <br />
              <br />
       Elle doit préserver des marges de manœuvre :       <br />
       -	vis-à-vis de l’Allemagne – sur la relance et le cours de l’euro ;       <br />
       -	vis-à-vis des Etats-Unis – sur la régulation et la réforme du SMI ;        <br />
       -	vis-à-vis de la Russie – sur l’énergie, le développement et la paix ;       <br />
       -	vis-à-vis de la Chine – sur la concertation économique et monétaire et sur un partenariat responsable.       <br />
              <br />
       L’Europe peut et doit prolonger l’action propre de la France. Mais celle-ci ne doit pas être démobilisée. Elle reste notre avenir. Il faut changer le mode d’emploi des institutions européennes et savoir d’abord ce que la France veut.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – La France doit faire vivre le modèle républicain qu’elle a si fortement incarné depuis deux siècles en Europe et dans le monde.</b>       <br />
              <br />
       Elle doit contribuer à organiser la résilience de l’Europe à l’échelle mondiale, en préservant notre modèle républicain, à la fois civique et social. Et bien sûr, la première urgence consiste à le faire  vivre en France même où la droite contribue à le fragiliser par des initiatives provocatrices qui visent à nous entrainer sur le terrain qu’elle a choisi pour 2012 : la sécurité.       <br />
              <br />
       Pour mettre la France à la hauteur des défis qui sont devant nous, la gauche doit faire bouger les lignes à l’intérieur d’elle-même. Elle doit incarner le pôle républicain de la vie politique française, face à une droite post-républicaine ou peut-être tout simplement réactionnaire, revenue à des conceptions d’avant 1789.       <br />
              <br />
       La gauche doit offrir un avenir à la France et à sa jeunesse et pas simplement un futur !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Pour-devenir-President-de-la-Republique-francaise-il-faut-s-identifier-pleinement-a-la-France_a184.html</link>
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   <title>La crise de la zone euro : pour une sortie par le haut</title>
   <pubDate>Thu, 27 May 2010 11:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen, 26 mai 2010.     <div>
      La crise de l’euro était prévisible. L’hostilité, dès 1992, du Mouvement Républicain et Citoyen au traité de Maastricht, repris en 2008 dans le traité de Lisbonne, était justifiée par l’abandon de notre souveraineté monétaire et par l’absence d’un « gouvernement économique » indispensable à une politique de croissance harmonieuse, dans une zone monétaire hétérogène. Notre critique se fondait particulièrement sur les objectifs déflationnistes assignés à la BCE. Elle a également visé les règles arbitraires et rudimentaires du pacte de stabilité passé en 1997. Telle qu’elle a été conçue, la monnaie unique ne pouvait mener qu’à la crise qui se développe aujourd’hui.       <br />
              <br />
       La première réponse des Gouvernements accentue ces travers : au lieu d’un gouvernement économique, c’est un appareil de sanctions renforcées qui est proposé. La zone euro va devenir une zone de forte déflation dont les ajustements reposeront sur les plus faibles. Les risques d’une telle politique sont trop graves pour qu’elle soit acceptée avec fatalisme. Seule lumière au tableau, la baisse du cours de l’euro, que la BCE avait refusée pendant des années, doit être mise à profit pour servir la croissance et amorcer ainsi la réindustrialisation de l’Europe.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a raison sur deux points essentiels : les marchés financiers et la spéculation doivent être ramenés sans concession à leur place. Chaque pays par ailleurs doit faire preuve de responsabilité dans la conduite de ses affaires.        <br />
              <br />
       Mais, pour que l’Europe ne devienne pas une simple communauté de transferts financiers que les peuples ne peuvent accepter, chaque pays doit veiller à l’équilibre de sa balance des paiements. Les pays déficitaires, bien sûr, mais aussi les pays excédentaires doivent adapter leur politique économique de façon coordonnée.       <br />
              <br />
       Pour éviter la spirale déflationniste et la récession, l’Allemagne doit assumer le « leadership » économique qu’elle exerce de fait en Europe. Elle doit cesser de voir dans la déflation compétitive le seul ressort de sa compétitivité au niveau mondial. Son économie a bien d’autres atouts à faire valoir et elle ne peut tourner le dos à l’Europe.        <br />
              <br />
       L’objectif d’accumuler des excédents d’épargne n’est pas soutenable à terme. La politique économique de l’Allemagne et de la zone euro doit participer au rééquilibrage mondial des échanges, la croissance intérieure des pays excédentaires, au premier rang desquels la Chine et l’Allemagne, devant compenser les ajustements des pays déficitaires, notamment des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       A défaut d’un tel accord sur une initiative de croissance européenne dans le cadre d’une coordination mondiale, et pour éviter la désintégration complète de la zone euro qu’envisage par exemple Joseph Stieglitz, une transformation de l’euro en monnaie commune devrait être étudiée, « au cas où » ...        <br />
              <br />
       Le bon sens commande de constater que les gouvernements  ne maîtrisent pas entièrement les risques de « défaut ». La réforme des marchés financiers tarde. La souveraineté des marchés financiers n’est pas l’horizon de l’Histoire : ce sont les peuples qui doivent déterminer leur destin.         <br />
              <br />
       La proposition d’une monnaie commune alternative à la monnaie unique, avait été notamment soutenue en son temps par les Britanniques, mais aussi par certains hommes politiques français de droite et de gauche. C’était également notre position en 1992. L’introduction de monnaies nationales inconvertibles, comme entre 1999 et 2002, mais ajustables, permettrait de redonner des marges de manœuvre aux gouvernements pour préserver à la fois les équilibres économiques et la croissance. Un « toit européen » doit être, en tout état de cause, préservé.       <br />
              <br />
       La position du MRC est claire : l’Europe doit sortir de la crise par le haut. L’Union européenne ne peut pas être une communauté de sanctions. Elle doit être une communauté de croissance. Il faut revoir le traité de Lisbonne, le pacte de stabilité et les statuts de la BCE. La croissance, l’emploi, les stratégies industrielles doivent être au cœur du projet européen. Il est temps de mettre toutes ces questions sur la table.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/La-crise-de-la-zone-euro-pour-une-sortie-par-le-haut_a163.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Crise de la Grèce, crise de l'euro</title>
   <pubDate>Thu, 20 May 2010 12:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   La crise grecque était inscrite dans les traités de Maastricht et de Lisbonne dont les lacunes étaient connues : en l’absence de coordination des politiques économiques, l’eurozone laissée aux seules mains de la Banque Centrale Européenne, ne pouvait qu’être traversée de tendances centrifuges entre ses différentes économies et était totalement démunie pour réagir aux chocs externes dont les effets asymétriques ne pouvaient qu’accentuer les risques de divergence.     <div>
      La politique mercantiliste et non coopérative allemande a accentué les pressions déflationnistes, déjà encouragées par le soutien à l’euro fort de la BCE. Déjà entre 2000 et 2008, les prix à la production grecs avaient crû de 18 % au-delà des prix allemands. Les prix espagnols étaient à 13 %, les français encore à 5 %, au-dessus de la référence allemande.        <br />
              <br />
       Ces pressions ont accru les déséquilibres entre les pays européens et se sont finalement traduites par les déséquilibres de balance des paiements, ignorés d’une façon coupable dans les Traités européens au profit d’une focalisation purement idéologique sur les comptes publics. Le choc de la crise financière a fini par être fatal à cette construction artificielle.       <br />
              <br />
       <b>1 / Une dévaluation financière </b>       <br />
              <br />
       La priorité est naturellement maintenant au redressement des économies attaquées. La réponse de l’eurozone à la crise grecque n’est pas crédible. La cure d’austérité infligée au peuple grec est encore beaucoup plus brutale que les plans du FMI qui avaient fini par faire l’unanimité contre eux. Cette cure est incompatible avec un redressement de la croissance dont dépendent les rentrées fiscales et le redressement des comptes publics. La longue histoire des crises financières nous apprend qu’il n’y a pas de salut sans participation des créanciers à l’effort partagé par le débiteur. La dette grecque sera fatalement restructurée, comme le pronostiquait Paul Krugman (Prix Nobel d’économie) dès la mi avril. Plus vite elle le sera, moindre sera le coût global de l’opération. Les prix des marchés intègrent déjà une décote de 30 % de la dette grecque. Les créanciers de la Grèce doivent effacer au moins 30 % de la dette.       <br />
              <br />
       Les créanciers sont essentiellement les banques et assurances européennes, notamment françaises et allemandes. En aidant officiellement la Grèce, les Gouvernements vont en réalité une nouvelle fois au secours de leurs banques et assurances qui la financent (75 Md€ pour la France, 45 Md€ pour l’Allemagne) et qui seraient exposées à de nouveaux risques de pertes. Celles-ci ont bénéficié des taux déjà élevés payés par la Grèce. Elles doivent maintenant assumer le risque qu’elles ont pris et celles qui n’en seront financièrement pas capables devraient être nationalisées. L’eurozone devrait une zone de solidarité, c’est un groupement de créanciers qui protège avant tout chose leur système financier.          <br />
              <br />
       Le plan de soutien à l’euro décidé les 7 et 9 mai 2010, pour massif qu’il soit, reste dans la même lignée : au-delà des 60 Md€ de prêts laissés à l’appréciation de la Commission, quels seront les mécanismes d’engagement des 440 Md€ de garantie par les Etats-membres ? Les conditions imposées aux Etats demandeurs seront elles aussi brutales que pour la Grèce ? Que se passera-t-il lorsque l’incapacité des pays ainsi aidés à remplir leurs engagements sera patente ? Quel sera leur châtiment ? En l’absence de réponses crédibles et soutenables à ces questions, la spéculation resurgira tôt ou tard. Les 750 Md€ mobilisables sont à comparer aux 850 Md€ des dettes extérieures de la seule péninsule ibérique… dont 550 Md€ pour les institutions financières allemandes et françaises !        <br />
              <br />
       L’engagement de la BCE de racheter les obligations « au pair » empêchera les décotes sur les marchés financiers mais ne résoudra pas les problèmes de solvabilité des pays en crise. Les seuls plans de sauvetage soutenables et  généralisables passent par des restructurations de dettes imposées aux créanciers. Pendant que se déroule la crise grecque, l’Argentine procède à une restructuration de sa dette en dollars avec une décote de 66,7 %, à comparer aux 30 % sur la Grèce. C’est là un exemple que les responsables européens devraient méditer. En cas de crise, l’impossibilité des dévaluations monétaires rend nécessaire des dévaluations financières des dettes nationales.        <br />
              <br />
       <b>2 / De nouvelles règles pour un Gouvernement économique de l’Euro   </b>       <br />
              <br />
       A la réponse à cette crise aiguë, devra succéder une révision des Traités pour transformer l’eurozone en un espace économique plus équilibré. La France et l’Allemagne ont proposé une révision du Pacte de stabilité sur des bases qui laissent craindre le pire : la surveillance budgétaire accrue et la compétitivité sont des objectifs qui, ainsi énoncés, préparent des politiques déflationnistes généralisées !       <br />
              <br />
       La soutenabilité de l’euro passe surtout par la restauration d’une croissance dynamique et équilibrée de l’eurozone. Cet objectif nécessite une coordination des politiques économiques qui ne parait toujours pas envisagée. Pour sauver l’euro, il faut que l’Allemagne, qui dégage plus de la moitié de ses excédents commerciaux sur la zone euro, accepte de renoncer à sa politique de déflation compétitive et soutienne sa demande intérieure.        <br />
              <br />
       L’Allemagne a raison sur un principe : la cohésion de la zone euro ne doit pas reposer sur des transferts financiers. Chaque Etat doit être responsable de l’équilibre financier de son pays. Mais pour y parvenir, il faut changer les règles du jeu de la zone euro en surveillant aussi le niveau des dettes privées. In fine, ce sont les échanges au sein de la zone euro qui doivent être équilibrés : la coordination des politiques économique pour assurer l’équilibre des  balances des paiements, solde des endettements de tous les agents économiques (Etat, Ménages, Entreprises), devrait remplacer les critères relatifs aux finances publiques. La coordination économique devrait reposer sur des mesures naturellement restrictives dans les pays déficitaires mais aussi sur des mesures expansionnistes dans les pays excédentaires pour soutenir la croissance européenne. Ce serait la tâche d’un Gouvernement économique de l’eurozone d’assurer une telle coordination coopérative.       <br />
              <br />
       La révision de Traité devrait aussi prévoir la révision des objectifs assignés à la BCE en adjoignant la croissance et l’emploi à l’objectif de stabilité des prix et devrait permettre l’émission de grands emprunts européens pour le financement de grands travaux ou d’investissements en recherche développement. Pour asseoir la compétitivité de l’Europe au-delà des déflations compétitives, cette révision devrait aussi prévoir la définition de politiques industrielles européennes auxquelles les règles de concurrence seraient subordonnées.       <br />
              <br />
       <b>3 / Une alternative : la monnaie commune </b>       <br />
              <br />
       A défaut d’un accord pour une telle révision des Traités européens, l’euro dans sa définition actuelle ne serait pas soutenable. L’euro devrait alors être transformé en monnaie commune réservée aux marchés financiers et aux échanges extérieurs. L’introduction de monnaies nationales non convertibles en devises permettrait de retrouver la flexibilité d’ajustement absolument nécessaire aux Etats européens tout en sauvegardant un acquis communautaire essentiel : l’affirmation d’une monnaie européenne sur la scène mondiale.       <br />
              <br />
       Les salaires, les dettes domestiques, les prix des biens et services serait exprimés en monnaie nationale. L’Europe a connu cette situation entre 1999 et 2002. A la différence de cette période, les taux de change entre les monnaies nationales et l’euro seraient ajustables en fonction des déséquilibres de compétitivité et de balance de paiements constatés entre pays européens dans un système analogue au SME mais protégé des mouvements spéculatifs par l’inconvertibilité des monnaies nationales.       <br />
              <br />
       Cette monnaie commune, soutenue en son temps par les britanniques, offrirait donc une flexibilité interne dont l’intérêt serait, outre une stabilité retrouvée, d’ouvrir la voie à un élargissement de la zone euro à toute l’Union européenne, du Royaume-Uni à la Bulgarie. Les pays en difficulté pourraient ajuster le taux de change de leur monnaie nationale contre l’euro en fonction de la situation économique interne.        <br />
              <br />
       Dans le cadre d’un remodelage du système monétaire international, un tel euro pourrait même être élargi à des monnaies associées dans le cadre d’accords commerciaux régionaux, notamment aux pays de bassins méditerranéens, voire aux pays du Golfe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Crise-de-la-Grece-crise-de-l-euro_a160.html</link>
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   <title>Identité = souveraineté</title>
   <pubDate>Wed, 09 Dec 2009 20:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Georges Sarre, parue dans Le Monde, 8 décembre 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1755414-2382231.jpg?v=1289529570" alt="Identité = souveraineté" title="Identité = souveraineté" />
     </div>
     <div>
      Dans la République, l'identité nationale se confond avec la citoyenneté, impliquant l'exercice en commun de la souveraineté. Si celle-ci est ignorée, livrée à quelque instance supranationale, si donc la nationalité est déconnectée de la citoyenneté, il ne reste plus que l'ethnicité. Voilà pourquoi le débat sur l'identité nationale, proposé par le président de la République, piège tous ceux qui acceptent le traité de Lisbonne, et par-là même atteint son objectif premier, son objectif politicien. Mais voilà aussi pourquoi ce débat peut se retourner contre son initiateur, si les républicains sont suffisamment forts pour y faire entendre la conception française de la nation, pour isoler les quelques tenants de la conception allemande, qui se situent à l'extrême droite de l'éventail politique.       <br />
              <br />
       Une trop grande partie de la gauche est paralysée de peur devant le mot &quot;nation&quot;, oubliant qu'il est à la racine même d'&quot;internationalisme&quot;. Et l'internationalisme, loin d'être la négation des nations, est la coopération entre les nations, mais entre des nations souveraines, des nations dans lesquelles les peuples s'expriment librement. Cette gauche craintive croit pouvoir dissoudre les nations dans des ensembles plus ou moins artificiels, dans lesquels les peuples sont sommés de voter conformément aux exigences de couches dirigeantes cooptées. Si un peuple n'obtempère pas, il est condamné soit à revoter jusqu'au moment où il se conforme, comme en Irlande, quitte à lui faire quelques concessions formelles, soit il est contourné, comme en France. Ainsi, la volonté du peuple français exprimée le 29 mai 2005 a été bafouée par le Congrès le 4 février 2008.       <br />
              <br />
       A partir du moment où la France n'est plus l'expression d'une volonté politique souveraine, à partir du moment où l'objet même de l'espace public devient flou, les Français, quelles que soient leurs origines culturelles et géographiques, ne trouvent plus dans la citoyenneté le support à leur intégration dans la collectivité nationale. Pour légitimement se donner une identité qui dépasse leur propre personne, ils sont contraints de puiser dans leur sphère privée, faisant appel à la religion, à l'origine ethnique ou à tout autre critère qui, en France, appartient au particulier de chacun. Alors, les nouveaux Français, et les anciens, ne voient plus que les différences, souvent les plus superficielles, qui les séparent entre eux. Il ne leur reste plus que le repli communautariste. Pour les Français immigrés ou de parents immigrés, ce communautarisme permet de combiner leurs liens avec leurs &quot;compatriotes de là-bas&quot; et un étroit localisme limité au lieu d'habitation.       <br />
              <br />
       Si la souveraineté inclut la coopération sous forme intergouvernementale, elle exclut la démarche européenne dite communautaire. Dans la République, pour qu'une décision s'impose au peuple français, il faut que les instances qu'il a démocratiquement désignées à cet effet aient dûment et librement approuvé ladite décision. Une directive européenne devrait pouvoir être amendée par le Parlement français. Les décisions des cours de justice supranationales devraient être indicatives, et non impératives.       <br />
              <br />
       Mais il ne suffirait pas que les citoyens aient enfin retrouvé leur capacité à agir sans contrainte extérieure dans l'espace public. Il faut encore qu'ils soient fiers de leur citoyenneté, qu'ils soient fiers de la nation à laquelle ils appartiennent, non pas au détriment des autres, mais en connaissant l'histoire dont ils sont les héritiers. La fierté républicaine ne repose pas sur le sang, sinon sur le sang versé pour la liberté. La fierté républicaine repose surtout sur la culture, dont les citoyens doivent être les promoteurs et les défenseurs. Cette culture dont tout citoyen français est l'héritier simplement parce que juridiquement il est citoyen français. Or, précisément, en ce moment même, le gouvernement porte un nouveau coup à l'enseignement de l'histoire, la discipline qui permet de comprendre que l'identité nationale, en France, ne repose pas sur la génétique, mais sur le politique. Pour appréhender le débat public, sinon y participer, un citoyen doit au moins se percevoir dans une continuité temporelle, qui lui permet d'envoyer son arbre généalogique dans sa sphère privée.       <br />
              <br />
       Il faut donc ouvrir les portes de ce débat sur l'identité nationale, ne pas les laisser coincées dans l'opération électoraliste où voudrait les confiner le président de la République, ne pas laisser la patrie, notre bien commun le plus précieux, dans des marécages peu ragoûtants. Au contraire, la question nationale doit prendre toute son ampleur pour interroger et modifier la politique française dans son ensemble, pour la remettre à l'endroit, pour maintenir l'intime fusion entre identité nationale et identité républicaine. Alors, seront traitées dans un même mouvement la question nationale et la question sociale, parce que le problème des quartiers dits sensibles est à la fois celui du chômage et celui de la culture. Et la France ne retrouvera le chemin de l'emploi que par une politique volontariste de réindustrialisation, politique qui demande que les nouvelles productions, quelles qu'elles soient, soient protégées, au moins dans un premier temps. Le grand emprunt n'a de sens que s'il sert à investir dans des industries permettant d'assurer l'avenir et de rééquilibrer la balance commerciale.       <br />
              <br />
       Mais, alors, il faut remettre en cause les dogmes libre-échangistes du FMI, de l'OMC et de l'Union européenne. Mais, alors, il faut que le peuple français retrouve sa pleine souveraineté. Ainsi donc, ce débat sur l'identité nationale est soit une politicaillerie qui confine à la canaillerie, soit à l'inverse, si les républicains s'en emparent, le prélude à une véritable modernisation de la France.       <br />
              <br />
       --------       <br />
       Voir la tribune <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/08/identite-souverainete-par-georges-sarre_1277504_3232.html">sur le site du Monde</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1755414-2382231.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Identite-souverainete_a140.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>L’arrêt du 30 juin 2009 de la cour constitutionnelle et l’Europe: une révolution juridique ?</title>
   <pubDate>Wed, 21 Oct 2009 23:25:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Par Marie-Françoise Bechtel, Secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen.     <div>
      <a class="link" href="http://www.bundesverfassungsgericht.de/entscheidungen/es20090630_2bve000208.html">L'arrêt du 30 juin 2009 de la cour constitutionnelle allemande de Karlsruhe</a> aurait dû connaître un véritable retentissement politique. Ses mérites, il est vrai, sont mis en valeur  par la conspiration du silence dans les medias, les gouvernements et les partis. Quant à la doctrine, elle met pour l’essentiel, un grand empressement  à tenter de recoller les morceaux.       <br />
              <br />
       Il est pourtant raisonnable de dire que cet arrêt inaugure une ère nouvelle dans les relations entre l’Union Européenne et les Etats.       <br />
              <br />
       <b>Que dit cet arrêt ?</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="u">Résumé de l’arrêt tel que communiqué par la Cour de Karlsruhe :</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">« Le Traité de Lisbonne est compatible avec la loi fondamentale. Mais la loi étendant et renforçant les pouvoirs du Parlement (Bundestag et Bundesrat) dans les matières européennes viole les articles 38.1 et 23.1 de la loi fondamentale dès lors que le Parlement allemand ne se voit pas accorder des pouvoirs suffisants dans la participation à la procédure législative et à la procédure d’amendement des traités. La ratification par la République fédérale d’Allemagne du Traité de Lisbonne ne peut donc avoir lieu  tant que la loi relative aux droits de participation du Parlement  n’est pas entrée en vigueur. Décision prise à l’unanimité quant au résultat et à l’unanimité moins  une voix quant au raisonnement ».</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Que peut-on en conclure ?</b>       <br />
              <br />
       On note tout d’abord l’importance que la cour attache au « raisonnement ». C’est bien lui qui fait le prix de cet arrêt et c’est à lui qu’il faudra se référer pour l’avenir.        <br />
              <br />
       En effet la conclusion même de la Cour selon laquelle le Traité de Lisbonne n’est pas inconstitutionnel  est a priori irénique. Mais à quel prix ! Dans une analyse implacable de la nature même de l’Union Européenne, le juge allemand pointe tout ce qui fait de la construction communautaire un édifice contraire à la démocratie et, par la même occasion, interdit qu’une Constitution vienne coiffer cet édifice qui n’est ni un Etat fédéral - dont il a certain traits - ni un Etat unitaire et qui, comme « organisation internationale », ne peut se prévaloir d’une souveraineté comparable à celle des Etats qui la composent. Elle en déduit que le Parlement national doit se voir reconnaître un droit de regard sur la mécanique de prise des décisions et que, tant qu’une loi n’aura pas reconnu ces droits « de participation », le traité ne peut être ratifié par l’Allemagne.       <br />
              <br />
       En d’autre termes, si la Cour s’apprête vraisemblablement à composer avec le gouvernement qui s’est empressé de préparer la loi qu’elle exige renforçant les pouvoirs du Parlement national dans l’élaboration des normes communautaires, <span style="font-style:italic">elle a verrouillé l’avenir et même le présent dès lors qu’elle  impose  une interprétation réductrice des compétences européennes.</span>       <br />
              <br />
       <b>C’est pourquoi si l’arrêt du 30 juin 2009 n’est pas un séisme, il constitue cependant une fracture dont les institutions de l’Union auront du mal à se remettre.</b>       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>I/ Cet arrêt n’est pas à proprement parler un séisme : </b>       <br />
              <br />
              <br />
       a) Des fissures antérieures pouvaient laisser présager <span style="font-style:italic">qu’un jour le juge constitutionnel allemand se saisirait de la question même de la souveraineté des Etats au sein de l’UE. Car c’est bien de cela qu’il s’agit.</span> Il l’a fait en plusieurs étapes :       <br />
              <br />
       -L’arrêt dit « So lange » I avait inauguré cette ère de rupture avec l’esprit de la construction européenne. Mais l’évolution n’était pas linéaire. Tout au contraire elle est apparu rassurante aux adeptes de l’UE à la suite des arrêts « So lange » II et III.       <br />
              <br />
       Le premier arrêt (1974) avait inquiété : pas question de reconnaître une primauté du droit européen « aussi longtemps que » (so lange) les droits fondamentaux ne se voyaient pas appliquer dans l’ordre juridique européen une protection au moins équivalente à celle que leur assurait le droit interne.       <br />
              <br />
       Le deuxième arrêt (1986) a rassuré : renversant le raisonnement, il prend acte de ce que l’Allemagne peut respecter le principe de primauté du droit européen « aussi longtemps » que la Cour de justice assure la garantie des droits fondamentaux.       <br />
              <br />
       Et le troisième arrêt (2000) crée un véritable soulagement chez les adeptes de la construction européenne: la Cour n’exige plus une protection identique dans les deux ordres juridiques mais constate qu’il y a désormais un standard européen des droits de l’homme qui doit être respecté. On notera que si le Traité de Lisbonne devait entrer en vigueur, il mettrait fin à toute réticence de la Cour de Karlsruhe sur le terrain des « droits fondamentaux » car il a prévu l’adhésion de l’UE à la Convention européenne des droits de l’homme et donne une valeur contraignante à la « Charte européenne des droits fondamentaux » intégrée au Traité. Fin donc des épisodes « So lange ».       <br />
              <br />
       - Mais les réticences de la Cour ne s’arrêtaient pas là. La Cour avait aussi à l’occasion du Traité de Maastricht (1992) fait des « réserves d’interprétation » et posé quelques jalons quant à la constitutionnalité du traité qui devaient ou du moins pouvaient la conduire à considérer que, avec le Traité de Lisbonne, un pas de trop était franchi.       <br />
              <br />
              <br />
       b) que dit en effet aujourd’hui le juge constitutionnel allemand ? Il énonce trois constatations fondamentales :       <br />
              <br />
       -	les Etats membres restent souverains dans la conclusion des traités. Ils n’ont pas attribué à l’UE la <span style="font-style:italic">« compétence de la compétence »</span> (<span style="font-style:italic">kompetenz kompetenz</span>), célèbre expression qui, chez les juristes allemands du 19° siècle définit la souveraineté extérieure de l’Etat. <span style="font-style:italic">En d’autres termes le Traité de Lisbonne n’a pu créer un ordre constitutionnel européen ni même un transfert irréversible des compétences.</span>       <br />
              <br />
       -	Il n’existe pas de « peuple européen » souverain, par conséquent <span style="font-style:italic">la souveraineté primordiale demeure aux mains des peuples</span> et il s’ensuit que le Parlement européen n’a pas la même légitimité que les Parlements nationaux.       <br />
              <br />
       -	Il appartient par suite au juge constitutionnel de <span style="font-style:italic">faire obstacle à l’application en Allemagne de dispositions européennes incompatibles avec la Constitution</span>. Cette exigence résulte des deux articles de la loi fondamentale qui sont méconnus par le Traité :       <br />
              <br />
       * l’art 23.1de la loi fondamentale (réécrit en 1992) qui, en parallèle avec l’article 88-1 de notre Constitution (même date), <span style="font-style:italic">autorise le transfert de pouvoirs de souveraineté à l’Union européenne  sous la condition que ces transferts de pouvoirs restent compatibles avec le caractère d’organisation internationale de l’Union et que la souveraineté de l’Etat soit maintenue sur la base d’une intégration compatible avec son identité constitutionnelle</span>.       <br />
              <br />
       * l’article 38.1 qui fait écho l’article 3 de la Constitution française et selon lequel : « les députés au Bundestag sont élus au suffrage universel, direct, libre, égal et secret. Ils représentent l’ensemble du peuple, ne sont tenus ni par des mandats ni par des instructions et en sont soumis qu’à leur conscience ».       <br />
              <br />
       Ainsi le constat  ne touche plus au risque d’une atteinte portée aux droits fondamentaux, question réglée par « So lange III ». Il porte bel et bien sur l’ensemble des compétences reconnues à l’UE        <br />
              <br />
       <b>Le point essentiel par rapport au passé est donc que la cour de Karlsruhe met aujourd’hui en cause le cadre institutionnel même dans lequel s’exercent les compétences de l’Union.</b>       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II/ Des institutions européennes fragilisées pour l’avenir.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       a) <span style="font-style:italic">C’est par son analyse même de la nature de l’Union européenne</span> que l’arrêt introduit une rupture avec l’approche antérieure.       <br />
              <br />
        La portée de cette analyse est considérable. Pour la mesurer, on peut faire une comparaison avec les positions de Conseil Constitutionnel français.       <br />
              <br />
       Le Conseil constitutionnel, depuis l’arrêt Maastricht (1992) ne reconnaissait dans l’UE qu’une « organisation internationale ». Mais, et alors même qu’il estimait qu’il n’y avait pas de « peuple européen », il a toujours refusé de regarder comme contraire à la Constitution le fait même de remettre à cette organisation une partie des  « conditions essentielles d’exercice de la souveraineté » que sont la délégation par le peuple au parlement national de l’exercice de la  souveraineté populaire. Son raisonnement est un peu par l’absurde : l’Europe n’est qu’une organisation internationale, par conséquent on peut lui transférer des compétences en certains domaines, quitte à réviser la Constitution si ces compétences sont régaliennes ; mais puisqu’elle n’a pas la nature d’un Etat, ces transferts de compétence n’altèrent pas la souveraineté nationale dans ce qu’elle a d’essentiel.       <br />
              <br />
       Confronté au traité de Lisbonne, le Conseil constitutionnel ne pouvait toutefois maintenir cette position puisqu’il ne s’agissait plus pour l’essentiel de transférer telle ou telle compétence fût-elle régalienne, mais de mettre en place si ce n’est une « Constitution », à tout le moins un cadre institutionnel dans lequel s’exercerait le pouvoir « législatif » de l’Union ainsi que les conditions de son contrôle par le détenteur de la souveraineté.  Que dit alors le CC ?       <br />
              <br />
       Selon lui,  l’article  88.1 de la Constitution, dit amendement Lamassoure (1992), selon lequel : <span style="font-style:italic">« La République participe aux Communautés européennes et à l'Union européenne, constituées d'États qui ont choisi librement, en vertu des traités qui les ont instituées, d'exercer en commun certaines de leurs compétences »</span>, a «<span style="font-style:italic"> consacré l'existence d'un ordre juridique communautaire intégré à l'ordre juridique interne et distinct de l'ordre juridique international »</span>. Et, tout en confirmant la place de la Constitution <span style="font-style:italic">« au sommet de l'ordre juridique interne »,  « ces dispositions constitutionnelles permettent à la France de participer à la création et au développement d'une organisation européenne permanente, dotée de la personnalité juridique et investie de pouvoirs de décision par l'effet de transferts de compétences consentis par les États membres »</span>.       <br />
              <br />
       Certes, le juge constitutionnel réserve la possibilité, <span style="font-style:italic">« lorsque des engagements souscrits à cette fin contiennent une clause contraire à la Constitution, remettent en cause les droits et libertés constitutionnellement garantis ou portent atteinte aux conditions essentielles d'exercice de la souveraineté nationale »</span> (toujours non définie), de ne pas  autoriser la ratification sans révision constitutionnelle. Mais c’est là une précaution assez platonique comme l’a montré la jurisprudence ultérieure (cf. <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Superiorite-de-la-norme-europeenne-et-protection-de-la-Constitution-etat-des-lieux_a254.html">« Supériorité de la norme européenne et protection de la Constitution : état des lieux »</a> par Marie-Françoise Bechtel, note publiée sur le site de la Fondation res Publica en Annexe au colloque du 5 novembre 2007, Peut-on se rapprocher d'un régime présidentiel ?)       <br />
              <br />
       Le véritable tour de passe passe auquel se livre le Conseil constitutionnel consiste à ne considérer que la question des « transferts de compétence » sans aucun égard pour le cadre institutionnel dans lequel doivent s’exercer les compétences transférées. Comme dans le  navire qui fait eau, la Constitution reste donc au sommet de « l’ordre juridique interne » lequel « intègre » l’ordre juridique communautaire et, tel le capitaine, elle sombrera drapeau déployé lorsque les rats ou les masses d’eau en auront fini avec la carcasse.       <br />
              <br />
       Sans accabler le Conseil constitutionnel dont il convient de rappeler qu’il est une instance collégiale tenue donc au compromis et qu’il ne publie pas le détail des votes, on relèvera que c’est à une véritable leçon de droit constitutionnel que la Cour de Karlsruhe se livre à son égard.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">La Cour de Karlsruhe procède en effet à la démarche inverse</span>. Elle prend soin tout d’abord de dire que <span style="font-style:italic">« le problème de la  structure de l’UE est au centre de l’examen de constitutionnalité (du traité) »</span>. Ensuite, loin de qualifier l’UE d’organisation sui generis <span style="font-style:italic">« intégrée à l’ordre juridique interne »</span>, la Cour s’attache à qualifier l’UE au regard des concepts juridiques clairs et reconnus.       <br />
              <br />
       Est-ce un Etat se demande-t-elle d’abord ? Réponse : non, du moins pas dans l’ensemble de ses traits. L’UE a certes connu <span style="font-style:italic">« une extension considérable de son champ d’action de sorte que, en certains domaines, elle revêt une forme qui s’apparente à celle d’un Etat fédéral »</span>. Mais en contraste, <span style="font-style:italic">« le pouvoir interne de décision en reste au modèle prédominant d’une organisation internationale dont la structure répond pour l’essentiel au principe d’égalité entre les Etats »</span>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L’Union reste donc une « organisation internationale » ou plus précisément une « union juridique fondée sur le droit international ».</span>       <br />
              <br />
       Deuxième temps : dispose-t-elle de la source de la légitimité ? Réponse : non. Tant qu’ « aucun peuple européen unifié, comme source de légitimité, ne pourra exprimer une volonté majoritaire par des voies politiques effectives, tenant compte de l’égalité dans le contexte de la fondation d’une Etat européen fédéral, les peuples de l’Union, constitués dans les Etats membres demeurent les titulaires exclusifs de l’autorité publique ».        <br />
              <br />
       Cette leçon de… cartésianisme résonne donc avec beaucoup de force. On ne saurait inventer  un nouveau modèle d’ordre juridique ni national ni fédéral ni sui generis. Un chat est un chat. Un peuple souverain peut se substituer à un autre mais précisément, tant qu’il ne s’est pas substitué il n’y a pas de voie tierce fût-ce sous l’expression élégante et creuse – ou embarrassée- d’« ordre juridique communautaire intégré à l’ordre juridique national et distinct de l’ordre juridique international »…       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">b) Quelles sont maintenant les conséquences de cette leçon d’histoire du droit ?</span>       <br />
              <br />
       On peut les estimer limitées au regard de l’analyse sévère faite par la Cour du « déficit démocratique » qui caractérise l’Union. Mais cet arrêt semble susceptible d’une double lecture : d’un côté un véritable réquisitoire, rigoureux, systématique même, qui ne laisse dans l’ombre aucun des vices fondamentaux dont est atteinte la « construction » européenne. <span style="font-style:italic">La Cour donne l’impression de prendre date et indique d’ailleurs que l’extension des compétences à laquelle il est procédé « une fois de plus » doit conduire à une « revue d’ensemble » de l’intégration en laissant planer la menace du futur</span>. De l’autre, l’arrêt tire des conséquences qui, en dehors même de l’analyse, ne sont pas négligeables, même si elles  restent - pour cette fois ? - dans le cadre de l’intégration.       <br />
              <br />
       Elles portent sur deux questions essentielles au fonctionnement futur de l’Union telles que prévues par le Traité de Lisbonne :       <br />
              <br />
              <br />
       a) <span style="font-style:italic">d’abord la question des « clauses passerelles »</span> qui permettraient, en vertu de l’art 48.7 du traité, de passer de l’unanimité à la majorité qualifiée par décision du Conseil ou de passer de la même façon de la procédure législative spéciale à la procédure législative ordinaire. La Cour dit <span style="font-style:italic">qu’il s’agit là d’amendements au droit primaire du Traité</span> qui contreviennent aux pouvoirs du Parlement national lequel doit pouvoir donner l’autorisation aux représentants nationaux au sein du conseil d’y procéder. En d’autres termes, le Parlement ne peut déléguer le pouvoir de ratifier les traités ou accords internationaux, catégorie à laquelle appartient la mise en jeu des « clauses passerelles ».       <br />
              <br />
              <br />
       b)	<span style="font-style:italic">ensuite la question de la « flexibilité »</span>, autrement dit des compétences  « transversales » de l’Union : l’art 352 du Traité permet en effet à l’Union d’attraire à elle des politiques liées à celles pour lesquelles on lui a clairement attribué une compétence. La Cour dit que là aussi,  et compte tenu du caractère « indéterminé » des cas possibles d’application, il faudra une autorisation du Parlement national. La loi doit la mettre en œuvre.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">L’arrêt de la cour de Karlsruhe crée donc un tumulte dans l’ordre communautaire dont les ondes de choc ne se sont pas encore fait vraiment sentir. En France, il met les pouvoirs publics devant leurs responsabilités. En Allemagne, il traduit la montée de l’euroscepticisme face aux avancées incontrôlées et incontrôlables de la construction communautaire. Et, en Europe, il pose la question de l’application d’un Traité pour lequel l’Allemagne a émis ce qui revient à des réserves et ce alors que tous les Etats ne l’ont pas encore ratifié. L’Europe à géométrie variable, déjà actée par la crise, reçoit ici un renfort d’importance: qu’arrivera-t-il en effet si le Parlement allemand refuse à l’Union l’usage de clauses passerelles ou l’attribution de compétences non explicitement attribuées par le Traité ? Doté des nouveaux pouvoirs de contrôle que la Cour a exigé, il est aujourd’hui en situation de s’opposer à cette partie du mécanisme de la prise de décision. Le fera-t-il tout seul ? Sera-t-il imité par d’autres ? L’avenir le dira.</span>       <br />
              <br />
              <br />
       -----------       <br />
       Sur la loi adoptée par le Parlement allemand, en application de cette décision de la Cour de Karlsruhe, voir : <a class="link" href="http://dipbt.bundestag.de/dip21/btd/16/139/1613923.pdf">dipbt.bunedstag.de</a> (<span style="font-style:italic">document PDF</span>, 21/08/2009)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/L-arret-du-30-juin-2009-de-la-cour-constitutionnelle-et-l-Europe-une-revolution-juridique_a131.html</link>
  </item>

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   <title>Elections européennes : le MRC pour un vote blanc ou nul</title>
   <pubDate>Thu, 14 May 2009 17:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de presse de Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen, jeudi 14 mai 2009.     <div>
      Le Mouvement Républicain et Citoyen ne prend pas part à la campagne des élections européennes. Il préconise, le 7 juin prochain, un vote blanc ou nul à ces élections européennes.         <br />
              <br />
       Pourquoi ?        <br />
              <br />
       Cette élection à un Parlement-fantôme est un trompe l’œil. Dans cette enceinte où 770 soi-disant députés inconnus de leurs électeurs peuvent s’exprimer trois minutes chacun, en usant de l’une des vingt-deux langues officielles reconnues, aucune volonté générale ne peut bien évidemment s’exprimer.        <br />
              <br />
       M. Sarkozy, à Nîmes, a parlé de politique de change volontariste, de protection communautaire et de politique industrielle commune, mais il sait très bien que le texte du traité de Lisbonne qu’il a fait adopter, l’en empêchera. La même schizophrénie – pour ne pas dire hypocrisie - frappe le Parti socialiste qui a approuvé lui aussi le traité de Lisbonne. D’ores et déjà MM. Brown et Zapatero ont fait savoir que les députés travaillistes anglais et ceux du PSOE espagnol soutiendraient le candidat libéral à la présidence de la Commission européenne, M. José Manuel Barroso. Cette élection est vide de contenu.         <br />
              <br />
       Ni le NPA de M. Besancenot ni le « Front de gauche » ne proposent de stratégie de redressement crédible. L’un ne veut pas venir au pouvoir. L’autre méconnaît le ressort que peut constituer l’exercice de la souveraineté nationale, c’est-à-dire de la démocratie, dans une Europe qui est faite d’une trentaine de nations.         <br />
              <br />
       C’est sur celles-ci qu’il faudra s’appuyer pour redresser une construction européenne que le dogme libéral et le mythe d’un peuple européen inexistant vouent à l’impuissance. Le Mouvement républicain et citoyen appelle au vote blanc ou nul de préférence à l’abstention : le peuple français, en effet, ne doit pas laisser bafouer la volonté qu’il a démocratiquement exprimée le 29 mai 2005.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Elections-europeennes-le-MRC-pour-un-vote-blanc-ou-nul_a99.html</link>
  </item>

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   <title>Position du MRC pour les élections européennes de juin 2009</title>
   <pubDate>Tue, 13 Jan 2009 11:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Adoptée par le bureau national du mercredi 7 janvier 2009.     <div>
      Depuis plus d’un an, l’économie internationale traverse une crise d’une gravité exceptionnelle. Jamais, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le capitalisme ne s’était trouvé dans une telle situation. Crise du libéralisme sans règles, crise de la globalisation impériale impulsée par les Etats-Unis et qui se répand, telle la métastase d’un cancer, sur la totalité de la planète, précisément parce que l’hypercapitalisme spéculateur qui la caractérise est devenu le modèle dominant.        <br />
              <br />
       Face à cette crise, l’Europe a failli. Et ce sont les nations qui ont réagi, ce qui prouve, s’il en était besoin, leur caractère historiquement incontournable.       <br />
              <br />
       C’était inévitable, car depuis le Traité de Maastricht,  sous la pression des conservateurs et, souvent, avec le consentement des socio-libéraux, elle avait choisi non seulement de se soumettre au libéralisme triomphant mais encore d’en devenir un vecteur d’expansion dans tous les pays européens.        <br />
              <br />
       En 2005, Français et Hollandais ont dit non à cette évolution. Les Irlandais n’ont pas tardé à suivre, en rejetant le Traité institutionnel. C’est que partout les citoyens sont conscients que l’Europe est devenue un rouage essentiel de la globalisation financière, qu’elle se pose en garante de l’orthodoxie libérale, et que leur avenir national se joue désormais autant sinon plus que chez eux à la Commission européenne, à la BCE, à Washington et sur les grandes places boursières du monde.       <br />
              <br />
       Pour retrouver la confiance des Français, <b>la Gauche, rassemblée, unitaire, doit proposer dés les élections européennes de Juin 2009, un projet alternatif à la politique néolibérale actuelle, depuis peu mâtinée d’interventionnisme repentant.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1) L’Europe dans la crise</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle de la globalisation libérale est profonde. Elle ne sera pas résolue par des demi-mesures. Nous devons lutter pour qu’elle ne soit pas payée par le monde du travail mais débouche sur un ordre social plus juste. Cela ne peut se faire sans un retour de la puissance publique, que ce soit pour la maîtrise des instruments du développement économique ou pour la négociation d’un nouvel ordre international.       <br />
              <br />
       Or l’Union européenne est impuissante face aux effets dévastateurs de cette crise. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas potentiellement assez forte. C’est parce qu’elle n’a pas d’autre conception de l’avenir que la politique de concurrence qu’elle a transformée en religion dans le Pacte de stabilité. Cette politique a coûté des millions de chômeurs, la montée partout de la précarité, la généralisation des bas salaires, l’instauration de la concurrence entre les territoires et les peuples européens, la remise en cause systématique des services publics (poste, transports ferroviaires, santé, éducation) et leur privatisation.        <br />
              <br />
       L’idéologie « européiste », jouant sur une conception soit naïve soit manipulatrice de la solidarité européenne, a contribué à anesthésier tout débat sur l’avenir réel de l’Europe.  Résultat : le sentiment pessimiste à l’égard de l’Europe s’est accru, car les peuples, dans la réalité, ne veulent pas échanger des acquis sociaux conquis de haute lutte contre un libéralisme européen porteur de précarité et de misère.        <br />
              <br />
       <b>Il faut refonder l’Europe. D’abord en la rapprochant des peuples européens, des Etats nations qui la structurent, des citoyens qui l’animent.</b> Il ne peut  y avoir de bonne politique européenne au mépris des peuples, des Etats nations, des citoyens. <b>La nation n’est pas le nationalisme.</b> Au contraire, le nationalisme est une maladie de la nation. <b>Communauté de citoyens, la nation est le cadre naturel de la démocratie.</b> Si nous voulons éviter les funestes dérives nationalistes et xénophobes, nous devons concevoir l’Europe non comme un super Etat technocratique, non démocratique, entièrement dévoué à la seule expansion du libéralisme économique, mais comme un espace citoyen de solidarité, de respect de la diversité des nations, des langues, des cultures, des traditions et du patriotisme des peuples. <b>Car le patriotisme républicain est le contraire du nationalisme. C’est l’expression généreuse du civisme, non le repli identitaire.</b>       <br />
              <br />
       Ainsi conçue, la nation civique est le principal lieu d’expression de la volonté démocratique. Elle est, pour nous, synonyme de République. L’Europe ne doit donc pas constituer un espace de souveraineté opposé à celui des nations. L’idée d’une puissance publique européenne ne peut être que le résultat des délégations que lui confèrent les nations qui la constituent. Pour nous, ces délégations de compétences au niveau européen, lorsqu’elles s’avèrent indispensables,  ne signifient pas une victoire contre les nations, et encore moins « l’abandon » de la souveraineté nationale. Elles incarnent plutôt la conciliation harmonieuse de la nation et de l’Europe. Et elles ne sont acceptables que si elles sont ratifiées ou vérifiées par référendum. Car les peuples souverains doivent toujours avoir le dernier mot. Cette conception débouche naturellement sur une Europe à géométrie variable, en fonction de ce que veulent ou ne veulent pas les nations. Elle n’exclut donc nullement <b>les délégations de compétences</b> à condition que celles-ci soient gérées ensemble de manière démocratique. Nous considérons en ce sens que l’adoption du Traité institutionnel par voie non référendaire est une atteinte grave aux droits des citoyens,  et que la question institutionnelle se reposera inévitablement en raison des menaces et des contradictions dont le Traité de Lisbonne est porteur.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous devons ouvrir le débat, en dehors de tout dogmatisme, sur ce que doit être l’avenir de l’Europe. Celui-ci ne saurait se concevoir en dehors d’une prise de conscience de la nature de la globalisation économique et financière et de sa crise actuelle. Aujourd’hui, nous vivons la fin d’un cycle historique, celui de la globalisation néolibérale impulsée, depuis bientôt trente ans, par les forces conjuguées des multinationales, du « thatchérisme » et du « reaganisme ». L’Europe libérale s’y est insérée aux prix de sacrifices énormes infligés aux couches populaires.        <br />
              <br />
       La crise actuelle doit être pour nous l’occasion de sortir de ce piège et de refonder une Europe Nouvelle. Pour cela, nous avons besoin d’une <b>mondialisation régulée</b>, <b>d’une Europe sociale qui protège, d’une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2)Pour une régulation mondiale</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence de l’énorme bulle financière provoquée aux Etats Unis par le capitalisme spéculatif dans les subprimes. Elle touche aujourd’hui toute l’économie et, de récession en récession, débouche sur une dépression mondiale aux conséquences catastrophiques. Cette crise résulte du fait que depuis  des décennies, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en captant l’épargne mondiale pour financer leur économie à hauteur de 80%. C’est cette dépendance  qui a poussé les Etats-Unis à une fuite en avant  pour contrôler les ressources pétrolières et gazières mondiales. C’est cela aussi qui explique l’importance de  leur budget militaire, entièrement financé par les emprunts étrangers et qui recouvre à lui seul plus de la moitié des budgets de la défense dans le monde. D’où aussi leurs dérives expéditionnaires en Irak et en  Afghanistan, où ils sont aujourd’hui enlisés.       <br />
              <br />
       Cette période semble toucher à sa fin. Mais le destin du monde reste lié à l’Amérique.        <br />
       <b>Les Etats-Unis ne peuvent rétablir seuls leurs équilibres. L’aide du reste du monde est indispensable</b>, si l’on veut éviter une récession planétaire et une déflation salariale mondiale. <b>Cette aide doit se traduire par une relance coordonnée des principales économies mondiales</b>, surtout celles des pays excédentaires dans leur épargne comme dans leur commerce (Chine, Allemagne, Japon, Pétromonarchies du Golfe). <b>D’où la nécessité d’organiser un véritable  « New Deal » mondial</b>. Pour être durable, cette relance implique aussi des Institutions mondiales qui fonctionnent au service d’un développement économique, financier et social humain  soucieux de l’environnement.       <br />
              <br />
       Sur les Institutions internationales, nous devons lutter pour:       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><b>Démocratiser le FMI</b>, qui doit redevenir un organe de soutien aux pays en difficulté et de contrôle du système monétaire international, notamment en oeuvrant à une parité ordonnée des grandes monnaies ; il doit également revoir sa politique de gestion de la dette et proclamer un moratoire pour celles des pays les plus pauvres. L’utilisation à large échelle, dans le contexte actuel de crise mondiale, des <b>Droits de tirage spéciaux (DTS)</b> doit être encouragée. Nous devons rechercher <b>la modification des quotes-parts au sein du FMI</b>, pour faire place aux pays émergents et mettre fin à une situation où, profitant de leur minorité de blocage, les Etats-Unis orientent  selon leurs seuls intérêts la politique de cette institution.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Refonder les activités de la Banque mondiale</b>, la décentraliser, en faire, non un organisme caritatif inefficace comme elle l’est devenue, mais une véritable organisation d’aide au développement économique dont le but est de favoriser la participation citoyenne des peuples et  la formation d’Etats démocratiques de droit.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Réformer l’OMC</b>  afin qu’elle ne soit plus le cénacle du seul libre-échangisme mondialisé et pour qu’elle devienne effectivement ce qu’elle aurait dû être dés sa création : un lieu de règlementation de l’activité commerciale pour une concurrence loyale, notamment en introduisant une clause sociale et environnementale dans les échanges. En Europe, il est désormais clair, étant donné le mouvement accéléré des délocalisations vers les pays à bas coûts, qu’il faut revenir à la <b>préférence communautaire</b>, donc proposer un retour, pour certains secteurs, et dans le cadre d’une conception équilibrée des échanges, au tarif extérieur commun. Il faut une Europe de la protection du modèle social européen.       <br />
              <br />
       Agir sur ces institutions internationales, c’est nous donner les moyens de créer un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3)Pour une Europe sociale qui protège</b>       <br />
              <br />
       Il nous faut d’abord une Europe qui protège. Cela signifie que nous devons lutter pour la réglementation du marché afin d’<b>éviter que des formes de concurrence inégales  détruisent les acquis sociaux</b>. Pour mener à bien cette tâche, on pourrait proposer la <b>création d’un « Organisme de réglementation de la concurrence » indépendant de la Commission</b>. Il concernerait aussi bien la concurrence extra-zone européenne qu’intra-zone afin d’éviter le dumping social et fiscal.        <br />
              <br />
       On pourrait, pour harmoniser les politiques sociales, adopter le principe qu’aucune directive du marché intérieur ne remette en cause, par le bas, les droits existants dans un Etat membre.       <br />
              <br />
       Face à la crise financière et économique mondiale, nous voulons que l’Europe agisse en recherchant une stratégie de relance ambitieuse et coordonnée. Celle-ci implique la préservation de pouvoir d’achat, et la lutte contre l’augmentation du chômage. Pour y parvenir l’Europe doit mettre en oeuvre de <b>Grands Projets</b> dans le domaine des infrastructures européennes, de la recherche, de la synergie des Universités, des industries de défense et dans l’aérospatiale. Pour financer ces activités, on pourrait lancer un Emprunt Garanti par l’ensemble des Etats-membres. Cela donnerait au projet européen une identité autrement plus exaltante que celle que lui dessine le visage hostile du marché livré à lui-même.        <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’Europe en favorisant la constitution, en dehors de tout monopole, de « groupes industriels européens » compétitifs à l’échelle mondiale, protéger les sous-traitants et <b>encadrer les OPA</b>. Cela signifie aussi que nous devons encadrer les marchés financiers en renforçant les pouvoirs de l’Autorité des marchés, notamment  contre les raids boursiers.       <br />
              <br />
       <b>Cette politique de relance doit se faire avec l’aide indispensable de l’Allemagne.</b> Le monde du travail en Allemagne y gagnerait  tout autant que le reste des Européens. C’est pourquoi nous devons faire comprendre clairement à nos camarades allemands que <b>la stratégie qui privilégie les excédents extérieurs et les réserves de change au détriment d’une relance européenne, est en contradiction avec l’intérêt général européen.</b>        <br />
              <br />
       Il faut en premier lieu définir une stratégie vis-à-vis de la <b>Banque Centrale Européenne</b>, aujourd’hui gardienne de l’orthodoxie ultralibérale, et qui pratique une politique de l’autruche très cher payée par les peuples. Alors que nous aurions besoin de taux très bas, la BCE refuse de donner aux peuples européens les moyens d’une véritable politique de relance. Il est urgent de s’interroger sur les <b>missions</b> de cette Banque. Il faut prioritairement :       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Introduire dans les statuts de cette institution l’objectif de l’emploi et de la croissance</b>, afin de mettre l’euro au service des européens et non, comme c’est le cas actuellement, au service du capitalisme financier.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li>Avancer vers la création d’un <b>Gouvernement économique de la zone euro</b>. L’Eurogroupe pourrait jouer ici un rôle clé. Le débat ne devrait éviter aucun problème et s’attaquer prioritairement à la question de la politique de change au niveau européen. Il deviendrait alors possible de poser la question de l’augmentation des moyens budgétaires européens pour mettre en place une véritable politique de projets européens.        <br />
              <br />
       Ce serait la seule manière d’affronter enfin sérieusement la question de l’<b>harmonisation fiscale européenne</b>, afin de lutter contre le dumping social intra-européen. Ce serait aussi la meilleure manière de chasser définitivement les menaces du style de la circulaire Bolkenstein.       <br />
              <br />
       Le gouvernement de la zone euro pourrait aider à la mise en place de coopérations renforcées pour favoriser les synergies de ceux qui veulent aller plus loin et plus vite dans la mise en œuvre de politiques communes.        <br />
              <br />
       <b>Une Europe à géométrie variable, fonctionnant en cercles concentriques complémentaires</b>, serait un moyen à la fois indispensable et d’une très grande efficacité dans les domaines de la politique industrielle, de la recherche, de l’innovation, de la défense, du droit social et de l’harmonisation fiscale, pour la mise en œuvre de politiques coopératives fortes et répondant aux besoins des peuples. Cette avant-garde doit être ouverte à tous ceux qui  voudront se donner les moyens d’en faire partie sans que la création des coopérations renforcées soit étroitement corsetée (comme le prévoit aujourd’hui le Traité de Lisbonne).       <br />
              <br />
       Il est urgent, pour ce qui concerne la Commission de Bruxelles, de commencer par <b>modifier les règles du Pacte de stabilité</b>, tant en vue d’une plus grande flexibilité des déficits que pour les dépenses centrées sur  la recherche et l’innovation.        <br />
              <br />
       Ce pacte doit devenir avant tout un <b>pacte pour l’emploi et la croissance</b>. Au demeurant une action solidaire en faveur de la hausse du pouvoir d’achat, d’un SMIC européen, n’a de chance de réussir et d’être pérenne que si elle s’inscrit dans la perspective d’un pacte européen de croissance. La concurrence doit cesser d’être le maître mot de la politique européenne. La Commission doit être placée sous le strict contrôle politique du Conseil.       <br />
              <br />
       Nous devons proposer la création d’un Traité social fixant des critères de convergence progressifs, notamment en matière fiscale et sociale.       <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’idée, contre le néolibéralisme, de la reconstruction d’une préférence européenne par une réglementation « antidumping social » aux frontières de l’Union. C’est le seul moyen de sauver les industries nationales et d’aider à leur modernisation compétitive. Nous devons appliquer une politique tarifaire modulée pour les produits dont l’importation massive casse les appareils industriels européens. Cela implique d’assumer, quand il le faut, un <b>protectionnisme au service de l’emploi et des droits sociaux</b>.       <br />
              <br />
       L’Europe est un continent très dépendant sur le plan énergétique. Il nous faut une véritable stratégie, de long terme, dans ce domaine. Le développement nécessaire des énergies nouvelles et renouvelables doit s’articuler intelligemment avec l’exploitation de toutes les formes d’énergie existantes (charbon propre– gaz– nucléaire). Face à la volatilité des prix du pétrole, il nous faut entreprendre une grande concertation pour promouvoir l’avenir du nucléaire de quatrième génération et préparer l’indépendance énergétique du continent.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, il nous faut une véritable politique européenne de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Après que le Parlement européen a voté pour les objectifs de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, il faut avancer vers des politiques communes de développement des énergies renouvelables, d’économie d’énergie et d’instauration d’une fiscalité environnementale non pénalisante pour l’emploi ni porteuse de désindustrialisation.       <br />
              <br />
       L’Europe ne sera un projet fort, accepté par les peuples, que si elle correspond à l’intérêt général européen. Or la question des services publics est ici décisive. Il n’est pas de l’intention de notre pays d’imposer aux autres sa conception des services publics. Mais il ne peut être question de nous soumettre à la politique de privatisation des services publics, désormais frontale, que la Commission veut imposer partout en Europe avec la complicité des gouvernements conservateurs et parfois sociaux- libéraux.        <br />
              <br />
       <b>La défense des services publics</b>, et plus largement, d’un <b>espace non marchand</b> regroupant tous les <b>biens communs</b> que sont l’éducation, la santé, les retraites, etc. est une question d’identité sur laquelle la gauche française devrait construire un puissant front de résistance à l’occasion de ces élections européennes. Car un service public de qualité, fondé sur l’égalité d’accès des citoyens aux services de base, devrait être un axe central de la construction européenne. Et la bataille pour une directive européenne « service public » de qualité doit devenir un axe rassembleur entre toutes les forces progressistes européennes, qui refusent de  livrer  la société au marché. Un Front progressiste européen pourrait porter haut et fort cette revendication, dés lors que le cadre commun poserait d’abord la protection des niveaux les plus développés de service public comme un principe intangible tout en fixant un minimum au-dessous duquel les Etats ne devraient pas descendre.       <br />
              <br />
       Dans le domaine agricole, il faut défendre le principe de la préférence communautaire, ainsi que celui de  prix rémunérateurs fondés sur la qualité. La  PAC est la seule politique qui a échappé au libéralisme triomphant depuis l’Acte Unique et le Traité de Maastricht : il faut la défendre parce qu’elle représente aujourd’hui la souveraineté alimentaire et une agriculture paysanne de qualité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>4)Pour une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire</b>       <br />
              <br />
       <b>La question de l’indépendance de l’Europe est cruciale. Aujourd’hui, l’OTAN est une courroie de transmission de la stratégie d’hégémonie de  l’administration américaine</b>. La grande majorité des pays de l’Union consent à cette situation. Mais nous avons le droit de la refuser, car la solidarité européenne ne signifie pas pour nous la vassalisation. <b>Nous ne pouvons accepter que l’OTAN intervienne en Asie ou au Moyen-Orient au service de stratégies de domination. Nous respectons les obligations qui résultent du traité de l’Atlantique Nord, mais nous soutenons que l’Europe doit se doter, à terme, d’une défense indépendante.</b>        <br />
              <br />
       L’Europe doit être <b>européenne</b>. C’est la condition pour qu’elle puisse être <b>un acteur stratégique</b> dans la formation d’un <b>monde multipolaire</b>. La question du rapport à l’Amérique ne peut être résolue par une formule à l’emporte-pièce. L’Europe doit d’autant plus se poser sérieusement cette question que nous vivons la fin d’une époque tant dans le domaine économique que politico-stratégique.       <br />
              <br />
       Tout tient à deux conditions essentielles : premièrement, nous l’avons déjà souligné, que les Etats-Unis favorisent une relance économique coordonnée tant avec l’Europe, le Japon, les pétromonarchies qu’avec les puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde et le Brésil ; qu’ils acceptent la modification des règles au sein du FMI et  à l’OMC; qu’ils admettent enfin la nécessité de mécanismes pour contrôler les marchés financiers.        <br />
              <br />
       Deuxièmement, que les Etats-Unis, loin des tentations occidentalo-centristes dont rêvent les idéologues néoconservateurs, participent effectivement à un ordre multipolaire fondé sur le respect du droit international, l’indépendance des peuples et le respect des souverainetés nationales. Cela signifie un changement radical de leur stratégie. C’est dans leur intérêt bien compris autant que dans celui du monde. L’Europe ne gagnerait rien à suivre une Amérique dominatrice. Une Europe européenne, politiquement autonome, agissant par et pour elle-même, y compris par rapport aux Etats-Unis, est la meilleure façon d’enraciner un ordre mondial  multipolaire.        <br />
              <br />
       Cela implique une politique étrangère qui refuse tout alignement sur la politique de Washington, notamment en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. Dans cette région du monde, l’Europe doit proposer non la guerre à outrance mais l’aide au développement et la construction d’Etats nationaux légitimes. La gauche française doit clairement demander le retrait des troupes engagées pour des missions autres que la paix.        <br />
              <br />
       Au <b>Proche et Moyen-Orient</b>, l’intérêt européen, c’est une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits. Il ne saurait y avoir un droit à plusieurs vitesses. Et il n’y aura pas de paix sans justice. Il faut affirmer le droit à la sécurité de tous : sécurité d’Israël, celle du peuple palestinien, qui a le droit à un Etat viable doté de continuité territoriale, le droit au développement technologique de l’Iran, dés lors que cela se produit dans le respect des clauses du traité de non prolifération nucléaire et des contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’Europe, en devenant acteur stratégique, peut et doit avoir un rôle beaucoup plus important au Moyen Orient. Contre la politique des deux poids deux mesures, elle doit, quand c’est nécessaire, utiliser la clause du « partenariat privilégié » pour faire respecter le droit international et faire avancer le processus de paix.       <br />
              <br />
       Facteur de paix dans le monde, l’Europe doit s’engager dans la recherche d’un grand <b>partenariat stratégique</b> avec la Russie. Ce n’est pas seulement la question des approvisionnements énergétiques qui est en jeu, bien qu’elle soit cruciale pour l’Europe. C’est la question de la paix et de la démocratie qui est aussi en cause : une Russie étroitement liée économiquement et culturellement à l’Europe, est une chance pour le développement de la démocratie dans ce pays. La gauche européenne doit parier sur l’avenir d’un espace de coprospérité entre l’Europe et la Russie.       <br />
              <br />
       Nous devons lutter pour <b>une grande politique européenne avec le Sud et l’Afrique</b>. Les plus grands défis économiques et humains sont là.        <br />
              <br />
       L’Europe ne peut tourner le dos à ses voisins méditerranéens sous prétexte qu’elle est engagée dans la consolidation de son action à l’Est. Nous avons besoin d’une Politique Méditerranéenne, élaborée conjointement avec tous les partenaires  de la rive sud. La ligne stratégique ne doit pas être centrée seulement sur les crainte de l’Europe (environnement, contrôle de la circulation des personnes, sécurité, etc.), elle doit être tout autant axée sur le codéveloppement avec ces pays, gage d’une communauté originale avec l’ensemble européen, qui dépasserait les impasses de l’élargissement et la stratégie à courte vue de la simple association commerciale.        <br />
              <br />
       Avec l’Afrique, nous devons réadapter les Accords de Cotonou et abandonner l’idée que c’est le libéralisme qui résoudra les problèmes du développement. Cela a plutôt conduit à la désagrégation des sociétés, aux immigrations massives, aux guerres tribales. Contre la logique libérale qui prévaut à Bruxelles, nous devons défendre l’idée de l’ouverture du marché européen en franchise de douane aux produits fabriqués en Afrique, relancer l’aide publique au développement des infrastructures (pour la santé, pour l’eau, pour les transports, pour l’éducation, etc.). Nous devons aussi nous engager pour des remises de dettes à ces pays, réinvesties dans leur développement.       <br />
              <br />
       Sur la question cruciale des migrations, nous devons à la fois affirmer la nécessité de contrôler les flux en Europe et de favoriser l’intégration des immigrés sur la base du respect des droits et des devoirs dans les pays d’accueil. Nous voulons également, dans une perspective de solidarité active, aider à la formation des cadres et, à l’opposé de l’« immigration  choisie », politique égoïste et cynique de pillage des élites techniques et scientifiques des pays en développement, mettre en place une véritable stratégie de codéveloppement lié aux flux migratoires, impliquant des migrations de travail organisées qui profitent tant aux pays d’origine qu’à l’Europe.       <br />
              <br />
       Tel est le monde que nous voulons. Telle est l’Europe dont nous avons besoin.       <br />
              <br />
       Le MRC avance ces propositions dans un esprit de clarté. Nous souhaitons un débat avec tous nos partenaires de gauche. Nous sommes convaincus que la question de la construction d’une Europe Nouvelle est décisive pour la reconstruction d’une gauche républicaine, démocratique et capable d’offrir une alternative au néolibéralisme. Et nous sommes ouverts, car <b>notre objectif, c’est de faire des élections européennes une grande victoire de la gauche française tout entière.</b></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Position-du-MRC-pour-les-elections-europeennes-de-juin-2009_a74.html</link>
  </item>

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   <title>Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain</title>
   <pubDate>Sun, 07 Sep 2008 14:33:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Projet d’intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l'université d'été du MRC, Belfort, dimanche 7 septembre 2008 (seul le prononcé fait foi). Le discours intégral est disponible en format audio à la fin de l'article.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1032802-1299130.jpg?v=1289529559" alt="Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain" title="Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain" />
     </div>
     <div>
      <b>I – Le ralliement à contretemps de la gauche au libéralisme.</b>       <br />
              <br />
       La crise de la gauche en France et en Europe tient pour l’essentiel, à mon sens, au fait qu’elle s’est progressivement résignée à accepter comme une fatalité la domination du capital financier, la dictature de l’actionnariat et la loi des multinationales qui, au nom de la globalisation, mettent en concurrence les territoires et les mains-d’œuvre. La mondialisation est une stratégie. Les « armées de réserve industrielle » des pays à bas coûts de production pèsent sur les salaires et la protection sociale en France et en Europe occidentale, mais les pays émergents comme la Chine ne sont pas les premiers responsables de cette régression. Le capitalisme financier qui les domine, eux aussi, n’a pas attendu l’émergence de ces pays pour opérer, dès les années quatre-vingt, le grand renversement du partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital au profit de ce dernier. C’est ce capital financier qui met en œuvre la stratégie de la globalisation. Le chômage a été le principal moyen utilisé pour opérer  une véritable déflation salariale, ainsi en France à partir de 1983.       <br />
              <br />
       La dérégulation qui a suivi s’insérait dans un dessein libéral néo-conservateur, né dans le monde anglo-saxon et mis en œuvre à partir de la victoire électorale en Grande-Bretagne de Mme Thatcher en 1979 et de M. Reagan aux Etats-Unis, l’année suivante. Cette volonté de déréglementation généralisée théorisée au départ par des économistes comme Friedrich Hayek et Milton Friedman, a correspondu à la volonté des Etats-Unis d’ouvrir les marchés aux produits de leurs multinationales et à leurs investissements, en cassant l’intervention des Etats dans l’économie et en faisant reculer partout, y compris à domicile, l’Etat providence. Cette politique a été mise en œuvre, au niveau mondial, par le GATT, devenu OMC en 1994, et par les politiques d’ajustement structurel du FMI. Elle a été relayée par l’Europe libérale  à travers l’Acte Unique de 1987 et le traité de Maastricht de 1992. Elle a enfin été parachevée politiquement par le rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine, et l’ouverture de celle-ci aux multinationales dans les années 78-80, et surtout par l’implosion du communisme en 1989-91, suivie de l’application de thérapies de choc libérales aux ex « pays socialistes ». Pour la première fois depuis 1914, l’économie de marché coïncidait à nouveau avec les limites de la planète. C’est ce capitalisme financier qui n’a pu se développer et ne peut se survivre qu’avec le soutien de l’Hyperpuissance américaine qui se débat aujourd’hui dans d’insolubles contradictions.        <br />
              <br />
       On se souvient des théories de Francis Fukuyama proclamant, au début des années quatre-vingt-dix « la fin de l’Histoire ». En France, François Furet, dès 1989, déclarait « la Révolution française terminée », en fait, selon lui, depuis Gambetta. La gauche n’avait plus qu’à se convertir au libéralisme. Ce qu’elle a fait avec peut-être plus de réticences apparentes en France que dans le reste de l’Europe, avec Tony Blair en Grande-Bretagne, d’Allema et Walter Veltroni en Italie et Gerhard Schröder en Allemagne, mais qu’elle a fait quand même, à mots couverts, pour finir aujourd’hui par un ralliement officiel au libéralisme, sous couleur de « modernité ». Ralliement si tardif qu’il s’opère aujourd’hui à contretemps : pour s’afficher « moderne », on se dit libéral, au moment où la globalisation libérale entre dans une crise systémique qui, pour la première fois, ouvre la perspective de sa remise en cause !       <br />
              <br />
       A son Université d’été de La Rochelle, le parti socialiste a donné le sentiment de se désintéresser des questions de fond, qu’il s’agisse de la crise économique mondiale ou des risques d’une nouvelle guerre froide sur notre continent. Le débat sur l’Europe qui avait traversé le parti socialiste lui-même en 2005 a été refermé. Cette attitude n’est pas tenable dans la durée.        <br />
              <br />
       La gauche européenne qui a longtemps défendu « l’Etat-Providence », retarde de plusieurs guerres, pour n’avoir pas su inscrire son projet dans une analyse d’ensemble de l’évolution du capitalisme financier contemporain et de la crise de la globalisation libérale.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Une méconnaissance de la nature même de la globalisation.</b>       <br />
              <br />
       Comme ses homologues européens, le parti socialiste en France méconnaît, dans la plupart de ses composantes, le rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ce sont eux qui, dès les années soixante-dix, l’ont impulsée en faisant du dollar la monnaie mondiale, et en se comportant comme si cette monnaie était seulement la leur. John Mc Cain est toujours sur cette ligne quand il déclare : « Le libre-échange sert la politique extérieure des Etats-Unis. » Terrible cécité : La crise financière actuelle n’est pas seulement la conséquence d’une politique bancaire aventurée. Elle résulte du fait que, depuis longtemps, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Leur déficit commercial dépasse 700 milliards de dollars, soit 6 % de leur PIB. L’endettement des ménages américains, encouragé par le Trésor et le Federal Reserve Board, équivaut à ce même PIB. L’épargne américaine est dramatiquement insuffisante. Le financement de l’économie des Etats-Unis n’est possible que parce que celle-ci capte 80 % de l’épargne mondiale ! Le monde marche ainsi sur la tête. Pour enrayer la chute du dollar, les Etats-Unis ont choisi avec M. Bush la fuite en avant dans le domaine de la politique extérieure, avec le dessein de contrôler l’essentiel des richesses pétrolières et gazières mondiales. Malgré un budget militaire colossal de plus de 450 milliards de dollars, à lui seul la moitié des budgets de la défense dans le monde, les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui enlisés militairement en Irak et en Afghanistan. Le choix est aujourd’hui entre le désengagement ou l’escalade. Logique avec lui-même, M. Mc Cain déclare que les troupes américaines resteront en Irak cent ans, s’il le faut.       <br />
              <br />
       C’est cette logique globale que les gauches européenne et française, dans leur majorité, se refusent à comprendre. Elles vivent dans l’illusion irénique qu’un retrait américain d’Irak suffirait à résoudre le problème. La crise de la globalisation libérale et le destin de l’Empire américain sont étroitement liés : on ne peut envisager une refondation progressiste de l’ordre international et l’organisation à l’échelle mondiale d’un nouveau « New-Deal » que dans le cadre d’un monde multipolaire régi par le droit et d’institutions internationales rénovées. C’est cette absence de vision historique et géopolitique qui explique l’incapacité de la gauche française et européenne à proposer une politique réellement alternative. Bien entendu, cette incapacité s’enracine aussi dans un attachement à l’hégémonie américaine, lié à un passé révolu. J’ai parlé d’« occidentalocentrisme » à propos de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. En réalité, cet occidentalocentrisme se retrouve largement dans la pensée de la majorité des dirigeants du PS, ce qui explique leurs contradictions dans le domaine de la politique extérieure, y compris européenne. C’est ainsi qu’ils se révèlent incapables de remettre en cause l’orientation libérale de la construction européenne : beaucoup de dirigeants socialistes ont volé au secours de Nicolas Sarkozy pour faire approuver le traité de Lisbonne. C’est ainsi encore qu’on voit certains de ces dirigeants se lancer dans de dangereuses surenchères sur la situation en Géorgie, comme si celle-ci n’était pas aussi le résultat de la politique américaine mise en œuvre pour s’assurer le contrôle des richesses pétrolières et gazières autour de la Mer Caspienne. Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy utilise Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet pour mettre en œuvre sa politique. Celle-ci reflète le consensus de l’Establishment financier et des élites bien pensantes pour mettre en œuvre la politique que j’ai décrite comme « du pareil au même ».       <br />
              <br />
       Nous sommes donc confrontés à l’incapacité actuelle de la gauche française à « penser mondial ». La plupart des courants majoritaires du parti socialiste ne se distinguent guère dans la surenchère social-libérale. Ils veulent tous « adapter la France à la mondialisation ». Ils comptent avant tout sur les difficultés et les échecs de la droite pour revenir au pouvoir en 2012. Or, à préparer une alternance sans alternative, ils prennent le risque de se couper non seulement des couches populaires abandonnées à la droite dure ou à la gauche radicale, mais aussi de cette fraction consciente de l’électorat qui entend se déterminer d’abord en fonction des intérêts du pays et d’un projet politique convaincant que j’appelle le « courant républicain », soit deux à trois millions d’électeurs, une minorité donc, mais bien souvent capable de faire la décision.       <br />
              <br />
       Beaucoup d’hommes de gauche sincères se bercent encore de l’illusion que l’Union européenne à vingt-sept puisse agir par elle-même pour infléchir le cours de la globalisation libérale, ce dont à mon sens elle est absolument incapable sans une reprise de conscience politique de ses nations, et d’abord de la nôtre.       <br />
              <br />
       L’incapacité de la gauche française et européenne à « penser mondial » s’enracine donc dans la crise de l’idée républicaine et dans le discrédit de la nation comme vecteur principal de notre responsabilité vis-à-vis du monde : telle est la thèse que je voudrais au moins esquisser en conclusion de notre Université d’été.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Démonisation des nations et régression démocratique.</b>       <br />
              <br />
       1.	La construction européenne telle qu’elle s’est faite après les deux guerres mondiales a reposé sur l’illusion d’une démocratie post-nationale. Or, la démonisation et la démobilisation des nations comme cadre politique opératoire au profit d’une Europe dominée par des instances technocratiques - Commission, Banque Centrale, Cour de Justice européenne – dont la prépotence ne peut être dissimulée par les oripeaux d’un Parlement fantôme, a livré nos pays d’Europe à des politiques libérales menées au nom du « principe de la concurrence », relayant sur notre continent la globalisation libérale impulsée par les Etats-Unis.        <br />
              <br />
       Ce sont les peuples qui ont été frappés d’impuissance par cette démonisation de la nation. Quand on prive les peuples de leur passé, on les prive également de leur avenir. La France serait le pays de l’affaire Dreyfus, le pays de la collaboration et de Vichy, le pays du « Code noir » et de l’esclavagisme, un pays indécrottablement colonialiste. Il faut donc rappeler que la France c’est le pays de la Révolution française dont les adversaires animés par une féroce idéologie antiégalitaire et antisémite ont réussi, en 1894, à faire condamner le capitaine Dreyfus. Mais on oublie de rappeler que dans cette affaire ce sont les républicain, à la fin, qui ont gagné : le capitaine Dreyfus a été solennellement réhabilité en 1906 et la République est sortie victorieuse par la voie du suffrage universel de sa confrontation avec les courants nationalistes et antisémites de la fin du XIXe siècle.        <br />
              <br />
       Les contempteurs de la nation nous expliquent que la France a été irréparablement souillée par la collaboration. Ils oublient de dire que la France n’a pas mis au pouvoir un gouvernement fasciste par la voie des urnes. En 1936 elle a élu une Chambre de Front Populaire. La défaite de 1940 a été préparée et utilisée  par les adversaires de la République. Mais a-t-on le droit d’oublier le général de Gaulle, la France Libre, Jean Moulin, la Résistance et l’hostilité de l’immense majorité du peuple français à l’occupant nazi ?       <br />
              <br />
       Les mêmes contempteurs de la nation française veulent faire de celle-ci la complice du « Code Noir » et de l’esclavagisme. C’est oublier le combat des philosophes, la Révolution, l’abolition de l’esclavage en 1794 par Robespierre et en 1848 par la Seconde République et Victor Schoelcher.        <br />
              <br />
       La France serait un pays indécrottablement colonialiste. On retient Voulet-Chanoine mais on oublie Savorgnan de Brazza. On oublie que le peuple français consulté par référendum s’est prononcé massivement pour l’autodétermination de l’Algérie en 1962 et par conséquent pour son indépendance dans la coopération avec la France. Il faut renouer avec notre histoire, avec ses ombres certes, mais aussi avec ses lumières ; C’est la seule manière pour notre peuple de retrouver la raisonnable confiance en lui-même dont il a besoin pour construire à nouveau son avenir.       <br />
              <br />
       Et de la même manière les autres peuples d’Europe doivent renouer avec le fil de leur Histoire pour qu’ensemble nous puissions nous tourner vers l’avenir.       <br />
              <br />
       2.	En même temps que la mise en congé de la nation républicaine débouchait sur la crise du civisme, l’avènement du « tout marché » entraînait le creusement des inégalités, la mise à l’encan des services publics, et le repli sur soi. C’est ainsi que le Président de la Poste, M. Jean-Paul Bailly, déclarait, selon Le Figaro du 29 août, que la mise en Bourse de la Poste aurait deux avantages : « elle aurait l’assentiment de la Commission européenne et pourrait créer un choc culturel au sein de l’entreprise ». Nous sommes bien placés dans nos départements pour observer, avant l’heure, les conséquences de cette privatisation du service public : fermetures de bureaux de postes dans les zones rurales, et les quartiers périphériques, allongement des délais d’acheminement du courrier ordinaire, au prétexte d’affronter la concurrence. C’est à juste titre que le Comité de liaison de la gauche a décidé de lancer une pétition contre la privatisation de la poste.       <br />
              <br />
       Mais cette libéralisation à outrance n’est pas tombée du ciel : elle a été voulue ou acceptée par tous nos gouvernements successifs – faut-il rappeler les sommets de Lisbonne et de Barcelone ? M. Jouyet officiait déjà au cabinet du Premier ministre … C’est au nom de la concurrence qu’on a libéralisé les prix de l’énergie, au bénéfice, paraît-il, du consommateur. Curieusement, la facture de l’électricité et du gaz a explosé ! Demain la concurrence prévaudra aussi dans le domaine ferroviaire.       <br />
              <br />
       La politique de M. Sarkozy donne ainsi une cohérence d’ensemble à un choix d’alignement sur le tout-marché : le pouvoir d’achat est rogné par l’inflation. Le gouvernement prétend le sauvegarder en supprimant les protections dont bénéficiaient les petits commerces de centre-ville. En fait, « travailler plus et gagner moins », tel est le programme réel que des économistes soutenant le gouvernement, tel M. Nicolas Baverez, revendiquent ouvertement. Sous le nom de « révision générale des politiques publiques », c’est un repli systématique de l’Etat qui se met en œuvre autour des chefs-lieux de régions, laissant les autres départements en quasi déshérence du point de vue de l’administration de l’Etat. Le département lui-même, en tant que collectivité décentralisée, est menacé au prétexte de la suppression d’un échelon administratif, sans qu’on réponde à la question de savoir à quel niveau ses compétences, notamment en matière sociale, seraient mieux exercées. Chacun sent bien que c’est le service public de proximité qui en souffrira en premier lieu. Tout cela se passe en silence, en l’absence de tout débat public.       <br />
              <br />
       En réalité, la politique de M. Sarkozy est télescopée de plein fouet par la crise de la globalisation libérale. Le « fondamentalisme de marché » qui a soutenu le thatchérisme, le reaganisme, le consensus de Washington et, en France, la politique de rigueur, a creusé partout les inégalités, nourri la spéculation et engendré une crise systémique sans précédent. Joseph Stieglitz, prix Nobel d’Economie, a dénoncé l’illusion selon laquelle « les marchés sont auto correcteurs, distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général. » Or c’est cette illusion-là qui soutient partout les politiques libérales au niveau national, européen et mondial.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – Caractère central de la question européenne dans la refondation de la gauche</b>       <br />
              <br />
       La politique mise en œuvre par M. Sarkozy est une facette redoublée de cette politique néfaste que poursuit dans toute l’Europe la Commission européenne. C’est pourquoi il n’est pas possible d’ouvrir une alternative véritable sans remettre en cause l’orientation libérale imposée d’en haut par les instances européennes. Cette constatation de bon sens rencontre fréquemment l’objection que les politiques européennes sont celles qu’ont acceptées au Conseil des ministres les gouvernements nationaux. Cette objection fréquemment avancée par beaucoup de dirigeants socialistes ne tient pas la route, car le poids de la bienpensance européenne est tel que les gouvernements nationaux sont d’avance tétanisés à l’idée de vouloir s’en affranchir tant soit peu : ils seraient aussitôt taxés de régression « nationaliste », et mis au ban de l’Europe bien pensante, c’est-à-dire libérale.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi la tâche de la gauche n’est pas seulement de réhabiliter le concept de nation républicaine comme communauté de citoyens mais d’en faire le vecteur d’une autre idée de l’Europe. Car l’Europe de MM. Barroso et Solana est une Europe anémiée, invertébrée, réduite à une bien-pensance libérale qui l’empêche d’être un acteur de son destin.       <br />
              <br />
       L’Europe a besoin de l’entente de ses nations et d’abord de ses grandes nations : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Pologne délivrée des cauchemars du passé et j’ajoute même la Russie. Comment oublier qu’en 2003 c’est l’entente du Président de la République française, du Chancelier de l’Allemagne fédérale et du Président russe qui ont privé l’invasion américaine de l’Irak du sceau de la légalité et par conséquent de la respectabilité internationale ? Immense service rendu à la cause de ce qu’on appelle le dialogue des civilisations ou plus justement dialogue des cultures. L’Europe a besoin de nations vivantes et démocratiques capables de s’inscrire ensemble dans une vision partagée de l’avenir. Une vision de progrès social mais aussi d’identité politique par rapport aux autres aires géographiques de la planète. L’Europe ne peut pas être une filiale ou plutôt un ensemble de filiales de la holding américaine.       <br />
              <br />
       Il faut avoir le courage d’affronter la question européenne. Nous ne sommes évidemment pas contre l’idée européenne. Au contraire, nous sommes favorables à l’organisation d’une Europe à géométrie variable, car fondée sur la démocratie qui vit dans ses nations. Nous militons pour un gouvernement économique de la zone euro afin de contrebalancer l’omnipotence actuelle de la Banque Centrale européenne et de mieux protéger nos industries. Nous ne croyons pas non plus que la France soit vouée à s’effacer pour s’aligner sur la politique décidée à Washington. C’est pourquoi nous avons toujours refusé et nous refuserons toujours de donner congé à la souveraineté populaire. Nous savons que l’idée même du peuple français est aujourd’hui en danger parce qu’elle est combattue de droite par les élites ralliées à la domination du capital financier et souvent aussi, hélas, de gauche, par des courants libéraux ou même anarchistes qui n’ont jamais compris ce qu’est la République.       <br />
              <br />
       La République porte des idéaux universels mais elle s’enracine dans une identité collective, celle de la France. Oublier notre histoire, ignorer une géopolitique élémentaire, ne plus savoir même quelle place nous occupons sur la carte du monde, c’est évidemment méconnaître les intérêts fondamentaux de notre peuple, s’exposer à de terribles régressions, laisser la France et sa riche histoire à la droite et à l’extrême droite. Cette vue myope des choses serait suicidaire pour la gauche en France mais aussi en Europe..       <br />
              <br />
       Elle le serait d’autant plus que l’Empire américain, tel qu’il s’est établi depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, touche à sa fin. Il est clair que les Etats-Unis n’ont plus aujourd’hui la capacité de dominer seuls le monde. Ils cherchent partout en Europe, au Japon, et même en Inde, des supplétifs. Ils n’ont évidemment pas renoncé à exercer partout leur hégémonie, se concevant eux-mêmes, comme l’a rappelé utilement Hubert Védrine dans le Monde Diplomatique, comme le moyeu d’une roue de bicyclette dont chaque pays serait un rayon, s’instituant ainsi comme une sorte de « hub », de « passage obligé », pour les autres nations, en fonction du principe que chaque pays préfère l’hégémonie américaine à celle de son voisin plus puissant. Cette vision est cependant trop sommaire. Nous entrons dans une ère nouvelle où plusieurs pôles existeront dans l’ordre international : Chine, Inde, Russie, etc. La question qui se pose est celle de savoir quelle place l’Europe et la France tiendront dans cette nouvelle organisation du monde. La réponse apportée par la politique de M. Sarkozy est simple, c’est : aucune. Ni la France ni l’Europe, avec la politique de Nicolas Sarkozy, ne seront jamais un pôle dans le monde de demain.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – La tentation de l’occidentalocentrisme</b>       <br />
              <br />
       Dans un livre récent, trop peu lu, « Pour une Union occidentale », M. Balladur à l’école duquel Nicolas Sarkozy s’est formé, a théorisé ce que j’appelle « l’occidentalocentrisme » : les pays de souche européenne ne sont plus aujourd’hui à l’échelle du monde qu’une minorité déclinante. Pour préserver les avantages acquis de l’Occident, en fait ceux du capital financier, il est essentiel, selon cette théorie, de resserrer les rangs autour des Etats-Unis pour faire face à la montée des pays émergents. Je résume bien entendu la thèse développée par M. Balladur, observant qu’elle est, en fait, mise en œuvre par M. Sarkozy qui inscrit la politique française dans le sillage de la politique américaine, que ce soit en Afghanistan, ou face à l’Iran, ou en Géorgie face à la Russie, ou encore en annonçant son intention de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, au prétexte illusoire de construire par ailleurs une « défense européenne ».        <br />
              <br />
       De Gaulle avait soustrait nos états-majors au commandement d’officiers généraux américains pour affirmer le principe d’une France indépendante, capable de faire valoir ses vues, raisonnablement s’entend, partout dans le monde. Qui peut contester que les vues du général de Gaulle étaient prémonitoires, vis-à-vis de la Chine, sur la guerre du Vietnam, ou encore sur les conséquences désastreuses de l’occupation des territoires palestiniens pour Israël ?       <br />
              <br />
       C’est à près d’un demi-siècle de politique étrangère indépendante, ou en tout cas relativement indépendante, que M. Sarkozy va mettre fin, et il le fera au plus mauvais moment, au nom de cette théorie erronée et dangereuse que j’ai appelée « l’occidentalocentrisme ».       <br />
              <br />
       Il est bien vrai que les pays du Sud ont généralement en commun le fait d’avoir été à un moment ou à un autre colonisés par tel ou tel pays européen. Mais faut-il figer et perpétuer cette opposition Nord-Sud qui fait l’impasse sur la diversité des civilisations et des nations au Sud comme au Nord ? Qui ne voit le danger d’un tel manichéisme qui coaliserait le Nord contre le Sud et réciproquement, les pays du Sud contre un Occident blanc replié sur lui-même ou théorisant la guerre-préventive, ou pourquoi pas la possibilité de l’emploi en premier de l’arme nucléaire, comme on l’a vu faire récemment par cinq anciens chefs d’Etat-Major, dont l’Amiral Lanxade pour la France ?       <br />
              <br />
       Cette idéologie occidentalocentriste est dangereuse pour la paix. Elle est dangereuse pour l’Europe au sein de laquelle la France affirmait traditionnellement une certaine volonté d’autonomie, pour le bien des autres autant que pour le sien propre. Elle est dangereuse enfin pour la France qui ne peut méconnaître sans graves conséquences à la fois le centre de gravité de ses intérêts et sa vocation universelle. Cette idéologie occidentalocentriste n’épargne malheureusement pas des secteurs importants de la gauche.        <br />
              <br />
       L’idéologie des droits de l’homme, déconnectés des droits des citoyens, constitue une couverture commode pour toutes les dérives expéditionnaires et nous devrions davantage prêter l’oreille à ceux qui, au Sud, voient dans le « devoir d’ingérence » professé par Bernard Kouchner la résurgence d’un état d’esprit colonial ou néocolonial.       <br />
              <br />
       Je vais prendre quatre exemples qui ne m’éloigneront qu’en apparence du sujet de notre Université d’été qui est – je le rappelle – la refondation républicaine de la gauche. Celle-ci en effet ne sera possible que si la gauche rompt avec l’occidentalocentrisme et renoue avec l’universalisme républicain.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1.	Premier exemple</span> : Etait-il bien judicieux, en septembre 2007, à la Conférence des Ambassadeurs, d’évoquer, comme l’ont fait Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, l’imminence d’une guerre avec l’Iran, alors que Barak Obama, s’il est élu en novembre prochain, évoque publiquement l’idée d’une négociation entre les Etats-Unis et ce pays ? Les expéditions militaires desservent la cause de la non-prolifération nucléaire parce qu’elles donnent un argument de poids aux pays qui veulent se doter d’une arme atomique. L’alignement français sur les positions de M. Bush a évidemment nui à nos intérêts et à notre image dans le monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2.	Deuxième exemple : L’Afghanistan</span>. Le Président de la République a renforcé notre contingent militaire et étendu ses missions, contre la meilleure intuition du candidat  Sarkozy qui ne jugeait pas la contribution de nos forces « décisive » pour la solution du problème afghan. Nous voilà aujourd’hui embarqués dans une croisade pour les valeurs démocratiques, au nom d’une « guerre contre la terreur » proclamée par le Président Bush, concept extrêmement flou qui n’opère pas la distinction nécessaire entre Al Quaïda et les tribus pachtounes qui représentent plus de la moitié des Afghans. L’idée qu’on puisse faire passer l’Afghanistan du Moyen Age au XXIe siècle à coup de bombes plus ou moins téléguidées est évidemment absurde. Les guérillas auxquelles les forces de l’OTAN sont affrontées n’ont pour la plupart rien à voir avec Ben Laden. On ne fera rien en Afghanistan sans s’appuyer d’abord sur le peuple afghan. En attendant, voici nos forces enlisées derrière celles des Etats-Unis dans une zone géographique qui n’a jamais correspondu à nos intérêts géopolitiques, et associées à l’idée pernicieuse d’une « guerre des civilisations ».       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">3.	Troisième théâtre : La Géorgie et le Caucase</span>. On ne peut traiter de cette question complexe en faisant comme si la politique américaine dans cette région n’avait pas pesé lourdement dans le contentieux entre la Géorgie et la Russie et comme si l’Europe n’avait pas des intérêts propres distincts de ceux des Etats-Unis. Le partenariat stratégique avec la Russie est évidemment un enjeu décisif pour l’autonomie de notre continent et pas seulement sur le plan énergétique. Ce qui est en jeu c’est l’autonomie politique de l’Europe et sa capacité à s’affirmer comme un pôle autonome dans le monde de demain. Certes la reconnaissance par la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie est contraire au droit international mais celle du Kosovo par les Etats-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne, ce printemps, ne l’était pas moins. La crise géorgienne démontre la folie que serait une extension de l’OTAN à la Géorgie et à l’Ukraine et l’inconséquence d’un retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">4.	Ce retour dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN serait une quatrième erreur</span>. Une nouvelle guerre froide diviserait notre continent. Elle peut arranger les Etats-Unis : Samuel Huntington dans « Le clash des civilisations », en 1994, n’avait pas dessiné par hasard une frontière entre une soi-disant « civilisation occidentale » et une soi-disant « civilisation orthodoxe ». « Diviser pour mieux régner » a toujours été l’adage des puissances dominantes. Mais les intérêts prioritaires de la France ne sont pas en Mer Noire et encore moins en Caspienne ou en Asie Centrale. Ils sont d’abord là où nous sommes, c’est-à-dire en Europe. Il est dangereux de se laisser entraîner trop loin du centre de gravité de ses intérêts. Il faut accepter que les valeurs universelles de la République puissent être défendues de manière différente selon qu’elles engagent ou non les intérêts fondamentaux du pays. La première mondialisation a sombré dans la première guerre mondiale que la mécanique d’alliances trop rigides a rendue inévitable. Evitons qu’il en aille ainsi de l’actuelle mondialisation américaine et que la France par le biais de l’OTAN ne soit de plus en plus entraînée selon l’expression du Général de Gaulle « dans des guerres qui ne sont pas les siennes ».       <br />
              <br />
              <br />
       <b>VI – La gauche et la nation.</b>       <br />
              <br />
       La question de l’intérêt national est évidemment au cœur des débats de la gauche. Il y a ceux pour lesquels cette question existe et ceux qui, par légèreté et inconséquence, selon moi, font comme si elle n’existait pas. Je propose donc que la question de la nation républicaine soit mise au cœur du débat sur la refondation de la gauche. Elle sera ainsi fidèle à la pensée de Jaurès. Elle transcendera des clivages dépassés. Clémenceau a été l’homme de la France, mais il était aussi un homme de gauche, et on ne peut plus le démoniser aujourd’hui qu’au nom d’un révolutionnarisme dépassé, comme l’a très bien montré Michel Winnock dans la biographie qu’il lui a consacré. Et De Gaulle, qui se voulait « l’homme de la nation », qui peut contester que la France lui doit, en 1944-45, les avancées sociales les plus décisives qu’elle ait jamais connues ? La gauche, si elle veut devenir hégémonique en France, au plan des idées, doit rompre avec le sectarisme de vues étriquées.       <br />
              <br />
       Elle doit à la fois rassembler et renouer avec les couches populaires dont le patriotisme n’est pas éteint. Ringardise ? Non ! Le patriotisme défini comme l’amour des siens, à la différence du nationalisme qui est la haine des autres, est nécessaire à la renaissance du civisme ! Le sentiment d’appartenance à une identité collective forte est indispensable à l’acceptation de règles définies en commun.       <br />
              <br />
       Notre pays vit une grave crise de société et d’identité. Il doit réapprendre à s’aimer et il ne pourra s’aimer qu’en parlant librement aux autres. La France d’aujourd’hui ne tient plus par grand-chose, sinon par ce qui reste du service public et par l’exceptionnel maillage démocratique de ses communes. Mais combien cela est fragile !       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>VII – Une gauche de projet</b>       <br />
              <br />
       C’est donc d’un sursaut civique et démocratique que peut procéder le redressement. Ce redressement est la tâche qui incombe à une gauche refondée. Si la gauche n’est pas capable de concevoir ce sursaut salvateur, elle ne reviendra pas au pouvoir en 2012, car il ne faut pas sous-estimer Nicolas Sarkozy ou tomber dans un antisarkozysme primaire ; la gauche a besoin d’un projet solide s’inscrivant dans une vision d’avenir et non d’une opposition systématique et quasi pavlovienne qui ferait seulement voir l’inconsistance de ses positions de fond. Je ne prendrai qu’un exemple qui paraîtra mineur : je suggère que nous réfléchissions objectivement sur le RSA (revenu social d’activité). Il est évident que les titulaires du RMI doivent trouver un avantage financier substantiel pour travailler à nouveau. Sinon que répondre à ceux qui vous disent : « Je perdrais de l’argent en reprenant une activité » ?  Il ne m’échappe pas que le RSA peut encourager le travail à temps partiel mais le travail à temps partiel a un effet de socialisation et vaut mieux en définitive que l’inactivité.       <br />
              <br />
       Enfin, le mode de financement, c’est-à-dire la taxation des revenus du capital, va dans le sens que nous avons toujours souhaité, même s’il ne remet pas en cause un « paquet fiscal » que nous avons critiqué en son temps. A ma connaissance il n’a jamais été envisagé à ce jour de faire passer à la caisse les collectivités locales et nous y serions évidemment opposés. Il me semble que dans notre manière de nous opposer, il doit y avoir une préfiguration de ce que sera notre action future. Si nous disons non à tout, c’est qu’en fait nous ne proposons rien. Soyons donc capables de dire oui à ce que nous réclamons nous-mêmes et mettons quelquefois  en œuvre dans certains départements.       <br />
              <br />
       Refusons la démagogie et travaillons dès maintenant à construire une opposition responsable. La responsabilité n’est nullement exclusive d’une grande ambition.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>VIII – Une refondation à la fois nationale, européenne et mondiale.</b>       <br />
              <br />
       J’en viens aux perspectives de la refondation de la gauche. Le débat sur ce sujet ne fait que commencer. Je n’ignore rien des rivalités de boutique et des objections que suscite la création d’un grand parti de toute la gauche. Il faut un évènement qui fasse électrochoc. Nous avons des divergences ? La belle affaire ! Elles peuvent, je le crois, se régler par le débat dès lors que les questions de fond auront été abordées.       <br />
              <br />
       Permettez-moi d’abord une observation : Le parti socialiste est certes la formation la plus nombreuse à gauche, mais elle est loin d’être majoritaire dans le pays. Et il ne lui sert à rien de dominer à gauche, si la gauche est durablement confinée dans l’opposition. Il faut un électrochoc ! Peu importe, à la limite,  la structure : nouvelle formation, fédération, confédération. Ce qui est important c’est d’affirmer un dessein pour la France, c’est d’organiser le retour de la France en Europe et dans le monde. C’est ce débat-là qu’il faut lancer, sur le fond des choses ! La crise de la globalisation libérale nous offre la chance de proposer ce nouveau dessein :       <br />
              <br />
       -	Refondation des institutions internationales pour un monde multipolaire et pacifique, régi par le droit.       <br />
       -	Organisation d’un nouveau « New-Deal » à l’échelle mondiale pour concilier le progrès social dans les anciens pays industriels, l’émergence des grands pays du Sud et la construction d’Etats dignes de ce nom, dans les pays qu’on dit « les moins avancés ».       <br />
       -	Réorientation de la construction européenne au plan monétaire, industriel et social, ce qui implique un changement de cap politique en Allemagne, auquel la gauche française devrait s’intéresser davantage. Nous avons une occasion historique de refonder la gauche à la fois au niveau français, européen et mondial. Prenons pleinement conscience de l’épuisement du capitalisme financier qui a été l’horizon de toutes les politiques économiques depuis vingt-cinq ans. La négligence des questions industrielles, sociales, environnementales aussi bien que des enjeux de long terme que seuls les Etats peuvent maîtriser, ne peut plus durer ! L’OMC doit être cantonnée à un rôle d’arbitre entre plusieurs zones régionales d’intégration commerciale. Les déséquilibres sociaux, environnementaux et monétaires doivent être pris en compte dans les règles du commerce international. A défaut, l’Union européenne doit rétablir une préférence communautaire. Le FMI doit être absorbé dans la Banque Mondiale qui doit financer les infrastructures des pays les plus pauvres, à commencer par l’Afrique. Les statuts de la BCE doivent être modifiés, un gouvernement économique de la zone euro institué. Le paquet fiscal doit être abrogé. Les ressources dégagées iront aux investissements nécessaires dans l’économie de la connaissance. L’encadrement législatif des relations sociales doit veiller au rôle des représentants des salariés. Bref, la gauche doit changer d’horizon, et s’affranchir du capital financier.       <br />
       -	Enfin en France même elle doit susciter une renaissance républicaine, comme celles que notre pays a connues à la fin du XIXe siècle ou après la deuxième guerre mondiale.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IX – Des primaires à gauche</b>       <br />
              <br />
       Faisons d’abord lever ce débat ! la Fédération ou la Confédération de toute la gauche n’organiserait-elle pas de vastes primaires à gauche en 2011, largement ouvertes à tous les militants et sympathisants ? J’entends dire que cette ouverture qui réussit assez bien aux Etats-Unis ferait perdre au parti socialiste son rôle directeur. Mais c’est une vue étroite des choses. Il faut sortir de l’esprit de boutique et parler au pays. Je crois que celui-ci est prêt à entendre un langage audacieux qui lui apprendrait à penser à nouveau collectivement et à comprendre ce que le mot « peuple » veut dire.       <br />
              <br />
       Ce que le regard collectif a défait, comme l’a montré Patrick Quinqueton, la « classe ouvrière », le « citoyen », le regard collectif doit le retrouver : le « peuple en corps », c’est-à-dire l’ensemble des citoyens, à nouveau convoqués à l’existence politique.       <br />
              <br />
       C’est cela que nous avons à réinventer : « le peuple français » d’abord mais aussi le peuple français s’adressant à une Europe des peuples, capable d’exister par elle-même et de parler au monde entier ; c’est cette ambition et le regard qui manquent aujourd’hui à la gauche. Il est temps de les lui redonner. Nous n’y parviendrons pas seuls, mais au moins nous pouvons, seuls s’il le faut, témoigner de cette exigence !       <br />
              <br />
       Nous aiderons ainsi le peuple français à se retrouver et à poursuivre son Histoire, dans une Europe renouvelée, une Europe des peuples, qui pourra, elle, être aussi un pôle dans le monde de demain, un pôle nécessaire, indispensable au dialogue des nations et des cultures. Voilà un projet exaltant et réaliste à la fois. Il faudra l’incarner car nous ne pouvons pas laisser plus longtemps la gauche en déshérence.       <br />
              <br />
       Courage donc camarades, imagination et détermination ! Croyons en la France, croyons en notre capacité d’action collective, croyons en l’avenir du peuple français !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:author>Jean-Pierre Chevènement</itunes:author>
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   <title>Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche</title>
   <pubDate>Mon, 14 Jul 2008 12:57:00 +0200</pubDate>
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   Motion d'orientation du MRC adoptée au Congrès du Kremlin Bicêtre des 21 et 22 juin 2008.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/989022-1235746.jpg?v=1289529580" alt="Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche" title="Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche" />
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      La France a cru trouver en M. Sarkozy sinon un sauveur du moins un Président réformateur capable de limiter la casse face aux dégâts de la mondialisation. Elle découvre aujourd'hui non sans effroi l'impasse dans laquelle l'a entraînée son élection.        <br />
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       <b>I - Un tsunami barre l'horizon</b>        <br />
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       1) De sombres craquements se font entendre de toutes parts : entrée en récession de l'économie américaine, euro à plus de 1,55 dollar, pétrole dépassant les cent trente dollars le baril, faillite et renflouement par des fonds souverains étrangers ou directement par la puissance publique, d'institutions financières prestigieuses : le fond Carlyle et les banques Citigroup, Merill Lynch, Salomon Brothers et Bear Stearns aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne. C'est tout le système financier mondial miné par un endettement aussi gigantesque qu'inconsidéré qui découvre sa fragilité.        <br />
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       2) Les prévisions de croissance en Europe et en France doivent être précipitamment revues à la baisse. Le candidat Sarkozy se flattait de ramener « avec les dents » un point de croissance supplémentaire. C'est avec un point de croissance en moins que le nouveau Président de la République va devoir compter. Loin de remettre en cause les contraintes européennes, M.Sarkozy a négocié sans aucune contrepartie et fait adopter, en catimini, un traité de Lisbonne qui reprend la substance de la Constitution européenne. Ce traité entérine l'impuissance d'institutions européennes déconnectées du suffrage universel face à la globalisation financière ainsi que la perte d'influence de la France par rapport à l’Allemagne dans les votes au Conseil des ministres européen. En acceptant que notre pays ne pèse plus que les trois quarts de son partenaire principal en Europe, le Président de la République a mis fin à la parité fondatrice qui, pendant un demi-siècle, avait assuré un développement relativement équilibré de la construction européenne, déjà entamée, en ce qui concerne la représentation parlementaire, par le traité de Nice. Presque simultanément, Madame Merkel a mis son veto au projet d'Union pour la Méditerranée ou plus précisément l'a vidé de sa substance en l'inscrivant dans le cadre communautaire et en le privant de tout financement supplémentaire.        <br />
              <br />
       Le rejet de cette construction européenne technocratique et antisociale confirme, comme le non français du 29 mai 2005, le bien fondé de notre position depuis plus de quinze ans.  Le « non » irlandais rend le traité de Lisbonne juridiquement caduc car un traité n’a de valeur que s’il est ratifié par tous les pays qui l’ont signé. L’Establishment européen, au lieu de s’interroger sur les raisons du fossé qui s’est créé entre l’Europe et les peuples et sur les moyens d’y remédier, persistent dans leur détermination de poursuivre le processus de ratification mais ils ne sont pas sûrs d’avoir gain de cause.       <br />
              <br />
       Le gouvernement prépare un programme drastique d'économies budgétaires et de réformes dites « structurelles », en fait libérales. C'est une cure de rigueur sans précédent qui s'annonce. L'ensemble des services publics est dans la mire. Pendant ce temps, l'euro cher précipite les délocalisations. L'érosion de notre tissu industriel et le creusement du déficit commercial vont de pair. Ainsi notre pays est-il confronté, non pas à un vide de projet, mais à un projet bien précis d'abaissement du coût du travail et de retrait généralisé de la puissance publique au bénéfice du marché. Ce projet est condamné d'avance parce que dans l'Europe de Maastricht et de Lisbonne, il ne touche pas aux paramètres essentiels et notamment monétaires qui gouvernent l'activité économique. Aussi bien le modèle de compétitivité chinois ne peut s’appliquer à l’Europe. Cette politique gouvernementale prend appui sur une idéologie dominante qui, aujourd’hui, a organisé un système médiatique d’une puissance inégalée, dépendant des oligarchies financières et qui contribue par les voies les plus diverses, souvent parées de l’attrait de la nouveauté, à élever le libéralisme au rang de quasi religion.       <br />
              <br />
       3) Après le référendum du 29 mai 2005, l'espoir s'était levé d'un redressement à la fois de l'orientation de la construction européenne et des politiques mises en œuvre en France même. Ségolène Royal avait souhaité une réforme des statuts de la BCE devant le Congrès du PSE réuni en décembre 2006 à Porto. L'accord MRC-PS du 9 décembre 2006, avait formalisé un bon accord stratégique entre nos deux formations sur des points essentiels : réorientation de la construction européenne, prise en compte de normes sociales et environnementales dans les règles de l'OMC, clause antidumping social, préservation de l'atout nucléaire de la France, réaffirmation des repères républicains, sauvegarde des services publics, exigence de la laïcité, politique étrangère et de défense indépendante.        <br />
              <br />
       4) Il apparaît malheureusement que les lignes directrices de cet accord ont été au moins provisoirement  frappées de caducité par la défaite de la gauche. La régression qui emporte notre pays depuis près d'un an n'épargne pas non plus le principal parti de l'opposition. L'ouverture de Nicolas Sarkozy vers certains responsables du PS a montré l'identité de postulats libéraux et européistes que nous avions justement diagnostiquée pendant la campagne présidentielle de 2001-2002, en dessinant un projet alternatif à la politique « du pareil au même ».        <br />
              <br />
       Le PS a certes bénéficié, lors des municipales et des cantonales de mars 2008, du rejet de la politique gouvernementale, mais il semble plus que jamais en panne de projet et de repères solides, malgré l'effort récent, réalisé à l'initiative de son Premier Secrétaire, pour se réapproprier des concepts comme la nation et la République. Le vote du traité de Lisbonne par une majorité de parlementaires socialistes et, plus encore, le refus de faire obstacle à la révision constitutionnelle préalable, pour exiger un référendum sur cette Constitution européenne bis, conformément aux engagements pris, témoignent pour le moins de la fragilité des analyses et du manque de continuité politique de beaucoup de dirigeants socialistes. La plupart demeurent prisonniers de leur « oui » au référendum de mai 2005 et d'une conception de l'Europe aujourd'hui obsolète, comme vient de le démontrer encore le « non » irlandais. Le débat interne paraît vidé de toute substance. Seule la désignation du prochain candidat à l'élection présidentielle et du premier secrétaire qui succédera à François Hollande semblent intéresser. L'analyse de la crise et des moyens d'y faire face est remarquablement absente des débats du PS aussi bien que de sa dernière déclaration de principes qui fait l’impasse sur la nature du capitalisme financier de notre temps, alors même que c'est l'absence d'un projet à la hauteur des défis actuels et l’éloignement des couches populaires qui expliquent déjà l'échec aux trois présidentielles successives de 1995, 2002 et 2007.        <br />
              <br />
       Nous voici donc revenus, en apparence, à la situation de fin 2004, quand le PS s'était prononcé à la majorité de 58 % de ses membres en faveur d'une Constitution européenne dont le principe avait été posé, en 2000, en pleine période de cohabitation.        <br />
              <br />
       5) Ce serait se tromper beaucoup cependant que de penser que la volonté populaire telle qu'exprimée par le référendum du 29 mai 2005 puisse être ainsi foulée aux pieds. La réalité est plus forte que toutes les constructions politiques et diplomatiques. La France, l'Europe, le monde sont devant une crise systémique sans précédent. Cette crise prend racine dans la dictature des marchés financiers que nous dénoncions depuis longtemps et notamment à l'occasion des élections présidentielles de 2002 : « Les marchés financiers ne sont pas l'horizon de l'Humanité. D'autres valeurs que l'Argent mènent le monde. Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l'Histoire » (discours de Vincennes, page 6) Notre projet adopté à notre Congrès de 2006 a analysé précisément les deux composantes essentielles de la « globalisation » qui sont à la racine de la crise actuelle du système :        <br />
              <br />
       a) Domination du capital financier sur le capitalisme industriel du fait de l'ouverture à l'échelle mondiale dès les années quatre-vingt-dix, des marchés et des mouvements de capitaux, dictature de l'actionnariat, exigences de rentabilité insoutenables pour les industries de l'Europe, délocalisations et migration, sous l'égide des multinationales et des fonds spéculatifs, du capital productif vers les pays à coût salariaux très bas.        <br />
              <br />
       b) Rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ceux-ci ont fait du dollar la monnaie mondiale mais l'utilisent comme si elle était seulement la leur, au mépris des intérêts de l'Europe et particulièrement de la zone euro. La valeur de la monnaie européenne a ainsi augmenté de 80% depuis 2002, pénalisant les exportations et favorisant les délocalisations. Confrontés depuis 1997 aux crises financières successives (Asie du Sud-Est, Russie, Amérique Latine, éclatement de la « bulle technologique », crise des « subprimes, qui remettent en cause les bases mêmes de leur hégémonie et donc de la globalisation, les Etats-Unis pratiquent une dangereuse fuite en avant dans l'endettement intérieur et extérieur aussi bien que dans la politique étrangère et militaire, notamment pour le contrôle des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale.        <br />
              <br />
       Un budget militaire colossal (plus de 600 milliards de dollars) ne leur permet pas d'éviter l'enlisement, notamment en Irak. Un déficit extérieur abyssal nourrit la méfiance à l'égard du dollar. Les Etats-Unis se trouvent confrontés à ce que l'historien Paul Kennedy appelait la « surextension impériale ». Ils n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Là est la cause de la crise actuelle de la globalisation. Ils se tournent vers leurs alliés européens pour les transformer en supplétifs.        <br />
              <br />
       6) Mais cette politique suscite des réactions dans le monde, notamment en Amérique latine où les peuples ont élu démocratiquement des gouvernements qui, à des degrés divers, tentent de desserrer l’étau de la mondialisation (Brésil, Argentine, Vénézuela, Bolivie, Equateur).  Elle se heurte aussi à la réticence de l'opinion publique européenne. Celle-ci souhaite dans sa majorité que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu'ils sont, en acceptant la réalité d'un monde multipolaire se nourrissant du dialogue des cultures et régi par le droit. Nous souhaitons que la victoire de Barak Obama puisse contribuer au rééquilibrage nécessaire. Ce monde multipolaire s'impose d'ailleurs dans la réalité avec la montée de la Chine, de l'Inde, du Brésil et le retour de la Russie. Il n’est pas jusqu'à l’Iran dont la destruction de l’Irak a conforté la position dominante au Moyen-Orient, dont les Etats-Unis vont devoir tenir compte pour passer un compromis leur permettant de retirer leurs troupes d’Irak tout en maintenant un équilibre de sécurité dans la région. D'immenses moyens de conditionnement médiatique sont déployés au nom d'un nouvel « occidentalo-centrisme » pour décrier et fragiliser cette perspective. Il en résulte des tensions grandissantes avec le monde musulman, la Chine et la Russie notamment. La réintégration dans l'organisation militaire de l'OTAN annoncée par Nicolas Sarkozy nous engage toujours plus à l'Est, à la remorque de la stratégie américaine, dans des conflits et des guerres qui ne sont pas les nôtres. La transformation de l’armée française en petit corps expéditionnaire à des fins de seule projection lointaine méconnaît les exigences à long terme d’une défense véritablement nationale. Ainsi la crise de la globalisation et celle de l'hégémonie américaine se recoupent-elles étroitement.        <br />
              <br />
       Dans ce monde dangereux, il est important que la gauche française fasse entendre une voix distincte. La grande crise américaine qui pointe à l'horizon amènera un réexamen critique des postulats libéraux (apologie du libre-échange, effacement de l'Etat, privatisation démantèlement des politiques structurelles au nom du principe de la concurrence) ; à la faveur de ces remises en cause, la gauche française peut faire entendre son message et ses valeurs. La gauche a besoin pour cela d'un projet à la hauteur des défis de notre temps.       <br />
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       <b>II – Face au tsunami, un projet républicain à la hauteur des défis de notre temps.</b>       <br />
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       1. L'urgence c'est de faire face à la récession et à l'approfondissement de la crise qui, après avoir touché les Etats-Unis, va se communiquer à l'Europe. Nous n'y ferons face que sur la base d'une réaffirmation claire de la souveraineté populaire et du rôle de l'Etat.        <br />
              <br />
       2. L'Europe à vingt-sept ne peut être qu'une confédération de nations. Les institutions européennes, si elle se montrent défaillantes, ne peuvent pas arguer de compétences exorbitantes pour faire obstacle à des mesures urgentes et exceptionnelles comme si l'Europe était une Fédération, perspective clairement rejetée par les peuples français, néerlandais et irlandais.        <br />
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       3. Les institutions européennes ont l'impérieux devoir de se réformer au feu de la crise, d'instaurer dans l'action un véritable gouvernement économique de la zone euro : baisse des taux d'intérêt, tolérance accrue pour les déficits budgétaires en période de crise, mise en œuvre de politiques contrariant la logique des cycles économiques pour faire de la zone euro un espace keynésien de relance. Ce serait d'ailleurs le meilleur moyen d'aider les Etats-Unis à surmonter leurs propres difficultés. En théorie du moins, l'Europe peut beaucoup aussi en matière de politique industrielle et énergétique, de programmes de recherche et de protection contre les concurrences déloyales, afin de maintenir un tissu industriel aujourd'hui en voie de délitement. Pour obtenir ces réorientations, le gouvernement ne doit pas hésiter à s’appuyer sur la volonté populaire lui permettant d’engager le rapport de forces.        <br />
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       L'Europe doit également veiller à la préservation de ses services publics, de son agriculture  et de sa pêche.  Il faut réinventer la PAC et la préférence communautaire. Cette exigence ne vaut d'ailleurs pas que pour l'agriculture. L'Europe doit se battre non pas pour libéraliser davantage encore le commerce international mais pour imposer à l'OMC la prise en compte de normes sociales et environnementales. L’autosuffisance alimentaire ne peut se satisfaire d’une concurrence débridée et d’une spéculation internationale entraînant la faim dans de vastes zones du monde. La liberté des échanges n'a de sens qu'entre pays de niveau de développement économique comparable.        <br />
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       4. La responsabilité de l'Allemagne dans la réorientation de la construction européenne est déterminante, car ce pays, en comprimant excessivement ses coûts depuis 2000, a pu dégager d'énormes excédents commerciaux (plus de 200 milliards d'euros en 2007) pour l'essentiel au détriment de ses partenaires de la zone euro (100 milliards) et de l'Europe en général (150 milliards), tout en freinant sa croissance intérieure. Il y a une solidarité objective entre l'action des syndicats et celle de la gauche allemande en vue d'une revalorisation des salaires et l'intérêt bien compris de l'Europe dans son ensemble. L'Allemagne doit mettre en œuvre une stratégie coopérative de relance à l'échelle européenne. Il appartient à la France de l'y aider en formulant des propositions adaptées. Cette perspective de réorientation de la construction européenne eût paru, il y a peu, hérétique, tant elle est contradictoire avec les dogmes de la globalisation, imposée au fil des décennies, par les Etats-Unis et relayée par l'Europe libérale. Mais aujourd'hui le système craque de toutes parts. Ce sont les Etats les plus libéraux (Grande-Bretagne – Etats-Unis –) qui utilisent les moyens de l'intervention publique. C’est paradoxalement d’Amérique que va souffler le vent de la rupture avec le modèle de la globalisation libérale.       <br />
              <br />
       5. Il est temps qu'en France aussi on change son fusil d'épaule. La souveraineté populaire, dans les temps qui viennent, aura matière à s'exercer. Nous avons toujours défendu le cadre et les repères de la République. Ceux-ci nous seront bien utiles dans la période qui s'annonce.        <br />
              <br />
       6. Pour maintenir notre tissu industriel, priorité des priorités, nous ne devons pas hésiter à utiliser tous les moyens : réglementation stricte des OPA, constitution de pactes d'actionnaires stables, promotion de l'épargne salariale et de la participation des travailleurs au capital des entreprises, lorsque c’est un moyen de protéger la stabilité de l’outil de travail, renforcement du rôle des grands intermédiaires publics et notamment de la Caisse des dépôts, instauration de « golden share » (action publique impliquant un pouvoir de veto), nationalisations partielles ou totales le cas échéant, de certaines entreprises stratégiques (notons au passage la responsabilité des gouvernements libéraux qui ont laissé partir à l'étranger Usinor et Pechiney, avec les conséquences que l'on voit sur la délocalisations de nos sites de production et de nos laboratoires de recherche). Il est temps de passer un pacte nouveau entre les entreprises, les acteurs concernés (détenteurs du capital mais aussi travailleurs), la Puissance publique et les sous-traitants. Il faut remettre en cause l'actuelle dictature de l'actionnariat. Celle-ci est récente. Elle n'a pas de légitimité profonde. Nous trouverons beaucoup d'alliés, et d'abord dans le secteur productif, pour remettre en cause les règles du jeu immorales du capitalisme financier et pour définir les bases d'une nouvelle Charte de l'Entreprise.        <br />
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       Cette politique de redynamisation du tissu industriel s'appuiera sur la relance d'un vigoureux effort de recherche orienté vers les technologies nouvelles (énergies renouvelables, réacteur nucléaire de quatrième génération, biotechnologies, NTIC, productique, nouveaux matériaux, nanotechnologies, promotion de normes et de standards ouverts), sur les économies d'énergie et la promotion de nouvelles formes d'habitat et de transport ainsi que sur un important programme de grands travaux d’infrastructures        <br />
              <br />
       7. Le renouveau de l'Etat ira de pair avec la reconquête du territoire et une décentralisation républicanisée refusant la mise en place par l’Etat de la compétition entre les territoires et dans laquelle l’Outre-Mer mobilisera tous ses atouts pour s’inscrire dans la dynamique du codéveloppement. La revalorisation du travail sera le socle d'une nouvelle croissance. Celle-ci permettra de garantir justement les protections sociales en tenant compte de priorités démocratiques (prise en compte de la pénibilité du travail) et en mettant fin à certains privilèges et abus (tarifs déconventionnés – concurrences privées déloyales au service public). Cet immense effort de redressement collectif prendra appui sur une citoyenneté raffermie. Ce n'est pas le modèle républicain qui est en cause : ce sont les attaques qu'il subit. Egalité hommes-femmes, accès égal à la citoyenneté, défense de la laïcité, refondation républicaine de l'Ecole, rien de tout cela qui ne soit éminemment moderne.        <br />
              <br />
       Il faudra revoir notre politique d'immigration sans préjudice de la nécessaire maîtrise des flux migratoires dans le cadre d'accords de codéveloppement fondés sur l'intérêt mutuel avec les pays d'origine. La science et la culture seront au cœur de notre démarche. Pour faire face au réchauffement climatique, une véritable écologie de l'Humanité éloignant toute tentation d'un obscurantisme paré aux couleurs de la modernité, est nécessaire. La culture doit s'ouvrir au plus grand nombre et la culture française sur le monde. La francophonie sera un des moyens de cette ouverture.        <br />
              <br />
       8. En même temps que la France aura repris confiance en elle-même et en ses capacités, elle aura le devoir de parler aux autres pour dessiner les contours d'un monde multipolaire et pacifique, fondé sur le respect du droit international.       <br />
              <br />
       La fin de l'unilatéralisme américain n'est pas la fin de l'Histoire. Nous souhaitons maintenir une belle et bonne alliance avec les Etats-Unis. Mais celle-ci ne saurait se confondre avec l'acceptation résignée d'une vassalité, maquillée aux couleurs d'un « Occident » improbable. Refusant l’occidentalocentrisme de la politique de Nicolas Sarkozy, nous devons nouer ou développer des partenariats stratégiques avec la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, le Venezuela, l'Iran, l'Indonésie, sans oublier de restaurer nos liens avec l'Afrique, dont le destin nous concerne et nous concernera toujours. Partout, nous devons promouvoir le dialogue des cultures et favoriser l'émergence et la construction d'Etats fondés sur le droit et notamment celui, intangible, de chaque peuple à se déterminer par lui-même.        <br />
              <br />
       Pour que l'Europe existe dans ce monde multipolaire et notamment par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, elle doit développer des relations de coopération privilégiées avec ses grands voisins qui constituent l'Europe élargie. Au premier chef la Russie, qui est nécessaire à l'équilibre et à la paix du continent, et que nous ne devons pas repousser vers l'Asie. Il y a beaucoup à faire avec la Russie sur le plan économique et énergétique mais aussi sur le plan diplomatique.        <br />
              <br />
       De même nous devons chercher à donner un contenu à « l'Union pour la Méditerranée ». Le développement du Maghreb et de l'Egypte, la stabilisation des Balkans sur la base du respect égal de l'identité de chaque peuple, la paix au Proche et au Moyen-Orient, l'arrimage enfin de la Turquie à l'Europe, répondent ainsi à notre intérêt bien compris du point de vue de la croissance aussi bien que de la sécurité.        <br />
              <br />
       La France enfin doit rester une grande puissance politique. Le respect du droit international, le dialogue des cultures, le codéveloppement avec le Sud et enfin le maintien d'une défense indépendante seront les axes de notre politique extérieure. L'indépendance n'est pas moins nécessaire dans un monde multipolaire qu'elle ne l'était dans l'ancien monde bipolaire. Il nous appartient donc de combattre les dérives dangereuses auxquelles nous conduit déjà la perspective annoncée d'une réintégration de l'organisation militaire de l'OTAN en rupture avec la politique inaugurée par le général de Gaulle. Ainsi notre opposition à la politique de M. Sarkozy n'est-elle pas une opposition systématique et aveugle. C'est une opposition républicaine et argumentée, fondée sur la perspective d'un avenir différent et meilleur.        <br />
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              <br />
       <b>III – Vers la refondation républicaine de la gauche</b>        <br />
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       1. Plus de trente ans après le Congrès d'Epinay et la signature du programme commun, la gauche française doit prendre un nouveau départ comme elle a su le faire à différentes étapes de son histoire : 1905 -1920 - 1946 - 1971. Le cycle d'Epinay est désormais révolu. Ce qui ne signifie pas que les objectifs originels - rassembler la gauche, reconquérir les couches populaires - aient perdu de leur pertinence. Mais le monde a changé. Avec l'effondrement de l'URSS, le communisme a perdu son étoile polaire. Confronté au néo-conservatisme libéral, le Parti socialiste peine à trouver ses marques. Ce n’est pas en s’affirmant libéral au moment où le libéralisme fait eau de toutes parts que le PS rejoindra la vraie modernité : celle qui consiste à anticiper et à vouloir. C'est une refondation de toute la gauche qu'il faut préparer, avec toutes ses sensibilités et toutes ses cultures : social démocrate, républicaine, communiste, radicale, écologiste, etc.        <br />
              <br />
       2. L'objectif d'un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé. Seule une nouvelle structure pourra accueillir la masse des sympathisants aujourd'hui sans repères et l'élan des nouvelles générations. Une Fédération ou une confédération pourrait sans doute constituer une étape intermédiaire mais en réalité le temps presse : seule la création d'un grand parti de toute la gauche sur une base de principes, déjà relayée par certains responsables socialistes et faisant écho à nos propres propositions, peut créer l'électrochoc nécessaire. Ce nouveau parti devra rassembler largement et sans sectarisme toutes les sensibilités. Du dialogue en son sein d'une sensibilité critique voire utopique, et d'une sensibilité plus gestionnaire doit naître une dynamique féconde. Rien ne serait plus contreproductif que de vouloir construire un parti révolutionnaire, à plus forte raison de voir émerger un rôle purement contestataire à côté d'un parti social-libéral. Ce serait donner un boulevard à la droite conservatrice.        <br />
              <br />
       3. Au départ il faudra cependant ouvrir le débat sur la nature de la globalisation et du capitalisme financier aujourd'hui dominant, car dès les premiers temps du mouvement ouvrier, au XIXe siècle, aucune vision socialiste n'a jamais pu se développer que sur la base d'une critique préalable du capitalisme de l'époque. Il en va de même aujourd'hui. A partir d'une telle analyse du capitalisme financier d'aujourd'hui et de ce qu'on appelle la « globalisation », un débat fructueux pourra naître et se développer.        <br />
              <br />
       4. Chaque parti actuel de la gauche apportera son meilleur au parti futur. Les communistes, dont l'histoire tourmentée a eu sa grandeur, doivent savoir tourner la page, ouverte au début du dernier siècle, par le Congrès de Tours. Ils trouveront dans un parti de toute la gauche un cadre plus efficace pour faire mûrir les espérances révolutionnaires. Il en va de même pour les écologistes qui n'ont pas rompu avec la tradition des Lumières, pour les radicaux sincères et pour les hommes et femmes de progrès qui n'entendent pas tourner le dos au message qui fut jadis celui du général de Gaulle.        <br />
              <br />
       S'agissant du MRC, héritier du MDC mais aussi, avant 1993, du CERES et de « Socialisme et République », les raisons qui avaient motivé sa création : refus de l'alignement sur l'hyperpuissance américaine dans la première guerre du Golfe et rejet de l'Europe libérale de Maastricht, n'ont pas disparu, même si nos critiques depuis 2003 (deuxième guerre du Golfe) et 2005 (rejet de la Constitution européenne), sont plus largement partagées. &amp;#8232;&amp;#8232;Pour que les choses soient dites clairement, la fondation d’un grand parti de toute la gauche ne signifie pas l’adhésion au PS. La campagne d’éradication dont nous avons été les victimes depuis le 21 avril 2002 nous a criminalisés pour avoir porté un projet différent sur l'Europe, la politique industrielle, la République ou l'indépendance de notre politique étrangère. Aujourd’hui, dans un climat nouveau, nous entendons non seulement nous faire respecter mais conduire des débats de fond sans lesquels il n'y aura pas de refondation républicaine de la gauche. Le MRC se place dans cette perspective de refondation exclusivement. Il n'entend donc pas acquiescer à une version de l'Histoire qui n'a pas d'autre objet que de soustraire à la critique une orientation social-libérale qu'il a toujours combattue. Pas plus qu'hier nous n'accepterons de servir de caution. Aucune formule de recomposition de la gauche n’interviendra donc sans la réunion préalable d’un Congrès extraordinaire. C’est à une refondation républicaine que nous voulons contribuer, non à un replâtrage du parti socialiste.       <br />
              <br />
       5. Pour notre part, nous respectons le PS en tant qu'organisation, et nous n'entendons pas nous ingérer dans des choix de personnes qui lui incombent. Le débat d'idées au sein de la gauche en revanche est légitime et nous y contribuerons. Pour ce qui nous concerne, nous aspirons à la confrontation loyale des idées, au sein d'un grand parti de toute la gauche, avec le seul souci du fond. C'est ce qui a beaucoup manqué à la gauche depuis un certain temps et c'est avec cette loyauté élémentaire à l'égard des idées, et par conséquent des personnes, que nous aimerions la voir renouer dans son ensemble.        <br />
              <br />
       Le MRC propose donc un cadre de discussion ouvert à l'ensemble des femmes et des hommes de gauche et de progrès pour jeter les bases d'un grand parti de toute la gauche. Cette refondation est urgente. Sinon la gauche risque de se trouver confrontée à des divisions persistantes, au risque d'une nouvelle défaite.       <br />
       Cela suppose que nous soyons un parti à la hauteur de ses ambitions et de son projet. Une campagne de mobilisation sera mise en œuvre, invitant les républicains sincères à s’inscrire dans un large rassemblement populaire et citoyen. Le MRC se doit d’être plus vivant et plus actif à tous les niveaux de son organisation.        <br />
              <br />
       Pour mobiliser l'ensemble de ses forces et susciter l'adhésion des hésitants, nous lançons un appel pour que la gauche se réunisse et se mette d'accord, non sur une simple perspective d'alternance dépourvue de contenu politique, mais sur un projet républicain réellement alternatif. C'est possible. Le projet républicain du MRC est sur la table. Cette contribution de notre prochain Congrès a pour but d'ouvrir le débat non seulement au MRC mais également au sein de la gauche tout entière, en tout cas parmi ceux  qui, combattant la globalisation financière,  font de sa refondation leur perspective. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Un-contenu-et-un-chemin-pour-la-creation-d-un-grand-parti-de-toute-la-gauche_a30.html</link>
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   <title>Les Irlandais ont rendu un grand service aux peuples européens</title>
   <pubDate>Wed, 02 Jul 2008 20:23:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Mouvement Républicain et Citoyen, 2 juillet 2008.     <div>
             <br />
       Le Traité de Lisbonne est mort, juridiquement et politiquement mort. Les Irlandais, consultés démocratiquement, l’ont rejeté massivement. Les initiateurs de ce mauvais texte le comprendront-ils ? Ou bien plutôt, comme tout semble l’indiquer, chercheront-ils malgré les obstacles apparus en République tchèque et en Pologne à contourner le vote du peuple irlandais, comme ils l’ont fait avec celui du peuple français ?       <br />
              <br />
       Pourquoi les Irlandais ont-ils dit non ? Ce n’est pas difficile à comprendre. Il y a une très profonde crise de légitimité du processus de construction européenne. Les peuples ont décroché, ils n’y croient plus. Plus : ils considèrent qu’il est devenu négatif, que les élites politiques, financières et médiatiques qui en sont les zélateurs intéressés et autoritaires, les ont trahis, abandonnés aux conséquences désastreuses de la politique ultralibérale et tracassière à la fois de la Commission européenne.       <br />
              <br />
       Car enfin, quelle est la situation dans laquelle les gens se débattent au quotidien ? La montée de l’inflation, alors que la Banque centrale prétend la contrôler en maintenant un euro fort, dévastateur pour l’activité économique, et dont seule l’Allemagne parvient à conjurer les effets négatifs ; la privatisation des services publics partout, la précarisation des statuts professionnels, la mise en concurrence des modèles sociaux, l’absence de protection face à la mondialisation sauvage et à la concurrence impitoyable des pays à bas salaires, l’absence de tarif extérieur commun, un pacte de stabilité qui agit comme un véritable couperet sur les politiques budgétaires nationales et qui paralyse toutes les politiques sociales, publiques et de solidarité ; enfin une incapacité stratégique de l’Europe, réduite au rôle de supplétif de l’empire d’Outre atlantique...       <br />
              <br />
       De fait, tout ceci se résume en deux formules : dépossession de la souveraineté des nations, détournement de la volonté des peuples au seul profit du capital financier européen et international. C’est cela que les peuples ont compris. Et qu’ils refusent.       <br />
              <br />
       Que faire ? Il faut réorienter la construction européenne en s’appuyant sur la volonté populaire, revoir les statuts de la Banque centrale en y introduisant des objectifs d’emploi et de croissance ; confier explicitement à l’Eurogroupe la responsabilité de la politique de change ; refuser toute nouvelle privatisation, déclarer les services publics biens de souveraineté nationale et, comme la recherche et l’innovation, les faire sortir des champs de compétence, c’est-à-dire de privatisation ,de la Commission ; réduire le droit absolutiste d’initiative de celle-ci ; assouplir la pacte de stabilité pour relancer la zone euro et jeter les bases d’une coopération intergouvernementale des pays de l’euro ; refuser le libéralisme effréné de la Commission, qui livre, à l’OMC, les peuples européens pieds et points liés à la mondialisation libérale ; introduire une taxe sur les délocalisations.       <br />
              <br />
       Il faut organiser un débat européen pour lancer de grands projets d’infrastructure et de développement, imposer à la Commission de mettre en œuvre une véritable politique de l’énergie, relancer des politiques d’industrialisation concertées, rétablir, enfin, pour un meilleur équilibre stratégique au sein du Conseil européen, la parité des votes entre la France et l’Allemagne. Il faut de l’imagination, le souci des peuples, le respect de la démocratie. Et remettre sur le métier tout le processus de construction en éclairant sa finalité et ses moyens. Il faut arrêter la course folle à l’intégration, réintroduire fortement la coopération intergouvernementale, et aller vers une Europe à géométrie variable fondée sur la démocratie des peuples. Permettre aux pays qui veulent plus d’intégration de le faire ; aider les autres à se mettre à niveau, donner enfin à l’Europe ce qui lui manque le plus : une identité sociale, un projet humain. Et pour cela, il faut rendre l’Europe aux peuples européens, respecter le verdict des urnes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Les-Irlandais-ont-rendu-un-grand-service-aux-peuples-europeens_a24.html</link>
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   <title>Les priorités de la présidence française de l’Union européenne</title>
   <pubDate>Tue, 01 Jul 2008 20:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Déclaration commune du MRC, du PCF, du PRG et du PS, 1er juillet 2008.     <div>
      Les priorités de la présidence française de l’Union européenne sont fixées. Elles concernent principalement : l’immigration, l’Union pour la Méditerranée, l’environnement et la lutte contre le changement climatique, l’énergie, la politique de défense. En arrière plan, le gouvernement français prévoit également d’aborder la question de la réforme de la PAC, de l’Europe du futur, de la politique économique, de l’influence de l’Europe sur la scène internationale, du renouvellement des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Le référendum irlandais qui a vu la nette victoire du non ne traduit pas un rejet de l’Europe mais une exigence de réorientation des politiques en clarifiant les priorités de la construction européenne. C’est ce qu’entend proposer la gauche, à un moment où le gouvernement, en acceptant un compromis sur le temps de travail au niveau européen, fait sauter la durée légale pourtant fixée à 48h hebdomadaire. Ce choix fait au nom de la France par Nicolas Sarkozy est significatif de ce que va être cette présidence : transposer à l’échelle de l’Europe la politique aujourd’hui conduite en France. C’est le choix de l’adaptation à la globalisation économique libérale.       <br />
              <br />
       Face aux conséquences de ces choix de Nicolas Sarkozy, les partis de gauche proposent d’autres priorités pour la présidence française de l’Union européenne, qui permettent de répondre à la fois aux attentes sociales, aux enjeux environnementaux, à la préservation de la paix, à la coopération et au développement avec l’Afrique et la Méditerranée.       <br />
              <br />
       Cela implique la définition de priorités.       <br />
              <br />
       1ère priorité : la question sociale en Europe : croissance, emploi, pouvoir d’achat, salaires, retraites.       <br />
              <br />
       Cette question sociale ne peut être affrontée sans réorientation de la stratégie économique qui prévaut en Europe aujourd’hui. Elle implique que la question sociale soit au cœur de la coordination des politiques économiques dans la zone euro et un changement des objectifs de la Banque centrale. Les droits sociaux existants doivent être préservés, notamment en ce qui concerne le droit du travail. De même, la lutte pour l’emploi, la sécurisation des salariés contre la précarisation des conditions de travail doit être une priorité pour l’Europe. Elle doit notamment avoir pour objectif et d’avoir comme objectif l’instauration d’un salaire minimum dans tous les pays européens.       <br />
              <br />
       Il s’agit pour les partis de gauche de renforcer et d’harmoniser les politiques sociales protectrices à l’échelle européenne, de garantir une clause de sauvegarde sociale pour qu’aucune directive relative au marché intérieur ne remette en cause les droits sociaux existants dans un Etat membre.       <br />
              <br />
       2ème priorité : face à la crise financière, qui traduit une crise profonde du système financier mondial, il faut renforcer les pouvoirs de contrôle des marchés financiers et modifier la politique monétaire et de crédit de la Banque centrale européenne au profit de l’emploi, de la recherche, de la formation et de l’investissement dans les grandes infrastructures de transport collectif et de communication.       <br />
              <br />
       3ème priorité : lancer une vraie politique européenne pour l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Cette politique doit concrétiser les objectifs visant à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, à développer les énergies renouvelables, les économies d’énergie et lancer les bases d’une fiscalité environnementale. L’Europe doit défendre le principe du service public de l’énergie, et tirer les leçons des politiques de libéralisation du marché de l’énergie menées depuis une dizaine d’année.       <br />
              <br />
       4ème priorité : promouvoir et protéger les services publics, en particulier par la mise en œuvre d’une directive cadre sur les services publics.       <br />
              <br />
       5ème priorité : face à la crise alimentaire, il faut affirmer l’impératif d’une Politique agricole commune et le maintien d’une préférence communautaire dans le contexte de cette crise mondiale. Cela implique aussi la régulation des marchés agricoles et la prise en compte de l’environnement et de l’aménagement du territoire rural.       <br />
              <br />
       6ème priorité : concevoir une politique internationale européenne qui refuse tout alignement sur la politique américaine. A propos de l’Afghanistan, cette politique doit privilégier l’aide au développement promis par les Nations unies et non pas l’envoi de troupes.       <br />
              <br />
       7ème priorité : engager une politique européenne ambitieuse pour le développement de l’Afrique s’appuyant sur la suppression de la dette au profit d’investissements locaux dans les infrastructures, l’éducation, la santé et l’écologie en construisant un vrai partenariat euro-méditerranéen qui respecte les engagements en termes d’aide publique au développement et des initiatives fortes pour la paix au Proche-Orient. La politique d’immigration doit être fondée sur un vrai co-développement et non sur la seule vision sécuritaire et répressive du président de la République.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Les-priorites-de-la-presidence-francaise-de-l-Union-europeenne_a23.html</link>
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   <title>Un nouveau cap</title>
   <pubDate>Sun, 22 Jun 2008 17:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Le Kremlin-Bicêtre, dimanche 22 juin 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/984611-1229295.jpg?v=1371722561" alt="Un nouveau cap" title="Un nouveau cap" />
     </div>
     <div>
      Je veux d’abord remercier Jean-Luc Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre, et Béatrice Desmartin, Première Secrétaire du Val-de-Marne, pour l’organisation de ce quatrième Congrès du MRC parfaitement réussi. Mes remerciements vont aussi à la petite équipe du Val-de-Marne, Marianne Picard et Bastien Faudot notamment qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour nous accueillir tous dans les meilleures conditions. Un vent nouveau s'est levé dont témoigne l'affluence et le rajeunissement de nos délégués. Je veux saluer amicalement nos invités, représentants des partis de gauche, des syndicats et du mouvement associatif. Merci à l’ensemble des militants qui ont bénévolement assuré le fonctionnement et la présence de notre parti depuis le Congrès d’avril 2006. J’ai une pensée particulière pour Georges Sarre qui a tenu bon à la direction du parti pendant ces années difficiles. Je n’oublie rien des services éminents que Georges a rendus et je sais pouvoir compter sur son jugement et son expérience dans les fonctions qu’il exercera demain à mes côtés comme secrétaire national aux relations extérieures. Hommage et honneur à ceux qui nous ont quittés et qui laissent derrière eux une trace qui ne s’effacera pas : Nicole Morichaud, conseillère régionale d’Ile de France, infatigable militante du CERES, de Socialisme et République, du MDC et du MRC, et Jean-Louis Dieux, Conseiller Régional de P.A.C.A, pilier du Mouvement depuis toujours.       <br />
              <br />
       Un nouveau départ était nécessaire après l’échec de 2007 qui a illustré l’impréparation idéologique et politique de la gauche dans son ensemble, quelque effort que nous ayons fait pour y remédier.       <br />
              <br />
       A moins de quatre ans de la prochaine élection présidentielle qui est devenue, dans notre système politique, l’élection directrice, celle autour de laquelle toutes les autres s’ordonnent, nous devons porter un regard lucide sur le rapport des forces à l’échelle mondiale afin de créer l’évènement qui permettra d’ouvrir à la France un nouveau chemin de progrès.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Trois échecs successifs à l’élection présidentielle depuis 1995 n’ont pas été l’effet du hasard. Ils s‘enracinent dans la distance prise à l’égard de la gauche par l’électorat populaire. Cette distanciation a elle-même des causes anciennes et profondes. Le projet que nous portions dans les années soixante-dix s’est heurté de plein fouet à la victoire du néo-conservatisme libéral, au tournant des années quatre-vingt et à la politique d’ouverture généralisée des marchés, y compris des marchés de capitaux. De cette défaite de la gauche, largement consentie quand s'est ouverte en 1983 la parenthèse libérale, nous subissons encore aujourd’hui les conséquences. Le capitalisme financier a pris progressivement le pas sur le capitalisme industriel. Avec l’effondrement du communisme, les multinationales ont mis en concurrence les territoires et les main-d’œuvre à l’échelle mondiale. Il en est résulté une délocalisation ouverte ou sournoise des activités des pays anciennement industrialisés vers les pays émergents à bas coût salarial, dont certains sont dotés d’immenses « armées de réserve industrielles ». Le développement des fonds spéculatifs et des fonds de pension a abouti à l’instauration d’une véritable « dictature » de l’actionnariat. Mais, la « globalisation » est entrée en crise profonde en son centre même c'est-à-dire aux Etats-Unis : crise bancaire et financière, crise énergétique et crise alimentaire, crise du réchauffement climatique enfin. Absurde est la politique qui prétend adapter la France aux recettes d'une mondialisation libérale qui prend l'eau de toutes parts.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Il faut d’abord comprendre la nature de cette globalisation aujourd’hui en crise.</b>       <br />
              <br />
       Cette « globalisation », en effet, est un phénomène à la fois économique et politique. Ce serait rester à la surface des choses que de voir dans les « subprimes » américaines et les dérives du capitalisme financier à l’échelle mondiale la cause essentielle de la crise actuelle. Le surendettement des ménages américains a été encouragé par le gouvernement des Etats-Unis pour sortir de la précédente crise née de l’explosion de la bulle technologique, en septembre 2000. La réalité est que les Etats-Unis, artisans principaux de la globalisation depuis les années quatre-vingt, ont vécu à crédit. Ils ont depuis longtemps un train de vie qui dépasse leurs moyens. Ils ont proclamé imprudemment la fin de l’Histoire (selon l'expression de Francis Fukuyama) après la chute de l’Union Soviétique. L’Histoire les a rattrapés. Les pays émergents se sont autonomisés du FMI depuis 1998 en se désendettant. L’Hyperpuissance américaine a cru pouvoir pratiquer une politique de fuite en avant avec un déficit commercial abyssal. L’Administration Bush a entraîné ses alliés dans l’invasion de l’Irak, provoquant, à des fins principalement pétrolières et au nom de « la guerre contre la terreur », un véritable « clash des civilisations ».       <br />
              <br />
       Les Etats-Unis se trouvent confrontés aujourd’hui à trois problèmes cumulatifs : la récession économique, la chute du dollar, l’enlisement en Irak et au Moyen-Orient. Ils n’ont plus les moyens de maintenir seuls leur domination mondiale. Avec un budget militaire de 640 Milliards de dollars (plus de la moitié des budgets de défense à l’échelle mondiale), les Etats-Unis cherchent en Europe et en Asie des supplétifs. M. Sarkozy, en réduisant l’armée française à la dimension d’un petit corps expéditionnaire à la disposition de l’OTAN, est prêt à les leur fournir.        <br />
              <br />
       Nous avions dénoncé, en son temps, 1996, les conséquences possibles de l'abandon du service national, à savoir le gonflement des budgets de fonctionnement au détriment de l'équipement de nos forces armées. Aujourd'hui, on coupe dans les effectifs (-60 000) au prétexte de remédier au sous-équipement et à la vétusté des matériels. L'armée française est réduite à une taille de guêpe -  30 000 hommes - essentiellement à des fins de projection lointaine au service de l'OTAN, dans des conflits incertains et forts éloignés de nos intérêts nationaux : Kosovo ou Afghanistan.       <br />
              <br />
       C'est une politique de gribouille : on réduit l'effort de défense en même temps qu'on appelle à une &quot;défense européenne&quot; tout en rejoignant l'OTAN. Sur 27 pays de l'Union européenne, 20 sont membres de l'OTAN. Aucun, à part la Grande-Bretagne, alliée spéciale des Etats-Unis, et la Grèce face à la Turquie, ne fournit un effort de défense conséquent. La défense européenne est un mythe et restera un mythe. En réalité le Président de la République a choisi pour l'Europe une défense américaine, oubliant qu'un peuple ou des peuples qui abandonnent le souci de leur défense dans des mains étrangères abdiquent par la même la maîtrise de leur destin et l'indépendance de leur politique extérieure.       <br />
              <br />
       De Gaulle avait choisi l'indépendance. Sarkozy choisit la dépendance. Et cela au plus mauvais moment , quand l'Empire américain touche à sa fin, et risque de nous entraîner, comme en Irak, dans des aventures nuisibles aux intérêts de sécurité de la France.       <br />
              <br />
       Nous n’avons pas à nous mettre à la remorque d’une politique américaine sur laquelle nous n’exerçons aucun contrôle.        <br />
       C’est seulement en restant indépendants ou en se donnant les moyens de le devenir, que la France et l’Europe se feront respecter et pourront modérer utilement et orienter l’usage de l’Hyperpuissance américaine.        <br />
              <br />
       En effet, ce sont les règles du jeu à l’échelle mondiale qui doivent être modifiées, dans le cadre d’un monde multipolaire dont l’avènement est rendu d’ailleurs inévitable par la montée des grands pays émergents (Chine – Inde – Brésil, etc.) et le retour de la Russie. Nous voulons que ce monde soit régi par le droit car c’est la condition de la paix.       <br />
              <br />
       Là sont les rôles de l’Europe et de la France, levier de notre responsabilité au monde. Nous voulons rester les alliés des Etats-Unis mais nous ne voulons pas être leurs vassaux. L’opinion publique européenne est éprise de paix. Elle souhaite que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu’ils sont, en acceptant la réalité d’un monde multipolaire nourri par le dialogue des cultures.       <br />
              <br />
       La crise de la « globalisation » bat en brèche les postulats libéraux auxquels la gauche française a cédé depuis plus de deux décennies : ainsi le libre-échangisme, car personne n’attend plus d’une nouvelle libéralisation des échanges à l’OMC un rebond de la croissance à l’échelle mondiale. Ainsi encore le refus des politiques industrielles au nom d’une conception idéologique de la concurrence qui a fini par paralyser l’action publique. Jacques Delors en prenant la défense de M. Barroso sert une bien mauvaise cause car la Commission européenne n'est pas l'incarnation de l'intérêt général. Elle est la gardienne de l'orthodoxie libérale et son dogmatisme aussi bien que le rôle existant qui est le sien barrent l'horizon d'une réorientation positive de la construction européenne.       <br />
              <br />
       Enfin, le refus de l’intervention des Etats dans le capital des entreprises prend l'eau à son tour, car même les pays les plus libéraux renflouent, sur fonds publics, leur système financier et même leurs grands groupes industriels. Tout montre qu’après trois décennies de « globalisation » succédant aux « trente glorieuses » du New Deal, un nouveau cycle historique est près de s’ouvrir. C’est là le rôle du MRC, servir d’aiguillon idéologique pour réveiller la gauche française et la mettre en état de peser sur les équilibres du monde.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – En second lieu, il faut comprendre les potentialités de réorientation qu’offre cette crise. </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	C’est d’abord à l’échelle mondiale qu’il faut agir.</span>       <br />
              <br />
       Les désordres monétaires sont devenus insupportables. Des fourchettes de parités doivent être définies et défendues collectivement. Les Etats-Unis doivent rétablir leur épargne. Ils peuvent être aidés à retrouver l’équilibre de leur balance commerciale par une croissance concertée des autres parties du monde et d’abord de l’Europe.        <br />
              <br />
       Il faut aussi que les grands pays émergents prennent davantage en compte chez eux les besoins de leur population, ainsi que le respect, au Nord, des équilibres sociaux et, dans le monde, des exigences environnementales. C’est à ce prix seulement que les pays anciennement industrialisés pourront continuer à ouvrir leurs marchés à une concurrence qui repose trop exclusivement sur l’avantage comparatif d’un très bas coût de main d’œuvre. Une régulation concertée des échanges internationaux est nécessaire.        <br />
              <br />
       Elle devra ménager l’accès libre aux marchés des pays riches des produits des pays les moins avancés, et notamment de l’Afrique. Leurs productions, à l’inverse, doivent être protégées. L’aide publique au développement, scandaleusement négligée, devra être rétablie et accrue. Les institutions financières internationales devraient trouver une nouvelle vocation dans la correction des inégalités croissantes de développement. Cette nouvelle donne ne sera rendue possible que par une mobilisation de l’opinion mondiale et par la réunion de grandes conférences internationales sur le modèle de Bretton-Woods en 1944-45.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Parallèlement, la réorientation de la construction européenne est nécessaire.</span>       <br />
              <br />
       L’Europe ne se redressera pas sans la France et sans que la gauche française fasse entendre sa voix. Encore faut-il qu'elles retrouvent confiance en elles. L’Europe ne trouvera sa place dans le monde multipolaire de demain que si elle-même se révèle capable d’organiser un modèle équilibré de développement. Le « non » irlandais révèle encore une fois le rejet par les peuples d’une Europe technocratique et antisociale.       <br />
       À cet égard l’instauration d’un gouvernement économique de la zone euro est un enjeu décisif. Une politique de change moins pénalisante pour l’activité, la mise en œuvre de politiques contracycliques fondées sur l’investissement et la recherche pourraient créer un environnement propice pour l’harmonisation sociale et fiscale et la promotion des services publics. L’Europe ne peut se résumer à la mise en concurrence des systèmes sociaux. Il est temps de lui donner un contenu progressiste. Le rôle de l’Allemagne sera déterminant car la politique de compression des coûts salariaux mise en œuvre depuis 2000 pénalise gravement la croissance européenne. L’excédent commercial allemand se réalise pour l’essentiel au détriment de ses partenaires européens. Le rôle de la France n’est pas moins important comme catalyseur politique pour réorienter la construction européenne dans le nouveau contexte mondial. Les institutions européennes auraient l’impérieux devoir de s’appuyer davantage sur les Etats qui restent les principaux acteurs de l’initiative publique. Malheureusement ce n’est pas le sens du Conseil européen des 19 et 20 juin.       <br />
              <br />
       Le « non » irlandais rend manifeste le fossé entre les élites dirigeantes européennes et les aspirations des peuples. Vouloir extorquer un « oui » au peuple irlandais en le soumettant à la « question » serait une nouvelle forfaiture.        <br />
              <br />
       Le peuple irlandais n'est pas un peuple méprisable. Certes il ne compte que 4 millions de citoyens mais c'est un grand peuple, farouchement attaché à son indépendance comme toute son histoire l'a montré, un peuple démocrate qui n'approuve pas les yeux fermés un texte rendu incompréhensible par la volonté de dissimuler aux peuples sa véritable nature : celle d'une Constitution européenne bis.       <br />
              <br />
       Et qui peut croire que, si on avait consulté les peuples français et néerlandais, ils auraient fait une autre réponse que le peuple irlandais ? M. Gordon Brown est pris la main dans le sac par la justice britannique alors qu'il renie lamentablement l'engagement de Tony Blair de faire approuver la constitution européenne par référendum.       <br />
              <br />
       L’Europe contre les peuples ne marche pas. La France quant à elle serait aussi fondée que les pays dérogatoires (Grande-Bretagne, Irlande, Danemark, Suède) à réclamer des garanties et des exemptions.       <br />
              <br />
       C’est ce que nous réclamons depuis longtemps en matière de service public, de fiscalité, d’élargissement des marges de manœuvre budgétaires. L’argument qu’on nous oppose c’est que la France, à l’initiative et au cœur du processus européen, doit montrer l’exemple. Mais tout montre au contraire qu’il s’agit, au prétexte de l’Europe, d’imposer à la France une procédure quasi disciplinaire : il est comme entendu que le peuple français n’est pas mûr pour une démocratie responsable et qu’il n’a donc pas la latitude d’exercer ses droits. Cette politique caporalisatrice est insoutenable.       <br />
              <br />
       C’est avec cette conception qu’il faut rompre pour aller franchement vers une Europe à géométrie variable s’appuyant sur la démocratie qui vit dans les nations.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">C)	Au niveau national.</span>       <br />
              <br />
       L’urgence première sera de faire face à la récession qui vient. Aucun moyen ne devra être négligé, y compris l’intervention de l’Etat ou de compagnies publiques dans le capital des entreprises stratégiques, afin de préserver le tissu industriel. A cet égard, nous approuvons la prise de participation  de l'Etat de 9% dans le capital des Chantiers de l'Atlantique car nous n'entendons pas nous laisser enfermer dans une opposition aveugle. Nous sommes avant tout des républicains. Nous sommes assez sûrs de notre projet pour ne pas nous enfermer dans une opposition systématique à courte vue.       <br />
              <br />
       Nous voulons contenir les exigences du capitalisme financier, stabiliser le capital de nos entreprises et fonder de nouvelles relations sociales sur la base d’une « Charte de l’entreprise ». L’éducation, la recherche, seront favorisées. La cohésion sociale, l’activation du sentiment républicain, la solidarité civique face à toutes les formes de communautarisme seront mises à l’ordre du jour. Une véritable écologie, au service de l’humanité tout entière, ne saurait s’enraciner que dans le terreau des Lumières, rejetant toutes les formes d’obscurantisme. Tel est notamment le cas pour ce qui est de la lutte contre le réchauffement climatique et pour un développement durable. La science et la culture doivent, en effet, rester au cœur de notre action.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Pour toute la gauche un nouveau départ est nécessaire. C’est le sens de l’appel que le MRC lance à ses partenaires.</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	Un nouveau départ</span>       <br />
              <br />
       Pour porter cette ambition de changement, la gauche française doit impérativement dépasser ses tropismes régressifs. Il est urgent pour elle d’organiser « l’évènement » qui, trente-sept ans après Epinay, permettra une nouvelle refondation, comme elle a su le faire à chaque étape de son histoire. Cet évènement ne saurait être que la création d’un grand rassemblement de toute la gauche, ouvert à toutes ses sensibilités, radicales voire utopiques ou au contraire plus gestionnaires. La question n’est pas de savoir jusqu’où ira le rassemblement. L’impératif c’est le rassemblement lui-même qui doit se faire avec l’ensemble des hommes et des femmes de gauche et de progrès, mais en conservant la visée unitaire qui a toujours permis les grandes avancées de la gauche. Beaucoup des clivages hérités du passé ont été tranchés par l’Histoire. D’autres se sont déplacés et doivent être résolus par le débat.        <br />
              <br />
       La ligne politique du MRC est très volontariste. Elle vise, en créant un grand parti de toute la gauche reposant sur des analyses de principe, à contrarier, dans son intérêt même, le glissement à droite du parti socialiste et l’enfermement sur lui-même du parti communiste. Qui ne voit que la création d’un parti soi disant révolutionnaire à côté d’un parti devenu franchement social libéral offrirait pour longtemps un boulevard à la droite ?       <br />
              <br />
       Il faut contrarier ces tendances mortifères pour la gauche et pour le pays. A chacun de nos partenaires nous parlerons avec la franchise de l’amitié.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">1.	S’agissant du Parti socialiste</span>       <br />
              <br />
       Ségolène Royal a été déséquilibrée pendant sa campagne par les manœuvres de l’aile libérale de son parti (les Gracques d’abord puis les prises de positions de Bernard Kouchner et de Michel Rocard). Il ne sert à rien au PS d’être hégémonique à gauche s’il n’est pas capable de devenir majoritaire dans le pays. Le PS doit tenir compte des autres sensibilités de la gauche pour renouer avec les couches populaires. Or, le PS, après l’échec de mai 2007, a montré son absence de détermination sur le fond en faisant voter majoritairement le traité de Lisbonne. En recherchant des alliances sans principes avec le MODEM, certains, en son sein, ont oublié qu’avant de s’allier, il faut soi-même savoir où on habite. La déclaration de principes du PS, malgré des références républicaines appréciables, ne comporte pas d’analyse de la mondialisation. Elle est enfin marquée par un européisme que bat en brèche la volonté des peuples.       <br />
              <br />
       L’éloignement de la gauche des couches populaires est un problème déjà ancien. Le risque est grand qu’en 2012 le PS aborde l’échéance décisive avec les mêmes handicaps qu’au cours des trois élections présidentielles précédentes.       <br />
              <br />
       Il est vital de redresser cette évolution. L’aile gauche du PS le peut-elle ? Il semble qu’elle soit profondément affaiblie et elle est elle-même divisée.       <br />
              <br />
       Seul un évènement né d’un choc externe pourrait redresser cette évolution. Or le prochain Congrès du PS ne sera vraisemblablement pas décisif. Seul, le PS n’opérera pas le redressement nécessaire. Il lui faut renouer à travers un projet clair avec les couches populaires. Ce projet dynamique, nous pouvons contribuer à l’apporter. Le temps presse. Cet « événement » que le MRC appelle de ses vœux doit être créé au printemps 2011 au plus tard.       <br />
              <br />
       <span class="u">2.	S’agissant du PCF.</span>       <br />
              <br />
       Près d’un siècle après le Congrès de Tours les raisons du divorce entre communistes et socialistes se sont estompées.       <br />
              <br />
       L’URSS et le communisme soviétique se sont effondrés. La théorie léniniste de la conscience révolutionnaire, importée dans une classe ouvrière spontanément réformiste et dominée par l’aristocratie ouvrière, et cela grâce à un parti appuyé sur le « socialisme scientifique », a fait long feu. Non que la théorie et l’analyse des phénomènes sociaux doivent être rejetées. Au contraire ! Mais c’est à travers le débat et la démocratie que les classes populaires doivent se doter d’un parti et d’une conscience politique à la hauteur des défis du monde d’aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’en rabattre sur l’ambition transformatrice mais de rompre avec le dogmatisme et la stérilisation de forces militantes précieuses.       <br />
              <br />
       Le PCF est tiraillé aujourd’hui entre plusieurs tentations : celle de créer une nouvelle formation à gauche du PS, avec ou sans Besancenot, et en association avec des groupes plus ou moins spontanéistes. L’échec du rassemblement autour du « non de gauche » purement anti-libéral et a-républicain a manifesté la vanité d’une telle démarche qui ne peut que dissoudre le PCF dans une idéologie victimaire compassionnelle teintée d’anarchisme.       <br />
              <br />
       L’autre perspective est le repli sur soi maquillé, soit aux couleurs de l’orthodoxie, soit d’une rénovation superficielle. En réalité, le PCF a atteint un étiage si préoccupant que sa réalité politique et sociologique qui reste estimable peut subir un coup fatal dès lors que le candidat du PCF aux élections risque de rééditer en moins bien les scores de Robert Hue en 2002 et de Marie-George Buffet en 2007. Le PCF dont nous apprécions la valeur de ses militants doit éviter d’aller dans le mur et nous voulons l’y aider.       <br />
              <br />
       Combien plus efficace en effet serait le potentiel de réflexion et d’action des militants communistes ancrés pour beaucoup encore dans la réalité populaire, s’il trouvait à se déployer à l’intérieur d’un grand parti de toute la gauche ! Ce potentiel aujourd’hui stérilisé trouverait un débouché porteur d’avenir.       <br />
              <br />
       3.	S’agissant des radicaux et des écologistes, leurs sensibilités ont leur place dans un grand parti de toute la gauche. Les premiers parce que la République est dans leurs gènes, les seconds parce qu’ils peuvent renouveler les approches traditionnelles de la gauche dès lors qu’ils se situeront fermement sur le terreau des Lumières.        <br />
              <br />
       4.	La situation actuelle – dérive du PS, enfermement du PCF sur lui-même – dispersion des différentes formations de la gauche ex plurielle – offre un espace pour la tentative d’Olivier Besancenot et de la Ligue Communiste Révolutionnaire de créer à la gauche d’un PS définitivement social libéral, une force soi-disant révolutionnaire. Mais qui ne voit que l’antagonisme  de ces deux forces dont l’une se voudrait toute la gauche, offrirait pour longtemps un boulevard à la droite ? C’est ce qu’escompte ouvertement Nicolas Sarkozy.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Une refondation républicaine</span>       <br />
              <br />
       Plus que jamais s’impose avant 2012 la nécessité d’une refondation républicaine de la gauche. Refondation républicaine parce qu’après l’effondrement du communisme soviétique qui a pendant des décennies barré l’horizon du socialisme démocratique, il est temps de repartir de la synthèse jaurésienne du socialisme et de la République.        <br />
              <br />
       L’exigence républicaine n’a rien de passéiste. Elle seule permettra de contrarier l’évolution de nos sociétés vers la fragmentation sociale et les replis identitaires, ethniques, intégristes et communautaristes. Seule l’idée exigeante de l’intérêt général dont la nation républicaine reste le lieu d’élection sans que d’autres niveaux d’appartenance doivent être gommés, peut permettre de fournir à une société déboussolée des repères convaincants. La nation républicaine est fermement ancrée dans le terreau des Lumières, celui du rationalisme et de l’humanisme. Sachons nous y maintenir fermement.       <br />
              <br />
       Oui, notre ligne est volontariste :       <br />
              <br />
       La refondation républicaine de toute la gauche est une ambition que nous devons faire partager. Elle s’imposera demain sous l’empire des nécessités. Le PS en a besoin. Le PCF n’a pas, selon moi, d’autre perspective valable, mais il n’y viendra que progressivement. Le pays surtout y aspire.       <br />
              <br />
       Il y a dans la société française des réserves de citoyenneté active, de civisme, de désintéressement que nous devons mobiliser. Les réticences du PCF, l’autosuffisance et la tentation hégémonique du PS sont des obstacles que nous ne nous cachons pas. Mais nous n’entendons pas nous enfermer dans des règlements de comptes anciens qui n’intéressent pas les générations nouvelles. Nous devrons lutter dans les prochaines années pour affirmer notre cap, faire un travail de conviction, nouer des alliances, provoquer la levée des blocages actuels qui réduisent la gauche à l’impuissance. Encore une fois, le problème pour le PS n’est pas de conquérir l’hégémonie à gauche. C’est de faire en sorte que la gauche puisse devenir majoritaire en France. Notre projet d’un grand parti de toute la gauche serait un puissant atout pour la gauche et le serait pour son candidat s’il savait se l’approprier assez tôt, ce qui n’a pas été possible en 2007.       <br />
              <br />
       Le MRC, pour ce qui le concerne, sera l’inlassable artisan de cette refondation républicaine. Pour créer un cadre politique commun, il faut que nous soyons capables de porter et faire connaître notre projet à travers des forums de l’Unité et des Assises de la gauche qui pourraient se tenir dès 2009.       <br />
              <br />
       Dans le débat intellectuel contemporain, le MRC a un rôle essentiel à jouer : celui d’aiguillon idéologique et de formation militante. Dans l’immédiat, notre parti doit se fixer quelques objectifs simples d’ici notre Prochain Congrès :       <br />
              <br />
       1.	la réussite de notre Université d’été à Belfort dont la date est fixée aux 6 et 7 septembre, et dont le thème sera l’état de la gauche et les perspectives de sa refondation ;       <br />
       2.	le doublement de nos effectifs et la mobilisation de nos réseaux de sympathisants ;       <br />
       3.	l’affirmation de notre cohérence politique par l’organisation de manifestations publiques, en liaison ou non avec d’autres organisations ou sociétés de pensée ;       <br />
       4.	la diffusion de « Citoyens militants » et de la ligne républicaine dans les milieux de sympathisants qui un jour pourront rejoindre le grand parti de toute la gauche et en attendant le MRC ;       <br />
       5.	la création d’une Ecole des cadres en vue de former au moins une cinquantaine de « leaders » potentiels, articulés idéologiquement et capables de s’exprimer dans les médias ;       <br />
       6.	financièrement je renouvelle l’appel à une souscription nationale et je demande à tous les élus qui touchent une indemnité d’en consacrer une partie pour assurer la réussite de notre projet. C’est pour remplir ces tâches qu’un secrétariat national renouvelé plus qu’à moitié, issu majoritairement des régions, à la fois expérimenté et rajeuni, vous a été proposé. J'aurai besoin de l'engagement de tous.       <br />
       7.	Enfin, je n’oublie pas que nous devons préparer les prochaines échéances électorales. Les sénatoriales d’abord, en septembre prochain, où je serai candidat pour faire entendre, avec nos deux autres parlementaires, une voix républicaine au sein du Parlement.       <br />
              <br />
       Ensuite viendront les élections européennes, les élections régionales, puis les cantonales. Nous n’entendons pas, comme certains essayent de le faire croire, rejoindre le PS avec armes et bagages. La refondation républicaine a un contenu idéologique. Elle a une assise politique. Aucune décision ne sera donc prise par le MRC pour participer à quelque recomposition de la gauche que ce soit, en dehors d’un Congrès extraordinaire.       <br />
              <br />
       Aucune refondation de la gauche en effet ne peut se faire qu’à travers une analyse du monde et précisément une critique de la globalisation libérale et, par ailleurs, à travers un projet comportant des éléments programmatiques réalisables.        <br />
              <br />
       Avant de se poser le problème des alliances, la gauche doit savoir où elle habite. Elle vise à rassembler le monde du travail sur un projet humaniste. Elle porte l’héritage républicain qui, à partir de la notion d’intérêt général, permet le dépassement des intérêts particuliers, des égoïsmes, des corporatismes et des communautarismes. La pluralité d’appartenances conduit à définir une multiplicité d’intérêts généraux qu’il faudra savoir hiérarchiser à travers un projet nouant ensemble l’intérêt national, l’intérêt européen et les intérêts de l’humanité dans son ensemble. Rien là qui ne soit conforme au patriotisme républicain et à l’internationalisme, dont Jaurès avait su montrer la complémentarité.       <br />
              <br />
       La valorisation du travail, la recherche de l’égalité et d’un progrès mieux partagé, la solidarité, l’épanouissement individuel prenant tout son sens dans un dessin de réussite collective, la promotion du sens des responsabilités, bref du civisme, la laïcité enfin, constituent un socle de valeurs solides pour l’édification d’une République moderne, démocratique et sociale.       <br />
              <br />
       A partir de ces orientations, nous proposons que toutes les organisations et toutes les personnalités de gauche et de progrès qui le voudront réunissent dans tous les départements des forums de l’Unité. Ces forums, largement ouverts, auraient à traiter quelques sujets clés :        <br />
              <br />
       1.	l’analyse de la globalisation et les conséquences à en tirer pour l’action de la gauche au gouvernement ;       <br />
       2.	la valorisation du travail ;       <br />
       3.	la réorientation de la construction européenne ;       <br />
       4.	la forme du nouveau rassemblement de la gauche à créer.       <br />
              <br />
       Ces forums pourraient déboucher sur des Assises de la gauche en 2009 qui prépareraient, sur la base d’un projet clair, un Congrès de rassemblement de toute la gauche au sein d’un grand parti. C’est à cette occasion que serait élu, au suffrage universel des militants, le candidat de la gauche à l’élection présidentielle de 2012. Ce candidat ne serait pas seul. Il serait porté par un projet collectif et par un élan qu’il nous appartient de faire lever sans attendre dans le pays.       <br />
              <br />
       Voilà la perspective. Elle demandera du travail, de la persévérance, de l’enthousiasme, mais il n’y en a pas d’autre pour offrir à la France un avenir et les repères républicains qui lui manquent cruellement aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Soyons sûrs de nous, de nos valeurs républicaines, de nos analyses de ce qu’est le capitalisme financier contemporain, de la pertinence de notre projet. Nous sommes la pointe émergée d’un iceberg républicain qui a dans le pays une réalité ancienne et profonde. Toutes les dernières élections nationales l’ont démontré : il y a dans le pays entre deux ou trois millions de citoyens qui ont encore une idée assez haute de l’intérêt national pour en faire dépendre leur vote et qui, en définitive, font pencher la balance.        <br />
              <br />
       Mais nous ne sommes pas qu’une réserve de voix potentielle. Nous offrons à la gauche des repères et un cadre de références dont elle a besoin pour retrouver la confiance du pays et d’abord celle des couches populaires.        <br />
              <br />
       Tenez bon ! Camarades, citoyens, les évènements viendront à notre rencontre. Déjà notre appel rencontre de puissants échos à gauche et notamment au sein du parti socialiste. Des convergences s’organisent naturellement. Le pouvoir de M. Sarkozy ne se soutient que par l’absence d’un projet réellement alternatif sur lequel la gauche pourrait se rassembler. La France se réveillera et la gauche se redressera. A une condition : que vous-mêmes vous teniez le cap républicain !        <br />
              <br />
       En avant, citoyens camarades pour faire du MRC le levier de cette refondation. Vous ne perdez pas votre temps car ce cap est le bon, non seulement pour la gauche, mais pour la République et la France !
     </div>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Un-nouveau-cap_a20.html</link>
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