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  <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
  <description><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></description>
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   <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
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   <title>#UEMRC 2013: Discours de clôture de Jean-Luc Laurent</title>
   <pubDate>Tue, 17 Sep 2013 21:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de clôture de Jean-Luc Laurent, Président du MRC, à l'Université d'été de Coudekerque-Branche.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<iframe width="620" height="465" src="//www.youtube.com/embed/BOxmLp4IL9c?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      Chers camarades,       <br />
               <br />
       Il me revient l’honneur de conclure cette université d’été et de tracer les perspectives de travail et d'action du MRC pour l'année à venir.        <br />
               <br />
       Je souhaite d’abord remercier les militants du Nord, conduits par Claude Nicolet, qui ont organisé avec application ces deux journées de débats et d’échanges. Je tiens à remercier particulièrement David Bailleul, maire de Coudekerque-Branche, qui nous a amicalement accueillis ; Christian Hutin qui nous permet de nous retrouver dans sa circonscription 10 ans après le congrès constitutif du MRC; Manuel Valls, dont la présence montre notre implication dans la majorité présidentielle avec notre singularité et notre volonté d’être l’aiguillon républicain; Marc Dolez (député Front de Gauche), Jérôme Guedj (député PS et animateur du courant Maintenant La Gauche), Christian Bataille ( député PS) ; les nombreux intervenants extérieurs qui nous ont éclairés de leurs analyses durant ces deux jours ; Julien Landfried qui a conçu un programme dont la richesse permet à notre réflexion commune de s’affiner. Merci également à vous tous d’avoir répondu si nombreux à cette université d’été.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En cette rentrée politique mouvementée, l'impératif du MRC que nous avons choisi comme thème de cette université d’été sonne comme un repère indispensable.       <br />
               <br />
       Redresser la France en réorientant la construction européenne sont les deux objectifs que nous nous sommes fixés, notamment en soutenant François Hollande dès le premier tour de la présidentielle. Aujourd’hui, le MRC travaille activement comme en témoignent ces deux journées de débats mais aussi le texte « pour une autre Europe » de Marie-Françoise Bechtel, qui vont alimenter et plus encore se conjuguer, avec notre action au quotidien dans les mois qui viennent.       <br />
               <br />
       En ces terres historiquement ouvrières, touchées de plein fouet par la crise et bien plus qu’ailleurs, il est judicieux de tenir notre université d'été dans ce département et d'y faire entendre notre voix différente à gauche.       <br />
               <br />
       Redresser la France, c’est avant tout faire confiance au peuple, c’est s’adresser aux classes populaires, c’est faire de la réindustrialisation et du retour à la croissance, la priorité..       <br />
               <br />
       Le MRC est connu pour la force de ses analyses : notre double non, en 1992 à la monnaie unique puis en 2005 à la constitution européenne, a été ratifié par les faits.       <br />
               <br />
       Que voyons-nous aujourd’hui ? L’austérité, le chômage, les délocalisations ; une crise dont l’Europe, notamment au Sud, peinera à sortir — si elle en sort.       <br />
               <br />
       Nous, nous avons tracé notre voie pour lutter efficacement et contribuer à faire sortir la France de l'impasse comme l'a si bien analysé Jean-Pierre Chevènement. C’est par la République que nous pourrons redresser la France et réorienter l’Europe.       <br />
               <br />
       Non, il n’est pas présomptueux pour le MRC de se vouloir la boussole républicaine pour la gauche et pour la France. Bien au contraire, nous entendons faire entendre au peuple et à la gauche nos analyses, qui sont confirmées par trente années de dérégulation capitaliste. Non, il n’est pas archaïque de dire que l’Union Européenne ne peut plus fonctionner comme elle le fait. La Commission Europénne ne peut continuer à condamner les peuples d’Europe à l’austérité perpétuelle. Redresser la France suppose de réorienter la construction européenne : c’est donc à nous, armés de nos convictions solides, d’être actif dans le débat public.       <br />
               <br />
               <br />
       <b>I. Redresser la France</b>       <br />
               <br />
       Le redressement de la France a été notre fil conducteur pendant un an dans la majorité car il en va de l’avenir de la France.       <br />
               <br />
       Derrière les mots de « plans sociaux », ce sont des emplois qu’on sacrifie, des familles touchées par le chômage et la peur du lendemain. Les pouvoirs publics ont le devoir d’agir. Là réside notre ambition : affirmer l’impératif de sauvegarde de nos emplois et de nos bassins industriels là où la finance égoïste ne voit pas plus loin que son chiffre d’affaires trimestriel.       <br />
               <br />
       Nous avons soutenu la démarche de Louis Gallois, son rapport, l’action qu’il mène comme Commissaire général à l’investissement. Son rapport a jeté les bases du Pacte National pour la Croissance, la Compétitivité et l’Emploi.       <br />
               <br />
       C’est un moment-clef, inaugural, du quinquennat : le moment où la gauche au pouvoir dit que le redressement productif ne sera pas qu’un slogan. Jeudi dernier, vous avez tous vu le président de la République avec le robot Nao dans ses bras. Je vais exceptionnellement vous parler de moi. Et bien, il y a trois ans lors de l’Exposition Universelle de Shanghai, j’ai dansé avec le robot fabriqué par la société Aldebaran. Je suis content que le président de la République m’ait rejoint. Dans ces moments-là, malgré les avanies, malgré les difficultés, on se dit qu’Hollande était le bon choix.        <br />
               <br />
       Nous croyons en ce redressement productif qui prend forme à travers des propositions concrètes, comme les 34 plans d'action, auxquelles les républicains que nous sommes, sont fortement attachés. C’est avec ambition, et lucidité sur ses défauts, que nous avons voté, par exemple, le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi. Il permettra, à court terme, une relance non négligeable pour les entreprises.       <br />
               <br />
       Le Gouvernement a fait le choix du redressement industriel de la France, il sait qu’il peut compter sur le MRC dans cette voie : banque publique d’investissement, création de filières d’avenir, relocalisations d’activités, les avancées sont nombreuses et doivent être saluées.       <br />
               <br />
       Ces choix tranchent avec la doctrine passée du PS qui fondait son projet sur le développement des aides à la personne et le tourisme. C'était court, c'était oublier l'industrie.       <br />
               <br />
       Voilà pourquoi nous soutiendrons une politique industrielle concrète : notre ambition est de mettre en actes le terme de redressement. La France doit être gouvernée par l’exigence républicaine et le service de l’intérêt national. Là-dessus, nous sommes intransigeants.       <br />
               <br />
       L’emploi est la question prioritaire. Le redressement de la France ne pourra se faire sans la pleine participation des salariés. Nous avons participé aux discussions parlementaires sur le projet de loi de sécurisation de l’emploi qui marque une avancée non négligeable : c’est le dialogue qui prime. Les salariés des entreprises de plus de 5000 personnes seront enfin représentés dans les conseils d’administration. L’homologation par l’État des plans de sauvegarde de l’emploi participe de l’indispensable triptyque État/industrie/emploi. Celui-ci constitue un fondement solide sur lequel on peut s’appuyer pour construire une politique industrielle volontariste où l’État doit jouer un rôle essentiel.         <br />
               <br />
       D’autres sujets sont encore à aborder : la formation professionnelle, notamment celle des chômeurs ; l’amélioration des conditions de travail ; la réforme des retraites qui doit être améliorée sur la pénibilité, la situation des femmes et les petites retraites. Nous nous exprimerons en ce sens au parlement pour assurer la justice et la confiance dans notre système de retraite.        <br />
               <br />
               <br />
       <b>II. Réorienter la construction européenne pour mettre fin à l’austérité généralisée</b>       <br />
               <br />
       On ne peut penser le redressement de la France sans l’inscrire à une échelle plus large qui est celle de l’Union européenne. L’Europe, un sujet que nous connaissons bien au MRC et sur lequel nous comptons faire entendre nos propositions, plus que jamais en 2014.       <br />
               <br />
       Au parlement, nous nous sommes battus contre le TSCG avec vigueur ; notre non est une opposition positive car alimentée par la réflexion que nous avons menée ces vingt dernières années. Nous ne sommes pas des Prométhée en puissance qui prétendent détenir la lumière et l’apporter à des partis politiques aveugles. Nous sommes un parti politique qui réfléchit et construit sa doctrine en l’appuyant sur des faits tangibles. Et les faits donnent aujourd’hui raison à notre diagnostic et à nos analyses que nous voulons faire partager par la gauche.       <br />
               <br />
       L’Europe du Sud est en crise profonde, la récession frappe de plus en plus de pays ; l’Allemagne ne peut rester sourde aux dégâts des politiques d'austérité que Bruxelles impose aux nations et qui rejaillissent sur tous. L'Allemagne ne s'en sortira pas seule.        <br />
               <br />
       L’Europe s’effrite et la crise de l'euro n'est pas réglée. Certains se demandant s’ils ne faudrait pas construire deux zones distinctes et ainsi larguer les pays du Sud sans bouée de sauvetage ; les plans de relance se multiplient ; la Grèce est au bord du gouffre, si elle n’y a pas déjà plongé tête la première.       <br />
               <br />
       Et la France ? La France doit résister aux politiques libérales. La France peine à sauver son « exception culturelle » d’un projet de globalisation atlantique. Et la France est taxée de « réactionnaire » par le président de la Commission européenne parce qu’elle entend défendre ses intérêts nationaux. Comme si l’Allemagne ne défendait pas ses intérêts nationaux…mais avant d’incriminer Bruxelles ou Berlin, regardons Paris et la difficulté que nous avons à définir nos intérêts nationaux, à penser et à agir comme nation dans un ensemble coopératif. Regardons les ravages de l’esprit de  « Bercy ». La construction européenne est un projet français mais la créature nous est hors de contrôle depuis trop longtemps.       <br />
               <br />
       La mondialisation qu'on nous vantait comme eldorado s’est muée en oppression, silencieuse mais réelle. François Hollande voulait lutter contre la finance qui n’a pas de visage. Elle en a aujourd’hui plusieurs, et ils font peur : austérité ; fédéralisme ; libéralisme sans limites sont autant de facettes d’une Union européenne hors de contrôle. Le Président Sarkozy était omnubilé par la défense du Triple A. Maintenant qu'il est perdu, il ne faut pas le remplacer par un triple B, Bercy, Bruxelles, Berlin. Au triple B, il convient d’opposer un ferme triple non. La gauche ne peut se satisfaire d’un politique libre-échangiste qui oublie le peuple au profit, c’est le cas de le dire, d’un accroissement des inégalités. L’entêtement de nos dirigeants est farouche : quand l’Europe ne fonctionne pas, il nous faut plus d’Europe. Nous sommes dans un cercle vicieux que seule une réorientation profonde pourra inverser.       <br />
               <br />
       2014 est l’année des élections européennes, ce sera l’occasion pour nous de mettre en avant notre projet pour l’Europe et d'abord :       <br />
               <br />
       - le passage de la monnaie unique à une monnaie commune qui préserve la souveraineté des États.       <br />
       - renforcer les coopérations entre nations dans des domainescomme l’indépendance énergétique, l’e-économie, les transports ;       <br />
       - refuser le libre-échange qui ne conduit qu’à la précarité et à la mise en cause de notre pacte social et républicain ;       <br />
               <br />
       Je suis convaincu que les Français qui constatent chaque jours les dégâts de l’Union européenne et de la monnaie unique  y sont d’ores et déjà prêts et favorables malgré le terrorisme intellectuel et moral. La table-ronde d’hier matin a esquissé des pistes intéressantes, à nous de savoir les porter politiquement.       <br />
               <br />
       Au MRC, nous savons bien que la République est une exigence. C'est aussi une protection. C’est l’injustice qui a conduit à la Révolution française ; c’est l'exigence républicaine qui a guidé notre construction politique ; c’est notre souveraineté nationale qui nous a dicté des choix historiques. Ne l’oublions pas et soyons à la hauteur des débats de demain.       <br />
               <br />
       Ne cédons cependant pas au repli farouche. Les nations d’Europe ont intérêt à bâtir une Europe des peuples qui coopèrent et non des marchés. Je ne me lancerai pas dans un Éloge des frontières, que Régis Debray a très bien fait, mais je dirai que se protéger, c’est pouvoir également, et surtout, s’ouvrir. Pour cela, la France doit faire entendre sa voix de puissance mondiale et veiller à faire respecter le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est notre responsabilité de membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU. On ne peut donc accepter que notre politique diplomatique se règle sur le bon vouloir des Etats-Unis.        <br />
               <br />
       Le MRC a été clair quant à la question de l’intervention en Syrie : il est hors de question de sortir du cadre légal international. Sur la Syrie, je suis triste de voir l'isolement de la France.        <br />
               <br />
       Ce n'est pas l'ingérence qui doit guider la politique de la France, c'est le droit international.       <br />
               <br />
               <br />
       <b>III. Préparer les prochaines échéances électorales : le MRC au travail</b>       <br />
               <br />
       2014 est une année d’élections. Elles auront valeur de test pour la majorité gouvernementale. Nous entendons participer pleinement aux deux scrutins : les municipales et les européennes.       <br />
               <br />
       Nous avons exprimé notre volonté de voir toute la gauche rassemblée lors du scrutin municipal. Les élections législatives partielles ont montré la difficulté à rassembler les partis de la majorité. Les écologistes  se distancient du PS avec fracas et Jean-Luc Mélenchon préfère pérorer dans son coin. Le MRC est favorable à des listes d’union et entend mettre en avant ses candidats partout où il le pourra. Nous voulons voir la majorité présidentielle réussir mais nous n’hésiterons cependant pas à faire valoir nos positions comme à Belfort ou ici, à Coudekerque-Branche. La diversité de la gauche doit être respectée par toute la gauche, PS compris. Je le rappelle devant les responsables des partis de gauche présents à notre université d’été : le rassemblement de tous suppose la considération de chacun.       <br />
               <br />
       Quant aux européennes, nous sommes entrés dans une phase de préparation active. Les 8 coordinateurs régionaux ont été désignés et nous lançons aujourd’hui des réunions publiques qui préparent notre Convention nationale du 30 novembre à Paris. Je serai moi-même à Bordeaux le 3 octobre et d’autres rendez-vous sont également prévus : Montbéliard, Lille, Marseille, Toulouse, Troyes, Lyon, Clermont-Ferrand, Nantes... Dans chaque circonscription, nous souhaitons ouvrir le débat sur l’Europe avec nos concitoyens. Le texte établi par Marie-Françoise Bechtel, adopté par le Conseil National, constitue un véritable projet pour une autre Europe.       <br />
               <br />
       Nous serons présents à cette élection. Les enjeux sont importants, nous participerons à cette campagne. Nos idées seront portées et représentées par nos candidats. Je sais que je peux compter sur chacun d’entre vous pour s’impliquer pleinement.       <br />
               <br />
       Porter une réorientation de la construction européenne est une exigence. Nous devons montrer qu’un autre chemin est possible, qu’une politique alternative existe pour sortir des politiques d’austérité qu’on cherche à nous imposer, pour remettre l’Union Européenne à sa place, traiter les erreurs de conception de la monnaie unique et agir pour la souveraineté de la France.       <br />
               <br />
              <br />
       <b>IV.Lutter contre le Front national</b>       <br />
               <br />
       Tous les partis politiques pensent aux élections, c’est dans leur nature et leur mission consiste à sélectionner des candidats pour porter leur projet. Encore faut-il avoir un projet. Le nôtre a une petite particularité, il pense beaucoup à la France. Il n’est pas le seul, nous ne prétendons pas au monopole. Mais nous pensons toujours à la France.       <br />
               <br />
       La France va mal, peut-être sort-elle doucement de la récession, la récession économique celle imposée par le Triple B, mais pour ce qui est de la dépression politique, nous ne sommes pas tirés d’affaire.  Nous en parlions hier, il faut sortir de la dépression.         <br />
               <br />
       Que voit-on ? Les inégalités économiques se doublent d’une peur du lendemain. Les classes populaires se tournent vers l’extrême-droite.Nous devons les écouter et bâtir une réponse républicaine crédible. La République n’est ni un verbalisme, ni une gesticulation.       <br />
               <br />
       Depuis 30 ans, la dépression nationale a un nom, une marque, Le Pen. Aujourd'hui « Le Pen, fille et nièce ». 2014 sera une année électorale mais 2014 sera très probablement l’année du défi lancé par le Front National à la République.       <br />
               <br />
       Ne pas affronter la question du Front National serait une double faute d’une part parce que Marine Le Pen attire des électeurs qui se sentent éloignés des préoccupations politiques et d’autre part parce que nous refuserions de voir la réalité en face. Il nous faut travailler sur le FN pour démonter, point par point, son programme d'incohérences. Nous avons un devoir de vérité quand Marine Le Pen ment. Personne n’est dupe ! La préférence nationale, la fin du droit du sol, la sortie sans diagnostique de l’Union européenne sont autant de propositions que nous devons combattre avec force parce qu’elles s’opposent à la citoyenneté et à notre vision républicaine de la France. Derrière l’habileté des discours, derrière les masques, il ne faut jamais oublier à qui on a à faire, à une force politique d’extrême-droite, dont le Panthéon compte peu de démocrates et qui nourrit une culture radicale de l’inégalité.  L’ancien Front National a longtemps eu un programme ultra-libéral…écrit comme une blague par Gérard Longuet. Le nouveau Front National a travaillé un peu, pillé beaucoup mais le nouveau Front National n’a en rien muté.       <br />
               <br />
       Pour lutter contre le Front National, il faut commencer par ne pas laisser Marine Le Pen kidnapper verbalement la nation, la laïcité...voire la République et la Citoyenneté. Pour lutter contre le Front National, il faut assécher le terreau de la crise sur lequel prospère l'extrême-droite et il faut donner de l'espoir, montrer que la France n'est pas finie.       <br />
               <br />
       Redresser la France suppose aussi de faire retour à la République. N’ayons pas peur d’affirmer notre attachement à ses principes ! N’ayons pas peur de dire que nous n’acceptons pas un découpage de la citoyenneté ! Notre position est cohérente : la République, partout et à chaque instant. La République pour tous avec sa rectitude faite de droits et de devoirs.        <br />
               <br />
       Il est vrai que le cap est difficile à tenir. Voyez Francois Fillon qui perd le nord et joue avec le feu en ouvrant la possibilité pour des électeurs de l'UMP de voter pour le FN. N'est ce pas lamentable ? Evidemment choquant. Et comment faire quand les plus riches décident de fuir la patrie pour ne pas contribuer à l’effort national ? Quand les communautarismes s’affirment ? Quand les haines d’extrême droite sont exacerbées ? Notre réponse, c’est la République et la citoyenneté. Loin d’être une formule vide, elle est au contraire ce qui donne sens à l’individu, qui le sort de son quant-à-soi. Par ses exigences, par son autorité, elle est un repère crucial en ces temps d’incertitudes.       <br />
               <br />
       Le MRC est une voix unique à gauche, notre discours est solide. Il est temps d’affirmer haut et fort les principes républicains . Je me permets d'ajouter, en ce dimanche, et en violation flagrante de la laïcité : urbi et orbi.       <br />
               <br />
       C’est une tâche difficile que nous nous sommes fixée : le chemin est long mais notre volonté est à toutes épreuves. Il en va de l’avenir de la France et je suis convaincu que nous tous ici sommes déjà engagés pour faire réussir la nation demain.       <br />
               <br />
       Mes chers camarades, nous pouvons être fiers de ce que nous avons accompli au sein de la majorité depuis un an maintenant, mais que de travail nous reste-il ! Et toujours en utilisant notre liberté d'expression et de vote.        <br />
               <br />
       Plus que jamais le MRC a besoin de chacun de vous pour s’affirmer, peser, faire entendre ses analyses, détailler ses propositions. 2014 est une année cruciale.       <br />
               <br />
       Cette année encore, notre université d’été est une réussite et augure d’un futur militant pour le MRC.       <br />
               <br />
       Vive la République, et vive la France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>#UEMRC 2013: Table ronde n°1 "Transformer l'euro pour sortir de la nasse économique"</title>
   <pubDate>Tue, 17 Sep 2013 20:34:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mouvement Républicain et Citoyen</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Table ronde n°1 avec: Philippe Murer, économiste, co-auteur avec Jacques Sapir de l’étude "Les scenarii de dissolution de l'Euro" pour la Fondation Res Publica, Jean-Luc Gréau, économiste, Yves Le Hénaff, professeur d’économie, cadre bancaire et Julien Landfried, secrétaire national du MRC chargé de la communication et des universités d’été (animateur)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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      L'étude <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/etude-euro/">"Les scenarii de dissolution de l'Euro"</a> est disponible sur le site de la Fondation Res Publica.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Protections commerciales: ce que la France pourrait faire</title>
   <pubDate>Fri, 23 Aug 2013 20:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Julien Landfried, Secrétaire national du MRC à l'Université d'été du Parti socialiste lors de l’atelier « La gauche et le protectionnisme : comment, jusqu'où ? », vendredi 23 août 2013.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5784196-8622685.jpg?v=1377439305" alt="Protections commerciales: ce que la France pourrait faire" title="Protections commerciales: ce que la France pourrait faire" />
     </div>
     <div>
      Chers amis, chers camarades, permettez moi tout d’abord de vous remercier pour votre invitation à intervenir lors de votre université d’été. Le Mouvement Républicain et Citoyen, dont je suis secrétaire national, organise de son côté sa propre université d’été les samedi 14 et dimanche 15 septembre prochains à Coudekerque-Branche, à côté de Dunkerque, sur les terres électorales de l’un des trois députés du MRC, Christian Hutin. Nous invitons chaleureusement les militants du Parti socialiste à assister à nos débats qui porteront sur le thème « Redresser la France en réorientant la construction européenne », et où interviendront en particulier le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et les députés Jérôme Guedj, Christian Bataille et Jean Grellier. Vous pouvez consulter <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/tags/universit%C3%A9+d%27%C3%A9t%C3%A9+2013/">le programme de notre université d’été</a> ainsi que cette intervention sur <a class="link" href="http://www.mrc-france.org">le site Internet du MRC</a>. Avant de démarrer mon propos, je remercie enfin à nouveau les militants socialistes de la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, du 92, mais aussi de l’Ile-de-France qui ont participé à mes deux campagnes législatives en juin et décembre 2012 face à Patrick Devedjian. Je n’oublie pas votre aide dans ce combat !       <br />
              <br />
       Un constat pour démarrer ce débat : si nous nous interrogeons aujourd’hui, selon les termes mêmes de la présentation de cet atelier sur le site du Parti socialiste quant à l’opportunité <span style="font-style:italic">« de lutter à armes égales »</span> et de <span style="font-style:italic">« demander une réciprocité dans les échanges commerciaux »</span>, c’est que la prise de conscience du niveau de désindustrialisation de l’économie française, et plus généralement de l’économie de la zone euro (pour simplifier, à l’exception de l’Allemagne) a largement progressé dans les esprits. Le temps où un grand patron français prétendait faire de son groupe une <span style="font-style:italic">« entreprise sans usines »</span> n’est pourtant pas si loin : c’était en 2001. L’industrie ne représente plus aujoud'hui que 11% du PIB en France, soit un niveau équivalent au Royaume-Uni, qui était décrit en 2009 par l’ancien président Nicolas Sarkozy comme un pays <span style="font-style:italic">« qui n’a plus d’industrie »</span>. Une exception en Europe : l’Allemagne (27% du PIB) sur laquelle nous reviendrons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La <span style="font-style:italic">« mondialisation heureuse »</span> chère à Alain Minc s’est révélée une vue de l’esprit. La mondialisation des échanges commerciaux a en effet profondément bouleversé les économies développées, entraînant le plus souvent désindustrialisation massive, augmentation du niveau des inégalités et phénomène de déclassement par rapport aux pays émergents. Le déficit commercial de l’économie française a ainsi atteint 74 milliards d’euros en 2011, puis s’est légèrement réduit à 67 milliards d’euros en 2012, en grande partie du fait de l’atonie de la croissance. Nous ne couvrons plus que 87% de nos importations, ce qui est très inquiétant. Pour le dire autrement, l’économie française souffre d’un problème massif de compétitivité dans la compétition européenne et mondiale. Ce constat a été remarquablement fait par Louis Gallois dans le rapport qu’il a remis au Premier ministre en novembre 2012.       <br />
              <br />
       <b>Trois faits majeurs n’ont pas été correctement anticipés dans la décennie 2000.</b>       <br />
       D’abord l’impact de l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 : celle-ci, réalisée sans contrepartie, a permis à la Chine d’inonder les marchés des pays occidentaux de ses produits bon marché, tout en protégeant son marché intérieur, par ailleurs modeste (extraversion agressive de l’économie, disproportionnellement tournée vers l’exportation). Bien peu imaginaient que la Chine nous concurrencerait – ou nous devancerait- sur la plus grande partie des secteurs industriels une décennie plus tard. Une certaine condescendance occidentale a trouvé ici un puissant allié avec les multinationales qui cherchaient à augmenter leurs profits à la faveur de la faiblesse des salaires chinois. Le déficit commercial français avec la Chine a atteint 26 milliards d’euros en 2012, soit près de 40% de notre déficit commercial total.       <br />
              <br />
       Ensuite, les conséquences de l'élargissement de l’Union européenne à l’Est n’ont pas non plus été bien intégrées. Qui aurait pensé il y a dix ans qu’une part importante de la production automobile des voitures françaises serait produite en Roumanie ou en Slovaquie pour y bénéficier du coût du travail plus faible (cf. l’exemple emblématique de Renault) ? Si l’Allemagne a profité de l’élargissement à l’Est pour réorganiser sa sous-traitance industrielle et reconstituer son <span style="font-style:italic">Hinterland</span>, cela s’est fait pour une large part au détriment de la France, qui avait longtemps été un sous-traitant bon marché pour les Allemands (cf. <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-modele-allemand-au-dela-des-mythes_a729.html">Made in Germany – Le modèle allemand au-delà des mythes</a>, de Guillaume Duval, Seuil, janvier 2013).       <br />
              <br />
       Enfin, les convergences attendues par la monnaie unique n’ont pas été au rendez-vous. La monnaie unique a fonctionné (et fonctionne toujours) au bénéfice des plus forts (Allemagne, Autriche, Italie du Nord) et au détriment des plus faibles (Europe du Sud, et France, par la force des choses). Insistons sur un point capital : la concentration de l’industrie dans le centre industriel autour de l’Allemagne est un phénomène logique dans le cadre d’une union monétaire (et ce, même si des transferts budgétaires massifs existaient, ce qui n’est pas le cas). La surévaluation structurelle de l’euro par rapport au dollar (et donc au Yuan qui lui est lié) pour les pays d’Europe du Sud et la France aggrave bien entendu cette dynamique, mais elle n’en est pas à l’origine. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne accumule de gigantesques excédents commerciaux (188 milliards d’euros en 2012) alors que ses voisins enregistrent eux des déficits commerciaux (la France a ainsi enregistré un déficit commercial de 18 milliards d’euros en 2012 avec l’Allemagne, soit près de 27% de notre déficit commercial total).       <br />
              <br />
       Est-il besoin de préciser que la désindustrialisation qui accompagne cette sous-compétitivité de l’économie française casse les ressorts du financement de l’Etat social ? Car sans une industrie solide, capable de distribuer de bons salaires (qui sont en moyenne supérieurs à ceux des services) et de payer des impôts importants, c’est tout l’édifice fiscal et social qui vacille.       <br />
              <br />
       <b>Une protection européenne ou nationale ?</b>       <br />
       La politique commerciale européenne pourrait-elle introduire des mécanismes de correction sachant qu’à la concurrence déloyale des pays émergents (dont les marchés sont, eux, protégés) s’ajoute la concurrence intra-européenne, non seulement avec les pays d’Europe de l’Est qui ne peuvent pas mettre en place les standards salariaux et sociaux de l’Europe de l’Ouest voire du Sud, mais aussi celle de la puissance industrielle allemande qui bénéficie d’un avantage de change de fait avec l’euro ? Poser la question, c’est y répondre, et la réaction du président de la Commission européenne José Manuel Barroso est édifiante, qualifiant de « réactionnaire » la volonté du gouvernement français de défendre l’exception culturelle française, en excluant le secteur audiovisuel du mandat de négociations commerciales avec les Etats-Unis dans le cadre de l’accorc commercial transatlantique de libre-échange (TTIP). A ce titre, le MRC émet les plus vives réserves sur l’opportunité de réduire encore les quelques barrières commerciales qui subsistent avec les Etats-Unis, essentiellement des normes non tarifaires.       <br />
              <br />
       Les intérêts commerciaux au sein l’Union européenne ne sont pas les mêmes. Sans revenir sur les intérêts de l’Allemagne, le Royaume-Uni est lui aussi très libre-échangiste. Un exemple édifiant : l’accord intervenu, suite à la forte mobilisation des milieux patronaux allemands, entre l’Union et la Chine au sujet des panneaux solaires chinois qui ne permettra ainsi sans doute pas à la fragile industrie de l’énergie solaire européenne de résister au dumping chinois…       <br />
              <br />
       Bien entendu, il est absolument nécessaire que le gouvernement français pousse l’UE à rechercher des accords commerciaux équilibrés, ce qu’on appelle la « réciprocité ». De même, un euro moins cher soulagerait de nombreuses entreprises, à commencer par les ETI (Etablissements de taille indermédiaire) dont chacun est convaincu de l’importance.        <br />
              <br />
       Mais est-il possible d’aller plus loin, et d’imaginer un « protectionnisme européen » ? C’était ce que mes amis Emmanuel Todd et Hakim el Karoui défendaient il y 6 ou 7 ans. L’Allemagne n’en veut pas, car fondamentalement, elle n’en a pas encore besoin. Son positionnement dans le commerce international en fait la « petite Chine » de l’Europe, ce qui lui convient très bien : sa spécialisation industrielle la protège <span style="font-style:italic">de facto</span>. Le Royaume-Uni non plus, bien entendu, car il souhaite avant tout exporter ses services financiers. Cette double opposition réduit à néant à moyen terme l’idée d’ériger à nouveau des protections commerciales de l’Union vis-à-vis des pays tiers, y compris au niveau de l’ancien tarif extérieur commun (TEC) presqu’entièrement démantelé aujourd’hui, depuis le milieu des années 1990.       <br />
              <br />
       Que reste-t-il donc ? On peut imaginer des formes de protectionnismes national par les normes, qui sont pratiquées massivement par nos concurrents asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud) et qui leur ont permis de développer des filières industrielles à l’abri de la concurrence internationale. La taxe carbone pourrait également être une forme efficace de protectionnisme environnemental en taxant davantage les produits réalisés dans des conditions écologiques dégradées. Ce serait également un facteur incitant à la relocalisation de la production près de la consommation. Enfin, les protections douanières sont pratiquées par la plupart des économies développées dans le monde, et bien entendu par les pays émergents. La France pourrait, si elle le souhaitait, rétablir certains tarifs douaniers sur tel ou tel secteur.       <br />
              <br />
       <b>La souplesse de la protection monétaire</b>       <br />
       Mais ce qui nous semble être la forme la plus maniable et la plus souple de protectionnisme est le protectionnisme monétaire. A l’extrême minimum, il faut d’abord que le cours de l’euro baisse par rapport au dollar et au yuan. La puissance de l’économie allemande empêchera cependant ce mouvement de dépréciation d’atteindre le niveau nécessaire au retour de la compétitivité externe des pays d’Europe du Sud et de la France. Il faut donc imaginer la transformation de l’euro monnaie unique en euro monnaie commune réservée aux transactions extérieures, qui permettrait à chacun des pays de la zone euro de retrouver une flexibilité monétaire par rapport à ses voisins de la zone. La parité des euros nationaux entre eux serait établie de manière concertée, afin de prendre en compte les différentiels de compétitivité creusés au cours des treize dernières années. Une coordination monétaire serait nécessaire pour éviter le chacun pour soi et pour contenir autant que possible les antagonismes existants. Pour la France, c’est une dévaluation de près de 30% par rapport au dollar (et donc au Yuan) et une dévaluation significative par rapport au Mark qui seraient nécessaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Protections-commerciales-ce-que-la-France-pourrait-faire_a500.html</link>
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   <title>"L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"</title>
   <pubDate>Wed, 03 Oct 2012 10:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/4776928-7141711.jpg?v=1349205453" alt=""L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"" title=""L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,       <br />
       Monsieur le Premier Ministre,       <br />
       Mes chers collègues,       <br />
              <br />
       La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.        <br />
              <br />
       Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.       <br />
              <br />
       Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.        <br />
              <br />
       Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.       <br />
              <br />
       Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.       <br />
              <br />
       Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.       <br />
              <br />
       Mais nous ne sommes pas des incendiaires. Nous ne nous réjouissons pas de l'incendie dans la maison euro. Incendie dont la crise des dettes publiques est la fumée mais dont le foyer réside dans le concept même de la monnaie unique et le creusement des différences de compétitivité. Quand le doigt montre le déficit public et le ratio « dette sur PIB », nous regardons les déséquilibres des balances commerciales et des balances des paiements car là se trouve le foyer de la crise.       <br />
              <br />
       L'Euro était inadapté. L'extension à l'échelle de l'Europe de la politique de la Bundesbank était particulièrement inadaptée à une Europe hétérogène. Dix années de monnaie unique n'ont fait qu'aggraver le problème avec des stratégies nationales singulières d'adaptation à la contrainte monétaire et le chloroforme de taux d'intérêt faibles ou nuls. Le déclenchement de la crise financière a dit la vérité de ces dix années d'illusoires convergences.       <br />
              <br />
       Nous ne sommes pas des incendiaires et c'est pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, nous sommes à vos côtés dans cette majorité présidentielle pour redresser la France dans la justice et changer l’Europe.       <br />
              <br />
       Les parlementaires du Mouvement Républicain et Citoyen ne voteront ni le traité ni la loi organique qui instaure la « règle d'or », parce que nous sommes  attachés à la souveraineté populaire.        <br />
              <br />
       Le débat, comme vous l’avez dit M.le Premier Ministre, est utile. Ce débat européen est trop souvent confisqué par les impératifs de ceux qui nous demandent de toujours dire « oui ». Notre pays est trop profondément engagé dans la construction européenne depuis 50 ans pour  que le débat européen soit confisqué dans un choix binaire entre un oui et un non. D’autant que la gauche c’est le débat, et ce débat sur la construction européenne, traverse la gauche depuis longtemps.       <br />
              <br />
       Dans ce débat, notre non est constructif ; notre non est positif car s’il prend acte de l’absence de renégociation, il porte aussi l’exigence de la réorientation européenne.       <br />
              <br />
       Nous ne voterons pas le traité car comme le dit l'accord signé par le MRC et le Parti Socialiste le 9 mars 2012, le traité est « inacceptable ».       <br />
              <br />
       Le Président de la République a eu une parole forte, il a dit que le traité serait « renégocié » et « complété ». Renégocié, il ne l'a pas été. Il ne le sera pas. Complété, il a commencé à l'être lors du Sommet européen du 28 juin. Il devra l'être plus fortement pour faire plus que compenser la logique mortifère de l'austérité hérité de l'époque qu’on a qualifié de « Merkozy ». Il faut développer une politique de croissance en Europe par une politique active de la Banque Centrale, par une politique de change qui réduise la surévaluation de l’euro, par de grands investissements mutualisés et par la relance salariale dans les pays qui le peuvent, et je dirais même, dans les pays qui le doivent, car la monnaie unique, puisqu'elle est là, crée des solidarités dans les deux sens: les fourmis doivent des comptes aux cigales.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a pris les choses en main le 28 juin. Nous mesurons la difficulté de l'exercice et nous ne cédons pas à la facilité de l'accabler mais nous voulons au contraire lui donner du temps. Nos partenaires européens sont peu commodes et les interlocuteurs formés dans le moule technocratique et libéral de Bruxelles sont légion. La route sera longue.       <br />
              <br />
       Les choses changent en Europe. Doucement. Les annonces du président de la Banque Centrale Européenne cet été ont été suivies du lancement, début septembre, du programme O-M-T qui nous a été en partie vendu comme une révolution...et qu'il nous faut regarder pour ce qu'il est : une rustine. Un geste positif qui éloigne un peu plus la BCE de son modèle, la BuBA. Mais un geste limité. Un geste qui conditionne l’aide de la BCE à des plans d’ajustement stricts. Le pacte de croissance obtenu le 28 juin est un bon début. Les annonces doivent être concrétisées par la mobilisation effective des 120 milliards issus des fonds structurels et de la Banque Européenne d'Investissement. La taxe sur les transactions financières dont le principe est arrêté, doit maintenant être créée.       <br />
              <br />
       Monsieur le Premier Ministre, faites nous crédit de nous regarder non comme des eurosceptiques, des réfractaires ou des traine-savates archaïques. Nous ne sommes pas l'arrière-garde.  Monsieur le Premier Ministre, nous sommes à l'avant-garde de l'euroréalisme.        <br />
              <br />
       Dans la difficulté, beaucoup de voix plaident pour le fédéralisme, le grand saut fédéral...nous craignons que le document dit des « 4 présidents » attendu pour l'automne, pousse dans ce sens. Le Président Barroso a prononcé récemment un discours où il plaide dans ce sens.        <br />
              <br />
       Tout cela illustre une fois de plus ce que les théoriciens de la construction européenne appellent le spill-over. On crée un outil, la monnaie unique, et il  fabrique du fédéralisme.        <br />
              <br />
       On nous dit que puisque nous avons une monnaie unique, il nous faut nécessairement un Ministre des Finances européen qui fasse et défasse les budgets nationaux au détriment de parlements nationaux souverains et puisque nous avons une monnaie unique, il nous faudrait un président de la Commission élu au suffrage universel direct comme le suggère Angela Merkel.        <br />
              <br />
       Ce spill-over, ce débordement, n’est jamais que le nom sophistiqué de la fuite en avant. Ceux qui ont fait de la randonnée une fois savent que parfois, il est plus raisonnable de revenir à la bifurcation et de prendre la bonne route que de s’entêter à avancer dans la mauvaise direction.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a commencé à changer la donne en Europe, et d’abord en rompant le tête-à-tête entre la France et l’Allemagne et en tendant la main à l’Espagne et l’Italie. Le Président de la République a compris que la France était un pays du nord et du sud, une passerelle. C'est notre force et cela nous donne une responsabilité spécifique en Europe.        <br />
              <br />
       Nous avons besoin désormais d’une réorientation de l’Europe qui appelle une nouvelle construction politique. Le référendum de 2005 nous l'a appris, l'Europe meurt de ces  bricolages fonctionnels, de la fuite en avant. Les peuples crient, il faut les entendre. Les politiques d'austérité aggravent cette situation et font peser sur l’Union Européenne une menace politique réelle.        <br />
              <br />
       Je vais faire une faute qu'un jeune parlementaire peut se permettre. Je vais doublement préjuger du résultat.        <br />
              <br />
       Mardi, le traité sera ratifié.        <br />
              <br />
       Sans nos voix, sans d'autres voix à gauche, il sera voté.         <br />
              <br />
       Mais je suis convaincu également qu'il ne sera pas appliqué. Le traité sera voté comme le dernier article d'une période révolue, comme un mauvais héritage.        <br />
              <br />
       Monsieur le Premier Ministre, nous comptons sur vous pour que la donne change en Europe, pour le retour du réalisme, politique et économique, pour le retour des peuples, ceux qui revendiquent aujourd'hui dans les rues comme ceux qui rentre la tête dans les épaules en espérant que tout va bien se passer.       <br />
              <br />
       Pour que la donne change en Europe, vous pouvez compter sur nous et nous comptons sur vous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/L-eurorealisme-doit-conduire-a-la-monnaie-commune_a354.html</link>
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   <title>L'euro est mort, vive l'euro franc !</title>
   <pubDate>Mon, 03 Oct 2011 20:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Dominique Garabiol et Bruno Moschetto, secrétaires nationaux du Mouvement Républicain et Citoyen, parue dans Le Monde du 30 septembre 2011     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3321923-4766134.jpg?v=1317642908" alt="L'euro est mort, vive l'euro franc !" title="L'euro est mort, vive l'euro franc !" />
     </div>
     <div>
      Cette accélération de la crise de l'euro appelle sa nécessaire maîtrise par les autorités politiques ou monétaires. Avant que les marchés n'imposent une désintégration anarchique de l'euro, une gestion pragmatique de leur monnaie par les pays de la zone euro s'impose. En effet, l'euro est une monnaie, mais ce n'est pas une monnaie désincarnée, ni une &quot;monnaie européenne&quot;. Ce qui est européen, c'est la politique monétaire et l'instance qui la détermine et la conduit : la Banque centrale européenne.       <br />
              <br />
       L'euro, c'est la monnaie de chaque État membre de ladite zone. Cette donnée est illustrée par le fait que les pièces de monnaie ont pour chaque État une face nationale et les billets un code national. Par là, notre monnaie l'euro a gardé l'identité de son ancrage national.       <br />
              <br />
       Une monnaie, c'est pour ceux qui la détiennent des créances sur l'appareil bancaire des pays concernés. En l'espèce des avoirs en compte, ou la monnaie scripturale, correspondent à des créances sur les banques commerciales. Et, des avoirs en poche, les billets ou la monnaie fiduciaire correspondent à des créances sur les banques centrales du système. La masse monétaire de chacune de ces monnaies a pour contrepartie des crédits pour l'essentiel sur l'économie. En matière monétaire, tout se ramène aux territoires nationaux.       <br />
              <br />
       Ainsi, les avoirs monétaires qui sont gérés par l'appareil bancaire d'un pays au bénéfice de ses déposants, ne seraient en rien altérés si ces pays décidaient de rebaptiser leur monnaie en y accolant la dénomination de leur assise nationale. L'euro franc serait l'équivalent de l'euro &quot;unique&quot; un pour un. Par là, rien ne serait changé à la valeur interne de notre monnaie puisque soit nos banques commerciales soit notre banque centrale seraient redevables d'euro francs comme elles le sont d'euros &quot;uniques&quot;. Une banque dont un déposant souhaiterait convertir ses avoirs en compte en billets, se verrait offrir des billets portant la mention euro franc correspondant au signe distinctif. Autrement dit l'euro franc existe déjà en droit et en fait.       <br />
              <br />
       Ce passage de l'euro &quot;unique&quot; aux euros &quot;nationaux&quot; se ferait sans contrainte ni contrepartie puisque depuis sa création, l'euro n'est rattaché à aucun autre étalon. Autrement dit, l'euro est un électron libre dont la valeur externe flotte vis-à-vis des autres devises, le dollar ou le yen. Sa parité externe n'est garantie par aucune clause de change et l'adjonction d'une dénomination nationale à la dénomination commune ne ferait que correspondre à la réalité de l'activité économique et monétaire des différents pays composant l'espace commun. La cohabitation des différents euros nationaux serait assurée par des appréciations ou des dépréciations qui tempéreraient ou encourageraient le passage d'une euromonnaie à une autre. Sur le plan interne, le pouvoir libératoire des différentes euromonnaies serait garanti par le fait que chacun des États accepterait l'euro national en paiement des prélèvements obligatoires, pratique qui a contribué à accréditer le cours légal d'une monnaie.       <br />
              <br />
       Ce qui est valable pour les avoirs monétaires, c'est-à-dire les dettes bancaires, le serait aussi pour les avoirs obligataires dont les dettes souveraines, lesquelles seraient au terme de leurs échéances payées en euros nationaux. Ces dettes ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire des euros &quot;uniques&quot; en euros nationaux, mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires. Aussi pourrait-on imaginer que, face à une dépréciation significative de ces créances, leurs détenteurs seraient conduits à constituer des provisions compensatoires mais rien n'interdit de penser que celles-ci pourraient être reprises en cas d'appréciation ultérieure de leur valeur sur les marchés.       <br />
              <br />
       La flexibilité monétaire intrinsèque à cette mutation permettrait aussi l'adoption rapide de l'euro par les nouveaux pays membres de l'UE ainsi que par les anciens qui ne l'ont pas adopté. L'UE redeviendrait une zone politique soutenable et durable. L'Allemagne n'aurait pas à supporter une Europe de transferts financiers qui s'annonce sans fond. Aussi, que vive l'euro franc et ses semblables !       <br />
              <br />
       ------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/29/l-euro-est-mort-vive-l-euro-franc_1579896_3232.html">Le Monde</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/L-euro-est-mort-vive-l-euro-franc-_a277.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>La France à la reconquête de son destin</title>
   <pubDate>Sun, 27 Jun 2010 13:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/2191524-3055143.jpg?v=1289529572" alt="La France à la reconquête de son destin" title="La France à la reconquête de son destin" />
     </div>
     <div>
      Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.       <br />
              <br />
       Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La crise</b>       <br />
              <br />
       Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.       <br />
              <br />
       A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(La vidéo intégrale du discours)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="104896" data="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942" width="432" height="243"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      1.	La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !        <br />
              <br />
       Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.       <br />
              <br />
       Dès le 4 septembre 2001, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">je vous avais dit à Vincennes</a> « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.        <br />
              <br />
       Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec  tous égards pour les prophètes de Maastricht !       <br />
              <br />
              <br />
       2.	La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.       <br />
              <br />
       Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.       <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.       <br />
              <br />
       Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       -	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;        <br />
       -	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.        <br />
              <br />
       Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?       <br />
              <br />
       De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.        <br />
              <br />
       Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.        <br />
              <br />
       Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Notre projet</b>       <br />
              <br />
       Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés.  Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.       <br />
              <br />
       C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !       <br />
              <br />
       Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas si difficile que cela :       <br />
              <br />
       -	Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.       <br />
       -	Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.       <br />
              <br />
       Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.       <br />
              <br />
       Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !       <br />
              <br />
       Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !       <br />
              <br />
       Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.        <br />
              <br />
       Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !       <br />
              <br />
       Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Comment peser ?</b>       <br />
              <br />
       1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?        <br />
              <br />
       Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.       <br />
              <br />
       2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.        <br />
              <br />
       Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.        <br />
              <br />
       Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.       <br />
              <br />
       Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.        <br />
              <br />
       Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.       <br />
              <br />
       Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?        <br />
              <br />
       Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.        <br />
              <br />
       François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.       <br />
              <br />
       3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !       <br />
              <br />
       Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant !  Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous changer la donne ?       <br />
              <br />
       4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions.  Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.       <br />
              <br />
       La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).       <br />
              <br />
       Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France  capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.       <br />
              <br />
       Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.       <br />
              <br />
       5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.       <br />
              <br />
       Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.       <br />
              <br />
       Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !       <br />
              <br />
       6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?       <br />
              <br />
       La hauteur de vues, c’est le principal.       <br />
       La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.        <br />
       Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.       <br />
              <br />
       Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme  et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.       <br />
              <br />
       7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion       <br />
              <br />
       Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible !  Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse. 
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     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a171.html</link>
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   <title>La crise de la zone euro : pour une sortie par le haut</title>
   <pubDate>Thu, 27 May 2010 11:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
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   Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen, 26 mai 2010.     <div>
      La crise de l’euro était prévisible. L’hostilité, dès 1992, du Mouvement Républicain et Citoyen au traité de Maastricht, repris en 2008 dans le traité de Lisbonne, était justifiée par l’abandon de notre souveraineté monétaire et par l’absence d’un « gouvernement économique » indispensable à une politique de croissance harmonieuse, dans une zone monétaire hétérogène. Notre critique se fondait particulièrement sur les objectifs déflationnistes assignés à la BCE. Elle a également visé les règles arbitraires et rudimentaires du pacte de stabilité passé en 1997. Telle qu’elle a été conçue, la monnaie unique ne pouvait mener qu’à la crise qui se développe aujourd’hui.       <br />
              <br />
       La première réponse des Gouvernements accentue ces travers : au lieu d’un gouvernement économique, c’est un appareil de sanctions renforcées qui est proposé. La zone euro va devenir une zone de forte déflation dont les ajustements reposeront sur les plus faibles. Les risques d’une telle politique sont trop graves pour qu’elle soit acceptée avec fatalisme. Seule lumière au tableau, la baisse du cours de l’euro, que la BCE avait refusée pendant des années, doit être mise à profit pour servir la croissance et amorcer ainsi la réindustrialisation de l’Europe.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a raison sur deux points essentiels : les marchés financiers et la spéculation doivent être ramenés sans concession à leur place. Chaque pays par ailleurs doit faire preuve de responsabilité dans la conduite de ses affaires.        <br />
              <br />
       Mais, pour que l’Europe ne devienne pas une simple communauté de transferts financiers que les peuples ne peuvent accepter, chaque pays doit veiller à l’équilibre de sa balance des paiements. Les pays déficitaires, bien sûr, mais aussi les pays excédentaires doivent adapter leur politique économique de façon coordonnée.       <br />
              <br />
       Pour éviter la spirale déflationniste et la récession, l’Allemagne doit assumer le « leadership » économique qu’elle exerce de fait en Europe. Elle doit cesser de voir dans la déflation compétitive le seul ressort de sa compétitivité au niveau mondial. Son économie a bien d’autres atouts à faire valoir et elle ne peut tourner le dos à l’Europe.        <br />
              <br />
       L’objectif d’accumuler des excédents d’épargne n’est pas soutenable à terme. La politique économique de l’Allemagne et de la zone euro doit participer au rééquilibrage mondial des échanges, la croissance intérieure des pays excédentaires, au premier rang desquels la Chine et l’Allemagne, devant compenser les ajustements des pays déficitaires, notamment des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       A défaut d’un tel accord sur une initiative de croissance européenne dans le cadre d’une coordination mondiale, et pour éviter la désintégration complète de la zone euro qu’envisage par exemple Joseph Stieglitz, une transformation de l’euro en monnaie commune devrait être étudiée, « au cas où » ...        <br />
              <br />
       Le bon sens commande de constater que les gouvernements  ne maîtrisent pas entièrement les risques de « défaut ». La réforme des marchés financiers tarde. La souveraineté des marchés financiers n’est pas l’horizon de l’Histoire : ce sont les peuples qui doivent déterminer leur destin.         <br />
              <br />
       La proposition d’une monnaie commune alternative à la monnaie unique, avait été notamment soutenue en son temps par les Britanniques, mais aussi par certains hommes politiques français de droite et de gauche. C’était également notre position en 1992. L’introduction de monnaies nationales inconvertibles, comme entre 1999 et 2002, mais ajustables, permettrait de redonner des marges de manœuvre aux gouvernements pour préserver à la fois les équilibres économiques et la croissance. Un « toit européen » doit être, en tout état de cause, préservé.       <br />
              <br />
       La position du MRC est claire : l’Europe doit sortir de la crise par le haut. L’Union européenne ne peut pas être une communauté de sanctions. Elle doit être une communauté de croissance. Il faut revoir le traité de Lisbonne, le pacte de stabilité et les statuts de la BCE. La croissance, l’emploi, les stratégies industrielles doivent être au cœur du projet européen. Il est temps de mettre toutes ces questions sur la table.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/La-crise-de-la-zone-euro-pour-une-sortie-par-le-haut_a163.html</link>
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