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  <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
  <description><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></description>
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   <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
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   <title>Le temps d'un monde fracturé</title>
   <pubDate>Wed, 22 Feb 2017 14:27:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Bruno Moschetto, Secrétaire national aux questions économiques, parue sur LaTribune.fr, mardi 21 février 2017.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/11233412-18679934.jpg?v=1487772702" alt="Le temps d'un monde fracturé" title="Le temps d'un monde fracturé" />
     </div>
     <div>
      Depuis 1945, date du constat prémonitoire de Paul Valéry sur la finitude du monde, celui-ci s'est terriblement unifié jusqu'à devenir monolithique. Mais en observant l'écorce terrestre de haut, l'on peut constater que celle-ci présente aujourd'hui des signes de fractures que l'on peut localiser de la périphérie au centre.       <br />
              <br />
              <br />
       A la périphérie tout d'abord. Certes,la libéralisation générale des échanges a accéléré l'unification de la surface du globe. Mais à la réflexion, cette libéralisation ne porte que sur trois composantes des échanges : les biens, les services et les capitaux et en aucune manière sur les hommes, en dépit de flux migratoires sévèrement contenus et de montants extraordinairement modestes. Donc la plénitude des trois premières composantes est annihilée par la quatrième qui neutralise l'ensemble. Cet état de fait pénalise un certain nombre de pays avancés, dont le nôtre, d'où l'apparition de déséquilibres, à la longue, insupportables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Un pacte colonial à l'envers</b></div>
     <div>
      Comme les capitaux sortent librement des pays avancés excédentaires en épargne, à destination des pays émergents déficitaires en investissements, qui utilisent une main d'œuvre à bas coûts salariaux et à protection sociale quasi nulle, l'équilibre des échanges résulte des importations des produits de consommation issus des entreprises ainsi délocalisées. De tels échanges déséquilibrés correspondent à une sorte de pacte colonial à l'envers, au titre duquel ce sont les pays colonisés qui vampirisent les pays colonisateurs du fait de la compétitivité insurmontable de leur prix de production à l'exportation. Le rééquilibre de ces échanges inégaux ne pourrait résulter que d'une immigration totalement libérée en provenance des pays émergents, dont l'Afrique. Ainsi, la population de l'Europe de 500 millions d'habitants devrait théoriquement passer à 2 500 000 et les prix s'y'uniformiseraient vers le bas . Autrement dit, la délocalisation à terme tuerait la délocalisation .
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Une première fracture entre le nord et le sud</b></div>
     <div>
      D'où en attendant cet « eldorado » les ripostes successives des pays pénalisés, à commencer par les Etats-Unis, où Donald Trump vient de décider de stopper la création au sud du Rio Grande de « maquiladoras », mot dérivé de maquila c'est-à-dire le droit de farinage payé par le laboureur au meunier afin que celui-ci transforme le blé ( matière première) en farine (produit semi-fini). De telles usines bénéficient de l'exonération des droits de douane sur les capitaux de production importés et sur les exportations de leurs produits. L'implantation des maquiladoras résulte de l'écart considérable des taux de rémunération horaire entre le travailleur mexicain - 1 dollar- et le travailleur américain - 8 dollars- . Par cette décision, Donald Trump ambitionne de créer des emplois au Michigan au détriment du Mexique en vertu de son slogan : America First. Il donne ainsi le  « la » et d'autres pays suivront  un tel mouvement de rationalisation de leur production intérieure. Ainsi apparaît une première fracture de tracé horizontal entre les pays du Nord et les pays du Sud.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Nouvelles fractures en Europe</b></div>
     <div>
      De nouvelles fractures vont apparaître notamment en Europe. Une première résulte d'un vote référendaire , le Brexit , au terme duquel le peuple britannique a exprimé sa volonté de voir le Royaume-Uni sortir de l'Union européenne. Pourquoi  ? Parce que les électeurs étaient opposés à la libre circulation intra européenne des personnes et non pas à l'existence du marché unique pour les marchandises et les capitaux. Pourquoi cette hostilité à l'immigration intra européenne ? Parce que les travailleurs de l'Europe de l'Est et surtout ceux de la Pologne étaient totalement compétitifs par rapport aux salariés britanniques non protégés par des minima sociaux. D'où la volonté de mettre un terme à cette concurrence inégale dans les échanges.       <br />
              <br />
       Aussi, le rejet de la libre circulation intra européenne des travailleurs ne devrait concerner que les pays à main d' œuvre très compétitive . Les autres pays de l'Union européenne vont -ils se battre, pour sauver la libre circulation du   soldat polonais  ? D'autant plus que ce dernier leur tire dessus lorsqu'il se camoufle en travailleur détaché. En fait la fracture qui se dessine à l'issue du Brexit n'a pas un tracé horizontal entre le Royaume-Uni et l'Union européenne  situés en deçà et au-delà de la Manche, mais un tracé vertical entre les pays de l'Europe occidentale et ceux de l'Europe orientale et contribuera à séparer l'Europe en deux moitiés .       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Hyper compétitivité allemande...</b></div>
     <div>
      Une deuxième fracture se dessine aussi en Europe,  découlant  de l'hyper compétitivité des prix des produits allemands notamment par rapport à ceux de l'économie française. Cette fracture se traduit par le déficit important et récurrent de notre balance commerciale et par l'excédent symétrique et insolent de celui de l'Allemagne. Aussi la France est dite à la traîne de celle-là parce que ses prix ne sont pas compétitifs à l'exportation. À la réflexion, ainsi que nous le rappelle l'Organisation internationale du travail (OIT) qui est dans la mouvance de l'ONU - ceci est totalement faux selon les conclusions de son rapport pour 2011 puisque l'Allemagne tire l'ensemble de l'activité économique de ses partenaires vers le bas et tout particulièrement celle de la France, et ce par l'artifice d'un avantage comparatif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>... en raison d'une dévaluation interne</b></div>
     <div>
      Celui-ci résulte de ce que l'on appelle pudiquement l'effet des dévaluations internes   au titre desquelles la baisse généralisée des salaires et des retraites imposée par les gouvernants est acceptée par l'ensemble des populations. Une telle dévaluation interne a été adoptée par l'Allemagne sous la gouvernance du Chancelier Shroëder au début des années deux mille. Ainsi, pour fixer les idées, chacun sait que la coupe de cheveux pour homme coûte 18 euros en Allemagne contre 24 euros en France soit 30% de plus.       <br />
              <br />
       Mais quel est le lien entre les prix du secteur tertiaire et la compétitivité des prix industriels à l'exportation ? Un simple calcul permet de l'identifier : dans des pays à structure comparable tels que la France et l'Allemagne, la production du secteur primaire (agriculture) est équivalente à 10% ; celle du secteur secondaire (industrie) est équivalente à 20% et celle du secteur tertiaire (les services) est équivalente à 70% de l'ensemble de la production. En effet, si les prix du secteur tertiaire sont du fait des dévaluations internes inférieurs de 25% aux nôtres, le tour est joué ! C'est parce que l'ouvrier de la construction automobile allemande paie l'ensemble des services à moins de 25% que les produits à l'exportation sont inéluctablement compétitifs. Donc cette composante de la demande pour accroitre nos parts de marché nous est strictement fermée puisque nous ne pouvons pas, dans le cadre de la zone euro, procéder à une dévaluation externe de notre monnaie devenue unique.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b> Quelle solution pour relancer l'économie française?</b></div>
     <div>
      Alors, comment augmenter notre taux d'activité ? En relançant la demande de consommation qui pourrait bénéficier de crédits bancaires à bas taux . Mais force est de constater que les consommateurs ne sont pas enclins, par prudence, dans un cadre général quasi déflationniste, à accroitre leurs demandes de crédits. En effet, l'on peut selon le sophisme de Keynes « conduire l'âne à la rivière, mais on ne peut le contraindre à y boire ». Reste donc la possibilité de relancer notre demande d'investissement et plus particulièrement celle des investissements publics affectés à des grands travaux d'infrastructure. Mais une telle relance se heurterait  à un plafond de verre : celui du taux d'endettement par rapport à la production intérieure brute devenue une espèce de loi d'airain budgétaire depuis Maastricht. Mais si nous crevions ce plafond de verre en portant le taux d'endettement à plus de  100%   nous serions conduits à sortir de l'Union économique et monétaire (UEM) sans nécessairement sortir de l'euro, demeurant toujours la monnaie de la France, mais devenant l'euro-franc à parités flexibles avec ses pareils de la zone. En fait cela correspond à une nationalisation de l'euro et une telle hypothèse est reprise partiellement par Joseph Stiglitz dans son tout récent ouvrage sur l'euro.       <br />
              <br />
       Ainsi une autre fracture à profil vertical viendrait disloquer le couple franco-allemand. Autrement dit, soit nous restons dans le statu quo avec la poursuite de l'austérité et le ralentissement de l'activité économique, soit nous voulons en sortir et cela se concrétisera par une fracture franco-allemande. Le temps du monde fracturé a bien commencé !       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Le TAFTA est un symptôme de déficit démocratique</title>
   <pubDate>Thu, 28 Jan 2016 11:49:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mouvement Républicain et Citoyen</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Interview de Paul Zurkinden, secrétaire national du MRC chargé de la mondialisation et du TAFTA, par l'agence de presse Sputniknews, mardi 26 janvier 2016.     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">Sur l’accès des parlementaires allemands aux documents  de négociations du TAFTA</span> : C’est une avancée mais il faut réaliser que le cycle de négociation a débuté en juillet 2013 et ce n’est qu’en janvier 2016 que les parlementaires auront accès à un minimum de transparence, dans des conditions particulièrement scandaleuses.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Actuellement les parlementaires français, par exemple, ne peuvent consulter les documents que dans des chambres fortes sous la surveillance permanente de fonctionnaires. Cela alors qu’ils sont les représentants de la nation qui, seule, peut donner une légitimité à ce type de négociations.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Les parlementaires n’ont pas le droit de diffuser les documents auxquels ils ont accès, ils n’ont pas le droit de les photocopier. Tout cela pose la question du déséquilibre entre parties négociantes. Comment peut-on croire que ce traité entre les États-Unis et l’UE est négocié à armes égales quand les parlementaires européens sont considérés comme des suspects et non comme des représentants de leurs intérêts nationaux légitimes ?       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le TTIP a pour objectif de substituer le marché à l’État dans plusieurs domaines : médical, environnemental, agricole, etc.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Une étude avait été commandée par la Commission européenne sur les éventuels bénéfices de ce traité. Elle indiquait que, au mieux, le TTIP pourrait conduire à une augmentation de 0,48% du PIB européen. On s’engage  à baisser nos tarifs douaniers, nos normes sociales, environnementales ou de droit du travail pour un résultat assez médiocre.       
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">Sur la faible mobilisation contre le TAFTA</span> : Il y a une mobilisation qui se fait, notamment au niveau associatif. Il y a également une position du Ministre (Matthias Fekl) qui s’est sensiblement améliorée  puisqu’il a déclaré qu’il n’était pas prêt  à ratifier un traité aussi déséquilibré. En ce sens, il y a une certaine mobilisation en France.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut bien se rendre compte que ce traité symbolise en réalité nouvelle dans les relations internationales : plus qu’un traité commercial, c’est un mode de gouvernement. Il se dispense de toute légitimité démocratique et substitue, dans tous les domaines de la société, le marché à l’État. Il est un symptôme de déficit démocratique. Les peuples et les parlements sont les grands absents de ces négociations. Les textes sont préparés par des fonctionnaires, négociés par des diplomates avant d’être signés par des ministres de gouvernements nommés et non élus.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Interview de Paul Zurkinden, secrétaire national du MRC chargé de la mondialisation et du TAFTA, par l'agence de presse Sputniknews, mardi 26 janvier 2016.]]></itunes:subtitle>
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 	<itunes:author>Mouvement Républicain et Citoyen</itunes:author>
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   <title>#URMRC 2015 : Table-ronde n°1 "Vers la société du plein emploi"</title>
   <pubDate>Mon, 05 Oct 2015 16:40:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mouvement Républicain et Citoyen</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Table-ronde n°1 de l’Université de rentrée de Clermont, samedi 26 septembre 2015, avec : Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques, André Chassaigne, député PCF, président du groupe GDR à l'Assemblée nationale, Christian Proust, ancien président du Conseil Général de Belfort, et Gabrielle Siry, secrétaire nationale à l'économie du PS. Animation par Thierry Rochefort, secrétaire national au travail.     <div>
      <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/KEqCe0fOWaY" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/URMRC-2015-Table-ronde-n-1-Vers-la-societe-du-plein-emploi_a880.html</link>
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   <title>TAFTA : la destruction de la culture française</title>
   <pubDate>Wed, 02 Sep 2015 11:19:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mouvement Républicain et Citoyen</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Fabrizio Tribuzio-Bugatti, secrétaire national à la culture et à la francophonie, parue sur le site FigaroVox, mardi 1er septembre 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/8212360-12830871.jpg?v=1441185862" alt="TAFTA : la destruction de la culture française" title="TAFTA : la destruction de la culture française" />
     </div>
     <div>
      Parmi les fragments divulgués à propos du très confidentiel traité-transatlantique, l'on sait qu'il s'attaquera en partie à la propriété intellectuelle. Si aucun élément concret n'a en revanche été révélé, plusieurs pistes nous permettent d'appréhender ce que le clair-obscur des négociations nous prépare.       <br />
              <br />
       En effet, en matière de propriété intellectuelle littéraire, le rapport Reda, préparé par l'eurodéputée du même nom du parti pirate allemand, peut facilement être vu comme un brouillon de ce qui nous attend. Validé à une large majorité par la commission des affaires juridiques du Parlement européen, les mesures prévues s'attelleront à concilier l'inconciliable, au mépris des spécificités nationales. En tête «l'harmonisation» des règles entre États tout en voulant «renforcer» les exceptions nationales - ce qui est un contresens -, le mépris de la notion de territorialité, le tout au nom du libre-échangisme dérégulé. C'est vers un copyright à l'anglo-saxonne que nous dirige doucement ce rapport inquiétant, copyright qui n'est autre qu'une dépossession inévitable des droits de l'auteur sur son œuvre au profit des producteurs ou éditeurs. Ceux-là mêmes qui engrangent tout le bénéfice de l'œuvre lors de sa diffusion en pouvant la modifier à loisir, comme cela est souvent le cas à Hollywood où il n'est pas rare de voir des acteurs, scénaristes et réalisateurs boycotter leur propre film après qu'il soit passé entre les mains des producteurs.       <br />
              <br />
       Comment en aurait-il été autrement quand on sait que l'eurodéputée a largement suivi les lobbies des fournisseurs d'accès et des internautes plutôt que les auteurs pour lesquels elle n'a accordé qu'un temps infime? Or, la Culture ne répond pas, et ne saurait répondre, à une logique d'offre et de demande comme n'importe quel bien marchand ; elle n'est pas la production d'une usine, ni ne se consomme comme un soda ; elle imprègne notre façon d'être et nous distingue anthropologiquement des autres nations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Cela ne nuit pas à son potentiel économique, au contraire même. En France, la culture contribue pour 3,2% à la richesse nationale (donc une valeur ajoutée de 57,8 milliards), soit sept fois plus que le secteur automobile! Sans compter les plus de 600 000 emplois que les branches culturelles recouvrent. L'étude faite par l'Inspection Générale des Finances en 2013 démystifie donc largement les préjugés autour d'une politique gaspilleuse. L'exception culturelle rapporte ainsi bien plus qu'elle ne coûte, dans la mesure où l'État n'y investit «que» 13,9 milliards d'euros. Pourtant, il faut savoir que cette exception culturelle ne vaut rien sur le plan juridique international. En effet, si nos gouvernants s'en prévalent pour calmer mollement les cris d'alertes qui s'élèvent, ils ne pourraient strictement rien faire si le traité-transatlantique venait à s'appliquer, et toute politique préférentielle serait prohibée par les stipulations du traité, car jugés «discriminatoires» et faussant donc le jeu de la libre-concurrence.       <br />
              <br />
       De la même manière, l'on peut augurer le même sort pour la propriété industrielle, notamment en matière de brevet. Le brevet unique pour toute l'Union Européenne s'est depuis longtemps révélé comme une vaste usine à gaz ; à savoir que pour être valable, aucune de ses composantes ne doit souffrir d'une déposition similaire dans l'un des pays membres, soit une condition des plus ardues à remplir! Qu'en sera-t-il avec le traité-transatlantique? Les brevets étasuniens prévaudront-ils ou bénéficieront-ils d'une meilleure protection due à l'hégémonie économique des États-Unis? De même, en droit des marques, verra-t-on les futurs tribunaux d'arbitrages trancher les conflits sur tel nom comme cela s'est vu pour l'iPhone brésilien qui a dû changer de nom au profit de la marque à la pomme, bien que plus ancien? Loin d'accomplir le souhait des fédéralistes appelants à une véritable Europe supranationale - donc souveraine -, ceux-ci s'enferment définitivement dans leur contradiction en choisissant la logique de marché et les incertitudes de la mondialisation. Comment ne pourraient-ils se douter que l'hégémonie économique et politique des États-Unis ne jouerait pas en leur faveur en laissant le marché devenir le seul régulateur? Nous ne pouvons attendre de voir l'élite européiste se cacher sous les jupes des traités pour prendre conscience de la gravité des enjeux que recouvrent ces négociations. Le droit n'a pas vocation à être colonisé par la marchandisation, tout comme la Culture. Tous deux obéissent à des principes qui se situent au-delà des contingences économiques et financières, surtout quand elles sont contraires à nos traditions juridiques. Nous ne pouvons maquereauter notre richesse culturelle au nom d'un mondialisme dogmatique, surtout à l'heure où elle n'a jamais autant attiré de visiteurs.       <br />
              <br />
       ---------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/economie/2015/09/01/31007-20150901ARTFIG00264-tafta-la-destruction-de-la-culture-francaise.php">FigaroVox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>L'économie française à la croisée des chemins</title>
   <pubDate>Mon, 29 Sep 2014 15:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Bruno Moschetto, Secrétaire national aux questions économiques, lors de la table-ronde "Europe, mondialisation, libre-échange : lever les tabous" à l'Université de rentrée du MRC, samedi 20 septembre 2014.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/7032149-10760856.jpg?v=1411996726" alt="L'économie française à la croisée des chemins" title="L'économie française à la croisée des chemins" />
     </div>
     <div>
      Un tel constat résulte des réponses appelées par les deux questions suivantes, Où en sommes nous ? Où devons–nous aller  ?       <br />
              <br />
       <b>I – Ou en sommes nous ?</b>       <br />
              <br />
       A la réflexion , nous sommes  entrés dans un cycle du non cycle. Et ce depuis longtemps . En effet celui-ci se divise en deux périodes       <br />
              <br />
       Première période : 1955-1985 Les gouvernants, notamment ceux des pays de la Triade (Etats-Unis, Europe de l’Ouest et Japon) ont volontairement mis un terme aux périodes de dépression qui pouvaient suivre celles de prospérité à l’intérieur d’un cycle court -  où les années de vaches maigres succédaient aux années de vaches grasses -  et ce par la mise en application d’une politique économique nationale à double finalité : d’expansion de l’activité et de stabilisation de l’emploi. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ainsi au cours de cette période trentenaire, la France a connu une  croissance économique  continue concomitante avec un quasi plein emploi - certes  au prix d’une inflation soutenue et favorable aux jeunes générations emprunteuses et pénalisante pour les plus anciennes, prêteuses-       <br />
              <br />
       Deuxième période : 1985 -2015.  A l’intérieur de celle-là, les gouvernants ne mettent pas fin au cycle court puisque l’environnement européen et mondial, les empêche de mettre en application une politique économique autonome .  Résultats : un encéphalogramme plat. Le taux de croissance passe de 6% à 3% puis de 3% à 1%. Le chômage de masse pendant toute cette période connait une croissance continue et malheureusement  non réductible.        <br />
              <br />
       Naturellement au cours de cette deuxième période, le taux d’inflation a été considérablement réduit par la conduite d’une politique dite de désinflation compétitive,  menée pour ce qui concerne la France,  par tous les ministres des finances qui se sont succédés depuis le début de ladite  période. L’inflation n’est plus au rendez-vous La déflation semble vouloir la remplacer en cette fin de période. Cette double période trentenaire se caractérise donc  par la disparition volontaire des cycles dépressifs pendant la première période  et l’apparition d’une économie statique pendant la deuxième période, et ce du fait des  contraintes extérieures -  nous laisse augurer peu d’espoir pour les trente annéeà venir.       <br />
              <br />
       Notre gouvernement envisage de continuer à pratiquer une politique de l’offre laquelle, dans le contexte de la persistance du chômage de masse et de tendances déflationnistes,  apparaît comme un véritable contresens. Il est impossible en économie statique et non cyclique  d’inverser la courbe du chômage puisque dans un espace plat, une courbe n’existe pas.        <br />
              <br />
       Rappelons simplement qu’en 1958, lorsque le général de Gaulle est revenu au pouvoir, la masse des chômeurs – le  stock dans le langage  économique  – s’élevait à 30 000,  c’est-à-dire l’équivalent des  nouveaux chômeurs alimentant -  par un   flux mensuel de 30 000 -   inexorablement le montant angoissant de cette masse montante.       <br />
              <br />
       Si l’on est optimiste on peut espérer que cette crise économique sera résolue à terme -  lorsque la Chine nous aura rattrapés ! C’est-à-dire à l’issue d’ une nouvelle période de trente ans où le  niveau de vie par tête  des Chinois aura émergé au niveau du nôtre et le nôtre aura immergé au niveau du leur.        <br />
              <br />
       Nous ne pouvons pas nous résigner à une telle perspective et devons imaginer qu’il existe sans doute une solution pour sortir de cette triste impasse.       <br />
              <br />
       <b>II – Que devons-nos faire pour en sortir ?</b>       <br />
              <br />
       Recourir  à  une politique économique salutaire de la demande globale. Celle-ci ne peut se concevoir qu’au plan de ses trois composantes à savoir la demande d’exportation, la demande d’investissement et la demande de consommation       <br />
              <br />
       Pour ce qui concerne la demande d’exportation,  cela semble être difficile. En effet, la France,  compte tenu du déficit récurrent de sa balance commerciale et de l’excédent symétrique insolent de celle de l’Allemagne, est dite à la traine de celle-là et ce parce que non compétitive.       <br />
              <br />
       A la réflexion, ainsi que nous le rappelle l’Organisation internationale du travail (OIT), qui se situe dans la mouvance de l’ONU  ceci est totalement faux , selon les conclusions  de son  rapport pour  2011 , reprises par Le Monde du 25 Février 2012,  puisque   l’Allemagne par ses soi-disant performances économiques, tire tous ses partenaires et tout particulièrement le premier d’entre eux,  la France, vers le bas. Et ce,  par le truchement de deux artifices.       <br />
              <br />
       Le premier : l’Allemagne à l’instar de la Chine, atelier du monde, est devenue l’atelier de l’Europe. Comment ?Tout simplement en procédant à des achats destinés à sa chaine de production, dans les pays à bas coûts , ceux de son hinterland, ceux de l’Europe de l’Est,  et en les incorporant dans sa production destinée à des pays à pouvoir d’achat élevé, ceux de l’Europe de l’Ouest et tout particulièrement – la France. Par là, ses performances en matière de compétitivité-prix  résultent de celles des produits made by Germany et non plus in Germany, selon la formule de Jacques Sapir.         <br />
              <br />
       A ce premier avantage comparatif, l’Allemagne en impose un autre. Lequel ? Celui qui résulte de ce que l’on appelle pudiquement de nos jours les dévaluations internes ,  pratique quasi courante depuis près de quinze ans C’est-à-dire au titre desquelles la baisse généralisée des salaires imposée par ses gouvernants   et plus particulièrement dans le secteur tertiaire et  est acceptée par sa population .        <br />
              <br />
       Pour fixer les idées, savez-vous qu’une heure de baby sitting en Allemagne coute 5 euros et une coupe de cheveux pour les hommes  10 euros, contre le double chez nous ?  Mais, me direz-vous,  quel est le lien entre le prix de ces deux services et la compétitivité des prix industriels à l’exportation ?        <br />
              <br />
       Un simple calcul permet de l’identifier.  En effet, dans les pays à structure comparable    telles que  celles de l’Allemagne et de la France, la production du secteur primaire est équivalente à 10%, celle du secteur secondaire à 20% et celle du secteur tertiaire à 70% .Si les  prix de ces derniers sont inférieurs de 30% aux nôtres le tour est joué !        <br />
              <br />
       En effet dans toute chaine de production celle-ci va incorporer des produits relatifs au secteur tertiaire pour un coût moyen pondéré inférieur de 20% (30% x 70%) Autrement dit  - c’est parce-que l’ouvrier de la construction automobile allemand paye sa coupe de cheveux 10 euros, et tous les autres services à l’avenant, que les produits allemands à l’exportation  sont inéluctablement très compétitifs. Donc cette composante de la demande – pour accroitre nos parts de marché -  nous est structurellement fermée.       <br />
              <br />
       Celle de la demande d’investissement n’est pas plus ouverte . En effet , paradoxalement dans le monde post crise financière de 2007, tel que le nôtre, l’investissement ne peut être que destructeur d’emplois. Je m’explique.       <br />
              <br />
       Chacun sait qu’il existe deux facteurs de la production : le facteur capital et le facteur travail. Et que pour mobiliser, c’est-à-dire 	acquérir  l’un et l’autre,  il faut payer un loyer de l’argent pour acheter des machines et payer les salariés  pour louer leurs   services.         <br />
              <br />
       Comment dans ce contexte ne  pas privilégier le recours aux machines alors que le coût  de leur loyer i.e. les taux d’intérêt ont été divisés par deux depuis le déclenchement de la crise financière passant en gros de 7 ½% à 3 ¾%,  alors que celui des salaires est resté à un niveau quasi identique puisque nous n’avons pas procédé à des dévaluations internes.        <br />
              <br />
       Aussi, le chef d’entreprise qui souhaite produire plus -  n’hésitera pas à louer des capitaux à demi coût  plutôt que des salariés à plein coût. Il n’y a rien à espérer du point de vue de la réduction du chômage d’un développement de la demande d’investissement.       <br />
              <br />
       Reste, «  last but not least »  la demande de consommation.Mais ici pour la développer, avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur l’équilibre de nos finances publiques internes et externes, il faut sortir de la triple contrainte que nous impose l’euro -  monnaie unique .        <br />
              <br />
       Par son adoption il y a quinze ans , nous avons perdu et l’autonomie de notre politique monétaire et l’autonomie de notre politique cambiaire et l’autonomie de notre politique budgétaire. Face à ce triple abandon  nos gouvernements quels qu’ils soient,  ne peuvent rien faire.        <br />
              <br />
       Si ce n’est sortir de cette triple aliénation imposée par la monnaie unique,   par la nationalisation de l’euro  telle que nous le prônons depuis tantôt trois ans (Garabiol-Moschetto Le Monde du 30 Septembre 2011) c’est-à-dire de substituer , pour ce qui nous concerne à l’euro-euro, l’euro-franc, qui deviendrait une monnaie commune mais à parités multiples. Ainsi , dans cette hypothèse l’euro monnaie de la France – Article 1 de notre code monétaire et financier – aurait vocation à le demeurer parallèlement à cette réforme monétaire.         <br />
              <br />
       La France pourrait ainsi reprendre en mains la maîtrise de son destin au plan économique et redeviendrait Prince dans sa République , autrement dit Paris primerait  Bruxelles, Francfort, et New York Pour la France une nouvelle politique économique – c’est maintenant ! 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>"Le Parlement français doit contrôler la négociation du traité transatlantique"</title>
   <pubDate>Thu, 22 May 2014 15:46:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Luc Laurent, Député du Val-de-Marne et Président du Mouvement Républicain et Citoyen, à la tribune de l'Assemblée nationale dans le cadre de la discussion de la proposition de résolution déposée par le groupe GDR (Gauche démocrate et républicaine) et portant sur le traité transatlantique, jeudi 22 mai 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <div>
      Madame la présidente, madame la secrétaire d’État, mes chers collègues, pour paraphraser l’un de nos glorieux aïeux, nous sommes ici par la volonté du peuple, mais peut-être aussi par celle de Barack Obama et José Manuel Barroso, et nous n’en sortirons que bien après la fin de leurs mandats respectifs – pour l’un dans quelques semaines, pour l’autre en janvier 2017.       <br />
              <br />
       Le grand marché transatlantique est une vieille idée, pour ne pas dire une vieille lune. Faut-il rappeler le bien nommé NTM – New transatlantic market – agité par la Commission européenne à la fin du siècle dernier ? L’Atlantique, est depuis des siècles, un axe de commerce et, depuis la Seconde guerre mondiale, une aire de prospérité que ne viennent contester ni l’Asie-Pacifique émergée ni les BRICS des différents continents.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La question du commerce transatlantique n’est donc pas une question de principe. Les arguments d’ouverture au monde et de frilosité ne tiennent pas. Il s’agit d’examiner les modalités et l’opportunité, puisque ce serpent de mer est guidé par les principes constants, et parfois léonins, des Américains, ainsi que par l’obsession du libre-échange inscrite dans le programme libéral européen. Ainsi, très tôt, Jean Monnet avait engagé la mise en place d’une sorte de pont au-dessus de l’Atlantique. C’est un fait, mes chers collègues, l’euro-atlantisme n’est vraiment pas une idée neuve en Europe !       <br />
              <br />
       Vaccinés depuis longtemps, les députés MRC sont habitués à ne pas se laisser berner par les annonces mirobolantes, chiffrées en millions d’emplois et en points de croissance. On l’a entendu pour le marché unique et la monnaie unique, on l’entend dans ce débat sur le marché transatlantique. Les promoteurs d’un tel accord doivent avoir en tête que l’Europe est largement excédentaire sur les États-Unis grâce, il faut le dire, à l’Allemagne.       <br />
              <br />
       Si pour les États-Unis, la priorité va à l’Asie et à la Chine avec le partenariat transpacifique, l’oubli de l’Europe n’est pas à l’ordre du jour. Le traité transatlantique qui pourrait être le frère jumeau de la nouvelle OTAN née après la Guerre froide pose des questions géopolitiques. Il interpelle d’abord les parités monétaires entre une Allemagne, dont les firmes plus que les salariés se satisfont d’un euro trop cher, et les États-Unis qui, depuis 1973, pilotent habilement leur dollar sur les ruines du système monétaire international.       <br />
              <br />
       En ces temps de petits espoirs et de grandes promesses européennes, l’euro est sous les feux de la rampe. Mais pour être conséquent, il faut aller au-delà de la question de la seule parité des monnaies et sortir de notre indifférence au désordre monétaire international post Bretton Woods. Pour le dollar et l’euro, monnaie unique ou plutôt, comme je le souhaite avec les députés du groupe MRC, monnaie commune, mais aussi pour un yuan de plus en plus internationalisé et les monnaies des pays émergents, nous avons besoin d’un ordre monétaire international. C’est une grande tâche à laquelle les États-Unis et l’Union européenne devraient s’atteler avant même d’avancer dans la discussion des barrières tarifaires et non-tarifaires.       <br />
              <br />
       Je le dis tout net, je suis souverainiste et je crois à la définition souveraine et démocratique de nos préférences collectives économiques, sociales ou environnementales. Le juridisme du libre-échange doit s’incliner devant cette souveraineté. Tout comme les prétentions des investisseurs doivent passer derrière l’intérêt général et ne pas avoir le droit de poursuivre les États devant un tribunal arbitral illégitime.       <br />
       La discussion politique ne peut être une négociation de marchands de tapis et les gouvernements, mais aussi les parlements, et à travers eux le peuple, doivent avoir leur mot à dire.       <br />
              <br />
       La politique de redressement productif, le renouveau d’une base industrielle française qui doit s’inspirer autant du modèle allemand que des initiatives américaines, ne doit pas faire les frais de cette négociation. Ce qui est vrai pour notre industrie l’est aussi pour l’agriculture française. C’est pourquoi le Parlement, le Parlement français – je n’en connais pas d’autres – doit contrôler étroitement la négociation. C’était le sens de la résolution adoptée à l’initiative de notre collègue Seybah Dagoma, c’est le sens de la résolution proposée par les députés du groupe GDR. Je les en remercie et m’en fécilite. Le MRC votera la résolution qui sera proposée en espérant que certains amendements en débat soient retenus.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>"Les élites n’aiment pas la nation"</title>
   <pubDate>Tue, 14 Jan 2014 14:48:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du Mouvement Républicain et Citoyen, à l'hebdomadaire Marianne (numéro du 11 au 17 janvier 2014).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/6230412-9308769.jpg?v=1389708547" alt=""Les élites n’aiment pas la nation"" title=""Les élites n’aiment pas la nation"" />
     </div>
     <div>
      <b>Marianne : Madame, vous venez d’affirmer dans un entretien publié dans l’Expansion que « la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation ». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?</b>       <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel </b>: C’est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l'avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans Le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j’étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd’hui, pour moi, c’est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n’empêche qu’elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l’exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de « vraie patrie des hommes d’affaires », et ce, juste avant de s’y installer. Ici le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n’en pensent pas moins.        <br />
              <br />
       <b>Ca ne fait qu’un exemple.</b>       <br />
       Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l’étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques... Total ne paie quasiment pas d’impôts en France. Bien sûr, à l'étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d'eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c’est le déni de la nation qui nous entraine aujourd’hui dans une Europe qui ne cesse pas de faire monter l’extrême droite. Autre exemple qui m’a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d'arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999 en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d’abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C'est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d’être fier de son pays, qu’à longueur d’émissions de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front National.       <br />
              <br />
       Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation s’est développé chez nos élites. Je pense qu'une  réponse se trouve dans les écrits de Jean Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans La République contre les biens pensants, dans les années 90, il l'a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l’immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu'elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu’elles portent sur leur dos la défaite de 1939, « l’étrange défaite ». C’est à ce moment-là que tout se joue. J'ai recueilli à travers des entretiens qui vont d'ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l’état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n’ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d'une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l’envoyé du PC. L’entrée en matière est violente. Le premier envoie à l’autre les accords Molotov-Ribbentrop, l’alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s’offusque et lui répond : « Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ? ». Tout le monde s’était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s'assurer du soutien des partis et des syndicats. C’est Washington qui les a réellement remis en selle.       <br />
       Après la guerre, la droite a eu une chance c’est ce même de Gaulle. De Gaulle a racheté la droite. C’est pour cela que toute la droite s’est retrouvée gaulliste pendant de longues années. Mais cela n'a pas duré...       <br />
               <br />
       <b>Si de Gaulle a racheté la droite, qui pourrait racheter la gauche ?</b>       <br />
       C’est une bonne question, celle de savoir si la gauche est rachetable. Je ne vois qu’une seule personne pour la racheter, c’est Jean Pierre Chevènement. Pierre Mendes France y a participé à sa manière et je ne pense pas que François Mitterrand mérite tout le mal que de nombreuses personnes disent de lui. Mais je ne dirais pas qu’il ait racheté la gauche parce qu’il a fait l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui.       <br />
               <br />
       <b>Aucune de nos élites ne trouve grâce à vos yeux ?</b>       <br />
       Je n’ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu'il y a des exceptions. Ainsi par exemple Jean Louis Beffa, l’ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n'est pas côté des banques qu'il faut chercher. L’épargne française est énorme, 17 % du revenu… Qu’en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d'utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d'un double syndrome : d'une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle « le bonisme », c'est-à-dire la bien-pensance vertueuse. D’autre part, elles sont obsédées par l'idée que la gauche manque de légitimité. Celle-ci doit donc être convenable et le montrer. A chaque fois que des ministres se font agresser par la droite, ils se défendent en disant qu’ils respectent les codes du monde libéral. Aujourd’hui, je ne vois guère qu’Arnaud Montebourg qui sorte du lot, même s'il y a quand même des ministres qui travaillent utilement, Michel Sapin par exemple.       <br />
              <br />
       Dans les médias aussi c’est un peu la Bérézina. Le mot « nation » hérisse. Libération reste le journal du courant « libéral-libertaire », même si on y trouve encore quelques pépites ici et là. Le Monde ne cesse de me décevoir, cela remonte déjà à assez loin et c'est encore plus vrai ces derniers temps, il ne reste plus grand chose de ce grand journal. Le Figaro ? Il est devenu l'organe officiel de la mise en accusation de la gauche au pouvoir et à peu près rien de plus.       <br />
               <br />
       <b>Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu’ancienne directrice de l’ENA et en tant que conseiller d’Etat, vous en avez beaucoup côtoyé...</b>       <br />
       Généralement, ils partagent l‘idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que « l’Europe est notre avenir ». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une case dépassée.       <br />
              <br />
       Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d’abord et surtout Bercy. Le gros morceau c’est le couple Trésor/Budget. C’est là où tout se joue, tout se décide. C’est impressionnant, le pouvoir qu’ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c’est une grave erreur. D’abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. J’ai été membre de la mission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, eh bien nous n’avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C’était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l’avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l'argent public. Ils pensent anglais. Au bout d’un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c’est juste leur employeur. L’autre administration de Bercy qui compte c’est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrénée par l’idéologie allemande, si j'ose dire. Elle est devenue obsédée par l’équilibre budgétaire.       <br />
              <br />
       En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d’abord à mon corps d’origine, le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes. Même si c'est fini aujourd'hui, et je le déplore, elle reste une instance irremplaçable de conseil. Je pense ensuite à la préfectorale. Le corps des préfets me semble être une institution qui résiste. Elle le fait d’abord parce qu’elle est un corps qui représente l’Etat et non les féodalités régionales. Ces hauts fonctionnaires sont en contact avec la diversité des problèmes, ils vivent en province, rencontrent quotidiennement les Français. Il y a aussi l’armée. Lorsque j'étais directrice de l'ENA, j’ai rencontré régulièrement les dirigeants de Polytechnique ou de Saint-Cyr. L’armée a fait un très gros effort pour s’ouvrir à la nation, après la malheureuse suspension du service national par Jacques Chirac.       <br />
               <br />
       <b>Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque que vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l’ENA.</b>       <br />
       Il y a deux choses que je dois d’abord préciser. En tant que directeur de l’ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l’Ecole. En revanche, c’est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j’avais d'ailleurs à l’époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c’est que l’ENA fonctionne comme une école d’application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c’est Sciences-Po, la grande école. C’est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue « l’école du marché » selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n’avait d'ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu’il y a de plus en plus d'élèves d’écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l’ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l’Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m'ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c’était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose sur des gens aussi – comment dire ? – fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.       <br />
               <br />
       <b>D’où peut venir l’espoir ?</b>       <br />
       Je suis d’un tempérament optimiste. Regardez les Allemands. Il y a un renouveau de la langue et, au-delà, de la fierté allemande. Il y a dix ans, douze ans, j’avais été invitée à un colloque sur un thème tout particulièrement intéressant aujourd'hui : l’Allemagne a-t-elle le droit d’avoir sa propre élite ? L’Allemagne était à ce moment-là dans un trou, elle n’allait pas très bien. Il y avait là un conseiller de Gerhard Schröder qui était un peu sa tête pensante, un homme très connu à l’époque, je lui ai fait remarquer ma surprise de voir des Allemands qui parlaient en anglais de l’avenir des élites allemandes. Cela me paraissait très paradoxal. Eh bien, ce jour-là, nos hôtes me faisaient part de leur envie : « Vous vous rendez compte, dès que vous avez une réunion publique, politique, vous avez la Révolution française derrière vous, cela vous porte, et nous n’avons pas d'équivalent. Pis, se référer au passé est difficile ».       <br />
              <br />
       Je pense aussi que nous avons des bases solides. Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice malgré notre déficit commercial. Je pense que tout cela est très mal enseigné. On devrait apprendre à nos élites le respect de cette histoire, de cette nation et on leur apprend l’arrogance et la morgue.       <br />
              <br />
       Et le troisième élément, et non des moindres : je ne sais pas si c’est la nation ou l’Etat qui résiste mais quelque chose en nous résiste. Nos bases, jusqu'à un certain point, restent solides.       <br />
               <br />
       <b>Pour conclure, avec de tels propos, ne craignez-vous pas de rejoindre les intellectuels et politiques qui ont été qualifiés de « neocons » par l’hebdomadaire Le Point ? Méfiez-vous, vous vous retrouvez en compagnie de Marine Le Pen…</b>       <br />
        Oublions le ridicule inventaire du Point. Je pense que si l'on avait davantage écouté Jean-Pierre Chevènement, mieux, si on l'avait élu en 2002, on verrait aujourd'hui ce qu'est la différence entre une conception ouverte, généreuse et patriotique de la Nation et le repli frileux, pour ne pas dire infantile, sur des valeurs régressives. Le problème aujourd'hui est de faire comprendre aux Français que la nation bien comprise est source de modernité, non de repliement : mais comment le leur faire comprendre alors que, à gauche comme à droite, l'Europe telle qu'elle dérive est devenue « la grande illusion » ?        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Bertrand Rothé</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Les élites ont-elles trahi le peuple ?</title>
   <pubDate>Thu, 12 Dec 2013 15:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Débat entre Marie-Françoise Bechtel, Vice-présidente du MRC et députée de l'Aisne, et l'essayiste Nicolas Baverez, paru dans l'Expansion (numéro de décembre 2013 - janvier 2014).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/6132611-9158586.jpg?v=1386857715" alt="Les élites ont-elles trahi le peuple ?" title="Les élites ont-elles trahi le peuple ?" />
     </div>
     <div>
      <b>L’Expansion : Selon vous, toutes les élites se ressemblent-elles, forment-elles un tout uniforme, monolithique? </b>       <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel</b>. Certes, les élites comprennent plusieurs cercles : les politiques, les intellectuels, les dirigeants économiques. Mais tout ce petit monde converge vers une idée qui peut s’énoncer ainsi : il n’y a de moderne que la fuite en avant libérale et promondialisation. « La révolution conservatrice », selon l’expression de Pierre Bourdieu, a gagné tous les esprits. Cette convergence est d’autant plus forte que l’élite actuelle n’hérite pas, comme sous l’Ancien Régime, d’un privilège de naissance, ni même d’un rang social, mais d’un modèle culturel unique, qui forme un monolithe idéologique très puissant.       <br />
              <br />
       <b>Nicolas Baverez. </b>Toutes les démocraties sont aussi des oligarchies ; elles ne peuvent fonctionner qu’avec des élites, mais celles-ci doivent être plurielles, ouvertes, contestées. Or la France fait exception. La création de la Ve République a entraîné la disparition des notables et fait émerger une nouvelle élite de technocrates, qui a fusionné avec la classe politique et avec le monde de l’entreprise. Cette noblesse d’Etat a été efficace durant les Trente Glorieuses. Elle s’est révélée incapable de moderniser le pays dans l’après-guerre froide et la mondialisation. Elle est responsable de l’extinction de la croissance, du chômage de masse, de l’explosion de la dépense et de la dette publiques. Plus elle bloque l’économie et la société, plus elle revendique le monopole de la direction du pays. Les autres démocraties connaissent aussi une crise de leadership politique. Mais les élites sont diverses et soumises à la concurrence. La mondialisation ne produit donc pas de convergence des élites.       <br />
              <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel. </b>La spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation. C’est un trait fédérateur très troublant alors que, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la crème du pays a le patriotisme chevillé au corps. Il faut se rappeler la tirade de Jean-Marie Messier, au début des années 2000, quand il qualifie les Etats-Unis de « vraie patrie des hommes d’affaires » avant de s’y installer. Il reconnaissait une autre nation que la sienne pour en faire un modèle universel. Toutes les élites ne l’expriment pas ainsi, mais beaucoup n’en pensent pas moins. Dans les années 90, elles se sont coulées dans le modèle anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. Des politiques comme Jean-Pierre Chevènement ou Arnaud Montebourg s’emploient à leur montrer le chemin inverse, mais c’est très difficile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Vous ne parlez pas de la formation des élites qui, en France plus qu’ailleurs, constitue un moule dans lequel les bons élèves se glissent et répètent les leçons de leur maître…</b>       <br />
       <b>M.-F.B.</b> En tant qu’ancienne directrice de l’ENA, je dois dire que la doxa s’intègre, s’ingurgite en amont, c’est-à-dire à Sciences Po-Paris et dans les écoles de commerce. L’ENA n’est qu’une école d’application. Le modèle Sciences Po est extrêmement formaté et Richard Descoings, l’ancien directeur, a amplifié ce travers. Il a voulu faire de Sciences Po « l’école du marché », avec un projet d’endoctrinement.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> Le problème dépasse l’ENA ou les grandes écoles. Il est double. D’un côté, l’élite politico-administrative vit dans la nostalgie de l’économie administrée et de la société fermée; elle ne comprend ni l’économie ni le monde modernes. De l’autre, une nouvelle élite pointe, mais n’a pas accès au pouvoir, et fait le choix de l’exil. Quatre cinquièmes des diplômés des grandes écoles souhaitent construire leur carrière et leur vie à l’étranger. Ils estiment, à juste titre, que la France est en déclin et qu’elle est hostile à la jeunesse et aux talents. Ils ne trahissent pas la nation, c’est plutôt la nation qui les trahit. Le problème n’est pas que les élites manquent de patriotisme, mais plutôt que la France décroche et que les élites étatiques sont enfermées dans le déni.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B. </b>Je ne confonds pas l’élite avec les étudiants qui vont étudier ou travailler à l’étranger : c’est bien naturel, et cela s’est toujours fait. Ce que je dis, c’est que les politiques et la haute fonction publique passent leur temps à vouloir s’adapter à la mondialisation avec, en guise d’étendard, le marché ou l’Europe – qui d’ailleurs se confondent.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> La France n’est certainement pas le chantre de la mondialisation libérale. C’est le pays le plus étatisé, avec des recettes et des dépenses publiques qui atteignent 53 et 57 % du PIB. Plus du quart de la population active travaille dans le secteur public. La France souffre plutôt de son « illibéralisme ». Du détournement de la devise de la République qui, de « Liberté, égalité fraternité », a été transformée en « Etatisme, égalitarisme, communautarisme ».       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B</b>. Encore ce dénigrement de la France ! Nos élites jouent à se faire peur. Citigroup vient de classer la France parmi les pays à plus fort potentiel de croissance alors que toute l’Europe souffre de la récession…       <br />
              <br />
       <b>Les élites abusent-elles de cette accusation de « populisme » à l’égard de ceux qui les dénoncent?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> La critique des élites ne doit pas être confondue avec le populisme. Dans une démocratie, il est légitime de contester les élites et les dirigeants. Et, à l’inverse, il est malsain d’ériger en tabous des questions clés pour la vie des citoyens, qu’il s’agisse d’immigration ou de l’hypothèse d’une sortie de l’euro. Le populisme ne se réduit pas à l’appel au peuple contre les élites, il comporte aussi le culte du leader, la critique radicale de la démocratie représentative, le nationalisme et la xénophobie, l’anticapitalisme, la fascination pour la violence. La configuration historique est très favorable au populisme, avec la perte du contrôle du monde par l’Occident, une crise du capitalisme, un choc déflationniste qui déstabilise les classes moyennes. Du coup, la révolution bascule à droite. C’était déjà la situation des années 30.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B</b>. L’opposition du populisme et de l’élitisme tient plutôt du langage codé. En France, on utilise surtout le mot « populisme » pour parler de l’extrême droite. Mais il y a des contestations populistes assez saines, comme celles qui ont fait élire une série de dirigeants en Amérique du Sud. En Europe, le populisme verse à la droite extrême. Pourquoi? Les peuples ont le sentiment d’avoir été dépossédés de leur souveraineté avec la complicité des élites, qui leur ont vendu Bruxelles comme une garantie de prospérité. Cette promesse non tenue se voit et crie sa vérité. Déjà, en 2005, les Pays-Bas et la France ont lancé un avertissement par voie référendaire en rejetant le projet constitutionnel européen, sans être entendus. Pour faire reculer l’extrême droite, et donc le populisme, les électeurs doivent se sentir maîtres de leur destin. Et, de ce point de vue, l’Europe a échoué, tout occupée qu’elle est à dépasser l’Etat nation.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> L’Europe est un bouc émissaire idéal pour fédérer les populistes. Aux prochaines européennes, ils pourraient compter 40 % des députés. La faiblesse de l’Union européenne et la crise de l’euro y contribuent naturellement. Là encore, il faut critiquer l’Europe pour ces erreurs. Mais il faut aussi tracer des lignes de sortie de crise, montrer son utilité, donner de l’espoir. L’Europe sert trop souvent d’excuse à la médiocrité et à l’impopularité des dirigeants nationaux.        <br />
              <br />
       <b>Si le populisme a en Europe basculé à droite, est-ce que l’élitisme n’a pas basculé à gauche?</b>       <br />
       <b>M.-F.B</b>. Bien sûr, la gauche au pouvoir a basculé dans le libéralisme par le truchement de l’idée européenne. Une partie de l’élite, celle des lobbys, a fait l’Europe dans le silence. Et là, il faut adresser une mention spéciale aux financiers qui ont fait plier le pouvoir socialiste sur la loi de séparation bancaire. Une autre partie de l’élite – plutôt à gauche – a fait l’Europe dans le bruit des promesses de prospérité et de paix entre les peuples. Or, aujourd’hui, la concurrence fiscale et salariale en Europe apporte tout le contraire : la rivalité entre salariés et l’austérité budgétaire. Sans parler de la destruction de l’appareil productif. Ce sont les élites libérales du côté droit et « internationalistes » du côté gauche qui, aveuglées par les mirages de la mondialisation, découpaient, à la fin des années 90, le monde en deux : les industries dans les pays émergents et la production à haute valeur ajoutée au nord. Ce Yalta n’a pas fonctionné. Elles ont égaré le pays. Et les peuples ne le leur pardonnent pas. Ils disent leur rancoeur avec leur fond culturel propre. Les Français, plutôt cartésiens, appellent un chat un chat.        <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> La question n’est pas de savoir si l’élitisme est de droite ou de gauche. Nous sommes confrontés à une grande transformation historique, qui nous impose de réinventer le modèle français et la construction européenne. Le problème n’est pas le parti, mais plutôt l’Etat, qui était le vecteur de la modernisation et qui en est devenu le principal obstacle.       <br />
              <br />
       <b>C’est la « trahison des clercs » décrite par Julien Benda au seuil des années 30. Le discrédit des élites d’aujourd’hui ressemble-t-il à celui de l’époque?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> Attention aux anachronismes ! Contrairement aux années 30, les Etats, en 2008, ont enrayé la spirale de la déflation en sauvant les banques, en soutenant la demande, en évitant l’explosion du protectionnisme. La France n’a pas ajouté la déflation à la déflation, comme lors de la calamiteuse expérience du bloc-or. Elle n’est pas en situation de quasi-guerre civile. Elle n’est pas sous la menace de régimes totalitaires. La France est en proie à une profonde dépression et bascule dans la jacquerie, mais le degré de violence n’a heureusement rien à voir. Trois traits communs existent cependant avec les années 30: le blocage de la croissance et le malthusianisme ; le chômage et la paupérisation ; la peur du déclassement – des individus ou de la nation. S’il existe une « trahison des clercs », elle réside dans le déni de la gravité de la situation et dans le refus des réformes.       <br />
       <b>       <br />
       M.-F.B. </b>Les formes de contestation sont différentes. L’antiélitisme des années 30 s’alimentait pour partie dans l’antisémitisme. Aujourd’hui, Marine Le Pen s’emploie à rester dans le convenable, dans le conceptuel, mais de façon trop fruste pour attirer des membres de l’élite. Dans les années 30, l’extrême droite exerçait une attraction sur certains intellectuels. Mais la grande différence, c’est la perte de souveraineté du peuple. Le politique tenait alors les manettes du pouvoir, sans doute mal, mais elles répondaient à ses instructions. Plus aujourd’hui.        <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> Sous les IIIe et Ive Républiques, le dysfonctionnement chronique du régime d’assemblée minait la souveraineté nationale. Le général de Gaulle, en 1958, y mit fin en restaurant la souveraineté de la nation par des réformes institutionnelles et économiques. « Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent », rappelait à raison Pierre Mendès France. De Gaulle a remboursé en quatre ans la dette extérieure grâce à une politique de rigueur budgétaire. Et il a donné la priorité à l’investissement et aux exportations dans le cadre du Marché commun.        <br />
              <br />
       <b>M.-F.B.</b> Aujourd’hui, cet impératif de désendettement est imposé à marche forcée par la Commission européenne, et non par un choix politique souverain. Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) renforce la police budgétaire européenne sur les Etats. Il faut comprendre que c’est une chose insupportable pour un peuple qui a fait une révolution afin de décider de son impôt, et, plus généralement, de son sort par la voie de ses représentants. Il est fondé à accuser l’élite de cette entorse aux règles démocratiques.        <br />
       <b>       <br />
       Est-il encore possible de réconcilier le peuple et les élites?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> L’Europe a bon dos. Elle sert de bouc émissaire aux renoncements français. La France est en train de basculer du déclin relatif – par rapport aux autres nations – au déclin absolu –, avec l’enfermement dans la croissance zéro. De Gaulle disait que « la France ne fait des réformes qu’à l’occasion des révolutions ». Les élites issues de l’Etat, par leur incapacité à réformer, poussent la France vers la révolution. Qui ne sera pas guidée par les valeurs de la République.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B.</b> Pour les réconcilier, il faut que les deux parties – élite et peuple – reprennent confiance en la France. Facile à dire, pas facile à faire. Il y a des pistes – par exemple, une réorientation de l’épargne des ménages au bénéfice du redressement productif du pays. La France se relève toujours lorsque ses élites – de tout bord – s’unissent, tendues vers l’intérêt national. Exactement comme lors du Conseil national de la Résistance (CNR), en 1945, où droite et gauche se sont entendues au nom de la République.       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       Propos recueillis par Franck Dedieu.</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Protections commerciales: ce que la France pourrait faire</title>
   <pubDate>Fri, 23 Aug 2013 20:18:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Julien Landfried, Secrétaire national du MRC à l'Université d'été du Parti socialiste lors de l’atelier « La gauche et le protectionnisme : comment, jusqu'où ? », vendredi 23 août 2013.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5784196-8622685.jpg?v=1377439305" alt="Protections commerciales: ce que la France pourrait faire" title="Protections commerciales: ce que la France pourrait faire" />
     </div>
     <div>
      Chers amis, chers camarades, permettez moi tout d’abord de vous remercier pour votre invitation à intervenir lors de votre université d’été. Le Mouvement Républicain et Citoyen, dont je suis secrétaire national, organise de son côté sa propre université d’été les samedi 14 et dimanche 15 septembre prochains à Coudekerque-Branche, à côté de Dunkerque, sur les terres électorales de l’un des trois députés du MRC, Christian Hutin. Nous invitons chaleureusement les militants du Parti socialiste à assister à nos débats qui porteront sur le thème « Redresser la France en réorientant la construction européenne », et où interviendront en particulier le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, et les députés Jérôme Guedj, Christian Bataille et Jean Grellier. Vous pouvez consulter <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/tags/universit%C3%A9+d%27%C3%A9t%C3%A9+2013/">le programme de notre université d’été</a> ainsi que cette intervention sur <a class="link" href="http://www.mrc-france.org">le site Internet du MRC</a>. Avant de démarrer mon propos, je remercie enfin à nouveau les militants socialistes de la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine, du 92, mais aussi de l’Ile-de-France qui ont participé à mes deux campagnes législatives en juin et décembre 2012 face à Patrick Devedjian. Je n’oublie pas votre aide dans ce combat !       <br />
              <br />
       Un constat pour démarrer ce débat : si nous nous interrogeons aujourd’hui, selon les termes mêmes de la présentation de cet atelier sur le site du Parti socialiste quant à l’opportunité <span style="font-style:italic">« de lutter à armes égales »</span> et de <span style="font-style:italic">« demander une réciprocité dans les échanges commerciaux »</span>, c’est que la prise de conscience du niveau de désindustrialisation de l’économie française, et plus généralement de l’économie de la zone euro (pour simplifier, à l’exception de l’Allemagne) a largement progressé dans les esprits. Le temps où un grand patron français prétendait faire de son groupe une <span style="font-style:italic">« entreprise sans usines »</span> n’est pourtant pas si loin : c’était en 2001. L’industrie ne représente plus aujoud'hui que 11% du PIB en France, soit un niveau équivalent au Royaume-Uni, qui était décrit en 2009 par l’ancien président Nicolas Sarkozy comme un pays <span style="font-style:italic">« qui n’a plus d’industrie »</span>. Une exception en Europe : l’Allemagne (27% du PIB) sur laquelle nous reviendrons.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La <span style="font-style:italic">« mondialisation heureuse »</span> chère à Alain Minc s’est révélée une vue de l’esprit. La mondialisation des échanges commerciaux a en effet profondément bouleversé les économies développées, entraînant le plus souvent désindustrialisation massive, augmentation du niveau des inégalités et phénomène de déclassement par rapport aux pays émergents. Le déficit commercial de l’économie française a ainsi atteint 74 milliards d’euros en 2011, puis s’est légèrement réduit à 67 milliards d’euros en 2012, en grande partie du fait de l’atonie de la croissance. Nous ne couvrons plus que 87% de nos importations, ce qui est très inquiétant. Pour le dire autrement, l’économie française souffre d’un problème massif de compétitivité dans la compétition européenne et mondiale. Ce constat a été remarquablement fait par Louis Gallois dans le rapport qu’il a remis au Premier ministre en novembre 2012.       <br />
              <br />
       <b>Trois faits majeurs n’ont pas été correctement anticipés dans la décennie 2000.</b>       <br />
       D’abord l’impact de l’entrée de la Chine dans l’OMC en 2001 : celle-ci, réalisée sans contrepartie, a permis à la Chine d’inonder les marchés des pays occidentaux de ses produits bon marché, tout en protégeant son marché intérieur, par ailleurs modeste (extraversion agressive de l’économie, disproportionnellement tournée vers l’exportation). Bien peu imaginaient que la Chine nous concurrencerait – ou nous devancerait- sur la plus grande partie des secteurs industriels une décennie plus tard. Une certaine condescendance occidentale a trouvé ici un puissant allié avec les multinationales qui cherchaient à augmenter leurs profits à la faveur de la faiblesse des salaires chinois. Le déficit commercial français avec la Chine a atteint 26 milliards d’euros en 2012, soit près de 40% de notre déficit commercial total.       <br />
              <br />
       Ensuite, les conséquences de l'élargissement de l’Union européenne à l’Est n’ont pas non plus été bien intégrées. Qui aurait pensé il y a dix ans qu’une part importante de la production automobile des voitures françaises serait produite en Roumanie ou en Slovaquie pour y bénéficier du coût du travail plus faible (cf. l’exemple emblématique de Renault) ? Si l’Allemagne a profité de l’élargissement à l’Est pour réorganiser sa sous-traitance industrielle et reconstituer son <span style="font-style:italic">Hinterland</span>, cela s’est fait pour une large part au détriment de la France, qui avait longtemps été un sous-traitant bon marché pour les Allemands (cf. <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Le-modele-allemand-au-dela-des-mythes_a729.html">Made in Germany – Le modèle allemand au-delà des mythes</a>, de Guillaume Duval, Seuil, janvier 2013).       <br />
              <br />
       Enfin, les convergences attendues par la monnaie unique n’ont pas été au rendez-vous. La monnaie unique a fonctionné (et fonctionne toujours) au bénéfice des plus forts (Allemagne, Autriche, Italie du Nord) et au détriment des plus faibles (Europe du Sud, et France, par la force des choses). Insistons sur un point capital : la concentration de l’industrie dans le centre industriel autour de l’Allemagne est un phénomène logique dans le cadre d’une union monétaire (et ce, même si des transferts budgétaires massifs existaient, ce qui n’est pas le cas). La surévaluation structurelle de l’euro par rapport au dollar (et donc au Yuan qui lui est lié) pour les pays d’Europe du Sud et la France aggrave bien entendu cette dynamique, mais elle n’en est pas à l’origine. C’est la raison pour laquelle l’Allemagne accumule de gigantesques excédents commerciaux (188 milliards d’euros en 2012) alors que ses voisins enregistrent eux des déficits commerciaux (la France a ainsi enregistré un déficit commercial de 18 milliards d’euros en 2012 avec l’Allemagne, soit près de 27% de notre déficit commercial total).       <br />
              <br />
       Est-il besoin de préciser que la désindustrialisation qui accompagne cette sous-compétitivité de l’économie française casse les ressorts du financement de l’Etat social ? Car sans une industrie solide, capable de distribuer de bons salaires (qui sont en moyenne supérieurs à ceux des services) et de payer des impôts importants, c’est tout l’édifice fiscal et social qui vacille.       <br />
              <br />
       <b>Une protection européenne ou nationale ?</b>       <br />
       La politique commerciale européenne pourrait-elle introduire des mécanismes de correction sachant qu’à la concurrence déloyale des pays émergents (dont les marchés sont, eux, protégés) s’ajoute la concurrence intra-européenne, non seulement avec les pays d’Europe de l’Est qui ne peuvent pas mettre en place les standards salariaux et sociaux de l’Europe de l’Ouest voire du Sud, mais aussi celle de la puissance industrielle allemande qui bénéficie d’un avantage de change de fait avec l’euro ? Poser la question, c’est y répondre, et la réaction du président de la Commission européenne José Manuel Barroso est édifiante, qualifiant de « réactionnaire » la volonté du gouvernement français de défendre l’exception culturelle française, en excluant le secteur audiovisuel du mandat de négociations commerciales avec les Etats-Unis dans le cadre de l’accorc commercial transatlantique de libre-échange (TTIP). A ce titre, le MRC émet les plus vives réserves sur l’opportunité de réduire encore les quelques barrières commerciales qui subsistent avec les Etats-Unis, essentiellement des normes non tarifaires.       <br />
              <br />
       Les intérêts commerciaux au sein l’Union européenne ne sont pas les mêmes. Sans revenir sur les intérêts de l’Allemagne, le Royaume-Uni est lui aussi très libre-échangiste. Un exemple édifiant : l’accord intervenu, suite à la forte mobilisation des milieux patronaux allemands, entre l’Union et la Chine au sujet des panneaux solaires chinois qui ne permettra ainsi sans doute pas à la fragile industrie de l’énergie solaire européenne de résister au dumping chinois…       <br />
              <br />
       Bien entendu, il est absolument nécessaire que le gouvernement français pousse l’UE à rechercher des accords commerciaux équilibrés, ce qu’on appelle la « réciprocité ». De même, un euro moins cher soulagerait de nombreuses entreprises, à commencer par les ETI (Etablissements de taille indermédiaire) dont chacun est convaincu de l’importance.        <br />
              <br />
       Mais est-il possible d’aller plus loin, et d’imaginer un « protectionnisme européen » ? C’était ce que mes amis Emmanuel Todd et Hakim el Karoui défendaient il y 6 ou 7 ans. L’Allemagne n’en veut pas, car fondamentalement, elle n’en a pas encore besoin. Son positionnement dans le commerce international en fait la « petite Chine » de l’Europe, ce qui lui convient très bien : sa spécialisation industrielle la protège <span style="font-style:italic">de facto</span>. Le Royaume-Uni non plus, bien entendu, car il souhaite avant tout exporter ses services financiers. Cette double opposition réduit à néant à moyen terme l’idée d’ériger à nouveau des protections commerciales de l’Union vis-à-vis des pays tiers, y compris au niveau de l’ancien tarif extérieur commun (TEC) presqu’entièrement démantelé aujourd’hui, depuis le milieu des années 1990.       <br />
              <br />
       Que reste-t-il donc ? On peut imaginer des formes de protectionnismes national par les normes, qui sont pratiquées massivement par nos concurrents asiatiques (Japon, Chine, Corée du Sud) et qui leur ont permis de développer des filières industrielles à l’abri de la concurrence internationale. La taxe carbone pourrait également être une forme efficace de protectionnisme environnemental en taxant davantage les produits réalisés dans des conditions écologiques dégradées. Ce serait également un facteur incitant à la relocalisation de la production près de la consommation. Enfin, les protections douanières sont pratiquées par la plupart des économies développées dans le monde, et bien entendu par les pays émergents. La France pourrait, si elle le souhaitait, rétablir certains tarifs douaniers sur tel ou tel secteur.       <br />
              <br />
       <b>La souplesse de la protection monétaire</b>       <br />
       Mais ce qui nous semble être la forme la plus maniable et la plus souple de protectionnisme est le protectionnisme monétaire. A l’extrême minimum, il faut d’abord que le cours de l’euro baisse par rapport au dollar et au yuan. La puissance de l’économie allemande empêchera cependant ce mouvement de dépréciation d’atteindre le niveau nécessaire au retour de la compétitivité externe des pays d’Europe du Sud et de la France. Il faut donc imaginer la transformation de l’euro monnaie unique en euro monnaie commune réservée aux transactions extérieures, qui permettrait à chacun des pays de la zone euro de retrouver une flexibilité monétaire par rapport à ses voisins de la zone. La parité des euros nationaux entre eux serait établie de manière concertée, afin de prendre en compte les différentiels de compétitivité creusés au cours des treize dernières années. Une coordination monétaire serait nécessaire pour éviter le chacun pour soi et pour contenir autant que possible les antagonismes existants. Pour la France, c’est une dévaluation de près de 30% par rapport au dollar (et donc au Yuan) et une dévaluation significative par rapport au Mark qui seraient nécessaires.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Protections-commerciales-ce-que-la-France-pourrait-faire_a500.html</link>
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   <title>Exception culturelle française: quel sens lui donner à l'heure de la mondialisation et de l’Union européenne ?</title>
   <pubDate>Mon, 13 May 2013 09:50:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Olivier Amiel, secrétaire national à la culture du Mouvement Républicain et Citoyen, participait à un entretien croisé d'Atlantico sur le thème de l'exception culturelle française, publié le 13 mai 2013. Était également interrogé Jean-Michel Tobelem, directeur de l’Institut d’étude et de recherche Option Culture.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5505158-8212188.jpg?v=1368431837" alt="Exception culturelle française: quel sens lui donner à l'heure de la mondialisation et de l’Union européenne ?" title="Exception culturelle française: quel sens lui donner à l'heure de la mondialisation et de l’Union européenne ?" />
     </div>
     <div>
      <b>Atlantico : Pierre Lescure rend ce lundi à Aurélie Filippetti son rapport sur l'exception culturelle française. N'y a-t-il pas un paradoxe entre notre vision économique de coopération (notamment européenne) et notre volonté de protéger notre culture ?</b>       <br />
       <b>Olivier Amiel :</b> Non, car dans de nombreux secteurs culturels (notamment audiovisuel et cinématographique), le financement public européen est complémentaire entre les aides allouées par les États membres et celles des organismes communautaires. Cela permet de ne pas perdre sa souveraineté dans les grands choix en matière de politique publique culturelle, tout en développant une politique commune dans ce secteur. Il faut également rappeler qu’il n’y a pas de différenciation entre artistes des États membres, les aides nationales doivent respecter le principe de droit européen de « non discrimination ». Enfin, de très importants efforts sont faits par les États et par l’Union européenne en faveur de la coopération culturelle avec les pays tiers, et notamment les pays dits du Sud qui connaissent des difficultés liées à diverses acculturations et n’ont pas toujours les moyens financiers de défendre leur propre exception culturelle.       <br />
              <br />
       Sans connaître encore le détail des propositions qui y sont faites, il faut au contraire admettre que ce rapport vient à point nommé afin de rappeler à la Commission européenne et à certains de nos partenaires dans l’Union européenne que la France dispose avec la politique culturelle d’un consensus politique assez vaste et assez rare sur le sujet. Ainsi, et notamment dans le cadre des négociations sur le futur accord de libre échange avec les Etats-Unis, nous devons nous opposer à la volonté de se servir de la culture comme monnaie d’échange en faveur de secteurs dans lesquels nous serions plus performants. Nous sommes finalement dans la même situation qu’à l’époque des négociations du GATT et de l’OMC il y a vingt ans, quand la France, isolée au départ, a su convaincre ses partenaires européens de la nécessité de permettre un traitement dérogatoire pour les biens culturels face au système marchand mondial. Il faut répéter l’histoire, et convaincre à nouveau du bien fondé du principe de la diversité culturelle.         <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Jean-Michel Tobelem :</b> Pas nécessairement, car pour coopérer sur le plan culturel il faut le faire sur la base de sa propre culture, qui doit par conséquent demeurer suffisamment forte. Or le risque est que cela ne soit pas le cas – du moins pour les formes de culture les plus exigeantes – si on s’en tient aux règles générales qui régissent l’échange de biens et de services.       <br />
              <br />
       Dans ce cas en effet, la liberté totale des échanges peut conduire – comme on l’a vu dans de nombreux pays – à un affaiblissement de la création artistique et de la production nationale de biens culturels. Mais cela n’exprime en aucune façon un rejet des autres cultures.       <br />
              <br />
       On pourrait même dire le contraire dans un pays comme la France qui se nourrit des échanges artistiques internationaux. Même dans le registre de l’action culturelle extérieure de la France, notre stratégie d’influence repose sur l’échange et la réciprocité. Notre diplomatie culturelle admet ainsi que la défense de notre culture dépend aussi de la reconnaissance de celle des autres.       <br />
              <br />
       Rappelons du reste que les Fonds régionaux d’art contemporains (FRAC) achètent de nombreux artistes étrangers, que les scènes de spectacle vivant accueillent de nombreux créateurs venant de différents pays et que nos écrans de cinéma présentent plus de films étrangers que dans aucun autre pays.       <br />
              <br />
       Cela relève chez nous d’une tradition ancienne, mais on voit bien qu’en Allemagne, par exemple, le soutien à la musique est une cause nationale. On trouve donc fréquemment en Europe un assentiment sur l’idée que la culture n’est pas un secteur comme un autre, car elle a partie liée avec l’histoire, les valeurs et l’identité d’un pays.       <br />
              <br />
       Il est vrai qu’à l’inverse, dans le monde anglo-saxon, la culture est plus volontiers renvoyée à la sphère individuelle privée, avec l’idée que la puissance publique devrait s’en occuper le moins possible.       <br />
              <br />
       <b>Depuis quelques mois, plusieurs polémiques ont été lancées autour des subventions des jeunes auteurs par le CNC. Le système de financement du cinéma français est-il toujours adapté à notre monde moderne ? Faut-il penser à le réformer ?</b>       <br />
       <b>Olivier Amiel : </b>Nous avons toujours le meilleur système de financement du cinéma au monde, basé sur un « autofinancement » du secteur avec notamment une procédure astucieuse de « redistribution » des résultats réalisés par l’industrie dominante, c’est-à-dire hollywoodienne. Vouloir le saborder serait une erreur tragique. Des aménagements et des corrections sur des effets pervers de certaines aides peuvent être apportés (et ils le sont déjà fréquemment), mais dans l’ensemble il serait absurde de renoncer à notre modèle de financement public qui a permis à la cinématographie et à l’audiovisuel français de garder une place importante sur le marché mondial. C’est donc un enjeu économique, mais également et surtout de société, car le vecteur de l’image permet la transmission « de soi » pour un peuple. Le peuple français, comme tous les autres peuples du monde, ne doit pas perdre cette faculté face à une globalisation de l’image et des références sociétales. Les attaques nombreuses et souvent irrationnelles contre le CNC ne font le jeu que des libéraux de la Commission européenne et surtout des majors hollywoodiennes. En critiquant un mécanisme qui fonctionne très bien, on prend le risque inouï de favoriser encore plus un impérialisme culturel dans le domaine de l’audiovisuel.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Michel Tobelem:</b> Ce système peut bien évidemment être amélioré. Reste que la cinématographie française est puissante et en renouvellement permanent, ce qui n’est pas le cas de tous les pays.       <br />
              <br />
       On peut critiquer la politique française à l’égard du cinéma, mais la réalité a montré que dans les pays qui n’ont pas souhaité soutenir leur industrie nationale, qui représente des emplois et de la création de richesses, celle-ci a en grande partie disparu.       <br />
              <br />
       Il convient donc de rester vigilant sur ce point, car le danger serait celui d’une homogénéisation progressive de l’offre cinématographique, avec la marginalisation des films d’auteurs ou des productions les plus exigeantes sur le plan artistique. Un équilibre doit ainsi continuer à être recherché entre succès populaires et productions qui ne pourront pas rencontrer le même type de succès public, sans que leur qualité doive pour autant être mise en cause. Reproche-t-on aux livres de grands écrivains de ne pas être des best-sellers ?       <br />
              <br />
       Comme on le sait, la production artistique a souvent besoin de temps pour rencontrer un vaste public. Se contenter de présenter des productions destinées à la consommation de masse, quelles que soient leurs qualités, c’est appauvrir la création artistique et l’imaginaire des individus auxquels elle est destinée. C’est limiter le rôle de l’expérimentation artistique et la place de la culture d’avant-garde. Et c’est en définitive restreindre la liberté de choix du public.       <br />
              <br />
       <b>La volonté de protéger notre culture n'est-elle pas le symptôme de notre perte de rayonnement mondial ? Cette obsession de la protection de notre exception culturelle n'est-elle pas le signe de notre arrogance et de la vision passéiste de notre grandeur ?</b>       <br />
       <b>Olivier Amiel : </b>Si c’était le cas, tous les États du monde – et pas seulement la France – seraient  « arrogants », car cette faculté de pouvoir défendre sa propre diversité culturelle est largement partagée et a même été reconnue par la « Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles » de l’Unesco  adoptée à l’époque, en 2005, par 148 membres sur 154 que comptait l’Organisation…       <br />
              <br />
       La protection de la culture ne doit pas être regardée comme un élément pour retrouver sa « grandeur passée », mais pour permettre la survie du pluralisme des cultures face à un danger réel de globalisation dans certains secteurs de celle-ci.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Michel Tobelem : </b>On a beaucoup parlé du déclin du rayonnement culturel de la France. En tant que puissance moyenne, il est normal que la France ne soit pas (ou plus) le principal centre de création artistique et que d’autres foyers de création aient émergé ces dernières décennies, ce dont on ne peut que se réjouir. Il n’en reste pas moins que pour beaucoup d’étrangers, l’influence de la France dans le domaine des idées, des arts et de la culture reste forte ; beaucoup plus en tout état de cause que son poids économique ou démographique.       <br />
              <br />
       N’oublions pas qu’au Festival de Cannes, le plus important festival de cinéma au monde, nombre de films étrangers qui y sont présentés sont cofinancés par des producteurs français.       <br />
              <br />
       Faut-il regretter que les industries culturelles françaises soient moins présentes dans la culture de masse, dite « mainstream » ? C’est oublier que la France produit aussi de la littérature populaire, des films à succès et des artistes appréciés dans le domaine du théâtre, de la musique, du cirque, des arts numériques ou encore de la danse. Mais faut-il vraiment chercher à rivaliser avec les blockbusters hollywoodiens, sans en avoir réellement les moyens ? La France ne rayonne-t-elle pas avant tout grâce à ses penseurs, ses créateurs, ses artistes ?       <br />
              <br />
       Protéger la culture d’un pays est nécessaire, mais il est vrai que cela ne garantit pas obligatoirement l’existence d’une réelle diversité d’approches ou de discours. Mettre en place des quotas d’œuvres, par exemple, n’est pas synonyme de qualité et de diversité de l’offre. Là encore, il convient d’être attentif à la qualité de la production que l’on cherche à protéger.       <br />
              <br />
       <b>N'est-il pas illusoire de penser que la culture peut échapper à un cadre financier ? ( avec la crise du mécénat..) ? La meilleure façon de sauver la culture n'est-elle pas de la laisser se financiariser ?</b>       <br />
       <b>Olivier Amiel :</b> Elle n’y échappe pas, mais certains intérêts généraux ne doivent pas être sacrifiés au nom des intérêts financiers. Je pense notamment au pluralisme des expressions artistiques, et surtout à la démocratisation de l’accès à la culture. Je cite souvent à ce sujet les mots du Député Pierre Rameil – initiateur du Théâtre populaire en 1920 – qui me semblent toujours d’actualité et valables pour l’ensemble de la culture : « L'art sous toutes ses formes, luxe de quelques-uns, cela choque déjà péniblement notre sentiment démocratique ; mais quand il s'agit de théâtre né de la foule et fait pour la foule, l'illogisme apparaît plus flagrant. Le spectacle pour une élite restreinte est déjà un non-sens ; mais si c'est la fortune qui détermine arbitrairement cette sélection, le non-sens devient parfaitement odieux ». Cela ne veut pas dire pour autant que la gratuité de la culture est la solution miracle, car le mécanisme de reproduction sociale est même aggravé si elle ne s’accompagne pas d’une politique à la base, c’est à dire à l’école, avec un système éducatif qui corrige les discriminations en matière d’initiation, de goût et d’acquis artistique.       <br />
              <br />
       En tout état de cause, la financiarisation dans la culture qui est inévitable peut parfois mettre à mal la diversité des arts et des publics. C’est pourquoi, il me semble normal et bien venu que les pouvoirs publics puissent réguler ce secteur au nom de l’intérêt général.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Michel Tobelem: </b>La financiarisation des industries culturelles conduit à la massification des efforts de promotion autour de quelques produits « vedettes », alors même que la rotation des productions artistiques est de plus en plus rapide ; ce qui laisse moins de chance aux auteurs de construire une carrière dans la durée.       <br />
              <br />
       La recherche d’une rentabilité croissante dans le domaine des industries culturelles (films, livres, disques) conduit d’ores et déjà – malgré le phénomène de la « longue traîne » – à une concentration des ventes au détriment des œuvres moins immédiatement accessibles par le grand public, au risque d’une diminution de la diversité de la production artistique.       <br />
              <br />
       Aller vers davantage de financiarisation ne fera que renforcer les tendances actuelles, dans un domaine qui reste fragile du fait de l’incertitude qui pèse sur le succès de toute production culturelle, qu’il s’agisse du cinéma, de la musique ou de la littérature. Comme on peut le constater, même l’utilisation de « stars » ou le déploiement de vastes de campagnes de promotion ne constituent pas désormais des garanties de réussite.       <br />
       <b>       <br />
       Plutôt que de vouloir protéger la culture, ne devrait-on pas envisager de stimuler la vie intellectuelle et artistique ? Par quels moyens ?</b>       <br />
       <b>Olivier Amiel :</b> On ne peut stimuler que ce qui est encore vivant, donc la protection par les pouvoirs publics de la diversité des cultures reste le préalable.       <br />
              <br />
       Cependant, l’initiative privée est nécessaire en matière de stimulation culturelle et artistique. Je crois d’ailleurs beaucoup au mécénat « 2.0 » via les plateformes de « Crowdfunding » c’est à dire le financement participatif des internautes avec multiplication de dons même modestes. Ce mécanisme est très prometteur, surtout dans le domaine culturel, avec l’avantage de pouvoir développer les projets dits « indépendants » qui n’auraient certainement pas pu voir le jour par les modes de financement traditionnels.       <br />
              <br />
       <b>Jean-Michel Tobelem :</b> Protéger sa culture n’empêche pas d’apprécier et d’échanger avec celles des autres pays, comme rappelé précédemment. D’où l’importance des subventions publiques, mais aussi des systèmes de régulation. Par ailleurs, c’est aussi l’une des conditions d’une riche vie artistique et culturelle, comme on le voit en France avec le maillage des bibliothèques de lecture publique, le soutien à de nombreuses compagnies de danse ou encore la création de multiples salles de musiques actuelles. Reste que des efforts restent à accomplir dans le domaine de la diffusion des spectacles, d’une part ; et, d’autre part, dans celui d’une accessibilité plus grande de la population à l’art et à la culture. Enfin, l’école et l’université, mais aussi les chaînes de télévision, pourraient sans doute jouer un rôle plus important à cet égard.       <br />
              <br />
       Stimuler la vie intellectuelle et artistique suppose aussi de conserver un réseau de libraires qui effectuent un indispensable travail de découverte et de soutien des écrivains (on sait que le réseau des disquaires indépendants a quant à lui quasiment disparu), de même qu’un ensemble de salles d’art et d’essai réparties sur l’ensemble du territoire national permet la sensibilisation des publics aux différentes formes de la création cinématographique.       <br />
              <br />
       -------------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/rapport-lescure-heure-mondialisation-exception-culturelle-francaise-t-elle-toujours-sens-olivier-amiel-jean-michel-tobelem-724216.html">Atlantico</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/5505158-8212188.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Exception-culturelle-francaise-quel-sens-lui-donner-a-l-heure-de-la-mondialisation-et-de-l-Union-europeenne_a456.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Le travail: outil d'asservissement ou d'émancipation?</title>
   <pubDate>Mon, 18 Jul 2011 20:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Christian Hutin, député du Nord et vice-président du Mouvement Républicain et Citoyen, parue sur Marianne2.fr, vendredi 15 juillet 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3139435-4486221.jpg?v=1311012774" alt="Le travail: outil d'asservissement ou d'émancipation?" title="Le travail: outil d'asservissement ou d'émancipation?" />
     </div>
     <div>
      La question du travail fait à nouveau surface de façon importante dans les débats à gauche et je ne peux que m’en réjouir. Pour preuve, le dernier colloque organisé à l’Assemblée Nationale par le groupe Socialiste, Radical, sur la souffrance au travail, suicide, stress et les risques psycho-sociaux, le 22 juin dernier. Il faut être en mesure d'aborder frontalement des questions comme celle du travail et de la nature de celui-ci. Cette réflexion doit être théorique et idéologique. Car <b>le travail est fondamentalement une question politique.</b>       <br />
              <br />
       En effet en condamnant toute référence au marxisme suite à l'effondrement du Mur de Berlin en 1989, on a voulu nous faire croire que la question du travail et de son analyse, voire de sa critique, disparaissait en même temps que s'effondrait le monde soviétique.       <br />
              <br />
       Or la question préexiste à la réponse et même si celle-ci ne convient pas, il n'en demeure pas moins que le questionnement perdure. Derrière la question du travail, c'est aussi celle des moyens de production: production des biens, des services, de la plus-value et de sa répartition, de la richesse et de l'utilité sociale de cet ensemble à laquelle il faut répondre. Mais aussi de son organisation et de la question de l’émancipation.       <br />
              <br />
       L'une des grandes difficultés, c'est que la question du travail a été évacuée de la centralité des débats jusqu’à très récemment. Elle n'était plus restée apparente que sous la forme d'un phénomène à gérer et non plus comme un objet irréductiblement contradictoire avec les objectifs d'une société capitaliste se transformant elle-même dans le cadre de la globalisation financière, en particulier dans la mesure où en 1983, le « tournant de la rigueur » renversait les priorités.       <br />
              <br />
       <b>Or cette question est consubstantielle à ce qui fonde la gauche. Cette mise à la marge idéologique, théorique, philosophique ne pouvait avoir comme conséquence que la mise à la marge sociale et politique  de celles et ceux qui étaient le sujet et les acteurs de cette réflexion : les salariés.</b>       <br />
              <br />
       Le travail n’était plus un outil de lutte, un levier dans un rapport de force, il était transformé en marchandise, comme une autre dans la mondialisation financière.       <br />
              <br />
       <b>Renoncer à penser le travail comme objet philosophique, social et politique, dans la société &quot;libérale européenne&quot;, c'est abandonner ceux qui n'ont que ce moyen à leur disposition pour vivre et les livrer aux forces qui les dominent et les destiner à la relégation.</b> L'éloignement des milieux populaires s'inscrit donc fort logiquement dans cette perspective.       <br />
              <br />
       <b>Cette question du travail doit être une interrogation majeure.</b>       <br />
              <br />
       Qu'est ce que le travail aujourd'hui ? Quelles sont ses formes, quel sens lui donner dans une société de libre échange où il est lui-même une marchandise ? Qu'en est-il de sa rémunération ? Qu'est ce que le travail salarié aujourd'hui ? Quel impact des systèmes de management contemporain sur la nature du travail, sur les souffrances qu'il génère ? Quelle part le travail peut-il encore avoir dans la structuration du monde à l'heure des délocalisations massives, de la liberté totale de circulation des capitaux et du chômage de masse ? Quelle est la nature des relations qui existe aujourd'hui entre le travail, la production, la propriété des moyens de production, la plus-value, les profits, la propriété des capitaux ?       <br />
              <br />
       <b>Voilà les questions qui doivent faire débat.</b>       <br />
              <br />
       La situation des salariés n'a plus rien à voir avec ce qu'a pu connaître leurs aînés. Précarité, temps partiel, horaires décalés, remise en cause des statuts, remise en cause de l'ensemble des droits liés au travail...La liste est longue. <b>Or le travail produit du droit et pas seulement des biens ou de l'argent.</b> Produisant du droit et des devoirs liés à son utilité sociale.       <br />
               <br />
       Cependant, il nous faut bien renouer avec certaines interrogations qui semblent essentielles. Le travail pour quoi faire? Pour gagner sa vie, élever sa famille, progresser, être utile, indépendant. Ce sont des réalités. Mais c'est aussi transformer le monde, produire de la richesse, du lien social, de l'identité. <b>Le travail peut-il être le moyen de ma liberté ou n'est-il que l'outil de mon asservissement ?</b> Car les questions du travail, de la production des richesses et des biens qui en découlent, sont en relation étroite avec l'organisation sociale et politique de la société dans laquelle tout cela évolue.       <br />
              <br />
       <b>Il convient donc de savoir où nous en sommes de la réflexion sur cette question précise du lien entre le travail et la question sociale. Où en sommes-nous de la réflexion sur les systèmes de domination qui existent dans notre société ?</b> Quelle analyse en faisons-nous ? Comment définissons-nous aujourd'hui un système de domination ? Par rapport à quoi ? Quelles sont aujourd'hui les aliénations auxquelles nous sommes confrontées, comment sont-elles organisées. La liberté se définit-elle uniquement dans la capacité de consommer ? Des biens matériels comme des biens symboliques (je pense à la revendication illimitée de &quot;droits&quot; nouveaux qui ne s'adressent qu'à des &quot;catégories&quot; de population). Dès lors <b>quel projet émancipateur</b> proposer aux salariés qui prennent en compte ces questions sur lesquelles il faut travailler ? L'utopie émancipatrice est-elle encore d'actualité ou faut-il se résigner au triomphe du libéralisme économique ?<b> Dès lors dans quel cadre politique organiser cette réponse et offrir cette perspective qui intéressera beaucoup d'ouvriers et de salariés ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Voilà les questions qui doivent faire débat.</b>       <br />
              <br />
       Car il faut avoir une vision précise de ces questions pour bâtir des propositions qui ne relèvent pas simplement de « l'organisation » mais de la « transformation » sociale. Notre ambition doit être à ce niveau là. Ce qui pose nécessairement la question de l'action collective, de l'organisation politique de la gauche, de sa perception et de sa conception de l'Etat aujourd'hui.       <br />
              <br />
       ----------       <br />
       source : <a class="link" href="http://www.marianne2.fr/Le-travail-outil-d-asservissement-ou-d-emancipation_a208428.html">Marianne2.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Le-travail-outil-d-asservissement-ou-d-emancipation_a264.html</link>
  </item>

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   <title>La mondialisation, ou l’autre nom de l’oppression économique</title>
   <pubDate>Mon, 20 Jun 2011 14:30:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, parue dans l'Humanité, vendredi 17 juin 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3063108-4367793.jpg?v=1308321655" alt="La mondialisation, ou l’autre nom de l’oppression économique" title="La mondialisation, ou l’autre nom de l’oppression économique" />
     </div>
     <div>
      Nulle part autant qu’en Europe, les élites n’ont imaginé s’en remettre au libre-jeu du marché et au « doux commerce » plutôt qu’à la politique. Depuis les années 1980, elles y ont théorisé et mis en pratique l’effacement des souverainetés nationales au profit d’une construction strictement économique, l’« Europe ». Pour faire bonne mesure, elles affublent celle-ci de l’adjectif « social » avant chaque élection au Parlement européen.       <br />
              <br />
       Dans cet espace, la monnaie a été déconnectée du politique avec l’indépendance des banques centrales, puis coupée des nations avec une monnaie unique, l’euro. Celle-ci apparaît, dans ses règles actuelles, comme la monnaie de la rente. Le marché unique, auparavant protégé par un tarif extérieur, a été entièrement dérégulé et laissé ouvert à des économies émergentes que les élites ont gravement sous-estimé, sans doute par inconscient colonial.       <br />
              <br />
       Les élargissements à l’Est ont vidé de sa substance l’idée d’un marché régional homogène. Ils ont au contraire organisé, à l’intérieur de l’Europe, une concurrence acharnée entre les travailleurs, dont les délocalisations de l’industrie automobile française fournissent l’exemple éclatant. Au cœur même de l’Europe, l’Allemagne quant à elle mène délibérement une politique de compression salariale qui détruit l’industrie des économies voisines.       <br />
              <br />
       Partout sur le continent, les classes moyennes et populaires ont désormais le même horizon : emplois précaires, baisse des salaires, renchérissement des dépenses de base, en particulier le logement. Lucides et inquiètes, les classes populaires voient la modialisation pour ce qu’elle est – l’autre nom de l’oppression économique que subissent les gens ordinaires et notamment les jeunes actifs, dominés sur les marchés du travail et de l’immobilier.       <br />
              <br />
       Dès lors, comment s’étonner que les populations les plus immergées dans la mondialisation réelle manifestent leur volonté de reprendre en main le cours des choses ? La défense jusqu’au-boutiste de la mondialisation ne convainc plus guère que les professionnels de la société du spectacle, éternels « citoyens du monde » (version « de gauche »), et de la finance (version « de droite », moins hypocrite).       <br />
              <br />
       Le sentiment d’un système économique fou, détruisant les savoir-faire et les industries, gaspillant les ressources, domine désormais les esprits. La politique renaît sous un jour inattendu : l’exigence de décence ordinaire, qui a traditionnellement servi de code moral aux classes populaires.       <br />
              <br />
       Mais la destruction de l’appareil industriel ouest-européen (Allemagne exceptée) est à ce point catastrophique que la possibilité même d’un sursaut pose question.       <br />
              <br />
       Celui-ci est-il envisageable sans défaire ou profondément remodeler les mécanismes qui ont produit les effets pervers de la mondialisation ? Croit-on vraiment possible de conserver un système de protection sociale sans un appareil productif robuste distribuant de bons salaires et des avantages sociaux ? Et peut-on affirmer sérieusement conserver ce qu’il reste de celui-ci en laissant librement entrer sur nos marchés des marchandises produites par des travailleurs sous-payés, au mépris des normes sociales et environnementales élémentaires ?       <br />
              <br />
       Plus fondamentalement, c’est la possibilité de « reprendre l’Histoire » qui sera l’enjeu politique des prochaines années. La théorie lénifiante de la « fin de l’Histoire » convenait parfaitement à la psyché européenne de l’après Guerre Froide. Aux chimères de la dépossession douce de la souveraineté pourrait se substituer le retour du politique, c’est-à-dire une responsabilité retrouvée, et en définitive l’exercice de la liberté. Les jeunes élites disposent-elles en leur sein d’assez d’estime des peuples et de sens de l’histoire pour aller à rebours de leurs aînés ? Telle est la question brutale que l’avenir proche pourrait révéler.       <br />
              <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/3063108-4367793.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/La-mondialisation-ou-l-autre-nom-de-l-oppression-economique_a256.html</link>
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   <title>Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"</title>
   <pubDate>Thu, 12 Nov 2009 14:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tracts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le tract est disponible en bas de page au format PDF. Il est à votre disposition pour vos tractages, vos réunions publiques, vos permanences, etc.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1701868-2300125.jpg?v=1289529566" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1701868-2300133.jpg?v=1289529566" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>POUR UN PROGRAMME DE SALUT PUBLIC !</b>       <br />
              <br />
       Souvenez-vous, c'était il y a 10 ans ! Les attentats du 11 septembre n'avaient pas eu lieu. La Chine ne semblait pas à ce point conquérante sur le plan économique. L'euro valait seulement un dollar. Le modèle néo-libéral américain et anglais était montré en exemple au monde entier. La bourse et la “ création de valeur pour l'actionnaire ” étaient les alpha et omega de la pensée unique médiatique. Les Etats-Unis n'étaient pas encore enlisés sur deux fronts, en Irak et en Afghanistan. La Russie ne se relevait pas de la chute du communisme. Le Brésil ne s'imaginait pas encore organiser les jeux olympiques. La liste pourrait s'allonger, qui prouverait à quel point le monde a changé en dix ans, et comment le prêt à penser conformiste n'est plus en mesure <span style="font-style:italic">de faire face au monde tel qu'il est</span>.       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen, présidé par Jean-Pierre Chevènement (sénateur du Territoire de Belfort), conscient des immenses mutations à l'oeuvre sous le double mouvement de la globalisation financière et de la constitution d'un monde multipolaire fait de grandes puissances nationales, propose aux citoyens français <b>un programme de salut public en dix points pour la France</b>, à la hauteur des enjeux de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>1 - Lutter contre la concurrence déloyale du dollar et des pays à très bas salaires</b>       <br />
       Entre la concurrence déloyale du dollar et celle des bas salaires de la Chine, la France doit affirmer son indépendance stratégique en oeuvrant de manière déterminée pour un euro moins cher contre le dollar et pour la mise en oeuvre de protections commerciales à l'échelle de l'Europe (à 27 ou à défaut à 6), réponses les plus sérieuses aux délocalisations et à la pression à la baisse sur les salaires. La France doit rechercher la coopération de l'Allemagne à cette stratégie, ainsi que la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro. A défaut, la sortie de la zone euro de plusieurs pays dont la France s'imposera comme le seul moyen d'échapper à l'asphyxie.       <br />
              <br />
       <b>2 - Programmer le retour au plein emploi</b>       <br />
       La priorité absolue doit être accordée à la protection des emplois industriels, agricoles et dans les services existants par une protection commerciale européenne, la taxation plus forte des suppressions d’emplois par les grands groupes, le soutien à l’emploi non délocalisable, un statut du travail dans les activités de service à la personne, etc.       <br />
              <br />
       <b>3 - Nouer des partenariats avec les puissances émergentes</b>       <br />
       La France doit mener une politique étrangère de construction de grands partenariats avec les puissances émergentes (Russie, Inde, Brésil, etc.), seule politique réaliste pour échapper à l'étau sino-américain qui structurera le début du XXIème siècle. Il ne saurait par ailleurs être question pour la France de renoncer à son siège au Conseil de sécurité des Nations Unies ou de le partager, ni de demeurer dans le commandement intégré de l'OTAN.       <br />
              <br />
       <b>4 - Lutter à l'échelle planétaire contre la dégradation de l'environnement</b>       <br />
       La politique environnementale doit prendre acte des grands déséquilibres écologiques et orienter une très grande partie de l'effort de recherche vers les projets de captation du Co2 et d'énergies propres (incluant le nucléaire de 4ème génération). Ces grands projets doivent aider les pays émergents à se développer sans dégrader l'environnement.       <br />
              <br />
       <b>5 - Desserrer l’étau de la dette en acceptant une inflation modérée</b>       <br />
       L'explosion des dettes privées et publiques dans les grands pays industrialisés rend d'ores et déjà très difficile leur remboursement. L'acceptation d'un taux d'inflation modéré de l'ordre de 5 % par an peut aider à soulager de manière décisive le poids que font peser sur les économies ces dettes. Le pouvoir d'achat des ouvriers et des employés sera garanti par une échelle mobile des salaires.       <br />
              <br />
       <b>6 - Nationaliser les banques subventionnées par des fonds publics</b>       <br />
       Le système bancaire doit être profondément assaini par la nationalisation des banques ayant reçu des aides publiques et la séparation légale des banques de dépôt et des banques d'affaires. Il doit être mis un terme au système des bonus extravagants dans les activités prédatrices pour l'économie. De nouvelles réglementations nationales, européennes et internationales doivent encadrer drastiquement les activités financières.       <br />
              <br />
       <b>7 - Lancer une politique industrielle ambitieuse</b>       <br />
       Une politique industrielle ambitieuse doit être lancée urgemment à partir d'un emprunt national dans les domaines d'intérêt stratégique pour la France : réseaux haut-débit et fibre optique, réseaux de ferroutage, isolation des logements, énergies propres et renouvelables, automobile propre, nanotechnologies, biotechnologies, matériaux du futur, etc. Ces grands investissements prépareront les 50 prochaines années.       <br />
              <br />
       <b>8 - Rendre le logement plus abordable pour les familles</b>       <br />
       Le logement devient une charge de plus en plus lourde dans le budget des familles et des personnes seules, qu'il faut réduire. Le parc locatif public doit être soutenu par la création de logements à loyer abordables et de qualité. Un programme national pour les logements sociaux et privés de rénovation et d'économies d'énergie doit être engagé afin de réduire la facture énergétique des locataires. Les avantages fiscaux qui encouragent la spéculation immobilière seront supprimés.       <br />
              <br />
       <b>9 - Revenir à des impôts progressifs en fonction de la richesse des ménages</b>       <br />
       Prenant acte de l'envolée des plus hauts salaires et de la concentration du capital, immobilier en particulier, une réforme de la fiscalité nationale et locale sera engagée pour donner la priorité absolue à la réduction des inégalités, par la suppression du bouclier fiscal, le retour à la progressivité de l'impôt selon les ressources et le rétablissement de l'impôt sur les successions pour les patrimoines supérieurs à 500 000 euros.       <br />
              <br />
       <b>10 - Développer l'égalité républicaine</b>       <br />
       Les services publics, éléments essentiels de l'identité républicaine de la France, doivent être adaptés aux nouveaux besoins des citoyens (éducation, santé, eau, réseaux Internet, transports). Leurs moyens doivent être développés par une contribution de l'ensemble des revenus, en particulier financiers, à l'effort de cohésion nationale. Des services publics forts et modernisés, en particulier dans les zones rurales, périurbaines ou les banlieues populaires, seront un levier puissant de l'égalité entre tous les citoyens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Pour-un-programme-de-salut-public-_a135.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"</title>
   <pubDate>Wed, 14 Oct 2009 22:20:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Tracts]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le tract est disponible en bas de page au format PDF. Il est à votre disposition pour vos tractages, vos réunions publiques, vos permanences, etc.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1643228-2212537.jpg?v=1289529565" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1643228-2212540.jpg?v=1289529565" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Mode d’emploi pour insérer votre texte :</span>       <br />
       1. Imprimez votre tract une première fois recto/verso       <br />
       2. Tapez votre propre texte dans un document aux marges pré-réglées de façon à ce que le texte s’insère dans l’espace blanc du tract réservé à cet effet       <br />
       3. Une fois votre texte saisi, imprimez cette page sur le verso de votre tract
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1643228-2212537.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Crise-banque-G20-rien-appris-rien-compris-_a124.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Rupture !</title>
   <pubDate>Sun, 06 Sep 2009 20:03:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Éléments pour l’intervention de clôture de Jean-Pierre Chevènement, Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, Toulouse, le 6 septembre 2009.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5141763-7673559.jpg?v=1371904645" alt="Rupture !" title="Rupture !" />
     </div>
     <div>
      Je veux tout d’abord remercier Thierry Cotelle, maire adjoint de Toulouse, Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC, ainsi que Jean-Luc Laurent, Secrétaire national à la Coordination, et son équipe. Sur eux a reposé l’organisation de cette université d’été. Merci également à tous nos intervenants, et notamment à nos invités extérieurs : Paul Quilès, ancien ministre, Arnaud Montebourg, député, Jean-François Kahn qui aurait pu être député européen s’il avait voulu, Paul Thibaud, philosophe, Jean-François Knepper, syndicaliste, Président du Comité européen Airbus, Liem Hoang Ngnoc, économiste et député européen. Merci aussi à notre ami Pierre Cohen, maire de Toulouse et Martin Malvy, Président de la région Midi-Pyrénées qui ont bien voulu intervenir à l’ouverture de nos travaux. Merci à vous tous qui êtes venus nombreux de toute la France.       <br />
              <br />
       Face à la crise d’un système, celui du capitalisme financier mondialisé, nous avons besoin d’une réponse républicaine pour la France mais aussi pour le monde.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Une crise de la mondialisation</b>       <br />
              <br />
       A)	Il ne faut pas se tromper sur l’analyse. Le problème n’est pas celui de la moralisation du capitalisme, celui des bonus, tout cela est, bien entendu, scandaleux mais le problème est plus profond. La déflation salariale, qui est à l’origine du surendettement des ménages américains, a des causes : La principale, est dans un libre-échangisme effréné, dans la liberté donnée aux multinationales de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre. Le rapprochement Chine/Etats-Unis intervenu à la fin des années soixante-dix du précédent siècle, a joué un rôle essentiel dans cette fuite en avant du capitalisme vers l’exploitation du travail à bas coût. Certains évoquent aujourd’hui la Chinamérique ou encore le G2 : cette expression est inadéquate pour traduire la réalité d’un monde multipolaire beaucoup plus complexe. Mais il est vrai que ce soi-disant G2 a une réalité : c’est la parité fixe entre le yuan et le dollar. L’Administration Obama a renoncé à demander une réévaluation du yuan. Ce renoncement exprime un rapport de forces. La Chine tient le dollar à sa merci. Cette réalité géopolitique aussi est au cœur de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La mondialisation financière a fonctionné dans l’intérêt des multinationales et du capital spéculatif avec une monnaie mondiale, le dollar, qui a été gérée par les Etats-Unis comme si c’était seulement leur monnaie. Un secrétaire d’Etat au Trésor américain, M. Conally, disait à ses collègues : « le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ». Les Etats-Unis se sont permis des déficits abyssaux. Ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils étaient la puissance dominante, ils ont cru trouver une porte de sortie à leurs difficultés économiques dans la guerre en mettant la main sur les hydrocarbures du Moyen-Orient. Le résultat : ce sont deux guerres dans lesquelles les forces américaines sont aujourd’hui enlisées. Nous vivons le début de la fin de l’hégémonie américaine. La tache du Président Obama est difficile. Son but affiché est de restaurer le leadership américain. Mais dans la réalité, il faudra bien que les Etats-Unis adoptent une politique conforme à ce qu’ils sont : une grande nation certes, mais qui doit réapprendre à épargner, à dialoguer, bref à faire avec le reste du monde. Cette transition sera grosse de conflits.       <br />
              <br />
       À cet égard, l’Europe risque d’être prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis. L’affaiblissement de la parité du dollar rendra les produits américains plus compétitifs et accroîtra encore l’hypercompétitivité du yuan et des produits fabriqués en Chine.       <br />
              <br />
       Les énormes déficits américains vont accroître les déséquilibres macro-économiques à l’échelle mondiale. De nouvelles bulles se créeront. De nouvelles crises sont en perspective. C’est une nouvelle donne – un  nouveau New Deal - à l’échelle mondiale qui est nécessaire. Si nous voulons sortir durablement de la crise, il faudra mettre un terme à la domination des marchés financiers.        <br />
              <br />
       Remettre la politique aux postes de commande, bref refaire des peuples et des nations les acteurs de l’Histoire et non les marchés financiers afin de mettre sur pied un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       B)	<span style="font-style:italic">Désuétude de la social-démocratie</span>. Le modèle social-démocrate correspondait à un équilibre entre le travail et le capital. C’était vrai il y a un demi-siècle. Le capitalisme, à l’époque, fonctionnait sur un modèle fordiste. Il obéissait à une régulation keynésienne dans le cadre national. Ce capitalisme-là n’est plus ; il a été remplacé par le capitalisme financier. C’est la dictature de l’actionnariat, le triomphe de la théorie dite de « l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire » dans un cadre entièrement dérégulé à l’échelle mondiale. Le communisme, qui faisait peur aux bourgeoisies occidentales qui se croyaient obligées de faire des concessions à leurs classes ouvrières, n’est plus. Les taux de syndicalisation ont fléchi. Les sociaux-démocrates sont devenus des sociaux-libéraux. Partout en Europe ils ont cru trouver une « troisième voie » (Anthony Giddens) : Jouer le jeu du libéralisme censé produire des richesses et ensuite opérer des corrections à la marge : RMI, CMU, investissement éducatif, etc. Cette politique, introduite en France en 1983, consacrée par l’Acte Unique en Europe, a été théorisée en Grande-Bretagne par Anthony Giddens et Tony Blair. Elle a été mise en œuvre aussi en Allemagne par Gerhard Schröder, à travers le plan Agenda 2010, à partir de l’année 2000. Ses orientations ont été généralisées à l’échelle européenne par les sommets de Lisbonne (2000) et Barcelone (2002). Ces politiques ont fait faillite. Les gouvernements sociaux-démocrates, qui étaient onze en 1999 dans l’Europe à quinze, ont tous perdu le pouvoir ou sont en voie de le perdre. Le cycle du social-libéralisme est clos. C’est ce dont beaucoup de nos camarades socialistes ne se sont pas encore avisés. Notre rôle est de leur ouvrir l’esprit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Pour faire face à la crise, la gauche doit faire sa mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       A)	La classe des producteurs ne s’identifie plus à un bloc de classes homogène. Le retour aux sources de la République, l’appel à la raison du citoyen, la croyance en l’égalité humaine, voilà ce qui pourrait permettre à la gauche de se définir comme « parti républicain du peuple ». Il nous faut réhabiliter l’idée d’un intérêt général qui serait à la fois l’intérêt national et correspondrait aussi à l’intérêt général de l’humanité.        <br />
              <br />
       Comment substituer à la logique des  marchés financiers une autre logique politique ? Chacun comprend qu’un nouveau modèle de développement soutenable peut seul permettre de concilier l’aspiration légitime de pays comme la Chine ou l’Inde au développement, la volonté des Etats-Unis et de l’Europe de préserver leur tissu industriel, leur emploi et leur bien-être, et en même temps l’intérêt général de l’Humanité qui est d’économiser ses ressources rares (énergies fossiles, eau, air, sol) et lutter contre l’effet de serre.        <br />
              <br />
       Pour cela, nous devons planifier une révolution énergétique sans tomber dans le catastrophisme écologique mais en promouvant les énergies nouvelles, y compris nucléaire, les économies d’énergie, les techniques de charbon propre et en préservant les forêts équatoriales. J’ai lu que Martine Aubry, à La Rochelle, a déclaré : « Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès qui est épuisée. »       <br />
              <br />
        À mon sens c’est une erreur. Malthus déjà, au début du dix-neuvième siècle, considérait que la terre était trop petite pour nourrir les hommes. Cette prophétie s’est révélée une erreur historique car elle méconnaît les ressources de l’humanité en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie. Il faut faire confiance en l’homme. La gauche est inséparable de la volonté de raison. Elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières. Elle doit affirmer le primat des valeurs de la connaissance, ne pas sombrer dans la technophobie.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Un projet républicain en forme de nouveau new-deal</span>       <br />
              <br />
       J’énoncerai sept propositions :        <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur et sécurité sociale en Chine, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Réforme du système monétaire international : création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres. Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       3.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »). Changeons les règles du jeu en matière commerciale.       <br />
       4.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       5.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       6.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       7.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple :       <br />
       -	en matière de politique énergétique ;       <br />
       -	`d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles, université et recherche).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La France 2009-2012</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	La France souffre </span>       <br />
              <br />
       Elle récolte les fruits amers d’un choix libéral effectué dans les années quatre-vingt et aujourd’hui renouvelé par Nicolas Sarkozy. Je n’évoquerai que quelques têtes de chapitre : le bouclier fiscal, la cure d’austérité infligée aux services publics à travers la RGPP, la réforme des collectivités territoriales qui serait un coup terrible pour la solidarité et pour les investissements collectifs, le tour de vis donné à l’Hôpital public, la réintégration de l’OTAN qui est un contresens politique.        <br />
              <br />
       Certes toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy ne sont pas mauvaises, l’idée d’un grand emprunt national, s’il permet de financer les investissements économiquement rentables, est judicieuse dans un pays comme le nôtre où le taux de l’épargne avoisine 15%. Quand Nicolas Sarkozy propose des Assises de l’Industrie, je ne vais pas être contre puisque je les avais moi-même proposées en 1982-83. Jean Riboud ayant accepté  l’époque de les présider. Ce n’est pas ma faute si elles ont été annulées par mon successeur. Qu’elles soient reprises vingt-cinq ans après, sur une suggestion de la CGT paraît-il, ne me fera pas changer d’avis. Évitons l’antisarkozysme primaire et systématique. Celui-ci est la  marque d’un vide conceptuel, d’une absence de projet alternatif réel, bref d’un opportunisme politique que nous avons toujours combattu.        <br />
              <br />
       Nous devons nous opposer sur des bases solides. En France par exemple, il y a place pour un M.I.T.I. à la française, un contrôle public du système bancaire, une priorité accordée à la ressource humaine, un exercice calme et réfléchi des prérogatives régaliennes de l’Etat à l’opposé des effets de manche dont nous sommes las sur des questions comme la sécurité ou la justice. Ainsi, la suppression du juge d’instruction n’a rien de républicain. Le risque est grand de voir l’Etat instrumenter la justice à travers les parquets. Nous ne devons pas prendre des vessies pour des lanternes, accepter que la communication se substitue à la politique. Nous ne voulons pas que l’endettement de l’Etat permette seulement de renflouer les banques tandis que ceux qui sont aux commandes, après avoir failli, les conserveraient. « On prend les mêmes et on recommence » : de cela nous ne voulons pas.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Que faire ?</span>       <br />
              <br />
       1.	L’état de la gauche.        <br />
              <br />
       La gauche aujourd’hui ressemble à une flotte démâtée. Il est vrai que la gauche plurielle était au départ une idée essentiellement tactique, une alliance dominée par le parti socialiste avec les Verts en éclaireurs et le parti communiste en arrière-garde. Aujourd’hui, trois épaves surnagent : la proue supposée, je veux dire les Verts, prétend naviguer toute seule ; à la poupe, c’est-à-dire les communistes et leurs alliés, il manque une hélice : elle n’a pas connu de véritable dynamique aux dernières élections européennes et elle doit faire face à la concurrence du NPA ; quant au corps du bâtiment, je veux dire le PS, il a un sérieux problème de direction.       <br />
              <br />
       Il n’y a pas de solution à cette situation désespérante en dehors d’un projet qui soit à la hauteur des défis du temps. C’est le rôle que le MRC revendique non pas pour lui mais pour toute la gauche et pour la France. La Maison commune de la gauche proposée par Martine Aubry ne saurait être que le replâtrage de la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La gauche a un problème d’identité et ce problème surdétermine la question des alliances. Il faut donner la priorité au projet. L’Europe, telle qu’elle s’est construite sur une base libérale et technocratique, n’est pas la solution, elle est le problème. Il faut la réorienter. Sur la base de la démocratie qui vit dans les nations. À cet égard l’arrêt de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe de juin dernier dit tout. Il y a un déficit de démocratie structurel dans l’Union européenne. La légitimité est dans les Etats nationaux et dans les Parlements nationaux. Il n’y a pas de peuple européen. C’est pourquoi le Parlement de Strasbourg ne peut être qu’un ersatz de Parlement. Tout cela nous pouvons d’autant mieux le reprendre à notre compte que c’est ce que nous disons depuis toujours.        <br />
              <br />
       Il faut reprendre la construction européenne sur la base de la démocratie qui vit dans les nations et aller vers une Confédération européenne qui nous permette d’exister, d’être un pôle, comme on dit, dans le monde multipolaire de demain.        <br />
              <br />
       C’est de cela dont nous devons discuter, sans exclusive, avec toute la gauche, y compris le NPA s’il le souhaite. Il y a là un rôle politique essentiel pour la France. Faut-il parler de tout cela  avec M. Bayrou ? M. Bayrou – nous le savons - est un homme politique qui vient de la droite mais il s’est dit « prêt à tendre la main à la gauche ». Si nous sommes sûrs de nous-mêmes, si nous avons des idées claires, il n’y a pas lieu de montrer un quelconque sectarisme.        <br />
              <br />
       Le problème pour la gauche, c’est d’abord d’avoir les idées claires. Nous avons proposé, il y a plus d’un an, des Assises de toute la gauche. Nous sommes prêts à examiner un projet de primaires dès lors qu’elles concerneraient plusieurs partis de gauche qui en seraient ensemble les co-organisateurs, bien entendu sur la base d’une charte d’orientation politique.  La gauche doit rompre avec une orientation qui l’a coupée des couches populaires depuis les années quatre-vingt. Je n’idéalise pas les primaires, mais elles peuvent être l’occasion d’une rupture salutaire. En tout état de cause, le MRC ne restera pas silencieux en 2012. Il pèsera, quoi qu’il arrive, directement ou indirectement. Nous sommes les gardiens de l’avenir républicain de la France. La priorité c’est le projet !       <br />
              <br />
       Y a-t-il un autre choix ? Sincèrement je ne le crois pas sauf à laisser le champ libre à M. Sarkozy qui s’emploie déjà activement à rassembler la droite autour de lui, en profitant des divisions et du désordre de la gauche.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Nous avions jadis, au début des années soixante-dix, fait lever un immense espoir. La gauche ensuite a tourné le dos à ses engagements. Elle a rendu les armes sans avoir combattu. Le néolibéralisme a triomphé. Les couches populaires se sont détournées de la gauche. Mais ce cycle est désormais derrière nous. Les triomphateurs d’hier sont les faillis d’aujourd’hui.  Sachons trouver en nous-mêmes l’énergie de nous redresser. Sachons renouer avec les idées, c’est-à-dire avec le réel, mais aussi avec l’ambition collective, c’est-à-dire avec l’idéal. Il n’y a pas d’autre chemin pour une victoire qui, demain, ne décevra pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Les positions du MRC dans la négociation avec le Front de Gauche</title>
   <pubDate>Thu, 26 Mar 2009 19:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Notre position de départ pour les négociations avec toutes les forces de gauche y compris le Parti Socialiste était centrée autour de trois grands axes :     <div>
      1) une <b>mondialisation régulée,</b>        <br />
       2) une <b>Europe sociale qui protège,</b>        <br />
       3) une <b>Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.</b>       <br />
              <br />
       Nous n’avons pas eu de discussions de fond avec le Parti Socialiste. En revanche, nous avons eu plusieurs rencontres avec le Front de Gauche, d’abord en présence du Parti Communiste et du Parti de Gauche, puis de ces deux forces et la Gauche Unie de Christian Picquet, en fin de négociations.        <br />
       Ces trois mouvements se sont mis d’accord entre eux et, dans les discussions, nous ont opposé un front commun.        <br />
              <br />
       1) <b>Sur la mondialisation régulée :</b> nous avons plaidé pour une analyse sérieuse de la crise mondiale dont les Etats-Unis constituent l’épicentre et la principale cause. Nos interlocuteurs ont d’abord refusé de mentionner les Etats-Unis puis ils ne l’ont accepté qu’au détour d’une formule vague.        <br />
              <br />
       Ils n’ont pas non plus accepté d’intégrer la notion de <b>régulation</b>, arguant que leur objectif n’était pas de réguler le capitalisme.        <br />
              <br />
       Nous avons fait des propositions très précises (qui se trouvent dans notre texte originel) sur la réforme du FMI, les activités de la Banque Mondiale et l’O.M.C. Aucune de nos propositions n’a été retenue. Les déclarations relatives à la situation internationale comme aux institutions internationales se contentent de dénonciations et ne proposent en réalité strictement rien de précis.        <br />
              <br />
       2) <b>Sur une Europe sociale qui protège :</b> nous avons été très vivement contesté au nom de l’«identité européenne » conçue comme espace de libre échange ouvert. La critique du « protectionnisme » a été faite au nom du refus du « repli national ». Nous avons essayé de porter le débat sur le fond, mais cela fût impossible : le Parti de Gauche excipant de son fédéralisme européen (« nous sommes pour une Assemblée Constituante Européenne »), le Parti communiste au nom du refus d’un espace européen qui serait fermé au « reste du monde ». Il nous a été impossible d’ouvrir une discussion théorique sur la question.        <br />
              <br />
       Sur la <b>Banque centrale</b> : nous voulions une réforme de ses statuts et de ses missions afin de mettre l’Euro au service des européens et non comme c’est le cas actuellement au service du capitalisme financier. Refus de nos partenaires de prendre en considération cette proposition.        <br />
              <br />
       Nous voulions la création d’un <b>Gouvernement Economique</b> de la zone euro. Nos partenaires ont refusé cette proposition, sous prétexte qu’elle créerait une Europe à plusieurs cercles. Même refus, pour la même raison, de la création de « coopérations renforcées » au niveau européen.       <br />
       Même refus, pour la même raison, d’un « Europe à géométrie variable ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé que le <b>Pacte de stabilité</b> soit transformé en <b>Pacte pour l’emploi et la croissance</b>. Sur la notion de « pacte », nos partenaires ont refusé au prétexte qu’il n’y aurait pas un accord européen sur cette question ; sur la notion de « croissance et  emploi », ils ont également refusé au prétexte que ce serait « favoriser le productivisme ». Et ils ont introduit dans le texte final la critique du « productivisme », n’acceptant de faire référence à la croissance qu’implicitement et à travers le terme vague de « développement ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé un <b>Traité social</b> pour lutter contre le dumping social à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union et fixant des critères de convergence fiscaux. Nos partenaires ont refusé et préféré la notion plus vague de « bouclier social ».        <br />
              <br />
       Nous avons fait des propositions en matière d’<b>Europe de l’énergie</b> et notamment concernant l’avenir du nucléaire de quatrième génération. Refus de nos partenaires, sous prétexte du « désaccord » entre les diverses sensibilités politiques qui constituent le Front de gauche.        <br />
              <br />
       3) Sur une Europe <b>acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire</b> : nous avons proposé l’idée d’une <b>Europe indépendante</b>, comme acteur stratégique dans la formation d’un monde multipolaire. L’idée a été rejetée au nom du refus de l’Europe « puissance ».       <br />
              <br />
       Nous avons proposé un <b>partenariat stratégique avec la Russie</b>, l’idée a été rejetée.        <br />
       Vis-à-vis de l’Afrique, nous avons proposé la remise en question des accords de Cotonou : l’idée a été abandonnée.        <br />
              <br />
       Sur la question des <b>migrations</b>, nous avons proposé une gestion des flux migratoires conforme au droit et respectueuse de la dignité des personnes, ce qui signifie en France l’abrogation des lois Sarkozy sur l’immigration. Notre proposition a été rejetée au prétexte qu’il fallait se contenter de la notion de « régularisation des sans-papiers avec une stratégie de codéveloppement ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé une conception de la construction européenne fondée sur le refus du Traité de Lisbonne et l’articulation de la <b>Nation</b>, comme espace privilégié d’expression de la démocratie dans le processus de construction de l’Europe. Nous avons souligné que notre conception de la Nation était citoyenne, républicaine et universaliste ; qu’elle incarne une communauté civique radicalement opposée aux communautarismes ethniques et confessionnels. Nous souhaitions voir, au titre de l’expression de notre identité fondamentale, une référence dans le texte à cette conception de la Nation. Elle nous a été refusée.        <br />
              <br />
       Si l’on prend les trois textes sur lesquels nous avons travaillé et notamment le dernier en date du 19 mars, on s’apercevra qu’un certain nombre de nos idées ont été intégrées, notamment sur l’analyse de la crise, mais que sur tout le reste nous avons fait d’énormes  concessions. Malgré cela, nous n’avons pu aboutir. Tout semble s’être passé comme si nos partenaires voulaient rendre impossible l’Accord sur le fond. C’est dommage pour la gauche, pour l’Europe que nous voulons, pour la France républicaine.        <br />
              <br />
       En réalité, nos interlocuteurs ne voulaient pas d’un accord, comme en témoigne la parution dans <span style="font-style:italic">L’Humanité</span> du 19 mars (date de notre dernier sommet) de la liste quasi complète des candidats (voir les documents joints ci-dessous). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Les-positions-du-MRC-dans-la-negociation-avec-le-Front-de-Gauche_a95.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Position du MRC pour les élections européennes de juin 2009</title>
   <pubDate>Tue, 13 Jan 2009 11:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Adoptée par le bureau national du mercredi 7 janvier 2009.     <div>
      Depuis plus d’un an, l’économie internationale traverse une crise d’une gravité exceptionnelle. Jamais, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le capitalisme ne s’était trouvé dans une telle situation. Crise du libéralisme sans règles, crise de la globalisation impériale impulsée par les Etats-Unis et qui se répand, telle la métastase d’un cancer, sur la totalité de la planète, précisément parce que l’hypercapitalisme spéculateur qui la caractérise est devenu le modèle dominant.        <br />
              <br />
       Face à cette crise, l’Europe a failli. Et ce sont les nations qui ont réagi, ce qui prouve, s’il en était besoin, leur caractère historiquement incontournable.       <br />
              <br />
       C’était inévitable, car depuis le Traité de Maastricht,  sous la pression des conservateurs et, souvent, avec le consentement des socio-libéraux, elle avait choisi non seulement de se soumettre au libéralisme triomphant mais encore d’en devenir un vecteur d’expansion dans tous les pays européens.        <br />
              <br />
       En 2005, Français et Hollandais ont dit non à cette évolution. Les Irlandais n’ont pas tardé à suivre, en rejetant le Traité institutionnel. C’est que partout les citoyens sont conscients que l’Europe est devenue un rouage essentiel de la globalisation financière, qu’elle se pose en garante de l’orthodoxie libérale, et que leur avenir national se joue désormais autant sinon plus que chez eux à la Commission européenne, à la BCE, à Washington et sur les grandes places boursières du monde.       <br />
              <br />
       Pour retrouver la confiance des Français, <b>la Gauche, rassemblée, unitaire, doit proposer dés les élections européennes de Juin 2009, un projet alternatif à la politique néolibérale actuelle, depuis peu mâtinée d’interventionnisme repentant.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1) L’Europe dans la crise</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle de la globalisation libérale est profonde. Elle ne sera pas résolue par des demi-mesures. Nous devons lutter pour qu’elle ne soit pas payée par le monde du travail mais débouche sur un ordre social plus juste. Cela ne peut se faire sans un retour de la puissance publique, que ce soit pour la maîtrise des instruments du développement économique ou pour la négociation d’un nouvel ordre international.       <br />
              <br />
       Or l’Union européenne est impuissante face aux effets dévastateurs de cette crise. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas potentiellement assez forte. C’est parce qu’elle n’a pas d’autre conception de l’avenir que la politique de concurrence qu’elle a transformée en religion dans le Pacte de stabilité. Cette politique a coûté des millions de chômeurs, la montée partout de la précarité, la généralisation des bas salaires, l’instauration de la concurrence entre les territoires et les peuples européens, la remise en cause systématique des services publics (poste, transports ferroviaires, santé, éducation) et leur privatisation.        <br />
              <br />
       L’idéologie « européiste », jouant sur une conception soit naïve soit manipulatrice de la solidarité européenne, a contribué à anesthésier tout débat sur l’avenir réel de l’Europe.  Résultat : le sentiment pessimiste à l’égard de l’Europe s’est accru, car les peuples, dans la réalité, ne veulent pas échanger des acquis sociaux conquis de haute lutte contre un libéralisme européen porteur de précarité et de misère.        <br />
              <br />
       <b>Il faut refonder l’Europe. D’abord en la rapprochant des peuples européens, des Etats nations qui la structurent, des citoyens qui l’animent.</b> Il ne peut  y avoir de bonne politique européenne au mépris des peuples, des Etats nations, des citoyens. <b>La nation n’est pas le nationalisme.</b> Au contraire, le nationalisme est une maladie de la nation. <b>Communauté de citoyens, la nation est le cadre naturel de la démocratie.</b> Si nous voulons éviter les funestes dérives nationalistes et xénophobes, nous devons concevoir l’Europe non comme un super Etat technocratique, non démocratique, entièrement dévoué à la seule expansion du libéralisme économique, mais comme un espace citoyen de solidarité, de respect de la diversité des nations, des langues, des cultures, des traditions et du patriotisme des peuples. <b>Car le patriotisme républicain est le contraire du nationalisme. C’est l’expression généreuse du civisme, non le repli identitaire.</b>       <br />
              <br />
       Ainsi conçue, la nation civique est le principal lieu d’expression de la volonté démocratique. Elle est, pour nous, synonyme de République. L’Europe ne doit donc pas constituer un espace de souveraineté opposé à celui des nations. L’idée d’une puissance publique européenne ne peut être que le résultat des délégations que lui confèrent les nations qui la constituent. Pour nous, ces délégations de compétences au niveau européen, lorsqu’elles s’avèrent indispensables,  ne signifient pas une victoire contre les nations, et encore moins « l’abandon » de la souveraineté nationale. Elles incarnent plutôt la conciliation harmonieuse de la nation et de l’Europe. Et elles ne sont acceptables que si elles sont ratifiées ou vérifiées par référendum. Car les peuples souverains doivent toujours avoir le dernier mot. Cette conception débouche naturellement sur une Europe à géométrie variable, en fonction de ce que veulent ou ne veulent pas les nations. Elle n’exclut donc nullement <b>les délégations de compétences</b> à condition que celles-ci soient gérées ensemble de manière démocratique. Nous considérons en ce sens que l’adoption du Traité institutionnel par voie non référendaire est une atteinte grave aux droits des citoyens,  et que la question institutionnelle se reposera inévitablement en raison des menaces et des contradictions dont le Traité de Lisbonne est porteur.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous devons ouvrir le débat, en dehors de tout dogmatisme, sur ce que doit être l’avenir de l’Europe. Celui-ci ne saurait se concevoir en dehors d’une prise de conscience de la nature de la globalisation économique et financière et de sa crise actuelle. Aujourd’hui, nous vivons la fin d’un cycle historique, celui de la globalisation néolibérale impulsée, depuis bientôt trente ans, par les forces conjuguées des multinationales, du « thatchérisme » et du « reaganisme ». L’Europe libérale s’y est insérée aux prix de sacrifices énormes infligés aux couches populaires.        <br />
              <br />
       La crise actuelle doit être pour nous l’occasion de sortir de ce piège et de refonder une Europe Nouvelle. Pour cela, nous avons besoin d’une <b>mondialisation régulée</b>, <b>d’une Europe sociale qui protège, d’une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2)Pour une régulation mondiale</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence de l’énorme bulle financière provoquée aux Etats Unis par le capitalisme spéculatif dans les subprimes. Elle touche aujourd’hui toute l’économie et, de récession en récession, débouche sur une dépression mondiale aux conséquences catastrophiques. Cette crise résulte du fait que depuis  des décennies, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en captant l’épargne mondiale pour financer leur économie à hauteur de 80%. C’est cette dépendance  qui a poussé les Etats-Unis à une fuite en avant  pour contrôler les ressources pétrolières et gazières mondiales. C’est cela aussi qui explique l’importance de  leur budget militaire, entièrement financé par les emprunts étrangers et qui recouvre à lui seul plus de la moitié des budgets de la défense dans le monde. D’où aussi leurs dérives expéditionnaires en Irak et en  Afghanistan, où ils sont aujourd’hui enlisés.       <br />
              <br />
       Cette période semble toucher à sa fin. Mais le destin du monde reste lié à l’Amérique.        <br />
       <b>Les Etats-Unis ne peuvent rétablir seuls leurs équilibres. L’aide du reste du monde est indispensable</b>, si l’on veut éviter une récession planétaire et une déflation salariale mondiale. <b>Cette aide doit se traduire par une relance coordonnée des principales économies mondiales</b>, surtout celles des pays excédentaires dans leur épargne comme dans leur commerce (Chine, Allemagne, Japon, Pétromonarchies du Golfe). <b>D’où la nécessité d’organiser un véritable  « New Deal » mondial</b>. Pour être durable, cette relance implique aussi des Institutions mondiales qui fonctionnent au service d’un développement économique, financier et social humain  soucieux de l’environnement.       <br />
              <br />
       Sur les Institutions internationales, nous devons lutter pour:       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><b>Démocratiser le FMI</b>, qui doit redevenir un organe de soutien aux pays en difficulté et de contrôle du système monétaire international, notamment en oeuvrant à une parité ordonnée des grandes monnaies ; il doit également revoir sa politique de gestion de la dette et proclamer un moratoire pour celles des pays les plus pauvres. L’utilisation à large échelle, dans le contexte actuel de crise mondiale, des <b>Droits de tirage spéciaux (DTS)</b> doit être encouragée. Nous devons rechercher <b>la modification des quotes-parts au sein du FMI</b>, pour faire place aux pays émergents et mettre fin à une situation où, profitant de leur minorité de blocage, les Etats-Unis orientent  selon leurs seuls intérêts la politique de cette institution.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Refonder les activités de la Banque mondiale</b>, la décentraliser, en faire, non un organisme caritatif inefficace comme elle l’est devenue, mais une véritable organisation d’aide au développement économique dont le but est de favoriser la participation citoyenne des peuples et  la formation d’Etats démocratiques de droit.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Réformer l’OMC</b>  afin qu’elle ne soit plus le cénacle du seul libre-échangisme mondialisé et pour qu’elle devienne effectivement ce qu’elle aurait dû être dés sa création : un lieu de règlementation de l’activité commerciale pour une concurrence loyale, notamment en introduisant une clause sociale et environnementale dans les échanges. En Europe, il est désormais clair, étant donné le mouvement accéléré des délocalisations vers les pays à bas coûts, qu’il faut revenir à la <b>préférence communautaire</b>, donc proposer un retour, pour certains secteurs, et dans le cadre d’une conception équilibrée des échanges, au tarif extérieur commun. Il faut une Europe de la protection du modèle social européen.       <br />
              <br />
       Agir sur ces institutions internationales, c’est nous donner les moyens de créer un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3)Pour une Europe sociale qui protège</b>       <br />
              <br />
       Il nous faut d’abord une Europe qui protège. Cela signifie que nous devons lutter pour la réglementation du marché afin d’<b>éviter que des formes de concurrence inégales  détruisent les acquis sociaux</b>. Pour mener à bien cette tâche, on pourrait proposer la <b>création d’un « Organisme de réglementation de la concurrence » indépendant de la Commission</b>. Il concernerait aussi bien la concurrence extra-zone européenne qu’intra-zone afin d’éviter le dumping social et fiscal.        <br />
              <br />
       On pourrait, pour harmoniser les politiques sociales, adopter le principe qu’aucune directive du marché intérieur ne remette en cause, par le bas, les droits existants dans un Etat membre.       <br />
              <br />
       Face à la crise financière et économique mondiale, nous voulons que l’Europe agisse en recherchant une stratégie de relance ambitieuse et coordonnée. Celle-ci implique la préservation de pouvoir d’achat, et la lutte contre l’augmentation du chômage. Pour y parvenir l’Europe doit mettre en oeuvre de <b>Grands Projets</b> dans le domaine des infrastructures européennes, de la recherche, de la synergie des Universités, des industries de défense et dans l’aérospatiale. Pour financer ces activités, on pourrait lancer un Emprunt Garanti par l’ensemble des Etats-membres. Cela donnerait au projet européen une identité autrement plus exaltante que celle que lui dessine le visage hostile du marché livré à lui-même.        <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’Europe en favorisant la constitution, en dehors de tout monopole, de « groupes industriels européens » compétitifs à l’échelle mondiale, protéger les sous-traitants et <b>encadrer les OPA</b>. Cela signifie aussi que nous devons encadrer les marchés financiers en renforçant les pouvoirs de l’Autorité des marchés, notamment  contre les raids boursiers.       <br />
              <br />
       <b>Cette politique de relance doit se faire avec l’aide indispensable de l’Allemagne.</b> Le monde du travail en Allemagne y gagnerait  tout autant que le reste des Européens. C’est pourquoi nous devons faire comprendre clairement à nos camarades allemands que <b>la stratégie qui privilégie les excédents extérieurs et les réserves de change au détriment d’une relance européenne, est en contradiction avec l’intérêt général européen.</b>        <br />
              <br />
       Il faut en premier lieu définir une stratégie vis-à-vis de la <b>Banque Centrale Européenne</b>, aujourd’hui gardienne de l’orthodoxie ultralibérale, et qui pratique une politique de l’autruche très cher payée par les peuples. Alors que nous aurions besoin de taux très bas, la BCE refuse de donner aux peuples européens les moyens d’une véritable politique de relance. Il est urgent de s’interroger sur les <b>missions</b> de cette Banque. Il faut prioritairement :       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Introduire dans les statuts de cette institution l’objectif de l’emploi et de la croissance</b>, afin de mettre l’euro au service des européens et non, comme c’est le cas actuellement, au service du capitalisme financier.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li>Avancer vers la création d’un <b>Gouvernement économique de la zone euro</b>. L’Eurogroupe pourrait jouer ici un rôle clé. Le débat ne devrait éviter aucun problème et s’attaquer prioritairement à la question de la politique de change au niveau européen. Il deviendrait alors possible de poser la question de l’augmentation des moyens budgétaires européens pour mettre en place une véritable politique de projets européens.        <br />
              <br />
       Ce serait la seule manière d’affronter enfin sérieusement la question de l’<b>harmonisation fiscale européenne</b>, afin de lutter contre le dumping social intra-européen. Ce serait aussi la meilleure manière de chasser définitivement les menaces du style de la circulaire Bolkenstein.       <br />
              <br />
       Le gouvernement de la zone euro pourrait aider à la mise en place de coopérations renforcées pour favoriser les synergies de ceux qui veulent aller plus loin et plus vite dans la mise en œuvre de politiques communes.        <br />
              <br />
       <b>Une Europe à géométrie variable, fonctionnant en cercles concentriques complémentaires</b>, serait un moyen à la fois indispensable et d’une très grande efficacité dans les domaines de la politique industrielle, de la recherche, de l’innovation, de la défense, du droit social et de l’harmonisation fiscale, pour la mise en œuvre de politiques coopératives fortes et répondant aux besoins des peuples. Cette avant-garde doit être ouverte à tous ceux qui  voudront se donner les moyens d’en faire partie sans que la création des coopérations renforcées soit étroitement corsetée (comme le prévoit aujourd’hui le Traité de Lisbonne).       <br />
              <br />
       Il est urgent, pour ce qui concerne la Commission de Bruxelles, de commencer par <b>modifier les règles du Pacte de stabilité</b>, tant en vue d’une plus grande flexibilité des déficits que pour les dépenses centrées sur  la recherche et l’innovation.        <br />
              <br />
       Ce pacte doit devenir avant tout un <b>pacte pour l’emploi et la croissance</b>. Au demeurant une action solidaire en faveur de la hausse du pouvoir d’achat, d’un SMIC européen, n’a de chance de réussir et d’être pérenne que si elle s’inscrit dans la perspective d’un pacte européen de croissance. La concurrence doit cesser d’être le maître mot de la politique européenne. La Commission doit être placée sous le strict contrôle politique du Conseil.       <br />
              <br />
       Nous devons proposer la création d’un Traité social fixant des critères de convergence progressifs, notamment en matière fiscale et sociale.       <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’idée, contre le néolibéralisme, de la reconstruction d’une préférence européenne par une réglementation « antidumping social » aux frontières de l’Union. C’est le seul moyen de sauver les industries nationales et d’aider à leur modernisation compétitive. Nous devons appliquer une politique tarifaire modulée pour les produits dont l’importation massive casse les appareils industriels européens. Cela implique d’assumer, quand il le faut, un <b>protectionnisme au service de l’emploi et des droits sociaux</b>.       <br />
              <br />
       L’Europe est un continent très dépendant sur le plan énergétique. Il nous faut une véritable stratégie, de long terme, dans ce domaine. Le développement nécessaire des énergies nouvelles et renouvelables doit s’articuler intelligemment avec l’exploitation de toutes les formes d’énergie existantes (charbon propre– gaz– nucléaire). Face à la volatilité des prix du pétrole, il nous faut entreprendre une grande concertation pour promouvoir l’avenir du nucléaire de quatrième génération et préparer l’indépendance énergétique du continent.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, il nous faut une véritable politique européenne de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Après que le Parlement européen a voté pour les objectifs de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, il faut avancer vers des politiques communes de développement des énergies renouvelables, d’économie d’énergie et d’instauration d’une fiscalité environnementale non pénalisante pour l’emploi ni porteuse de désindustrialisation.       <br />
              <br />
       L’Europe ne sera un projet fort, accepté par les peuples, que si elle correspond à l’intérêt général européen. Or la question des services publics est ici décisive. Il n’est pas de l’intention de notre pays d’imposer aux autres sa conception des services publics. Mais il ne peut être question de nous soumettre à la politique de privatisation des services publics, désormais frontale, que la Commission veut imposer partout en Europe avec la complicité des gouvernements conservateurs et parfois sociaux- libéraux.        <br />
              <br />
       <b>La défense des services publics</b>, et plus largement, d’un <b>espace non marchand</b> regroupant tous les <b>biens communs</b> que sont l’éducation, la santé, les retraites, etc. est une question d’identité sur laquelle la gauche française devrait construire un puissant front de résistance à l’occasion de ces élections européennes. Car un service public de qualité, fondé sur l’égalité d’accès des citoyens aux services de base, devrait être un axe central de la construction européenne. Et la bataille pour une directive européenne « service public » de qualité doit devenir un axe rassembleur entre toutes les forces progressistes européennes, qui refusent de  livrer  la société au marché. Un Front progressiste européen pourrait porter haut et fort cette revendication, dés lors que le cadre commun poserait d’abord la protection des niveaux les plus développés de service public comme un principe intangible tout en fixant un minimum au-dessous duquel les Etats ne devraient pas descendre.       <br />
              <br />
       Dans le domaine agricole, il faut défendre le principe de la préférence communautaire, ainsi que celui de  prix rémunérateurs fondés sur la qualité. La  PAC est la seule politique qui a échappé au libéralisme triomphant depuis l’Acte Unique et le Traité de Maastricht : il faut la défendre parce qu’elle représente aujourd’hui la souveraineté alimentaire et une agriculture paysanne de qualité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>4)Pour une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire</b>       <br />
              <br />
       <b>La question de l’indépendance de l’Europe est cruciale. Aujourd’hui, l’OTAN est une courroie de transmission de la stratégie d’hégémonie de  l’administration américaine</b>. La grande majorité des pays de l’Union consent à cette situation. Mais nous avons le droit de la refuser, car la solidarité européenne ne signifie pas pour nous la vassalisation. <b>Nous ne pouvons accepter que l’OTAN intervienne en Asie ou au Moyen-Orient au service de stratégies de domination. Nous respectons les obligations qui résultent du traité de l’Atlantique Nord, mais nous soutenons que l’Europe doit se doter, à terme, d’une défense indépendante.</b>        <br />
              <br />
       L’Europe doit être <b>européenne</b>. C’est la condition pour qu’elle puisse être <b>un acteur stratégique</b> dans la formation d’un <b>monde multipolaire</b>. La question du rapport à l’Amérique ne peut être résolue par une formule à l’emporte-pièce. L’Europe doit d’autant plus se poser sérieusement cette question que nous vivons la fin d’une époque tant dans le domaine économique que politico-stratégique.       <br />
              <br />
       Tout tient à deux conditions essentielles : premièrement, nous l’avons déjà souligné, que les Etats-Unis favorisent une relance économique coordonnée tant avec l’Europe, le Japon, les pétromonarchies qu’avec les puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde et le Brésil ; qu’ils acceptent la modification des règles au sein du FMI et  à l’OMC; qu’ils admettent enfin la nécessité de mécanismes pour contrôler les marchés financiers.        <br />
              <br />
       Deuxièmement, que les Etats-Unis, loin des tentations occidentalo-centristes dont rêvent les idéologues néoconservateurs, participent effectivement à un ordre multipolaire fondé sur le respect du droit international, l’indépendance des peuples et le respect des souverainetés nationales. Cela signifie un changement radical de leur stratégie. C’est dans leur intérêt bien compris autant que dans celui du monde. L’Europe ne gagnerait rien à suivre une Amérique dominatrice. Une Europe européenne, politiquement autonome, agissant par et pour elle-même, y compris par rapport aux Etats-Unis, est la meilleure façon d’enraciner un ordre mondial  multipolaire.        <br />
              <br />
       Cela implique une politique étrangère qui refuse tout alignement sur la politique de Washington, notamment en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. Dans cette région du monde, l’Europe doit proposer non la guerre à outrance mais l’aide au développement et la construction d’Etats nationaux légitimes. La gauche française doit clairement demander le retrait des troupes engagées pour des missions autres que la paix.        <br />
              <br />
       Au <b>Proche et Moyen-Orient</b>, l’intérêt européen, c’est une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits. Il ne saurait y avoir un droit à plusieurs vitesses. Et il n’y aura pas de paix sans justice. Il faut affirmer le droit à la sécurité de tous : sécurité d’Israël, celle du peuple palestinien, qui a le droit à un Etat viable doté de continuité territoriale, le droit au développement technologique de l’Iran, dés lors que cela se produit dans le respect des clauses du traité de non prolifération nucléaire et des contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’Europe, en devenant acteur stratégique, peut et doit avoir un rôle beaucoup plus important au Moyen Orient. Contre la politique des deux poids deux mesures, elle doit, quand c’est nécessaire, utiliser la clause du « partenariat privilégié » pour faire respecter le droit international et faire avancer le processus de paix.       <br />
              <br />
       Facteur de paix dans le monde, l’Europe doit s’engager dans la recherche d’un grand <b>partenariat stratégique</b> avec la Russie. Ce n’est pas seulement la question des approvisionnements énergétiques qui est en jeu, bien qu’elle soit cruciale pour l’Europe. C’est la question de la paix et de la démocratie qui est aussi en cause : une Russie étroitement liée économiquement et culturellement à l’Europe, est une chance pour le développement de la démocratie dans ce pays. La gauche européenne doit parier sur l’avenir d’un espace de coprospérité entre l’Europe et la Russie.       <br />
              <br />
       Nous devons lutter pour <b>une grande politique européenne avec le Sud et l’Afrique</b>. Les plus grands défis économiques et humains sont là.        <br />
              <br />
       L’Europe ne peut tourner le dos à ses voisins méditerranéens sous prétexte qu’elle est engagée dans la consolidation de son action à l’Est. Nous avons besoin d’une Politique Méditerranéenne, élaborée conjointement avec tous les partenaires  de la rive sud. La ligne stratégique ne doit pas être centrée seulement sur les crainte de l’Europe (environnement, contrôle de la circulation des personnes, sécurité, etc.), elle doit être tout autant axée sur le codéveloppement avec ces pays, gage d’une communauté originale avec l’ensemble européen, qui dépasserait les impasses de l’élargissement et la stratégie à courte vue de la simple association commerciale.        <br />
              <br />
       Avec l’Afrique, nous devons réadapter les Accords de Cotonou et abandonner l’idée que c’est le libéralisme qui résoudra les problèmes du développement. Cela a plutôt conduit à la désagrégation des sociétés, aux immigrations massives, aux guerres tribales. Contre la logique libérale qui prévaut à Bruxelles, nous devons défendre l’idée de l’ouverture du marché européen en franchise de douane aux produits fabriqués en Afrique, relancer l’aide publique au développement des infrastructures (pour la santé, pour l’eau, pour les transports, pour l’éducation, etc.). Nous devons aussi nous engager pour des remises de dettes à ces pays, réinvesties dans leur développement.       <br />
              <br />
       Sur la question cruciale des migrations, nous devons à la fois affirmer la nécessité de contrôler les flux en Europe et de favoriser l’intégration des immigrés sur la base du respect des droits et des devoirs dans les pays d’accueil. Nous voulons également, dans une perspective de solidarité active, aider à la formation des cadres et, à l’opposé de l’« immigration  choisie », politique égoïste et cynique de pillage des élites techniques et scientifiques des pays en développement, mettre en place une véritable stratégie de codéveloppement lié aux flux migratoires, impliquant des migrations de travail organisées qui profitent tant aux pays d’origine qu’à l’Europe.       <br />
              <br />
       Tel est le monde que nous voulons. Telle est l’Europe dont nous avons besoin.       <br />
              <br />
       Le MRC avance ces propositions dans un esprit de clarté. Nous souhaitons un débat avec tous nos partenaires de gauche. Nous sommes convaincus que la question de la construction d’une Europe Nouvelle est décisive pour la reconstruction d’une gauche républicaine, démocratique et capable d’offrir une alternative au néolibéralisme. Et nous sommes ouverts, car <b>notre objectif, c’est de faire des élections européennes une grande victoire de la gauche française tout entière.</b></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Position-du-MRC-pour-les-elections-europeennes-de-juin-2009_a74.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.mrc-france.org,2026:rss-1142097</guid>
   <title>Une bibliographie pour mieux comprendre la crise</title>
   <pubDate>Thu, 11 Dec 2008 12:21:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voici une liste non exhaustive de ressources bibliographiques pour mieux saisir les différentes dimensions de la crise et les moyens d'y faire face.     <div>
      <b>Comprendre le monde :</b>       <br />
       <ul class="list"><li>Défis républicains, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, 2004       
       </li></ul><ul class="list"><li>Après l'Empire, Emmanuel Todd, Gallimard, 2002       
       </li></ul><ul class="list"><li>Face à l'hyperpuissance, Hubert Vedrine, Fayard, 2003        
       </li></ul><ul class="list"><li>Multilatéralisme: une réforme possible, Hubert Vedrine, Fondation Jean Jaurès, 2004        
       </li></ul><ul class="list"><li>Continuer l'Histoire, Hubert Védrine (avec Adrien Abecassis et Mohamed Bouabdallah), Fayard, 2007       
       </li></ul><ul class="list"><li>Un détournement, Nicolas Sarkozy et la politique de civilisation, Sami Naïr, Gallimard 2008       
       </li></ul><ul class="list"><li>L’Empire face à la diversité, Sami Naïr, éditions Hachette, 2004       <br />
              <br />
       Actes des colloques de la <a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org">Fondation Res Publica</a>, présidée par Jean-Pierre Chevènement :        
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Mondialisation-regulee-des-echanges-et-preference-europeenne_r16.html">Mondialisation régulée des échanges et préférence européenne</a>, novembre 2005        
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Crises-financieres-a-repetition-quelles-explications-quelles-reponses-_r37.html">Crises financières à répétition: quelles explications ? Quelles réponses ?</a>, octobre 2007        
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link" href="http://www.fondation-res-publica.org/Ou-va-la-societe-americaine-_r32.html">Où va la société américaine ?</a>, décembre 2006       <br />
              <br />
       <b>La crise, sa nature, ses effets :</b>       
       </li></ul><ul class="list"><li>L'avenir du capitalisme, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2004        
       </li></ul><ul class="list"><li>La trahison des économistes, Jean-Luc Gréau, Gallimard, 2008        
       </li></ul><ul class="list"><li>Les économistes contre la démocratie : Pouvoir, mondialisation et démocratie, Jacques Sapir, Albin Michel, 2002       
       </li></ul><ul class="list"><li>La fin de l’eurolibéralisme, Jacques Sapir, Le Seuil, 2006       
       </li></ul><ul class="list"><li>La grande désillusion, Joseph Stieglitz, Poche, 2002       <br />
              <br />
       <b>L'Europe et la crise :</b>       
       </li></ul><ul class="list"><li>La faute de M. Monnet, Jean-Pierre Chevènement, Fayard, L'idée républicaine, 2006       
       </li></ul><ul class="list"><li>En finir avec l'eurolibéralisme, Mémoire des luttes et Utopie critique, Mille et Une Nuits, 2008       
       </li></ul><ul class="list"><li><a class="link"  href="https://www.mrc-france.org/Quelques-reflexions-sur-la-gauche_a52.html">Quelques réflexions sur la gauche</a>, Sami Naïr : Intervention à l'université d'été du MRC de Belfort, septembre 2008       <br />
              <br />
       Vous pouvez également retrouver sur le blog de Jean-Pierre Chevènement les dossiers : <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=europe">europe</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=mondialisation">mondialisation</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=delocalisations">délocalisations</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=protectionnisme">protectionnisme</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=etats-unis">états-unis</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=politique+industrielle">politique industrielle</a>, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=recherche&amp;tag=traite+de+lisbonne">traité de lisbonne</a>.       <br />
              <br />
       Les livres de Jean-Pierre Chevènement peuvent être achetés <a class="link" href="http://astore.amazon.fr/chevenement20-21">dans sa boutique en ligne</a>.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Une-bibliographie-pour-mieux-comprendre-la-crise_a70.html</link>
  </item>

  <item>
   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.mrc-france.org,2026:rss-1136394</guid>
   <title>Le MRC : une ligne claire face à la crise</title>
   <pubDate>Sat, 06 Dec 2008 12:25:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   300 personnes ont assisté à la réunion publique organisée par le MRC jeudi 4 décembre avec Jacques Sapir, Jean-Luc Gréau, Marie-Noëlle Lienemann, Ernst Hillebrand, Benoît Hamon et Jean-Pierre Chevènement.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1136394-1458807.jpg?v=1371687219" alt="Le MRC : une ligne claire face à la crise" title="Le MRC : une ligne claire face à la crise" />
     </div>
     <div>
      Toutes les photos de la <a class="link"  href="https://www.mrc-france.org/Reunion-publique-du-MRC-avec-Jean-Pierre-Chevenement-et-Benoit-Hamon-Face-a-la-crise-que-faire_a64.html">réunion</a> sont disponibles dans l'album consultable <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/index.php?action=galerie&amp;subaction=album&amp;id_album=24231">ici</a>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1136394-1458807.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Le-MRC-une-ligne-claire-face-a-la-crise_a69.html</link>
  </item>

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   <guid isPermaLink="false">tag:https://www.mrc-france.org,2026:rss-1106576</guid>
   <title>Réunion publique du MRC avec Jean-Pierre Chevènement et Benoît Hamon : Face à la crise, que faire ?</title>
   <pubDate>Mon, 01 Dec 2008 10:55:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le Mouvement Républicain et Citoyen vous invite jeudi 4 décembre à 18h30 à une réunion publique ouverte à tous, avec les thèmes et invités suivants :     <div>
      -La reprise en main par l'Etat de la banque et de la finance, par Jacques Sapir, directeur d'études à l'EHESS (dernier ouvrage paru : &quot;Le nouveau XXIè siècle&quot;, Seuil, 2008)       <br />
       -L'incontournable réorientation de la gauche en Europe, par Ernst Hillebrand, directeur du <a class="link" href="http://www.fesparis.org">bureau parisien de la Fondation Friedrich Ebert</a> (voir ses articles dans Le Débat, la Revue socialiste, etc.)       <br />
       -Sortir du libre-échange, par Jean-Luc Gréau, économiste (dernier ouvrage paru : &quot;La trahison des économistes&quot;, Le Débat-Gallimard, 2008)       <br />
       -Marie-Noëlle Lienemann, député européen PS et membre de <a class="link" href="http://www.gaucheavenir.org/">Gauche Avenir</a>       <br />
       -Benoît Hamon, député européen PS et fondateur du think tank <a class="link" href="http://www.la-forge.info">&quot;La Forge&quot;</a>       <br />
       -La France dans le monde qui vient, par Jean-Pierre Chevènement, président du MRC, sénateur du Territoire de Belfort.       <br />
              <br />
       Entrée libre       <br />
       Jeudi 4 décembre 2008 entre 18h30 et 21h       <br />
       Salle Paul Delouvrier - Conseil Régional d'Ile-de-France       <br />
       33, boulevard des Invalides, Paris
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <iframe width="400" height="350" frameborder="0" scrolling="no" marginheight="0" marginwidth="0" src="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=33+bd+des+invalides+paris+france&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.09218,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;g=33+bd+des+invalides+paris+france&amp;s=AARTsJo_nECe_ma_WnITrfKy0JbvG5dlag&amp;ll=48.86336,2.319231&amp;spn=0.019763,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=addr&amp;output=embed"></iframe><br /><small><a href="http://maps.google.fr/maps?f=q&amp;hl=fr&amp;geocode=&amp;q=33+bd+des+invalides+paris+france&amp;sll=47.15984,2.988281&amp;sspn=13.09218,39.550781&amp;ie=UTF8&amp;g=33+bd+des+invalides+paris+france&amp;ll=48.86336,2.319231&amp;spn=0.019763,0.034332&amp;z=14&amp;iwloc=addr&amp;source=embed" style="color:#0000FF;text-align:left">Agrandir le plan</a></small>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Reunion-publique-du-MRC-avec-Jean-Pierre-Chevenement-et-Benoit-Hamon-Face-a-la-crise-que-faire_a64.html</link>
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