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  <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
  <description><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2026-06-08T14:11:25+02:00</dc:date>
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   <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
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   <title>Grèce : l'Union européenne a horreur des référendums</title>
   <pubDate>Sat, 27 Jun 2015 12:02:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, samedi 27 juin 2015     <div>
      Alexis Tsipras a annoncé hier soir l'organisation d'un référendum pour soumettre au peuple grec les propositions de la troïka. Alors que la date butoir du 30 juin approche, le message est clair : le Grèce ne cédera pas au chantage.       <br />
              <br />
       Face à une Union européenne qui a horreur des référendums, Alexis Tsipras nous donne nouvelle leçon de courage politique en refusant d’abdiquer. Le gouvernement grec n’a cessé de faire des concessions (retraites, fiscalité...) mais il ne peut accepter l’inacceptable pour quelques milliards d’ « argent frais » qui ne lui serviraient qu’à acheter du temps. L'irréalisme et l'idéologie sont du côté des créanciers et de la droite allemande.       <br />
              <br />
       Cette décision d’Alexis Tsipras est également une belle leçon de souveraineté. « Au peuple de parler, sans pression ni chantage » a déclaré le Premier Ministre grec. Ces pressions ne devraient pourtant pas manquer, à commencer par un chantage aux liquidités d’urgence de la BCE.        <br />
              <br />
       La Grèce est courageuse mais elle trop seule et la France encore manque à son devoir, alors que notre diplomatie apparait plus soucieuse de son rôle confortable d’intermédiaire que de soutien fidèle et déterminé.       <br />
              <br />
       Le gouvernement d’Alexis Tsipras est en train d’abattre sa dernière carte. L’Histoire sera sévère avec la France si, une fois encore – la fois de trop -,  nous restons spectateurs de la dérive de l’Europe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Grece-l-Union-europeenne-a-horreur-des-referendums_a831.html</link>
  </item>

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   <title>Grèce : l'austérité comme seule issue ?</title>
   <pubDate>Fri, 12 Jun 2015 16:37:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, participait à l'émission "Ça vous regarde" sur LCP, vendredi 12 juin 2015. Elle débattait avec Jean Arthuis (député européen), Maxime Parodi (sociologue) et Georges Prévélakis (ancien ambassadeur grec à l'OCDE).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <iframe width="560" height="315" src="https://www.youtube.com/embed/3vZ-wAwbr00" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Aujourd’hui, le peuple grec est pressuré et la situation du pays est extrêmement difficile. Le pays a une responsabilité dans cette situation mais je ne suis pas sûre que le peuple lui-même soit responsable, je suis même plutôt sûre du contraire. La Grèce a des couches intermédiaires : des banquiers, des décideurs économiques et une classe politique qui ont pu poser de sérieux problèmes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Si on met tout cela ensemble et que l’on constate qu’à l’extérieur, la Grèce est aux mains des « Docteurs Miracle » de l’Europe, oui le peuple grec a du souci à se faire. Ce sont les médecins de Molière : « La saignée, la saignée, vous dis-je ! ». On doit purger, jusqu’à ce que le pays soit exsangue et quand il le sera, le malade mourra guéri.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Depuis qu’elle est dans la zone euro, le PIB de la Grèce a été réduit de 25% car c’est un pays touristique. Elle faisait grâce à sa monnaie, des rentrées importantes ; le tourisme représente encore 20% de son économie. Aujourd’hui, elle n’a plus que les salaires comme variable d’ajustement.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Pierre Moscovici est un représentant particulièrement remarquable de la technostructure politique de la Commission européenne. Ses propos traduisent la voix des politiques sur la Grèce : il me semble que les politiques se sont un peu amollis, je parle notamment de Mme Merkel et de M.Hollande. Nous n’entendons plus dominer la voix de M. Schäuble, qui joue un jeu extrêmement dangereux et néfaste. François Hollande et Angela Merkel sont en réalité effrayés à l’idée que la zone euro pourrait être cassée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La zone euro est une véritable religion. C’était une erreur de départ, y compris pour un pays comme le nôtre, mais il ne faut pas qu’on le voie.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> Il n’y a plus d’issue dans cette affaire : on vous demande des réformes structurelles mais ce sont toujours les mêmes. Ce sont des réformes qui vont complétement assécher le pays, créant l’impossibilité de la consommation et des rentrées fiscales, dans un système épouvantable et incontrôlable car on ne peut pas recruter de la fonction publique. Tout cela est d’une absurdité totale.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Le problème de la dette doit être posé politiquement. Les investissements européens, par exemple, pourraient faire repartir l’économie. Il y a surement un programme de grands investissements, piloté au niveau européen, qui pourrait être fait.       
       </li></ul><ul class="list"><li> On peut très bien imaginer un euro-drachme, dans une monnaie commune, qui perdrait 30% par rapport à l’euro actuel.        
       </li></ul><ul class="list"><li> En créant une monnaie unique, on a juste oublié une chose : 1 – le marché unique a été fait trop vite, alors que d’autres continents n’avaient pas suivi 2- quand on fait une monnaie, il faut qu’elle en ait tous les attributs. Or, ce n’est pas le cas de l’euro, c’est pourquoi il n’est pas gérable.       <br />
               
       </li></ul><ul class="list"><li> Le Parlement français vote à peine le budget. Nous le votons formellement, sous l’œil de Bruxelles, puisqu’avec le six-pack et le two-pack, il faut que nous remettions notre budget à la Commission européenne qui fait des remarques avant même que nous ayons voté. C’est la raison pour laquelle j’ai voté non au TSCG qui corsette les représentants du peuple français d’une manière qui, à mes yeux, n’est fondamentalement pas démocratique.         
       </li></ul><ul class="list"><li> Vous pouvez faire un gouvernement économique de la zone euro par la réunion des Ministres des finances et de l’économie européens, qui au moins sont des représentants de gouvernements qui sont démocratiquement désignés. Ce n’est pas le cas de la BCE.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La souveraineté est partageable sur des bases démocratiques, c’est-à-dire à la condition que ce soit les gouvernements qui soient représentants de leur peuple et puissent être remerciés par leur peuple lorsque ce dernier n’est pas d’accord. Or tout le système européen consiste à verrouiller la volonté des peuples en imposant des reformes issues de la technostructure.       <br />
              <br />
              
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Grece-l-austerite-comme-seule-issue_a820.html</link>
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   <title>Pour le Président de la République, Alexis Tsipras est malheureusement un obstacle</title>
   <pubDate>Thu, 05 Feb 2015 16:30:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, jeudi 5 février 2015.     <div>
       Le Président de la République a reçu hier le Premier Ministre grec et a explicité son approche du dossier grec lors de sa conférence de presse. François Hollande choisit malheureusement le suivisme vis-à-vis de l’Allemagne. Il endosse même l’intervention scandaleuse de la Banque Centrale Européenne qui a décidé hier soir d’entraver le refinancement des banques grecques.       <br />
              <br />
       Quand Alexis Tsipras devrait être un allié pour une réorientation d’une politique européenne qui est suicidaire, le Président de la République voit un obstacle à contourner. La soumission aux dogmes de Bercy, de Bruxelles et de Berlin conduit François Hollande dans l’impasse.       <br />
              <br />
       L’erreur est triple. La Grèce ne sortira pas de l’impasse économique par un aménagement rhétorique de la Troïka et de son programme d’ajustement structurel néo-libéral. Politiquement, il est dangereux de laisser la technocratie européenne cracher au visage du peuple grec qui a voté pour une rupture raisonnable avec les politiques passées. Historiquement, mettre la France à la remorque de l’Allemagne fait reculer la construction européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Pour-le-President-de-la-Republique-Alexis-Tsipras-est-malheureusement-un-obstacle_a745.html</link>
  </item>

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   <title>"Il faut faire la République en vrai"</title>
   <pubDate>Fri, 23 Jan 2015 16:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, participait à l'émission Politique Matin sur LCP, vendredi 23 janvier 2015. Il débattait avec Philippe Dallier, sénateur UMP de la Seine-Saint-Denis.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li> Ce que notre pays a connu, avec ces 17 morts, n’est pas le fruit d’une catastrophe naturelle. Il faut en analyser les causes et s’attaquer aux racines du mal. Je dirai, pour ma part, qu’il faut faire la République en vrai, c’est-à-dire passer des valeurs de la République à des principes qui deviennent des actes.        
       </li></ul><ul class="list"><li> La République c’est d’abord l’école, naturellement. On ne peut pas lui demander de tout régler mais elle est au cœur de la République, elle forme l’esprit critique. Avec la laïcité, avec la place des jeunes et des banlieues reléguées, on a été un peu trop souple sur un certain nombre de principes. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li> L’École doit contribuer à l’intégration dans la société, pas seulement des jeunes issus des banlieues mais de tous les jeunes, car on voit bien qu’il y a un problème de citoyenneté. Il faut retrouver le goût de l’esprit critique, de l’analyse, de la distance. Il faut rappeler qu’il y a des règles, des devoirs et des droits.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il se passe dans les établissements scolaires beaucoup de petites choses qui ont une importance. Il ne faut pas attendre qu'il y ait des problèmes lourds qui se posent. Les enseignants ont besoin d’être accompagnés. J’aspire à ce qu’il y ait davantage d’autorité, au bon sens du terme, et de retour de l’Etat. Cela implique que les établissements fassent un retour de telle sorte qu’on puisse s’adapter et accompagner.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Ce qu’a dit Manuel Valls a choqué mais a eu le mérite de réveiller et de sortir d’une forme de léthargie ainsi que d’un risque qui nous guette après les attentats : la tendance au zapping, à passer à autre chose trop vite       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li> Sur la politique de peuplement, il faut passer des mots aux actes. Nous connaissons les situations des quartiers populaires. Certains, sous l’action des pouvoirs publics, se sont améliorés. D’autres se sont dégradés. Les fractures sociales et territoriales, cela existe. On ne peut y répondre que si on agit concrètement par les politiques de l’emploi, du logement.        
       </li></ul><ul class="list"><li> On ne peut pas dire qu’on traite la Seine-Saint-Denis ou le Val-de-Marne comme la Creuse, les besoins ne sont pas les mêmes. En Ile-de-France, par exemple, nous manquons cruellement de logements.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Nous ne règleront ce problème que si les élus prennent leurs responsabilités et construisent.       <br />
              <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic"> Sur l’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne</span> : la BCE répond à l’urgence, c’est une bonne chose. Je regrette, pour ma part, que la mutualisation soit insuffisante puisque chaque banque centrale nationale va s’occuper d’intervenir à l’échelle du pays.        
       </li></ul><ul class="list"><li> Autre point: c’est tout de même un aveu d’échec de toutes les politiques européennes qui sont menées depuis 1992. Il faut s’attaquer à la question de l’euro de façon urgente.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La victoire de Syriza dimanche serait un bol d’air et permettrait d’ouvrir une brèche à l’échelle européenne pour changer les choses.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Il-faut-faire-la-Republique-en-vrai_a734.html</link>
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   <title>L’utopie de la dépréciation de l’euro</title>
   <pubDate>Tue, 04 Nov 2014 16:59:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Bruno Moschetto, Secrétaire national aux questions économiques, parue dans Le Monde, mercredi 4 novembre 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/7141567-10948310.jpg?v=1415117036" alt="L’utopie de la dépréciation de l’euro" title="L’utopie de la dépréciation de l’euro" />
     </div>
     <div>
      Mario Draghi, l’actuel président de la Banque centrale européenne (BCE), considéré comme moins « allemand » que son prédécesseur Jean Claude Trichet, serait disposé – il l’a annoncé en juillet et l’a répété en septembre – à faire preuve de bienveillance au plan monétaire afin de contribuer à une dépréciation de l’euro sur le marché des changes, et par là favoriser la compétitivité de nos produits à l’exportation. Mais il s’agit en fait d’une utopie.       <br />
              <br />
       Une dépréciation de la monnaie unique des membres de la zone euro – à la différence de la dévaluation d’une seule monnaie nationale – favoriserait en principe l’ensemble des pays de la zone. Cela ne changerait donc en rien la compétitivité du prix des produits français par rapport à ceux des autres membres de la zone, dont les produits allemands, puisque le taux de dépréciation serait identique – c’est-à-dire unique – pour tous.       <br />
       Cela dit, avant d’aller plus loin dans cette hypothèse, l’euro est-il vraiment, comme on l’affirme couramment, « surévalué » ? Cela est-il même possible, dans un marché devenu aussi libre que celui des changes pour les grandes devises convertibles, depuis qu’elles peuvent flotter sans limites les unes par rapport aux autres ?       <br />
              <br />
       En effet, en cas de divergence entre la valeur authentique et le cours du marché d’une monnaie, les arbitrages de place devraient corriger en temps réel les écarts momentanés. Dans cette optique, le Conseil d’analyse économique (CAE), qui conseille le premier ministre, Manuel Valls, s’interrogeait, dans une étude présentée en janvier (« L’euro dans la guerre des monnaies »), sur la réalité de cette surévaluation et la possibilité d’une fiction       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Abandon de souveraineté</b>       <br />
              <br />
       Sans compter que Mario Draghi n’est pas seul sur l’échiquier monétaire mondial. Il a notamment comme partenaire Janet Yellen, présidente de la Réserve fédérale (Fed, banque centrale américaine). On imagine mal celle-ci rester inerte face à une dépréciation de l’euro. A savoir, de son point de vue, une appréciation du dollar, qui aurait pour effet de rendre moins compétitifs les produits américains à l’exportation.       <br />
              <br />
       Une telle évolution ne pourrait que contribuer à accroître le déséquilibre de la balance américaine des transactions courantes et rendre ainsi les Etats-Unis encore plus dépendants, pour son financement, des dollars détenus par les banques centrales asiatiques.       <br />
              <br />
       D’où pour l’euro un autre face-à-face, cette fois-ci avec le yuan chinois, pour l’instant arrimé au dollar et qui, par ricochet, aurait à s’apprécier. Or, l’expérience prouve qu’il est difficile d’imposer contre son gré à Pékin sa politique de change, et notamment la réévaluation de sa monnaie.       <br />
              <br />
       Encore une fois, on peut mesurer combien la gestion de la parité externe de la monnaie unique échappe à ses tuteurs, dont la mission quasi exclusive est d’ailleurs de se consacrer à la maîtrise de la stabilité monétaire interne. Nous avons, en adoptant l’euro il y a quinze ans, abandonné notre souveraineté en matière de change, et nous devons nous en accommoder. Il ne peut donc y avoir de politique active de change de l’euro ; ni dépréciation ni dévaluation.       <br />
              <br />
       <b>« Nationaliser » l’euro</b>       <br />
              <br />
       La seule forme de dévaluation qui reste à notre portée – afin de rendre nos prix compétitifs – est celle de la dévaluation interne, c’est-à-dire la flexibilité des salaires à l’instar de ce que pratiquent l’Allemagne et le Royaume Uni où les commerces sont ouverts le dimanche, où le salaire minimum est très bas et où la durée minimale hebdomadaire de travail garantie peut tendre vers zéro avec le « zero hour contract »…       <br />
              <br />
       En définitive, l’euro apparaît comme le virus de l’Europe et entraîne celle-ci à sa perte ainsi qu’en témoignent l’ensemble des clignotants dans les pays dits périphériques de l’Allemagne (dont la France), que ce soit le chômage, dont la courbe ne s’inverse pas, la croissance, qui n’est jamais au rendez-vous, et les déficits publics, qui s’accroissent malgré les plans d’austérité, lesquels ne font d’ailleurs que contracter l’activité économique dans un cycle infernal.       <br />
              <br />
       Ne faut-il pas « sacrifier la monnaie » pour sauver l’économie, ainsi que cela se pratiquait antérieurement lorsque l’expansion se faisait désirer ? Dans le cas de l’euro, « sacrifier la monnaie » serait accepter qu’il s’érode par le biais d’un taux d’inflation raisonnable, afin de relancer la demande. Mais cela semble inacceptable pour nos partenaires allemands.       <br />
              <br />
       D’où, pour sauver l’économie de l’Europe et en premier lieu celle de la France, la nécessité de « nationaliser » l’euro, de le rebaptiser en « euro franc », et de pouvoir recourir par là à une politique de change autonome et active.       <br />
              <br />
       -------       <br />
       Source :<a class="link" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/11/04/l-utopie-de-la-depreciation-de-l-euro_4517920_3232.html"> Le Monde</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/7141567-10948310.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/L-utopie-de-la-depreciation-de-l-euro_a691.html</link>
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   <title>Europe : la volonté de faire bouger les choses existe-t-elle ?</title>
   <pubDate>Fri, 23 May 2014 15:04:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Mouvement Républicain et Citoyen</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, dans le cadre du débat sur les perspectives de la construction européenne, mardi 20 mai 2014.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.mrc-france.org/video/<iframe src="http://www.chevenement.fr/embed/1629/?auteur=1&title=1" width="588" height="335" frameborder="0" webkitAllowFullScreen allowFullScreen></iframe>     </div>
     <div>
      Monsieur le Ministre,       <br />
              <br />
       Alors que vous venez de prendre vos fonctions, permettez-moi d’effectuer ce bref rappel :       <br />
              <br />
       Quand le gouvernement, le 19 octobre 2012, a demandé au Parlement de ratifier le traité dit TSCG, « sur la stabilité, la coordination et la gouvernance », il nous a incités, je cite votre prédécesseur, M. Cazeneuve, à « dépasser le traité pour le contextualiser ».       <br />
              <br />
       Ce traité pose le principe d’un retour à l’équilibre budgétaire, sous le contrôle de la Commission européenne et selon un calendrier fixé par elle. Il était facile de prévoir, comme je l’ai fait à cette tribune le 20 octobre 2012, en défendant avec mon collègue Pierre-Yves Colombat, une exception d’irrecevabilité, que ce traité « nous [entrainerait] dans une spirale récessionniste dont nous ne [sortirions] que par une crise politique et sociale de grande ampleur ».
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nous y sommes : la mise en œuvre de plans d’austérité budgétaire simultanés dans la plupart des pays d’Europe, si elle a permis de contenir leur déficit global à 3 % du PNB, les a plongés dans une stagnation économique de longue durée. Au premier trimestre 2014 la croissance est nulle en France, négative en Italie (- 0,1 %), à Chypre (- 0,7 %), en Grèce (- 1,1 %), au Portugal (- 0,7 %), mais aussi aux Pays-Bas (- 1,4 %) et en Finlande (-0,4 %). Seule l’Allemagne, avec une croissance de 0,8 %, permet à la zone euro d’afficher une croissance globale de 0,2 %. Sur l’ensemble de l’année, la croissance ne dépassera pas 1 %. Cette stagnation plombe l’économie mondiale car partout ailleurs les taux de croissance prévus sont de deux et demi à sept fois supérieurs. En terme de PNB, les pays de la zone euro, en dehors de l’Allemagne, n’ont pas, en 2013, ou ont à peine retrouvé, en ce qui concerne la France, le niveau de 2008. Là est l’origine d’un déclassement que l’opinion perçoit de plus en plus.       <br />
              <br />
       La chute de l’investissement est générale. Le chômage atteint, dans le pays de l’Europe du Sud, des niveaux sans précédent en Grèce et en Espagne (26 %), mais aussi au Portugal (18 %), en Italie (13 %) et en France (11 %).       <br />
              <br />
       Le seul point positif pour la zone euro est l’excédent global de la balance commerciale, mais il est essentiellement dû à l’excédent allemand (200 milliards d’euros en 2013). L’amélioration constatée en Espagne et au Portugal tient pour beaucoup à la contraction des importations. Pour des raisons qui résultent de la spécialisation haut de gamme de son économie, l’Allemagne bénéficie du cours de l’euro qui, à l’inverse, pénalise les autres pays moins bien placés dans la division internationale du travail et qui ne peuvent s’ajuster qu’en comprimant leurs salaires et leurs investissements. Cet écart de compétitivité structurel au sein de la zone euro révèle le défaut de conception de la monnaie unique, évidemment inadaptée à une zone économique hétérogène. La seule issue économique à long terme est la « Mezzogiornisation », c’est-à-dire la régression, de l’ensemble des pays de l’Europe du Sud.       <br />
              <br />
       Le seul moyen d’éviter cette issue serait la transformation négociée de l’euro en monnaie commune, chaque monnaie nationale devenant une subdivision de celle-ci, exactement comme entre 1999 et 2002 où n’existait qu’une monnaie scripturale, c’est-à-dire bancaire, à une différence près toutefois : les parités fixes entre ces subdivisions seraient ajustables en fonction de critères objectifs (écarts de productivité ou soldes de la balance extérieure). On ferait ainsi l’économie des dévaluations internes si douloureuses qu’elles ne manqueront pas de se traduire dimanche prochain dans les résultats des prochaines élections européennes. On peut prévoir sans risque de se tromper une abstention massive. Celle-ci sera la réponse une nouvelle fois apportée au déni de démocratie qu’a constitué le traité de Lisbonne de décembre 2007 après le non massif – 55 % - des Français au projet de Constitution européenne, le 29 mai 2005.       <br />
              <br />
       Cette solution politique du problème posé par l’euro est une idée qui commence déjà à faire son chemin dans un pays comme l’Allemagne. Celle-ci a fort bien su s’accommoder, dans le passé, d’une révolution lente mais continue du cours de sa monnaie.       <br />
              <br />
              <br />
       Nous sommes aujourd’hui, Monsieur le Ministre, dans un cercle vicieux. La stagnation économique pèse sur les rentrées fiscales et rend plus difficile la réduction du déficit budgétaire. La stagnation du PNB, voire sa baisse ou même son effondrement en Grèce, au Portugal, ou en Espagne, ont fait s’envoler l’endettement. Nous sommes « au rouet », comme disait Montaigne. En juin 2013 – je n’ai pas mis à jour mes statistiques mais la tendance s’est encore aggravée – le niveau de l’endettement atteignait 94 % pour l’Espagne, 133 % pour l’Italie, 126 % pour l’Irlande, 131 % pour le Portugal et 170% pour la Grèce. Pour celle-ci et pour l’Irlande, et peut-être pour Chypre, une restructuration de la dette est inévitable.       <br />
              <br />
       On s’ébaubit volontiers de ce que les pays fortement endettés de la zone euro peuvent désormais se refinancer à long terme à des taux moins élevés, de l’ordre de 3 ou 4 % par an. Mais c’est oublier que la Banque Centrale européenne a ouvert, aux banques italiennes et espagnoles notamment, des prêts colossaux qui leur permettent des placements très avantageux dans la dette souveraine de leurs pays. Cette injection de liquidités n’est d’ailleurs pas suffisante pour ranimer le crédit aux entreprises et sortir la zone euro du marasme. Notre gouvernement demande à la Banque Centrale européenne d’agir pour faire baisser le cours de l’euro surévalué pour l’économie française notamment, mais il ne l’est pas pour l’Allemagne qui a beau jeu d’invoquer, à l’appui d’une interprétation excessivement stricte du traité de Maastricht, l’article 88 de sa loi fondamentale qui prohibe tout prêt de la Banque Centrale à l’Etat empêchant ainsi ce que les Anglo-Saxons appellent le « quantitative easing ».       <br />
              <br />
       Ce que font les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon, nous ne pouvons plus nous le permettre depuis que nous avons signé le traité de Maastricht. Les pratiques que la loi fondamentale allemande prohibe - et la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe veille au respect de la règle – nous sont par là même interdites. Qui, en 1992, en avait informé les citoyens français et autres européens ? Une patiente recherche entreprise pour la Fondation Res Publica, a fait cependant apparaître que le premier Président de la BCE, M. Duisenberg, retenait la possibilité évoquée par les ministres des Finances réunis en décembre 1997 de « formuler des orientations générales en matière de change, uniquement dans des circonstances exceptionnelles, par exemple – je le cite – lorsque le taux de change de l’euro subit des divergences manifestes et persistantes ».       <br />
              <br />
       N’est-ce pas le cas aujourd’hui ? Le cours de l’euro est supérieur de 15 à 20 % à son cours de lancement. Il faudrait proposer d’introduire des montants compensatoires monétaires, au-delà de certains déséquilibres externes (trois années d’excédent au-delà de 6 % comme prévu par l’Union ou quatre points du PNB d’excédent et deux points de déficit, comme proposé par les Etats-Unis au G20 de Séoul).       <br />
              <br />
       Sans doute faudrait-il tester la possibilité de réunir une majorité au Conseil des gouverneurs de la BCE pour introduire des mesures correctrices à l’intérieur de l’Union européenne en matière de taux d’intérêt ou de taux de change. Si une telle perspective s’avérait définitivement impossible, du fait de l’obstruction de l’Allemagne, il faudrait mettre à l’étude un nouveau traité introduisant la monnaie commune, après une plage de transition à laquelle peut nous conduire rapidement l’instabilité non corrigée du système financier international.       <br />
              <br />
       Cessons de nous raconter des histoires sur la crise de l’euro enfin surmontée ou sur l’Union bancaire ou encore sur la taxe sur les transactions financières internationales à la base si étroite qu’elle ne rapportera que 5 milliards d’euros par an. Réforme cosmétique ! Pour l’union bancaire c’est le modèle chypriote qui a été retenu par M. Dijsselbloem, c’est-à-dire la mise à contribution en cas de faillite bancaire des créanciers et des déposants au-delà du montant garanti, c’est-à-dire 100 000 euros, le meilleur moyen de déclencher des réactions systémiques, en cas de crise, bref le contraire de l’objectif poursuivi !       <br />
              <br />
              <br />
       Or une crise n’est nullement à exclure, Monsieur le Ministre, quand on connaît l’importance de la finance de l’ombre, le montant astronomique des crédits dérivés – dix fois le PNB mondial – ou plus prosaïquement le chiffre des engagements des banques européennes sur la Russie.       <br />
              <br />
       Ce monde est dangereux. Gardons-nous, Monsieur le Ministre, de l’aborder avec des idées trop simples. Donnons leur place à la raison – je pense à la crise ukrainienne qui requiert une solution politique dégagée des préjugés russophobes - mais donnons aussi sa place à la créativité – je pense là à la politique monétaire européenne, excessivement rigide.       <br />
              <br />
       Un nouveau mandat va être défini pour la Commission européenne qui succédera à celle présidée par M. Barroso. C’est, Monsieur le Ministre, la dernière occasion de faire bouger les choses par la voie d’une politique concertée au niveau européen. Mais la volonté existe-t-elle de dépasser les idées toutes faites pour faire réellement bouger les choses ? J’aimerais, là-dessus, Monsieur le Ministre, vous entendre, avec des propositions précises qui pourraient être acceptées par l’Allemagne avec laquelle nous savons que vous travaillez sans relâche pour ouvrir à l’Europe un meilleur horizon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Europe-la-volonte-de-faire-bouger-les-choses-existe-t-elle_a618.html</link>
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   <title>"Les chevènementistes veulent jouer un rôle d'aiguillons"</title>
   <pubDate>Thu, 13 Jun 2013 10:32:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Interview de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, Député du Val-de-Marne, parue sur LeFigaro.fr, jeudi 13 juin 2013.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5607181-8363166.jpg?v=1371112907" alt=""Les chevènementistes veulent jouer un rôle d'aiguillons"" title=""Les chevènementistes veulent jouer un rôle d'aiguillons"" />
     </div>
     <div>
      <b>Le Figaro: Sur quels sujets voulez-vous peser davantage au sein du groupe PS ?</b>       <br />
       <b>Jean-Luc Laurent: </b>Nous sommes à l'aise au sein du groupe PS car nous avons la liberté d'expression et de vote. Nous voulons jouer un rôle d'aiguillons. Nous avons voté neuf fois sur dix les projets du gouvernement, mais nous sommes en désaccord avec le PS sur l'Europe. Nous n'avons pas voté le Traité européen ni la règle d'or, ni le programme européen de stabilité car nous considérons que la construction d'une autre Europe est la mère des batailles pour sortir la France de l'impasse. Nous refusons la politique d'austérité, qui ne peut pas être transposable en France. Nous voulons un euro moins cher, un changement des statuts de la Banque centrale européenne (BCE) pour intégrer la croissance. Le MRC pense aussi qu'il faut organiser la mutation de la monnaie unique vers une monnaie commune pour conserver à chaque nation sa souplesse. Nous voulons enfin une réorientation de la construction européenne dans le dialogue avec l'Allemagne, qui n'exclut pas la confrontation. À l'Allemagne, il faut parler franc et franchement.       <br />
              <br />
       <b>Dans le domaine intérieur, êtes-vous favorable au non cumul des mandats ?</b>       <br />
       Absolument pas. Nous sommes opposés à cette réforme. Détenir deux mandats, c'est bien, notamment pour un député maire, car cela permet de faire accéder au Parlement des élus de terrain, qui ne procèdent ni des appareils politiques ni des grandes écoles. La réforme proposée par le gouvernement serait une catastrophe pour la diversité sociologique de l'Assemblée, qui doit bénéficier de l'expérience des élus locaux.       <br />
              <br />
       <b>Avez-vous d'autres différends avec l'exécutif ?</b>       <br />
       Avec Jean-Pierre Chevènement, nous avons déconseillé à François Hollande d'engager la réforme pour permettre le droit de vote des étrangers aux élections locales en France. Je l'ai redit au premier ministre. À la sous-citoyenneté que représente le droit de vote des étrangers, nous préférons la clarté de la pleine citoyenneté par l'acquisition de la nationalité française.       <br />
              <br />
       ------       <br />
       Source: <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/politique/2013/06/13/01002-20130613ARTFIG00001-jean-luc-laurent-les-chevenementistes-veulent-jouer-un-role-d-aiguillons.php">LeFigaro.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Les-chevenementistes-veulent-jouer-un-role-d-aiguillons_a473.html</link>
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   <title>Gouvernement économique européen: chiche?</title>
   <pubDate>Sun, 26 May 2013 16:51:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, première vice-présidente du MRC, participait à l'émission Du grain à moudre sur France Culture sur le thème suivant : "Gouvernement économique européen: chiche ?", mercredi 22 mai 2013. Le podcast est disponible ci-dessous.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5557749-8290901.jpg?v=1369839778" alt="Gouvernement économique européen: chiche?" title="Gouvernement économique européen: chiche?" />
     </div>
     <div>
      <b>Thème</b> : &quot;Gouvernement économique européen: chiche ?&quot;       <br />
              <br />
       <b>Invités</b> :        <br />
       <ul class="list"><li>Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, première vice-présidente du MRC       
       </li></ul><ul class="list"><li>Clémentine Forissier, rédactrice en chef d'Euractiv.fr       
       </li></ul><ul class="list"><li>Alain Fabre, économiste, membre de la Fondation Robert-Schuman, conseiller financier d'entreprises</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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 	<itunes:summary><![CDATA[Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne, première vice-présidente du MRC, participait à l'émission Du grain à moudre sur France Culture sur le thème suivant : "Gouvernement économique européen: chiche ?", mercredi 22 mai 2013. Le podcast est disponible ci-dessous.]]></itunes:summary>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Gouvernement-economique-europeen-chiche_a461.html</link>
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   <title>Le MRC, une boussole républicaine pour la gauche et pour la France</title>
   <pubDate>Mon, 17 Dec 2012 18:14:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Voici la motion adoptée à l’unanimité lors du Congrès de Paris du Mouvement Républicain et Citoyen, dimanche 16 décembre 2012.     <div>
      La France, avec son modèle républicain né de la Révolution de 1789, traverse une crise nationale de longue durée, amplifiée par le déferlement de la crise financière qui a commencé voici cinq ans aux Etats-Unis. La République et son corollaire, la souveraineté du peuple, font face à une rude adversité. Depuis la fin des années 70, la finance mondialisée a peu à peu ruiné les bases du contrat social.        <br />
              <br />
       En Europe, la déréglementation mise en œuvre à partir de l'Acte unique en 1985 et particulièrement la libéralisation des mouvements de capitaux depuis 1990, le traité de Maastricht en 1992, un libre-échangisme érigé en dogme par l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) instituée en 1994, ont précarisé le travail et favorisé les délocalisations et l'érosion industrielles. Un chômage de masse (10% de la population active), frappant particulièrement la jeunesse, s'est installé durablement. Les vieilles nations, et avec elles, la démocratie, ont été mises en congé au profit d'une Europe technocratique, à la fois libérale par son esprit et tracassière par ses méthodes. Le lien qui unissait hier les citoyens et l’Etat républicain s’est peu à peu défait, au point de mettre en péril le système de représentation politique des démocraties européennes. Les mouvements populaires qui battent le pavé à Athènes ou à Madrid en sont les signes les plus manifestes, mais le délitement de l'esprit public est le plus préoccupant. À mesure que des décisions visant à satisfaire aux exigences du capitalisme financier, au détriment du pouvoir d'achat des salariés, de la protection sociale et des services publics, sont prises par les dirigeants européens, le fossé se creuse avec les citoyens dont ils ont reçu mandat.       <br />
              <br />
       En France, la séquence électorale du printemps dernier offre elle aussi des enseignements qu’il convient  de ne pas minimiser. Après cinq années d’outrances au plus haut niveau de l’État, et malgré le désir évident de changement, la moitié des citoyens ont apporté leurs suffrages aux extrêmes ou se sont abstenus. Si elle permet d’offrir des perspectives nouvelles, la victoire de François Hollande, à laquelle le MRC a apporté les yeux ouverts son soutien et sa contribution, a été célébrée dans la sobriété et la &quot;normalité&quot; à laquelle le candidat avait lui-même appelé. Le temps est à la retenue, dans un contexte de crise majeure  et d’incertitudes tenaces. François Hollande a été élu président de la République et a obtenu une majorité parlementaire aux législatives. Pour autant l’enjeu politique est identifié : le 6 mai une majorité s’est constituée sans que la gauche soit majoritaire dans les urnes. La victoire place la gauche devant d’immenses responsabilités pour réussir à redresser la France et réorienter la construction européenne. Dans un mandat de cinq ans, les décisions essentielles doivent intervenir maintenant. Le pays veut des choix courageux. C’est l’État stratège et protecteur que réclame aujourd’hui le peuple français.       <br />
              <br />
       Dans le système international, la zone euro est devenue le maillon faible. Non seulement les décisions prises jusqu’ici par les dirigeants européens ne sont pas à la hauteur, mais elles aggravent souvent le mal qu'elles prétendent combattre. L'ensemble de la zone euro, en dehors de l'Allemagne, est entré en récession. La situation au sud devient particulièrement critique : une grande partie de la jeunesse grecque et espagnole est au chômage, les politiques d’austérité – qui enracinent leur justification dans la prétendue « crise de la dette » – aggravent la récession. La crise financière, devenue économique et sociale, menace de se muer en une crise politique mettant en cause la démocratie elle-même, si les décisions nécessaires ne sont pas prises pour sortir l’Europe de l’impasse dans laquelle elle s’est égarée notamment depuis la création d'une monnaie unique, dont les règles, transposées du mark allemand, ne peuvent convenir à dix-sept économies fortement hétérogènes.        <br />
              <br />
       Mais l'Europe n'est pas seulement fragilisée par ses propres faiblesses, notamment du fait de la surévaluation de l’euro. D'une part, le centre de gravité de l'économie mondiale s'est peu à peu déplacé vers l'Océan Pacifique avec l'installation d'une bipolarité Etats-Unis - Chine qui fonctionne sur une entente tacite. La Chine finance une grande part de l'endettement américain, grâce auquel elle écoule une part croissante de sa production. D'autre part, l'évolution du monde arabo-musulman, aux portes du continent européen, est facteur de déstabilisation. Avec l'incertitude des &quot;révolutions arabes&quot; et la montée objective de l'intégrisme (notamment à travers l'affrontement d'un intégrisme sunnite et d'un intégrisme chiite au Moyen-Orient), une ère de troubles s'annonce à l'horizon. A cet égard, toute tentation d’ingérence et d’intervention dans la guerre civile qui sévit aujourd’hui en Syrie, comme en Irak et en Libye hier, serait facteur d’aggravation de la situation. L’autodétermination des peuples à laquelle le MRC est attaché est incompatible avec la logique interventionniste qui consiste à agir en dehors de tout mandat des Nations Unies pour un changement de régime dans une nation souveraine.       <br />
              <br />
       <b>Notre projet politique vient de loin</b>       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen est un mouvement politique enraciné à gauche mais indépendant. Il est le vecteur d'un projet politique : celui de la construction et de l'affirmation d'une force républicaine, pour relever la France avec la gauche dans la justice sociale, par l'affirmation de l’indépendance nationale et de la souveraineté populaire sans lesquelles il n’y a pas de démocratie.       <br />
              <br />
       Il se situe dans la lignée d'une expérience constamment mise à jour dans des contextes politiques différents. Le CERES est né dans le contexte des années 60, à la fin des &quot;trente glorieuses&quot;. Il a tenté, à l'intérieur du PS, de réunir les conditions d'une transformation sociale de grande ampleur, par l'union de toutes les forces de la gauche à travers un programme commun de gouvernement, dans le contexte de la fin de la guerre froide. C'était la tâche des années 70, par ailleurs marquées par la fin du système de Bretton Woods et par la crise économique qui, née d'un double choc pétrolier, s'est révélée être une véritable mutation d’un capitalisme managérial en un capitalisme financier mondialisé. Advint le règne d'un capitalisme dit &quot;patrimonial&quot; : tout le pouvoir aux actionnaires !       <br />
              <br />
       Quand la gauche est arrivée au pouvoir en 1981, la transformation dont elle était porteuse a été entamée dans un contexte hostile, celui de la montée du néolibéralisme, et sans véritable volonté politique. Elle a été très vite interrompue par une &quot;pause&quot; dans les réformes, puis par une politique de rigueur avec l'ouverture de la &quot;parenthèse libérale&quot; jamais refermée . Les défis du capitalisme financier et les renoncements de la gauche au gouvernement dès 1982-1983 conduisent à la création en 1986 de &quot;Socialisme et République&quot;, courant du Parti socialiste, qui se fixe toujours l'objectif de changer la gauche pour relever la France, mais en prenant appui sur le paradigme républicain.        <br />
              <br />
       Mais la participation de la France à la guerre du Golfe et la négociation du traité de Maastricht en 1991-92 montrent les limites de l’action interne face à la dérive sociale-libérale et atlantiste : après les désaccords de 1983 sur la politique économique dite « parenthèse de la rigueur », viennent la démission de Jean-Pierre Chevènement , ministre de la défense, lors de l'engagement de la France dans la guerre du golfe en 1991, et le non à la ratification du traité de Maastricht en 1992. C'est la création du MDC (Mouvement des citoyens) en 1992-1993. L’expérience de la &quot;gauche plurielle&quot; née avec la surprise de la victoire de 1997 suite à la dissolution ratée, montre les  apports et les limites d'une participation gouvernementale fondée sur l'équilibre implicite entre des forces politiques centrifuges et sans projet commun. L'appui d'une partie importante de la gauche aux thèses communautaristes, les oppositions sur l'immigration comme sur l'affaire du statut de la Corse et les dérives libérale et européiste conduisent les républicains à reprendre leur liberté pour faire entendre leur voix et rééquilibrer la gauche.       <br />
              <br />
       La campagne électorale de 2002 est l'occasion, autour de Jean-Pierre Chevènement, de tenter à travers sa candidature une expérience politique visant au rassemblement des républicains « des deux rives » et au rééquilibrage de la gauche sur une base républicaine. La stratégie du « Pôle républicain » est une réponse difficile à une bonne question : celle de la pertinence des clivages politiques actuels par rapport à une Europe néolibérale. Les partis de gouvernement étant d'accord sur l'essentiel, qui est l'acceptation de la construction européenne dans sa forme libérale actuelle, taire cette question, cela aurait été renoncer sans le dire à la souveraineté populaire et à la démocratie sur l’air de la rengaine « c'est l'Europe, nous n'avons pas le choix ».        <br />
              <br />
       L'effondrement du candidat de la gauche, qui est due au détachement du vote populaire vis-à-vis de la gauche de gouvernement et la présence du Front national au second tour se traduit non pas par une remise en cause de clivages périmés et par une rénovation de la gauche, mais par une glaciation européiste. Pour avoir brisé de nombreux tabous et secoué l’équilibre politique traditionnel, le courant républicain que nous incarnons à gauche a payé le prix fort. Né au lendemain de 2002, le Mouvement Républicain et Citoyen a subi les représailles d’une gauche sociale libérale vaincue par elle-même et qui cherchait ailleurs les causes de sa déroute. Cette stratégie de diversion sur un bouc émissaire avait pour but essentiel de préserver la ligne social-libérale et européiste. Seule notre ténacité a permis de franchir les nombreux obstacles qui entravaient notre chemin.       <br />
              <br />
       Le vote non au référendum de 2005 sur le projet de constitution européenne, dans lequel le MRC a pris toute sa part, a montré une résistance populaire qu’un déni de démocratie (la ratification du Traité de Lisbonne par la voie parlementaire) a privée de débouché politique.        <br />
              <br />
       En 2007, après le retrait de la pré-candidature de Jean-Pierre Chevènement, le MRC passe avec le PS un accord politique dont la contrepartie est le soutien à la candidature de Ségolène Royal à l’élection présidentielle. La candidate prend des distances vis-à-vis de certaines positions classiques du PS, même si l’évolution en matière européenne et sur le statut de la BCE contenue dans notre accord est remise en cause au congrès du PSE de Porto en janvier 2007.       <br />
              <br />
       L’accord entre le MRC et le PS de 2012, qui se traduit par un soutien « les yeux ouverts » à la candidature de François Hollande, est le prolongement de la « candidature pédagogique » de Jean-Pierre Chevènement annoncée le 5 novembre. Il s’agit d’une stratégie d’influence lucide : le MRC se situe dans une perspective responsable, et jamais dans une opposition protestataire. L’accord passé avec le PS identifie des convergences, mais aussi des points de désaccord assumés, notamment sur l’analyse et sur l’issue probable de la crise de l’euro et le refus de la fuite en avant post-nationale. Le MRC rappelle aussi l’importance de l’industrie – y compris nucléaire – pour la sauvegarde de nos emplois qui passe notamment par l’indépendance énergétique. L'accord pose enfin le refus de tout ce qui est de nature à remettre en cause l’unité de la République.       <br />
               <br />
       Cet accord politique qui engage le PS et le MRC, constitue un curseur pour le MRC qui a pris la mesure de ses responsabilités en décidant de prendre toute sa part dans la majorité présidentielle, tout en conservant son autonomie politique : nos trois députés élus en juin 2012 jouissent de la liberté d’expression et de vote au sein du groupe Socialiste, Républicain et Citoyen (SRC) auquel ils sont rattachés. Le MRC est une composante non alignée de la majorité présidentielle. Nous sommes alliés, pas ralliés. Si nous avons voté le budget qui comporte une réforme fiscale inspirée par le souci de faire partager plus justement l'effort nécessaire et deux priorités que nous approuvons - l’éducation et la sécurité-, nous avons dit non au TSCG.       <br />
              <br />
       <b>       <br />
       Notre logiciel politique républicain garde toute sa pertinence dans la situation actuelle</b>       <br />
              <br />
       Le logiciel politique du Mouvement Républicain et Citoyen repose sur quelques fondamentaux, qu’il est nécessaire de rappeler. Ce logiciel, ces fondamentaux, doivent être les outils de notre influence, qui n’est pas séparable de l’affirmation claire et publique de nos positions.       <br />
              <br />
       <b>1 – L’Europe ne peut se construire qu’en s’appuyant sur des peuples souverains.</b>       <br />
              <br />
       Cette question est plus actuelle que jamais. En tant qu'entités historiquement constituées, les nations sont le cadre essentiel de la démocratie et de la solidarité. Bien entendu, nous défendons la conception républicaine de la Nation, communauté de citoyens, et nous condamnons la conception ethnique. Nous ne confondons pas la nation et le nationalisme qui en est une maladie. Nous sommes des patriotes car le patriotisme est l'amour des siens, tandis que le nationalisme est la haine des autres. On ne peut rien faire dans l'ordre international si on ne s'appuie pas sur les nations, briques de base de toute organisation supranationale. Le retour de la France dans le commandement intégré de l’OTAN est une faute.       <br />
              <br />
       On ne gagne rien à occulter le rôle et la spécificité de chaque Nation, comme l'a fait le système de la monnaie unique. Celle-ci se révèle être une impasse. La situation de nombreux pays montre combien la création de l’euro, monnaie unique rassemblant des pays radicalement hétérogènes sur le plan économique et social, est une erreur profonde. Dans la tempête, l’orientation monétariste héritée de Maastricht (et sa seule obsession de lutte contre l’inflation) a été le principal facteur de divergence des nations européennes dont les économies demeurent structurellement différentes. Les intérêts propres de l’Allemagne ne sont pas les mêmes que ceux de la France et encore moins de la Grèce. Il faut nous rendre à l’évidence : il est peu probable que l’Allemagne accepte que la BCE vienne en appui du MES (mécanisme européen de stabilité), et accepte une politique de création monétaire à l’image de celle de la Réserve fédérale américaine, bref devienne une banque centrale comme les autres. Dans ces conditions, il nous appartient de rendre crédible la mutation de la monnaie unique en une monnaie commune qui permette de rétablir une compétitivité adéquate pour chaque économie nationale. Pour les membres de la zone euro, le maintien contre vents et marées de la monnaie unique n'est pas viable en l'état car la crise de l’euro n’est pas une crise de la dette mais d’abord une crise de divergence de compétitivité entre les différentes économies. Une politique monétaire tournée vers la croissance dans l’UE et dans chacun des États membres est l’une des clés d’une politique de progrès. Au-delà, il nous faut redresser et réorienter la politique européenne : le libre-échange intégral doit céder la place à une protection raisonnée des industries européennes. Les coopérations renforcées doivent progressivement remplacer le processus bureaucratique de l’unification juridique. La politique commune de commerce extérieur doit être sérieusement réorientée pour avoir comme unique objectif la défense de l’industrie et de l’agriculture européenne.       <br />
              <br />
       <b>       <br />
       2 – Le peuple français peut se rassembler autour de l’intérêt général.</b>       <br />
              <br />
       La République française est fondée sur la citoyenneté. Celle-ci est le corollaire de la souveraineté nationale. Chaque citoyen est une parcelle du souverain. La République ne va donc pas sans civisme, valeur aujourd'hui décriée, voire ignorée. République de citoyens, la République française se veut aussi une République sociale. Or, qu'en restera-t-il dans l'océan de la mondialisation libérale ? Ancienne base sociale de la gauche, les couches populaires l’ont largement rejetée ou abandonnée. La tentation est grande de chercher dans des réformes sociétales une diversion aux difficultés sociales. Mais dans une société en perte de repères, la structuration de la famille, la citoyenneté, la fermeté par rapport à la drogue ne peuvent être exclues de nos débats, ni dévoyées. Ainsi le MRC se prononce contre la libéralisation du cannabis. Il est essentiel de ne pas déstabiliser encore plus des couches populaires inquiètes pour leur avenir et de leur fournir les sûrs repères de la République et de la citoyenneté. Celles-ci sont en recherche de sécurité devant l’incertitude de l’avenir. Elles sont de plus en plus  installées dans les zones périurbaines et rurales sans l'avoir forcément choisi : c'est la France des personnes modestes, des oubliés, des invisibles. Il ne suffit pas de constater que la classe ouvrière vote en partie à l’extrême-droite, encore faut-il mener une politique qui supprime le terreau sur lequel prospèrent les thèses du Front National et tenir un discours qui réponde au besoin de sécurité de ces couches populaires sans céder à la logique tendant à faire de l'immigré le bouc émissaire de la crise. Cette vision qui ethnicise les problèmes sociaux,  est une impasse, non seulement parce qu’elle divise, mais parce qu’elle tourne le dos aux valeurs républicaines. Le droit de vote des étrangers aux élections locales déconnecterait le lien entre droit de vote et citoyenneté auquel le MRC est particulièrement attaché. Nous y sommes donc opposés mais favorable à un accès élargi à la naturalisation dans le respect des valeurs de la République.        <br />
              <br />
       Comment rendre le peuple acteur de son propre devenir ? Pour agir dans l’intérêt général, il nous faut retrouver des marges de manœuvre au niveau national comme au niveau européen. Nous proposons de relocaliser la dette publique par un grand emprunt, qui serait ouvert aux ménages afin d’assurer notre indépendance par rapport aux marchés financiers. Nous sommes favorables à une dette responsable pour assurer une politique de relance fondée sur la croissance et les investissements d’avenir. Si chacun peut admettre qu’elle ne peut être sans limite, la dette française se doit d’être relativisée. En effet, le montant de la dette nationale est en mettre en perspective (deux années de recettes).       <br />
       L’impôt est un des fondements de la solidarité nationale, c’est un acte fort d’appartenance à la nation. Nous devons revoir l’assiette de l’impôt pour assurer une plus juste égalité entre le capital et le travail. Nous défendons un impôt progressif, assumé par tous en fonction des capacités contributives de chacun.       <br />
              <br />
        Mais il faut aussi mesurer que l’éclatement des cadres collectifs et le délitement de l'esprit républicain amènent les individus à s’identifier à des communautés aussi diverses que variées : le communautarisme est répandu à gauche comme à droite. La situation de victime est un des moteurs de l’action individuelle, fût-ce pour des causes parfaitement défendables, mais elle conduit aux recours juridictionnels plus qu’à l’action. Il est nécessaire de contrer par la laïcité et par le civisme républicain les communautarismes de toutes sortes, qui sont aujourd’hui flattés par la gauche et par la droite &quot;branchées&quot;. Cela exclut toute inscription du concordat en Alsace-Moselle dans la Constitution. Pour lutter contre l'hyper individualisme libéral et les diverses formes de communautarismes qui l'accompagnent, il y a un remède : relever les valeurs républicaines, et particulièrement la laïcité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3 - L'Etat républicain est le garant de l'égalité des citoyens</b>       <br />
              <br />
       La République décentralisée n’est pas une juxtaposition de territoires &quot;féodaux&quot; ; elle reste une et indivisible. Le rôle de l’État républicain porteur de l’intérêt général doit être rappelé dans un contexte d’effritement de la notion de territoire national. Il appartient à l’État d’exercer pleinement ses fonctions régaliennes.  Il assure l’aménagement du territoire. La sécurité doit être garantie à tous par l’État. En France, l’État républicain doit être en mesure de garantir la cohésion institutionnelle et sociale à chaque niveau d’administration du territoire, plus particulièrement en période de crise. Il convient de stopper le démantèlement des services de l’État dont les compétences et les capacités se sont réduites considérablement ces cinq dernières années avec l'application de la RGPP (Révision Générale des Politiques Publiques). La mise en oeuvre de politiques publiques comme l’emploi ou l’aménagement du territoire, si elles doivent être coordonnées au niveau régional, comme au niveau national, s’inscrivent aussi dans le cadre de « bassins de vie » souvent infra-départementaux.  Nous devons asseoir et défendre des services publics efficaces qui s’adaptent aux enjeux et aux nouveaux modes de vie de nos concitoyens, dans le respect des valeurs d’égalité républicaine et de non-marchandisation des services. C’est par la modernisation de notre administration et de nos services que nous pourrons aussi à la réduction des inégalités et assurer la continuité territoriale, jusque dans les espaces ruraux aujourd'hui abandonnés (notamment victimes de la désertification médicale). La commune doit être réaffirmée comme cellule de base de l’organisation républicaine du pays et nous affirmons notre attachement à l’existence des départements.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>4 – L’industrie est la base de notre richesse collective.</b>       <br />
              <br />
       Pour sortir de la crise et du chômage de masse, il est illusoire de penser que c’est par le seul développement des services et sans aucune base productive qu’on y parviendra. Notre pays ne renouera avec la prospérité et l’emploi  que par une politique économique et industrielle cohérente visant à la réindustrialisation du &quot;site de production France&quot;. Il n’y a aucune raison pour que l’Allemagne excelle et que la France périclite. Notre balance commerciale se détériore régulièrement depuis la fin des années 90 alors que celle de l’Allemagne s’améliore. La productivité des salariés français est plus performante que celle de nos voisins, mais les productions allemandes sont encore peu confrontées à la concurrence des pays émergents.  Un pays sans industrie est un pays qui s’appauvrit et cesse de peser. Le discours environnementaliste se satisfait parfois d’un recul de l’activité industrielle, certains allant jusqu’à théoriser la décroissance. A l’inverse, nous plaidons pour une politique qui recherche les voies de la compétitivité de notre industrie pour créer des emplois. Cette compétitivité dépend de la base de financement de la protection sociale, des structures des entreprises, de l’organisation de la sous-traitance, de la recherche et de l’innovation, de la formation et la qualification des salariés, de l’indépendance, du bas coût de l'énergie, et enfin de la participation des représentants des salariés à la stratégie des entreprises. Si l’État Républicain se doit d’agir en ce sens, il doit aussi être un État stratège pour soutenir et développer les filières industrielles prioritaires. Il doit se donner la possibilité d’introduire un contrôle public pouvant aller jusqu’à la nationalisation vis-à-vis d’entreprises qui mettent en péril nos capacités productives, l’emploi salarié et l’intérêt national. Cela doit nous conduire à élargir la base des prélèvements sociaux pour qu’ils pèsent moins sur le travail et davantage sur les revenus financiers et cela doit nous conduire à faire baisser le taux de la monnaie, aujourd'hui surévaluée. La relance industrielle doit s’accompagner d’une politique de relance de l’emploi par le biais de grands travaux. Il convient de prendre des dispositions pour protéger l’économie de production à l’échelle de l’Europe par une préférence communautaire assumée vis-à-vis des pays à bas coût de main d’œuvre.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>5– Notre pays a besoin de recherche, c’est-à-dire de science et de rationalité.</b>       <br />
              <br />
       La rationalité exige un effort de recherche qui s’inscrit dans le long terme. Nous ne sommes pas des partisans du principe de précaution, qui n’est pas un principe scientifique. Les questions relatives au développement énergétique, à la nutrition ou à la nécessaire protection de l’environnement ne doivent pas être traitées frileusement. Ces questions doivent être passées au crible du doute méthodique. C’est par la recherche et l’innovation que les déséquilibres nés des excès de l’économie mondialisée et financiarisée seront contenus et pourront être dépassés.       <br />
              <br />
       Si l’on veut avoir une vision à long terme pour la recherche, il ne faut pas oublier ses fondements qui reposent sur l’amélioration de la connaissance, du savoir, du bien-être de l’humanité. C’est ce pourquoi la recherche fondamentale doit rester indépendante des lobbys financiers. L’innovation est la partie appliquée issue de la recherche fondamentale qui, valorisée, permet de générer des richesses. De nouvelles dynamiques de notre système de recherche doivent être trouvées en renforçant l’interdisciplinarité.       <br />
               <br />
       Enjeu majeur du XXIème siècle, la question de l'énergie doit satisfaire aux exigences d'indépendance, d'efficacité et d'accès pour tous. A ce titre, l'énergie nucléaire reste pour la France un atout majeur non seulement parce qu'elle favorise la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais aussi parce qu'elle permet de fournir une électricité à bon marché (aujourd'hui l'une des moins chère d'Europe). Nous sommes favorables à la recherche publique sur les gaz de schiste en même temps qu’une recherche sur la captation du CO2.       <br />
              <br />
       <b>6 – L’école de la République est le socle de la France de demain.</b>       <br />
              <br />
       C’est l’instruction, la transmission de savoirs, qui est la mission fondamentale de l’école. L’école ne doit pas se construire sur l’idée d’un enfant construisant lui-même ses savoirs, mais autour de l’acquisition méthodique par l’élève, sous l’autorité de maîtres compétents, des principaux savoirs de base. La République a besoin de citoyens éclairés : l’École est le lieu par excellence de la formation du citoyen. Elle est une institution de la République. Il revient à la Nation de définir les programmes et les objectifs qu’elle lui assigne. L’école élémentaire constitue une étape déterminante du parcours scolaire. Le socle des savoirs fondamentaux (lire, écrire, compter) doit être acquis à la fin de l’école élémentaire et la priorité doit être mise sur la maîtrise de la langue française, condition vitale de l’exercice d’une pleine citoyenneté. Pour les élèves en difficulté d’apprentissage, l’école doit veiller également à rester son propre recours, au travers de la prise en compte des besoins éducatifs de chacun :  il convient de s’opposer fermement à toute marchandisation de l’accès au savoir.       <br />
              <br />
       ***       <br />
              <br />
       Bien entendu, le projet du MRC ne se limite pas à ces piliers porteurs. Il est rappelé que le MRC a en 2010 adopté un programme de salut public qui est encore d’actualité. Les 40 propositions de ce programme constituent le support du projet du MRC pour sortir la France et l’Europe de l’impasse. Il est de notre responsabilité d’être davantage présents dans les débats économiques et sociaux. Il nous faut être à la fois offensifs et efficaces dans l’affirmation de nos propositions et de nos refus lorsque l’essentiel est en jeu.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La gauche a besoin d’une refondation républicaine</b>       <br />
              <br />
       Plus que jamais face à une droite décomplexée et à un centre européiste, l’idéal républicain ne peut être porté que par une gauche responsable. Nous devons mesurer la portée et les limites de l’actuelle équation politique. L’élection de François Hollande peut permettre des avancées décisives. Nous nous situons dans une perspective qui est la seule qui doit nous déterminer : faire réussir la France. C’est à cette aune-là que nous devons mesurer nos soutiens et le cas échéant, nos critiques, mais toujours avec l’objectif de servir le pays.       <br />
              <br />
       Il y a des républicains et des libéraux (ou des différentialistes) dans toutes les familles de la gauche : c’est aussi le cas au PS bien sûr, mais également au Front de gauche. Notre tâche est de nouer des liens avec tous les républicains et de faire mûrir les prises de conscience.       <br />
              <br />
       La gauche n’a plus de ligne directrice. Les mythes de la gauche – communiste et social-démocrate – se sont effondrés de pair. Les organisations demeurent avec des militants et des responsables sincères mais souvent déboussolés. La gauche doit se mettre au niveau. C’est le sens de la conversion républicaine que nous lui proposons (par opposition à la conversion libérale).       <br />
              <br />
       La social-démocratie se débat difficilement dans une situation historique où il n’y a plus rien à distribuer, parce que les marchés financiers dictent leur loi aux États et que la croissance a disparu. Or, si elle a réfléchi à la distribution, la social-démocratie a insuffisamment pensé les conditions de la production et la lutte contre le capitalisme financier. Partout en Europe, elle régresse durablement. Les difficultés actuelles de la social-démocratie allemande en sont le signe. Cela ne lui interdit pas quelques victoires ponctuelles. Le parti socialiste français est par ailleurs traversé de courants divers, que l’exercice du pouvoir devrait permettre de dépasser en une nouvelle synthèse républicaine.       <br />
              <br />
       L’idéologie communiste s’est dissoute avec la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’URSS. Le discours du PCF, en l'absence de débouché politique clair, est devenu largement incantatoire, se limitant à la défense, souvent louable mais essentiellement protestataire, des intérêts des &quot;gens&quot;, qu’il oublie parfois de présenter comme des travailleurs. Il décline de plus en plus un discours sur les droits de l’homme oubliant ceux du citoyen, faute d’assumer aussi sa propre histoire. L’effondrement de sa base électorale est préoccupant. Son insertion en France dans le Front de gauche et son alliance municipale de fait avec le PS entrent en contradiction. Nous devons cependant maintenir un dialogue ouvert, à condition bien entendu que le parti communiste ne se dérobe pas devant le débat de fond, en cherchant à jeter l’anathème sur le discours républicain.       <br />
              <br />
       L’écologie politique est devenue un des modes d’expression des couches moyennes supérieures qui ont une activité tertiaire. Cette idéologie souvent a-républicaine et opportuniste a connu des succès relatifs aux élections régionales et européennes (scrutins peu clivants, où le taux d'abstention est de plus en plus élevé), mais ne s’est jamais vraiment affirmée comme une force politique nationale dotée de positions politiques claires, sauf dans le refus viscéral de l’électricité d’origine nucléaire et, parfois de toute forme d’aménagement structuré du territoire qui dépasserait la seule conservation de la Nature idolâtrée (tandis que le génie créateur de l’Homme est systématiquement dévalorisé).       <br />
              <br />
       Le trotskisme, qui s’est construit contre le communisme d’État et qui a connu quelques poussées électorales éphémères, est malade d’une vision exclusivement protestataire de l’action politique qui n’échappe pas toujours au communautarisme et ne se pose plus la question de la prise du pouvoir.       <br />
              <br />
       La crise politique qui s’est déclenchée à droite après la défaite de Nicolas Sarkozy est révélatrice d’un système politique obsolète qui a vu progressivement les grands partis muter en des appareils dont l’activité consiste essentiellement à gérer des ambitions et distribuer les postes, l’œil rivé sur les courbes de sondage pour coller à l’ &quot;opinion publique&quot;. Le dessein d’un grand mouvement hégémonique à droite et l’approche d’un bipartisme à l’américaine ont échoué.        <br />
              <br />
       C’est donc à un vide idéologique que doit faire face la gauche française, alors même que la droite semble avoir définitivement rompu les amarres avec le gaullisme et que l’extrême droite essaie – hélas avec succès actuellement– de s’inscrire dans le paysage politique en profitant de la crise sur les décombres de la classe ouvrière. C’est aussi l’envers de la trahison de la plupart de ses élites politiques, médiatiques et économiques, qui ont perdu le sens de la patrie. Nous continuons de penser, avec Jaurès, que la République sociale que nous appelons de nos voeux, suppose d'organiser &quot;les noces de la classe ouvrière et de la Nation&quot;.       <br />
              <br />
       La question républicaine est elle aussi revenue en force, parce que la question sociale est brûlante d’actualité. Or, la République en France est le système, la perspective, le moyen qui met en œuvre la question sociale comme question politique et démocratique. La question de l’égalité est au cœur de la République. Or, il est plus facile de parler de diversité que d’égalité, car on touche à des intérêts moins puissants en occultant le rapport entre le travail et le capital et les rapports de domination qui en découlent.       <br />
              <br />
       Pour réussir, la gauche doit d’abord se ressourcer dans sa meilleure tradition, qui est en France l’exigence républicaine. Nous le rappelions récemment lors de l’Université d’été de Belfort en septembre 2012 : « Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les États et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers. Actuelle est la République, face au déchaînement des intérêts particuliers et des corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent  l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens. »       <br />
              <br />
       Nous devons faire un bon usage de l’accord PS-MRC de 2012, qui préserve entièrement notre identité politique. Son contenu, qui identifie nos convergences, mais aussi quelques divergences importantes, doit nous conduire à une utilisation intelligente des termes de cet accord. Nous ne devons pas nous situer dans une opposition de gauche systématique qui chercherait à affaiblir le gouvernement. Mais il est utile de saisir toutes les occasions de mettre en évidence nos priorités politiques, en soutenant clairement les décisions gouvernementales qui vont dans le bon sens et en faisant entendre notre différence chaque fois que cela s’avère nécessaire.       <br />
              <br />
       A cet égard, le vote de nos quatre parlementaires contre la ratification du TSCG et la loi organique qui inscrit ce traité dans notre droit national, s’inscrit clairement dans ce qui est présenté comme une des positions communes de cet accord : « Le prochain traité européen est inacceptable, il provoquerait une austérité et une récession généralisée, et doit être renégocié : rachat des dettes publiques par la BCE qui doit soutenir la croissance, grand plan d’investissement financé par un emprunt européen, relance salariale, politique de change assurant un euro compétitif ». Mais il peut aussi se référer à l’un des points de désaccords reconnus par l’accord : « Le MRC rappelle son opposition au traité de Maastricht, propose la révision des statuts de la BCE afin que l’objectif de croissance soit intégré dans ses missions et qu’il soit mis fin à la politique de l’euro cher. De plus, la souveraineté budgétaire ne saurait en aucun cas être soustraite au contrôle des Parlements nationaux, et la monnaie devra être conforme à nos intérêts ». Il nous revient de faire un usage politique de cet accord qui permette de faire les choix que nous jugerons opportuns. La tâche du MRC est d’être la boussole républicaine de la majorité que nous voulons aider à réussir. Là est notre objectif central.       <br />
              <br />
       La forme politique que prendra la refondation républicaine de la gauche ne peut pas encore à ce stade être précisée. Mais si nous observons des limites sérieuses à court terme, il existe des possibilités à moyen terme, dès lors que le débat politique sera conduit sérieusement, sans opposition facile et sans approbation mécanique.        <br />
              <br />
       C’est par notre présence dans le débat politique à gauche que nous pourrons aider le plus efficacement la gauche de gouvernement à faire face aux difficultés de l’heure. La gauche comme force de gouvernement rencontre les limites de cette seule perspective, même si elle est nécessaire : faire de la politique, c’est agir sur le réel. Nous avons choisi, en soutenant « les yeux ouverts » François Hollande, d’être dans la majorité et d’en être l’aiguillon républicain. Cela signifie que, « les yeux ouverts », nous travaillons dans la majorité présidentielle, à sa réussite. Car il s’agit de la réussite et de l’avenir de la France. Nous savons que la réussite ou non du quinquennat passera par des changements que nous devons faire émerger en pesant dans le débat public.       <br />
              <br />
       &quot;Donner du temps à François Hollande&quot;, comme nous l'affirmions à notre Université d'été, ne signifie pas que nous ne sommes pas conscients des choix politiques décisifs auxquels le gouvernement devra procéder rapidement si les mots d'ordre de la campagne doivent avoir un sens. A titre d'exemple, il convient que nous appuyions  la proposition formulée par le candidat François Hollande consistant à organiser la séparation des activités bancaires. Face à la montée du risque systémique, la déconnexion des banques de dépôt et des banques d'affaires est une étape essentielle pour assainir la finance mondialisée. La responsabilité monétaire, élément fondamental de l'ordre public, doit être dissociée des responsabilités économiques, et en particulier des activités de marché. A contrario, le projet de supervision bancaire unifiée par la BCE, elle-même soustraite à tout contrôle démocratique, ne permettra pas d'encadrer les activités spéculatives.       <br />
              <br />
       Notre solidité politique consiste à être conséquents avec nous-mêmes en portant l'accord politique que nous avons passé. Dans l'immédiat, le MRC doit prendre la mesure de ses responsabilités pour aider la gauche à réussir, au service de la France. Comme le général De Gaulle avait su s'adapter hier face à l'évolution du problème algérien, François Hollande est confronté à des résistances aussi puissantes, parce qu'elles s'enracinent dans des croyances anciennes, sur la question européenne notamment. Mais les événements ne manqueront pas selon nous de fragiliser les certitudes des plus européistes. Le MRC doit avoir suffisamment confiance dans ses propres analyses pour exercer son influence et peser. La mobilisation de nouvelles générations de républicains sera la condition essentielle pour assurer la continuité de ce combat.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le MRC, pour quoi faire ?</b>       <br />
              <br />
       Nous devons apprécier précisément les possibilités et les limites d’un mouvement comme le nôtre. Il nous appartient de concevoir et de mettre en œuvre comme souvent en politique, une « action du faible au fort ». Cela passe simultanément par une stratégie d’influence – en nous en donnant les moyens – et par une stratégie d’affirmation – en faisant un bon usage de la force de nos idées. La poursuite et l’aggravation de la crise,  la dégradation de la situation politique et la volonté de gagner en 2017, peuvent permettre les révisions et les réorientations nécessaires.       <br />
              <br />
       Une réalité doit retenir notre attention : créé il y a 20 ans, notre parti doit continuer à inscrire sa stratégie dans la durée. Il nous appartient de développer le MRC en prenant une part plus active dans ce développement.       <br />
              <br />
       <b>1 – Participer au mouvement des idées : quels moyens pour les faire connaître ?</b>       <br />
              <br />
       Nous ne devons pas seulement avoir une stratégie de communication, mais surtout une stratégie de diffusion de nos idées et d’échange sur nos propositions. Qui visons-nous, sur quels sujets, et donc comment atteindre les publics que nous recherchons à convaincre ou à faire réagir à nos propositions politiques : c’est à ces questions que nous devons répondre, puis mettre en œuvre ces réponses.       <br />
              <br />
       <b>2 – Etre présents dans la vie économique et sociale : quels réseaux, quelles priorités choisir ?</b>       <br />
              <br />
       La question fondamentale est celle de l’euro. Après le rapport Gallois, il y aura lieu de rendre effectives les orientations qui devront toucher aussi bien la monnaie que la politique industrielle, les politiques du travail et de l’emploi comme l’aménagement du territoire ou les services publics. L’exigence de compétitivité de nos entreprises à l’exportation implique la mobilisation des partenaires sociaux sur la sortie de la crise. Cela rend nécessaire un dialogue étroit avec les forces organisées représentatives sur le terrain industriel et sur le terrain social.       <br />
              <br />
       <b>3 – Avoir une audience internationale : quels axes prioritaires à notre portée retenir ?       <br />
       </b>       <br />
       Nous sommes des défenseurs de la charte de l’ONU, qui est fondée sur la souveraineté des États. Nous sommes donc en principe contre les interventions militaires fondées sur le pseudo droit  d’ingérence. Une action de politique étrangère est à mettre en place, qui couvre les relations internationales dans leurs dimensions politique et économique, ainsi que la défense nationale. Pour ce faire, il nous faut bâtir des relations sérieuses et suivies avec des forces politiques, notamment en Europe.       <br />
              <br />
       <b>4 – Etre actifs au Parlement : comment le rendre visible pour le plus grand nombre ?</b>       <br />
              <br />
       L’activité de nos parlementaires ne peut pas être connue indépendamment de notre propre notoriété. C’est à une articulation entre l’activité du mouvement et celle de ses élus que nous devons travailler.       <br />
              <br />
       <b>5 – Elargir le champ de nos interventions : dans quelles directions le faire ?</b>       <br />
              <br />
       Si nous avons travaillé sur des sujets comme la santé et la protection sociale, nous devons en faire un champ d’intervention plus important. Il ne fait cependant pas partie de nos identifiants actuels. Nous pourrions en faire un champ d’intervention important. Il est d’autant plus d’actualité que des changements auront nécessairement lieu dans ce domaine (cotisations/contributions, dépenses de maladie, avenir des retraites, etc.) et que la protection sociale n’est pas sans rapport avec la compétitivité des économies et donc les échanges.       <br />
       La défense et la protection de l’environnement doivent être inscrites dans le logiciel du MRC et donc fondées en Raison. Par ailleurs, nous avons des propositions intéressantes à formuler sur les questions de logement qui préoccupent particulièrement nos concitoyens.       <br />
       <b>       <br />
       6 – Promouvoir et former de nouvelles générations de militants : y mettre davantage de moyens ?</b>       <br />
              <br />
       Cet effort a déjà été entrepris : il nous faut le démultiplier. Un mouvement politique exige des militants formés, qui ne récitent pas un programme inchangé, mais qui sont capables de penser par eux-mêmes et collectivement la politique.  Un parti politique doit aussi assurer le renouvellement et la promotion de nouvelles générations de militants. La création du comité des jeunes et le rayonnement qu’il exerce seront poursuivis et soutenus. Dans cette perspective, les jeunes du MRC ont vocation à s’impliquer davantage dans le parti.       <br />
              <br />
       <b>7 – Faire connaître nos idées dans les partis de gauche : quelle stratégie adopter ?</b>       <br />
              <br />
       Il nous appartient de faire levier pour que nos idées et nos propositions ne restent pas seulement les nôtres, mais soient discutées et partagées par d’autres dans le champ politique. Nous avons à nous organiser en ce sens.       <br />
              <br />
       <b>8 – Préparer les échéances électorales à venir</b>       <br />
              <br />
       Le MRC devra se mettre en ordre de bataille pour préparer les échéances futures. Elections municipales, européennes, cantonales, régionales et sénatoriales auront lieu en 2014 et 2015. Il convient d'ici là de mobiliser les militants et d'anticiper notre préparation pour être en mesure de décider librement, le moment venu, des modalités de notre participation à ces scrutins. Le travail que nous serons collectivement capables de réaliser pour préparer ces échéances est la seule condition  essentielle du plein exercice de notre liberté.       <br />
              <br />
       ***       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen est engagé dans un objectif de longue haleine, dans un contexte tourmenté : il s’agit de rechercher les voies du redressement de notre pays. Cela exige de notre part de la rigueur, de l’échange et une capacité à comprendre les événements pour les orienter et les infléchir.       <br />
       Notre boussole est la République. Notre rôle ne consiste pas à réciter un bréviaire républicain mais à faire avancer par la pertinence de nos analyses la conscience de la gauche et du pays tout entier. Tâche exigeante. Mais c’est seulement si nous nous en montrons capables que nous pourrons être nous-mêmes la « boussole républicaine » de la gauche et de la France.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Le-MRC-une-boussole-republicaine-pour-la-gauche-et-pour-la-France_a391.html</link>
  </item>

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   <title>"L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"</title>
   <pubDate>Wed, 03 Oct 2012 10:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen et député du Val-de-Marne, prononcé à l’occasion du débat général précédant l’examen par l’Assemblée Nationale du traité TSCG et de la loi organique dite de « la règle d’or », mardi 2 octobre 2012.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/4776928-7141711.jpg?v=1349205453" alt=""L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"" title=""L’euroréalisme doit conduire à la monnaie commune"" />
     </div>
     <div>
      Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale,       <br />
       Monsieur le Premier Ministre,       <br />
       Mes chers collègues,       <br />
              <br />
       La crise de l'Euro dure et...j'ai une mauvaise nouvelle elle risque de durer encore.        <br />
              <br />
       Je parle ici au nom des trois députés du Mouvement Républicain et Citoyen, parti politique qui s'est constitué, en 1992 avec le référendum sur le traité de Maastricht qui a décidé la création de la monnaie unique.       <br />
              <br />
       Je vous prie de bien vouloir excuser notre constance mais derrière les fables qui nous sont servies sur les cigales et les fourmis, les méritants et les indisciplinés, les bons et les mauvais élèves de la Bundesbank, ceux qui ont besoin de coups de règle d'or sur les doigts et ceux qui reçoivent des bons points de la Commission, nous discernons la validité de nos thèses.        <br />
              <br />
       Dix années de monnaie unique ne les ont pas émoussées et nous sommes convaincus qu'il n'y aura pas de vingtième anniversaire de l'Euro tel qu’il a été conçu.       <br />
              <br />
       Les défauts constitutifs de la monnaie unique ne sont pas réductibles car c'est le concept même de monnaie unique qui est inadaptée à la diversité humaine, géographique, démographique, économique et politique de l'Europe.       <br />
              <br />
       Face à l'alternative posée au départ entre monnaie unique et monnaie commune, nous défendons toujours la monnaie commune qui est la monnaie du réel, la monnaie du projet commun et de solidarités construites autour des nations qui sont les briques de base de la démocratie.       <br />
              <br />
       Mais nous ne sommes pas des incendiaires. Nous ne nous réjouissons pas de l'incendie dans la maison euro. Incendie dont la crise des dettes publiques est la fumée mais dont le foyer réside dans le concept même de la monnaie unique et le creusement des différences de compétitivité. Quand le doigt montre le déficit public et le ratio « dette sur PIB », nous regardons les déséquilibres des balances commerciales et des balances des paiements car là se trouve le foyer de la crise.       <br />
              <br />
       L'Euro était inadapté. L'extension à l'échelle de l'Europe de la politique de la Bundesbank était particulièrement inadaptée à une Europe hétérogène. Dix années de monnaie unique n'ont fait qu'aggraver le problème avec des stratégies nationales singulières d'adaptation à la contrainte monétaire et le chloroforme de taux d'intérêt faibles ou nuls. Le déclenchement de la crise financière a dit la vérité de ces dix années d'illusoires convergences.       <br />
              <br />
       Nous ne sommes pas des incendiaires et c'est pourquoi, Monsieur le Premier Ministre, nous sommes à vos côtés dans cette majorité présidentielle pour redresser la France dans la justice et changer l’Europe.       <br />
              <br />
       Les parlementaires du Mouvement Républicain et Citoyen ne voteront ni le traité ni la loi organique qui instaure la « règle d'or », parce que nous sommes  attachés à la souveraineté populaire.        <br />
              <br />
       Le débat, comme vous l’avez dit M.le Premier Ministre, est utile. Ce débat européen est trop souvent confisqué par les impératifs de ceux qui nous demandent de toujours dire « oui ». Notre pays est trop profondément engagé dans la construction européenne depuis 50 ans pour  que le débat européen soit confisqué dans un choix binaire entre un oui et un non. D’autant que la gauche c’est le débat, et ce débat sur la construction européenne, traverse la gauche depuis longtemps.       <br />
              <br />
       Dans ce débat, notre non est constructif ; notre non est positif car s’il prend acte de l’absence de renégociation, il porte aussi l’exigence de la réorientation européenne.       <br />
              <br />
       Nous ne voterons pas le traité car comme le dit l'accord signé par le MRC et le Parti Socialiste le 9 mars 2012, le traité est « inacceptable ».       <br />
              <br />
       Le Président de la République a eu une parole forte, il a dit que le traité serait « renégocié » et « complété ». Renégocié, il ne l'a pas été. Il ne le sera pas. Complété, il a commencé à l'être lors du Sommet européen du 28 juin. Il devra l'être plus fortement pour faire plus que compenser la logique mortifère de l'austérité hérité de l'époque qu’on a qualifié de « Merkozy ». Il faut développer une politique de croissance en Europe par une politique active de la Banque Centrale, par une politique de change qui réduise la surévaluation de l’euro, par de grands investissements mutualisés et par la relance salariale dans les pays qui le peuvent, et je dirais même, dans les pays qui le doivent, car la monnaie unique, puisqu'elle est là, crée des solidarités dans les deux sens: les fourmis doivent des comptes aux cigales.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a pris les choses en main le 28 juin. Nous mesurons la difficulté de l'exercice et nous ne cédons pas à la facilité de l'accabler mais nous voulons au contraire lui donner du temps. Nos partenaires européens sont peu commodes et les interlocuteurs formés dans le moule technocratique et libéral de Bruxelles sont légion. La route sera longue.       <br />
              <br />
       Les choses changent en Europe. Doucement. Les annonces du président de la Banque Centrale Européenne cet été ont été suivies du lancement, début septembre, du programme O-M-T qui nous a été en partie vendu comme une révolution...et qu'il nous faut regarder pour ce qu'il est : une rustine. Un geste positif qui éloigne un peu plus la BCE de son modèle, la BuBA. Mais un geste limité. Un geste qui conditionne l’aide de la BCE à des plans d’ajustement stricts. Le pacte de croissance obtenu le 28 juin est un bon début. Les annonces doivent être concrétisées par la mobilisation effective des 120 milliards issus des fonds structurels et de la Banque Européenne d'Investissement. La taxe sur les transactions financières dont le principe est arrêté, doit maintenant être créée.       <br />
              <br />
       Monsieur le Premier Ministre, faites nous crédit de nous regarder non comme des eurosceptiques, des réfractaires ou des traine-savates archaïques. Nous ne sommes pas l'arrière-garde.  Monsieur le Premier Ministre, nous sommes à l'avant-garde de l'euroréalisme.        <br />
              <br />
       Dans la difficulté, beaucoup de voix plaident pour le fédéralisme, le grand saut fédéral...nous craignons que le document dit des « 4 présidents » attendu pour l'automne, pousse dans ce sens. Le Président Barroso a prononcé récemment un discours où il plaide dans ce sens.        <br />
              <br />
       Tout cela illustre une fois de plus ce que les théoriciens de la construction européenne appellent le spill-over. On crée un outil, la monnaie unique, et il  fabrique du fédéralisme.        <br />
              <br />
       On nous dit que puisque nous avons une monnaie unique, il nous faut nécessairement un Ministre des Finances européen qui fasse et défasse les budgets nationaux au détriment de parlements nationaux souverains et puisque nous avons une monnaie unique, il nous faudrait un président de la Commission élu au suffrage universel direct comme le suggère Angela Merkel.        <br />
              <br />
       Ce spill-over, ce débordement, n’est jamais que le nom sophistiqué de la fuite en avant. Ceux qui ont fait de la randonnée une fois savent que parfois, il est plus raisonnable de revenir à la bifurcation et de prendre la bonne route que de s’entêter à avancer dans la mauvaise direction.       <br />
              <br />
       Le Président de la République a commencé à changer la donne en Europe, et d’abord en rompant le tête-à-tête entre la France et l’Allemagne et en tendant la main à l’Espagne et l’Italie. Le Président de la République a compris que la France était un pays du nord et du sud, une passerelle. C'est notre force et cela nous donne une responsabilité spécifique en Europe.        <br />
              <br />
       Nous avons besoin désormais d’une réorientation de l’Europe qui appelle une nouvelle construction politique. Le référendum de 2005 nous l'a appris, l'Europe meurt de ces  bricolages fonctionnels, de la fuite en avant. Les peuples crient, il faut les entendre. Les politiques d'austérité aggravent cette situation et font peser sur l’Union Européenne une menace politique réelle.        <br />
              <br />
       Je vais faire une faute qu'un jeune parlementaire peut se permettre. Je vais doublement préjuger du résultat.        <br />
              <br />
       Mardi, le traité sera ratifié.        <br />
              <br />
       Sans nos voix, sans d'autres voix à gauche, il sera voté.         <br />
              <br />
       Mais je suis convaincu également qu'il ne sera pas appliqué. Le traité sera voté comme le dernier article d'une période révolue, comme un mauvais héritage.        <br />
              <br />
       Monsieur le Premier Ministre, nous comptons sur vous pour que la donne change en Europe, pour le retour du réalisme, politique et économique, pour le retour des peuples, ceux qui revendiquent aujourd'hui dans les rues comme ceux qui rentre la tête dans les épaules en espérant que tout va bien se passer.       <br />
              <br />
       Pour que la donne change en Europe, vous pouvez compter sur nous et nous comptons sur vous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/4776928-7141711.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/L-eurorealisme-doit-conduire-a-la-monnaie-commune_a354.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Du mythe de la compétitivité à la sortie de l'euro dans l'euro</title>
   <pubDate>Thu, 20 Sep 2012 09:07:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Bruno Moschetto, délégué national du MRC aux questions économiques internationales et professeur d’économie à HEC, lors de la table ronde "Quelle politique industrielle et fiscale pour renouer avec la croissance?" tenue à l'Université d'été de Belfort, samedi 15 septembre 2012.     <div>
      Tel pourrait être – mes chers camarades – mes chers compagnons – le fil d’Ariane  des réflexions que je souhaiterais développer devant vous. Tout d’abord celles-ci passent par une analyse de la réelle compétitivité à l’irréelle croissance. Premier point de mon intervention. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Du mythe de la compétitivité</b></div>
     <div>
      Dans notre environnement européen contemporain  le concept de compétitivité n’est-il pas fondamentalement paradoxal ? La compétitivité qu’est-ce-à dire ? S’agit des ou de la compétitivité ?        <br />
              <br />
       Les compétitivités peuvent être sectorielles . Ainsi elles peuvent concerner le secteur agricole, le secteur  automobile, le secteur aéronautique, le secteur hôtelier, le secteur financier. . Issues de la productivité c’est-à-dire du rapport entre la production et les moyens mis en œuvre pour l’obtenir, les compétitivités  se mesurent en prix, c’est-à-dire de nos jours en monnaie. Ce grand commensurable selon la formule d’Aristote dans l’Ethique à Nicomaque. Dans un pays déterminé, les taux de compétitivité sectorielles peuvent se compenser et permettre dans les échanges internationaux de bénéficier d’avantages dits comparatifs en fait  compétitifs. Où chacun s’enrichit de ses mutuelles différences. Le fait par  exemple que la première de nos grandes  écoles de commerce  caracole en tête depuis plus d’une décennie dans le classement du Financial Time des business school européennes est un témoignage éclatant d’une compétitivité sectorielle.       <br />
              <br />
       Mais la somme des  compétitivités forme un bloc de compétence et elle devient par là globale .  Celle là tient compte du prix des produits marchands  que ce soient des actifs corporels ou non corporels,  c’est-à-dire le prix des biens et des  services qui dans le combat économique extérieur se réduit au   solde de la balance des transactions courantes, alors que seul le déficit de la balance commerciale stigmatise , à tort, les faiblesses compétitives d’une nation.        <br />
              <br />
       D’ailleurs dans la compétitivité globale,  il y  a celle issue des produits marchands et celle issue des produits non marchands  tels que la protection sociale , les services publics, et plus généralement l’art de vivre. Tout ceci résulte d’un choix démocratique et  culturel exercé par chacune des nations.        <br />
              <br />
       De nos jours, l’accent est mis dans le couple franco-allemand, sur la seule compétitivité des produits  marchands et qui se traduit par un insolent excédent de la balance commerciale   pour l’Allemagne (150 MD€) et d’un déficit récurrent  pour la France (50 MD€ )La France est ainsi  réputée être à la traine de l’Allemagne . Mais à la réflexion, l’Allemagne ne tire-t-elle pas par cette soi- disant réussite l’ensemble de ses partenaires de l’Europe, dont la France, vers le bas ? C’est le rapport de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) sur les tendances mondiales de l’emploi en  Europe dont les conclusions sont reprises par le Monde du 25 Janvier 2012 - Article qui s’intitule - : « la crise de la zone euro : la faute à Berlin » et qui pose cette impertinente question.        <br />
              <br />
       Pour l’OIT les bas salaires outre -Rhin sont une raison majeure de la crise en zone euro « la baisse relative du coût du travail allemand depuis une décennie a mis sous pression la croissance de ses concurrents avec des conséquences néfastes pour la viabilité de leurs finances publiques. En se convertissant à la rigueur dès le milieu des années 90, l’Allemagne a créé au niveau européen les conditions d’un marasme économique prolongé, poursuit le rapport de l’institution onusienne. L’OIT épingle au passage les réformes Schröder qui ont eu  pour effet de réduire les revenus du bas de l’échelle notamment dans les services. Je rappellerai simplement que l’heure de baby sitting se rémunère en Allemagne 4€ contre 8 € en France. Tout ceci correspond à ce que l’on appelle la dévaluation interne qui se fait au détriment du monde du travail.        <br />
              <br />
       Nul doute qu’il faut pour l’Europe,  tout sauf de l’austérité,  puisque dans l’équilibre économique ,  les dépenses des uns sont les revenus des autres. La cure de 30 MD€ annoncée par François Hollande  dimanche soir,  équivaut à 1 ½% de la production intérieure brute (PIB)  et  se traduira immanquablement  par une contraction  mécanique de l’activité,  c’est-à-dire de  la croissance tant désirée et qui le sera encore plus. D’ailleurs Joseph Stiglitz, prix Nobel d’Economie,  estime que l’Europe court à sa perte en persistant à mener des politiques d’austérité défendues principalement par l’Allemagne,  dans une déclaration télévisée faite  le même dimanche, et  rapportée par le Monde du 11 septembre 2012.        <br />
              <br />
       Sans compter qu’à l’instar de la Chine – atelier du monde – l’Allemagne est devenue celui de l’Europe :   puisqu’elle achète des produits à bas coût dans son hinterland : les pays de l’Europe de l’Est , les assemble et les vend aux pays de l’Europe de l’Ouest - essentiellement ceux de la zone euro  et où selon  la formule de Jacques Sapir, les produits made by Germany remplacent ceux made in Germany.        <br />
              <br />
       Ces effets déflationnistes  dévastateurs entrainent  dans l’opinion et les médias  la création   d’une chaine de contrevérités . Celle –ci part du constat de l’analyse de la balance commerciale où il apparaît que les pays vertueux se situent au Nord et par là les non vertueux se situent au Sud ; d’où ceux du Sud doivent s’aligner sur ceux du Nord. Il s’agit là d’un véritable contresens .  Celui-ci est dénoncé par la parabole du jeu de billes de Jacques Rueff aux termes de laquelle les gagnants de billes (de devises)  équivalent billes en matière d’échange internationaux doivent les prêter aux perdants de billes (de devises) sinon il n’y a tout simplement plus de jeu de billes ni de jeu commercial international.        <br />
              <br />
       Ce contresens est poussé à son paroxysme par le slogan selon lequel l’Allemagne ne veut pas payer pour les pays du Club Med; d’ailleurs, il ne s’agit pas de payer mais de prêter. Et s’il n’y a plus de Club Med parce que ces pays  ne disposeraient plus de devises pour acheter il n’y aurait plus d’Allemagne qui, assise sur son tas de devises ne pourrait plus vendre ses produits.. Dans le même esprit on peut prétendre  que le Club Med dont la Grèce  a réellement payé pour l’Allemagne du fait de la surévaluation de sa monnaie – l’euro ! Alors comment en sortir ?        <br />
              <br />
       D’où les esquisses de solutions. Un autre prix Nobel d’Economie , Paul Krugman dans son dernier livre paru  le 5 septembre 2012, intitulé « Sortez-nous de cette crise ;maintenant »  en évoque trois possibles.   La première l’inflation sur les prix des flux . C’est-à-dire celle qui résulte d’un déséquilibre persistant entre l’offre de produits et la demande de produits sur l’ensemble des marchés de biens et de services.         <br />
              <br />
       Les conséquences d’un tel déséquilibre se traduisent par une hausse générale et continue des prix et en cas d’indexation des salaires sur les prix – ce qui suppose un quasi plein emploi alors que nous sommes hélas  dans une période de chômage de masse – et par là un effacement des dettes des agents économiques que ce soient les ménages – les entreprises et les administrations . D’où dans cette hypothèse  et dans cette hypohèse de plein emploi  seulement, une relance possible de la demande et un retour à la croissance.        <br />
              <br />
       Mais même si l’on bousculait le mandat de la Banque Centrale Européenne (BCE) qui est  d’assumer d’abord et surtout  la stabilité des prix , reflétée par un taux  d’inflation bas et  délibérément fixé par son Conseil des Gouverneurs, et si ce taux était  porté par exemple de 2%  à 4 ½%  selon les recommandations du Fonds Monétaire International (FMI) ce taux serait unique pour tous les pays de la zone euro  et l’Allemagne n’en voudrait pas ! Traumatisée à tort par l’hyperinflation des années 20 et non pas par la politique déflationniste des années 30 dont le taux de chômage l’a fait basculer dans l’irréparable. Aussi faut-il renoncer à cette  première solution.        <br />
              <br />
       Aussi  Paul Krugman évoque t-il comme deuxième  solution  la monétisation des dettes c’est-à-dire le financement des créances souveraines par les banques  centrales dont  - il faut le rappeler - ce n’est pas la vocation fondamentale. En effet les banques centrales  sont les banques des banques , elles  émettent des billet dont elles détiennent le monopole d’émission , en mettant des liquidités à la disposition des banques commerciales  contre des actifs -  crédits ou titres préalablement détenus par celles-ci et qui avaient antérieurement donné lieu à création monétaire. Aussi ce transfert des actifs des bilans des banques commerciales vers ceux des banques centrales contre des liquidités  ne change en rien le volume de la masse monétaire tout comme le volume des contreparties de celles-ci.        <br />
              <br />
       En revanche, lorsqu’une banque centrale se comporte comme une banque commerciale en  prêtant  directement à des entreprises ou à des Etats – ce qui a été fait par la banque centrale américaine (FED) quant elle a prêté  - dès 2008 à General Motors ou au Trésor américain – il y a véritablement création monétaire par elle.  Ce n’est pas ce qui est demandé à la BCE. Mais les banques centrales créent également de la monnaie lorsqu’elles rachètent des bons du Trésor sur le marché secondaire ainsi que le fait régulièrement la BCE  depuis quelques années au grand dam de la banque centrale allemande. Et depuis le vendredi 7 septembre c’est ce que propose de faire  d’une façon illimitée mais conditionnelle dans le temps et l’espace  le Président de la BCE.        <br />
              <br />
       « Mais on trompe les Français »   – nous a rappelé dans le cadre de nos travaux Jean-Pierre Chevènement -  «  sur la portée réelle des engagement pris par Mario Draghi »  … « On oublie de mentionner que ce rachat ne pourra intervenir que moyennant stérilisation de toutes liquidités additionnelles » Celle-ci  générées  par l’achat des obligations publiques serait immédiatement compensée par la revente parallèle d’obligations privées .  Ce qui aurait  pour résultat de faire baisser le taux des créances souveraines au bénéfice des Etats mais de rehausser celui des obligations privées au détriment du financement des entreprises . Cette mise au point a été soulignée par l’Est Républicain du Dimanche 16 Septembre 2012 dans l’article : Chevènement refuse «  l’austérité. »        <br />
              <br />
       Une telle stérilisation n’aurait-elle pas lieu, ² encore faudrait-il  que cet accroissement du volume de la monnaie mise en  circulation par les banques centrales  soit utilisé par la clientèle des banques commerciales. En effet comme le rappelait  John Maynard   Keynes « on peut conduire un âne à la rivière mais on ne peut l’y contraindre à boire » . Autrement dit si les agents économiques ne veulent pas consommer ou investir , la demande globale ne sera pas relancée. Et ce d’autant plus qu’en période de stagnation ou d’austérité,  se manifeste la pratique de ce que l’on appelle l’équivalence ricardienne aux termes de laquelle on épargne pour faire face aux aléas enclenchés par la: perte de revenus dus à la montée des prélèvements obligatoires ou à la montée du chômage.        <br />
              <br />
       Reste, troisième solution  la dévaluation. A la différence de la dépréciation d’une monnaie , qui peut être progressive,  temporaire et réversible , la dévaluation correspond à un décrochage brutal et irréversible  de la valeur externe de la monnaie nationale par rapport aux autres : les devises. La dévaluation rend immédiatement les prix nationaux compétitifs puisque exprimés en devises,  nos prix baissent d’où l’augmentation de pouvoir d’achat de nos partenaires  et par  là le développement de notre potentiel  d’exportation .        <br />
              <br />
       Dans cet esprit, Michel Aglietta , l’un de nos plus lucides économistes , disait au sujet de la Grèce  dans le Monde du 8 février 2012, qu’elle avait eu tort de rentrer dans la zone euro et qu’elle devrait en sortir ,  c’est-à-dire revenir à la drachme    et de dévaluer de plus de 70% afin de relancer ses exportations. C’est ce que Jean Claude Trichet, lorsqu’il était Directeur du Trésor appelait  les dévaluations compétitives auxquelles il fallait selon lui renoncer pour « coller » au mark, avec le résultat que l’on sait tout au moins pour  ce qui nous concerne       <br />
              <br />
       Dans le même esprit ,  Paul Krugman dans son livre rappelle  que les pays  ayant choisi « ab initio »,  de ne pas adopter l’euro –la  Grande Bretagne et la Suède, s’en sortent beaucoup mieux que leurs voisins de ladite zone. D’où , pour lui, l’invite à les rejoindre en quelque sorte en sortant des contraintes de ladite zone. A cela il apporte un bémol en disant qu’un tel retour à la monnaie nationale ,  impliquerait pour les pays lourdement endettés en euros,  un coût de décrochage dû au  réhaussement de leur dette libellée  en euros trop important. Ce n’ est pas tout –à- fait exact  et même pas du tout exact. D’’où l’évocation d’une véritable solution pour ceux qui le voudraient  - développée dans la deuxième partie de mon propos à laquelle j’arrive maintenant.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>la sortie de l'euro dans l'euro</b></div>
     <div>
      La description des mécanismes de cette construction nécessite d’être précédée par un état des lieux . L’accélération de la crise de l’euro appelle sa nécessaire et urgente maitrise par les autorités quelles soient politiques, économiques et monétaires. L’atermoiement du choix d’une solution rationnelle à un problème né de la non intégration des facteurs de risque d’éclatement lors de la conception de cette unité monétaire ne fait qu’ajouter la crise à la crise.        <br />
              <br />
       En effet tout semble être mis en œuvre pour le maintien du statu quo c’est-à-dire la poursuite de la gestion monétaire par l’ensemble des pays participants au prix certes d’un acharnement thérapeutique au chevet des pays malades d’un endettement réputé excessif.       <br />
                 <br />
       D’où la succession de plans d’aide aux finances publiques internes négociés en contrepartie de plans d’austérité acceptés par les gouvernements des pays bénéficiaires mais rejetés par les populations concernées. Par là,  les pays légaux s’opposent aux pays réels. Jusqu’à quand les résignés, devenus  indignés ne se transformeront-ils pas en insurgés. ? Les déséquilibres des finances extérieures des pays en difficulté ne posent pas de problème quant à eux , puisqu’au sein de cette zone monétaire parfaite, mais non        <br />
       optimale qu’est la zone euro, les réserves publiques de change ont été communautarisées c’est-à-dire mises en pool et ainsi par exemple ,  les excédents commerciaux  allemands financent les déficits de même nature français.          <br />
              <br />
       Toute  solution rationnelle implique que l’on puisse répondre à la question suivante : comment faire  durablement coexister dans le même ensemble économique et monétaire qu’est la zone euro  des Etats-nation dont les performances économiques divergent à la limite de la rupture ? Ainsi par exemple l’une d’entre-elle – l’Espagne – affiche un taux de chômage de 25% et l’autre – l’Allemagne – un taux de chômage  de 5%. Dans une économie monde – selon la formule de Fernand Braudel -  telle que le sont  les Etats Unis d’Amérique la coexistence se fait par des mouvements  de population des Etats en difficulté vers les Etats prospères .Malheureusement ces mouvements  ne peuvent s’opérer dans l’économie monde composée des Etats de l’Union européenne et plus particulièrement ceux de l’Union économique et monétaire i.e. la zone euro,   parce qu’à la différence des Etats Unis d’Amérique qui sont des Etats- région, ceux de l’Europe sont des Etats nation. Pour que les Etats- nation deviennent des Etats- région il faudrait que l’homogénéisation des populations soit quasi parfaite et leur fluidité impliquerait  l’adoption d’une langue commune pour l’ensemble de la pyramide de la  population et pas seulement  de  son élite. Cette  langue commune ne pourrait d’ailleurs  être que «l’ European English »avec tous les renoncements et les efforts que cela impliquerait, particulièrement pour le peuple français.  Nul doute que l’aboutissement des  Etats-Unis d’Europe ne pourra se réaliser en un quinquennat mais au plus tôt en un quart de siècle !         <br />
              <br />
       La confirmation de cette hypothèse  nous est donnée sans ambages par l’économiste Luis Carlos  Bresser- Peireira lequel  a notamment été Ministre des finances des Etats-Unis du Brésil. Il démontre dans un lumineux article reproduit dans le Monde du 7 août 2012  « qu’une monnaie commune » ne peut exister que dans un Etat fédéral ». Il ajoute d’ailleurs qu’arriver à créer pour et en Europe  un Etat fédéral prendrait beaucoup de temps, et que  le voir émerger à court terme est quasi impossible  puisqu’il faudrait que le budget de l’Union Européenne passe d’environ un peu plus de 1% du produit intérieur brut (PIB) à au moins 25% ce qui au rythme de croissance de   un point par an demanderait vingt cinq ans . Il poursuit  « si vous persistez à vouloir maintenir l’euro en vie la probabilité de le voir s’effondrer de façon incontrôlée grossit de jour en jour, ce qui ferait tomber ensuite toute la construction européenne » . en fait l’euro - ce virus – tuerait l’Europe et par là toutes ses avancées Aussi préconise t-il par un retour aux monnaies nationales, « de mettre fin  à l’euro de façon planifiée  et coordonnée ce qui lui semble être la voie la plus sage. »        <br />
              <br />
       A la réflexion, notre solution semble plus conservatrice. Avant que les marchés déclenchent  une désintégration anarchique de l’euro , une gestion pragmatique de leur monnaie par les pays membres de la zone euro s’impose. En effet, bien que la banque centrale,   sise à Francfort soit européenne,  les billets émis par chacune des banques centrales nationale ne le sont pas.  Cette   affirmation résulte  de notre code monétaire et financier lequel par son article 1er, du chapitre 1er intitulé l’unité monétaire, nous rappelle que « la monnaie de la France est l’euro et « que l’euro est divisé en cent centimes » . L’on peut en déduire par transposition  que l’euro est la monnaie de chaque Etat membre de ladite zone. . Cette donnée fondamentale est illustrée par le fait que les pièces de monnaie ont pour chaque Etat une face nationale et les billets un code national  qui précède le numéro de chaque billet :  les lettres U pour la France, X pour l’Allemagne, Y pour la Grèce et ainsi de suite. Par là, notre monnaie, l’euro, comme toutes les autres a gardé son ancrage national .        <br />
              <br />
       Autrement dit les émissions de billets pour l’ensemble des pays de la zone sont déjà segmentés en compartiments correspondant aux sous ensembles. Aussi pour ce qui nous concerne rien n’interdirait de débaptiser notre unité monétaire , l’euro en euro-franc.  Une banque commerciale française  dont le déposant  résident ou non, souhaiterait convertir ses avoirs en compte,  en billets se verrait offrir des billets portant explicitement la mention euro franc correspondant au signe distinctif U. Celui-ci cohabiterait avec les autres euros nationaux  et cette cohabitation pourrait donner lieu à des dépréciations ou des appréciations  qui tempèreraient le passage d’une euro monnaie à une autre et par là ne  nécessiterait pas l’établissement d’un contrôle des changes. Cette réforme monétaire pourrait se faire sans le recours à des dispositifs spécifiques et se ferait ainsi en toute simplicité et en  toute transparence.        <br />
              <br />
       Mais qu’en est-il du risque d’un tel passage pour les Etats qui adopteraient une telle réforme ? La réponse procède de la définition de la monnaie.  C’est pour ceux qui la détiennent, qu’ils soient résidents ou non,   des créances sur l’appareil bancaire des pays concernés,  en l’espèce des avoirs en compte  ou la monnaie dite  scripturale, lesquels  correspondent à des créances sur les banques commerciales. Et, des avoirs en poche, les billets ou la monnaie dite  fiduciaire lesquels  correspondent à des créances sur les banques centrales du système . La masse monétaire de chacune de ces monnaie a pour contrepartie et pour gage en quelque sorte, des crédits pour l’essentiel sur chacune des économies nationales. En définitive, en matière monétaire tout se ramène aux territoires nationaux. Ainsi le passage pour un pays donné , de l’euro-euro à l’euro- national ne change en rien la nature et le montant  des dettes des pays qui opteraient pour le passage de l’euro euro à l’euro national.        <br />
              <br />
       Pour prendre l’exemple le plus sensible,  le système bancaire grec serait toujours redevable vis-à-vis de ses créanciers ,  du même montant en euros dont la dénomination aurait tout simplement changée et serait devenu des euro drachmes .Par cette formule les craintes évoquées par Paul Krugman n’auraient pas lieu d’être. En revanche les détenteurs d’euro drachmes , pourraient voir la valeur de leur créance se contracter mais ce seulement s’ils sont non résidents et dans cette hypothèse, ils verraient la valeur de leurs créances se déprécier parallèlement à la dépréciation de l’euro drachme sur les marchés internationaux. Autrement dit les perdants potentiels ne sont pas les résidents mais les non résidents détenteurs de créances.        <br />
              <br />
       Ce qui est valable pour les avoirs monétaires, c’est-à-dire les dettes bancaires le serait aussi pour les avoirs obligataires - dont les dettes souveraines - lesquelles seraient au terme de leurs échéances respectivement payées en euro nationaux, c’est-à-die en euro drachme pour  ce qui concerne la Grèce par exemple. Naturellement ces créances ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire spontanée des « euro-euro »  en « euros nationaux » mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires. Aussi pourrait-on très bien imaginer que face à une dépréciation significative de ces créances leurs détenteurs et notamment les banques non résidentes seraient conduites à constituer des provisions compensatoires . Mais rien n’interdit de penser que ces provisions  pourraient être reprises en cas d’appréciation ultérieure de la valeur de leurs créances sur les marchés, due à une prospérité retrouvée grâce à une politique économique indépendante, susceptible d’entrainer  ,  un retour à la croissance et une évacuation du chômage de masse.   Cela pourrait tout particulièrement jouer pour la Grèce qui retrouverait ainsi la compétitivité de son industrie touristique.        <br />
              <br />
       L’avantage considérable de cette formule -  qui peut a priori être assimilée à un tour de passe –passe -   en réalité  ne l’est pas du tout puisqu’un euro national quel qu’il soit vaut toujours nominalement un euro-euro. Autrement dit par une telle formule seuls les détenteurs non résidents d’euros nationaux pourraient voir éventuellement la valeur de leurs  créances se déprécier sur les marchés , tant qu’elles  ne sont pas arrivées à leur  échéance moment auquel ils en récupéreraient la totalité de  la valeur nominale. l        <br />
              <br />
       L‘euro zone   redeviendrait une zone monétaire soutenable et durable. L’Allemagne, n’aurait plus  à effectuer   des transferts financiers qui s’annoncent sans fond en dépit de la mauvaise  et bonne volonté de la Cour de Karlsruhe , ni la Grèce à supporter un appauvrissement qui s’annonce sans fin.       <br />
              <br />
       Ainsi  que vive l’euro franc et ses semblables !  Dans ce nouvel univers monétaire chacun retrouverait sa compétitivité globale sur les marchés des biens et services,  sans avoir à rendre compte à une quelconque Troïka en cas de difficultés, qui auraient été par avance résolues et éliminées par l’adoption de changes multiples en lieu et place d’une monnaie unique. La France  retrouverait ainsi sa souveraineté monétaire en conservant l’euro. Mais elle serait redevenue prince c’est-à-dire la première -  dans son royaume c’est-à-dire l’hexagone et l’outre-mer.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Du-mythe-de-la-competitivite-a-la-sortie-de-l-euro-dans-l-euro_a351.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Le MRC, la boussole républicaine"</title>
   <pubDate>Mon, 17 Sep 2012 16:54:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de clôture de Jean-Luc Laurent lors de l'Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen à Belfort, dimanche 16 septembre 2012.     <div>
      Citoyens, citoyennes,       <br />
              <br />
       Il me revient le redoutable honneur de conclure nos travaux, de donner le mot de la fin – fin provisoire – alors même que nos discussions d’hier comme de ce matin, ont souligné la gravité de la crise qui est largement devant nous et l’immensité de la tâche politique que nous avons le devoir d'accomplir pour redresser la France. Ce mot de la fin provisoire, ce propos d’étape sera précédé de deux séries de remerciements. En votre nom à tous :       <br />
              <br />
       - Merci à Bastien Faudot pour l’organisation de cette université et de la formation des jeunes, merci à Jean-Marc Nicolle, Béatrice Desmartin et Catherine Coutard qui ont organisé la formation des élus ;       <br />
              <br />
       - Merci à Christian Proust, Maurice Schwartz et René Remy et à travers eux à tous nos camarades belfortains qui ont rendu possible cette étape dans cette ville que nous aimons tant et qui nous permet de nous ressourcer à nouveau.        <br />
              <br />
       - Ici, nous savons que depuis 40 ans, grâce à l'action de Jean-Pierre Chevènement, cette ville et le Territoire de Belfort ont su par l'articulation de l'action locale et de l'intervention nationale de l'Etat, être au service  des citoyens.        <br />
       A l'heure de l'impérieuse nécessité de la réindustrialisation, il est utile de prendre appui sur l'expérience de Belfort et du Techn'hom pour savoir résister et donner un avenir au monde du travail et aux jeunes       <br />
              <br />
       - Merci à nos invités et à nos intervenants qui nous ont fait part de leurs analyses et de leurs réflexions pour stimuler ce qui doit nourrir notre action       <br />
              <br />
       - Merci aux représentants des partis de gauche qui nous ont fait l'amitié de leur présence
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>20 ans après notre création, nous sommes toujours vivants et plus forts</b></div>
     <div>
      La raison du choix de Belfort est simple: voici 20 ans, en août 1992, avec Jean-Pierre Chevènement nous avons énoncé ici les raisons de notre non républicain au traité de Maastricht créant la monnaie unique.        <br />
              <br />
       20 ans après, j'ai pensé que la tenue de nos travaux, à Belfort, au moment même où la crise de l'euro vient confirmer nos idées, était un choix judicieux et qui s’imposait. D'autant que notre Université d’été a permis de donner un chemin pour sortir de la crise, tracer une perspective pour réorienter la construction européenne et continuer à faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Après le temps de la discussion et de l’analyse durant ces deux journées d'Université d'été, je veux pour conclure, tracer ce qui me semble être notre tâche: définir un contenu au changement en donnant un cap républicain à la gauche et pour la France. C'est cela qui dans l'année à venir, constituera notre boussole au sein de la majorité présidentielle dont nous voulons la réussite pour sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis trop longtemps. Et il convient de rappeler quelques évidences dont nous avons besoin pour agir.        <br />
              <br />
       Le 6 mai 2012, c’était hier. Dans une vie politique dominée par le temps médiatique, par les flux d’information, dans une vie politique où un tweet peut faire événement, où certains journaux semblent soucieux de respecter à la lettre l’impitoyable séquence du « lécher-lâcher-lyncher »…nous pouvons être vite déboussolés, les citoyens engagés comme tous ceux qui se tiennent en retrait mais n’en pensent pas moins.        <br />
              <br />
       Le 6 mai 2012, c’était donc hier et  la gauche a gagné. La gauche rassemblée a gagné et nous avons pris part à ce rassemblement victorieux.        <br />
              <br />
       Nous ne devons pas négliger la portée historique de cette victoire et nous savons que chaque victoire ne se juge au final que sur le bilan. La victoire de mai apporte plus de responsabilités que de satisfactions. Dans la théologie républicaine, l’élection est nécessaire mais seules les œuvres sont suffisantes !        <br />
              <br />
       La gauche a gagné et Nicolas Sarkozy a été battu. Le peuple français a donné congé à cet hyper président à l’orientation politique confuse, aux cent premiers jours étourdissants, menant une politique énergique aux premières heures de la crise avant d’accumuler les choix mortifères et les surenchères douteuses. La signature du TSCG au début de l'année, en pleine campagne électorale, est un bon exemple des deux.        <br />
       Si son désastreux bilan économique et européen ne suffisait pas, il faudrait ajouter que Nicolas Sarkozy a rendu notre pays hystérique collant et légitimant les plus extravagantes exigences instantanées du système médiatique. Le climat politique a changé le 6 mai 2012 : la France n’a pas été libérée, elle a été délivrée.       <br />
              <br />
       François Hollande a été élu avec notre soutien dès le premier tour, avec celui des écologistes et du Front de Gauche au second.        <br />
              <br />
       François Hollande nous le connaissons bien, nous l’avions reçu lors de notre Université d’Eté à Valence en 2010 quand personne ne croyait à sa candidature. Il a mené une campagne dans la droite ligne de ce qu’il nous avait dit à Valence, se démarquant de l'orientation du PS et tenant son cap jusqu’au bout. Se payant même le luxe de refuser d’encaisser le soutien de François Bayrou entre les deux tours.       <br />
              <br />
       La gauche a gagné. Première évidence. Nicolas Sarkozy a été battu. Deuxième. François Hollande a été élu. Troisième. Et nous, nous sommes vivants.        <br />
              <br />
       20 ans après la convention pour une mouvement des Citoyens en août 1992, à Belfort, à quelques encablures d'ici, à la Maison du Peuple, nous sommes bien vivants et debout.        <br />
              <br />
       La crise d’identité semble être un article obligé pour une organisation politique.  Où sommes-nous ? Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Il faut d’abord voir la réalité matérielle. Notre représentation parlementaire a doublé. Nous sommes passés d’un député et un sénateur, à trois députés et un sénateur. Les esprits chagrins me diront qu’on parle là de petites quantités. Je répondrai que pour la première fois depuis longtemps le flux s’est inversé. Et nous serons peut-être quatre à l’automne si le Conseil Constitutionnel donne à Julien Landfried l’occasion de faire chuter la maison Devedjian…à la loyale cette fois !        <br />
              <br />
       D’autres me diront que nous n’avons pas pu mener au bout la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, l’exercice reste compliqué pour les petits et on l’a vu même pour l’enfant chéri des médias qu’est Europe Ecologie.   Nous avons fait le bon choix.        <br />
       Au delà des élections, j'ai plaisir à voir dans cette salle une diversité des âges parmi les participants grâce aux nombreux jeunes, cette génération 2005 qui nous a rejoint.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Le MRC : la boussole républicaine </b></div>
     <div>
      Nous avons fait le choix du soutien de François Hollande dès le premier tour et par l’accord politique avec le Parti Socialiste d’être au cœur de la majorité avec la volonté de peser. Je l’ai dit la gauche a gagné…et quand la gauche gagne avec notre soutien, notre rôle n’est pas de favoriser son échec ou de nous retirer sur un Aventin.        <br />
              <br />
       Notre rôle est d’être dans l’action, et d'agir en responsabilité pour l’aider à réussir. Nous avons été intéressés par le discours du Bourget, nous avons senti pour la première fois depuis longtemps qu’il y avait sans doute une place pour nos idées dans cette maison. Et nous y avons pris place et nous y sommes.       <br />
              <br />
       Nous sommes les gardiens du discours du Bourget et surtout de l'accord politique que nous avons signé avec le PS. Cet accord fait de nous des alliés, pas des ralliés. Composante républicaine de la majorité, le MRC entend agir pour contribuer à la réussite de François Hollande. Mais nous entendons rester fidèles à ce que nous sommes. Et pour cela, nous avons notre liberté d’expression et la liberté de vote au Parlement. Les parlementaires du MRC n’ont pas de muselière ! Nous sommes dans la Maison, plutôt un immeuble avec ses parties communes et plusieurs appartements dont celui du MRC.       <br />
              <br />
       Nous aurons des alliés, nous en avons déjà. Nous aurons des adversaires, ceux-là nous les connaissons déjà. Nous les connaissons depuis 1992, ils sont nombreux mais contrairement à nous, leur ardeur est bien émoussée.        <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement porte une voix forte, écoutée, à laquelle le pays est attentif. Ses livres ont eu un grand succès en 2011, c’est un travail en profondeur pour faire avancer nos idées. Ce qu’il a semé en 2011-2012, nous le récolterons car la force de nos analyses c’est leur clairvoyance. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Traité européen : un non positif</b></div>
     <div>
      Les défauts congénitaux de l’Euro nous les avons détectés dès 1992. Les dix dernières années de chloroforme ont semblé nous donner tort mais quand survient le choc alors la réalité éclate : la crise de l’Euro n’est pas une crise des dettes. Ca, c'est la fumée. Le foyer de la crise c’est la divergence des économies, les déséquilibres de compétitivité et une politique monétaire au forceps. La crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique.       <br />
              <br />
       Le grand sujet de l’automne sera la ratification du traité européen. La donne a changé en Europe depuis l’élection de François Hollande. Le couple Merkozy a disparu et c’est une bonne chose. Ca n’est pas suffisant, nous le savons bien. Nous défendons suffisamment l’Europe des Nations pour savoir qu’il ne suffit pas de gagner les élections dans un pays pour tout changer. C’est la règle du jeu.        <br />
              <br />
       Le destin de l’Europe est dans les mains des nations et de leurs dirigeants élus, pas dans celle d’un Parlement supranational ou d’une Commission non-élue. Nous ne nous en plaindrons pas et nous ne voulons pas de l'illusoire sortie de crise par la fédéralisme. La crise a été un révélateur de ce point de vue, remettant à leur place le président de la Commission et ne laissant que peu de place au Président du Conseil. Mais l’Europe est lourde à manœuvrer et le président de la République, François Hollande, a le traité d’austérité sur les bras.        <br />
              <br />
       Nous savons qu'il faut du temps. Le Conseil européen a déjà permis de compléter le traité par un volet de croissance. François Hollande a réussi à imposer l’enjeu de la croissance. Les Conseils européen à venir prouveront que les temps changent en Europe mais pour le moment, il nous reste l’enfant bancal de l'étrange union de Nicolas et Angela. Traité inutile qui doublonne sur bien des points l’ensemble du droit européen élaboré à Bruxelles avec le Semestre européen, le Six-Pack adopté en 2011, le Two-Pack qui arrive.        <br />
              <br />
       Le Conseil Constitutionnel a fait une lecture très particulière, casuistique, du traité et a préféré ne pas voir les enjeux de souveraineté budgétaire contenus dans le traité. Mais il a également écarté le recours à une règle d’or constitutionnelle et ça n’est pas plus mal.        <br />
       Ce traité, ce sont des procédures douteuses au service d’une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l’Allemagne comme la France entrent en récession.        <br />
              <br />
       Nous voterons naturellement contre ce traité qui n'a pas été renégocié comme prévu par l'accord politique entre le PS et le MRC.        <br />
              <br />
       Nous voterons contre, il sera sans doute adopté et tout notre travail consistera à ce qu’il ne soit jamais appliqué. Nous ne sommes pas des fétichistes du droit, nous croyons à la politique et à la volonté. Notre travail est de faire en sorte que ce traité, ses objectifs et ses procédures de contrôles supranationales, soient très rapidement couverts de poussière, comme le Semestre européen, comme le Six-Pack. C’est là le vrai combat contre l’austérité budgétaire bien sûr, mais surtout contre la récession où ces politiques nous conduisent. A l’Assemblée comme au Sénat, nous porterons un non positif.        <br />
              <br />
       Avec la poursuite de la crise et notre travail politique viendra la vraie question : l’Euro est-il viable ? Monnaie unique ou monnaie commune ? Les mesures de répit prises par les dirigeants européens, et par le président de la BCE, pour tenter de circonscrire l’incendie, de limiter l’influence des marchés financiers sur les dettes souveraines ne traiterons jamais le vrai mal constitutif de l’Euro. Il est essentiel d’imposer dans le débat le bon diagnostic de la crise de l'Euro et qui d’autre que le Mouvement Républicain et Citoyen peut le faire.        <br />
              <br />
       La question monétaire ne doit pas nous prendre toute notre énergie Nous ne sommes pas un groupe de pression mais bien un parti politique. Les défis pour la France sont nombreux.        <br />
              <br />
       Les dix années de Chirac-Sarkozy ont fait reculer notre pays sur bien des points. Plusieurs ministres ont pris à bras le corps des chantiers qui nous sont chers et pour lesquels il fallait un changement de cap au sein de la gauche : sécurité, éducation, industrie. Nous devons contribuer, contribuer à innover, contribuer à renouer le fil républicain, contribuer à lutter contre les immobilismes et les conformismes. Et contribuer pour continuer à servir l'intérêt général et donner un cap républicain à la gauche et à la France.       <br />
       La gauche n’a pas – collectivement --mis à profit les dix années d’opposition pour comprendre le monde et adopter sa doctrine. Dans les moments de difficultés, c’est trop facilement les réflexes socio-libéraux qui peuvent l’emporter et les débats de diversion, comme les questions sociétales, qui nous éloignent du fond des choses.        <br />
       Nous sommes lucides, nous savons cela et c’est pour cela que nous avons un rôle non pas comme butte-témoin républicaine mais comme boussole républicaine et force d’entrainement.        <br />
              <br />
       La droite ne nous épargnera aucune provocation, la droite politique aura bientôt fini sa guerre des chefs.        <br />
              <br />
       La droite économique ne lâche pas le morceau et le goût de la Belgique affiché par Bernard Arnault relève de la trahison individuelle, de l’esprit de défaite, de la perte du patriotisme mais aussi de la volonté de créer un rapport défavorable à l’idée d’égalité républicaine et aux exigences de la justice sociale. Il s’agit bien d’un acte idéologique et authentiquement politique pour faire pression sur la gauche et sur le pays. Il paraît qu'il ne fuit pas la fiscalité des revenus mais la fiscalité des successions. Il veut transmettre son patrimoine, une vie de labeur...il veut transmettre son pouvoir à sa famille, ses héritiers. Pour nous autres républicains, il y a sans doute plus à voir dans ce geste que dans les péripéties des luttes internes de l'UMP. Nos adversaires sont là, les authentiques adversaires de la République       <br />
              <br />
       Et notre prochain Congrès qui aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre prochains doit nous mettre en ordre de bataille sur l’ensemble des sujets, notamment la finance, la fiscalité en est un et celle des successions en particulier.        <br />
              <br />
       Nous sommes vivants et cela implique des responsabilités :        <br />
       - d'abord du travail militant pour faire connaitre et diffuser nos positions avec une campagne pour expliquer notre non positif, notre non républicain, constructif, pour la réorientation de la construction européenne ;       <br />
       - ensuite un travail doctrinal pour nous imposer dans les débats politiques des cinq prochaines années ;       <br />
       - enfin un travail électoral en préparant 2014 : les municipales et les européennes, le Parlement Européen est une institution dérisoire, les grandes régions ne correspondent à rien mais nous ne devons pas rater ce temps du débat.       <br />
       Ce seront les sujets de notre prochain congrès. D'ici là, travaillons, travaillons sans relâche. Ne ratez pas votre train..., je parle évidement du train de la refondation républicaine.       <br />
              <br />
       Vive la République et Vive la France.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Le-MRC-la-boussole-republicaine_a350.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>"Nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe"</title>
   <pubDate>Mon, 17 Sep 2012 16:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l'Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen à Belfort, dimanche 16 septembre 2012.     <div>
      Je voudrais commencer par le rappel de quelques principes pour dissiper le brouillard dont ses adversaires de toujours et plus encore d’aujourd’hui, les tenants du néolibéralisme, ont voulu et veulent envelopper le mot « République ».       <br />
              <br />
       Non, tout le monde n’est pas « républicain ».       <br />
              <br />
       La République, ce n’est pas seulement le droit de vote. La République est une construction exigeante qui implique le rappel de quelques notions de base.       <br />
              <br />
       Cette exigence est particulièrement actuelle dans une époque dominée par l’Argent roi, celle du capitalisme financier à son apogée, où les marchés financiers rançonnent les Etats et où le Capital met les territoires en concurrence, en n’hésitant pas à coup de plans sociaux, à délocaliser la production au nom d’intérêts purement financiers.       <br />
              <br />
       Actuelle est la République, face au déchaînement des intérêts particuliers et corporatismes, à l’explosion de l’individualisme et des inégalités, et à la fragmentation de l’espace public au profit de revendications identitaires et communautaristes qui obscurcissent l’idée même d’un intérêt commun à tous les citoyens.       <br />
              <br />
       Commençons par le principe de base. La République a pour fondement la souveraineté populaire : chaque citoyen est une parcelle du souverain.       <br />
              <br />
       En se soumettant aux lois, il n’abdique pas sa liberté, car l’Etat républicain est légitime pour intervenir, là où l’initiative individuelle ne le peut pas.       <br />
              <br />
       Une politique industrielle est nécessaire et Delphine Batho a raison de vouloir imposer le « made in France » quand l’Etat lance un programme d’éoliennes ou de centrales photovoltaïques. Les grands prêtres du libre-échange laisseront-ils faire ?       <br />
              <br />
       Répétons-le : la vie sociale implique des règles que seul peut fixer un Etat républicain. La République est un régime de liberté, mais la liberté d’un individu s’arrête là où, comme l’a bien vu Rousseau, elle attenterait à celle des autres. La critique de l’Etat républicain au nom de « l’anti-jacobinisme » est facile, mais elle est bornée. Depuis trente ans, le néolibéralisme triomphant n’a cessé de dénigrer l’Etat, de saper son autorité pour faire triompher la seule loi qu’il révère : celle de la jungle. On a fini par oublier Lacordaire : « Entre le faible et le fort, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit. » C’était il y a plus d’un siècle et demi !       <br />
              <br />
       Parce que le souverain a besoin d’être éclairé, la formation du citoyen est un des buts essentiels de l’Ecole républicaine.       <br />
              <br />
       La République a besoin du civisme et celui-ci ne va pas sans le patriotisme qu’il ne faut évidemment pas confondre avec le nationalisme qui en est la perversion. Mais, M. Bernard Arnault, quand il veut soustraire sa fortune au fisc, n’est pas l’objet d’une persécution. C’est la nation comme communauté de citoyens qui le rappelle à l’ordre à juste titre. Désastreux exemple qui illustre encore une fois à quel point nos élites, depuis longtemps, hélas, ont perdu le sens des intérêts de la France. Pour « faire France » encore faut-il croire en la France.       <br />
              <br />
       La « chose publique » peut se définir à l’échelle de la cité ou de la nation, mais du dialogue des nations peut naître l’idée d’une « République européenne » et plus encore d’une « République universelle ». Ce sont ces règles élémentaires de justice et de droit que l’Europe fondée sur la dérégulation libérale et la concurrence, se refuse obstinément à définir. C’est pourquoi la République française ne doit pas disparaître. Elle a encore beaucoup de choses à dire et à faire.       <br />
              <br />
       La République est laïque : elle n’enseigne pas une religion, sauf peut-être celle de la patrie, bien comprise. La laïcité implique la confiance dans la raison humaine et dans la capacité des citoyens à définir un bien commun dans un espace public soustrait à l’emprise des dogmes. On voit où peut conduire en Lybie et au Proche Orient l’exaltation des fanatismes qu’il s’agisse du fondamentalisme chrétien ou de l’intégrisme djihadiste.       <br />
              <br />
       C’est la grande tâche de l’Ecole laïque d’apprendre à chaque citoyen à penser par lui-même.       <br />
              <br />
       La République implique l’intelligence du monde, la lucidité, et pour la définition autant que pour le service du bien commun, l’esprit de responsabilité. Ainsi le citoyen ne va pas sans abnégation. Celle qui manque à M. Arnault.       <br />
              <br />
       A notre époque de vive compétition, le maintien de la République française exige de tous un effort, mais un effort équitablement partagé. C’est le sens de la justice sociale que François Hollande a déclaré vouloir instiller dans notre fiscalité. A juste titre.       <br />
              <br />
       En effet, la République ne va pas sans l’Egalité.       <br />
              <br />
       Non pas une égalité niveleuse, mais une égalité des chances à laquelle il lui incombe d’œuvrer constamment. Là est d’ailleurs un des fondements les plus sûrs de sa légitimité. Pour faire reculer le Front National, il faut en priorité faire reculer le chômage. Joindre l’action à la parole.       <br />
              <br />
       La République civique, celle de tous les citoyens, est sociale par définition. Il n’était pas besoin de l’inscrire dans une Constitution, même s’il est des choses qui vont mieux quand on les dit.       <br />
              <br />
       La République est un idéal. Ses déviations ne peuvent servir d’argument pour la combattre, car c’est en la ressourçant à ses principes qu’on peut toujours la relever.       <br />
              <br />
       Ainsi, les fractures sociales observables dans nos villes ne résultent pas d’une faillite de la République, mais d’un défaut de République.       <br />
              <br />
       L’exigence républicaine, c’est celle du bien commun, tel que le débat civique permet de la définir.       <br />
              <br />
       Réapproprions-nous l’héritage des grands républicains venus de l’Antiquité : Aristote, Polybe, Cicéron-, de la Renaissance italienne –avec Machiavel-, et du siècle des Lumières avec Montesquieu, Locke mais surtout Rousseau sans oublier Emmanuel Kant.       <br />
              <br />
       Car il faut une armature théorique à la gauche, qu’elle trouvera plus dans la République que dans le catéchisme de la bien-pensance.       <br />
              <br />
       La République du XXIème siècle aurait tout à gagner à se réapproprier aussi l’héritage des penseurs républicains de la IIIème République, non seulement de ses hommes d’Etat – Gambetta, Ferry, Clémenceau -, mais de ses penseurs – Alfred Fouillée, Léon Bourgeois, Emile Durkheim, Célestin Bouglé. Ces noms aujourd’hui largement tombés dans l’oubli, illustrent un effort théorique que les républicains d’aujourd’hui n’ont jamais égalé.       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen se veut le levain dans la pâte de la majorité présidentielle. Cette ambition peut paraître excessive. Nous n’avons que quatre parlementaires. Tous les moyens on été employés pour nous réduire, depuis notre création, au lendemain du référendum sur le traité de Maastricht, il y a vingt ans.       <br />
              <br />
       Nous avons aujourd’hui plus que jamais confiance dans la force de nos idées. Chacun peut voir que les événements viennent à notre rencontre.       <br />
              <br />
       « La souveraineté nationale et la démocratie sont », comme disait le général de Gaulle, « l’avers et l’envers d’une même médaille ».       <br />
              <br />
       Il n’était pas judicieux d’aliéner la souveraineté monétaire de la France dans un ensemble que nous ne dominons pas.       <br />
              <br />
       Le TSCG, vingt ans après, retire aux Parlements nationaux la maîtrise de la dépense publique. Il instaure des mécanismes de correction automatiques et prévoit, en cas de déficit supérieur à 3% du PIB, l’intrusion d’instances non élues dans la procédure budgétaire nationale. Où est alors la démocratie ?       <br />
              <br />
       On nous parle de « grand saut fédéral ». Mais dans une Europe où coexistent une trentaine de peuples – dix-sept dans la zone euro – on ne peut réduire les différences de charges, de protection ou d’endettement par un oukase qui irait à l’encontre de la volonté des peuples. C’est ce que viennent de signifier les juges rouges de Karlsruhe sans que personne en France, ne pipe mot.       <br />
              <br />
       François Hollande, j’en suis sûr, comprend tout cela. Les événements le conduiront à faire encore bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Nous soutenons donc François Hollande les yeux ouverts, avec le désir d’œuvrer à son succès. Sa réussite sera celle de la France.       <br />
              <br />
       Chacun le sait, nous ne croyons pas que le destin de notre pays soit la dilution dans une Europe sans rivage, banlieue d’un Empire dont les centres nerveux ont depuis longtemps passé l’Océan.       <br />
              <br />
       Nous voulons que la France pèse dans l’organisation de l’Europe et donc n’y disparaisse pas. Nous savons l’effort nécessaire. Nous ne le marchanderons pas mais le sens de l’effort doit être clair. Le chemin à parcourir est encore long.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a choisi, non d’édifier une Fédération solidaire et d’ailleurs impossible, mais la conquête des marchés au grand large.       <br />
       Prenons quelques exemples.       <br />
              <br />
       A Pékin, Mme Merkel et M. Wen Ji Bao, le premier ministre chinois, présentent la sortie du 100ème exemplaire de l’Airbus dans l’usine de Tien Tsin comme le symbole de la coopération germano-chinoise. C’était il y a deux semaines.       <br />
              <br />
       La France, l’Europe ne sont pas évoquées dans leurs discours. A la trappe ! J’étais à Pékin ce jour-là. Les Français baissaient la tête.       <br />
              <br />
       On apprend quelques jours plus tard qu’EADS et BAE pourraient fusionner. Excellente chose sans doute pour l’entreprise qui va rééquilibrer la part du civil et celle du militaire. Mais, du point de vue de la France ? Cette entreprise sera de plus en plus dans la main du Pentagone. Dès aujourd’hui, Airbus fabrique en zone dollar plus qu’en zone euro. Le siège d’EADS restera t-il à Toulouse ? Quel moyen aura l’Etat français de peser encore à son Conseil d’Administration ? Les règles de rotation des dirigeants seront-elles maintenues ? Sous quelle forme ? C’est à ces questions qu’il faut répondre pour défendre convenablement les intérêts français et européen. Sinon EADS sera dominé par un axe américano- germanique.       <br />
              <br />
       Prenons encore un autre exemple : le énième sauvetage prétendu de l’euro le 6 septembre dernier à Francfort et le 12 à Karlsruhe. On nous présente ces décisions comme la manifestation la plus éclatante de la solidarité allemande avec l’Europe.       <br />
              <br />
       Trêve de plaisanterie : en plafonnant à 190 milliards d’euros la contribution de l’Allemagne au MES, les juges de Karlsruhe figent cet outil pare-feu dans son insuffisance. A vec 500 milliards de ressources potentielles, en fait très théoriques, le MES ne pourrait faire front à la crise si elle s’étendait à l’Espagne et à l’Italie. C’est l’hôpital qui vient au secours de la charité !       <br />
              <br />
       Des engagements de M. Draghi le 6 septembre, on a retenu le mot « illimité » : on a oublié de rappeler que l’intervention de la BCE se ferait sur un créneau très limité : les obligations à 3 ans sur le marché de la revente, et à des conditions très strictes (plans d’ajustement rigoureux) qui posent le problème de la démocratie dans une Europe soumise avec le TSCG, aux canons de l’ordo- libéralisme allemand.       <br />
              <br />
       La France, qui offre 142 milliards d’euros, l’a fait sans chichi. Le contribuable français ne l’a jamais su.       <br />
              <br />
       Jean-Marc Ayrault s’est engagé à réduire en cinq ans à zéro le déficit de notre balance commerciale, hors énergie. Fort bien ! C’est un très bon objectif !       <br />
              <br />
       On attend cependant de savoir par quel moyen: le développement des entreprises de taille intermédiaire, même soutenu par la Banque Nationale d’Investissement, prendra du temps. L’euro remonte. Or, cette monnaie surévaluée pèse sur notre compétitivité.       <br />
              <br />
       Le maintien de la souveraineté de la France passe moins que par la réduction de la dette que par un choc de compétitivité. Il faut l’expliquer aux Français.       <br />
              <br />
       François Hollande, comme l’a rappelé Jean-Marc Ayrault, a voulu faire « bouger les lignes ». Grâce à une diplomatie habile, elles ont commencé à bouger, mais d’une manière qui est loin d’être irréversible.       <br />
              <br />
       L’Union bancaire, sous l’égide de la BCE, pose un vrai problème de démocratie. Quant à l’adossement du MES à la BCE, nous sommes encore loin du compte.       <br />
              <br />
       Bien qu’il reste beaucoup de chemin à parcourir, nous soutiendrons le Gouvernement, en votant le budget, mais nous n’approuverons pas le TSCG. En votant le budget, nous donnerons du temps à François Hollande pour qu’il élargisse ses marges de manœuvre. Il existe d’autres issues, que les évènements, éclairés par la volonté des hommes, feront apparaître.       <br />
              <br />
       Par exemple, l’idée d’une monnaie commune plutôt qu’unique, car nous entendons préserver l’acquis européen en réorientant l’Europe.       <br />
              <br />
       Nous voterons le budget par loyauté, parce que cela correspond aux engagements de François Hollande. Même si le TSCG n’a pas été vraiment renégocié, nous comprenons la difficulté dans laquelle se trouvait et se trouve encore François Hollande, comme Président de la République, vis-à-vis de 23 Chefs d’Etat et de gouvernement de pays qui ont signé ou ratifié le traité.       <br />
              <br />
       Mais nos parlementaires ne sont pas dans la même situation. Ils doivent continuer à s’exprimer librement, comme les accords passés avec le Parti Socialiste nous le garantissent. Il y a des élections en Allemagne et en Italie en 2013. Nous comprenons que tout n’est pas possible tout de suite, mais il est décisif que nous sachions où nous allons.       <br />
              <br />
       Ce que nous voulons, c’est une Europe refondée dans la démocratie des nations et pas un « machin » pseudo-fédéral où un soit disant « ministre européen des Finances » nous dicterait notre politique.       <br />
              <br />
       Je ne voudrais pas ne parler que de l’Europe dans cette table ronde consacrée à la République.       <br />
              <br />
       Quelques réflexions sur la situation internationale, et particulièrement des révolutions arabes me paraissent nécessaires.       <br />
       Ces « révolutions » ont ouvert dans chaque pays un processus dans lequel des contradictions des sociétés peuvent s’exprimer.       <br />
       L’essentiel est qu’elles puissent continuer à le faire dans un cadre constitutionnel qui préserve la liberté d’expression, de vote et par conséquent la possibilité d’une alternance.       <br />
              <br />
       La surenchère des extrémismes peut faire capoter ce processus, comme on l’a vu avec le film provocateur conçu et réalisé par une poignée de fondamentalistes chrétiens, en Californie, et avec l’odieux assassinat des diplomates américains de Benghazi par une filiale d’Al Qaïda.       <br />
              <br />
       Nous avons toujours combattu l’idée d’une « guerre des civilisations », d’où qu’en soit formulée la thèse, en Egypte ou aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Le droit international repose sur le respect des souverainetés nationales, le principe de non-ingérence et l’auto-détermination des peuples.       <br />
              <br />
       La France n’aurait rien à gagner à se laisser entraîner dans des interventions militaires, que ce soit en Syrie ou au Mali. Les problèmes doivent se régler selon les procédures du droit international. La prudence commande de ne pas se laisser entraîner dans des guerres dont on ne mesure pas assez que chacune ouvre une boite de Pandore qu’il devient ensuite impossible de refermer.       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen doit continuer à s’exprimer à haute et intelligible voix. C’est ainsi qu’il contribuera, à travers un cap républicain clair, à orienter la majorité de gauche sur les voies de la réussite.       <br />
              <br />
       Demain comme hier, nous servirons la République et la France.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/Nous-entendons-preserver-l-acquis-europeen-en-reorientant-l-Europe_a349.html</link>
  </item>

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   <title>"Je suis scandalisé par cet accord"</title>
   <pubDate>Wed, 23 Nov 2011 17:50:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Luc Laurent</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Entretien de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, au quotidien Midi Libre, dimanche 20 novembre 2011     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3467341-4990117.jpg?v=1322067731" alt=""Je suis scandalisé par cet accord"" title=""Je suis scandalisé par cet accord"" />
     </div>
     <div>
      <b>Midi Libre : En quoi consiste votre venue ici à Montpellier ?       <br />
       Jean-Luc Laurent : </b>Je vais à la rencontre des responsables de notre mouvement et je leur explique les objectifs de la campagne présidentielle de Jean-Pierre Chevènement. Si cette élection est nationale, il y a des réalités territoriales.       <br />
              <br />
       <b>       <br />
       Quel est le message que vous faites passer ?</b>       <br />
       Depuis que Jean-Pierre Chevènement a annoncé sa candidature, le 5 novembre, nous essayons de faire partager notre projet à l’ensemble de nos concitoyens. Un exemple ? Notre candidat est celui qui a annoncé, il y a quelques années, que la crise allait arriver. C’est lui qui était dans le vrai alors que les socialistes n’ont rien vu venir.       <br />
               <br />
              <br />
       <b>Dans l’actualité, comment avez-vous ressenti l’accord législatif signé entre EELV et le Parti socialiste ?</b>       <br />
       Je suis scandalisé par cet accord. C’est à croire qu’il n’y a pas eu de prise en compte de l’intérêt général. C’est vraiment du n’importe quoi. Vous vous rendez compte que nous allons brader l’un des fleurons de notre industrie pour quelques places à l’Assemblée ? Et puis, cette sortie du nucléaire va peser très fortement sur le prix de l’électricité. Il faut que les Français sachent que pour les particuliers et pour les entreprises, c’est un surcoût de 40 % sur les futures factures.       <br />
              <br />
               <br />
       <b>Vous tapez sur les socialistes pour faire monter les enchères. Est-ce que Jean-Pierre Chevènement va vraiment aller jusqu’au bout ?Ne va-t-il pas se retirer comme en 2007 ?</b>       <br />
       Il est candidat. Point. C’est un homme qui veut faire bouger les lignes. Nous pensons que la politique de l’austérité n’est pas le bon choix pour nos concitoyens. Les actions prises sur la crise vont encore augmenter la crise. Tous ces plans de rustine ne sont pas à la hauteur de l’enjeu. Il faut une réponse durable mais, pour l’instant, ni droite ni gauche ne propose le vrai changement.       <br />
              <br />
               <br />
       <b>Que faudrait-il faire par exemple ?</b>       <br />
       Il faut mettre fin à l’indépendance de la Banque centrale européenne. Ça doit être un outil de croissance, il faut que la BCE achète de la dette et émette de nouvelles liquidités.       <br />
              <br />
               <br />
       <b>Comme aux Etats-Unis?</b>       <br />
       Exactement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Et le projet du PS?</b>       <br />
       Mais le Parti socialiste n’a pas de projet ! Il est inadapté à la crise de l’euro. Du reste, j’ai bien entendu François Hollande nous dire qu’il ferait des propositions, mais pas avant janvier. Nous, nous avons déjà dix propositions parfaitement encadrées. Comme je vous le disais, avec nous, les choses vont bouger. C’est pourquoi je suis venu délivrer une feuille de route : nous avons mis en place des comités départementaux de soutien dans tout le Languedoc-Roussillon. Nous sommes en place pour 2012.        <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       Propos recueillis par YANN MAREC </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/3467341-4990117.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Je-suis-scandalise-par-cet-accord_a292.html</link>
  </item>

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   <title>L'euro est mort, vive l'euro franc !</title>
   <pubDate>Mon, 03 Oct 2011 20:24:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Dominique Garabiol et Bruno Moschetto, secrétaires nationaux du Mouvement Républicain et Citoyen, parue dans Le Monde du 30 septembre 2011     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3321923-4766134.jpg?v=1317642908" alt="L'euro est mort, vive l'euro franc !" title="L'euro est mort, vive l'euro franc !" />
     </div>
     <div>
      Cette accélération de la crise de l'euro appelle sa nécessaire maîtrise par les autorités politiques ou monétaires. Avant que les marchés n'imposent une désintégration anarchique de l'euro, une gestion pragmatique de leur monnaie par les pays de la zone euro s'impose. En effet, l'euro est une monnaie, mais ce n'est pas une monnaie désincarnée, ni une &quot;monnaie européenne&quot;. Ce qui est européen, c'est la politique monétaire et l'instance qui la détermine et la conduit : la Banque centrale européenne.       <br />
              <br />
       L'euro, c'est la monnaie de chaque État membre de ladite zone. Cette donnée est illustrée par le fait que les pièces de monnaie ont pour chaque État une face nationale et les billets un code national. Par là, notre monnaie l'euro a gardé l'identité de son ancrage national.       <br />
              <br />
       Une monnaie, c'est pour ceux qui la détiennent des créances sur l'appareil bancaire des pays concernés. En l'espèce des avoirs en compte, ou la monnaie scripturale, correspondent à des créances sur les banques commerciales. Et, des avoirs en poche, les billets ou la monnaie fiduciaire correspondent à des créances sur les banques centrales du système. La masse monétaire de chacune de ces monnaies a pour contrepartie des crédits pour l'essentiel sur l'économie. En matière monétaire, tout se ramène aux territoires nationaux.       <br />
              <br />
       Ainsi, les avoirs monétaires qui sont gérés par l'appareil bancaire d'un pays au bénéfice de ses déposants, ne seraient en rien altérés si ces pays décidaient de rebaptiser leur monnaie en y accolant la dénomination de leur assise nationale. L'euro franc serait l'équivalent de l'euro &quot;unique&quot; un pour un. Par là, rien ne serait changé à la valeur interne de notre monnaie puisque soit nos banques commerciales soit notre banque centrale seraient redevables d'euro francs comme elles le sont d'euros &quot;uniques&quot;. Une banque dont un déposant souhaiterait convertir ses avoirs en compte en billets, se verrait offrir des billets portant la mention euro franc correspondant au signe distinctif. Autrement dit l'euro franc existe déjà en droit et en fait.       <br />
              <br />
       Ce passage de l'euro &quot;unique&quot; aux euros &quot;nationaux&quot; se ferait sans contrainte ni contrepartie puisque depuis sa création, l'euro n'est rattaché à aucun autre étalon. Autrement dit, l'euro est un électron libre dont la valeur externe flotte vis-à-vis des autres devises, le dollar ou le yen. Sa parité externe n'est garantie par aucune clause de change et l'adjonction d'une dénomination nationale à la dénomination commune ne ferait que correspondre à la réalité de l'activité économique et monétaire des différents pays composant l'espace commun. La cohabitation des différents euros nationaux serait assurée par des appréciations ou des dépréciations qui tempéreraient ou encourageraient le passage d'une euromonnaie à une autre. Sur le plan interne, le pouvoir libératoire des différentes euromonnaies serait garanti par le fait que chacun des États accepterait l'euro national en paiement des prélèvements obligatoires, pratique qui a contribué à accréditer le cours légal d'une monnaie.       <br />
              <br />
       Ce qui est valable pour les avoirs monétaires, c'est-à-dire les dettes bancaires, le serait aussi pour les avoirs obligataires dont les dettes souveraines, lesquelles seraient au terme de leurs échéances payées en euros nationaux. Ces dettes ne verraient pas leur valeur nominale modifiée par cette mutation monétaire des euros &quot;uniques&quot; en euros nationaux, mais leur valeur serait appelée à fluctuer en fonction de leur prix sur les marchés secondaires. Aussi pourrait-on imaginer que, face à une dépréciation significative de ces créances, leurs détenteurs seraient conduits à constituer des provisions compensatoires mais rien n'interdit de penser que celles-ci pourraient être reprises en cas d'appréciation ultérieure de leur valeur sur les marchés.       <br />
              <br />
       La flexibilité monétaire intrinsèque à cette mutation permettrait aussi l'adoption rapide de l'euro par les nouveaux pays membres de l'UE ainsi que par les anciens qui ne l'ont pas adopté. L'UE redeviendrait une zone politique soutenable et durable. L'Allemagne n'aurait pas à supporter une Europe de transferts financiers qui s'annonce sans fond. Aussi, que vive l'euro franc et ses semblables !       <br />
              <br />
       ------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/29/l-euro-est-mort-vive-l-euro-franc_1579896_3232.html">Le Monde</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <link>https://www.mrc-france.org/L-euro-est-mort-vive-l-euro-franc-_a277.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Crise de la dette: quelle devrait être la politique de la France ?</title>
   <pubDate>Sun, 21 Aug 2011 10:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, parue sur LeMonde.fr, lundi 15 août 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3210355-4593919.jpg?v=1313915338" alt="Crise de la dette: quelle devrait être la politique de la France ?" title="Crise de la dette: quelle devrait être la politique de la France ?" />
     </div>
     <div>
      Quelle devrait être, dans la situation actuelle de déflagration de la zone euro, la politique de la France ? L'aggravation des divergences économiques, prévue de longue date par de nombreux observateurs, a d'ores et déjà conduit la zone euro dans une zone d'incertitude telle que c'est l'avenir même de la monnaie unique qui est en jeu. Le temps où l'on pouvait déclarer à qui voulait l'entendre que &quot;l'euro nous protège&quot; est désormais révolu. Rien ne pourra se faire sans une remise à plat du fonctionnement de l'euro, initiative que la France devrait prendre à très court terme. C'est la faute de M. Sarkozy que de n'avoir su mener cette politique et celle du Parti socialiste que de n'y voir qu'une carence personnelle, alors que la politique capable d'éviter l'effondrement de l'euro suppose un changement en profondeur de la stratégie économique en Europe.       <br />
              <br />
       La France peut d'abord légitimement faire comprendre à l'Allemagne que le taux de change actuel de l'euro est le principal problème de la zone. Seule l'Allemagne peut aujourd'hui supporter à moyen terme une telle surévaluation de l'euro, qui asphyxie littéralement l'industrie des autres pays (mais aussi ses services, notamment le tourisme), tout particulièrement des pays périphériques. Il ne peut pas y avoir de redressement économique de la zone euro avec un euro surévalué. Telle devrait être la première exigence française : faire baisser le cours de l'euro par une action concertée avec la Banque centrale européenne (BCE), qui nécessite bien entendu l'aval de Berlin. L'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce ne pourraient qu'appuyer une telle exigence française. Si l'euro se rapprochait d'une parité stricte avec le dollar (et partant avec le yuan), l'activité économique redémarrerait et les comptes publics se redresseraient de manière significative. Le niveau de pression des marchés financiers sur les dettes publiques européennes se réduirait. Cette politique, il faut le noter, ne commande aucune dépense publique supplémentaire.       <br />
              <br />
       La seconde exigence française conduirait à une réforme des statuts et missions de la BCE. D'abord l'ajout de la croissance et l'emploi dans ses statuts, afin d'équilibrer le policy mix européen. Ensuite sa coordination avec un Ecofin chargé de fixer la politique de change conforme à l'intérêt de l'ensemble de la zone (et pas uniquement de la nouvelle &quot;zone mark&quot; comme c'est le cas actuellement). Ici encore, le France recevrait l'appui du Sud mais aussi de partenaires comme la Belgique. Cette coordination marquerait l'entrée de l'industrie et du monde du travail dans la politique de la zone euro, alors que c'est aujourd'hui le secteur financier qui commande les décisions de la BCE. Elle éviterait des cas de surévaluation manifeste et de longue durée de la monnaie unique.       <br />
              <br />
       La troisième et dernière exigence de la France : réorienter la politique allemande qui mène depuis dix ans une stratégie non coopérative qui a détruit l'industrie de ses voisins, par contraction de sa demande intérieure et réduction de ses coûts de production. Le salariat outre-Rhin ne verrait pas d'un mauvais œil un rééquilibrage de son pouvoir d'achat, pas plus que les partenaires commerciaux de l'Allemagne. Cette relance allemande, d'un niveau raisonnable, s'appuierait uniquement sur une relance salariale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>La France pourrait en échange proposer deux séries de contreparties</b></div>
     <div>
      D'abord, la substitution des eurobonds aux programmes des fonds structurels européens qui se sont révélés inaptes à donner aux pays périphériques une industrie ex nihilo. Ceci déchargerait les contribuables des pays centraux de la zone euro de subventions dispendieuses qui contribuent à creuser leurs déficits publics. Cela constituerait un signal sans ambiguïtés donné à l'opinion publique allemande que chaque pays entend développer un tissu économique robuste et concurrentiel. Cette réorientation serait d'autant plus crédible qu'elle se déploierait à l'abri d'un taux de change redevenu compétitif.       <br />
              <br />
       Ensuite, chacune des économies de la zone devrait s'engager à renationaliser sa dette publique, par un mécanisme dit de &quot;dette perpétuelle&quot;, faisant d'abord appel à l'épargne nationale. Ce mécanisme ne pose pas de difficultés majeures aux pays à forte capacité d'épargne comme la France, mais obligera les pays où les ménages sont fortement endettés (comme l'Espagne) à un effort très important. En procédant ainsi, les pays de la zone euro se soustraieraient à la pression des agences de notation en comptant d'abord sur leurs propres forces plutôt que sur de versatiles marchés financiers.       <br />
              <br />
       Ces deux conditions sont diamétralement opposées au fonctionnement actuel de la zone qui oppose un centre industrieux (l'Allemagne) et une périphérie spécialisée dans la consommation (les pays du Sud). Cette configuration est bien entendu intenable dans la durée. Ce &quot;pack&quot; de propositions françaises donnerait une véritable crédibilité de long terme à l'euro, et dessinerait un accord acceptable pour chacune des parties.       <br />
              <br />
       Il faut parier sur la lucidité du gouvernement allemand à entendre des propositions françaises, conformes à nos intérêts mais aussi à l'intérêt européen tout entier. Si l'Allemagne a été la principale bénéficiaire de l'euro, elle serait aussi la principale perdante en cas de disparition de la monnaie unique. La route de Francfort passe par Berlin. Et la politique de la France suppose de mener une stratégie diplomatique et économique qui ne résume pas à l'asservissement au &quot;triple A&quot; et à un secteur financier qu'il faudra bien réduire dans les années à venir.        <br />
              <br />
       -----       <br />
       source :<a class="link" href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/15/crise-de-la-dette-quelle-devrait-etre-la-politique-de-la-france_1559076_3232.html"> LeMonde.fr </a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/3210355-4593919.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Crise-de-la-dette-quelle-devrait-etre-la-politique-de-la-France_a267.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>Chevènement: son programme pour 2012 porte d'abord sur l'Europe</title>
   <pubDate>Wed, 29 Jun 2011 12:06:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, parue sur le site Marianne2.fr, mercredi 29 juin 2011.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3092760-4414261.jpg?v=1309342434" alt="Chevènement: son programme pour 2012 porte d'abord sur l'Europe" title="Chevènement: son programme pour 2012 porte d'abord sur l'Europe" />
     </div>
     <div>
      Quels enseignements tirer de la candidature de Jean-Pierre Chevènement ? Avec la publication de sa brochure <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/2012">« Pourquoi je serai candidat »</a>, il cherche avant tout à mettre le débat public à la hauteur des réalités vécues par les Français et de la situation concrète de la France dans le monde. A l’approche de l’échéance de 2012, son propos est encore une fois singulier. Singulier par sa hauteur de vue : seul parmi tous les candidats déclarés, il dresse une véritable liste des priorités du prochain mandat présidentiel. Singulier aussi dans sa démarche intellectuelle, qui se nourrit du meilleur de l’analyse marxiste du système de production capitaliste, mais aussi du pragmatisme gaulliste, faisant sienne la formule « il n’y a pas de politique en dehors des réalités ».       <br />
              <br />
       Fort de cette double originalité, Chevènement entend avant tout desserrer l’étau qui enserre la France, et tout particulièrement les classes populaires. Cet étau, c’est celui du système de la monnaie unique et des contraintes insensées imposées par la majorité des élites européennes, droite conservatrice et sociaux-libéraux confondus. Dès le Traité de Maastricht, Chevènement a été un farouche opposant à la monnaie unique ; il anticipait que « construire l’Europe » contre les nations handicaperait lourdement le continent dans l’après Guerre froide. Alors que beaucoup moquaient de prétendus archaïsmes, la crise de la zone euro en cours depuis 2008 lui donne tragiquement raison : l’euro, monnaie surévaluée, ne convient en définitive pour l’essentiel qu’à l’Allemagne et, en accélérant les divergences au sein de la zone, détruit le tissu industriel des économies voisines.       <br />
              <br />
       Autre apport de cette brochure, elle aborde un impensé de la politique française actuelle, la relation de la France à l’Allemagne. Loin, d’une obsession, cette réflexion est davantage une démarche d’empathie radicale. Malgré les dénégations de part et d’autre du Rhin, les ambitions allemandes et les fuites françaises nous placent dans une situation de blocage ; le fameux « moteur franco-allemand est au point mort. Cette relation doit donc être repensée, afin que les deux pays puissent poursuivre l’Histoire ensemble.       <br />
              <br />
       La démarche intellectuelle à l’œuvre dans ce document est exigeante – cette exigence qui manque désormais à la quasi-totalité des élites politiques. Contre toutes les attentes de ses détracteurs et contre toutes les caricatures, Chevènement y refuse la facilité. Ainsi, plutôt que de « sauter par le hublot » en dehors de l’euro, mieux vaut reprendre les commandes de l’appareil en réformant la zone euro. Il s’agit là d’une démarche authentiquement politique, c’est-à-dire partant du monde tel qu’il est. Seul ce type de politique permettra d’éviter la déflagration annoncée de la Zone euro.       <br />
              <br />
       Une réforme radicale de la zone euro s’inscrit aussi dans un projet fondamentalement de gauche, puisqu’elle serait défavorable aux rentiers, en refusant de faire de la lutte contre l’inflation l’unique objectif de la politique monétaire. La dévaluation de l’Euro par rapport au dollar et au yuan ou le rachat de titres de dettes par la BCE bénéficieraient, eux, aux grands oubliés de la zone euro : les classes populaires (et industrieuses) et les pays considérés comme périphériques.       <br />
              <br />
       Malheureusement, l’Allemagne ne semble jusqu’ici pas disposée à considérer ce projet d’« Europe européenne », faute que la France ait cherché à la convaincre. Si cela n’était malgré tout pas possible, un plan B devrait alors être envisagé : préserver un « toit européen » à nos économies. Il s’agirait d’un nouveau Système Monétaire Européen ou d’un « nouvel Ecu », fonctionnant en interne avec des monnaies nationales rénovées et en externe avec une monnaie commune. Ce système a l’avantage du réalisme, puisqu’il tournerait le dos au mythe d’un marché des changes s’équilibrant harmonieusement. Par ailleurs, en évitant l’obligation d’élargissements incessants, il permettrait à l’Europe de mener une géopolitique économique ambitieuse au Sud de la Méditerranée et à l’Est jusqu’à la Russie.       <br />
              <br />
       Cette réflexion approfondie sur le double sujet fondamental de la relation à l’Allemagne et de la réorientation de l’euro devrait être centrale pour la prochaine élection présidentielle. En la matière, Nicolas Sarkozy a échoué faute d’avoir agi ; ses concurrents de droite ou sociaux démocrates n’abordent qu’à peine le sujet (et les derniers discours de Mmes Aubry et Royal ne démentiront pas ce constat). Cette stratégie d’évitement – ou d’aveuglement – révèle l’un des effets paradoxaux de la mondialisation : les soit disant lois d’airain du capitalisme globalisé sont parfaitement intégrées, et le débat public se réduit à des affrontements entre tigres de papiers, sur des sujets de moindre importance.       <br />
              <br />
       La brochure de Jean-Pierre Chevènement nous rappelle que le maintien de l’Etat social suppose d’abord le re-développement d’un appareil productif capable de distribuer des salaires comme des cotisations sociales et des recettes fiscales. Autrement dit, pas de « main gauche » de l’Etat sans une économie nationale robuste. Cette évidence semble désormais hors de portée de grands responsables politiques. Toutes les promesses esquissées par l’UMP ou le PS relèvent davantage des soins palliatifs que de la politique, et le sur-développement de l’assistanat par l’Etat ne fait que refléter la mauvaise conscience du social-libéralisme. Mais tous refusent de ne glisser ne serait-ce qu’un doigt dans la grande machine économique…       <br />
              <br />
       Ceux-là mêmes qui depuis 30 ans ont fait profession d’arracher une à une à l’Etat ses prérogatives économiques, réclament aujourd’hui une nouvelle politique industrielle -  tout en faisant mine d’ignorer que les fameuses lois de la concurrence libre et non faussée qu’ils ont eux-mêmes imposées au niveau européen la rendent impossible. Pour se déployer dans toute sa cohérence, la politique industrielle nécessite en effet la fameuse « innovation » dont tous se gargarisent aujourd’hui, mais surtout un cadre protecteur, passant par un taux de change compétitif et des protections commerciales, notamment sous la forme de normes sociales et environnementales. Toutes choses qui, s’accordent bien mal avec le cadre mental de l’« Europe » telle qu’elle fonctionne aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Cette réflexion pose une question plus angoissante encore  : la France et l’Europe n’ont-elle pas déjà disparu des écrans radar de la mondialisation – pour reprendre le titre du dernier essai de Chevènement, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html">« la France est-elle finie ? »</a>. Cette brochure, comme la démarche intellectuelle de Chevènement sont une réponse éclatante : malgré les renoncements des uns et des autres depuis 1983, la France conserve toute sa force propulsive. Fille des Lumières et du Progrès en même temps que fruit d’une Histoire et d’un territoire, la République reste un formidable moteur politique.       <br />
              <br />
       Proposer à la France un dépassement d’elle-même pour continuer son Histoire, c’est justement toute la charge subversive de la démarche de Jean-Pierre Chevènement.       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.marianne2.fr/Chevenement-son-programme-pour-2012-porte-d-abord-sur-l-Europe_a207939.html">Marianne2.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/3092760-4414261.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Chevenement-son-programme-pour-2012-porte-d-abord-sur-l-Europe_a260.html</link>
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   <title>Pour devenir Président de la République française, il faut s’identifier pleinement à la France</title>
   <pubDate>Sun, 05 Sep 2010 17:45:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, lors de l'université d’été du MRC, Valence, le 5 septembre 2010. (introduction au débat avec François Hollande) (texte et vidéos)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120672" data="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Je suis heureux, en conclusion de notre Université d’été, de pouvoir ouvrir le débat avec François Hollande avec lequel j’ai toujours entretenu des relations amicales et sympathiques, et qui n’est pas seulement un homme politique expérimenté et avisé, étant donné les responsabilités qu’il a exercées durant dix ans à la tête du parti socialiste, mais un homme qui réfléchit et qui, sans céder sur ses fondamentaux réformistes, peut procéder à des inventaires qui conditionnent l’avenir, parce qu’il permettent de bouger et d’évoluer.       <br />
              <br />
       Or, la gauche pour gagner vraiment, c’est-à-dire pour réussir, doit bouger impérativement. Il faut faire « bouger les lignes » ; telle a été la conclusion de notre dernier Congrès, les 26 et 27 juin derniers.       <br />
              <br />
       Nous avons, François Hollande et moi, des points d’accord, par exemple la nécessité d’une réforme de la fiscalité des revenus fusionnant l’IRPP et la CSG de façon à associer justement tous les Français à l’effort nécessaire, si nous voulons non seulement réduire les déficits, mais marquer nos priorités dans le domaine de l’éducation notamment et de la jeunesse. Nous avons - ou en tout cas nous avons eu – des points de désaccord, notamment sur l’Europe et par conséquent sur la nation, et par conséquent sur l’indépendance nationale sans laquelle on ne peut exercer les effets de levier nécessaires.       <br />
              <br />
       François Hollande a affirmé une haute ambition parfaitement légitime : celle de devenir Président de la République en 2012. Il m’est arrivé de dire qu’on ne naissait pas homme d’Etat mais qu’on pouvait le devenir. Simplement, pour devenir Président de la République française, il faut aussi s’identifier pleinement à la France. Le moment d’un débat de fond est venu. J’aurais souhaité qu’il puisse être abordé dans une autre configuration, avec la constitution, au lendemain de la présidentielle de 2007, d’un grand parti de toute la gauche. Cette ambition que nous avions faite nôtre à notre Congrès du Kremlin-Bicêtre de 2008 s’est heurtée au conservatisme des structures politiques de la gauche. Je l’ai regretté. Nous abordons donc l’échéance de 2012 en ordre dispersé. Ce peut être un avantage si le débat permet de faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Et ce qui n’a pas été possible au lendemain de 2007 le sera peut-être en 2012 avec les socialistes, les communistes, les radicaux, les citoyens, et peut-être avec ceux des Verts qui n’ont pas renié l’héritage des Lumières, les Verts lumineux, qu’on pourrait aussi appeler les Verts luisants. C’est le fond qui est déterminant. Nous devons incarner le grand parti de progrès, en lutte contre l’obscurantisme, avec le projet que nous avons développé hier de refaire de la France une grande puissance industrielle et technologique.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Tout d’abord, je voudrais dire amicalement à François Hollande que la rigueur, sans doute nécessaire, ne peut être une perspective politique.</b>       <br />
              <br />
       1.	il ne suffit pas non plus d’y ajouter quelques réformes comme l’avait fait la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La France vit une profonde crise morale qui est aussi <span style="font-style:italic">une crise politique de longue durée, une crise nationale entamée dès la fin de la première guerre mondiale</span>. Il faut remédier à cette crise de sens, dire à la France à quoi elle sert et aux Français ce qu’ils sont, c’est-à-dire des citoyens qui doivent témoigner, dans un monde qui paraît voué aux communautarismes et aux intégrismes, de l’universalité des valeurs républicaines.       <br />
              <br />
       3.	Parallèlement, <span style="font-style:italic">nous vivons la crise du capitalisme financier mondialisé. Cette crise n’est pas derrière nous</span> : la conjonction des plans de rigueur dans la zone euro ne peut déboucher que sur une nouvelle récession ou, au mieux sur une stagnation de longue durée.       <br />
              <br />
       a)	Les marchés ne se sont pas révélés plus forts que les Etats. C’est justement aux Etats de faire prévaloir leur légitimité qui est celle des peuples et de la démocratie. Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la substance et la permanence de l’Histoire. Cela il faut le dire : c’est un choix politique essentiel. Il faudra reréglementer et recompartimenter les marchés.       <br />
              <br />
       b)	La crise aussi bien reste devant nous parce que les <span style="font-style:italic">déséquilibres macroéconomiques</span> et politiques qui l’ont engendrée n’ont pas été résorbés, bien au contraire, par les plans de refinancement ou de relance, qui ont simplement déplacé la dette du privé vers le public.       <br />
              <br />
       c)	Cette crise est une crise mondiale, née de la déflation salariale, elle-même conséquence de la pression exercée par les pays à très bas coût, déflation salariale qui a conduit à l’endettement généralisé, et d’abord aux Etats-Unis, des ménages, des entreprises et des Etats.       <br />
              <br />
       d)	Cette crise n’a été rendue possible que par la <span style="font-style:italic">création d’un monde décompartimenté</span> et notamment en Europe, en vertu de <span style="font-style:italic">l’Acte Unique</span> et des trois cents directives d’application qui ont libéré les mouvements de capitaux et déréglementé l’économie. C’est cela qui a permis la dictature de l’actionnariat, l’extension démesurée de la sphère financière, et le creusement d’inégalités abyssales entre les rentiers de la finance et le monde du travail laissé sans défense devant les délocalisations industrielles.       <br />
              <br />
       e)	On ne peut pas faire face à cela par une simple réforme fiscale. Il faut <span style="font-style:italic">re-réglementer</span>, mais de façon cohérente, entre l’Europe et les Etats-Unis d’Obama. Les mesures de régulation Volcker doivent être reprises et durcies au niveau européen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120676" data="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      f)	<span style="font-style:italic">La crise est aussi géopolitique</span> : les Etats-Unis, depuis trop longtemps, ont vécu au-dessus de leurs moyens. Nous devons aider Obama à remettre les pendules à l’heure. La ré-industrialisation nécessaire des Etats-Unis et de l’Europe peut-elle faire l’économie de protections sectorielles dans les industries que nous voulons préserver ou développer ? Cela dépendra beaucoup de la Chine, de sa capacité à relancer sa demande intérieure, et bien sûr de la fixation de normes sociales, environnementales et commerciales plus justes, sans parler de la réorganisation du système monétaire international, instaurant des parités ordonnées entre les quatre grandes monnaies mondiales. Nous ne pouvons en aucun cas accepter un euro surévalué qui asphyxierait ce qui reste de l’industrie française.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Il nous faut organiser l’Europe comme une zone de croissance à l’échelle mondiale et ne pas nous résigner à la stagnation et au déclin.</b>       <br />
              <br />
       C’est possible sur la base d’un nouveau modèle de croissance mettant l’accent sur la transition énergétique, l’éducation, la science et la technologie appliquées notamment aux domaines de l’énergie, des transports et de la mobilité, de la santé, et bien sûr la volonté de promouvoir un modèle social fondé sur la solidarité.       <br />
              <br />
       Cette Europe implique d’autres règles du jeu que celles élaborées par l’Acte Unique et les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ces traités sont complètement dépassés.        <br />
              <br />
       Il faut ouvrir le débat :       <br />
       -	Sur une initiative de croissance européenne mettant fin notamment à la déflation salariale et finançant par un grand emprunt européen un plan d’infrastructures.       <br />
       -	Sur un gouvernement économique de la zone euro, incluant l’ensemble des paramètres économiques et pas seulement budgétaires. L’objectif doit être de résorber les déséquilibres internes à la zone euro, autrement que par la conjugaison de plans de rigueur insoutenables et dont l’effet ne peut être qu’une récession généralisée et l’éclatement de la zone euro.       <br />
       -	Il faudra modifier les statuts de la Banque Centrale européenne pour introduire la croissance et l’emploi parmi ses missions.       <br />
              <br />
       Je ne m’étendrai pas sur les quarante propositions de notre programme de salut public. Dix d’entre elles concernent le redressement de la construction européenne : développement des coopérations renforcées à géométrie variable entre les Etats – plan d’indépendance énergétique et d’équilibre écologique – agriculture orientée vers la sécurité alimentaire – régime propre des services publics – protection commerciale de notre modèle de développement – alliance sans subordination avec les Etats-Unis – partenariat resserré avec la Russie – refondation de nos relations avec la Turquie.       <br />
              <br />
       L’évolution de l’Europe nous conduit vers plus de coopération intergouvernementale. C’est inévitable et c’est une bonne chose pour la démocratie et pour l’efficacité. Il faut abandonner « l’Irrealpolitik européenne », comme dit Hubert Védrine, délaisser les chimères fédéralistes, alibi de l’impuissance, aller vers des coopérations à géométrie variable et  vers une ouverture de ces politiques à la Russie et à la Turquie.       <br />
              <br />
       J’ai cru noter une évolution de François Hollande de l’Europe à vingt-sept vers la zone euro à seize. Je partage ce point de vue mais il pose le problème de ce que veut l’Allemagne.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La politique allemande doit être analysée.</b>       <br />
              <br />
       Il serait trop facile d’imputer les difficultés actuelles au tempérament de Nicolas Sarkozy. L’Allemagne est aujourd’hui la puissance qui impose ses choix et sa philosophie ordo-libérale à l’Europe (Mme Merkel parle de « culture de la stabilité »). En fait, la déflation salariale pratiquée depuis 2000 a creusé l’écart avec les autres pays de la zone euro, notamment les pays de l’Europe du Sud.       <br />
              <br />
       La politique de rigueur que l’Allemagne impose à la zone euro est excessive. Elle risque d’ailleurs de se retourner contre l’Allemagne. <span style="font-style:italic">Il faut trouver un compromis avec l’Allemagne</span>, entre la nécessaire responsabilité des Etats et la solidarité financière entre les pays membres de l’euro. On ne peut espérer une solidarité telle que celle qui existe au sein de chaque pays. L’Europe reste faite de nations. Mais on peut imaginer des émissions de bons européens et surtout un rôle actif donné à la BCE pour lutter contre la spéculation. Nous ne devons à aucun prix nous enfermer dans un tête à tête mortifère avec l’Allemagne au sein d’une zone euro réduite à un noyau dur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120699" data="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Mieux vaut préparer un « plan B » qui serait le retour à une monnaie commune qui pourrait continuer à s’appeler l’euro avec des parités ajustables pour des monnaies nationales recréées au sein d’un système monétaire européen bis.        <br />
              <br />
       Pas de fuite en avant dans l’irreal politik européenne comme celle consistant à offrir à l’Allemagne de partager notre siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. D’abord parce que les autres n’en seraient pas d’accord. Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes conceptions en matière de politique étrangère sur le Moyen-Orient et l’Afrique notamment, et sur la défense, et en particulier sur le domaine nucléaire. Enfin, parce que la priorité n’est pas là : elle est sur le terrain économique et monétaire d’abord.       <br />
              <br />
       Un peu de sens de l’Etat, à la veille d’une élection présidentielle, ne peut pas nuire.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – La géographie et l’Histoire confèrent à la France une responsabilité particulière.</b>       <br />
              <br />
       La France est nécessaire à l’équilibre de l’Europe dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même.        <br />
              <br />
       La France n’est pas n’importe quel pays.        <br />
              <br />
       Elle doit préserver des marges de manœuvre :       <br />
       -	vis-à-vis de l’Allemagne – sur la relance et le cours de l’euro ;       <br />
       -	vis-à-vis des Etats-Unis – sur la régulation et la réforme du SMI ;        <br />
       -	vis-à-vis de la Russie – sur l’énergie, le développement et la paix ;       <br />
       -	vis-à-vis de la Chine – sur la concertation économique et monétaire et sur un partenariat responsable.       <br />
              <br />
       L’Europe peut et doit prolonger l’action propre de la France. Mais celle-ci ne doit pas être démobilisée. Elle reste notre avenir. Il faut changer le mode d’emploi des institutions européennes et savoir d’abord ce que la France veut.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – La France doit faire vivre le modèle républicain qu’elle a si fortement incarné depuis deux siècles en Europe et dans le monde.</b>       <br />
              <br />
       Elle doit contribuer à organiser la résilience de l’Europe à l’échelle mondiale, en préservant notre modèle républicain, à la fois civique et social. Et bien sûr, la première urgence consiste à le faire  vivre en France même où la droite contribue à le fragiliser par des initiatives provocatrices qui visent à nous entrainer sur le terrain qu’elle a choisi pour 2012 : la sécurité.       <br />
              <br />
       Pour mettre la France à la hauteur des défis qui sont devant nous, la gauche doit faire bouger les lignes à l’intérieur d’elle-même. Elle doit incarner le pôle républicain de la vie politique française, face à une droite post-républicaine ou peut-être tout simplement réactionnaire, revenue à des conceptions d’avant 1789.       <br />
              <br />
       La gauche doit offrir un avenir à la France et à sa jeunesse et pas simplement un futur !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/2326787-3253455.jpg</photo:imgsrc>
   <link>https://www.mrc-france.org/Pour-devenir-President-de-la-Republique-francaise-il-faut-s-identifier-pleinement-a-la-France_a184.html</link>
  </item>

  <item>
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   <title>La France à la reconquête de son destin</title>
   <pubDate>Sun, 27 Jun 2010 13:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Jean-Pierre Chevènement</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/2191524-3055143.jpg?v=1289529572" alt="La France à la reconquête de son destin" title="La France à la reconquête de son destin" />
     </div>
     <div>
      Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.       <br />
              <br />
       Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La crise</b>       <br />
              <br />
       Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.       <br />
              <br />
       A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(La vidéo intégrale du discours)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="104896" data="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942" width="432" height="243"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      1.	La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !        <br />
              <br />
       Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.       <br />
              <br />
       Dès le 4 septembre 2001, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">je vous avais dit à Vincennes</a> « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.        <br />
              <br />
       Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec  tous égards pour les prophètes de Maastricht !       <br />
              <br />
              <br />
       2.	La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.       <br />
              <br />
       Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.       <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.       <br />
              <br />
       Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       -	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;        <br />
       -	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.        <br />
              <br />
       Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?       <br />
              <br />
       De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.        <br />
              <br />
       Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.        <br />
              <br />
       Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Notre projet</b>       <br />
              <br />
       Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés.  Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.       <br />
              <br />
       C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !       <br />
              <br />
       Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas si difficile que cela :       <br />
              <br />
       -	Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.       <br />
       -	Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.       <br />
              <br />
       Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.       <br />
              <br />
       Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !       <br />
              <br />
       Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !       <br />
              <br />
       Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.        <br />
              <br />
       Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !       <br />
              <br />
       Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Comment peser ?</b>       <br />
              <br />
       1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?        <br />
              <br />
       Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.       <br />
              <br />
       2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.        <br />
              <br />
       Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.        <br />
              <br />
       Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.       <br />
              <br />
       Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.        <br />
              <br />
       Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.       <br />
              <br />
       Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?        <br />
              <br />
       Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.        <br />
              <br />
       François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.       <br />
              <br />
       3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !       <br />
              <br />
       Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant !  Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous changer la donne ?       <br />
              <br />
       4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions.  Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.       <br />
              <br />
       La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).       <br />
              <br />
       Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France  capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.       <br />
              <br />
       Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.       <br />
              <br />
       5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.       <br />
              <br />
       Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.       <br />
              <br />
       Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !       <br />
              <br />
       6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?       <br />
              <br />
       La hauteur de vues, c’est le principal.       <br />
       La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.        <br />
       Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.       <br />
              <br />
       Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme  et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.       <br />
              <br />
       7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion       <br />
              <br />
       Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible !  Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a171.html</link>
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   <title>La crise de la zone euro : pour une sortie par le haut</title>
   <pubDate>Thu, 27 May 2010 11:00:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
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   Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen, 26 mai 2010.     <div>
      La crise de l’euro était prévisible. L’hostilité, dès 1992, du Mouvement Républicain et Citoyen au traité de Maastricht, repris en 2008 dans le traité de Lisbonne, était justifiée par l’abandon de notre souveraineté monétaire et par l’absence d’un « gouvernement économique » indispensable à une politique de croissance harmonieuse, dans une zone monétaire hétérogène. Notre critique se fondait particulièrement sur les objectifs déflationnistes assignés à la BCE. Elle a également visé les règles arbitraires et rudimentaires du pacte de stabilité passé en 1997. Telle qu’elle a été conçue, la monnaie unique ne pouvait mener qu’à la crise qui se développe aujourd’hui.       <br />
              <br />
       La première réponse des Gouvernements accentue ces travers : au lieu d’un gouvernement économique, c’est un appareil de sanctions renforcées qui est proposé. La zone euro va devenir une zone de forte déflation dont les ajustements reposeront sur les plus faibles. Les risques d’une telle politique sont trop graves pour qu’elle soit acceptée avec fatalisme. Seule lumière au tableau, la baisse du cours de l’euro, que la BCE avait refusée pendant des années, doit être mise à profit pour servir la croissance et amorcer ainsi la réindustrialisation de l’Europe.       <br />
              <br />
       L’Allemagne a raison sur deux points essentiels : les marchés financiers et la spéculation doivent être ramenés sans concession à leur place. Chaque pays par ailleurs doit faire preuve de responsabilité dans la conduite de ses affaires.        <br />
              <br />
       Mais, pour que l’Europe ne devienne pas une simple communauté de transferts financiers que les peuples ne peuvent accepter, chaque pays doit veiller à l’équilibre de sa balance des paiements. Les pays déficitaires, bien sûr, mais aussi les pays excédentaires doivent adapter leur politique économique de façon coordonnée.       <br />
              <br />
       Pour éviter la spirale déflationniste et la récession, l’Allemagne doit assumer le « leadership » économique qu’elle exerce de fait en Europe. Elle doit cesser de voir dans la déflation compétitive le seul ressort de sa compétitivité au niveau mondial. Son économie a bien d’autres atouts à faire valoir et elle ne peut tourner le dos à l’Europe.        <br />
              <br />
       L’objectif d’accumuler des excédents d’épargne n’est pas soutenable à terme. La politique économique de l’Allemagne et de la zone euro doit participer au rééquilibrage mondial des échanges, la croissance intérieure des pays excédentaires, au premier rang desquels la Chine et l’Allemagne, devant compenser les ajustements des pays déficitaires, notamment des Etats-Unis.       <br />
              <br />
       A défaut d’un tel accord sur une initiative de croissance européenne dans le cadre d’une coordination mondiale, et pour éviter la désintégration complète de la zone euro qu’envisage par exemple Joseph Stieglitz, une transformation de l’euro en monnaie commune devrait être étudiée, « au cas où » ...        <br />
              <br />
       Le bon sens commande de constater que les gouvernements  ne maîtrisent pas entièrement les risques de « défaut ». La réforme des marchés financiers tarde. La souveraineté des marchés financiers n’est pas l’horizon de l’Histoire : ce sont les peuples qui doivent déterminer leur destin.         <br />
              <br />
       La proposition d’une monnaie commune alternative à la monnaie unique, avait été notamment soutenue en son temps par les Britanniques, mais aussi par certains hommes politiques français de droite et de gauche. C’était également notre position en 1992. L’introduction de monnaies nationales inconvertibles, comme entre 1999 et 2002, mais ajustables, permettrait de redonner des marges de manœuvre aux gouvernements pour préserver à la fois les équilibres économiques et la croissance. Un « toit européen » doit être, en tout état de cause, préservé.       <br />
              <br />
       La position du MRC est claire : l’Europe doit sortir de la crise par le haut. L’Union européenne ne peut pas être une communauté de sanctions. Elle doit être une communauté de croissance. Il faut revoir le traité de Lisbonne, le pacte de stabilité et les statuts de la BCE. La croissance, l’emploi, les stratégies industrielles doivent être au cœur du projet européen. Il est temps de mettre toutes ces questions sur la table.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>https://www.mrc-france.org/La-crise-de-la-zone-euro-pour-une-sortie-par-le-haut_a163.html</link>
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