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  <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
  <description><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></description>
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   <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
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   <title>Ressouder la communauté nationale que certains ne demandent qu’à faire éclater</title>
   <pubDate>Fri, 09 Jan 2015 12:20:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du MRC, participait à l'émission "Ça vous regarde" sur LCP, jeudi 8 janvier 2015. Elle débattait avec Bruno Beschizza (maire d'Aulnay-sous-Bois, ancien secrétaire général du syndicat de police Synergie), Louis Caprioli (ancien sous-directeur chargé de la lutte contre le terrorisme à la DST) et Antoine Basbous (politologue) sur le thème : "Terrorisme : la France organise la riposte"     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>Cet acte nous touche très vivement comme citoyens et membres de la communauté nationale.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">Concernant les Imams appelant à prier devant Charlie Hebdo</span> : Je suis très contente de ce geste. Lorsque nous avions voté la loi terrorisme, j’avais appelé à la tribune de l'Assemblée à ce que l’Islam de France, la communauté musulmane se manifeste et montre qu’elle était prête elle aussi à lutter contre le terrorisme. Ce geste est important. S’il est suivi d’effets, alors nous pourrons ressouder une communauté nationale que certains ne demandent qu’à faire éclater.       
       </li></ul><ul class="list"><li> Il faut souligner le caractère essaimé de la menace, renforcé par internet. Cet essaimage tient au fait qu’il n’y a plus d’États, plus d’interlocuteurs, que ce soit l’Iran ou la Syrie. Autour de Daech par exemple il n’y a pas d’État, il y a des chefs difficiles à repérer et avec lesquels aucune négociation ne semble possible.</li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <ul class="list"><li>La commission d’enquête parlementaire sur le djihadisme a été nommée juste avant les vacances, elle va commencer ses travaux mardi prochain. Il est évident qu’elle va se poser la question de la prévention.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut bien distinguer le pénal et la surveillance. Je pense qu'au niveau du pénal nous avons les incriminations suffisantes. Mais nous ne pouvons pas garder les gens en prison toute leur vie. Se pose alors la question : que fait-on lorsque des gens sortent de prison et restent soupçonnables ?       
       </li></ul><ul class="list"><li> La France est un État fort, doté de puissants moyens policiers. Mais c'est également pour cela qu'elle est attaquée, il faut en être pleinement conscient.       
       </li></ul><ul class="list"><li> La République est visible, jusque dans la liberté de la presse qui est très grande chez nous. Nous avons peu d'exemples comparables à Charlie Hebdo, et c'est notre honneur de pouvoir aller aussi loin en termes de liberté. C'est aussi pour cela que la République est attaquée.       
       </li></ul><ul class="list"><li> <span style="font-style:italic">Concernant l'exclusion du Front national de l'appel des partis politiques à manifester dimanche</span> : La balle est dans le camp du Front national. Ceux qui veulent aller à la manifestation, parce qu'ils se reconnaissent dans le mot d'ordre d&quot;unité nationale, peuvent y aller. Si le Front national s'y reconnait et ne vient pas prendre en otage la communauté, il n'y a aucune raison qu'il s'exclue de lui même. Cela dépend donc du mot d'ordre qu'il porte. </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Réduire le nombre de fonctionnaires, un contresens économique</title>
   <pubDate>Mon, 03 Nov 2014 09:51:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Bruno Moschetto</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Tribune de Bruno Moschetto, Secrétaire national aux questions économiques, parue sur LaTribune.fr, mardi 28 octobre 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/7136296-10939063.jpg?v=1415005259" alt="Réduire le nombre de fonctionnaires, un contresens économique" title="Réduire le nombre de fonctionnaires, un contresens économique" />
     </div>
     <div>
      L'annonce du dépassement de deux seuils considérés comme fatidiques pour ce qui concerne le montant de la dette publique en valeur absolue - 2000 milliards d'euros - et le ratio dette sur production à 100% a conduit le gouvernement à procéder en urgence dans le cadre du prochain projet de budget, à des coupes drastiques et en particulier de réduire de 1200 le nombre des fonctionnaires. Une telle orientation mérite que l'on se penche sur sa finalité et sa logique.       <br />
       <b>       <br />
       L'origine des 3% de déficit</b>       <br />
              <br />
       Pourquoi ce ratio ? Parce-que selon les critères économiques retenus par Maastricht un déficit public limité à 3% de la production n'entraîne pas un accroissement de la dette au-delà de 60%. Pourquoi ces butoirs ? Parce que leur dépassement déclencherait un mouvement inflationniste érodant la valeur de la monnaie et dont la banque centrale de la zone euro doit limiter l'apparition à tout prix. Elle a répondu à sa mission quasi exclusive en se fixant un objectif de 2% de hausse des prix par an ce qui correspond en économie réelle à une inflation zéro ! Ce qui a été atteint puisque depuis tantôt quinze ans l'inflation n'est plus au rendez-vous.       <br />
              <br />
       Mais pourquoi ce choix d'une inflation zéro ? Parce-que les Allemands ont bien voulu renoncer à leur monnaie nationale, le deutch mark, bénéficiant d'une stabilité monétaire quasi absolue, sous réserve que son remplaçant, l'euro, en bénéficie aussi. « Euro must be as good as mark ». Ce qui fut dit fut fait. Mais à quel prix ? Celui d'une montée inexorable du taux de chômage qui gravite pour l'ensemble des pays membres autour de 10% alors que le taux de croissance de la production est devenu quasiment égal à zéro. D'où la nécessité de tendre vers le respect des deux critères maastrichiens. Penchons nous sur les deux composantes du taux d'endettement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Les administrations contribuent au PIB</b>       <br />
              <br />
       Au numérateur, le montant de la dette globale , celle des administrations centrales, des collectivités locales et des organismes sociaux. Elle est automatiquement augmentée en cas d'apparition d'un déficit. Le meilleur moyen de la réduire est d'éviter tout écart entre le montant des dépenses et celui des recettes publiques. D'où la nécessité, soit d'augmenter les recettes, c'est-à-dire les prélèvements obligatoires, soit de réduire les dépenses c'est-à-dire les prestations libératoires. Accroître les recettes, c'est-à-dire accroître les impôts et notamment celui sur le revenu n'impacte que les agents économiques qui en sont redevables.       <br />
              <br />
       En revanche la réduction des dépenses concerne tous les agents économiques qui à un titre ou à un autre en sont bénéficiaires.       <br />
       Au dénominateur: la production, exprimée par ce que l'on appelle la production intérieure brute ou PIB . A quoi correspond cette grandeur caractéristique ? A la somme de l'ensemble des valeurs ajoutées produites pendant une année. De quoi est composée la somme des valeurs ajoutées produites par la nation ? Naturellement celle produite par les entreprises publiques ou privées - calculée au prix des marchés - puisqu'elles répondent aux critères de l'économie marchande. En revanche celle des administrations , dont l'opinion publique n'est absolument pas consciente - calculée au coût des facteurs - c'est-à-dire pour l'essentiel aux rémunérations des fonctionnaires et aux consommations des administrations nécessitées par leur fonctionnement.       <br />
       <b>       <br />
       Détruire des emplois publics contribue à réduire la production</b>       <br />
              <br />
       Donc réduire le nombre des fonctionnaires, comme toute contraction des dépenses publiques - correspond à une réduction de la somme des valeurs ajoutées et par là à une détérioration arithmétique du ratio dette/production que l'on souhaite précisément préserver! Réduire le nombre des fonctionnaires consiste à détruire des emplois et par là à détruire de la production. Étant entendu que leur emploi - nécessaire à la survie de la nation notamment pour les fonctions régaliennes - ne correspondent pas à des emplois fictifs.       <br />
              <br />
       Qui plus est, les rémunérations des fonctionnaires - leurs revenus- sont pour la partie non épargnée, dépensés et donc contribuent à l'alimentation de la demande globale- laquelle c'est le moins que l'on puisse dire - n'a vraiment pas besoin, en ce moment, d'être contractée puisque nous sommes dans un contexte prédéflationniste et de chômage de masse ! En définitive tout fonctionnaire écarté de la vie active crée un chômeur de plus, une production en moins et un soutien social en plus. Il y a là en l'espèce un facteur structurel d'aggravation de la crise ! Continuons !       <br />
              <br />
       <b>Reconsidérer les traité de Maastricht</b>       <br />
              <br />
       Dans une telle impasse, que faire ? Comment en sortir ? Il serait peut-être temps enfin, de reconsidérer les critères de Maastricht et d'y insérer un critère fondamental celui du taux de chômage ainsi que l'ont fait les autorités américaines et britanniques puisque leur politique monétaire est corrélée à celui de sa variation. Par cette corrélation, à taux de chômage élevé, politique monétaire accommodante. Rien n'empêcherait nos autorités monétaires à faire passer la cible du taux d'inflation à 5% ou 10% tant que le taux de chômage n'a pas été réduit de 10%à 5% par exemple. L'inversion de la courbe du chômage ne serait plus un vœux pieux mais un objectif de politique économique et monétaire. Cela conduirait, nécessité faisant loi, à sacrifier la monnaie pour sauver l'économie, c'est-à-dire tant que le taux de chômage n'aurait pas été réduit.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Les élites ont-elles trahi le peuple ?</title>
   <pubDate>Thu, 12 Dec 2013 15:08:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Débat entre Marie-Françoise Bechtel, Vice-présidente du MRC et députée de l'Aisne, et l'essayiste Nicolas Baverez, paru dans l'Expansion (numéro de décembre 2013 - janvier 2014).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/6132611-9158586.jpg?v=1386857715" alt="Les élites ont-elles trahi le peuple ?" title="Les élites ont-elles trahi le peuple ?" />
     </div>
     <div>
      <b>L’Expansion : Selon vous, toutes les élites se ressemblent-elles, forment-elles un tout uniforme, monolithique? </b>       <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel</b>. Certes, les élites comprennent plusieurs cercles : les politiques, les intellectuels, les dirigeants économiques. Mais tout ce petit monde converge vers une idée qui peut s’énoncer ainsi : il n’y a de moderne que la fuite en avant libérale et promondialisation. « La révolution conservatrice », selon l’expression de Pierre Bourdieu, a gagné tous les esprits. Cette convergence est d’autant plus forte que l’élite actuelle n’hérite pas, comme sous l’Ancien Régime, d’un privilège de naissance, ni même d’un rang social, mais d’un modèle culturel unique, qui forme un monolithe idéologique très puissant.       <br />
              <br />
       <b>Nicolas Baverez. </b>Toutes les démocraties sont aussi des oligarchies ; elles ne peuvent fonctionner qu’avec des élites, mais celles-ci doivent être plurielles, ouvertes, contestées. Or la France fait exception. La création de la Ve République a entraîné la disparition des notables et fait émerger une nouvelle élite de technocrates, qui a fusionné avec la classe politique et avec le monde de l’entreprise. Cette noblesse d’Etat a été efficace durant les Trente Glorieuses. Elle s’est révélée incapable de moderniser le pays dans l’après-guerre froide et la mondialisation. Elle est responsable de l’extinction de la croissance, du chômage de masse, de l’explosion de la dépense et de la dette publiques. Plus elle bloque l’économie et la société, plus elle revendique le monopole de la direction du pays. Les autres démocraties connaissent aussi une crise de leadership politique. Mais les élites sont diverses et soumises à la concurrence. La mondialisation ne produit donc pas de convergence des élites.       <br />
              <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel. </b>La spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation. C’est un trait fédérateur très troublant alors que, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, la crème du pays a le patriotisme chevillé au corps. Il faut se rappeler la tirade de Jean-Marie Messier, au début des années 2000, quand il qualifie les Etats-Unis de « vraie patrie des hommes d’affaires » avant de s’y installer. Il reconnaissait une autre nation que la sienne pour en faire un modèle universel. Toutes les élites ne l’expriment pas ainsi, mais beaucoup n’en pensent pas moins. Dans les années 90, elles se sont coulées dans le modèle anglo-saxon dominant, certaines de pouvoir tirer leur épingle du jeu de la mondialisation. Elles ne croient pas en la France. Des politiques comme Jean-Pierre Chevènement ou Arnaud Montebourg s’emploient à leur montrer le chemin inverse, mais c’est très difficile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Vous ne parlez pas de la formation des élites qui, en France plus qu’ailleurs, constitue un moule dans lequel les bons élèves se glissent et répètent les leçons de leur maître…</b>       <br />
       <b>M.-F.B.</b> En tant qu’ancienne directrice de l’ENA, je dois dire que la doxa s’intègre, s’ingurgite en amont, c’est-à-dire à Sciences Po-Paris et dans les écoles de commerce. L’ENA n’est qu’une école d’application. Le modèle Sciences Po est extrêmement formaté et Richard Descoings, l’ancien directeur, a amplifié ce travers. Il a voulu faire de Sciences Po « l’école du marché », avec un projet d’endoctrinement.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> Le problème dépasse l’ENA ou les grandes écoles. Il est double. D’un côté, l’élite politico-administrative vit dans la nostalgie de l’économie administrée et de la société fermée; elle ne comprend ni l’économie ni le monde modernes. De l’autre, une nouvelle élite pointe, mais n’a pas accès au pouvoir, et fait le choix de l’exil. Quatre cinquièmes des diplômés des grandes écoles souhaitent construire leur carrière et leur vie à l’étranger. Ils estiment, à juste titre, que la France est en déclin et qu’elle est hostile à la jeunesse et aux talents. Ils ne trahissent pas la nation, c’est plutôt la nation qui les trahit. Le problème n’est pas que les élites manquent de patriotisme, mais plutôt que la France décroche et que les élites étatiques sont enfermées dans le déni.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B. </b>Je ne confonds pas l’élite avec les étudiants qui vont étudier ou travailler à l’étranger : c’est bien naturel, et cela s’est toujours fait. Ce que je dis, c’est que les politiques et la haute fonction publique passent leur temps à vouloir s’adapter à la mondialisation avec, en guise d’étendard, le marché ou l’Europe – qui d’ailleurs se confondent.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> La France n’est certainement pas le chantre de la mondialisation libérale. C’est le pays le plus étatisé, avec des recettes et des dépenses publiques qui atteignent 53 et 57 % du PIB. Plus du quart de la population active travaille dans le secteur public. La France souffre plutôt de son « illibéralisme ». Du détournement de la devise de la République qui, de « Liberté, égalité fraternité », a été transformée en « Etatisme, égalitarisme, communautarisme ».       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B</b>. Encore ce dénigrement de la France ! Nos élites jouent à se faire peur. Citigroup vient de classer la France parmi les pays à plus fort potentiel de croissance alors que toute l’Europe souffre de la récession…       <br />
              <br />
       <b>Les élites abusent-elles de cette accusation de « populisme » à l’égard de ceux qui les dénoncent?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> La critique des élites ne doit pas être confondue avec le populisme. Dans une démocratie, il est légitime de contester les élites et les dirigeants. Et, à l’inverse, il est malsain d’ériger en tabous des questions clés pour la vie des citoyens, qu’il s’agisse d’immigration ou de l’hypothèse d’une sortie de l’euro. Le populisme ne se réduit pas à l’appel au peuple contre les élites, il comporte aussi le culte du leader, la critique radicale de la démocratie représentative, le nationalisme et la xénophobie, l’anticapitalisme, la fascination pour la violence. La configuration historique est très favorable au populisme, avec la perte du contrôle du monde par l’Occident, une crise du capitalisme, un choc déflationniste qui déstabilise les classes moyennes. Du coup, la révolution bascule à droite. C’était déjà la situation des années 30.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B</b>. L’opposition du populisme et de l’élitisme tient plutôt du langage codé. En France, on utilise surtout le mot « populisme » pour parler de l’extrême droite. Mais il y a des contestations populistes assez saines, comme celles qui ont fait élire une série de dirigeants en Amérique du Sud. En Europe, le populisme verse à la droite extrême. Pourquoi? Les peuples ont le sentiment d’avoir été dépossédés de leur souveraineté avec la complicité des élites, qui leur ont vendu Bruxelles comme une garantie de prospérité. Cette promesse non tenue se voit et crie sa vérité. Déjà, en 2005, les Pays-Bas et la France ont lancé un avertissement par voie référendaire en rejetant le projet constitutionnel européen, sans être entendus. Pour faire reculer l’extrême droite, et donc le populisme, les électeurs doivent se sentir maîtres de leur destin. Et, de ce point de vue, l’Europe a échoué, tout occupée qu’elle est à dépasser l’Etat nation.       <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> L’Europe est un bouc émissaire idéal pour fédérer les populistes. Aux prochaines européennes, ils pourraient compter 40 % des députés. La faiblesse de l’Union européenne et la crise de l’euro y contribuent naturellement. Là encore, il faut critiquer l’Europe pour ces erreurs. Mais il faut aussi tracer des lignes de sortie de crise, montrer son utilité, donner de l’espoir. L’Europe sert trop souvent d’excuse à la médiocrité et à l’impopularité des dirigeants nationaux.        <br />
              <br />
       <b>Si le populisme a en Europe basculé à droite, est-ce que l’élitisme n’a pas basculé à gauche?</b>       <br />
       <b>M.-F.B</b>. Bien sûr, la gauche au pouvoir a basculé dans le libéralisme par le truchement de l’idée européenne. Une partie de l’élite, celle des lobbys, a fait l’Europe dans le silence. Et là, il faut adresser une mention spéciale aux financiers qui ont fait plier le pouvoir socialiste sur la loi de séparation bancaire. Une autre partie de l’élite – plutôt à gauche – a fait l’Europe dans le bruit des promesses de prospérité et de paix entre les peuples. Or, aujourd’hui, la concurrence fiscale et salariale en Europe apporte tout le contraire : la rivalité entre salariés et l’austérité budgétaire. Sans parler de la destruction de l’appareil productif. Ce sont les élites libérales du côté droit et « internationalistes » du côté gauche qui, aveuglées par les mirages de la mondialisation, découpaient, à la fin des années 90, le monde en deux : les industries dans les pays émergents et la production à haute valeur ajoutée au nord. Ce Yalta n’a pas fonctionné. Elles ont égaré le pays. Et les peuples ne le leur pardonnent pas. Ils disent leur rancoeur avec leur fond culturel propre. Les Français, plutôt cartésiens, appellent un chat un chat.        <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> La question n’est pas de savoir si l’élitisme est de droite ou de gauche. Nous sommes confrontés à une grande transformation historique, qui nous impose de réinventer le modèle français et la construction européenne. Le problème n’est pas le parti, mais plutôt l’Etat, qui était le vecteur de la modernisation et qui en est devenu le principal obstacle.       <br />
              <br />
       <b>C’est la « trahison des clercs » décrite par Julien Benda au seuil des années 30. Le discrédit des élites d’aujourd’hui ressemble-t-il à celui de l’époque?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> Attention aux anachronismes ! Contrairement aux années 30, les Etats, en 2008, ont enrayé la spirale de la déflation en sauvant les banques, en soutenant la demande, en évitant l’explosion du protectionnisme. La France n’a pas ajouté la déflation à la déflation, comme lors de la calamiteuse expérience du bloc-or. Elle n’est pas en situation de quasi-guerre civile. Elle n’est pas sous la menace de régimes totalitaires. La France est en proie à une profonde dépression et bascule dans la jacquerie, mais le degré de violence n’a heureusement rien à voir. Trois traits communs existent cependant avec les années 30: le blocage de la croissance et le malthusianisme ; le chômage et la paupérisation ; la peur du déclassement – des individus ou de la nation. S’il existe une « trahison des clercs », elle réside dans le déni de la gravité de la situation et dans le refus des réformes.       <br />
       <b>       <br />
       M.-F.B. </b>Les formes de contestation sont différentes. L’antiélitisme des années 30 s’alimentait pour partie dans l’antisémitisme. Aujourd’hui, Marine Le Pen s’emploie à rester dans le convenable, dans le conceptuel, mais de façon trop fruste pour attirer des membres de l’élite. Dans les années 30, l’extrême droite exerçait une attraction sur certains intellectuels. Mais la grande différence, c’est la perte de souveraineté du peuple. Le politique tenait alors les manettes du pouvoir, sans doute mal, mais elles répondaient à ses instructions. Plus aujourd’hui.        <br />
              <br />
       <b>N.B.</b> Sous les IIIe et Ive Républiques, le dysfonctionnement chronique du régime d’assemblée minait la souveraineté nationale. Le général de Gaulle, en 1958, y mit fin en restaurant la souveraineté de la nation par des réformes institutionnelles et économiques. « Les comptes en désordre sont la marque des nations qui s’abandonnent », rappelait à raison Pierre Mendès France. De Gaulle a remboursé en quatre ans la dette extérieure grâce à une politique de rigueur budgétaire. Et il a donné la priorité à l’investissement et aux exportations dans le cadre du Marché commun.        <br />
              <br />
       <b>M.-F.B.</b> Aujourd’hui, cet impératif de désendettement est imposé à marche forcée par la Commission européenne, et non par un choix politique souverain. Le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) renforce la police budgétaire européenne sur les Etats. Il faut comprendre que c’est une chose insupportable pour un peuple qui a fait une révolution afin de décider de son impôt, et, plus généralement, de son sort par la voie de ses représentants. Il est fondé à accuser l’élite de cette entorse aux règles démocratiques.        <br />
       <b>       <br />
       Est-il encore possible de réconcilier le peuple et les élites?</b>       <br />
       <b>N.B.</b> L’Europe a bon dos. Elle sert de bouc émissaire aux renoncements français. La France est en train de basculer du déclin relatif – par rapport aux autres nations – au déclin absolu –, avec l’enfermement dans la croissance zéro. De Gaulle disait que « la France ne fait des réformes qu’à l’occasion des révolutions ». Les élites issues de l’Etat, par leur incapacité à réformer, poussent la France vers la révolution. Qui ne sera pas guidée par les valeurs de la République.       <br />
              <br />
       <b>M.-F.B.</b> Pour les réconcilier, il faut que les deux parties – élite et peuple – reprennent confiance en la France. Facile à dire, pas facile à faire. Il y a des pistes – par exemple, une réorientation de l’épargne des ménages au bénéfice du redressement productif du pays. La France se relève toujours lorsque ses élites – de tout bord – s’unissent, tendues vers l’intérêt national. Exactement comme lors du Conseil national de la Résistance (CNR), en 1945, où droite et gauche se sont entendues au nom de la République.       <br />
       <span style="font-style:italic">       <br />
       Propos recueillis par Franck Dedieu.</span>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Les-elites-ont-elles-trahi-le-peuple_a559.html</link>
  </item>

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   <title>La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique</title>
   <pubDate>Mon, 23 Mar 2009 12:39:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Patrick Quinqueton</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   par Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC à l'Université d’été, au Projet et aux prises de position du parti.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1285471-1686702.jpg?v=1289529562" alt="La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique" title="La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique" />
     </div>
     <div>
      La crise financière, économique et sociale grave que nous traversons doit être l’occasion de mettre de la politique dans un débat qui, parce que beaucoup ne le comprennent pas, reste un débat de connaisseurs.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1 – Une réalité économique</b>       <br />
              <br />
       	La crise <span style="font-style:italic">financière</span> demeure. Certains établissements financiers, notamment aux Etats-Unis, sont encore en difficultés. Les banques ont augmenté les garanties qu’elles demandaient et le crédit est donc plus rare.       <br />
              <br />
       	C’est de <span style="font-style:italic">récession</span> qu’il faut parler et non pas d’une croissance en baisse ou d’une croissance négative. Il est curieux que le mot ne soit que rarement employé. En 6 mois, la production a baissé de l’ordre de 2,5 % en France. Cela entraine (en positif) une baisse de l’inflation, qui était déjà faible et approche le niveau zéro.       <br />
              <br />
       	La production <span style="font-style:italic">automobile</span>, traditionnellement élément important de la croissance dans les pays industrialisés qui ont une telle industrie, est toujours en baisse, malgré la « prime à la caisse », qui n’a fait qu’amortir la récession dans ce secteur.       <br />
              <br />
       	La crise <span style="font-style:italic">immobilière</span> dont le lien, via le crédit hypothécaire, avec le déclenchement de la crise est évident, est importante : baisse des ventes, baisse des prix (ce qui n’a pas que des inconvénients, dans la mesure où ils avaient monté de façon spéculative). Pourtant, la difficulté de trouver un logement  est plus que jamais une réalité. Les pays qui avaient développé sans retenue l’accession à la propriété (Etats-Unis, Espagne) sont à cet égard en grande difficulté.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">nombre d’emplois supprimés</span> est important. Il est de l’ordre de 300 000 emplois en France, et de près de 3 millions aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       	Les pays traditionnellement <span style="font-style:italic">exportateurs</span> de biens d’équipement (Allemagne, Japon) voient leurs commandes s’effondrer. Les exportations allemandes connaissent une baisse supérieure à 30 %.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2 – Des conséquences sociales</b>       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">chômage</span> est en hausse. La poursuite de la tendance actuelle conduit à un chômage de 8,8 % en juin, soit une augmentation de plus de 20% du nombre des chômeurs depuis le début de l’an dernier. Le chômage partiel (heures ou jours non travaillés sans qu’il y ait rupture du contrat de travail), qui se comptait en centaines de milliers d’heures l’an dernier, est désormais supérieur à 10 millions d’heures par mois.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">pouvoir d’achat</span> diminue, malgré une inflation proche de zéro, du fait de l’augmentation du chômage et de la sous-activité, ainsi que de la tendance à l’épargne de précaution. Mais, comme le montre le débat actuel, les inégalités sont fortes.       <br />
              <br />
       	Les <span style="font-style:italic">sinistres industriels</span> ne sont pas toujours directement liés à la récession, ils conservent une dimension de délocalisation d’activités. Si Heuliez (autocars et équipements automobile) a des difficultés directement liées à la crise, la décision de délocalisation est davantage présente pour Continental à Clairoix.       <br />
              <br />
       	Les grandes journées d’action manifestent une <span style="font-style:italic">unité syndicale</span> nouvelle incluant l’UNSA et SUD en plus du cercle des cinq grandes organisations. Mais le contenu de cette unité est pour l’instant assez flou.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3 – L’intervention politique</b>       <br />
              <br />
       	Le discours dominant est celui de la <span style="font-style:italic">parenthèse</span> : une fois la parenthèse de la crise passée, tout redeviendrait comme avant. Or, c’est bien entendu une profonde transformation qu’il nous faut exiger, à la hauteur de la gravité de la crise.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">retour de l’Etat</span> est une donnée qu’il nous faut théoriser. En effet, l’intervention de l’Etat dans l’économie n’est pas indispensable seulement en temps de crise, c’est au contraire la crise qui met en évidence une insuffisante intervention de l’Etat, au nom de l’intérêt général, dans la régulation des activités économiques. L’Etat ne doit pas s’excuser d’intervenir dans le capital des banques, il doit en exiger la contrepartie : son mot à dire dans les conseils d’administration.       <br />
              <br />
       	L’<span style="font-style:italic">Union européenne est inexistante</span> face à la crise. Pourtant, elle ne change rien à sa doctrine de fond : la concurrence plutôt que la politique industrielle, le libre échange plutôt que la protection, la marché plutôt que le service d’intérêt général. Elle met juste un (petit)bémol à certaines positions qui apparaitraient décalées (par exemple sur les aides d’Etat), mais son mandat ultra libéral n’a pas été changé.       <br />
              <br />
       	Il existe des <span style="font-style:italic">débats intéressants</span>, mais mal posés et qui exigent donc une clarification politique de la part de la gauche. C’est la question de la maitrise du système économique, au nom de l’intérêt général, qui est au centre de la crise que nous traversons. Or, une telle maitrise est contestée dans sa légitimité depuis que la victoire de l’ultralibéralisme dans les pays anglo-saxons au début des années 80, puis dans le monde entier par la suite.       <br />
              <br />
       	Il nous faut nous emparer des débats réels qui existent aujourd’hui pour transformer les débats conjoncturels en débats de fond :       <br />
       -	le débat sur la <span style="font-style:italic">régulation financière</span> : ce n’est pas seulement quelques règles de transparence qu’il faut imposer aux marchés, c’est une vraie régulation nationale et internationale de la place de la finance qui est nécessaire ;       <br />
       -	le débat sur la protection et les <span style="font-style:italic">limites du libre échange</span> : ce n’est pas seulement quelques correctifs qu’il faut apporter en s’excusant, c’est la protection contre la mise en concurrence des systèmes sociaux qui est légitime ;       <br />
       -	le débat sur les <span style="font-style:italic">revenus des patrons</span> et les « boni » des financiers : ce n’est pas seulement une question morale dont il faut se scandaliser quand la crise atteint les petites gens, c’est une nouvelle inversion de la part respective des revenus du travail et de ceux du capital qui est nécessaire ;       <br />
       -	le débat sur la <span style="font-style:italic">relance</span> montre que les Etats-Unis et l’Europe montre que nous n’en avons pas fini avec les déficits américains qui vont s’accroître : les parts respectives du soutien aux banques, aux entreprise et aux ménages doivent bouger en Europe, malgré les réticences allemandes et communautaires ;       <br />
       -	le débat sur les <span style="font-style:italic">paradis fiscaux</span> est ambigu, dans la mesure où il peut se substituer à la nécessité d’une régulation financière : or, il faut à la fois remettre en cause les paradis fiscaux et réglementer l’activité financière.       <br />
              <br />
       Sur toutes ces questions, la gauche est tout sauf claire. C’est pour nous l’occasion d’une intervention publique claire, <span style="font-style:italic">au nom de l’intérêt général</span>. La période nécessite plus que jamais de l’audace pour combattre les idées qui permettent au capitalisme financier mondialisé de s’imposer sur le ton de l’évidence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
   </description>
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   <title>Quelques réflexions sur la gauche</title>
   <pubDate>Sun, 07 Sep 2008 10:01:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Sami Naïr</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Intervention de Sami Naïr, secrétaire national, Université d'été du MRC, Belfort, 7 septembre 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1040387-1310517.jpg?v=1289529560" alt="Quelques réflexions sur la gauche" title="Quelques réflexions sur la gauche" />
     </div>
     <div>
      « Champs de ruines » : c’est le mot qui revient le plus souvent pour décrire l’état de la gauche française aujourd’hui. En tout cas fin du cycle historique structuré autour de l’opposition entre la voie communiste et la voie réformiste. Toutes les versions de la gauche radicale ont explosé ; toutes les versions de la gauche réformiste ont échoué à offrir une alternative au capitalisme.       <br />
       Je ne rentrerai pas ici dans le détail de cette histoire.       <br />
              <br />
       Tout le monde a conscience que nous avons perdu un paradigme, celui des lendemains socialistes qui chantent, mais le débat peine à s’ouvrir pour savoir ce qu’il faut faire désormais.       <br />
       La pente la plus facile est bien sûr celle qui mène à l’adaptation au monde injuste et dur, tel qu’il est, et beaucoup de dirigeants de gauche s’y laissent entraîner.       <br />
              <br />
       Je laisse ici de côté la question des formes d’organisation dans lesquelles la gauche pourrait un jour se retrouver pour ne souligner, sans les analyser dans le détail, que trois questions incontournables, qui sont en quelque sorte des prolégomènes à toute gauche future.       <br />
       1)	La question de la mondialisation       <br />
       2)	Celle de l’Etat nation et des forces sociales capables de s’opposer à cette mondialisation libérale       <br />
       3)	Celle de l’Europe       <br />
              <br />
       Sur ces questions, la gauche existante n’a pas élaboré de vision propre; en revanche, la droite a apporté des réponses auxquelles, honteusement ou fièrement, adhèrent certaines mouvances de la gauche  libérale.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>1.	Sur la mondialisation libérale </b>       <br />
              <br />
       La droite dit qu’il n’y a pas d’alternative ; la preuve de son affirmation serait presque symboliquement apportée par le fait que les principaux organes de gestion de la mondialisation libérale sont aujourd’hui entre les mains de personnalités de gauche : DSK au FMI, Pascal Lamy à l’OMC !       <br />
              <br />
       La thèse des partisans de la globalisation libérale est connue : selon eux, si la globalisation ne donne pas tous ses effets bénéfiques, c’est parce qu’elle n’est pas allée assez loin dans la privatisation du lien social : ce sont donc les couches sociales « protégées » qui doivent payer encore et plus.       <br />
              <br />
       Que dit la gauche ?        <br />
              <br />
       Je note d’abord que dans la Déclaration de principes adoptée récemment par nos camarades socialistes, il n’y a aucune analyse de cette mondialisation, rien sur la réalité géopolitique impériale et le magistère américain, rien sur le contenu et la forme politique de l’Europe, rien sur l’avenir de l’Etat-nation. Or ce ne sont pas des questions abstraites, car la mondialisation libérale n’est pas un processus historique désincarné.       <br />
              <br />
       La globalisation libérale, c’est une évidence, a été dirigée par les Etats-Unis, en s’appuyant sur les multinationales et en utilisant les principales institutions financières internationales. Elle a changé profondément la nature même du capitalisme, devenu essentiellement financier et spéculatif. Et elle est aujourd’hui en crise.        <br />
              <br />
       Une crise qui est d’abord celle de l’empire américain, et qui provoque la récession dans les pays riches. Le magistère américain sur l’économie mondiale est ancien.       <br />
       Il y a en réalité, depuis plusieurs décennies, une véritable stratégie d’exportation de l’inflation américaine, qui est financée par l’épargne mondiale.       <br />
       Le déficit budgétaire américain est abyssal, il n’y a pas d’exemple comparable dans le monde. En 2009, il atteindra les 482 milliards de $ (autour de 306 milliards d’euros) en plus des 141,8 milliards de $ pour financer les guerres d’Irak et d’Afghanistan.       <br />
              <br />
       Je rappelle que le budget militaire des Etats-Unis pour 2008 a été de 645,6 milliards de $ dont 503,8 milliards seulement pour le financement des activités du Pentagone et des programmes d’armement nucléaire.        <br />
       Or la quasi totalité de ces dépenses est financée par l’épargne mondiale, surtout par l’achat de Bons du Trésor américains par les Chinois, les pays du Golfe Persique, le Japon et certains fonds européens.        <br />
              <br />
       Face à cette globalisation libérale, dans sa version agressive comme dans la crise aujourd’hui, la gauche a été incapable de produire un véritable discours alternatif. Et quand il existe, son discours est essentiellement défensif.       <br />
              <br />
              <br />
       On entend souvent à gauche qu’il faut donner un « contenu social » à cette mondialisation. Seulement voilà : par exemple, pour imposer des règles contre la privatisation généralisée des services sociaux au niveau de l’OMC, encore faut-il être capable d’imposer ces règles au niveau de l’Europe et de les faire respecter au niveau de la nation !        <br />
              <br />
       L’O.M.C. voulait, dés 2002, un Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS) dont la finalité était de privatiser tous les services publics. Le Commissaire européen d’alors, Pascal Lamy, en avait défendu le principe au niveau européen. Les transports, la santé et la Poste étaient dans le collimateur. Aujourd’hui, la privatisation de la Poste entre en vigueur ! Et bientôt ce sera le tour des transports ferroviaires !       <br />
              <br />
       Mais que fait la gauche ? Elle se limite de fait à une politique incantatoire, elle dénonce, mais elle ne prévient pas à la source.       <br />
              <br />
       Or, il n’y aura pas de sortie de crise pour la gauche si elle ne propose rien pour combattre cette mondialisation libérale. Et la stratégie alternative doit se déployer sur plusieurs fronts :       <br />
       1)	Des règles encadrant la concurrence à l’OMC, et notamment le principe de clause sociale dans le libre-échangisme concurrentiel. Ce serait une véritable révolution théorique.       <br />
       2)	Un contrôle systématique de la circulation des capitaux       <br />
       3)	Mais aussi : repenser l’architecture monétaire internationale et tout particulièrement le rôle du dollar.       <br />
       L’euro, nous avait-on annoncé pour le justifier, devait concurrencer le dollar. Il est aujourd’hui sévèrement châtié par le dollar.       <br />
       Pourquoi un euro fort ? Notamment parce qu’il profite le plus aux pays dont le commerce extérieur est intrazone européenne, soit l’Allemagne (4/5ème de ses exportations). On comprend pourquoi il ne faut pas toucher à la banque centrale.       <br />
       4)	- Déclarer, dans l’OMC, des zones de souveraineté nationale non marchandes : éducation, santé, et de façon plus large, services sociaux.       <br />
       -  Taxer les délocalisations       <br />
       -  Revoir les rôles du FMI et de la Banque Mondiale, etc.       <br />
              <br />
       Il y a, de part le monde, — en Europe, Amérique Latine, USA, Afrique, Inde, des milliers de proposition, d’idées qui circulent pour lutter contre le libéralisme.       <br />
       La gauche doit analyser ce grand laboratoire mondial, et en tirer des enseignements, des stratégies, des politiques.        <br />
              <br />
       Sur quelles forces s’appuyer ? Normalement, trois forces principales :       <br />
       1)	L’alliance des couches moyennes appauvries par cette mondialisation et des classes populaires       <br />
       2)	L’Etat-nation, qui n’est pas dépassé. (Le budget de l’UE n’est même pas de 1 % du PIB européen)       <br />
       3)	Une réorientation stratégique de l’Europe.       <br />
              <br />
       Dans ces trois espaces, il faut mettre la bataille contre le libéralisme mondialisé aux commandes. Il faut délégitimer les élites financières qui dirigent l’Union européenne ; montrer qu’elles n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général ; qu’elles ne sont autonomisées et qu’elles sont devenues des vecteurs du pouvoir de l’argent contre l’intérêt général des citoyens de l’Europe.       <br />
              <br />
       Il faut reconstruire les solidarités sociales en élaborant un projet commun entre classes moyennes, ouvriers, salariés et exclus – autrement dit, construire un sujet politique qui puisse s’opposer au bloc hégémonique des élites financières unies.        <br />
              <br />
       L’Etat-nation est le vecteur stratégique principal dans cette lutte. Il faut d’abord le reconquérir, ce qui n’est pas simple ; il faut ensuite le rendre capable d’agir au plan européen et au plan mondial. C’est possible.       <br />
              <br />
       Un exemple : le rapport, en Europe, à la Banque Centrale Européenne. Aujourd’hui la France, l’Italie, l’Espagne demandent une révision de la politique de l’euro fort. Mais l’Allemagne n’en veut pas. Et les règles existantes favorisent la banque centrale. On est paralysé ? Oui, parce que l’on a accepté des règles paralysantes (le plan de stabilité – Maastricht). Une des premières actions serait de demander la transformation des critères de convergence de Maastricht, la remise en cause du pacte de stabilité, la nationalisation (la vraie) des secteurs de souveraineté, parmi lesquels il faut mettre les services publics.        <br />
              <br />
       Mais on voit bien que cela signifie un accord sur la signification de l’Etat-nation aujourd’hui. Or, la Gauche (sous toutes ses versions), n’a pas de pensée originale sur l’Etat-Nation.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2.	Sur l’Etat-nation </b>       <br />
              <br />
       Sur l’Etat : soit la gauche l’a combattu parce qu’elle le concevait comme l’instrument de la dictature du capital) — version instrumentale ; soit elle s’y est soumise (socialisme réformiste), c’est la  version sociale-démocrate et aujourd’hui libérale.       <br />
              <br />
       Or, c’est un paradoxe réel : la seule forme d’Etat social qu’on ait connue, c’est celle du Welfare State, qui était en réalité nécessaire au développement du capitalisme après guerre. L’Etat le plus social, en France, c’est celui préconisé par le Conseil National de la Résistance (CNR). De Gaulle !       <br />
       Et dont le capitalisme s’est débarrassé dès qu’il n’en a plus eu besoin. Mais la gauche n’a ni inventé un Etat social spécifique, ni fait la critique constructive du Welfare State. Il est venu, il est parti. Point ! D’où la victoire idéologique du libéralisme.       <br />
              <br />
       Mais aujourd’hui, pire encore, la gauche a intériorisé la délégitimation libérale de l’Etat. Elle refuse de revenir à l’« étatisme ». Et c’est la droite mondiale qui parle d’étatisation nécessaire (c’est-à-dire, pour celle-ci, de la socialisation des pertes). Pourquoi cette dérive ? Il y a beaucoup de raisons. Mais une me paraît évidente. La gauche accepte le cosmopolitisme du marché et assimile l’interventionnisme étatique à un nationalisme d’Etat. Elle se méfie de la nation-Etat.        <br />
              <br />
       Cette conception a été théorisée d’ailleurs par Habermas dans Après l’Etat-nation, mais dans une perspective, à mon avis, déconnectée de la réalité vécue des peuples. S’inspirant de l’idéalisme kantien, il propose une conception cosmopolitique post-étatique. Sa thèse centrale ne diffère pas, sur le fond, de celle des idéologues libéraux : elle affirme que la mondialisation actuelle manifeste un procès d’intégration économique mondial, et que l’Etat nation constitue un obstacle à ce procès.        <br />
       C’est là un postulat a priori qui mérite au moins discussion !       <br />
              <br />
       Pourquoi la mondialisation ne serait-elle pas tout autant et peut-être avant tout un processus de désintégration de l’économie mondiale sous l’effet d’un capitalisme financier que plus personne ne contrôle ?        <br />
       Pourquoi l’intégration économique mondiale serait nécessairement au bout de ce processus, et pas la destruction, la fragmentation mondiale, et de nouvelles guerres ?       <br />
              <br />
       En réalité, la faiblesse de la gauche à penser l’Etat à l’époque de la mondialisation  est elle-même liée à l’incapacité de penser la nation, dans ce que celle-ci signifie comme médiation politique et sociale. Car l’Etat n’est rien sans la nation qui lui donne sens.        <br />
              <br />
       La droite entend que le rôle stratégique de  l’Etat nation est dépassé à l’époque de la mondialisation libérale, la nation elle-même n’étant plus ou moins qu’une forme identitaire, culturelle, qui doit trouver sa place dans un monde pluriel.       <br />
       Il est vrai que l’Etat-nation ne constitue plus le seul cadre des grandes décisions économiques, mais cela signifie-t-il que la fonction régulatrice de l’Etat a disparu ?       <br />
       Et, surtout, cela signifie-t-il que la souveraineté nationale, c’est-à-dire l’intérêt général, soit devenue obsolète ?        <br />
       Peut-on comprendre la politique européenne si l’on met entre parenthèses les intérêts nationaux de nos voisins allemands, anglais, italiens, etc..?       <br />
              <br />
       En fait, la question de l’Etat-nation est centrale. C’est l’Etat qui lui donne une cohérence dans l’existence au monde, sous forme de nation.        <br />
       Non la nation entendue comme organe biologique, comme race ou ethnie, mais la nation dépassant, par son symbolisme et le lien qu’elle instaure entre les citoyens, les appartenances particularistes, que ce soit à une tribu, un clan, une religion, une spécificité culturelle ou linguistique, pour déboucher sur une union politique, une citoyenneté partagée, en France un même pacte laïque, une égalité politique et des obligations civiles qui fondent et rendent possible cette égalité.        <br />
       Une nation citoyenne. Et une nation métisse, fondée sur le brassage de différences et non sur l’apologie des particularismes. Une République citoyenne.       <br />
              <br />
       La gauche, si elle reprend à son compte la plupart de ces valeurs, se refuse à les corréler clairement, fortement, à l’identité nationale républicaine. En fait, la nation républicaine, c’est l’impensé de la gauche, et c’est le boomerang qui ne cesse et ne cessera de lui revenir au visage. Mais l’enjeu est plus important encore : c’est celui de la démocratie.       <br />
              <br />
       Dans la mondialisation comme dans la construction européenne, l’espace national est le seul cadre dans lequel la démocratie peut fonctionner de manière plus ou moins transparente et sous un contrôle plus ou moins effectif des citoyens. On n’a pas besoin d’être spécialiste de sciences politiques pour comprendre que si l’Europe actuelle a dérivé vers la technocratie autoritaire et opaque, c’est précisément parce qu’il n’y a pas de cadre démocratique européen et que le Parlement européen est loin, très loin, de jouer ce rôle.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, si l’on veut construire l’Europe, il est crucial, impératif de clarifier les rapports entre les Etats nations et l’Europe. Or, la gauche, là aussi, a des difficultés à comprendre la relation entre démocratie et Nation. Elle vit en général sous le poids de l’opprobre qui est portée contre les nations en raison des terrifiantes dérives nationalistes du XXe siècle. Il nous faut donc un vrai débat, à gauche, sur la nation et l’Etat.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3.	Enfin, sur l’Europe et sa nécessaire réorientation.</b>       <br />
              <br />
       La droite soutient que sa construction comme entité économique et politique dépasse la question de la différence droite-gauche. A gauche, beaucoup partagent ce point de vue.       <br />
              <br />
       De là le pacte passé entre la droite et la gauche depuis le début des années 80 pour mettre en place une Europe économiquement libérale et politiquement impuissante (c’est-à-dire en fait soumise aux Etats-Unis, comme le prévoyaient le Général de Gaulle et Mendès-France).       <br />
              <br />
       Je crois que s’il y a un domaine où la faiblesse théorique et politique de la gauche est patente, c’est bien celui de la construction européenne. Je crois aussi que l’accord des sociaux-libéraux et de la droite sur l’Europe libérale a détruit tout le potentiel émancipateur critique de la gauche européenne.       <br />
              <br />
       La gauche n’a pas de théorie alternative de l’Europe.       <br />
              <br />
       Il nous faut une autre vision de l’Europe. Une vision politique et stratégique.       <br />
       -	On doit trouver la forme politique adéquate pour unir les nations européennes ;       <br />
       -	On doit autonomiser l’Europe par rapport à ceux qui veulent la soumettre, surtout à l’Amérique (Balladur/Sarkozy). L’Europe doit devenir adulte, exister par elle-même. D’où un nécessaire débat avec nos partenaires européens.       <br />
       -	On doit avoir le courage de dire que l’Europe ne doit pas être l’ennemi de la Russie ; qu’elle doit aider ce pays à aller vers plus de démocratie ; qu’elle a des intérêts communs avec la Russie en matière énergétique et stratégique pour un monde multipolaire.       <br />
       -	On doit réorienter l’Europe vers des solidarités régionales et travailler avec les continents émergents : Chine, Inde, Brésil, Mexique, etc.       <br />
       -	On doit faire de l’Europe un acteur stratégique majeur en Méditerranée et faire du monde arabo-musulman un allié. Tout comme Israël et les palestiniens.       <br />
       -	Enfin, plus que tout, les peuples européens doivent réapprendre à s’occuper d’eux-mêmes : politique d’emploi et de croissance ; contrôle Banque Centrale Européenne ; politique environnementale non obscurantiste, etc., voilà les chantiers sur lesquels l’Europe est jugée et sera jugée.        <br />
              <br />
       La situation semble désespérée ? Mais Hölderlin ne disait-il pas : «  là où il y a le plus grand désespoir, germent aussi les semences du plus grand espoir » ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
   ]]>
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   <link>https://www.mrc-france.org/Quelques-reflexions-sur-la-gauche_a52.html</link>
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   <title>Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche, par Louis Gautier</title>
   <pubDate>Sat, 06 Sep 2008 15:15:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Louis Gautier</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Trame de l'intervention de Louis Gautier, auteur de "Table rase - Y a-t-il encore des idées à gauche ?" (Flammarion, 2008), ancien conseiller du premier ministre, Université d'été du MRC, Belfort, 6 septembre 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1032880-1299270.jpg?v=1289529560" alt="Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche, par Louis Gautier" title="Les défis à relever. Les valeurs sur lesquelles reconstruire la gauche, par Louis Gautier" />
     </div>
     <div>
      <b>La crise de la gauche : la matrice d’Epinay est cassée,  les divisions l’emportent.</b>       <br />
       Depuis 2002, tous les partis de gauche, des radicaux aux ultras, sont en crise. Depuis 2002, la gauche souffre d’une absence de leadership. Non seulement, la gauche ne parvient pas à sortir d’un multipartisme problématique mais la fracture apparue sur la question européenne a accru sa division sans déboucher sur aucune recomposition positive. Les radicaux ne subsistent qu’en raison d’accords électoraux avec le PS. Les verts ne sont jamais parvenus à s’inscrire comme une force vraiment mobilisatrice à gauche. Le PC est taraudé par un doute existentiel profond et son absence de plan pour l’avenir. La mouvance trotskiste cherche à se reconstituer derrière Besancenot, mais comme l’ensemble de la gauche radicale elle est « cornérisée » par des postures souvent sectaires et une culture purement contestataire..        <br />
       Cependant, c’est l’état du parti socialiste parce qu’il constitue organiquement l’épine dorsale de la gauche qui demeure le plus préoccupant. A la veille de son congrès de 2008, le PS n’est toujours pas sorti des querelles de clans et de personnes qui affectent sa bonne marche. Il n’a pas entrepris le travail de rénovation programmatique indispensable, ni réformé son mode interne de fonctionnement. Il n’a pas su rétablir les conditions nécessaires à la confiance des autres formations de son camp ni restaurer son autorité dans l’opinion comme principale force d’opposition.        <br />
       Une refondation idéologique et programmatique nécessaire à l’alternance       <br />
       Le PS et la gauche ont besoin de procéder à une clarification idéologique du projet de société qu’il cherche à promouvoir. Le PS et la gauche doivent aussi renouveler leur approche sociologique de l’électorat qu’ils entendent défendre et représenter. Ils doivent en outre, pour les formations qui acceptent d’assumer la responsabilité de gouverner, proposer des réponses programmatiques en phase avec les attentes de cet électorat.       <br />
       Une refondation à gauche est indispensable surtout après que la campagne de 2007 a exposé au grand jour, l’absence d’unité, l’inadéquation ou la banalité des propositions à gauche. La cacophonie règne dans le camp socialiste sur l’Europe. Faute d’un travail en profondeur sur leur corpus théorique, les socialistes croient s’adapter à la modernité, en empruntant à l’air du temps de nouvelles références au risque de dérapages qui ne sont pas seulement terminologiques. Leur message est brouillé. La droite a bien compris comment accroître une confusion des repères qui nous est fatale.        <br />
       La gauche doit d’abord investir le combat des idées. Contrairement à Nicolas Sarkozy qui voudrait faire croire que tout se mélange et tout se vaut sur le plan idéologique et que seules comptent la performance, la réussite, la rentabilité emballées dans le papier verni des croyances, la gauche doit soutenir un projet politique fondé sur le contrat social et  l’égalité. Elle doit aussi défendre avec plus de vigueur certains principes.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le « leadership » idéologique de la gauche n’existe plus</b>       <br />
       Depuis 1905, la gauche a finalement rarement et souvent brièvement gouverné (Cartel des gauches, front populaire, expérience Mendès-France , gouvernement G Mollet, Union de la gauche sous les septennats de F Mitterrand, majorité plurielle de Jospin) mais la pensée de gauche dominait le débat d’idée. Le courant républicain et le courant socialiste ont irrigué et mis sous tension tous les grandes dialectiques politique du XXème siècle. La gauche d’antan n’avait pas souvent le pouvoir mais elle avait les idées. A présent elle ne gouverne plus et ne domine plus le débat d’idées.        <br />
       La gauche constate, avec un peu de retard, qu’elle ne domine plus le débat d’idées en France. La dénonciation du goulag, le délabrement de l’idée communiste et l’effondrement de l’Union soviétique ont sérieusement entamé son crédit intellectuel, d’autant plus que la gauche française n’a pas produit  elle-même  l’analyse en profondeur de ces terribles échecs, le PS pas plus que le PC. En outre la gauche socialiste qui s’est revitalisée idéologiquement à partir de Mai 68 et de l’écologie a peu questionné idéologiquement ces mouvements.        <br />
       Les droits de l’homme sont devenu le pilier de conversion d’une partie de l’intelligentsia de gauche dont nombre de représentants ont insensiblement migré à droite. Il n’y a pas de hasard au passage d’un intellectuel comme A Glucksman chez Sarkozy, comme il n’y a pas de hasard non plus à l’entrée de responsable politique comme  B Kouchner dans son gouvernement. La compatibilité des hommes et de leurs idées existait forcément avant. De même le legs culturel de mai 68  ou l’apport des écologistes ont été trop peu soumis à une critique théorique de leurs fondements pour être des éléments de reformulation du clivage droite gauche. Ils ont été incorporés sans avoir été passés au crible. Ils sont de ce fait confusément autant des références pour la droite que pour la gauche. Finalement d’ailleurs, en matière de mœurs, S Veil fait plus pour l’émancipation des femmes que les gouvernements de F Mitterrand et Chirac ne fait pas moins que Jospin dans la sauvegarde de l’environnement. Le Grenelle de l’environnement montre comment la confusion et le brouillage peuvent être de ce fait porté loin.       <br />
       Mais le discours idéologique traditionnel  de la gauche centré sur l’interventionnisme de la puissance publique est resté dominant longtemps en France, alors que partout dans le monde occidental il est sur le déclin, en but à une offensive néolibérale radicale amorcée au début des années 80. Cette offensive idéologique, avant même la chute du mur de Berlin et la mondialisation, n’est pas une coïncidence : la décadence du modèle communiste derrière le rideau de fer rendait déjà moins utile l’embellissement de la vitrine sociale du monde Occidental.        <br />
       D’une certaine manière, l’élection de Jacques Chirac sur le thème de la fracture sociale en 1995 et la cohabitation de 1997 a cependant continué à masquer la réalité à une gauche en perte de vitesse idéologique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le Sarkozisme ou la confusion des repères dans le cortex médiatique français</b>       <br />
       Durant la campagne électorale de 2007, il a été possible de mesurer la progression des points de vues et des valeurs de droite voire de la droite extrême comme références désormais dominantes et affichées du concert médiatique.        <br />
              <br />
        Nicolas Sarkozy a réussi à incarner la rupture par rapport à son prédécesseur à l’Elysée en assumant de façon plus décomplexée son identité de droite et des idées conservatrices en vogue depuis plusieurs années. Il a ainsi renouvelé par un plus grand contraste l’offre politique, ce qui a créé en sa faveur une dynamique incontestable. Briseur de tabous, il désacralise le modèle français. La gauche qui en était le grand prêtre est transformée en gardien d’un temple dévasté. Les questions qu’il choisit de mettre en avant : la sécurité, l’autorité, le mérite, l’identité nationale, les restrictions à l’immigration lui permettent de faire la jonction avec l’électorat du Front national. Au cours de sa campagne, Nicolas Sarkozy s’affranchi de beaucoup de scrupules idéologiques, jonglant avec les références et les symboles de gauche comme de droite. La gauche, tétanisée, a été incapable de riposter, sauf sur le mode de l’indignation sans portée : on nous vole nos grands hommes, on défigure nos monuments !       <br />
       On attend d’elle un rétablissement intellectuel. A la fois une mobilisation pour contrer une pensée de droite envahissante et de l’imagination pour inventer de nouveaux concepts. Ce travail n’est possible que par un retour en amont vers ses sources d’inspiration, un examen critique de son héritage  idéologique.       <br />
              <br />
       <b>Le logiciel de la gauche victime du bug du marxisme</b>        <br />
       Le dépérissement des grandes idéologies et de la foi dans le progrès amène inéluctablement à reconsidérer les cadres doctrinaux du socialisme. Le marxisme ne peut plus être le principal viatique même s’il n’est pas privé de puissance d’inspiration. Il est d’autant plus essentiel que la gauche revisite ses fondamentaux et concilie entre elles ses diverses sources. De même, il convient de faire mieux converger les courants d’opinion qui irriguent la gauche. Sur de nombreuses questions, faute de débats suffisamment approfondis les positions ne sont pas rendues assez homogènes. La gauche a d’abord besoin de se réapproprier certaines idées et de ne pas laisser d’autres les dénaturer politiquement en en prenant possession. Elle doit reprendre pied dans la bataille idéologique, tout commence par là.       <br />
       Avant même la chute du mur de Berlin, les idées étaient en avance sur le siècle. Comme souvent, le mouvement des idées avait précédé celui de la réalité politique et économique. La référence au communisme et aux vertus salvatrices de la révolution avait cessé d’être crédible vingt ans avant l’effondrement du « socialisme réel ».       <br />
              <br />
       Accédant au pouvoir, les socialistes ont contribué, en France, au « passage » en politique d’un discours porté jusque-là exclusivement par les intellectuels et débouchant sur la réhabilitation des droits de l’homme et de la démocratie. Cependant, comme elle ne s’était pas officiellement dépouillée de sa « vieille peau marxiste », la gauche française n’a pas su tirer pleinement avantage de cette situation. Elle n’a pas su valoriser son rôle dans la conversion définitive de la France au libéralisme politique entre 1981 et 1995. De même, alors qu’elle a su mettre en œuvre certaines grandes idées protestataires de mai 68, elle a été dépouillée de ce bénéfice, car on lui fait reproche d’avoir trop longtemps fermé les yeux sur l’infantilisme des idées politiques héritées de la révolte étudiante.       <br />
              <br />
       De manière générale, faute d’un travail idéologique suffisant, la pensée de la gauche s’est étiolée. Alors qu’elle n’avait pas peu contribué dans la seconde partie du siècle dernier à consolider « un discours interprétatif dominant » politiquement centré sur l’Etat et la défense du « modèle français », après 1990 elle perdait pied, incapable de faire face à la déferlante idéologique du libéralisme et d’un modèle anglo-saxon qui, avec la mondialisation, prétendent devenir la référence démocratique par excellence. Alors que la droite, en passant de Chirac à Sarkozy, accepte de se convertir sans état d’âme à ces références néolibérales et néoconservatrices et à liquider sans aucun scrupule l’héritage républicain, la gauche qui résiste fait figure d’attardée.       <br />
       On attend de la gauche qu’elle contrecarre par des idées neuves une idéologie ambiante détestable. Mais on attend d’abord qu’elle ne s’en laisse pas compter.       <br />
       La gauche n’a pas à rougir de sa contribution séculaire au débat des idées en France ; de façon générale, elle peut être fière d’avoir théoriquement et pratiquement contribué à l’affermissement de la démocratie française jusqu’au gouvernement de Lionel Jospin qui sur la parité, l’interdiction des cumuls, l’indépendance de la justice, la présomption d’innocence, le secret défense, a entrepris des réformes démocratiques qui n’ont pas été prolongées après lui.       <br />
       La gauche peut assumer avec fierté le corpus d’idées politiques qui constituent son patrimoine. Dans ce patrimoine, il y a des idées sublimes, il y en a de terribles, des justes et des erronées. Mais si l’on s’attache non pas à la seule histoire des idées mais à l’inscription historique de ces idées dans les contextes et les situations où elles ont été réellement expérimentées dans notre pays, il n’y a plus des idées justes et des idées erronées. Il y a des faits et ce que ces idées ont pu produire.       <br />
              <br />
       <b>Des virus et des spams intoxiquent notre logiciel</b>       <br />
       Par manque d’imagination ou paresse intellectuelle, la gauche pour se reconstituer un peu intellectuellement, fait feu de tout bois. Elle a glané ici et là des idées novatrices, notamment chez quelques grands penseurs originaux : F. Hayek, C. Schmitt, J. Rawls, R. Aron, Jonas… Un peu naïvement, elle pensait que l’hétérodoxie de leurs idées, par rapport à celles traditionnellement répandues chez les conservateurs, la prémunissait contre le risque de droitisation auquel pouvaient conduire de tels emprunts. C’était sans compter sur le fait qu’une idée, un concept est rarement un isolat. Une pensée s’inscrit nécessairement sur une toile de fond idéologique. Aussi des notions telles que la discrimination positive, le principe de précaution, le communautarisme quand elles ont été incorporées à une doctrine républicaine et socialiste, par ailleurs excessivement figée, l’ont entièrement détraquée. Ici l’équité triomphe contre l’égalité. La croyance au progrès est supplantée par un misonéisme douteux et un catastrophisme absurde. La laïcité pâtit d’un relativisme de plus en plus marqué. L’athéisme n’est plus un signe de ralliement.        <br />
              <br />
       Le logiciel de la gauche menacé par un bug massif du fait de la péremption du marxiste est contaminé par des virus conservateurs et les spams hypnotiques d’un prêt-à-penser à la mode.       <br />
              <br />
       Les portes d’entrée de ces chevaux de Troie sont connues : l’écologie, qui a recyclé des idées et des théoriciens autrefois classés à l’extrême droite ; l’alter-mondialisme qui reste influencé par un vieux fond anarchiste ; le social- libéralisme qui fait son lit dans le libéralisme ; la gauche chrétienne qui cherche à réintroduire partout des valeurs transcendentales. La gauche doit laisser ouvertes, largement ouvertes, ses portes avec le monde des idées. Elle doit être réceptive aux idées nouvelles. Mais elle doit aussi doter son ordinateur de pare-feux.          <br />
       Faute d’un travail en profondeur sur leur corpus idéologique, les partis de gauche et les socialistes en particulier, croient s’adapter à la modernité, en empruntant à l’air du temps de nouvelles références au risque d’un salmigondis idéologiques et de dérives qui ne sont pas seulement terminologiques.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La gauche respecte croyances et  traditions mais pour elle la société politique ne peut se construire qu’en raison</b>       <br />
       Il convient pour la gauche de prendre définitivement acte de l’exténuation des « grands récits » liée à la péremption du marxisme et des grands discours téléologiques de l’histoire. Mais il lui faut  opposer un démenti à ceux qui, restaurent en politique les notions de croyance et de tradition, en dénigrant le principe fondamental pour la gauche selon lequel la société politique est instituée sur la raison, que tout ce qui ne peut pas être rationnellement débattu ne rentre pas dans le champ de la sphère public et du débat démocratique. Il convient aussi de résister à l’affirmation selon laquelle  le primat de la raison aurait brimé la liberté en commençant par limiter la liberté de conscience. On prétend à tort que les Lumières auraient donné à la raison la primauté contre la liberté alors que, tout au contraire, la philosophie politique des Lumières est caractérisée par son impossibilité théorique à arbitrer entre le préalable de la rationalité et le principe premier de la liberté.       <br />
       La gauche a donc besoin de retrouver ses marques philosophiques et de la vigueur face à une pensée réactionnaire qui, à partir d’une lecture erronée, caricaturée de la Révolution et de la pensée socialiste, instruit aujourd’hui un triple procès contre la raison, contre la modernité, contre l’universalisme et la sécularisation, une pensée qui prétend sans vraisemblance que dès leurs prémices, les Temps Modernes puis les Lumières contenaient déjà en germe le totalitarisme ; que la Révolution française conduisait au Goulag.        <br />
       La critique puis l’abandon des perspectives finalistes de l’histoire, après Auschwitz et Hiroshima, aboutissent, en effet à la réintégration préoccupante en politique de valeurs transcendantes au nom des dieux ou d’une humanité érigée en concept métaphysique, à une dénonciation radicale du constructivisme politique. Le rationalisme politique au XIXème siècle et au XXème siècle aurait conduit à des abominations dans l’histoire. Livrée à elle-même, la raison deviendrait folle. On connaît la parabole, son retentissement est immense : à Auschwitz et à Kolyma, la mort de Dieu précéda la mort de l’homme. La réintroduction du divin serait la seule façon de redonner du sens à nos sociétés. Sarkozy dans son discours du Latran ne soutient pas autre chose.       <br />
       Quelles que soient les formes prises, la sécularisation a été pensée comme un processus institutionnel et juridique visant à dénouer le nœud théologico-politique autrefois au cœur de la définition du pouvoir. Elle conduit à bien identifier l’Etat comme une instance neutre par rapport au facteur religieux. Dans le concept français de sécularisation, la laïcité entend même neutraliser le facteur religieux dans l’espace public. Or c’est toute une autre lecture qui s’est progressivement imposée depuis une vingtaine d’années en France et parfois dans les rangs de la gauche, en particulier de la gauche chrétienne, à la suite de l’exploitation des travaux de Léo Strauss, Carl Schmitt et Karl Löwith.       <br />
              <br />
       On peut résumer cette théorie à partir de deux citations fameuses : « tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l’Etat sont des concepts théologiques sécularisés » (Carl Schmitt) ; «  toute la philosophie de l’histoire devient totalement dépendante de la théologie, c'est-à-dire de l’interprétation de l’histoire comme histoire du salut » (Karl Löwith).       <br />
       Galvaudées, ces thèses seront le cheval de Troie pour les anti-laïcs. Par leur ethno-centrisme, elles sont finalement préjudiciables à laïcité et à plus généralement à la cause de la modernité comme vecteur de la démocratie ici et dans le monde, car elle associe la démocratie à un héritage civilisationnel, un legs du passé judéo-chrétien de l’Occident. Dans le théorème de la sécularisation proposé par Schmitt et Löwith, on passe en effet d’une conception de la sécularisation caractérisée par la rétractation du facteur religieux à un processus qui organise son transfert et indirectement le relégitimise. On assiste ainsi  en ce début du XXIème siècle à la fabrication d’une nouvelle réalité dans laquelle la décadence relative des principes de la Modernité s’accompagne d’un réencadrement social, manifeste ou subreptice, par la religion.       <br />
       Il n’y a pas de hasard dans la justification de la guerre en Irak par Bush et Blair au nom de la démocratie associée aux valeurs la civilisation.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Associée au projet de transformation de la société, la gauche doit réinterroger ses conceptions de l’histoire et du sens de l’action dans l’histoire.</b>       <br />
       Face à la montée du facteur religieux dans notre société et aux tentatives de plus en plus fortes de réintroduire le fait religieux comme une donnée de la politique, la gauche doit opposer une vision profane. Mais elle ne peut plus s’appuyer comme jadis sur une confiance sans limite dans la vertu du progrès et dans l’espoir que le perfectionnement de l’humanité se résume à la promesse de luttes émancipatrices. Trop d’expériences malheureuses et violentes sont venues tempérer ces croyances. Dans un univers de faible espérance, la gauche doit réinterroger le sens qu’elle place dans l’action politique et quel rôle elle assigne à la rationalité politique.        <br />
       Sans le secours des religions ni le soutien des philosophies finalistes, sans progrès ni providence, l’idée de continuité de l’histoire humaine ainsi que l’expérience du mal et de la souffrance dans l’histoire forment à présent la maigre trame à laquelle un esprit européen peut se raccrocher pour tenter de légitimer le sens de toute action.       <br />
       Le fait que nous n’envisagions plus l’histoire sous l’angle du sens ultime mais de la continuité ne la prive pas pour autant de toute signification dans le rapprochement des événements présents avec ceux du passé et dans l’attente placée dans les événements futurs par rapport à ceux déjà réalisés. Dans la projection courte de la vie humaine et à partir des références du présent, demeure donc un optimisme de l’action réalisée. La déception en effet n’existe que là où il y a attente. Comme les attentes sont faibles les déceptions devraient aussi être réduites. Or c’est tout l’inverse qui se produit.       <br />
       Dès lors qu’il n’y a plus de lendemains qui chantent, comment envisager positivement le futur ? On est confronté à un paradoxe : l’horizon politique, de façon générale, s’est réduit dans nos sociétés mais, au nom de la préservation de l’avenir pour les générations futures, l’action politique est sommée de tout prévenir et tout prévoir.       <br />
       Le rétrécissement de notre horizon des possibles devrait améliorer notre sentiment de satisfaction sauf que nous vivons aussi dans l’angoisse d’un futur hypothéqué par les traites que nous tirons sur l'avenir.       <br />
       Alors que le sens de l’action dans l’histoire a tendance à s’amenuiser, à la fois comme téléologie de l’action politique et incarnation par l’action politique d’une téléologie de l’histoire, paradoxalement le pouvoir politique voit son action de plus en plus confrontée à l’absolutisme du lointain. Les actes politiques sont surexposés à la critique de leurs effets supposés dans l’avenir. Le politique est absorbé par une réflexion -souvent sans suite concrète- sur des décisions déjà prises ou sur lesquelles il a peu de prise : la gestion des déchets nucléaires, les expérimentations génétiques, le réchauffement climatique…       <br />
       Paradoxalement, plus ce diktat se généralise, plus la politique s’enferme et périclite dans la gestion de l’événementiel. Plus le relativisme historique pousse à limiter la portée des décisions au bénéfice d’une seule génération, plus leurs conséquences sont mesurées à l’aune des générations futures. La politique est à la fois « anéantie » par l’impératif de la précaution qui s’impose désormais à tous et est tétanisée devant la menace de la catastrophe. Les préceptes académiques de l’éthique et de la politique selon lesquels les actes sont plus importants que les omissions, les effets proches plus importants que ceux qui sont distants ne sont plus prévalents. Ces catégories distinctives de l’action sont contestées comme inadaptées au monde actuel et à l’ampleur des catastrophes que le pouvoir des hommes est désormais capable de provoquer.       <br />
       La gauche ne doit pas se laisser dominer par un état d’esprit qui annihile la politique. Une chose est de répudier la vieille croyance prométhéenne dans le progrès, une autre chose est de s’abandonner à une conception « désolante » de l’histoire. Il faut s’opposer à la vision de penseurs contemporains comme Hans Jonas, Günter Anders, René Girard, Jean Pierre Dupuy ou Peter Sloterdijk qui, quoique appartenant à des traditions philosophiques différentes au départ, présentent une conception de l’histoire du monde finalement dominée par la transcendance (« Le destin nous dévisage depuis l’avenir » écrit Jonas). Ces conceptions substituent aux utopies du XIXème et début du XXème siècle récusées pour leurs excès une anti-utopie pour le XXIème siècle réglée sur le schéma de la peur.       <br />
       Notre siècle se retrouve trois fois endetté : par rapport au présent pour son injustice, par rapport au passé en raison de la culpabilité qui le mine, vis-à-vis de l’avenir à cause des responsabilités à l’égard des générations futures. Avec une telle surcharge morale, difficile de commencer à vivre (Ne revenons pas ici, tant elle est insoutenable sur l’idée inepte qu’a eue Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 l’identité fantôme d’un enfant martyr de la déportation).        <br />
       Aux principes de la prévoyance et de la prévention, la précaution engage un nouveau rapport au dommage du temps. C’est la définition de ce principe qui pose problème car ce principe n’est pas donné comme seulement contingent (« agir avec précaution pour réaliser correctement le futur »), il est de plus en plus établi comme un impératif de la morale qui comporte de « l’irréparable, de l’irrémédiable, de l’incompensable, de l’impardonnable, de l’imprescriptible », Le principe de précaution ressemble alors à un interdit. A s’y méprendre on dirait un avatar du péché de la Bible et des Evangiles.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La gauche a besoin de reconsidérer la question  de la décision et de la responsabilité politiques</b>       <br />
       Personne n’était tenu autrefois responsable pour les effets ultérieurs non voulus d’un acte bien intentionné, bien réfléchi et bien exécuté, « le bras court du pouvoir humain n’exigeait pas le bras long du savoir prédictif ». Si l’action politique appelle l'élucidation des attentes et la mesure des incertitudes, elle requiert aussi une morale de l’action qui ne soit pas une castration perpétuelle du présent au nom de la préservation du futur. Il y a donc lieu de rétablir un peu du bon sens de la morale commune dans la politique.       <br />
       A cet égard, l’inflation des conditions qui entourent dans les temps ordinaires la prise de risque est sans doute contreproductive mais c’est une garantie de bien faire. L’excès de précautions devient en revanche redoutablement contre performant dans les situations de crise. Les préceptes que la morale commune applique à l’action sont peut-être, à notre époque, inadaptés aux décisions politiques du long cours. On ne peut cependant pas s’en passer comme référence pour des actions impératives commandées par l’urgence ou la survie (la guerre, certaines menaces sur l’environnement, la pandémie du SIDA, les effets de la canicule….).       <br />
       Dès lors que la décision politique n’est plus orientée par des certitudes idéologiques fortes le risque n’est-il alors pas de se laisser enfermer dans un dilemme impossible : il faudrait à tout prix éviter l’arbitraire d’interventions dont on ne maîtrise pas les effets sur le long terme (les manipulations génétiques, le danger nucléaire) et en même temps échapper à la logique des petits arbitrages d’une gouvernance du quotidien forcément conservatrice du statu quo.       <br />
       La droite peut s’accommoder de la situation dans la mesure où elle renvoie au marché le soin de trancher désormais la plupart des difficultés. Le domaine de la décision politique se réduit pour elle à peau de chagrin. De plus la droite entend régler l'exercice du pouvoir sur la pratique de la gouvernance d’entreprise qui réduit la décision à la conciliation d’interactions multiples et à l’optimisation des choix dans un univers de contraintes qu’elle n’a pas forcément pour ambition réduire et qu’elle ne prétend en tout cas pas nécessairement pouvoir réduire.       <br />
       La gauche peut dénoncer le subterfuge mais pour être crédible elle doit aussi réhabiliter dans sa culture le sens de la décision politique. Celui d’un choix après la délibération. Mais pour cela elle doit admettre que la délibération n’emporte pas toute la cause de la décision. Elle doit admettre qu’il subsistera toujours dans la décision une part discrétionnaire, irréductible. Que c’est le risque et la difficulté de gouverner et que l’on ne peut pas développer une culture de gouvernement sans accepter ce risque mais bien sûr aussi sa sanction au nom de la responsabilité. Le débat, la consultation, la participation sont indispensables ; la prévention, la prévoyance, la précaution sont également nécessaires mais ce sont aussi des sables mouvants pour la volonté politique. La gauche, à une époque caractérisée par les limitations du sens de l’action politique doit être en mesure de densifier le sens de la décision politique.       <br />
       C’est peut être précisément ce qui pose le plus de problème à la gauche car cette dimension a été peu théorisée.       <br />
       On rabat généralement la question de la décision sur l’examen des critères des conditions, ou des modalités, mais on fuit le cœur même du sujet.       <br />
       Or la gauche a trop souvent tendance à considérer que là où il y a des normes, là où il y a des procédures, là où il y a de la délibération, le choix ne ferait plus problème. Alors qu’il faut admettre qu’un choix sans normes, sans procédures et sans débat pose problème, mais que ces conditions réunies ne permettent pas à elles seules de régler l’aspect problématique de la décision politique, à fortiori quand elle ne peut provenir de la déclinaison de certitudes idéologiques.       <br />
       Un responsable de gauche doit chercher aujourd’hui à situer son engagement politique à partir de trois critères de sens : la préoccupation de la continuité historique de la communauté humaine, l’élucidation et l’effectuation des attentes de la société, l'acceptation de la responsabilité et des risques du choix politique.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Plus concrètement il lui faut réexaminer la pertinence des principes politiques issues de la Modernité : la sécularisation, souveraineté, l’Etat, la Nation face à la nouvelle grammaire de la mondialisation.</b>       <br />
       Autrefois la culture internationaliste de la gauche l’amenait à envisager le destin de l’humanité comme une désaliénation progressive de l’homme qui devait recouvrer ses « forces génériques » entravées par l’exploitation dont il était victime en société capitaliste.        <br />
       Or, la mondialisation est un internationalisme réussi mais par la globalisation capitalistique et non par la libération des forces du travail. Le dépassement de la nation qui, pour la gauche socialiste, était un but ultime et la condition de l’unification de la communauté humaine est en voie de réalisation mais au profit d’entités transnationales qui garantissent encore moins que les vieilles nations les principes de solidarité qui, du fait de la tradition ou par les conquêtes politiques, trouvaient en leur sein le moyen de s’incarner. La décadence du modèle de l’Etat-nation ouvre des perspectives à nos sociétés que la mondialisation spontanément ne peut pas résoudre.       <br />
       La libéralisation des échanges économiques n’accouche pas d’un monde plus pacifique, plus stable, plus équitablement prospère mais suscite des rivalités attisées par la pénurie des ressources naturelles. Le système international est traversé par de nouvelles formes de violences qu’il a du mal à juguler. Tel qu’il est organisé, il est incapable de faire face à la problématique environnementale qui met pourtant en jeu l’avenir de la planète. La paix et les conceptions pacifistes de la gauche ne peuvent dans ce contexte qu’être mises à mal.       <br />
       L’Etat-nation, concurrencé par de nouvelles constructions et de nouveaux acteurs sur la scène internationale se voit dépossédé de son autorité et pourtant la mondialisation est incapable de lui substituer d’autres cadres d’expression de la volonté démocratique. Il reste donc bloqué dans un entre-deux périlleux qui génère de façon contradictoire des régressions nationalistes et des aspirations supranationales.       <br />
       Si la nation est une concrétion historique pour l’heure insurmontable, comment concilier sa permanence comme substrat politique et sociétal avec l’insertion de plus en plus évidente des individus dans un système d’échanges planétaires ? Comment réaménager l’identité nationale pour tenir compte d’une hétérogénéité culturelle de plus en plus grande de la population française ? Ne convient-il pas de revoir certains fondamentaux de notre pacte républicain pourtant tenus jusqu’ici pour intangibles ?       <br />
       L’Europe, qui pour la gauche offrait à la nation française un horizon de sublimation et une garantie de protection dans un ensemble politique plus vaste, est en crise. Il faudrait apporter des remèdes à cette situation que la gauche française, par ses foucades et ses atermoiements, contribue à faire empirer. Peut-on prétendre sans une Europe politiquement plus forte et davantage intégrée sauver seul le modèle social européen ?       <br />
       L’échec de l’expérience du communisme dans un seul pays semble en effet avoir aussi entraîné dans sa chute l’Etat providence développé par les démocraties occidentales comme un contre modèle social et économique plus efficace et plus juste que celui mis en œuvre derrière le rideau de fer. Partout en Europe on constate un effritement des protections sociales. L’économie de marché sans contrôle ni régulation sape un édifice social construit à grand peine. Un capitalisme brutal asservi à des normes de profit immédiat réorganise en permanence les marchés du travail sans considération pour les préjudices sociaux causés localement. Il détruit, parfois sans rationalité par rapport à des stratégies industrielles de long terme, des investissements productifs qui mobilisent nationalement les ressources de l’épargne et les fonds publics.       <br />
       Face à ces bouleversements internationaux, face à ces désordres économiques, face aux nouvelles demandes d’assurance et de protection de la population, notre démocratie est sommée de réagir. Une réimplication de l’Etat est souhaitée mais ses interventions dans le domaine social, en matière d’éducation et de sécurité ont besoin d’être adaptées. La gauche ne peut plus se contenter de défendre des mécanismes de l’action publique et une organisation institutionnelle en partie obsolète. Elle doit donc encourager une réforme profonde de l’Etat. De même, elle doit répondre aux attentes de perfectionnement de notre système démocratique. Il faut contrebalancer les effets de domination des pouvoirs économiques sans partage. Il importe de moderniser la Vème république en cours de présidentialisation accélérée avec la mise en place de véritables contre pouvoirs face à un Exécutif qui s’emballe.       <br />
       Enfin, la gauche dans les prochaines années va devoir mener un rude combat mais ce combat est aussi le plus emblématique, le plus légitime, le plus stratégique pour elle, celui de l’égalité de notre société. Deux projets de société vont inéluctablement s’affronter dans les années à venir en raison des tensions démographiques et économiques auquel est d’ores et déjà exposé notre pays. La droite, pour régler ces tensions, propose une vision du contrat social revu à la baisse. L’équité et la discrimination positive sont les nouveaux poncifs d’une politique qui pousse à la désagrégation de la « démocratie providentielle ». Par ces moyens, la droite entend seulement corriger  les plus criantes injustices dans un souci minimal de paix sociale. La gauche ne doit pas se méprendre sur les marges de manœuvre qui sont réduites mais elle doit lutter pour maintenir une exigence de solidarité pour tous et l’objectif d’une société plus égale. La gageure est de taille.       <br />
       La Modernité, la mondialisation, la nation, l’Etat, la démocratie, l’égalité, sur toutes ces grandes problématiques, on attend que la gauche desserre par des propositions adaptées les nœuds de contradiction qui sont apparus récemment.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>On attend que la gauche reparte d’un pied vaillant</b>        <br />
       Parce qu’elle n’a pas procédé à certaines clarifications essentielles, la gauche donne le sentiment de boiter, d’avoir l’esprit boiteux. « D’où vient qu’un boiteux ne nous irrite pas et un esprit boiteux nous irrite ? A cause qu’un boiteux reconnaît que nous allons droit et qu’un esprit boiteux dit que c’est nous qui boitons. Sans cela nous en aurions pitié et non colère ». Comme le note Pascal, ce qui est exaspérant c’est que la gauche continue à nier ou à feindre de nier certaines évidences.       <br />
        Depuis la fin des années soixante dix, la culture révolutionnaire n’existe plus au PS ni au PC. L’extrême gauche, si elle en manie toujours les symboles et les thèmes, ne porte plus de véritables espérances révolutionnaires. Le programme de Besancenot ressemble plus au programme de gouvernement de l’Union de la gauche des années soixante dix mâtiné de contestations alternatives que du programme de transition de Léon Trotski. Cependant la gauche a tendance à se faire plaisir en s’abandonnant au discours de la contestation, à couver d’un œil indulgent les revendications de radicalité, sans jamais priser dans sa culture politique les compétences liées à l’exercice du pouvoir. Le PS, les Verts, le PC restent ainsi dans un entre deux, à mi chemin entre discours réformiste et discours de résistance. Le fait de ne pas assumer « culturellement » le choix de la réforme qu’ils acceptent pourtant politiquement, les amène à ne pas s’engager sur des voies qui leur paraissent trop escarpées. Ils craignent de se voir politiquement et techniquement exposés. Les socialistes ont ainsi préféré ne pas s’aventurer trop loin, notamment après 2002, sur certaines problématiques correspondant pourtant aux préoccupations des Français : l’âge de la retraite, le financement de la santé, l’adaptation des outils contractuels pour rapprocher offre et demande de travail, le traitement de la délinquance. De la sorte, les socialistes ne font preuve ni de beaucoup de pédagogie ni de beaucoup de courage.       <br />
       Alors que la droite place sous tension notre communauté nationale par ses prises de positions communautaristes et sécuritaires, alors qu’elle entreprend de détricoter le tissu des solidarités, par ses mesures fiscales ou la mise en place de franchises et de déplafonnement sur les soins, la gauche doit proposer une vision plus équilibrée et sereine de notre société. Mais pour cela, la gauche doit faire évoluer ses conceptions sur la nation et le contenu d’un pacte républicain fortement daté. Il faut écrire un nouveau pacte de citoyenneté plus ouvert à la diversité de notre société, un pacte plus réciproque mais aussi plus ferme sur les engagements synallagmatiques du contrat social. Les individus doivent être sensibilisés aux avantages qu’ils reçoivent de la société et à l’obligation de respecter le principe de solidarité. Faute de mieux dans la phase actuelle de la mondialisation, la nation, l’Etat nation, reste encore le seul cadre pertinent à l’incarnation de la démocratie et à l’expression des solidarités.       <br />
       L’Etat, moins absolu qu’hier, a cependant encore de nombreux combats à livrer en ce début de XXIème siècle. Il doit non seulement entreprendre de remodeler de façon plus équitable et pacifique un monde globalisé sans boussole mais les citoyens attendent toujours de lui protections et garanties. Il apparaît évidemment nécessaire de réengager l’Etat là où nos sociétés sont aujourd’hui les plus fragiles ou les plus angoissées. En matière de sécurité, la gauche doit renforcer sa crédibilité. Il lui faut accepter, pas en surface mais profondément, en responsabilité, que le traitement de la délinquance et la maîtrise des violences internationales appellent des réponses robustes et des moyens adaptés. Sans cette entrée en matière, elle ne parviendra pas à conjurer les fantasmes sécuritaires ni à contrer les dérives inquiétantes qu’ils provoquent dans de notre société. Il faut pouvoir rassurer donc faire preuve d’efficacité. Face aux injonctions et aux appétits d’un capitalisme sans frontière ni entrave, l’Etat doit aussi rétablir des gardes fous et des limites, empêcher une marchandisation absolue des rapports en société, protéger les biens communs, refuser de laisser dégrader ou piller nos services publics. Pour cela, il faut pouvoir compter sur un Etat modernisé. Or, la gauche reste plus attachée aux instruments qu’aux objectifs. Toute remise en cause, l’autonomie des universités, la suppression du département, la décentralisation complète de la gestion hospitalière, suscitent émois et anathèmes. Il faut au contraire engager une ample réforme administrative de l’Etat et envisager de décentraliser de nombreuses compétences supplémentaires. Il faut enfin sortir de l’imbrication déraisonnable et déresponsabilisante des divers échelons d’administration territoriale. Une réforme des Institutions est nécessaire au niveau local mais aussi au niveau national.       <br />
       Pour la gauche la question de l’égalité est historiquement centrale, elle doit rester au cœur de son projet d’autant que tout montre, hélas, que les disparités, la pauvreté, les inégalités s’accroissent dans notre société. La droite agite sa politique d’équité, de quotas et de discrimination positive comme un chiffon rouge pour détourner l’attention des inégalités économiques et sociales qui se creusent dans notre pays. Mais sa politique engage aussi un autre modèle de société non plus fondé sur la solidarité de tous mais sur des minima accordés à certains : les plus pauvres, les exclus, les moins biens intégrés. La gauche doit se préparer à un combat frontal sur ce sujet, encore faut-il qu’elle se ressaisisse.       <br />
       Encore faut-il aussi que le bateau socialiste ne sombre pas corps et biens au prochain congrès dans les disputes ou la facilité, que la gauche soit en mesure de mettre en oeuvre une stratégie de reconquête du pouvoir, qu’elle recompose l’offre politique dans notre pays, qu’elle soutienne une promesse de changement démocratique. Les Français attendent de la gauche qu’elle reconnaisse ses erreurs, qu’elle corrige ses pratiques, qu’elle retrouve son rôle d’avant-garde, qu’elle décrypte intelligiblement le monde et surtout qu’elle engage le combat.       <br />
       Les Français attendent la gauche.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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      <div align="center"><iframe src="http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?t=chevenement20-21&o=8&p=8&l=as1&asins=2081211645&fc1=000000&IS2=1&lt1=_blank&m=amazon&lc1=0000FF&bc1=000000&bg1=FFFFFF&f=ifr" style="width:120px;height:240px;" scrolling="no" marginwidth="0" marginheight="0" frameborder="0"></iframe></div>
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   <title>Un projet républicain plus que jamais d'actualité</title>
   <pubDate>Mon, 14 Jul 2008 22:17:00 +0200</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>MRC</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Actualités]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Annexe à la motion d’orientation adoptée lors du Congrès des 21 et 22 juin 2008 au Kremin-Bicêtre.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/995171-1244572.jpg?v=1289529580" alt="Un projet républicain plus que jamais d'actualité" title="Un projet républicain plus que jamais d'actualité" />
     </div>
     <div>
      <b>1 - EN FRANCE        <br />
              <br />
              <br />
       1-1 – La République relevée </b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La souveraineté, la démocratie, la loi  </b>       <br />
              <br />
       Cinquante ans après l’adoption de la Constitution de la V° République, maintes fois modifiée  depuis lors, le plein exercice de la souveraineté populaire n’est aujourd’hui pas assuré. Des dérives se sont installées : cohabitation, abaissement du Parlement, multiplication des autorités indépendantes, usage arbitraire du referendum. Le MRC se prononce pour un dispositif assurant une relation claire entre l’exécutif et le législatif, un accroissement des droits du Parlement, un scrutin garantissant dans les deux assemblées une représentation  équilibrée des électeurs et du système partisan dans le cadre d’une majorité stable        <br />
       La Constitution doit également garantir le droit pour le citoyen à une information libre, transparente et honnête  ainsi que l’existence de services publics facteurs d’égalité, y compris territoriale.        <br />
              <br />
       Une part non négligeable du déficit de souveraineté  est, il est vrai, imputable à la construction européenne et au carcan de normes incontrôlables qu’elle impose aux peuples. Or la vraie démocratie requiert des citoyens conscients d’appartenir à un peuple uni par son histoire, sa culture, son territoire, ses valeurs politiques. Fédérer artificiellement un patchwork de peuples européens sous une autorité unique trouble ces repères, engendre une bureaucratie prolifique, opaque et en définitive impuissante à répondre aux aspirations des peuples. Elle décourage chez les citoyens la conscience de pouvoir exercer utilement leur pouvoir souverain.        <br />
              <br />
              <br />
       Les droits de l'homme sont indissociables de ceux du citoyen, qui constitue une parcelle du souverain ; ils sont donc liés à la souveraineté nationale. Le détournement des « Droits de l’Homme » par l’idéologie néolibérale prête à manipulation et délégitime encore le pouvoir des Etats.       <br />
              <br />
              <br />
       En République, le peuple est souverain : la loi, qui doit être égale pour tous s’impose à tous les citoyens.  Il est urgent de simplifier la loi, de mettre un terme à la prolifération réglementaire, nationale comme européenne. Prendre le citoyen au sérieux c'est garantir la clarté et la lisibilité de la loi.        <br />
              <br />
       <b>Le renouveau de l'Etat et des services publics</b>        <br />
              <br />
       L'Etat est l'instrument par lequel le bien commun s'affirme par dessus les intérêts particuliers. Pour réformer l'Etat, il faut clairement fixer ses tâches : fonctions régaliennes, fonctions anticipatrices, fonctions de stratège et autres missions d'intérêt public telles que : transports, énergie, logement  recherche, aménagement du territoire… Décentralisons, mais dans la République et dans le respect de la solidarité nationale ! Cessons d'opposer les collectivités locales à l'Etat : tous doivent servir le bien public. Le développement de l'intercommunalité de la loi de 1999 montre que c'est possible. Nous ne sommes pas opposés, au contraire, à l’évaluation des politiques publiques en vue de s’assurer qu’elles répondent aux besoins de la nation  mais à la condition qu’elles ne soient pas le pur et simple alibi de la restriction de la dépense publique.        <br />
                <br />
       <b>La reconquête du territoire</b>        <br />
              <br />
       Une vigoureuse politique d'aménagement du territoire doit viser la reconquête de l'espace urbain et rural , pensée en fonction des défis européens, dans une optique de lutte contre la fracture territoriale, de continuité territoriale Outre Mer  et d’accès à des services publics de qualité y compris dans les zones délaissées ou reculées.  L’Etat doit renforcer la loi SRU et s’engager davantage aux côtés des collectivités territoriales pour la construction de logements sociaux.        <br />
              <br />
       Pour réorienter la politique de la ville il faut clarifier les choix : quelle égalité bâtir, pour quelle citoyenneté, dans quelle nation ? Aux « politiques d'intégration » doit succéder une volonté nationale de plein accès à la citoyenneté, replaçant les valeurs républicaines au cœur du pacte social, rejetant dans les actes les réflexes communautaristes.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>1-2 – Revaloriser le travail        <br />
              <br />
       Promouvoir une véritable sécurité sociale professionnelle :</b>       <br />
              <br />
       La revalorisation du travail  passe en premier lieu par l’affirmation du travail comme valeur importante pour l’individu et pour la société.  C’est dans cette optique qu’il convient d’aborder la question du temps de travail : nous avions dénoncé la mise en place des 35h parce qu’elle s’accompagnait d’un gel des salaires et d’une flexibilité accrue mais ceux qui les combattent aujourd’hui n’ont d’autre but que de les accroître encore . De même les conditions de travail, y compris le droit à la formation et son lien avec une mobilité professionnelle acceptable, le CDI comme contrat de travail de référence, ainsi que la revalorisation des salaires sont des objectifs de première importance.  La sécurité sociale professionnelle découle de l’effort pour retrouver un niveau d’activité suffisant par une politique économique volontariste.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Rééquilibrer les revenus du travail et du capital</b>        <br />
              <br />
       La revalorisation du travail, par rapport aux revenus du capital, peut commencer en France par la réforme des charges sociales. Nous proposons que les cotisations sociales patronales, aujourd'hui assises sur les salaires, soient graduellement remplacées par un prélèvement sur la valeur ajoutée comptable de l'entreprise. Les cotisations salariales, à l'exception de la retraite, doivent être transférées vers une CSG. Ces transferts devraient permettre de revaloriser le SMIC et les bas salaires et de rendre aux salariés du pouvoir d'achat. A l'inverse, les revenus du capital seraient appelés à financer bien davantage la protection sociale. Une taxe sur les contrats précaires pourrait être instituée.       <br />
              <br />
       <b>Garantir les protections sociales</b>       <br />
               <br />
       Le chômage important des jeunes et des salariés après 50 ans constitue une immense perte de cotisations pour les régimes de protection sociale. L'issue n'est pas dans les fonds de pension qui ne font qu'engendrer de nouveaux risques. Elle est dans la réforme de l'assiette des cotisations, l'amélioration du taux d'activité en fin de carrière… et dans le recul du chômage. C’est dans cette optique que nous estimons indispensable d’affirmer le droit à la retraite et de revenir à une logique de solidarité nationale, responsable et respectant un humanisme républicain. Cela demandera un important chantier de refonte des systèmes qui devra notamment prendre en compte la pénibilité du travail.        <br />
               <br />
       Nous voulons renforcer un système de protection universel, égalitaire et solidaire, dégagé des contraintes de rentabilité mais équilibré financièrement. Nous proposons de rendre au Parlement un rôle directeur dans la politique de santé publique et dans les dépenses de santé : (prévention, politique du médicament, libérée des pressions des grands groupes pharmaceutiques, défense et  modernisation de l'hôpital public qui doit rester un élément essentiel de notre système de soins  synergie entre médecine de ville et établissements, maintien des services de proximité , juste répartition des moyens , organisation du risque dépendance, etc.       <br />
               <br />
              <br />
       <b>1-3 – La citoyenneté affermie</b>        <br />
              <br />
              <br />
       Face à l'individualisme, la citoyenneté est le rappel de l'intérêt général et le civisme est la forme la plus élaborée du lien social. Si la citoyenneté traverse aujourd'hui une crise, ce n'est pas le modèle républicain qui est en cause, mais les coups de boutoir qui le frappent jour après jour, au nom de l'individualisme exacerbé, du culte de la réussite personnelle par l'argent, des communautarismes. L'intérêt général est perdu de vue.        <br />
              <br />
       L'égalité entre les hommes et les femmes est le premier défi à relever par le principe de citoyenneté, devant lequel les traditions, les cultures, les religions doivent céder le pas.        <br />
              <br />
       L'égal accès à la citoyenneté est devenu un enjeu majeur :  aux jeunes stigmatisés par leur quartier de résidence ou leur couleur de peau, nous devons tenir la promesse républicaine d'égalité. L'Etat ne doit pas rester observateur ou juge pénal : il doit devenir acteur de cette promotion volontaire.       <br />
              <br />
              <br />
       Il faut donner sens à l'immigration, à condition que celle-ci soit régie par des règles claires et ne soit pas perpétuellement agitée par les démagogues, qui prennent le risque grave de déstabiliser les populations installées sur notre sol. Les quotas d'origine ne sont pas acceptables en raison de leurs critères ethniques ou raciaux ; les quotas par profession ne peuvent être utilisés qu'en accord avec les pays d'origine afin de ne pas organiser le pillage des cerveaux du Tiers Monde. Pour apaiser les peurs, donnons sens à l'immigration : les nouveaux venus, futurs citoyens de la République, feront la France de demain.        <br />
              <br />
       Au nom de la laïcité, nous devons veiller, notamment grâce à l’outil remarquable qu’est la loi de 1905  à ce qu'aucune distinction religieuse ne s'impose dans l'espace public, à ce que l'ethnicisation des rapports sociaux soit combattue, à ce que la liberté de l'esprit, de la recherche, de la création soit garantie. Le premier combat laïque d'aujourd'hui est à livrer contre l'enfermement dans le communautarisme. L’école et la culture occupent une place centrale dans ce combat pour l’émancipation. 	       <br />
              <br />
       La régulation de la société de l’information est un enjeu qui doit être traité dans l’optique des  valeurs républicaines, des libertés, et de l’intérêt général.        <br />
              <br />
       Le droit égal pour tous à la sûreté doit s'imposer aussi bien face à la démagogie sécuritaire que face à l'angélisme : police de proximité, loi de programmation pour la justice en sont les outils.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>1-4 – Refonder l'Ecole</b>        <br />
              <br />
              <br />
       Il est temps de recentrer l'Ecole sur ses missions premières : la transmission des savoirs et des valeurs, et relever l'autorité qui la rend possible, celle des maîtres. La maîtrise des savoirs élémentaires dans le primaire est la clé de toute réussite ultérieure. Une priorité doit être donnée à la maîtrise de la langue française qui conditionne tout le reste… La République doit conforter ses enseignants : ils ont la tâche particulièrement ardue d'inculquer le goût de l'effort dans une société marquée par l’hédonisme dominant, le sens du travail dans un monde où la réussite par l'argent est portée au pinacle, la joie de comprendre, la fierté de s'élever, dans un environnement où tout pousse à la médiocrité et à l’absence d’esprit critique.        <br />
              <br />
       La formation de la citoyenneté est la deuxième grande mission de l'Ecole. L'instruction civique doit transmettre les valeurs de la citoyenneté.        <br />
              <br />
       Dans l'enseignement supérieur, nous devons faire face au tarissement du nombre d'étudiants dans les filières scientifiques et techniques. Des bourses incitatives seraient nécessaires. L'orientation, à l'Université, au cours du premier cycle doit répondre au défi que constitue l'abandon par de nombreux étudiants de leur cursus. Nous avons également proposé que l'Etat  finance les études de jeunes de milieu modeste qui s'engagent ensuite à le servir durant dix ans.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>1-5 - Science et  environnement</b>       <br />
               <br />
              <br />
       Les relations de l'homme et de la nature revêtent une dimension planétaire : effet de serre, réchauffement du climat, conséquences sur le niveau des océans et sur les terres habitées des rivages, amenuisement de la biodiversité… Y faire face suppose de mobiliser les capacités de la raison et de la science, et non de sombrer dans un nouvel obscurantisme        <br />
              <br />
       Le sens de la responsabilité face à l'environnement et à l'avenir de la planète, le souci du développement durable, sont des dimensions modernes du civisme et de la citoyenneté. Il faut penser l'écologie de l'humanité, et réintroduire la responsabilité des nations face au devenir de l'humanité.       <br />
               <br />
       <b>1.6 Culture</b>       <br />
              <br />
       Un projet républicain fait confiance à la création et aux créateurs. Il s'agit de les défendre face à la marchandisation générale, et de promouvoir l'exception culturelle. Il s'agit aussi de favoriser la participation du plus grand nombre à la vie culturelle, en ressoudant ainsi le sentiment d'appartenance. Nous proposons en même temps d'ouvrir la culture française sur le monde et de faire de la francophonie une dimension majeure, culturelle et politique.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>2 - EN EUROPE</b>       <br />
               <br />
       Refonder les institutions européennes sur la démocratie, c’est refonder l’Europe sur les souverainetés nationales qui sont inaliénables. Cela n’exclut nullement les transferts de compétences exercées en commun, mais à condition que celles-ci soient démocratiquement contrôlées.        <br />
              <br />
       <b>2-1 – Face à la crise, renouer avec la croissance</b>        <br />
              <br />
       La crise qui a commencé de s'abattre sur l'Europe appelle des remises en cause énergiques pour éviter d'être entraînés dans la spirale du désastre économique.        <br />
              <br />
       <b>Changer l'architecture de la zone euro</b>        <br />
              <br />
       Dans la zone euro il faut anticiper d'urgence pour surmonter la vague récessionniste venue d'Amérique :        <br />
              <br />
       - renégocier le Pacte de stabilité, en y introduisant des objectifs de croissance et d’emploi  et à tout le moins exclure du calcul du déficit budgétaire comparé les dépenses d'investissement productif, de recherche et de défense.        <br />
       - modifier les statuts de la Banque centrale européenne afin d'inclure dans ses missions la nécessité de veiller à l'emploi et à un haut niveau d'activité et définir l'inflation de manière réaliste        <br />
       - instituer un gouvernement économique de l'euro assuré par l'Eurogroupe, et autorisé à donner des orientations à la BCE dont l’indépendance doit être remise en cause . La politique du change doit être reprise en main.       <br />
               <br />
       <b>L'innovation et la recherche</b>       <br />
               <br />
       Les vœux pieux du sommet de Lisbonne en matière de recherche et de technologie ont heurté le mur du pacte de stabilité. Nous proposons de porter à 3% du PIB l'effort de recherche français, en déduisant ces engagements des déficits budgétaires comparés.        <br />
              <br />
       <b>La politique industrielle</b>        <br />
              <br />
       La politique industrielle doit reprendre ses droits. Elle a été ramenée par la Commission de Bruxelles à une simple politique de la concurrence empêchant d'ailleurs de faire naître en Europe des champions mondiaux. Les défis que nous lancent les pays émergents, la montée des « fonds souverains » exigent un changement de cap. L'Europe doit promouvoir une politique de l'offre, dans le domaine de l'industrie comme dans celui des services ainsi qu’une harmonisation de la fiscalité et des droits des salariés pour mettre fin au dumping social à l’intérieur de la Communauté.         <br />
              <br />
              <br />
       <b>L'énergie</b>        <br />
              <br />
       Nos approvisionnements en pétrole et en gaz sont liés à la qualité de nos relations avec les pays qui forment le grand voisinage de l'Europe : Moyen-Orient et Iran, Maghreb, Russie. Une Europe européenne, soucieuse de ses intérêts à terme, a autre chose à faire que d'emboîter le pas aux fiascos de la politique américaine dans ces régions.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2-2 Protéger et développer les atouts de la France</b>       <br />
              <br />
       Dans les secteurs industriels vitaux et stratégiques, l'Etat doit exercer une mission de sécurité absolue y compris par des nationalisations. Son droit de regard, sous forme de golden share par exemple, est légitime. Des coopérations renforcées dans les domaines industriels clés doivent pouvoir se nouer, sans l'aval préalable de la Commission, avec un nombre restreint d'Etats membres volontaires.        <br />
              <br />
       Pour mettre nos entreprises à l'abri des prédateurs boursiers, des moyens existent : contrôle des fusions boursières, constitution d'un pôle d'actionnaires stable capable d'intégrer les exigences de moyen et long terme pour l'entreprise, actionnariat salarié, qui à partir de 10 – 15% peut en certains cas permettre  une résistance solide aux opérations prédatrices, développement de l’économie sociale.         <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       Les prix durablement élevés du pétrole, les risques induits par le réchauffement climatique  le besoin d'indépendance énergétique, font que l'énergie nucléaire a un grand avenir devant elle. L'avenir du nucléaire doit être préparé. Sur vingt ans, il faut prévoir de gérer les déchets de manière sûre, durable et réversible. Ce n'est pas inaccessible ! Cette priorité peut d'ailleurs fort bien se conjuguer avec le développement des énergies renouvelables et avec une politique sérieuse de maîtrise des dépenses énergétiques.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le service public</b>        <br />
              <br />
       Nous avons besoin de services publics performants et de qualité. La « concurrence libre et non faussée » est le lacet avec lequel les libéraux, s’appuyant sur le credo européen  entendent étrangler le service public, en les mettant à la merci d'un l'écrémage où le secteur privé s'octroie les activités rentables, ne laissant au public que le secteur déficitaire, avant de provoquer sa disparition.  Il faut inverser le mouvement pour reconquérir des services publics de qualité, ce qui ne peut se faire qu’en rendant aux Etats leur compétence en ce domaine sans exclure les (re)nationalisations nécessaires .        <br />
       Seule serait acceptable une directive « services publics » rompant clairement avec la logique du service universel qui est celui du pauvre et renonçant à la prétention d’organiser les grands services de fourniture (gaz, électricité, télécommunications) à la place des Etats.       <br />
       La collecte du livret A et son affectation au financement du logement doivent être rétablies.        <br />
              <br />
       <b>Les paysans et les pêcheurs  doivent pouvoir vivre de leur travail </b>       <br />
              <br />
       Il faut réinventer la PAC et les principes qui l'avaient fondée : préférence communautaire, prix rémunérateurs encourageant la qualité, souveraineté alimentaire, en servant de nouveaux objectifs : agriculture paysanne, sécurité et qualité alimentaires, rejet du dumping vis à vis des agricultures des pays du Sud. Cette réinvention de la PAC doit permettre à l'Europe de se nourrir par elle-même et aux paysans de vivre de leur travail et non de subsides. De même, pour la pêche : une large révision s’impose à la fois quant au contrôle de la ressource, la modernisation de la flotte et le statut social du marin.        <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>3 - DANS LE MONDE</b>        <br />
              <br />
       L'incantation chère au président Sarkozy, ne suffit pas. La mondialisation libérale, c'est la mise en concurrence des « coûts » du travail. Pour revaloriser le travail, il faut changer les règles du jeu.        <br />
              <br />
       Pour protéger les acquis sociaux en Europe, la définition et le respect de clauses sociales et environnementales à l'OMC doit être notre cheval de bataille. Mais cette bataille sera rude et longue.        <br />
              <br />
       C'est pourquoi, dès à présent, l'Union européenne doit remettre en œuvre une préférence communautaire, qui prévalait jusqu'en 1974 au sein du Marché commun, et l'appliquer aux biens et aux services. Cette préférence communautaire implique un tarif extérieur commun et c'est la seule manière de garantir le niveau social européen. Il importe que cette préférence s’accompagne de mesures permettant aux pays les moins avancés et aux pays émergents d’accroître le niveau de vie de leurs populations.	        <br />
              <br />
       La liberté des échanges ne peut valoir qu'entre zones de niveau économique et social comparable. La France doit prendre toute sa part, face à la crise alimentaire, dans le cadre des objectifs du sommet du Millénaire visant à une réduction drastique de la pauvreté dans le monde.  Même les libéraux découvrent que l'extension sans limite du libre-échange n'apporte pas la prospérité. Il faut renverser ce dogme pour sortir l'OMC de sa crise. Il faut au contraire lier le volume de nos importations au niveau social et environnemental des pays à bas coût de main d'œuvre. A la vision de l'OMC nous devons opposer un projet d'organisation du commerce mondial par grands ensembles régionaux, de niveau économique et social comparable, avec liberté des échanges à l'intérieur, et régulation des échanges entre grandes zones.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Une défense indépendante</b>        <br />
              <br />
       La défense est nationale, et doit être à la hauteur des responsabilités de la France membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU. Son architecture doit être clairement perceptible : son noyau demeure la dissuasion nucléaire, arme d’ultime recours qui garantit l’indépendance de notre politique ; nous devons également adapter notre stratégie et nos moyens conventionnels aux nouvelles menaces afin de protéger nos voies de communication et nos accès aux sources d’énergie. Le lien citoyen-nation, gravement distendu par la disparition de fait du service national, doit être rétabli par la création d’un service court, obligatoire et mixte, d’une dizaine de semaines complété par un service long volontaire. Le budget de la défense doit être progressivement porté à un niveau suffisant, notamment en ce qui concerne nos capacités de recherche. La dérive vers la fourniture de contingents tous azimuts  et le plus souvent sous commandement américain doit cesser. En Europe, nous respectons pleinement les obligations du traité de l'Atlantique Nord, mais nous récusons les tentatives de faire de l'OTAN une organisation militaire internationale intervenant en Asie ou au Moyen-Orient, et nous refusons la pente dangereuse qui nous conduit par l'OTAN à un alignement sur la désastreuse politique de l’administration de M. Bush. Réintégrer pleinement les instances militaires de l’OTAN, comme veut le faire M. Sarkozy, est une grave erreur qui, au nom d’un occidentocentrisme à courte vue, placera la France en situation de vassalité au mépris de ses intérêts de sécurité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>La France doit rester une grande puissance </b>       <br />
              <br />
       Plus que jamais, face à la crise qui s'annonce, c'est le contenu de la construction européenne qui est en cause. Nous avons le devoir de proposer un programme de mobilisation des instruments économiques (Pacte de stabilité, statuts de la BCE, politique du change, etc.)        <br />
              <br />
       Il faudra aussi simplifier la procédure de coopération renforcée et pouvoir y associer des pays du grand voisinage de l'Europe : Russie, Turquie, Maghreb. Une Union pour la Méditerranée, pour voir le jour, ne pourra pas faire l'économie des questions politiques (Turquie et UE, Proche-Orient,…)        <br />
              <br />
       L'échec des tentatives de fusion des nations par l'Europe, ou de fédéralisme à 27, ouvre de nouvelles opportunités : nos relations avec l'Allemagne, mais aussi avec l'Italie, dans certains domaines avec la Grande-Bretagne doivent trouver de nouveaux développements.        <br />
              <br />
       Vers le Sud, la France républicaine doit faire entendre son message solidaire, laïque et universaliste. Il est nécessaire de fonder des nations sur la citoyenneté et non sur l’ethnicité ; il est souhaitable d’organiser le co-développement avec le soutien d’Etats garants du long terme et du bien public [et de porter cette stratégie au cœur des institutions européenne.       <br />
              <br />
       La France peut jouer un rôle original et utile en direction du monde arabo-musulman. Les interventions militaires, au lieu de faire reculer le terrorisme, fouettent l'intégrisme. Ce n'est pas le choc des civilisations qui vaincra la violence, mais la coopération Nord – Sud. C'est l'alliance des civilisations qui peut tarir les sources du fanatisme et du terrorisme, imposer une paix juste au Proche-Orient. Après le fiasco américain, le moment est venu de faire valoir ces thèses.
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