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 <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
 <subtitle><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></subtitle>
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   <title>Attaques contre les syndicats, le droit de manifester et le droit du travail : uni-es pour dire non</title>
   <updated>2016-06-17T15:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Attaques-contre-les-syndicats-le-droit-de-manifester-et-le-droit-du-travail-uni-es-pour-dire-non_a984.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-06-17T15:30:00+02:00</published>
   <author><name>Mouvement Républicain et Citoyen</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Appel unitaire signé par Ensemble !, Europe Ecologie Les Verts, le Mouvement Républicain et Citoyen, Nouvelle Donne, le Parti Communiste Français, le Parti Communiste des Ouvriers de France, le Parti de Gauche, le Parti Ouvrier Indépendant, République et Socialisme, vendredi 17 juin 2016.     <div>
      Depuis des semaines le gouvernement tente de discréditer la mobilisation sociale contre la loi El Khomri en fustigeant tout particulièrement la CGT et son leader Philippe Martinez, alors que sept syndicats soutiennent le mouvement. Les grèves sont assimilées à des « prises d’otage » et tout est bon pour appeler à leur fin : les inondations, l’Euro, les menaces contre les personnes et les biens, etc.       <br />
              <br />
       Depuis mardi, Bernard Cazeneuve puis Manuel Valls ont franchi un nouveau cap. Sur France 2, le Ministre de l’Intérieur n’a pas hésité à instrumentaliser le crime terroriste contre les deux policiers des Yvelines pour faire l’amalgame avec les violences constatées en marge des manifestations. Manuel Valls, sur France Inter, est allé jusqu’à dénoncer la complicité des syndicats avec une partie des manifestants venus dans l’objectif de « tuer » (sic) des policiers. Dans la foulée, le préfet de police de Paris dénonce aujourd’hui une forme de solidarité entre « casseurs » et syndicalistes !       <br />
              <br />
       La boucle est ainsi bouclée : les manifestant-es sont assimilé-es aux « casseurs » et les « casseurs » aux terroristes : appliquer l’état d’urgence à tou-te-s devient la conséquence logique. Manuel Valls et son gouvernement reprennent en définitive à leur compte la logique du Medef qui avait accusé les syndicats de terrorisme et usent de ce prétexte pour annoncer la possible interdiction des manifestations contre la loi travail, approuvé en cela par la direction du PS à travers son premier secrétaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nous condamnons les violences qui entravent la vie des citoyen-ne-s et attaquent le service hospitalier public, et qui sont d'ailleurs préjudiciables au mouvement social. Mais imputer cette violence aux organisateurs et organisatrices de la mobilisation est un mensonge : le maintien de l’ordre en marge des manifestations est de la responsabilité du gouvernement.       <br />
              <br />
       Pour la première fois depuis des décennies, un gouvernement propose d’interdire une manifestation syndicale. Cette annonce est d'une extrême gravité pour les libertés publiques.       <br />
              <br />
       Sans légitimité populaire ni parlementaire pour imposer sa loi, le gouvernement aura donc tout tenté : l’état d’urgence maintenu et utilisé contre les mobilisations (écologistes, sociales…), le passage en force via l'article 49-3 et l’utilisation de la division comme de la répression pour tenter de juguler le mouvement. Il en vient maintenant à cette menace inacceptable pour la démocratie.       <br />
              <br />
       Les organisations politiques signataires demandent à François Hollande de cesser d'attaquer le mouvement syndical et le monde du travail.       <br />
              <br />
       Elles défendent une tout autre politique, respectueuse des salarié-es et non guidée par les intérêts des grandes entreprises.       <br />
              <br />
       Elles rappellent que la Loi Travail est rejetée par trois confédérations syndicales sur cinq et que les manifestations sont organisées par sept syndicats de salarié-es et de jeunes.       <br />
              <br />
       Elles dénoncent les attaques intolérables contre les syndicats, et tout particulièrement contre la CGT.       <br />
              <br />
       Elles appellent à refuser toute remise en question du droit de manifester, et à se mobiliser plus fortement encore aux côtés des syndicalistes lors des prochaines manifestations.       <br />
              <br />
       Elles exigent enfin le retrait de la Loi Travail, seule décision raisonnable à même de calmer les tensions sociales dont le gouvernement est le principal responsable.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Politique anti-syndicale chez Nissan Canton (USA) : Christian Hutin interpelle le Gouvernement</title>
   <updated>2016-04-27T19:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Politique-anti-syndicale-chez-Nissan-Canton-USA-Christian-Hutin-interpelle-le-Gouvernement_a966.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-04-27T17:29:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Question de Christian Hutin, député du Nord et vice-président du MRC, à Myriam El Khomri, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, lors de la séance de questions au gouvernement du 27 avril 2016.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      <b>Christian Hutin</b>       <br />
       Ma question s’adresse à Emmanuel Macron. Monsieur le ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, je vous propose que nous marchions ensemble sur la route de Madison.  Madison est un comté américain, dans le Mississippi. Dans cet état, à Canton, se trouve une usine Nissan qui emploie 5 000 salariés. Contrairement à ce qu’a dit M. Carlos Ghosn lorsqu’il a été auditionné en février par la commission des affaires économiques, en particulier en répondant à Dominique Potier, Eva Sas ou Jean-Luc Laurent, pour ne citer qu’eux, il s’y passe des choses terribles.       <br />
              <br />
       Il y a en effet, sur ce site, une politique anti-syndicale on ne peut plus claire et affirmée. Nous avons reçu avec d’autres députés, en particulier Bruno Le Roux, les ouvriers de cette usine : ils sont discriminés, menacés, intimidés. Il y a des blacklists, des vidéos circulent partout pour attaquer le syndicat des travailleurs américains. Or, dans le cadre de l’alliance entre les deux sociétés, il me semble, monsieur le ministre, que Renault détient 43 % de l’actionnariat de Nissan et que l’État possède de son côté, 19,75 % du capital de Renault.       <br />
              <br />
       Renault, c’est la France. Historiquement, depuis les chars FT-17 de 1914 jusqu’à la régie, en passant par Flins en 1968 ou les compétitions automobiles, Renault, c’est la France. Et la France est aussi le pays des droits fondamentaux, tels le droit de s’exprimer, de s’associer, de se syndiquer – ou non. Renault, c’est la France, la France, c’est Renault. Dans ce Mississippi marqué par les luttes que l’on sait en faveur des droits civiques, que pouvez-vous faire, monsieur le ministre ? Je précise, à toutes fins utiles, que le directeur de l’usine, qui est l’ancien directeur adjoint du site de Renault de Douai, se nomme Steve « Marsh »… 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Myriam El Khomri, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social</b>       <br />
       Monsieur Christian Hutin, je vous remercie d’avoir appelé notre attention sur la situation des salariés de l’usine Nissan de Canton, dans le Mississippi, et en particulier sur leurs difficultés à obtenir une représentation syndicale. Nous parlons là bien sûr de principes essentiels, qui sont défendus par la France non seulement sur le plan national mais aussi à l’international, dans le cadre de l’Organisation internationale du travail.       <br />
              <br />
       Le combat mené par les salariés de Nissan ne peut pas nous laisser indifférents. D’ailleurs, mon équipe a reçu, en septembre dernier, une délégation d’ouvriers, pour comprendre leur situation et leurs revendications. Vous avez eu raison de souligner également que de nombreux députés, notamment socialistes, se sont entretenus avec ces salariés.       <br />
              <br />
       À quelles difficultés se heurte l’action en la matière ? Vous le savez, monsieur le député, l’usine de Canton est possédée en propre par Nissan et non par Renault. Elle n’a pas fait l’objet d’investissements conjoints de l’alliance Renault-Nissan et ne produit pas de véhicules pour Renault. L’État français a donc très peu de marges de manœuvre.       <br />
              <br />
       Plus largement, cela pose la question de la responsabilité sociale des grands groupes internationaux, quel que soit le lieu où ils interviennent, directement ou par l’intermédiaire de leurs sous-traitants. C’est tout l’objet de la proposition de loi de Dominique Potier, qui a été élaborée avec le concours de nombreux députés. Je veux saluer ce travail de longue haleine. Le Gouvernement soutient les deux grandes avancées proposées par ce texte, notamment l’idée d’instaurer un devoir de vigilance particulier s’agissant des grandes entreprises, concernant l’ensemble des domaines relevant de leur responsabilité sociétale. Je pense bien sûr à la question de la représentation syndicale, mais aussi à l’environnement, au social, aux droits de l’homme ou à la lutte contre la corruption. Par ailleurs, le texte propose de conférer au juge la faculté de vérifier que ces nouvelles obligations sont respectées.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Droit du travail : désordre à tous les étages</title>
   <updated>2016-02-25T23:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Droit-du-travail-desordre-a-tous-les-etages_a949.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-02-25T11:39:00+01:00</published>
   <author><name>Mouvement Républicain et Citoyen</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Thierry Rochefort, secrétaire national du MRC au travail et à l'emploi, jeudi 25 février 2016.     <div>
      Le texte de loi qui va venir en discussion à l’assemblée se donne comme objectif d’assouplir le droit du travail pour sécuriser les employeurs et in fine favoriser l’embauche. Ce texte en réalité repose sur des postulats faux, il est injuste socialement, inefficace sur le plan économique et va générer de nombreux désordres et conflits dans les entreprises. Il passe à côté de ce que pourrait être une grande politique du travail conduite dans un esprit républicain. <br />   <br />  Il n’y pas si longtemps, la décision de licencier était considérée comme un acte suffisamment grave pour faire l’objet d’une demande d’autorisation administrative. Au nom de l’emploi déjà cette autorisation a été supprimée avec le succès que l’on connait. Depuis, les facilités de rupture se sont multipliées et le nombre de ruptures conventionnelles atteint désormais 350&nbsp;000 par an. Le texte de loi El Khomri veut aller plus loin notamment en simplifiant le recours aux licenciements économiques et en autorisant le licenciement pour motif personnel en cas d’accord d’entreprise sur la compétitivité de l’entreprise. Au nom de l’emploi, on facilite les ruptures, alimentant ainsi la préférence française pour le chômage, alors que les allemands que l’on cite si souvent en exemple, font tout, en cas de crise, pour garder le personnel en utilisant massivement le recours négocié au chômage partiel. La base du raisonnement rarement explicité, mais dans toutes les têtes mal faites des élites actuelles est le suivant&nbsp;: le monde change, tout bouge si vite alors tout doit être flexible, agile, précaire.&nbsp; Cette antienne permanente ne résiste pas une seconde à l’analyse pour qui connaît un peu le monde du travail et des entreprises. La flexibilité bien réelle des technologies, des produits, des services, des marchés exige une polyvalence accrue des salariés, une montée en compétences, des changements négociés d’organisation qui constituent les seuls leviers pour une performance durable des entreprises. Fragiliser encore plus le lien salarial, c’est affaiblir&nbsp; les sources de l’engagement dans une économie de plus en plus fondée sur la connaissance et l’implication des personnes au travail. <br />  &nbsp;
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La philosophie néo-libérale de ce texte n’est plus à démontrer. Outre l’élargissement des motifs de rupture, les dispositions les plus régressives pour le monde du travail s’accumulent. La droite libérale en a rêvé, la gauche post-démocratique le réalise&nbsp;: allongement de la durée du travail, extension du forfait-jours, diminution drastique du niveau de rémunération des heures supplémentaires, plafonnement indécent pour les jeunes notamment des indemnités aux Prud’hommes rendant quasi légal le licenciement abusif, sans cause réelle et sérieuse. A la lecture de ce texte, on peine à croire qu’il a été proposé par un gouvernement de&nbsp;«&nbsp;gauche&nbsp;» tant il affiche un mépris de classe à l’égard du monde du travail. <br />   <br />  Censé relancer le dialogue social par une décentralisation du dialogue social, ce texte va en outre décrédibiliser toutes les formes d’action syndicale et opposer les salariés entre eux. <br />   <br />  Le syndicalisme est instrumentalisé avec la généralisation d’accords d’entreprises régressifs sans régulation possible au niveau de la branche. Lorsque le syndicalisme aura perdu sa force critique et&nbsp; ne sera plus perçu par les salariés que comme une courroie de transmission de la ligne managériale, les salariés se tourneront vers des formes violentes d’action que l’on condamnera en paroles après les avoir encouragé dans les faits. Par ailleurs, le recours au référendum, dans un contexte de chantage à l’emploi, va créer de profondes divisions entre salariés. A titre d’exemple le référendum au sein de l’entreprise Smart a laissé des traces profondes entre les différentes catégories de personnel, cadres, maîtrise, ouvriers&nbsp;: le dialogue est moins fluide dans l’entreprise, les relations de méfiance se sont installées, la qualité s’est dégradée. <br />   <br />  Ce texte va à rebours de ce qu’il faudrait faire pour mobiliser le monde du travail, au service du redressement productif du pays&nbsp;: étendre la présence d’administrateurs salariés, négocier l’organisation du travail, lutter contre le burn-out, développer une politique de vieillissement actif&nbsp; permettant le travail des seniors, développer la formation professionnelle, favoriser le chômage partiel plutôt que le licenciement, donner une définition légale du licenciement économique qui pénalise le versement excessif de dividendes et fasse de l’entreprise un bien commun. Le MRC est disponible pour refonder une gauche sociale et républicaine. La campagne de Bastien Faudot permettra de porter ces exigences.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Etats Unis: le scandale de la répression des salariés de l'usine Nissan de Canton au Mississippi</title>
   <updated>2015-11-04T15:34:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Etats-Unis-le-scandale-de-la-repression-des-salaries-de-l-usine-Nissan-de-Canton-au-Mississippi_a894.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2015-11-04T15:00:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Par Christian Hutin, député du Nord et vice-président du MRC, mercredi 4 novembre 2015     <div>
      J'ai eu l'occasion de recevoir à l'Assemblée nationale mardi soir 03 novembre, en tant que vice-président de la commission des Affaires sociales, des représentants de l'UAW (Union of Americans Workers), venus m'exposer l'ensemble des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l'usine Nissan de Canton dans le Mississippi (Etats Unis d'Amérique). Cette situation d'atteintes graves aux droits des salariés est malheureusement ancienne et de nombreux rapports ont déjà éplingé les pratiques de la direction de cet établissement vis à vis de ces salariés.       <br />
              <br />
       Tout est notamment fait pour empêcher le personnel de créer une organisation syndicale dans l'usine. Pressions, menaces, harcèlement, propagande permanente, baisses de salaires...tout est fait pour porter préjudice aux droits des travailleurs dans ce berceau historique de la lutte pour les droits civiques aux Etats Unis d'Amérique.       <br />
              <br />
       Rien n'y fait, même les recommandations de l'OCDE qui s'est penchée sur ce cas , n'y font rien et ne sont pas respectées. La direction a même refusé qu'elle fasse office de médiation.       <br />
              <br />
       Une telle situation ne peut se poursuivre. Elle le peut d'autant moins que Nissan est un constructeur dont le destin est lié à Renault, fleuron de l'industrie automobile française dont l'Etat reste actionnaire. La situation est d'autant plus intolérable que le groupe Renault/Nissan est totalement partie prenante de la COP 21 dont il est aisé de se prévaloir de l'image de la défense de l'environnement, du développement durable et des bonnes pratiques sociales, si c'est en réalité pour mettre en oeuvre au sein de ses entreprises des pratiques managériales d'une violence sociale digne de la caricature la plus outrancière.       <br />
              <br />
       La répression des salariés, l'interdiction de leur permettre d’exercer leurs droits les plus élémentaires ne doit pas être accepter par le groupe et par Renault en particulier. Monsieur Steve March qui en est le directeur faisait-il de même à Renault Douai où il était en fonction avant le Mississippi ?       <br />
              <br />
       A la veille d'un Conseil d’Administration déterminant pour l'avenir du groupe, il est essentiel que monsieur Carlos Ghosn, prenne la mesure de ce qui se passe dans cette usine de 5000 salariés. Il est essentiel que le Gouvernement français indique clairement qu'il ne peut accepter de pareilles pratiques et que tout sera mis en oeuvre pour remédier à ce scandale dans les plus brefs délais.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Loi dialogue social et emploi : l’Etat doit promouvoir un partenariat équilibré dans les entreprises</title>
   <updated>2015-05-19T14:59:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Loi-dialogue-social-et-emploi-l-Etat-doit-promouvoir-un-partenariat-equilibre-dans-les-entreprises_a789.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2015-05-19T14:54:00+02:00</published>
   <author><name>Mouvement Républicain et Citoyen</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Par Thierry Rochefort, secrétaire national au travail, mardi 19 mai 2015.     <div>
      Le projet de loi Rebsamen sur le dialogue social qui vient en discussion à l’Assemblée Nationale est un texte important. Il réaffirme la primauté du législateur en matière sociale et porte sur des sujets décisifs pour la vie des salariés comme la qualité de vie au travail. Il reste cependant perfectible et de nombreux sujets devront faire l’objet d’amendements pour rendre le texte acceptable.        <br />
              <br />
       Le texte discuté marque un coup d’arrêt salutaire à la déresponsabilisation du Parlement en matière sociale. On sait en effet que depuis Maastricht, selon la doxa européenne et libérale, il n’y a de bonne loi sociale que précédée par un accord des partenaires sociaux.  La vision néo-corporatiste l’emporte depuis trop longtemps sur une conception républicaine du social. Mais la réalité des rapports sociaux bute parfois sur cet angélisme, qui peuple les couloirs des instances Européennes et la tête d’un nombre important de nos élites. En l’occurrence, le projet de loi Rebsamen n’existe précisément, qu’en raison de l’échec des partenaires sociaux à se mettre d’accord sur les modalités du dialogue social. Le Medef dans les discussions préalables avait mis en effet la barre très haute : inversion totale de la hiérarchie des normes, suppression des CHSCT, suppression du monopole syndical dans la capacité de négocier, fusion de toutes les instances dans le conseil d’entreprise. Cette destruction quasi complète du droit du travail a pu être évitée grâce à une résistance syndicale salutaire qui ne pouvait trouver qu’un point d’appui décisif dans un positionnement plus juste, plus équilibré, plus républicain de l’Etat. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
             <br />
       Quel sont ces points d’équilibre soucieux de préserver les intérêts des salariés et l’efficacité des entreprises ? D’abord permettre une représentation des salariés des PME,  garantir les carrières syndicales simplifier le fonctionnement des instances et rationaliser les négociations.       <br />
              <br />
        -La représentation des salariés sera assurée grâce à des commissions régionales de recours. On, aurait pu préférer un abaissement des seuils à cinq salariés comme en Allemagne, mais le progrès est notable et devrait permettre de diminuer les recours contentieux.       <br />
       -Les syndicalistes qui prennent le risque de s’engager au nom des salariés ne pourront plus être pénalisés dans leur carrière. Mieux même, les compétences acquises pourront être reconnues et valorisées.       <br />
       -La Délégation unique du personnel permettra de mieux faire fonctionner les différentes instances représentatives dans les entreprises de moins de 200 salariés.        <br />
        -Le regroupement des négociations obligatoires permettra de mieux articuler les sujets. On pense en particulier à la négociation sur la qualité de vie au travail qui permettra de mieux prendre en compte les questions de stress, de handicap, d’égalité professionnelle sans segmenter les sujets par type de populations mais en prenant globalement en compte le lien entre les populations au travail et la santé.  On peut se féliciter d’ailleurs que cette loi donne une impulsion nouvelle à la qualité de vie au travail compte tenu de la lenteur à mettre en œuvre l’accord interprofessionnel de 2013 sur le sujet.        <br />
              <br />
       Il reste que ce texte mérite d’être encore amendé. Nos parlementaires interviendront notamment sur la question décisive des salariés dans les conseils d’administration. Il est temps sur ce point d’en finir avec le capitalisme de connivence qui conduit à privilégier les logiques financières sur les logiques industrielles avec les résultats que l’on connait : Alstom, Alcatel, Péchiney, Arcelor…       <br />
       Il serait sans doute aussi  utile de réaffirmer le rôle du CHSCT notamment dans la prévention du burn-out. Enfin à l’instar de ce qui se passe au Québec et que le réseau ANACT a expérimenté en France, il pourrait être  utile de développer un corps de médiateurs indépendants de l’inspection  du travail, qui pourrait notamment dans les PME, surmonter les conflits et apaiser les tensions.        <br />
       Nos parlementaires interviendront également en faveur d’une prime d’activité ouverte aux étudiants et apprentis. Une politique de soutien aux travailleurs pauvres ne saurait exclure de son champ une jeunesse en proie aux difficultés.       <br />
              <br />
       La France a besoin d’un dialogue social exigeant. En l’absence de syndicats forts, l’Etat doit s’efforcer de rétablir l’équilibre entre partenaires sociaux.       <br />
              <br />
                <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Un euro trop cher annulera les efforts consentis par la nation"</title>
   <updated>2014-02-28T15:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Un-euro-trop-cher-annulera-les-efforts-consentis-par-la-nation_a584.html</id>
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   <published>2014-02-28T15:01:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, participait à l'émission Politique Matin sur LCP, vendredi 28 février 2014. Il débattait avec Thierry Solère (député UMP des Hauts-de-Seine).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     <div>
      <span class="u">Verbatim express</span>       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li>François Hollande travaille. L’opposition peut toujours contester mais une chose importante après l’annonce du Président de la République de ce pacte de responsabilité, de cette proposition d’abaisser les charges pour donner plus de compétitivité aux entreprises est que tout se passe à partir d’une négociation entre les syndicats et le MEDEF.        
       </li></ul><ul class="list"><li>Il faut qu’il y ait dans la négociation qui s’ouvre aujourd’hui des contreparties à cet effort auquel consentirait la nation. Pour autant, cette politique de l’offre ne peut pas s’arrêter à l’allégement des charges sociales. Il doit y avoir d’autres mesures : la compétitivité c’est aussi la qualité.        
       </li></ul><ul class="list"><li>On ne perd pas de temps avec la démocratie social et le dialogue. La preuve : le Parlement a adopté dans des délais très rapides, que majorité et opposition ont salués, une nouvelle loi sur la formation professionnelle issue du dialogue social. Cela faisait depuis 1971 qu’il n’y avait pas de réelle amélioration dans ce domaine.       
       </li></ul><ul class="list"><li>8000 chômeurs de plus par mois, c’est trop ! Ma critique est que le pacte de responsabilité n’est pas suffisant s’il ne prend pas en compte la valeur de la monnaie, la politique monétaire. Un euro trop cher annulera les efforts consentis par la nation. Nous avons la capacité d’agir là-dessus au niveau européen.       
       </li></ul><ul class="list"><li>Tout ce qui peut permettre de valoriser notre potentiel productif en France, dans le domaine de l’industrie agroalimentaire notamment, est bienvenu. Arnaud Montebourg a totalement raison, tout comme sur la création d’une société nationale des mines. Ce sera un élément important en termes de souveraineté nationale.       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos des Ministres écologistes</span> : je rappelle ce que Jean-Pierre Chevènement avait dit : « un Ministre, ça ferme sa gueule ou sa démissionne »       
       </li></ul><ul class="list"><li><span style="font-style:italic">A propos de l’affaire Copé</span> : cette affaire est lamentable et à l’évidence liée à la désignation du candidat UMP pour 2017. Cela fait partie des « boules puantes ». La démocratie en souffre.  Chaque partie doit mesurer qu’on doit agir pour réconcilier la politique et les citoyens. Il faut en revenir au débat sur des projets de fond.       
       </li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L'état de la gauche : les forces sociales, les idées, les organisations</title>
   <updated>2013-02-24T15:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/L-etat-de-la-gauche-les-forces-sociales-les-idees-les-organisations_a42.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2008-09-06T11:00:00+02:00</published>
   <author><name>Patrick Quinqueton</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Schéma d’intervention de Patrick Quinqueton, Université d’été du MRC, Belfort, 6 septembre 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1032808-1299137.jpg?v=1289529559" alt="L'état de la gauche : les forces sociales, les idées, les organisations" title="L'état de la gauche : les forces sociales, les idées, les organisations" />
     </div>
     <div>
      Il nous faut d’abord, sans concession, analyser « l’état de la gauche », son évolution depuis un quart de siècle. Je vous propose une triple approche : les forces sociales, les idées, les organisations. Bien entendu, je me contenterai d’évoquer un certain nombre de sujets sur ces trois axes, sans prétendre à l’exhaustivité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1 – Les forces sociales qui ont construit historiquement la gauche (les cadres de la République et les classes populaires) sont en déshérence. Et le mythe des « classes moyennes » a contribué à déconstruire toute perspective de changement.</b>       <br />
              <br />
       Depuis un quart de siècle, les évolutions sociologiques sont importantes. Mais la façon dont les différentes couches sociales se regardent, s’organisent et se structurent, a aussi beaucoup évolué. Les couches populaires se sont paupérisées. Les inégalités se sont creusées. L’Etat et les services publics ont été affaiblis dans leur capacité à répondre aux besoins collectifs. C’est vrai. Mais c’est dans le discours public sur les acteurs sociaux que l’évolution est la plus nette, y compris à gauche.       <br />
              <br />
       Le discours de la gauche a progressivement glissé d’un discours qui s’adresse à des acteurs de l’histoire, comme citoyens ou comme travailleurs, à un discours qui s’adresse aux victimes, aux exclus, aux « personnes défavorisées ». Or, c’est loin d’être sans conséquences sur la capacité de mobilisation.       <br />
              <br />
       Quand on s’adresse à des citoyens ou à des travailleurs, on les invite à l’action collective pour des progrès possibles, à l’effort national pour développer et moderniser le pays, à la solidarité pour faire face aux difficultés qui se présentent.       <br />
              <br />
        Quand on s’adresse aux victimes, aux exclus, aux personnes défavorisées, on les plaint, on leur apporte généreusement un secours. L’action collective devient somme de secours individuels, la solidarité se mue imperceptiblement en une version à peine modernisée de la charité. On s’apercevra peut-être un jour que le RMI, ou le RSA, n’est pas exactement ce qui mobilise les citoyens. C’est un discours de « dames patronnesses », que prononce la gauche quand elle parle de sa propre politique en direction des exclus.       <br />
              <br />
       Le passage de l’un à l’autre s’est accompagné, avec l’individualisation, d’une perspective d’action collective voire politique à une perspective d’action contentieuse de chacun, au nom, par exemple, du droit au logement.       <br />
              <br />
       Pourtant, le mythe de la fin de la classe ouvrière n’a pas de sens sociologique : il y a toujours la même proportion d’ouvriers et d’employés dans la population active d’un pays comme la France. Le fait de l’occulter a, lui, un sens politique précis.       <br />
              <br />
       Les classes populaires ont été rejetées à la périphérie des villes. L’intéressante étude de Christophe Noyé et Christophe Guilluy, « Atlas des nouvelles fractures sociales en France » le démontre de façon éloquente. C’est là où la vie sociale est la moins structurée, dans la périphérie au-delà même des banlieues, que les classes populaires ont émigré, avec la fameuse « accession à la propriété », dont le mythe fonctionne encore si l’on regarde la politique du gouvernement actuel. En fait, les travailleurs sont relégués loin des lieux où les choses se décident.       <br />
              <br />
       En France, la gauche s’est aussi construite, avec la République, sur les « hussards » qu’étaient les enseignants. En jouant à grande échelle le rôle d’intellectuels organiques, ils ont contribué à la structuration d’une gauche originale, au point que l’on a pu parler à certains moments de la « république des professeurs ». Mais le désenchantement, faute d’objectifs clairs donnés par les gouvernements, de droite comme de gauche, en matière de contenus, de programmes et de réussite scolaire, s’ajoutant au dénigrement des fonctionnaires, a désespéré les enseignants, au point que beaucoup d’entre eux se vivent, parfois à l’excès, comme dans une « forteresse assiégée », ce qui ne permet pas d’ailleurs la reconstruction de solidarités avec les classes populaires.       <br />
              <br />
       Avec la montée des idées libérales, s’est développé une sorte d’hyper-individualisme de consommateur et d’épargnant qui s’est développé dans nos sociétés occidentales, qui s’accommode mal des combats collectifs.        <br />
              <br />
       Tout le monde est réputé un peu actionnaire (ce qui est d’ailleurs loin d’être exact). Et, dès lors, les intérêts de l’épargnant qui a placé ses économies en SICAV est présenté comme le même que celui des patrons des entreprises du CAC 40. Pendant ce temps, le livret A est banalisé pour lui faire perdre toute visibilité dans les classes populaires, qui doivent, elles aussi, placer leurs économies dans la sphère spéculative. Il suffit d’écouter n’importe quel bulletin radiophonique ou télévisé sur la Bourse pour se rendre compte que la valeur des actions est le critère implicite de la bonne santé de l’économie, donc de l’épargne, donc des revenus de toute la population.       <br />
              <br />
       Cela conduit à ce que quiconque a quelques petites économies déplace ses solidarités, son sentiment d’appartenance, vers d’autres intérêts que ses intérêts réels. Il est vrai que quand les salaires n’augmentent pas, on attache une plus grande importance au produit de l’épargne, au point d’oublier que l’inégalité devant les placements est encore plus grande que celle entre les salaires.       <br />
              <br />
       La rente est aujourd’hui beaucoup mieux considérée que le travail. Et d’ailleurs, le président de la République en a tiré les conclusions dans la loi dite TEPA (travail emploi pouvoir d’achat) : les sommes consacrées aux exonérations des plus gros rentiers (le bouclier fiscal, la baisse de l’imposition sur les hauts revenus) sont cinq fois plus élevées que celles dédiées au désormais fameux « travailler plus pour gagner plus », dont il fait tant de cas mais qu’il ne prend lui-même pas au sérieux.       <br />
              <br />
       Il faudrait aussi regarder plus précisément en quoi Internet a accentué certaines fractures sociales et culturelles, notamment générationnelles, tout en développant de nouveaux moyens d’information et de combat politique. Il est nécessaire que la gauche comprenne précisément ce que ce moyen de communication produit chez les individus pour en faire un outil de citoyenneté.       <br />
              <br />
       Le cas du référendum français de 2005 rejetant le projet de constitution européenne est d’ailleurs un de ceux qui permettent de voir que, par des moyens originaux, on peut, dans un contexte exceptionnel, reconstituer de vraies solidarités de classes.       <br />
              <br />
       Il est probable que la reconstruction d’un « front de classe » qui puisse porter un projet progressiste passe par l’appui de ceux qui vivent principalement de leur travail (qui inclut les retraités qui vivent de leur travail passé et les chômeurs qui recherchent un travail) contre ceux qui vivent principalement de la rente. Mais un travail important d’explication est nécessaire si la gauche veut éviter les malentendus.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>2 – Les idées libérales ont triomphé, paradoxalement avant-même l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981. Du coup, on en est à se demander ce que sont aujourd’hui des idées de gauche. Il faut d’abord dresser le tableau des difficultés et des impasses idéologiques de la gauche. Et identifier les principales défaites intellectuelles de la gauche.</b>       <br />
              <br />
       Les débats intellectuels des années 1970 ont consacré la montée en puissance des « Chicago boys », autour de Milton Friedmann, qui, après avoir vendu leurs idées au général Pinochet au Chili, ont créé les conditions idéologiques de la victoire de Margaret Thatcher en 1979 et de celle de Ronald Reagan en 1980.       <br />
              <br />
       En prenant la gauche de gouvernement à contrepied, ce discours puisait sa force dans la limite des politiques interventionnistes face à la montée du chômage dans les années 1970 et 1980. Mais la gauche française n’a pas su y faire face efficacement. La théorisation de la « parenthèse » libérale de 1983, qui n’a jamais été refermée, a sans doute contribué à la défaite des idées de gauche, du fait de la faiblesse de l’explication politique : si, quand cela va mal, on est obligé d’aller puiser dans les idées de l’adversaire et qu’on le théorise, c’est que l’adversaire a raison. Identifier la « pause dans les réformes » et le retour à des politiques libérales, cela délégitime les réformes que l’on entend conduire.       <br />
              <br />
       La seconde défaite intellectuelle de la gauche a été, sans qu’elle l’ait toujours analysé clairement, l’effondrement de l’Union soviétique. Cela peut sembler curieux pour la social-démocratie, qui n’est précisément pas suspecte d’avoir soutenu Staline ou l’URSS. Mais elle en était le miroir. Et cette implosion a permis la théorisation de la « fin de l’histoire », comme celle d’un moment où il n’existait plus de modèles pour concurrencer le modèle au pouvoir dans les pays occidentaux, c’est-à-dire le modèle du libéralisme et de la financiarisation de l’économie.       <br />
              <br />
       Certaines analyses historiques ont contribué fortement à faire de la « révélation » des crimes de Staline, puis de l’effondrement de l’URSS l’occasion d’un affaiblissement des idées de gauche. En effet, la présentation de la Révolution française et plus précisément des jacobins comme ceux qui ont rendu idéologiquement possible le totalitarisme, a conduit à la dévaluation de toute idée de gauche ou de progrès.        <br />
              <br />
       Ceci s’est produit en deux temps, d’abord après la « révélation » des crimes de Staline, qui n’en était une dans les années 1970 que pour ceux qui, anciens militants du PCF ou compagnons de  route, avaient alors fermé les yeux et se sont plus facilement attaqués à la Révolution française pour excuser leur propre aveuglement passé. Les nouveaux philosophes surfaient sur cette vague, d’autant plus qu’ils venaient de l’extrême-gauche. Cela a conduit aussi, du fait de sa propre cécité, à l’effondrement du PCF. Mais, dans un second temps, dans les années 1990, le même courant de pensée a surfé sur l’effondrement de l’URSS pour dévaluer tout ce qui entravait la libre domination des idées libérales, c'est-à-dire la nation, l’égalité, l’Etat, et plus largement toute intervention publique dans l’économie et la société, immédiatement suspectée de préparer la dictature et pourquoi pas, le goulag.       <br />
              <br />
       Mais il, est une troisième défaite sur le terrain des idées, c’est celle de la faible résistance à la première guerre du golfe en 1991, voire pour certains, à la seconde. C’était le consentement anticipé à la guerre des civilisations, ou plus trivialement, la première ratonnade applaudie par les intellectuels dits de gauche.En effet, en suivant aveuglément les Etats-Unis dans leur croisade militaire pour délivrer le Koweit (dont l’invasion était d’autant plus un péché qu’il s’agit d’une grande puissance financière), les européens ont créé les conditions de la fracture entre l’occident et le monde musulman. Les événements des années 1990 en Algérie sont aussi, parmi d’autres causes, le fruit de cette première guerre. A fortiori pour l’intervention américaine en Irak.       <br />
              <br />
       Ceci se poursuit avec l’ambiguïté de la lutte contre le terrorisme, combien nécessaire, mais mal définie, et donc source de confusions. Et les débats actuels sur la présence militaire française en Afghanistan montent bien en quoi les intellectuels français à la remorque des néoconservateurs américains sont dans l’impasse.       <br />
              <br />
       Dans le mouvement anti ou altermondialiste, la gauche française est par ailleurs ou pour cela assez peu présente, ce qui s’explique sans doute par une vision internationale assez limitée à l’Europe, ou plutôt centrée sur l’Europe de Bruxelles, et sur le rapport de l’Europe aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Ces défaites idéologiques, la gauche ne les a pas vues venir et ne les a donc pas théorisées, en choisissant l’évitement.       <br />
              <br />
       Du coup, la gauche s’est un peu perdue entre les concessions au libéralisme ambiant. Elle s’est réfugiée soit dans la recherche de paradigmes de substitution, soit dans un discours désincarné sur les droits de l’homme ou le développement durable, soit dans un localisme sans perspectives, soit dans un discours de radicalité sans débouchés.        <br />
              <br />
       La recherche de paradigmes de substitution s’est illustrée notamment avec l’Europe comme projet de substitution au socialisme, après le tournant de la rigueur. Au prix d’une confusion entre internationalisme et européisme, la tradition socialiste a survalorisé sans aucun esprit critique la perspective européenne, parée de toutes les vertus. Jean-Pierre Chevènement a, dans un livre paru il y a quelques années, décrit la « faute de M. Monnet », le fameux « détour » pour construire l’Europe consistant surtout à se détourner des peuples. Et les esprits distraits ne devraient pas oublier que ce grand visionnaire qu’est sensé être Robert Schuman avait tout de même voté les pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. C’était donc, dès le départ, l’Europe contre les peuples. L’Europe a fonctionné à gauche à la fois comme un paradigme de substitution et comme un moyen d’évitement des difficultés nationales et des mouvements sociaux, ainsi que comme un moyen présentable d’entrer dans le consensus néolibéral par la petite porte. Et il est assez frappant de voir à quel point la gauche française a une perception de l’Europe très centrée sur les institutions communautaires. La connaissance de la vie politique et sociale chez nos principaux partenaires européens est assez lacunaire. Mais je crains que cela ne se limite pas à la gauche.       <br />
              <br />
       Les discours désincarnés sur les droits de l’homme, puis sur le développement durable sont une autre impasse de la gauche. Non pas que les droits de l’homme soient une question négligeable ou que le développement durable ne soit pas un objectif à atteindre. Ceux qui militent en ce sens sont estimables. Et il y a des combats à mener dans ces domaines. Mais politiquement il s’agit le plus souvent de discours pieux qui ne s’articulent en rien sur la réalité sociale et sont d’ailleurs inefficaces au regard des objectifs qu’ils se fixent, sauf pour se donner bonne conscience. Ce sont d’ailleurs avant tout des postures politiques.       <br />
              <br />
       L’autre écueil idéologique a été l’expérimentation sociale, qui a sombré à gauche dans un localisme de mauvais aloi. Si l’on ne peut pas résoudre les grands problèmes, essayons d’expérimenter des solutions locales. Je suis moi aussi élu local en Lorraine, et je ne néglige pas cet aspect des choses. Mais cette pensée, partie du rocardisme, qui en faisait un axe de son identité, a sombré, sans aucun débat sur les politiques publiques qui y sont menées, dans l’idéalisation des pouvoirs locaux. Cela a surtout l’avantage de distribuer des postes aux militants du parti, ainsi que de permettre aux carrières politiques de se poursuivre localement quand le corps électoral vous inflige une cuisante défaite aux élections nationales.       <br />
              <br />
       Le discours de radicalité est une autre tentation de la gauche. C’est si plaisant d’échapper aux contradictions de la gestion en fixant des objectifs dont les citoyens ne peuvent jamais juger de la pertinence, dès lors qu’ils n’ont jamais à être mis en œuvre. La tentation de certains intellectuels de se satisfaire d’un discours radical rencontre d’ailleurs celle de certains des gestionnaires de ne plus se laisser interroger sur leur pratique. La construction d’une gauche radicale à côté d’une gauche de gouvernement, qui peut satisfaire apparemment l’une et l’autre, c’est à coup sûr la défaite de la gauche, dans les idées comme au gouvernement.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, les idées républicaines cèdent le pas devant les obscurantismes de toutes sortes et les replis communautaires. Les idées républicaines existent en France, et elles sont présentes dans la gauche. Mais elles ont à faire face à l’une des conséquences du néolibéralisme, qui est la délégitimation de toute construction collective et la survalorisation de l’individu comme consommateur. Sans doute aussi, l’une des faiblesses des courants républicains (et nous n’y échappons pas toujours) est de se présenter l’idée républicaine comme un âge d’or auquel il faudrait revenir, alors qu’il est surtout urgent de la projeter dans l’avenir, comme le cadre possible de la solution des problèmes contemporains. C’est un œil critique contre les conformismes et les idées toutes faites, contre tous les communautarismes, pour reprendre le titre du livre de Julien Landfried.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>3 – Les organisations de gauche sont à bout de souffle. C’est vrai de ses partis politiques, comme des organisations sociales qui, par leur action, contribuent à la transformation du monde.</b>       <br />
              <br />
       Les syndicats, traditionnellement forts dans certains pays et plus faibles dans d’autres,  ont en 25 ans perdu la moitié de leurs adhérents en Europe. Cet affaiblissement est vrai partout, en Allemagne ou en Suède où le syndicalisme est traditionnellement fort, et en France où il est plus faible et semble toutefois se stabiliser mais à un niveau bas.  Mais en même temps que leur faiblesse, les confédérations se sont multipliées, avec l’ajout aux cinq reconnues représentatives de deux nouvelles, ce qui est bon pour le renouvellement mais accroit la division. C’est pourquoi il ne faut pas négliger la position commune du 9 avril dernier, qui pousse à leur renforcement, voire à leur regroupement.       <br />
              <br />
       Les mouvements d’éducation populaire, que l’on désigne aujourd’hui sous l’expression « les associations », sont très affaiblis. Il se trouve que, dans mon activité bénévole, je préside un réseau national d’associations, l’UNHAJ (Union nationale pour l’habitat des jeunes), qui fédère des associations ‘et autres) gérant des foyers de jeunes travailleurs et des services logement pour les jeunes. Je connais, dans ce cadre, de nombreux responsables associatifs. Issu de l’éducation populaire de l’après-guerre, le monde associatif est aujourd’hui affaibli dans sa substance. Le projet associatif est souvent absent, laissant la place à la gestion quotidienne d’activités, ce qui ne contribue pas à en faire un pôle de changement. Les grands mouvements ont de plus en plus de mal à fédérer des initiatives autour d’idées progressistes. Pourtant, là aussi, la volonté de projet collectif n’est pas absente, même s’il est difficile à penser.       <br />
              <br />
       Dans d’autres domaines, les mutuelles, à l’origine de la sécurité sociale, sont peu à peu normalisées sous la double influence de la gestion financière de la protection sociale et de la concurrence d’assurances privées profitables. Elles ne sont donc plus suffisamment des pôles de contestation et d’innovation des politiques sociales.       <br />
              <br />
       Les ONG, dites « tiers-mondistes » à l’origine lorsqu’elles sont apparues dans les années 1960, étaient aussi un des éléments de l’internationalisme progressiste. Mais beaucoup sont aujourd’hui entrées dans l’ère libérale. Il s’agit pour les plus connues de conforter l’image de l’homme blanc occidental se penchant charitablement sur la misère du monde. Et ce n’est donc pas par hasard que Bernard Kouchner est ministre de Sarkozy.       <br />
              <br />
       Il n’est plus question d’agir pour le développement des pays du tiers monde. Pourtant, il faut reconnaître qu’un certain nombre d’organisations ont progressé dans cette orientation en soutenant l’émergence d’organisations locales dans le sud de la planète. Et ce sont aussi ces organisations qui ont nourri les forums dits altermondialistes. Cela montre que ce vivier tiers-mondiste a nourri le meilleur et le pire.       <br />
              <br />
       Comme on le voit, les organisations qui ont pesé sur la gauche et l’ont alimentée en militants sont dans un état d’affaiblissement même si ici et là il subsiste des îlots de résistance et d’envie de changement. Mais il faut aussi, exercice délicat, faire le point sur les organisations politiques de la gauche.       <br />
              <br />
       Le PS est un parti d’élus et n’a plus vraiment de projet fédérateur. Contrairement à ce qui est seriné dans les médias à la suite de l’Université d’été de La Rochelle le week-end dernier, ce n’est pas d’un déficit de leadership qu’il souffre. Principalement. C’est plutôt de l’absence d’un projet commun et rassembleur pour le monde du travail, pour la gauche et pour le pays. La plus grande difficulté est là : les citoyens français sont aujourd’hui dans l’incapacité de savoir ce que pense le parti socialiste, autrement que par une suite de prises de positions qu’ils peuvent apprécier mais dont il ne voient pas le sens.       <br />
              <br />
       Le PCF a beaucoup perdu de militants et s’est effondré électoralement. La banlieue rouge et les villes ouvrières de provinces lui sont peu à peu grignotées. Il reste une capacité de mobilisation, malheureusement souvent défensive. Il reste la fête de l’Huma, et ce n’est pas rien comme lieu de rendez-vous des forces de progrès.       <br />
              <br />
       La LCR, qui se transforme en NPA, est dans une perspective stratégique dangereuse pour la gauche toute entière, même si elle peut rassurer certains sociaux-libéraux, qui redoutent les mises en causes radicales. Mais rien ne serait pire pour la gauche que la séparation entre une gauche de gestion qui ne changerait plus rien et une gauche radicale qui parlerait sans jamais entrer dan le changement réel.       <br />
              <br />
       Les Verts n’ont pas su sortir du concept de nature, qui est profondément réactionnaire, pour développer une véritable culture du développement durable. Et ils se sont mués en un petit groupe de pression erratique.       <br />
              <br />
       Les radicaux  n’ont qu’à la marge et dans quelques rares départements su faire vivre la tradition d’une gauche républicaine d’émancipation.       <br />
              <br />
       Il ne nous faut pas seulement critiquer les autres. Force est de constater que le projet d’un  mouvement républicain et citoyen que nous portons depuis 1993 n’a pas véritablement rassemblé ni pris forme.        <br />
              <br />
       Par la force des choses, c’est autour du PS que se fera ou ne se fera pas la structuration de la gauche, à moins d’une improbable décomposition. Et il faut bien dire que le groupe de liaison qui a été mis en place depuis quelques mois est bien poussif.       <br />
              <br />
       Il existe aussi un problème lié à la base très étroite des militants du PS. La gauche française repose sur les décisions de 100 000 personnes, dont la moitié d’élus, légitimement attachés à leur siège. Il faudra soit que cette base s’élargisse réellement, soit qu’un mode particulier d’ouverture au peuple de gauche soit mis en place.        <br />
              <br />
       Pour notre part, nous pensons même que c’est par une refondation de toute la gauche, à partir d’un projet républicain dynamique, que ce sera possible. Mais toutes les formules qui permettront d’avancer sont bonnes à prendre.
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