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 <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
 <subtitle><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></subtitle>
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   <title>Déchéance de nationalité et constitutionnalisation de l’état d’urgence: mon point de vue, mes critiques et mes propositions</title>
   <updated>2016-01-22T12:53:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Decheance-de-nationalite-et-constitutionnalisation-de-l-etat-d-urgence-mon-point-de-vue-mes-critiques-et-mes_a935.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-01-22T12:49:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, vendredi 22 janvier 2016.     <div>
      J’ai écrit au Président de la République pour lui faire part de ma position sur le projet de révision constitutionnelle qui sera examiné en février.       <br />
              <br />
       Sur l’article 2 et la déchéance de nationalité des binationaux nés français, je lui ai fait part de mon opposition à cette mesure d’affichage qui affaiblit les principes fondamentaux de notre droit et de notre conception républicaine de la citoyenneté. Il faut construire une peine symbolique conforme à la conception républicaine de la citoyenneté. Je déposerai une proposition de loi visant à créer une peine de déchéance civique qui frappe les auteurs et les complices de crimes terroristes.       <br />
              <br />
       Sur l’article 1, j’ai exprimé mon accord de principe à la constitutionnalisation de l’état d’urgence. Mais la rédaction actuelle de l’article appelle de ma part deux critiques.        <br />
              <br />
       Je suis hostile à une prolongation systématique de l’état d’urgence. La loi de 1955 prévoit que la loi de prorogation fixe un terme définitif. C’est une disposition raisonnable. La prolongation de l’état d’urgence ne doit pas être une mesure de confort mais bien répondre à un « péril imminent ». Le risque terroriste avec lequel nous devons vivre n’est pas un péril imminent. L’état d’urgence est bien un état de crise, il ne saurait être permanent.       <br />
              <br />
       Le comité Balladur avait proposé d’introduire l’état d’urgence dans la Constitution. Sa proposition précisait que les modalités de l’état d’urgence devraient figurer dans une loi organique. Le gouvernement a fait le choix contraire en renvoyant à la loi ordinaire. Il me semble important que les modalités de l’état d’urgence héritées d’une loi de 1955, datée sur certains aspects, fassent l’objet d’une refonte et d’une sécurisation dans la législation organique. Ce choix doit nous mettre à l’abri de modification à chaud des mesures dérogatoires autorisées par l’état d’urgence.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <p  style=" margin: 12px auto 6px auto; font-family: Helvetica,Arial,Sans-serif; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; font-size: 14px; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal; -x-system-font: none; display: block;">   <a title="View Courrier de Jean-Luc Laurent à François Hollande on Scribd" href="https://www.scribd.com/doc/296271654/Courrier-de-Jean-Luc-Laurent-a-Francois-Hollande"  style="text-decoration: underline;" >Courrier de Jean-Luc Laurent à François Hollande</a> by <a title="View MRC_France's profile on Scribd" href="https://www.scribd.com/user/186469027/MRC-France"  style="text-decoration: underline;" >MRC_France</a></p><iframe class="scribd_iframe_embed" src="https://www.scribd.com/embeds/296271654/content?start_page=1&view_mode=scroll&access_key=key-4yQWoR9P12LbolzsuYuH&show_recommendations=true" data-auto-height="false" data-aspect-ratio="0.7068965517241379" scrolling="no" id="doc_95411" width="600" height="800" frameborder="0"></iframe>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
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   <title>"Le MRC aura son candidat en 2017"</title>
   <updated>2016-01-19T13:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Le-MRC-aura-son-candidat-en-2017_a934.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2016-01-19T13:08:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Jean-Luc Laurent, député du Val-de-Marne et président du MRC, accordé à Nice-matin, samedi 16 janvier 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/8813896-13947737.jpg?v=1453205625" alt=""Le MRC aura son candidat en 2017"" title=""Le MRC aura son candidat en 2017"" />
     </div>
     <div>
      <b>Que pensez-vous de cette idée de primaire à gauche ?</b>       <br />
       L’appel à une primaire de la gauche montre d’abord qu'il y a une crise de la gauche et que la candidature de François Hollande ne va pas de soi. De notre côté, nous ne voyons pas pourquoi nous devrions nous soumettre à une telle primaire, alors que le président de la République en serait le grand absent. Ses adversaires n’ont pas envie qu’il y figure et lui-même ne souhaite pas s’y plier.       <br />
              <br />
       <b>Quelle sera donc la stratégie du MRC pour la présidentielle ?</b>       <br />
       Il y a une crise de la gauche de gouvernement, mais aussi de la gauche critique. Au MRC, nous considérons qu’il faut aller à la rencontre des Français directement, parler aux citoyens, leur présenter des options et des projets. Et nous avons donc décidé de présenter un candidat à l’élection présidentielle.       <br />
              <br />
       <b>Ce candidat, ce sera vous ? </b>       <br />
       Non. Je ne serai pas candidat, parce que j’estime que le MRC doit s’inscrire dans l’exigence de renouvellement de la vie publique. Nous avons effectué un appel interne à candidatures, notre propre primaire. Il n’y a pas de mystère, un seul candidat s’est déclaré, Bastien Faudot, 37 ans, qui est conseiller départemental du Territoire de Belfort. Les militants sont à présent appelés à se prononcer sur cette candidature, qui doit être entérinée le 7 février.       <br />
              <br />
       <b>Voterez-vous la réforme constitutionnelle ?</b>       <br />
       Non. Le projet de réforme ne me pose pas de problème de principe dans la constitutionnalisation de l’état d’urgence, même si je souhaite qu’une durée limite soit précisée. En revanche, je ne peux pas voter ce projet au regard de la déchéance de nationalité. D’abord parce que cette idée est puisée à droite et à l’extrême droite. Ensuite, parce que c’est une mesure qui ne concerne pas tous les citoyens. Dans un moment où on a besoin de cohésion, d’unité nationale, est proposée une initiative qui divise les Français et met en cause la citoyenneté qui repose sur la nationalité. De plus, c’est une mesure fantôme qui ne produira aucun d’effet sur les terroristes. Il convient d’agir non le jour d’après mais le jour d’avant. Il faut des dispositions pour prévenir. C’est le cas de la loi sur le renseignement que j’approuve et des mesures prévues afin de renforcer les pouvoirs de police et du parquet. L’Assemblée nationale devrait réfléchir à la mise à jour d'une peine de déchéance de citoyenneté, applicable à tous et pas seulement aux binationaux.       <br />
       <b>       <br />
       Les mesures du gouvernement en faveur de l’emploi et la formation ?</b>       <br />
       Tout ce qui peut permettre de réduire le chômage et de remettre le pied à l’étrier aux salariés dans la difficulté est le bienvenu : réduction des cotisations des entreprises, crédit d’impôt, formation professionnelle, emplois aidés. Mais l’essentiel, c’est le retour de la croissance. Et celui-ci suppose qu’on s’affranchisse des règles d’inspiration libérale et autoritaire de l’Union européenne. L’activité est bridée, la croissance est molle, parce que la confiance des acteurs économiques n’est pas au rendez-vous. Il faut s’évertuer à recréer cette confiance en poursuivant ce qui se fait dans le pacte de responsabilité. Mais il faut aussi appeler un chat un chat : la politique européenne, avec sa logique d’austérité et son objectif de déréglementation, plombe la France. C’est cela qu'il faut changer, il en va de la reconquête de notre souveraineté, du pouvoir du citoyen de décider de l’avenir de son pays.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Thierry Prudhon</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>Déchéance de nationalité ou de bi-nationalité ?</title>
   <updated>2016-01-18T18:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Decheance-de-nationalite-ou-de-bi-nationalite_a933.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/8809859-13940471.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2016-01-18T18:05:00+01:00</published>
   <author><name>Mouvement Républicain et Citoyen</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Fabrizio Tribuzio-Bugatti, secrétaire national à la culture et à la francophonie, parue sur le site FigaroVox, mardi 12 janvier 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/8809859-13940471.jpg?v=1453136877" alt="Déchéance de nationalité ou de bi-nationalité ?" title="Déchéance de nationalité ou de bi-nationalité ?" />
     </div>
     <div>
      Il est des confusions fort à la mode sur le débat portant sur la déchéance de nationalité. Entre celle consistant à croire, ou à faire croire, qu'elle pourra toucher tout le monde, sans exception et sans condition, ou celle souhaitant qu'elle permette de facto la suppression de la double-nationalité, nous n'en finissons pas de louvoyer dans un mikado politique.       <br />
              <br />
       Les douloureux débats portant sur la double-nationalité voudraient absolument la rendre problématique. Ses détracteurs, dans leur majorité, sont inexplicablement persuadés qu'elle amène fatalement la double-allégeance, sinon qu'elle ne serait composée en réalité que de «demies» nationalités.       <br />
              <br />
       C'est contre ces allégations infondées et purement paranoïaques qu'il convient de lutter en premier. D'abord parce que croire qu'être composé de demies-nationalités est d'une absurdité sans nom. C'est un paradigme considérant les binationaux comme des métèques, aussi bien en France que leur contrée d'origine, qui ne mériteraient pas d'être intégrés totalement d'une part, et ne mériteraient donc pas les mêmes droits d'autre part. En clair, nous serions face à la consécration du «Français de souche» par la classe politique du système, qui ne souhaite rien d'autre que détourner les Français des véritables problèmes en les dressant les uns contre les autres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Penser ensuite, et c'est la plus grave erreur, qu'un citoyen détenant la double-nationalité prêterait inévitablement et indubitablement une double-allégeance, est soit naïf, soit de mauvaise foi. La citoyenneté, l'appartenance à une Nation, se fait dans les têtes et les cœurs, c'est le sens du «plébiscite de tous les jours», pas par un simple bout de plastique. Combien de gens, détenant pourtant une carte d'identité française, s'acharnent à la dénigrer en se présentant comme autre chose? La double-allégeance ne s'embarrasse pas de patentes ou de passeports. C'est se tromper lourdement de combat culturel que de penser qu'on mettra fin aux lubies grotesques de village mondial en légiférant sur la possibilité d'avoir ou non deux pièces d'identité.       <br />
              <br />
       Cette colonisation des imaginaires qui voudrait qu'on soit propriétaire de tout, mais héritier de rien, doit se combattre sur le plan culturel, et uniquement sur le plan culturel, plutôt que de jeter la défiance sur untel parce qu'il est franco-quelque chose, et qu'il pourrait donc voter dans un autre pays (ce qui n'est pas toujours vrai, loin de là d'ailleurs). Sommes-nous si abêtis par la civilisation des machines pour penser que l'affect puisse se régler à coup d'arsenal normatif et de paperasse administrative? Il faut mettre fin à ces assertions douteuses dont la logique voudrait que le binational soit une espèce de citoyen mondial souhaitant dans le secret de son âme la perte des identités nationales au profit d'un homme nouveau totalement déraciné et acculturé, à l'inverse de ceux qui détiendraient la seule nationalité française. La clef du problème se trouve dans l'anéantissement du multiculturalisme, cause véritable du communautarisme et du déracinement. Ce serait aussi une sottise de croire que la fin de la double-nationalité pourrait mettre fin aux dérives causées uniquement par des dispositifs juridiques supranationaux tels que Schengen et Lisbonne. Les abus découlant des traités favorisant le libre-échange et la libre-circulation ne peuvent se régler que par une réponse politique et juridique les concernant, pas en dressant des épouvantails dissimulant le manque de courage politique face aux inepties mondialistes. On ne lutte pas contre l'Argent ou la sédition en dissimulant la poussière sous le tapis.       <br />
              <br />
       -----------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2016/01/12/31001-20160112ARTFIG00206-decheance-de-nationalite-ou-de-bi-nationalite.php">FigaroVox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Decheance-de-nationalite-ou-de-bi-nationalite_a933.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>5 raisons de ne pas voter l’extension de la déchéance de nationalité</title>
   <updated>2016-01-11T17:54:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/5-raisons-de-ne-pas-voter-l-extension-de-la-decheance-de-nationalite_a928.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-01-11T17:55:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, parue sur le site Mediapart, lundi 11 janvier 2016.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/8777389-13879187.jpg?v=1452530466" alt="5 raisons de ne pas voter l’extension de la déchéance de nationalité" title="5 raisons de ne pas voter l’extension de la déchéance de nationalité" />
     </div>
     <div>
      Devant le Parlement réuni à Versailles, le Président de la République a annoncé l’extension de la peine de déchéance de nationalité aux binationaux nés Français, alors qu’elle n’est possible actuellement que pour les binationaux ayant acquis la nationalité française. Depuis un mois, beaucoup d’arguments ont été échangés, certaines outrances des partisans comme des adversaires n’ont pas toujours éclairé une question difficile. En frappant la France et des Français, il est logique de penser que les auteurs et les complices de ces attaques se placent hors de la communauté nationale, il y a néanmoins de bonnes raisons de s’opposer fortement à cette extension de la déchéance de nationalité.       <br />
              <br />
       <b>Une proposition ni symbolique ni utile</b>       <br />
              <br />
       On prête de grandes vertus symboliques à l’extension de la déchéance de nationalité. Elle permettrait de refonder le pacte républicain, elle serait exigée par les Français qui ont magnifiquement renoué avec le drapeau au lendemain des attentats du 13 novembre. La réaction patriotique de novembre est rassurante et nous oblige. Pour autant il ne faut pas lui donner un débouché étroit comme l’expulsion de la communauté nationale de terroristes binationaux, et seulement eux. La déchéance de nationalité permettrait d’expulser des condamnés à leur sortie de prison. Notre priorité est-elle d’expulser vers des pays voisins et amis nos propres djihadistes qui ont vécu longuement en France voire qui y sont nés. La politique de la France en Europe et en Méditerranée ne doit pas être la défausse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>       <br />
       Le droit actuel n’est pas inégalitaire</b>       <br />
              <br />
       Notre droit prévoit depuis longtemps des possibilités de déchoir de la nationalité des personnes qui se sont comportées en ennemis de la France. La révision du code de la nationalité en 1998 a repris ces dispositions anciennes et intégré certains engagements internationaux comme l’interdiction de créer des apatrides. L’extension de la déchéance est parfois présentée comme une avancée de l’égalité. La conception française de la nationalité consiste à ne pas faire de distinction entre les Français. C’est d’ailleurs ce principe républicain fondamental qui mériterait d’être constitutionnalisé. « Français de souche », « Français de papier », « Français de fraiche date »… sont des expressions odieuses politiquement et juridiquement. La procédure de déchéance de nationalité telle qu’elle existe doit être considérée comme l’exception qui confirme les règles et les principes de nationalité. Pour les Français naturalisés, l’Etat a eu son mot à dire, il peut réviser sa décision sur des motifs très graves. Finalement, on peut se demander si on a bien fait de sortir cette procédure de sa désuétude.       <br />
              <br />
       <b>La surenchère de la déchéance pour tous n’est pas une solution</b>       <br />
              <br />
       Soucieux d’égalité, hostile à un tri entre Français, certains pensent contourner la difficulté par une surenchère et l’extension de la déchéance de nationalité à tous les Français, mono et binationaux. Déchéance pour tous ou déchéance pour personne: les solutions radicales sont toujours les plus claires sur le plan des principes. Mais cette déchéance pour tous se heurte aux avancées du droit international qui nous interdisent de fabriquer des apatrides. Nos engagements internationaux pourraient être réexaminés mais est-ce bien digne du pays des droits de l’homme, d’une des trois démocraties membres permanents du conseil de sécurité des Nations Unies, d’envisager de s’asseoir ainsi sur ses engagements pour de mauvaises raisons ? Après les attentats de 2015, le monde nous regarde et une certaine idée de la France doit nous pousser à montrer l’exemple en matière de droits fondamentaux. Sur le plan pratique, que ferions-nous d’apatrides inexpulsables ? Que ferions-nous si des pays amis et voisins agissaient de la sorte ? Enfin, la « déchéance pour tous » est une surenchère de gauche, mais demain on s’expose à des surenchères de droite qui proposeraient d’appliquer la déchéance à des crimes de droit commun voire à des délits. C’est le programme de l’extrême-droite depuis toujours. Soyons prudents : la triangulation est un sport dangereux.       <br />
              <br />
       <b>Rénover la peine de dégradation nationale </b>       <br />
              <br />
       Les sondages montrent que l’opinion publique soutient largement la proposition d’extension de la déchéance de nationalité. Il faut prendre au sérieux cette colère, d’autant plus qu’elle suit des expressions émouvantes de patriotisme. Frappée durement, la France veut renouer avec elle-même. Au-delà des victimes physiques, ce sont des principes, des idées, un mode de vie qui ont été attaqués en janvier comme en novembre. L’extension de la déchéance de nationalité est un choix, soit maladroit soit trop habile pour répondre à  notre nation debout. Il existe une mesure d’expulsion de la communauté nationale qui ne créée aucune difficulté: la rénovation de la peine de dégradation nationale qui priverait définitivement de droits civiques, civils et sociaux les auteurs et les complices d’actes de terrorisme. Le crime d’indignité nationale, tel qu’il a été poursuivi en 1944, n’est pas transposable mais il serait facile de faire évoluer notre droit pénal pour créer une véritable peine complémentaire de dégradation nationale. Sans toucher à la Constitution.       <br />
              <br />
       <b>Se concentrer sur le jour d’avant</b>       <br />
              <br />
       Le bilan de 2015 est terrible. Aucune responsabilité politique ou administrative n’a été engagé jusqu’à maintenant. C’est le choix de privilégier la cohésion sur l’examen lucide de nos faiblesses et de nos erreurs. La révision constitutionnelle apparait largement comme une compensation à l’échec de nos politiques sécuritaires et de la lutte anti-terroriste. Il n’y a pas de risque zéro mais il finit par être ridicule de compenser l’inefficacité par des grands discours et de l’action psychologique. Dans ces deux volets, état d’urgence et déchéance de nationalité, la révision constitutionnelle a ce gros défaut de ne porter que sur le jour d’après, la réaction… Le Président de la République et le Gouvernement devraient concentrer leur énergie sur le jour d’avant. Notre justice anti-terroriste a-t-elle vraiment besoin de mobiliser les meilleurs et des moyens considérables pour résoudre le génocide au Rwanda ? Face à un danger immédiat, a-t-on vraiment les moyens d’instruire le dossier de l’attentat de Karachi pendant 15 ans ? La prévention ne passe pas par un état d’exception mais commence par examen ouvert et critique des moyens, des doctrines et des priorités de notre appareil judiciaire et sécuritaire.        <br />
              <br />
       ----       <br />
       Source : <a class="link" href="https://blogs.mediapart.fr/edition/decheance-de-nationalite-pour-qui-pour-quoi/article/110116/5-raisons-de-ne-pas-voter-l-extension-de-la-decheance-de">Mediapart</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Déchéance de nationalité: une mesure fantôme qui ne protégera pas la nation</title>
   <updated>2016-01-07T15:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Decheance-de-nationalite-une-mesure-fantome-qui-ne-protegera-pas-la-nation_a925.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2016-01-07T15:10:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, jeudi 7 janvier 2016.     <div>
      Devant le Parlement réuni à Versailles, le Président de la République a annoncé l’introduction dans la Constitution d’une peine de déchéance de la nationalité pour les Français condamnés pour terrorisme,  nés Français mais bénéficiant d’une seconde nationalité. Un mois de débats alimentés par d’éminents juristes et des chercheurs engagés comme Patrick Weil ont établi la nocivité de cette mesure et laissé espérer que le Président de la République se raviserait. Il n’en a rien été et le projet de loi constitutionnelle dit de Défense de la République comporte cette disposition. Je ne la voterai pas.       <br />
              <br />
       L'extension de la déchéance de nationalité est une mesure symbolique dans les deux sens du terme: dérisoire, elle ne protégera en rien les Français lourdement frappés en 2015 mais elle viendra semer le trouble dans les principes qui fondent notre conception républicaine de la nationalité. Les auteurs et les complices d’actes de terrorisme doivent être traqués et punis mais la punition doit être la même qu’on soit binational ou « mono-national », Français de droit ou Français par acquisition.       <br />
              <br />
       La déchéance de nationalité est présente de longue date dans notre droit et était adaptée aux guerres des siècles derniers. Face au djihadisme elle est inadaptée. Qu’attend-on de l’expulsion vers un pays de la Méditerranée, voisin et ami, d’un djihadiste qui a vécu toute sa vie en France ? La solidarité oblige les pays de la Méditerranée à faire face ensemble au djihadisme, à coopérer sans se repasser la patate chaude. On ne refondera pas le pacte républicain avec une mesure fantôme qui verrait notre pays renvoyer ses problèmes vers d’autres. La « Protection de la Nation»,  objectif affiché dans le titre du projet de loi, tient plus de la lutte anti-terrorisme et d’une action diplomatique et militaire résolue que de mesures de réaction après coup.       <br />
              <br />
       Au vu du débat à gauche, la « déchéance pour tous », peine qui frapperait de la même manière nationaux et binationaux, apparait à certains comme une solution acceptable du point de vue de principes républicains. Mais à y regarder de près, cette « déchéance pour tous » ne serait qu’une fuite en avant, ouvrant la porte à la fabrique d’apatrides, en violation du droit international. Cette surenchère n’est pas digne d’une grande puissance démocratique comme la France. Face à l’organisation Daech, la France doit lutter sans renier les principes essentiels. Plus qu’aucune autre nation, la France doit agir de manière rationnelle et universelle.       <br />
              <br />
       Des sondages montrent que l’opinion publique soutient largement la proposition d’extension de la déchéance de nationalité. Il faut prendre au sérieux cette colère qui suit les expressions de patriotisme visibles après les attentats du 13 novembre. Les Français sont en colère et exigent que la France rende les coups. Nous proposons d’y répondre par une mesure d’expulsion de la communauté nationale qui ne créée pas de difficultés nouvelles: la rénovation de la peine d’indignité nationale qui prive définitivement de droits civiques, civils et sociaux les auteurs et les complices d’actes de terrorisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Decheance-de-nationalite-une-mesure-fantome-qui-ne-protegera-pas-la-nation_a925.html" />
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   <title>Langues régionales : le Sénat renvoie le cheval de Troie linguistique</title>
   <updated>2015-10-27T21:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Langues-regionales-le-Senat-renvoie-le-cheval-de-Troie-linguistique_a891.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2015-10-27T21:19:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, mardi 27 octobre 2015.     <div>
      Le Sénat vient d’adopter ce soir la « question préalable » opposée au projet de loi constitutionnelle sur la charte des langues régionales, mettant ainsi en échec la tentative de ratification imaginée par le Gouvernement à quelques semaines des élections régionales. Le régionalisme en France est faible, ça n’est pas une raison pour le flatter par une entreprise dangereuse et artificielle.       <br />
              <br />
       Les langues régionales ont toute leur place dans la société mais il n’y a pas de droit individuel, et encore moins collectif, à les pratiquer dans la vie publique. Le décalage est frappant entre la musique républicaine des discours officiels et cette entreprise politique qui reviendrait à introduire un cheval de Troie linguistique.       <br />
              <br />
       Signée par la France en 1999, la charte des langues régionales et minoritaires n'a jamais été ratifiée au vu de lourdes difficultés juridiques et constitutionnelles mises en évidence à plusieurs reprises par le Conseil d'Etat et le Conseil Constitutionnel. Au-delà du débat juridique, la raison de cette réticence est simple : le Français est la langue de la République, une et indivisible, et le ciment historique de notre nation.       <br />
              <br />
       La loi française n’a jamais constitué une entrave à la sauvegarde des cultures locales et des langues régionales. D’ores et déjà, ces langues figurent sur les panneaux de signalisation et les documents administratifs. Elles font même l'objet d'un soutien déjà important des pouvoirs publics qui permet à 270.000 enfants de recevoir un enseignement en langue régionale.       <br />
              <br />
       Que changerait donc dans les faits la ratification de la charte, sinon apporter une reconnaissance symbolique aux particularismes locaux et saper ainsi la cohésion nationale ?       <br />
              <br />
       C’est bien parce que ce débat est politique et met en danger les fondements mêmes de notre République qu’il ne faut rien céder. Le Sénat a, ce soir, adressé un message fort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Langues-regionales-le-Senat-renvoie-le-cheval-de-Troie-linguistique_a891.html" />
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   <title>Du sursis au sursaut</title>
   <updated>2015-01-21T21:01:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Du-sursis-au-sursaut_a733.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/7377773-11360352.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-01-21T20:36:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Claude Nicolet, Secrétaire national en charge de la Citoyenneté et de la Laïcité, parue dans la rubrique Figarovox du Figaro.fr, mercredi 21 janvier 2015.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/7377773-11360352.jpg?v=1421869598" alt="Du sursis au sursaut" title="Du sursis au sursaut" />
     </div>
     <div>
      Les heures tragiques que la France vient de traverser, l'ampleur de la réaction du peuple français ont permis de lancer un certain nombre de débats qu'il était littéralement interdit d'ouvrir dans notre pays jusqu'à présent. Où, à tout le moins, étions nous ringardisés, renvoyés aux placards de l'histoire; au mieux on vous considérait avec un peu de pitié, comme une relique, un vestige d'un temps très ancien n'ayant plus aucune utilité, même décorative. Je me souviens des insultes reçues lors de la campagne contre le traité de Maastricht («Nationalistes, fascistes, mélange des voix avec le FN…»), de celles reçues en 1986 lorsque Jean-Pierre Chevènement avait demandé l'apprentissage de la Marseillaise à l'école, ou des noms d'oiseaux lors de l'épisode des sauvageons en 97/98…       <br />
              <br />
       La République, la Nation, la question sociale, l'égalité, la souveraineté nationale (celle des peuples), le patriotisme, la laïcité…Tout cela avait comme un parfum d'enfance, un vague souvenir parfois teinté de nostalgie mais tellement désuet... Un mélange de Pagnol, de Péguy, de Jaurès, de Clémenceau…C'était beau mais c'était fini. Brasillach est passé par là et finalement le voyage de Sigmaringen l'a emporté sur le passage à Londres. Le mot de Malraux était donc vrai, de Gaulle n'avait fait que «porter pendant quarante ans, le cadavre de la France.»
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Fondamentalement, ce qu'il fallait accepter, c'est que la France avait vécu. Qu'au mieux elle ne pouvait plus espérer que «passer entre les gouttes.» Qu'elle avait fait son temps. A toute force, il fallait nous le faire comprendre et nous faire admettre que 1983, n'était que l'ordalie qui nous servirait à comprendre le jugement de Dieu, à savoir que, dorénavant, l'avenir ne pouvait être qu'Européen, libéral et néoconservateur. La messe était dite.       <br />
              <br />
       Les structures qui fondent l'identité d'un peuple et s'appuient sur son histoire devaient à toute force être transformées comme on transforme les données d'une équation afin d'obtenir le résultat souhaité.       <br />
              <br />
       Le bout de la route est un immense «malaise dans la civilisation» par lequel se sont engouffrées toutes les craintes du monde, toutes les «identités meurtrières», toutes les violences générées par le choc des individus projetés les uns contre les autres, s'organisant en «communautés» grâce auxquelles ils enterrent avec ardeur l'héritage des Lumières.       <br />
              <br />
       En effet, comment demander d'aimer un pays dont le destin est désormais hors de lui-même, de son histoire? Comment demander à des individus de faire Nation, de faire France, de faire République, si l'essentiel n'est plus là? Comment demander à des hommes et des femmes d'élever leurs enfants dans l'amour du pays, dans l'adhésion aux valeurs de la République, si en réalité tout cela n'est qu'un théâtre d'ombre destiné à faire illusion jusqu'au moment du grand sabordage? La vocation de la France serait de n'être plus qu'un appendice de l'Union européenne, elle-même relais fidèle de «l'Occident». Une «sortie de l'histoire» sans gloire, sans grandeur et qui se terminerait dans le chaos.       <br />
              <br />
       Si La République est rongée de l'intérieur par les préférences communautaires, ethniques, religieuses, alors oui elle est condamnée à mort.       <br />
              <br />
       Mais il y a eu les marches des 10 et 11 janvier partout en France. Et soudain, sans que l'on puisse parler de miracle, un vieux peuple, un peuple qui s'est fabriqué dans le sang et les larmes, dans les batailles et la fureur, mais aussi dans la douceur de vivre et la délicatesse avec sa cuisine et ses vins, sa littérature, son art de l'amour et de l'esprit, ces deux jours-là, ce vieux peuple politique et poétique a peut-être décidé de reprendre sa marche en avant.       <br />
              <br />
       Devant ce qu'il a considéré comme étant inacceptable, c'est-à-dire abjurer sa propre histoire et ce qu'il a légué au monde, la Grande Révolution et la Liberté, ce vieux peuple qu'on voulait à genoux, ce vieux peuple tout perclus d'ans et d'épreuves, tente devant nous tous et à la face du monde, de se relever. Ce vieux peuple c'est nous tous.       <br />
              <br />
       Il lui faut secouer, non pas des tonnes de poussière, mais les liens innombrables qui l'entravent. Il faut aussi qu'il réussisse à se faire entendre. Il a déjà essayé tant de fois: le 10 mai 1981, aux législatives de 1993 et présidentielles de 2002, au référendum de 2005, aux européennes de 2014…Tant de fois on lui a dit qu'il se trompait, qu'il ne comprenait pas le «sens de l'histoire»… Mais lui sait très bien que ce sont les peuples qui font et qui sont l'Histoire.       <br />
              <br />
       Il connaît la patience. On lui a déjà fait le coup. Il se souvient de Marc Bloch et de l'Étrange défaite dans laquelle il a failli disparaître: «Quelle que soit la nature du gouvernement, le pays souffre si les instruments du pouvoir sont hostiles à l'esprit même des institutions publiques. A une monarchie, il faut un personnel monarchiste. Une démocratie tombe en faiblesse, pour le plus grand mal des intérêts communs, si ses hauts fonctionnaires, formés à la mépriser et, par nécessité de fortune, issus des classes même dont elle a prétendu abolir l'empire, ne la servent qu'à contrecœur».       <br />
              <br />
       Vieux pays fait pour les grands espaces, dont la voix porte dans le monde mais qui aime cultiver son jardin, il a, les 10 et 11 janvier derniers refusé de se courber davantage. Le peuple français, la Nation, la grande Nation, sans arrogance mais avec détermination s'est ébranlé à nouveau et a commencé à parler. A parler des maux dans lesquels il se dissout peu à peu.       <br />
              <br />
       Oui la France est notre Patrie et reste notre avenir. Il faut donc reposer la question européenne. Oui la France peut être fière d'elle-même. C'est la condition de base pour réussir l'intégration de celles et ceux qui veulent vivre dans notre beau pays. Oui son histoire est liée à celle de la Liberté.       <br />
              <br />
       Oui l'Égalité reste la promesse de la République qui doit être sociale, une et indivisible. La répartition des richesses et la nature de la relation entre les revenus du travail et du capital ne peuvent plus être considérées comme sans importance.       <br />
              <br />
       Oui la Laïcité doit partout prévaloir et nous ne devons nous positionner qu'en fonction des intérêts de la République, sans avoir à nous soucier de ce que dit telle ou telle sourate du Coran, tel ou tel verset de la Bible.       <br />
              <br />
       Oui la question sociale et la question nationale sont inséparables et il s'agit là d'un point déterminant.       <br />
              <br />
       Oui la souveraineté de la Nation est la condition de la liberté du Peuple français (comme des autres).       <br />
              <br />
       Oui nous devons retrouver le sens du Roman national.       <br />
              <br />
       Nous sommes tous confrontés à ces choix, aujourd'hui existentiels, qui permettront de réduire les tensions qui nous mettent à mal et sont lourdes de dangers. Il suffit pour s'en persuader de relire le livre d'Yves Lacoste «Vive la Nation» pour s'en persuader. Il y a déjà vingt ans…       <br />
              <br />
       --------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/21/31001-20150121ARTFIG00288-autorite-a-l-ecole-laicite-nation-la-reponse-de-chevenement.php">FigaroVox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Du-sursis-au-sursaut_a733.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Réforme territoriale : les députés du MRC ont voté contre</title>
   <updated>2014-07-23T17:08:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Reforme-territoriale-les-deputes-du-MRC-ont-vote-contre_a646.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2014-07-23T17:07:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du MRC, mercredi 23 juillet 2014.     <div>
      Les trois députés du MRC ont voté contre la nouvelle carte régionale.        <br />
              <br />
       L'objectif du redressement économique, enjeu majeur pour notre pays, ne passe pas par un redécoupage arbitraire avec tantôt de petites régions là où l'on proclame la nécessité de grands ensembles, tantôt au contraire de vastes zones hétérogènes. Ces dernières éloigneront encore les citoyens des lieux de décision, surtout lorsqu'ils seront privés du cadre départemental. Elles ne serviront qu'à renforcer l'appétit de pouvoir de quelques nouveaux féodaux, ceux- là mêmes qui, selon le mot de Jaurès, ne songent qu'à se tailler de nouveaux fiefs dans la souveraineté nationale.       <br />
              <br />
       Nous pouvions faire une réforme moderne par d'autres voies. Le MRC regrette que ses propositions n'aient pas été entendues.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Reforme-territoriale-les-deputes-du-MRC-ont-vote-contre_a646.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"L’échelon régional demande à être profondément repensé"</title>
   <updated>2014-07-17T23:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/L-echelon-regional-demande-a-etre-profondement-repense_a644.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2014-07-17T23:48:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du MRC, à la tribune de l'Assemblée nationale dans le cadre du projet de loi relatif à la délimitation des régions et modifiant le calendrier électoral, jeudi 17 juillet 2014.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.mrc-france.org/v/7fc069b4e1941ae7458d146bf98cee9c676c9dcc" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
       Madame la présidente, monsieur le ministre, monsieur le président de la commission, monsieur le rapporteur, mes chers collègues, le mouvement républicain et citoyen est attaché à toute entreprise ayant pour objectif le redressement économique de notre pays. Tout découle en effet de cette impérieuse nécessité, depuis la prospérité retrouvée et, avec elle, la confiance dans l’avenir, jusqu’à, nous le savons tous hélas aujourd’hui, la cohésion autour des valeurs républicaines.       <br />
              <br />
       La réforme de l’État dans sa dimension territoriale peut-elle contribuer à ce redressement ? C’est au fond tout l’enjeu de ce premier chapitre que vous nous conviez à ouvrir en le mettant sous le signe, nous l’avons bien compris, du renouveau économique. Encore cet esprit de la réforme doit-il aller avec la lettre. Vous admettrez à cet égard, monsieur le ministre, qu’il faut une certaine foi – et même une foi certaine – pour donner une adhésion a priori à une réforme qui définit un contenant sans contenu, des périmètres sans les compétences qui vont avec et qui fait l’impasse sur la question, pourtant cruciale, de la gouvernance des régions qui, redessinées, devraient être aussi repensées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Nous prenons certes acte, monsieur le ministre, de ce que le Gouvernement n’entend pas réformer pour le plaisir de réformer, bouger pour bouger, comme nous l’avons connu dans un passé récent, dont la devise aurait pu être : « Je change, donc je suis ! » Mais, si l’objectif est légitime, le projet ici présenté prend-il les meilleures voies pour y parvenir ? J’exposerai sans fard nos doutes et nos interrogations.       <br />
              <br />
       Première interrogation : la taille des régions est-elle bien l’alpha et l’oméga de la réussite économique ? Nous avons entendu nombre d’idées reçues sur cette question. Or, force est de le reconnaître, la recherche d’un optimum régional par la superficie et la démographie n’emporte pas, tant s’en faut, l’adhésion d’une majorité de chercheurs. Elle se heurte même au bon sens lorsque l’on mesure l’écart entre petites régions riches et grandes régions pauvres, tel l’écart caricatural entre le Val d’Aoste et la Sicile, le premier dix fois plus riche que la seconde avec un territoire dix fois plus petit !       <br />
              <br />
       C’est donc sur le fondement d’un enjeu quelque peu mythique que sont définis dans la loi qui nous est présentée des périmètres contestables, mal vécus et même parfois absurdes, soit par l’excès de la taille – je pense à l’Aquitaine, mariée sur le tard avec le Limousin et le Poitou-Charentes –, soit au contraire par le maintien d’une taille réduite, d’ailleurs en contradiction avec l’enjeu de régions agrandies, comme dans le cas de la Bretagne et des Pays de la Loire. Des périmètres issus également d’un rattachement incertain, comme c’est le cas pour la Franche-Comté ou encore pour la Picardie dont je suis l’élue, deux exemples qui illustrent en réalité l’impossibilité de tout rattachement cohérent par bloc régional.       <br />
              <br />
       Devant une carte qui contient trop de mauvaises solutions, ne fallait-il pas réinterroger la méthode ? Oubliant les mariages forcés, il était possible de faire le choix d’une interrégionalité, dotée des procédures appropriées, résolvant la question des particularismes, mais surtout permettant une synergie qui aurait été le cadre dans lequel pouvaient être menés de grands projets d’aménagement du territoire et de développement économique. Les universités en donnent l’exemple, telles celles de la Bretagne et des Pays de la Loire. Pourquoi ne pas suivre cet excellent modèle plutôt que de s’enfermer dans le carcan rigide qui pourrait mener, à travers un désamour confirmé, à l’exercice d’un droit d’option incertain et coûteux ?       <br />
              <br />
       Deuxième interrogation : quel sera demain le visage de cette créature nouvelle, une région chargée de compétences supplémentaires qui, ajoutées aux compétences actuelles, accroîtront le fardeau gestionnaire alors que l’on veut faire de la même région le pilote du décollage économique ? Et comment concilier avec un visage démocratique l’élection sur des territoires encore plus vastes qu’aujourd’hui, alors que la région peine déjà souvent à assumer le statut réel d’une collectivité territoriale suffisamment identifiée par la population ?       <br />
              <br />
       On le voit bien, monsieur le ministre, si l’on veut assurer tant la démocratie que l’efficacité, l’échelon régional demande à être profondément repensé. À défaut d’une conception ferme de ce que sera demain la région nouvelle, nous sommes peu convaincus, à ce stade, de la pertinence de la réforme proposée.       <br />
              <br />
       Nous avons bien noté que vous avez refusé d’ouvrir la porte à une identité régionale toute empreinte d’un entre-soi passéiste. Rien ne serait en effet plus funeste que ce repliement en apparence si loin de l’ouverture des frontières, en réalité si adéquat à la mondialisation par le rejet de l’État-nation que l’un et l’autre impliquent.       <br />
              <br />
       Craignons cependant que n’entre par la fenêtre la boulimie régionaliste toujours à la recherche de ce que Jean Jaurès appelait ces fiefs locaux que se sont entaillés des notables locaux dans la souveraineté nationale, laissant le soin à l’État de gérer la pénurie territoriale au détriment de cette cohésion nationale qui est l’un des grands atouts historiques de la France, à l’intérieur comme à l’extérieur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/L-echelon-regional-demande-a-etre-profondement-repense_a644.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Réforme territoriale : vers un démantèlement de l'Etat-nation ?</title>
   <updated>2014-07-16T14:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Reforme-territoriale-vers-un-demantelement-de-l-Etat-nation_a643.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/6815988-10415063.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-07-16T14:30:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, parue sur le site FigaroVox, mercredi 16 juillet 2014.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/6815988-10415063.jpg?v=1405514035" alt="Réforme territoriale : vers un démantèlement de l'Etat-nation ?" title="Réforme territoriale : vers un démantèlement de l'Etat-nation ?" />
     </div>
     <div>
      Depuis la mise en ligne d'un projet de carte sur le site internet de l'Elysée, le grand bingo des régions a commencé. Contrairement au Sénat, l'Assemblée Nationale devrait adopter cette semaine une nouvelle carte et un nouveau calendrier électoral. Quelle carte? Nul le sait encore après un nouveau (mais est-ce le dernier?) rebondissement lors de la réunion du groupe majoritaire mardi matin. Cette confusion n'est pas le fruit du hasard: le gouvernement a ouvert une boite de pandore en touchant à la carte et a aussitôt suscité 577 vocations de cartographe parmi les députés. Jouer à «marions-les» ou à «divorçons-les» est un exercice facile et un peu vain.       <br />
       <b>       <br />
        La taille n'est pas l'enjeu</b>       <br />
              <br />
       Personne n'est capable d'évaluer les économies attendues de par les fusions qui sont proposées. Il est par contre facile de prévoir les difficultés liées à des fusions pas toujours désirées et la nécessité de devoir conserver malgré tout une certaine proximité… On peut même prévoir que ces régions XL ne favoriseront pas l'impact du conseil régional. Elargissement et approfondissement marche rarement ensemble. La région dilatée Rhône-Alpes-Auvergne n'aura aucun poids face aux métropoles concentrées comme Lyon ou Grenoble. Ce n'est pas un hasard si la Bretagne, région la plus régionaliste, veut se tenir à l'écart du mouvement!
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Il est assez infantile de penser que la taille serait un enjeu au niveau européen. La carte est un faux débat, le véritable enjeu ce sont les pouvoirs et les compétences. La France n'est pas un état fédéral comme l'Allemagne, la France n'est pas non plus une République régionalisée comme l'Italie. Ces deux modes d'organisation sont profondément étrangers à notre histoire et aux principes républicains qui sont constitutifs de notre pays. Chaque nation a son histoire et des principes politiques différents, il faut les respecter. Depuis l'affirmation de la monarchie, la France s'identifie à à un Etat central puissant. La décentralisation opérée à partir de 1982 n'est pas et n'a jamais été une fédéralisation du pays.       <br />
              <br />
       <b>Une décentralisation jacobine: uniformité + unité = égalité</b>       <br />
              <br />
       La décentralisation a respecté quelques solides principes. Le premier: il n'y a pas de pouvoir local. Divisées entre les trois collectivités (commune, département, région), sans toujours de cohérence, les compétences décentralisées sont partagées. Ce qu'on appelle aujourd'hui le mille-feuille n'est pas un accident mais une stratégie pour bloquer la constitution de pouvoirs locaux autonomes, pour empêcher les féodalités républicaines. La création des métropoles institutionnelles marque une rupture en aspirant l'ensemble des compétences locales sur un territoire et en soustrayant ces villes aux solidarités départementales. Ce risque de désagrégation territoriale est d'autant plus fort au moment où l'Etat se retire et où les préfets se muent malheureusement en animateurs territoriaux désargentés. L'uniformité n'a pas bonne presse alors que l'expérimentation et le particularisme sont à la mode. Là encore, on construit une organisation territoriale où risquent de se multiplier les statuts à la carte, et les organisations particulières qui rendent difficile l'action publique, qui complexifie au nom de la simplification…       <br />
       <b>       <br />
       Région XL: une «landerisation» plus confuse que crédible</b>       <br />
              <br />
       Le pouvoir législatif n'a jamais été décentralisé et les collectivités locales disposent d'un pouvoir règlementaire limité et encadré. Ce pouvoir règlementaire limité est la garantie que la loi sur le territoire est la même pour tous. La dévolution du pouvoir législatif est une revendication ancienne et minoritaire à laquelle le gouvernement doit résister en ayant une vision claire du rôle de l'Etat et de son organisation territoriale. Commencer par le tripatouillage de la carte n'est guère rassurant de ce point de vue. Avec ses régions dilatées, centrées sur une improbable compétence économique largement partagée avec les métropoles, un pouvoir règlementaire totémique…le gouvernement conduit une «landerisation» molle, beaucoup plus confuse que crédible. C'est-à-dire avec les risques et sans les avantages attendus par ses promoteurs.       <br />
              <br />
       Trente ans après les grandes lois de décentralisation, il est nécessaire de mettre l'ordre dans la décentralisation. Mais ce n'est pas ni en jouant avec la carte ni en faisant de grosses régions ni en supprimant les départements qu'on y parviendra. La priorité devrait être de mettre de l'ordre dans les politiques locales pour les rendre plus efficaces, plus spécialisées mais aussi plus compréhensibles pour les citoyens.        <br />
              <br />
       <b>Décentralisation: ne jouons pas aux apprentis-sorciers</b>       <br />
              <br />
       Il ne faut jamais oublier que la décentralisation est une décentralisation de l'Etat. Parler de l'Etat (central) d'un côté et des collectivités locales de l'autre est une facilité de langage courante et un non-sens dans une République unitaire. La réforme territoriale est toujours une réforme de l'Etat. En France plus qu'ailleurs, l'Etat compte et structure fortement les représentations symboliques des citoyens. L'organisation territoriale du pays n'est donc pas un petit sujet avec lequel on pourrait jouer pour donner des gages de réformisme à la Commission européenne ou à Berlin.       <br />
              <br />
       Les résultats des élections locales (y compris pour les municipales de cette année) montre que nos concitoyens sont indécrottablement jacobins. Il est dangereux de nier cette donnée lourde: les citoyens sont beaucoup plus jacobins que les élus qui revendiquent toujours plus du pouvoir. Au fil des années, la gauche a abandonné beaucoup de sujets au Front National: le contrôle des flux migratoires, le patriotisme, le protectionnisme, la critique de la monnaie unique…en bâclant la décentralisation et en cédant à l'air du temps, le gouvernement prend le risque d'offrir un nouveau cheval de bataille au Front National: la recentralisation. Demain, il sera trop tard pour reprocher aux citoyens d'être attentifs à ce discours qui saura prendre des accents jacobins pour séduire.       <br />
              <br />
       ------------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2014/07/16/31001-20140716ARTFIG00113-reforme-de-la-carte-regionale-le-grand-bingo-des-regions.php">FigaroVox</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Reforme-territoriale-vers-un-demantelement-de-l-Etat-nation_a643.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les élites n’aiment pas la nation"</title>
   <updated>2014-01-14T15:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Les-elites-n-aiment-pas-la-nation_a565.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/6230412-9308769.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2014-01-14T14:48:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entretien de Marie-Françoise Bechtel, députée de l'Aisne et 1ere vice-présidente du Mouvement Républicain et Citoyen, à l'hebdomadaire Marianne (numéro du 11 au 17 janvier 2014).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/6230412-9308769.jpg?v=1389708547" alt=""Les élites n’aiment pas la nation"" title=""Les élites n’aiment pas la nation"" />
     </div>
     <div>
      <b>Marianne : Madame, vous venez d’affirmer dans un entretien publié dans l’Expansion que « la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation ». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?</b>       <br />
       <b>Marie-Françoise Bechtel </b>: C’est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l'avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans Le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j’étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd’hui, pour moi, c’est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n’empêche qu’elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l’exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de « vraie patrie des hommes d’affaires », et ce, juste avant de s’y installer. Ici le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n’en pensent pas moins.        <br />
              <br />
       <b>Ca ne fait qu’un exemple.</b>       <br />
       Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l’étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques... Total ne paie quasiment pas d’impôts en France. Bien sûr, à l'étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d'eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c’est le déni de la nation qui nous entraine aujourd’hui dans une Europe qui ne cesse pas de faire monter l’extrême droite. Autre exemple qui m’a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d'arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999 en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d’abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C'est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d’être fier de son pays, qu’à longueur d’émissions de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front National.       <br />
              <br />
       Mais il est intéressant aussi de se demander quand ce mépris de la nation s’est développé chez nos élites. Je pense qu'une  réponse se trouve dans les écrits de Jean Pierre Chevènement. Il a pour la première fois, me semble-t-il, abordé cette question dans La République contre les biens pensants, dans les années 90, il l'a ensuite développée dans La France est-elle finie ? En substance, il démontre que cette haine de la France et du peuple date de l’immédiat après-guerre, et je partage cette idée. Je pense que les élites ont trahi le peuple, qu'elles se sont compromises avec le régime de Vichy et qu’elles portent sur leur dos la défaite de 1939, « l’étrange défaite ». C’est à ce moment-là que tout se joue. J'ai recueilli à travers des entretiens qui vont d'ailleurs être prochainement publiés les souvenirs du dernier membre vivant du CNR, Robert Chambeiron. Il explique avec beaucoup de précision l’état des partis politiques en 1940. La situation était catastrophique ! Ils n’ont plus aucune légitimité. Robert Chambeiron raconte ce discrédit et la façon dont peu à peu les principaux partis se sont reconstitués en admettant la nécessité d'une union nationale. Il raconte le premier entretien dans une pissotière entre Daniel Mayer, qui représente la SFIO, et l’envoyé du PC. L’entrée en matière est violente. Le premier envoie à l’autre les accords Molotov-Ribbentrop, l’alliance entre Staline et Hitler. Le communiste s’offusque et lui répond : « Comment pouvez-vous nous faire la morale après Munich ? ». Tout le monde s’était déballonné devant Hitler. La chance des partis, il faut bien le dire, ça a été les Etats-Unis. Les Américains se méfiaient de De Gaulle, ils voulaient s'assurer du soutien des partis et des syndicats. C’est Washington qui les a réellement remis en selle.       <br />
       Après la guerre, la droite a eu une chance c’est ce même de Gaulle. De Gaulle a racheté la droite. C’est pour cela que toute la droite s’est retrouvée gaulliste pendant de longues années. Mais cela n'a pas duré...       <br />
               <br />
       <b>Si de Gaulle a racheté la droite, qui pourrait racheter la gauche ?</b>       <br />
       C’est une bonne question, celle de savoir si la gauche est rachetable. Je ne vois qu’une seule personne pour la racheter, c’est Jean Pierre Chevènement. Pierre Mendes France y a participé à sa manière et je ne pense pas que François Mitterrand mérite tout le mal que de nombreuses personnes disent de lui. Mais je ne dirais pas qu’il ait racheté la gauche parce qu’il a fait l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui.       <br />
               <br />
       <b>Aucune de nos élites ne trouve grâce à vos yeux ?</b>       <br />
       Je n’ai aucune admiration pour la grande majorité des élites économiques, mais je pense qu'il y a des exceptions. Ainsi par exemple Jean Louis Beffa, l’ancien patron de Saint-Gobain, me semble avoir encore une conscience nationale. En revanche, ce n'est pas côté des banques qu'il faut chercher. L’épargne française est énorme, 17 % du revenu… Qu’en font-elles ? Rien, ou plutôt rien d'utile à notre pays. Quant aux élites politiques, je les fréquente au quotidien, ils sont atteints d'un double syndrome : d'une part, ce que mon ami Sami Naïr appelle « le bonisme », c'est-à-dire la bien-pensance vertueuse. D’autre part, elles sont obsédées par l'idée que la gauche manque de légitimité. Celle-ci doit donc être convenable et le montrer. A chaque fois que des ministres se font agresser par la droite, ils se défendent en disant qu’ils respectent les codes du monde libéral. Aujourd’hui, je ne vois guère qu’Arnaud Montebourg qui sorte du lot, même s'il y a quand même des ministres qui travaillent utilement, Michel Sapin par exemple.       <br />
              <br />
       Dans les médias aussi c’est un peu la Bérézina. Le mot « nation » hérisse. Libération reste le journal du courant « libéral-libertaire », même si on y trouve encore quelques pépites ici et là. Le Monde ne cesse de me décevoir, cela remonte déjà à assez loin et c'est encore plus vrai ces derniers temps, il ne reste plus grand chose de ce grand journal. Le Figaro ? Il est devenu l'organe officiel de la mise en accusation de la gauche au pouvoir et à peu près rien de plus.       <br />
               <br />
       <b>Et les hauts fonctionnaires ? En tant qu’ancienne directrice de l’ENA et en tant que conseiller d’Etat, vous en avez beaucoup côtoyé...</b>       <br />
       Généralement, ils partagent l‘idéal européiste angélique et vertueux. Ils ont tous appris que « l’Europe est notre avenir ». Sur ce sujet, leur esprit critique est assez peu développé. Ils pensent tous que la France est une case dépassée.       <br />
              <br />
       Mais il faut se méfier des amalgames. Dans cet univers, il y a d’abord et surtout Bercy. Le gros morceau c’est le couple Trésor/Budget. C’est là où tout se joue, tout se décide. C’est impressionnant, le pouvoir qu’ils ont, et je pèse mes mots. Laisser faire Bercy, c’est une grave erreur. D’abord, ces messieurs se méfient des politiques. Ils font bloc. J’ai été membre de la mission d'enquête sur l'affaire Cahuzac, eh bien nous n’avons rien obtenu des directeurs ou responsables de ces deux administrations. Rien. Aucune réponse ! Blanc ! C’était impressionnant. Mais il y a en même temps des différences entre les deux. Les gens du Trésor sont toute la journée dans l’avion, un jour à Singapour, le lendemain à New York, pour placer l'argent public. Ils pensent anglais. Au bout d’un certain temps, ils ne connaissent plus la France, c’est juste leur employeur. L’autre administration de Bercy qui compte c’est le Budget, et cette direction serait plutôt gangrénée par l’idéologie allemande, si j'ose dire. Elle est devenue obsédée par l’équilibre budgétaire.       <br />
              <br />
       En dehors de ces deux administrations, certaines se tiennent encore bien. Je pense d’abord à mon corps d’origine, le Conseil d’Etat. La plus haute juridiction administrative française a longtemps résisté aux dérives européennes. Même si c'est fini aujourd'hui, et je le déplore, elle reste une instance irremplaçable de conseil. Je pense ensuite à la préfectorale. Le corps des préfets me semble être une institution qui résiste. Elle le fait d’abord parce qu’elle est un corps qui représente l’Etat et non les féodalités régionales. Ces hauts fonctionnaires sont en contact avec la diversité des problèmes, ils vivent en province, rencontrent quotidiennement les Français. Il y a aussi l’armée. Lorsque j'étais directrice de l'ENA, j’ai rencontré régulièrement les dirigeants de Polytechnique ou de Saint-Cyr. L’armée a fait un très gros effort pour s’ouvrir à la nation, après la malheureuse suspension du service national par Jacques Chirac.       <br />
               <br />
       <b>Mais vous avez une responsabilité dans cette histoire puisque que vous avez sélectionné les élites et vous les avez formées lorsque vous étiez à l’ENA.</b>       <br />
       Il y a deux choses que je dois d’abord préciser. En tant que directeur de l’ENA, vous ne formez personne, ce sont les grandes administrations qui désignent les enseignants dans l’Ecole. En revanche, c’est moi qui proposais au ministre les membres du jury, et j’avais d'ailleurs à l’époque choisi un journaliste de Marianne. Notre regretté Philippe Cohen avait ainsi participé à la sélection des futurs hauts fonctionnaires. Le deuxième élément que le grand public ignore souvent, c’est que l’ENA fonctionne comme une école d’application de Sciences-Po. Car, ne nous trompons pas, c’est Sciences-Po, la grande école. C’est là que les étudiants sont formés, voire déformés. Or Sciences-Po est devenue « l’école du marché » selon les termes mêmes de Richard Descoings, qui a reformaté cette école. Cet homme, à la fois très intelligent et très dangereux, était persuadé que le marché était la loi et que la loi était le marché. Il n’avait d'ailleurs pas vu venir la crise. Mais il a légué à cette école un formatage sans précédent. La victoire du marché se mesure aussi parce qu’il y a de plus en plus d'élèves d’écoles de commerce, notamment de HEC, qui entrent à l’ENA, tout ce petit monde jurant, la main sur la poitrine, que depuis sa plus tendre enfance il rêve de servir l’Etat. La conséquence est dramatique, ils récitent des discours appris. Je me souviens que de nombreux membres du jury m'ont dit que ces étudiants étaient tellement formatés que c’était difficile, voire impossible de les choisir, et encore moins de les classer. Et quand ils sont choisis, je me suis aperçue que je ne pouvais plus grand-chose sur des gens aussi – comment dire ? – fermés sur des certitudes, aggravées par le manque de culture.       <br />
               <br />
       <b>D’où peut venir l’espoir ?</b>       <br />
       Je suis d’un tempérament optimiste. Regardez les Allemands. Il y a un renouveau de la langue et, au-delà, de la fierté allemande. Il y a dix ans, douze ans, j’avais été invitée à un colloque sur un thème tout particulièrement intéressant aujourd'hui : l’Allemagne a-t-elle le droit d’avoir sa propre élite ? L’Allemagne était à ce moment-là dans un trou, elle n’allait pas très bien. Il y avait là un conseiller de Gerhard Schröder qui était un peu sa tête pensante, un homme très connu à l’époque, je lui ai fait remarquer ma surprise de voir des Allemands qui parlaient en anglais de l’avenir des élites allemandes. Cela me paraissait très paradoxal. Eh bien, ce jour-là, nos hôtes me faisaient part de leur envie : « Vous vous rendez compte, dès que vous avez une réunion publique, politique, vous avez la Révolution française derrière vous, cela vous porte, et nous n’avons pas d'équivalent. Pis, se référer au passé est difficile ».       <br />
              <br />
       Je pense aussi que nous avons des bases solides. Nous sommes un très grand pays. Nous sommes encore la sixième puissance mondiale. Nous sommes encore une grande puissance économique, une grande puissance exportatrice malgré notre déficit commercial. Je pense que tout cela est très mal enseigné. On devrait apprendre à nos élites le respect de cette histoire, de cette nation et on leur apprend l’arrogance et la morgue.       <br />
              <br />
       Et le troisième élément, et non des moindres : je ne sais pas si c’est la nation ou l’Etat qui résiste mais quelque chose en nous résiste. Nos bases, jusqu'à un certain point, restent solides.       <br />
               <br />
       <b>Pour conclure, avec de tels propos, ne craignez-vous pas de rejoindre les intellectuels et politiques qui ont été qualifiés de « neocons » par l’hebdomadaire Le Point ? Méfiez-vous, vous vous retrouvez en compagnie de Marine Le Pen…</b>       <br />
        Oublions le ridicule inventaire du Point. Je pense que si l'on avait davantage écouté Jean-Pierre Chevènement, mieux, si on l'avait élu en 2002, on verrait aujourd'hui ce qu'est la différence entre une conception ouverte, généreuse et patriotique de la Nation et le repli frileux, pour ne pas dire infantile, sur des valeurs régressives. Le problème aujourd'hui est de faire comprendre aux Français que la nation bien comprise est source de modernité, non de repliement : mais comment le leur faire comprendre alors que, à gauche comme à droite, l'Europe telle qu'elle dérive est devenue « la grande illusion » ?        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Propos recueillis par Bertrand Rothé</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>#UEMRC 2013: Table ronde n°3 "Sortir la France de la dépression"</title>
   <updated>2013-09-21T13:43:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/UEMRC-2013-Table-ronde-n-3-Sortir-la-France-de-la-depression_a515.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/5864977-8742428.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2013-09-17T20:40:00+02:00</published>
   <author><name>Mouvement Républicain et Citoyen</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Table ronde n°3 avec: Eric Dupin, journaliste, Jérôme Sainte-Marie, politologue, président de la société PollingVox, Gaël Brustier, chercheur en sciences-politiques, Sami Naïr, professeur de sciences politiques à l’université Paris-VIII et Catherine Coutard, vice-présidente du MRC (animatrice)     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<iframe width="620" height="465" src="//www.youtube.com/embed/kbH38pCYdtc?rel=0" frameborder="0" allowfullscreen></iframe>     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Election législative dans l’Oise: pourquoi la France doit retrouver sa voix en Europe</title>
   <updated>2013-03-25T18:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Election-legislative-dans-l-Oise-pourquoi-la-France-doit-retrouver-sa-voix-en-Europe_a440.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2013-03-25T18:07:00+01:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, 1ere-vice présidente du MRC, Députée de l'Aisne, lundi 25 mars 2013.     <div>
      Faut-il s’étonner du haut niveau du Front national dans cette élection partielle ? Au-delà des explications traditionnelles – déclassement social, craintes pour l’avenir, sentiment d’insécurité, peur de la mondialisation – il faudra bien un jour reconnaître que ce succès traduit quelque chose de plus. Les Français sont las de se voir imposer un non avenir au nom de l’Europe.        <br />
              <br />
       On ne pourra éternellement fuir en avant en invoquant une Europe dont les Français savent qu’elle n’est pas la solution parce qu’ils ont appris à leurs dépens qu’elle était le problème.        <br />
              <br />
       C’est parce que la classe politique ne veut pas poser le problème européen dans les bons termes qu’elle laisse un boulevard au Front national, lequel le pose dans les mauvais termes. Seul le diagnostic est juste : l’abandon de la Nation, renforcé par la mondialisation, est organisé par l’Europe contre les peuples au détriment de la prospérité. Mais le Front national ne fait qu’alimenter de faux espoirs. Il n’offre aucune alternative quant à ce que pourrait vraiment devenir l’Europe : une Europe démocratique, progressiste et respectueuse des souverainetés. Les solutions du Front national sont irresponsables. Quoi qu’on puisse penser des erreurs de l’euro, analysées dès l’origine par le Mouvement Républicain et Citoyen, l’abandonner sans avoir réfléchi à un plan B reviendrait à sauter de l’avion en plein vol sans parachute, comme l’a plusieurs fois souligné Jean-Pierre Chevènement.        <br />
              <br />
       Redresser la barre en Europe : ce n’est pas avec des solutions démagogiques qu’on y arrivera. Ce n’est pas non plus par un excès de démission vis-à-vis de nos partenaires, notamment allemands. Il faut une vision de l’Europe des Nations, coopérant dans des politiques ambitieuses et d’avenir. Gageons que les électeurs ne s’y tromperaient pas.       <br />
              <br />
       Mais aujourd’hui, tout le monde est responsable de l’illusion dans laquelle on les laisse: le Front national en feignant de croire que la solution est facile, les principaux partis politiques en refusant d’admettre qu’ils se sont trompés sur la marche de l’Europe.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Election-legislative-dans-l-Oise-pourquoi-la-France-doit-retrouver-sa-voix-en-Europe_a440.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Il faut faire retour à la patrie"</title>
   <updated>2013-02-24T15:49:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Il-faut-faire-retour-a-la-patrie_a385.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2012-12-14T17:28:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Jean-Luc Laurent, Président du Mouvement Républicain et Citoyen, était l'invité du talk Orange-Le Figaro, vendredi 14 décembre 2012. Voici la vidéo.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Identité = souveraineté</title>
   <updated>2009-12-09T21:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Identite-souverainete_a140.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2009-12-09T20:50:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Georges Sarre, parue dans Le Monde, 8 décembre 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1755414-2382231.jpg?v=1289529570" alt="Identité = souveraineté" title="Identité = souveraineté" />
     </div>
     <div>
      Dans la République, l'identité nationale se confond avec la citoyenneté, impliquant l'exercice en commun de la souveraineté. Si celle-ci est ignorée, livrée à quelque instance supranationale, si donc la nationalité est déconnectée de la citoyenneté, il ne reste plus que l'ethnicité. Voilà pourquoi le débat sur l'identité nationale, proposé par le président de la République, piège tous ceux qui acceptent le traité de Lisbonne, et par-là même atteint son objectif premier, son objectif politicien. Mais voilà aussi pourquoi ce débat peut se retourner contre son initiateur, si les républicains sont suffisamment forts pour y faire entendre la conception française de la nation, pour isoler les quelques tenants de la conception allemande, qui se situent à l'extrême droite de l'éventail politique.       <br />
              <br />
       Une trop grande partie de la gauche est paralysée de peur devant le mot &quot;nation&quot;, oubliant qu'il est à la racine même d'&quot;internationalisme&quot;. Et l'internationalisme, loin d'être la négation des nations, est la coopération entre les nations, mais entre des nations souveraines, des nations dans lesquelles les peuples s'expriment librement. Cette gauche craintive croit pouvoir dissoudre les nations dans des ensembles plus ou moins artificiels, dans lesquels les peuples sont sommés de voter conformément aux exigences de couches dirigeantes cooptées. Si un peuple n'obtempère pas, il est condamné soit à revoter jusqu'au moment où il se conforme, comme en Irlande, quitte à lui faire quelques concessions formelles, soit il est contourné, comme en France. Ainsi, la volonté du peuple français exprimée le 29 mai 2005 a été bafouée par le Congrès le 4 février 2008.       <br />
              <br />
       A partir du moment où la France n'est plus l'expression d'une volonté politique souveraine, à partir du moment où l'objet même de l'espace public devient flou, les Français, quelles que soient leurs origines culturelles et géographiques, ne trouvent plus dans la citoyenneté le support à leur intégration dans la collectivité nationale. Pour légitimement se donner une identité qui dépasse leur propre personne, ils sont contraints de puiser dans leur sphère privée, faisant appel à la religion, à l'origine ethnique ou à tout autre critère qui, en France, appartient au particulier de chacun. Alors, les nouveaux Français, et les anciens, ne voient plus que les différences, souvent les plus superficielles, qui les séparent entre eux. Il ne leur reste plus que le repli communautariste. Pour les Français immigrés ou de parents immigrés, ce communautarisme permet de combiner leurs liens avec leurs &quot;compatriotes de là-bas&quot; et un étroit localisme limité au lieu d'habitation.       <br />
              <br />
       Si la souveraineté inclut la coopération sous forme intergouvernementale, elle exclut la démarche européenne dite communautaire. Dans la République, pour qu'une décision s'impose au peuple français, il faut que les instances qu'il a démocratiquement désignées à cet effet aient dûment et librement approuvé ladite décision. Une directive européenne devrait pouvoir être amendée par le Parlement français. Les décisions des cours de justice supranationales devraient être indicatives, et non impératives.       <br />
              <br />
       Mais il ne suffirait pas que les citoyens aient enfin retrouvé leur capacité à agir sans contrainte extérieure dans l'espace public. Il faut encore qu'ils soient fiers de leur citoyenneté, qu'ils soient fiers de la nation à laquelle ils appartiennent, non pas au détriment des autres, mais en connaissant l'histoire dont ils sont les héritiers. La fierté républicaine ne repose pas sur le sang, sinon sur le sang versé pour la liberté. La fierté républicaine repose surtout sur la culture, dont les citoyens doivent être les promoteurs et les défenseurs. Cette culture dont tout citoyen français est l'héritier simplement parce que juridiquement il est citoyen français. Or, précisément, en ce moment même, le gouvernement porte un nouveau coup à l'enseignement de l'histoire, la discipline qui permet de comprendre que l'identité nationale, en France, ne repose pas sur la génétique, mais sur le politique. Pour appréhender le débat public, sinon y participer, un citoyen doit au moins se percevoir dans une continuité temporelle, qui lui permet d'envoyer son arbre généalogique dans sa sphère privée.       <br />
              <br />
       Il faut donc ouvrir les portes de ce débat sur l'identité nationale, ne pas les laisser coincées dans l'opération électoraliste où voudrait les confiner le président de la République, ne pas laisser la patrie, notre bien commun le plus précieux, dans des marécages peu ragoûtants. Au contraire, la question nationale doit prendre toute son ampleur pour interroger et modifier la politique française dans son ensemble, pour la remettre à l'endroit, pour maintenir l'intime fusion entre identité nationale et identité républicaine. Alors, seront traitées dans un même mouvement la question nationale et la question sociale, parce que le problème des quartiers dits sensibles est à la fois celui du chômage et celui de la culture. Et la France ne retrouvera le chemin de l'emploi que par une politique volontariste de réindustrialisation, politique qui demande que les nouvelles productions, quelles qu'elles soient, soient protégées, au moins dans un premier temps. Le grand emprunt n'a de sens que s'il sert à investir dans des industries permettant d'assurer l'avenir et de rééquilibrer la balance commerciale.       <br />
              <br />
       Mais, alors, il faut remettre en cause les dogmes libre-échangistes du FMI, de l'OMC et de l'Union européenne. Mais, alors, il faut que le peuple français retrouve sa pleine souveraineté. Ainsi donc, ce débat sur l'identité nationale est soit une politicaillerie qui confine à la canaillerie, soit à l'inverse, si les républicains s'en emparent, le prélude à une véritable modernisation de la France.       <br />
              <br />
       --------       <br />
       Voir la tribune <a class="link" href="http://www.lemonde.fr/opinions/article/2009/12/08/identite-souverainete-par-georges-sarre_1277504_3232.html">sur le site du Monde</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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  <entry>
   <title>Pour le MRC, l’identité nationale, c’est d’abord l’identité républicaine</title>
   <updated>2009-11-05T00:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Pour-le-MRC-l-identite-nationale-c-est-d-abord-l-identite-republicaine_a134.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-11-05T00:14:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le MRC a décidé de ne pas participer aux débats sur l’« identité nationale » organisés dans les préfectures à l’initiative du Président de la République avant l’échéance des élections régionales.     <div>
      Nul plus que nous n’est convaincu de l’importance d’affirmer, dans un monde en perte de repères, l’identité républicaine de la France, fondée sur un message universel. C’était le projet de la Révolution française. Aujourd’hui, même si la France n’a évidemment  pas commencé en 1789, et se définit surtout à travers sa langue, le français, c’est bien le message de la République qui mérite d’être entendu haut et fort. L’identité de la France c’est celle de ce message universel qui se décline dans les valeurs de liberté, d’égalité, de fraternité et de laïcité.       <br />
              <br />
       Mais nous n’acceptons pas l’instrumentalisation de l’identité républicaine de la France, qui, dans les mains du ministre à la fois chargé de l’immigration et de l’identité nationale, se charge d’un sens défensif. L’heure est à la compréhension du monde qui vient, celui du XXIè siècle, avec les repères solides fournis par l’héritage des Lumières. Elle n’est pas au repli identitaire sur un idéal national frileux qui tournerait le dos à la tradition dont nous nous réclamons, celle d’une patrie civique, généreuse et intégratrice. Tenus peu avant les élections régionales, ces débats en préfecture sentent de loin l’opération politicienne visant à ramener les brebis perdues de l’extrême-droite dans le bercail de l’UMP.       <br />
              <br />
       Quant au débat ouvert dès aujourd’hui sur Internet, il peut être l’occasion de quelques rappels salutaires mais plutôt à l’adresse de nos gouvernants. La force de notre pacte républicain vient de ce que les Français s’y reconnaissent massivement.. Ce dont ils doutent, ce serait plutôt de la volonté du président de la République de continuer à leur assurer une assise solide. Liberté ? Voyez du côté de la réforme de la justice, faite pour remettre celle-ci dans la main du pouvoir. Regardez les transferts massifs de pouvoir opérés au profit d’institutions européennes déconnectées du suffrage universel, au détriment du parlement. Egalité ? Voyez du côté de la panne de l’ascenseur social - sauf à Neuilly. Fraternité ? Voyez du côté du copinage des banquiers, des grands medias et des partis politiques assoiffés de « rupture » avec la protection sociale. Laïcité ? Voyez les appels du Président de la République aux autorités religieuses pour leur demander d’investir l’espace public et les accords passés avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par l’enseignement confessionnel.       <br />
              <br />
       Nous ferons quant à nous valoir notre point de vue, comme nous l’avons toujours fait, chaque fois que cela nous semblera utile et notamment quand le gouvernement s’attaquera aux valeurs républicaines. Mais de grâce, n’inversons pas les vrais défis. Ce n’est pas aux autorités nationales de demander aux Français confirmation de leur livret de naissance. C’est à nous, Français, d’interpeller les autorités nationales en leur demandant compte de ce qu’elles font de l’héritage républicain de la France. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Pour-le-MRC-l-identite-nationale-c-est-d-abord-l-identite-republicaine_a134.html" />
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  <entry>
   <title>Les positions du MRC dans la négociation avec le Front de Gauche</title>
   <updated>2013-01-20T16:17:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Les-positions-du-MRC-dans-la-negociation-avec-le-Front-de-Gauche_a95.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-03-26T19:30:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Notre position de départ pour les négociations avec toutes les forces de gauche y compris le Parti Socialiste était centrée autour de trois grands axes :     <div>
      1) une <b>mondialisation régulée,</b>        <br />
       2) une <b>Europe sociale qui protège,</b>        <br />
       3) une <b>Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.</b>       <br />
              <br />
       Nous n’avons pas eu de discussions de fond avec le Parti Socialiste. En revanche, nous avons eu plusieurs rencontres avec le Front de Gauche, d’abord en présence du Parti Communiste et du Parti de Gauche, puis de ces deux forces et la Gauche Unie de Christian Picquet, en fin de négociations.        <br />
       Ces trois mouvements se sont mis d’accord entre eux et, dans les discussions, nous ont opposé un front commun.        <br />
              <br />
       1) <b>Sur la mondialisation régulée :</b> nous avons plaidé pour une analyse sérieuse de la crise mondiale dont les Etats-Unis constituent l’épicentre et la principale cause. Nos interlocuteurs ont d’abord refusé de mentionner les Etats-Unis puis ils ne l’ont accepté qu’au détour d’une formule vague.        <br />
              <br />
       Ils n’ont pas non plus accepté d’intégrer la notion de <b>régulation</b>, arguant que leur objectif n’était pas de réguler le capitalisme.        <br />
              <br />
       Nous avons fait des propositions très précises (qui se trouvent dans notre texte originel) sur la réforme du FMI, les activités de la Banque Mondiale et l’O.M.C. Aucune de nos propositions n’a été retenue. Les déclarations relatives à la situation internationale comme aux institutions internationales se contentent de dénonciations et ne proposent en réalité strictement rien de précis.        <br />
              <br />
       2) <b>Sur une Europe sociale qui protège :</b> nous avons été très vivement contesté au nom de l’«identité européenne » conçue comme espace de libre échange ouvert. La critique du « protectionnisme » a été faite au nom du refus du « repli national ». Nous avons essayé de porter le débat sur le fond, mais cela fût impossible : le Parti de Gauche excipant de son fédéralisme européen (« nous sommes pour une Assemblée Constituante Européenne »), le Parti communiste au nom du refus d’un espace européen qui serait fermé au « reste du monde ». Il nous a été impossible d’ouvrir une discussion théorique sur la question.        <br />
              <br />
       Sur la <b>Banque centrale</b> : nous voulions une réforme de ses statuts et de ses missions afin de mettre l’Euro au service des européens et non comme c’est le cas actuellement au service du capitalisme financier. Refus de nos partenaires de prendre en considération cette proposition.        <br />
              <br />
       Nous voulions la création d’un <b>Gouvernement Economique</b> de la zone euro. Nos partenaires ont refusé cette proposition, sous prétexte qu’elle créerait une Europe à plusieurs cercles. Même refus, pour la même raison, de la création de « coopérations renforcées » au niveau européen.       <br />
       Même refus, pour la même raison, d’un « Europe à géométrie variable ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé que le <b>Pacte de stabilité</b> soit transformé en <b>Pacte pour l’emploi et la croissance</b>. Sur la notion de « pacte », nos partenaires ont refusé au prétexte qu’il n’y aurait pas un accord européen sur cette question ; sur la notion de « croissance et  emploi », ils ont également refusé au prétexte que ce serait « favoriser le productivisme ». Et ils ont introduit dans le texte final la critique du « productivisme », n’acceptant de faire référence à la croissance qu’implicitement et à travers le terme vague de « développement ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé un <b>Traité social</b> pour lutter contre le dumping social à l’intérieur et à l’extérieur de l’Union et fixant des critères de convergence fiscaux. Nos partenaires ont refusé et préféré la notion plus vague de « bouclier social ».        <br />
              <br />
       Nous avons fait des propositions en matière d’<b>Europe de l’énergie</b> et notamment concernant l’avenir du nucléaire de quatrième génération. Refus de nos partenaires, sous prétexte du « désaccord » entre les diverses sensibilités politiques qui constituent le Front de gauche.        <br />
              <br />
       3) Sur une Europe <b>acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire</b> : nous avons proposé l’idée d’une <b>Europe indépendante</b>, comme acteur stratégique dans la formation d’un monde multipolaire. L’idée a été rejetée au nom du refus de l’Europe « puissance ».       <br />
              <br />
       Nous avons proposé un <b>partenariat stratégique avec la Russie</b>, l’idée a été rejetée.        <br />
       Vis-à-vis de l’Afrique, nous avons proposé la remise en question des accords de Cotonou : l’idée a été abandonnée.        <br />
              <br />
       Sur la question des <b>migrations</b>, nous avons proposé une gestion des flux migratoires conforme au droit et respectueuse de la dignité des personnes, ce qui signifie en France l’abrogation des lois Sarkozy sur l’immigration. Notre proposition a été rejetée au prétexte qu’il fallait se contenter de la notion de « régularisation des sans-papiers avec une stratégie de codéveloppement ».        <br />
              <br />
       Nous avons proposé une conception de la construction européenne fondée sur le refus du Traité de Lisbonne et l’articulation de la <b>Nation</b>, comme espace privilégié d’expression de la démocratie dans le processus de construction de l’Europe. Nous avons souligné que notre conception de la Nation était citoyenne, républicaine et universaliste ; qu’elle incarne une communauté civique radicalement opposée aux communautarismes ethniques et confessionnels. Nous souhaitions voir, au titre de l’expression de notre identité fondamentale, une référence dans le texte à cette conception de la Nation. Elle nous a été refusée.        <br />
              <br />
       Si l’on prend les trois textes sur lesquels nous avons travaillé et notamment le dernier en date du 19 mars, on s’apercevra qu’un certain nombre de nos idées ont été intégrées, notamment sur l’analyse de la crise, mais que sur tout le reste nous avons fait d’énormes  concessions. Malgré cela, nous n’avons pu aboutir. Tout semble s’être passé comme si nos partenaires voulaient rendre impossible l’Accord sur le fond. C’est dommage pour la gauche, pour l’Europe que nous voulons, pour la France républicaine.        <br />
              <br />
       En réalité, nos interlocuteurs ne voulaient pas d’un accord, comme en témoigne la parution dans <span style="font-style:italic">L’Humanité</span> du 19 mars (date de notre dernier sommet) de la liste quasi complète des candidats (voir les documents joints ci-dessous). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Les-positions-du-MRC-dans-la-negociation-avec-le-Front-de-Gauche_a95.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Position du MRC pour les élections européennes de juin 2009</title>
   <updated>2013-01-20T16:14:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Position-du-MRC-pour-les-elections-europeennes-de-juin-2009_a74.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-01-13T11:59:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Adoptée par le bureau national du mercredi 7 janvier 2009.     <div>
      Depuis plus d’un an, l’économie internationale traverse une crise d’une gravité exceptionnelle. Jamais, depuis la fin de la seconde guerre mondiale, le capitalisme ne s’était trouvé dans une telle situation. Crise du libéralisme sans règles, crise de la globalisation impériale impulsée par les Etats-Unis et qui se répand, telle la métastase d’un cancer, sur la totalité de la planète, précisément parce que l’hypercapitalisme spéculateur qui la caractérise est devenu le modèle dominant.        <br />
              <br />
       Face à cette crise, l’Europe a failli. Et ce sont les nations qui ont réagi, ce qui prouve, s’il en était besoin, leur caractère historiquement incontournable.       <br />
              <br />
       C’était inévitable, car depuis le Traité de Maastricht,  sous la pression des conservateurs et, souvent, avec le consentement des socio-libéraux, elle avait choisi non seulement de se soumettre au libéralisme triomphant mais encore d’en devenir un vecteur d’expansion dans tous les pays européens.        <br />
              <br />
       En 2005, Français et Hollandais ont dit non à cette évolution. Les Irlandais n’ont pas tardé à suivre, en rejetant le Traité institutionnel. C’est que partout les citoyens sont conscients que l’Europe est devenue un rouage essentiel de la globalisation financière, qu’elle se pose en garante de l’orthodoxie libérale, et que leur avenir national se joue désormais autant sinon plus que chez eux à la Commission européenne, à la BCE, à Washington et sur les grandes places boursières du monde.       <br />
              <br />
       Pour retrouver la confiance des Français, <b>la Gauche, rassemblée, unitaire, doit proposer dés les élections européennes de Juin 2009, un projet alternatif à la politique néolibérale actuelle, depuis peu mâtinée d’interventionnisme repentant.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1) L’Europe dans la crise</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle de la globalisation libérale est profonde. Elle ne sera pas résolue par des demi-mesures. Nous devons lutter pour qu’elle ne soit pas payée par le monde du travail mais débouche sur un ordre social plus juste. Cela ne peut se faire sans un retour de la puissance publique, que ce soit pour la maîtrise des instruments du développement économique ou pour la négociation d’un nouvel ordre international.       <br />
              <br />
       Or l’Union européenne est impuissante face aux effets dévastateurs de cette crise. Ce n’est pas parce qu’elle n’est pas potentiellement assez forte. C’est parce qu’elle n’a pas d’autre conception de l’avenir que la politique de concurrence qu’elle a transformée en religion dans le Pacte de stabilité. Cette politique a coûté des millions de chômeurs, la montée partout de la précarité, la généralisation des bas salaires, l’instauration de la concurrence entre les territoires et les peuples européens, la remise en cause systématique des services publics (poste, transports ferroviaires, santé, éducation) et leur privatisation.        <br />
              <br />
       L’idéologie « européiste », jouant sur une conception soit naïve soit manipulatrice de la solidarité européenne, a contribué à anesthésier tout débat sur l’avenir réel de l’Europe.  Résultat : le sentiment pessimiste à l’égard de l’Europe s’est accru, car les peuples, dans la réalité, ne veulent pas échanger des acquis sociaux conquis de haute lutte contre un libéralisme européen porteur de précarité et de misère.        <br />
              <br />
       <b>Il faut refonder l’Europe. D’abord en la rapprochant des peuples européens, des Etats nations qui la structurent, des citoyens qui l’animent.</b> Il ne peut  y avoir de bonne politique européenne au mépris des peuples, des Etats nations, des citoyens. <b>La nation n’est pas le nationalisme.</b> Au contraire, le nationalisme est une maladie de la nation. <b>Communauté de citoyens, la nation est le cadre naturel de la démocratie.</b> Si nous voulons éviter les funestes dérives nationalistes et xénophobes, nous devons concevoir l’Europe non comme un super Etat technocratique, non démocratique, entièrement dévoué à la seule expansion du libéralisme économique, mais comme un espace citoyen de solidarité, de respect de la diversité des nations, des langues, des cultures, des traditions et du patriotisme des peuples. <b>Car le patriotisme républicain est le contraire du nationalisme. C’est l’expression généreuse du civisme, non le repli identitaire.</b>       <br />
              <br />
       Ainsi conçue, la nation civique est le principal lieu d’expression de la volonté démocratique. Elle est, pour nous, synonyme de République. L’Europe ne doit donc pas constituer un espace de souveraineté opposé à celui des nations. L’idée d’une puissance publique européenne ne peut être que le résultat des délégations que lui confèrent les nations qui la constituent. Pour nous, ces délégations de compétences au niveau européen, lorsqu’elles s’avèrent indispensables,  ne signifient pas une victoire contre les nations, et encore moins « l’abandon » de la souveraineté nationale. Elles incarnent plutôt la conciliation harmonieuse de la nation et de l’Europe. Et elles ne sont acceptables que si elles sont ratifiées ou vérifiées par référendum. Car les peuples souverains doivent toujours avoir le dernier mot. Cette conception débouche naturellement sur une Europe à géométrie variable, en fonction de ce que veulent ou ne veulent pas les nations. Elle n’exclut donc nullement <b>les délégations de compétences</b> à condition que celles-ci soient gérées ensemble de manière démocratique. Nous considérons en ce sens que l’adoption du Traité institutionnel par voie non référendaire est une atteinte grave aux droits des citoyens,  et que la question institutionnelle se reposera inévitablement en raison des menaces et des contradictions dont le Traité de Lisbonne est porteur.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi nous devons ouvrir le débat, en dehors de tout dogmatisme, sur ce que doit être l’avenir de l’Europe. Celui-ci ne saurait se concevoir en dehors d’une prise de conscience de la nature de la globalisation économique et financière et de sa crise actuelle. Aujourd’hui, nous vivons la fin d’un cycle historique, celui de la globalisation néolibérale impulsée, depuis bientôt trente ans, par les forces conjuguées des multinationales, du « thatchérisme » et du « reaganisme ». L’Europe libérale s’y est insérée aux prix de sacrifices énormes infligés aux couches populaires.        <br />
              <br />
       La crise actuelle doit être pour nous l’occasion de sortir de ce piège et de refonder une Europe Nouvelle. Pour cela, nous avons besoin d’une <b>mondialisation régulée</b>, <b>d’une Europe sociale qui protège, d’une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2)Pour une régulation mondiale</b>       <br />
              <br />
       La crise actuelle n’est pas seulement la conséquence de l’énorme bulle financière provoquée aux Etats Unis par le capitalisme spéculatif dans les subprimes. Elle touche aujourd’hui toute l’économie et, de récession en récession, débouche sur une dépression mondiale aux conséquences catastrophiques. Cette crise résulte du fait que depuis  des décennies, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens en captant l’épargne mondiale pour financer leur économie à hauteur de 80%. C’est cette dépendance  qui a poussé les Etats-Unis à une fuite en avant  pour contrôler les ressources pétrolières et gazières mondiales. C’est cela aussi qui explique l’importance de  leur budget militaire, entièrement financé par les emprunts étrangers et qui recouvre à lui seul plus de la moitié des budgets de la défense dans le monde. D’où aussi leurs dérives expéditionnaires en Irak et en  Afghanistan, où ils sont aujourd’hui enlisés.       <br />
              <br />
       Cette période semble toucher à sa fin. Mais le destin du monde reste lié à l’Amérique.        <br />
       <b>Les Etats-Unis ne peuvent rétablir seuls leurs équilibres. L’aide du reste du monde est indispensable</b>, si l’on veut éviter une récession planétaire et une déflation salariale mondiale. <b>Cette aide doit se traduire par une relance coordonnée des principales économies mondiales</b>, surtout celles des pays excédentaires dans leur épargne comme dans leur commerce (Chine, Allemagne, Japon, Pétromonarchies du Golfe). <b>D’où la nécessité d’organiser un véritable  « New Deal » mondial</b>. Pour être durable, cette relance implique aussi des Institutions mondiales qui fonctionnent au service d’un développement économique, financier et social humain  soucieux de l’environnement.       <br />
              <br />
       Sur les Institutions internationales, nous devons lutter pour:       <br />
              <br />
       <ul class="list"><li><b>Démocratiser le FMI</b>, qui doit redevenir un organe de soutien aux pays en difficulté et de contrôle du système monétaire international, notamment en oeuvrant à une parité ordonnée des grandes monnaies ; il doit également revoir sa politique de gestion de la dette et proclamer un moratoire pour celles des pays les plus pauvres. L’utilisation à large échelle, dans le contexte actuel de crise mondiale, des <b>Droits de tirage spéciaux (DTS)</b> doit être encouragée. Nous devons rechercher <b>la modification des quotes-parts au sein du FMI</b>, pour faire place aux pays émergents et mettre fin à une situation où, profitant de leur minorité de blocage, les Etats-Unis orientent  selon leurs seuls intérêts la politique de cette institution.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Refonder les activités de la Banque mondiale</b>, la décentraliser, en faire, non un organisme caritatif inefficace comme elle l’est devenue, mais une véritable organisation d’aide au développement économique dont le but est de favoriser la participation citoyenne des peuples et  la formation d’Etats démocratiques de droit.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Réformer l’OMC</b>  afin qu’elle ne soit plus le cénacle du seul libre-échangisme mondialisé et pour qu’elle devienne effectivement ce qu’elle aurait dû être dés sa création : un lieu de règlementation de l’activité commerciale pour une concurrence loyale, notamment en introduisant une clause sociale et environnementale dans les échanges. En Europe, il est désormais clair, étant donné le mouvement accéléré des délocalisations vers les pays à bas coûts, qu’il faut revenir à la <b>préférence communautaire</b>, donc proposer un retour, pour certains secteurs, et dans le cadre d’une conception équilibrée des échanges, au tarif extérieur commun. Il faut une Europe de la protection du modèle social européen.       <br />
              <br />
       Agir sur ces institutions internationales, c’est nous donner les moyens de créer un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3)Pour une Europe sociale qui protège</b>       <br />
              <br />
       Il nous faut d’abord une Europe qui protège. Cela signifie que nous devons lutter pour la réglementation du marché afin d’<b>éviter que des formes de concurrence inégales  détruisent les acquis sociaux</b>. Pour mener à bien cette tâche, on pourrait proposer la <b>création d’un « Organisme de réglementation de la concurrence » indépendant de la Commission</b>. Il concernerait aussi bien la concurrence extra-zone européenne qu’intra-zone afin d’éviter le dumping social et fiscal.        <br />
              <br />
       On pourrait, pour harmoniser les politiques sociales, adopter le principe qu’aucune directive du marché intérieur ne remette en cause, par le bas, les droits existants dans un Etat membre.       <br />
              <br />
       Face à la crise financière et économique mondiale, nous voulons que l’Europe agisse en recherchant une stratégie de relance ambitieuse et coordonnée. Celle-ci implique la préservation de pouvoir d’achat, et la lutte contre l’augmentation du chômage. Pour y parvenir l’Europe doit mettre en oeuvre de <b>Grands Projets</b> dans le domaine des infrastructures européennes, de la recherche, de la synergie des Universités, des industries de défense et dans l’aérospatiale. Pour financer ces activités, on pourrait lancer un Emprunt Garanti par l’ensemble des Etats-membres. Cela donnerait au projet européen une identité autrement plus exaltante que celle que lui dessine le visage hostile du marché livré à lui-même.        <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’Europe en favorisant la constitution, en dehors de tout monopole, de « groupes industriels européens » compétitifs à l’échelle mondiale, protéger les sous-traitants et <b>encadrer les OPA</b>. Cela signifie aussi que nous devons encadrer les marchés financiers en renforçant les pouvoirs de l’Autorité des marchés, notamment  contre les raids boursiers.       <br />
              <br />
       <b>Cette politique de relance doit se faire avec l’aide indispensable de l’Allemagne.</b> Le monde du travail en Allemagne y gagnerait  tout autant que le reste des Européens. C’est pourquoi nous devons faire comprendre clairement à nos camarades allemands que <b>la stratégie qui privilégie les excédents extérieurs et les réserves de change au détriment d’une relance européenne, est en contradiction avec l’intérêt général européen.</b>        <br />
              <br />
       Il faut en premier lieu définir une stratégie vis-à-vis de la <b>Banque Centrale Européenne</b>, aujourd’hui gardienne de l’orthodoxie ultralibérale, et qui pratique une politique de l’autruche très cher payée par les peuples. Alors que nous aurions besoin de taux très bas, la BCE refuse de donner aux peuples européens les moyens d’une véritable politique de relance. Il est urgent de s’interroger sur les <b>missions</b> de cette Banque. Il faut prioritairement :       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li><b>Introduire dans les statuts de cette institution l’objectif de l’emploi et de la croissance</b>, afin de mettre l’euro au service des européens et non, comme c’est le cas actuellement, au service du capitalisme financier.       <br />
              
       </li></ul><ul class="list"><li>Avancer vers la création d’un <b>Gouvernement économique de la zone euro</b>. L’Eurogroupe pourrait jouer ici un rôle clé. Le débat ne devrait éviter aucun problème et s’attaquer prioritairement à la question de la politique de change au niveau européen. Il deviendrait alors possible de poser la question de l’augmentation des moyens budgétaires européens pour mettre en place une véritable politique de projets européens.        <br />
              <br />
       Ce serait la seule manière d’affronter enfin sérieusement la question de l’<b>harmonisation fiscale européenne</b>, afin de lutter contre le dumping social intra-européen. Ce serait aussi la meilleure manière de chasser définitivement les menaces du style de la circulaire Bolkenstein.       <br />
              <br />
       Le gouvernement de la zone euro pourrait aider à la mise en place de coopérations renforcées pour favoriser les synergies de ceux qui veulent aller plus loin et plus vite dans la mise en œuvre de politiques communes.        <br />
              <br />
       <b>Une Europe à géométrie variable, fonctionnant en cercles concentriques complémentaires</b>, serait un moyen à la fois indispensable et d’une très grande efficacité dans les domaines de la politique industrielle, de la recherche, de l’innovation, de la défense, du droit social et de l’harmonisation fiscale, pour la mise en œuvre de politiques coopératives fortes et répondant aux besoins des peuples. Cette avant-garde doit être ouverte à tous ceux qui  voudront se donner les moyens d’en faire partie sans que la création des coopérations renforcées soit étroitement corsetée (comme le prévoit aujourd’hui le Traité de Lisbonne).       <br />
              <br />
       Il est urgent, pour ce qui concerne la Commission de Bruxelles, de commencer par <b>modifier les règles du Pacte de stabilité</b>, tant en vue d’une plus grande flexibilité des déficits que pour les dépenses centrées sur  la recherche et l’innovation.        <br />
              <br />
       Ce pacte doit devenir avant tout un <b>pacte pour l’emploi et la croissance</b>. Au demeurant une action solidaire en faveur de la hausse du pouvoir d’achat, d’un SMIC européen, n’a de chance de réussir et d’être pérenne que si elle s’inscrit dans la perspective d’un pacte européen de croissance. La concurrence doit cesser d’être le maître mot de la politique européenne. La Commission doit être placée sous le strict contrôle politique du Conseil.       <br />
              <br />
       Nous devons proposer la création d’un Traité social fixant des critères de convergence progressifs, notamment en matière fiscale et sociale.       <br />
              <br />
       Nous devons défendre l’idée, contre le néolibéralisme, de la reconstruction d’une préférence européenne par une réglementation « antidumping social » aux frontières de l’Union. C’est le seul moyen de sauver les industries nationales et d’aider à leur modernisation compétitive. Nous devons appliquer une politique tarifaire modulée pour les produits dont l’importation massive casse les appareils industriels européens. Cela implique d’assumer, quand il le faut, un <b>protectionnisme au service de l’emploi et des droits sociaux</b>.       <br />
              <br />
       L’Europe est un continent très dépendant sur le plan énergétique. Il nous faut une véritable stratégie, de long terme, dans ce domaine. Le développement nécessaire des énergies nouvelles et renouvelables doit s’articuler intelligemment avec l’exploitation de toutes les formes d’énergie existantes (charbon propre– gaz– nucléaire). Face à la volatilité des prix du pétrole, il nous faut entreprendre une grande concertation pour promouvoir l’avenir du nucléaire de quatrième génération et préparer l’indépendance énergétique du continent.       <br />
              <br />
       Dans le même temps, il nous faut une véritable politique européenne de l’environnement et de lutte contre le réchauffement climatique. Après que le Parlement européen a voté pour les objectifs de réduction de 20% des émissions de gaz à effet de serre, il faut avancer vers des politiques communes de développement des énergies renouvelables, d’économie d’énergie et d’instauration d’une fiscalité environnementale non pénalisante pour l’emploi ni porteuse de désindustrialisation.       <br />
              <br />
       L’Europe ne sera un projet fort, accepté par les peuples, que si elle correspond à l’intérêt général européen. Or la question des services publics est ici décisive. Il n’est pas de l’intention de notre pays d’imposer aux autres sa conception des services publics. Mais il ne peut être question de nous soumettre à la politique de privatisation des services publics, désormais frontale, que la Commission veut imposer partout en Europe avec la complicité des gouvernements conservateurs et parfois sociaux- libéraux.        <br />
              <br />
       <b>La défense des services publics</b>, et plus largement, d’un <b>espace non marchand</b> regroupant tous les <b>biens communs</b> que sont l’éducation, la santé, les retraites, etc. est une question d’identité sur laquelle la gauche française devrait construire un puissant front de résistance à l’occasion de ces élections européennes. Car un service public de qualité, fondé sur l’égalité d’accès des citoyens aux services de base, devrait être un axe central de la construction européenne. Et la bataille pour une directive européenne « service public » de qualité doit devenir un axe rassembleur entre toutes les forces progressistes européennes, qui refusent de  livrer  la société au marché. Un Front progressiste européen pourrait porter haut et fort cette revendication, dés lors que le cadre commun poserait d’abord la protection des niveaux les plus développés de service public comme un principe intangible tout en fixant un minimum au-dessous duquel les Etats ne devraient pas descendre.       <br />
              <br />
       Dans le domaine agricole, il faut défendre le principe de la préférence communautaire, ainsi que celui de  prix rémunérateurs fondés sur la qualité. La  PAC est la seule politique qui a échappé au libéralisme triomphant depuis l’Acte Unique et le Traité de Maastricht : il faut la défendre parce qu’elle représente aujourd’hui la souveraineté alimentaire et une agriculture paysanne de qualité.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>4)Pour une Europe acteur stratégique et solidaire dans un monde multipolaire</b>       <br />
              <br />
       <b>La question de l’indépendance de l’Europe est cruciale. Aujourd’hui, l’OTAN est une courroie de transmission de la stratégie d’hégémonie de  l’administration américaine</b>. La grande majorité des pays de l’Union consent à cette situation. Mais nous avons le droit de la refuser, car la solidarité européenne ne signifie pas pour nous la vassalisation. <b>Nous ne pouvons accepter que l’OTAN intervienne en Asie ou au Moyen-Orient au service de stratégies de domination. Nous respectons les obligations qui résultent du traité de l’Atlantique Nord, mais nous soutenons que l’Europe doit se doter, à terme, d’une défense indépendante.</b>        <br />
              <br />
       L’Europe doit être <b>européenne</b>. C’est la condition pour qu’elle puisse être <b>un acteur stratégique</b> dans la formation d’un <b>monde multipolaire</b>. La question du rapport à l’Amérique ne peut être résolue par une formule à l’emporte-pièce. L’Europe doit d’autant plus se poser sérieusement cette question que nous vivons la fin d’une époque tant dans le domaine économique que politico-stratégique.       <br />
              <br />
       Tout tient à deux conditions essentielles : premièrement, nous l’avons déjà souligné, que les Etats-Unis favorisent une relance économique coordonnée tant avec l’Europe, le Japon, les pétromonarchies qu’avec les puissances émergentes que sont la Chine, l’Inde et le Brésil ; qu’ils acceptent la modification des règles au sein du FMI et  à l’OMC; qu’ils admettent enfin la nécessité de mécanismes pour contrôler les marchés financiers.        <br />
              <br />
       Deuxièmement, que les Etats-Unis, loin des tentations occidentalo-centristes dont rêvent les idéologues néoconservateurs, participent effectivement à un ordre multipolaire fondé sur le respect du droit international, l’indépendance des peuples et le respect des souverainetés nationales. Cela signifie un changement radical de leur stratégie. C’est dans leur intérêt bien compris autant que dans celui du monde. L’Europe ne gagnerait rien à suivre une Amérique dominatrice. Une Europe européenne, politiquement autonome, agissant par et pour elle-même, y compris par rapport aux Etats-Unis, est la meilleure façon d’enraciner un ordre mondial  multipolaire.        <br />
              <br />
       Cela implique une politique étrangère qui refuse tout alignement sur la politique de Washington, notamment en Afghanistan, en Irak et au Pakistan. Dans cette région du monde, l’Europe doit proposer non la guerre à outrance mais l’aide au développement et la construction d’Etats nationaux légitimes. La gauche française doit clairement demander le retrait des troupes engagées pour des missions autres que la paix.        <br />
              <br />
       Au <b>Proche et Moyen-Orient</b>, l’intérêt européen, c’est une paix qui reconnaisse à chaque peuple ses droits. Il ne saurait y avoir un droit à plusieurs vitesses. Et il n’y aura pas de paix sans justice. Il faut affirmer le droit à la sécurité de tous : sécurité d’Israël, celle du peuple palestinien, qui a le droit à un Etat viable doté de continuité territoriale, le droit au développement technologique de l’Iran, dés lors que cela se produit dans le respect des clauses du traité de non prolifération nucléaire et des contrôles de l’Agence internationale de l’énergie atomique. L’Europe, en devenant acteur stratégique, peut et doit avoir un rôle beaucoup plus important au Moyen Orient. Contre la politique des deux poids deux mesures, elle doit, quand c’est nécessaire, utiliser la clause du « partenariat privilégié » pour faire respecter le droit international et faire avancer le processus de paix.       <br />
              <br />
       Facteur de paix dans le monde, l’Europe doit s’engager dans la recherche d’un grand <b>partenariat stratégique</b> avec la Russie. Ce n’est pas seulement la question des approvisionnements énergétiques qui est en jeu, bien qu’elle soit cruciale pour l’Europe. C’est la question de la paix et de la démocratie qui est aussi en cause : une Russie étroitement liée économiquement et culturellement à l’Europe, est une chance pour le développement de la démocratie dans ce pays. La gauche européenne doit parier sur l’avenir d’un espace de coprospérité entre l’Europe et la Russie.       <br />
              <br />
       Nous devons lutter pour <b>une grande politique européenne avec le Sud et l’Afrique</b>. Les plus grands défis économiques et humains sont là.        <br />
              <br />
       L’Europe ne peut tourner le dos à ses voisins méditerranéens sous prétexte qu’elle est engagée dans la consolidation de son action à l’Est. Nous avons besoin d’une Politique Méditerranéenne, élaborée conjointement avec tous les partenaires  de la rive sud. La ligne stratégique ne doit pas être centrée seulement sur les crainte de l’Europe (environnement, contrôle de la circulation des personnes, sécurité, etc.), elle doit être tout autant axée sur le codéveloppement avec ces pays, gage d’une communauté originale avec l’ensemble européen, qui dépasserait les impasses de l’élargissement et la stratégie à courte vue de la simple association commerciale.        <br />
              <br />
       Avec l’Afrique, nous devons réadapter les Accords de Cotonou et abandonner l’idée que c’est le libéralisme qui résoudra les problèmes du développement. Cela a plutôt conduit à la désagrégation des sociétés, aux immigrations massives, aux guerres tribales. Contre la logique libérale qui prévaut à Bruxelles, nous devons défendre l’idée de l’ouverture du marché européen en franchise de douane aux produits fabriqués en Afrique, relancer l’aide publique au développement des infrastructures (pour la santé, pour l’eau, pour les transports, pour l’éducation, etc.). Nous devons aussi nous engager pour des remises de dettes à ces pays, réinvesties dans leur développement.       <br />
              <br />
       Sur la question cruciale des migrations, nous devons à la fois affirmer la nécessité de contrôler les flux en Europe et de favoriser l’intégration des immigrés sur la base du respect des droits et des devoirs dans les pays d’accueil. Nous voulons également, dans une perspective de solidarité active, aider à la formation des cadres et, à l’opposé de l’« immigration  choisie », politique égoïste et cynique de pillage des élites techniques et scientifiques des pays en développement, mettre en place une véritable stratégie de codéveloppement lié aux flux migratoires, impliquant des migrations de travail organisées qui profitent tant aux pays d’origine qu’à l’Europe.       <br />
              <br />
       Tel est le monde que nous voulons. Telle est l’Europe dont nous avons besoin.       <br />
              <br />
       Le MRC avance ces propositions dans un esprit de clarté. Nous souhaitons un débat avec tous nos partenaires de gauche. Nous sommes convaincus que la question de la construction d’une Europe Nouvelle est décisive pour la reconstruction d’une gauche républicaine, démocratique et capable d’offrir une alternative au néolibéralisme. Et nous sommes ouverts, car <b>notre objectif, c’est de faire des élections européennes une grande victoire de la gauche française tout entière.</b></li></ul>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain</title>
   <updated>2013-02-24T15:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Aider-le-peuple-francais-a-renouer-avec-son-Histoire-pour-construire-une-Europe-des-peuples-dans-le-monde-multipolaire_a41.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2008-09-07T14:33:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Projet d’intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l'université d'été du MRC, Belfort, dimanche 7 septembre 2008 (seul le prononcé fait foi). Le discours intégral est disponible en format audio à la fin de l'article.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1032802-1299130.jpg?v=1289529559" alt="Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain" title="Aider le peuple français à renouer avec son Histoire pour construire une Europe des peuples dans le monde multipolaire de demain" />
     </div>
     <div>
      <b>I – Le ralliement à contretemps de la gauche au libéralisme.</b>       <br />
              <br />
       La crise de la gauche en France et en Europe tient pour l’essentiel, à mon sens, au fait qu’elle s’est progressivement résignée à accepter comme une fatalité la domination du capital financier, la dictature de l’actionnariat et la loi des multinationales qui, au nom de la globalisation, mettent en concurrence les territoires et les mains-d’œuvre. La mondialisation est une stratégie. Les « armées de réserve industrielle » des pays à bas coûts de production pèsent sur les salaires et la protection sociale en France et en Europe occidentale, mais les pays émergents comme la Chine ne sont pas les premiers responsables de cette régression. Le capitalisme financier qui les domine, eux aussi, n’a pas attendu l’émergence de ces pays pour opérer, dès les années quatre-vingt, le grand renversement du partage de la valeur ajoutée entre le travail et le capital au profit de ce dernier. C’est ce capital financier qui met en œuvre la stratégie de la globalisation. Le chômage a été le principal moyen utilisé pour opérer  une véritable déflation salariale, ainsi en France à partir de 1983.       <br />
              <br />
       La dérégulation qui a suivi s’insérait dans un dessein libéral néo-conservateur, né dans le monde anglo-saxon et mis en œuvre à partir de la victoire électorale en Grande-Bretagne de Mme Thatcher en 1979 et de M. Reagan aux Etats-Unis, l’année suivante. Cette volonté de déréglementation généralisée théorisée au départ par des économistes comme Friedrich Hayek et Milton Friedman, a correspondu à la volonté des Etats-Unis d’ouvrir les marchés aux produits de leurs multinationales et à leurs investissements, en cassant l’intervention des Etats dans l’économie et en faisant reculer partout, y compris à domicile, l’Etat providence. Cette politique a été mise en œuvre, au niveau mondial, par le GATT, devenu OMC en 1994, et par les politiques d’ajustement structurel du FMI. Elle a été relayée par l’Europe libérale  à travers l’Acte Unique de 1987 et le traité de Maastricht de 1992. Elle a enfin été parachevée politiquement par le rapprochement entre les Etats-Unis et la Chine, et l’ouverture de celle-ci aux multinationales dans les années 78-80, et surtout par l’implosion du communisme en 1989-91, suivie de l’application de thérapies de choc libérales aux ex « pays socialistes ». Pour la première fois depuis 1914, l’économie de marché coïncidait à nouveau avec les limites de la planète. C’est ce capitalisme financier qui n’a pu se développer et ne peut se survivre qu’avec le soutien de l’Hyperpuissance américaine qui se débat aujourd’hui dans d’insolubles contradictions.        <br />
              <br />
       On se souvient des théories de Francis Fukuyama proclamant, au début des années quatre-vingt-dix « la fin de l’Histoire ». En France, François Furet, dès 1989, déclarait « la Révolution française terminée », en fait, selon lui, depuis Gambetta. La gauche n’avait plus qu’à se convertir au libéralisme. Ce qu’elle a fait avec peut-être plus de réticences apparentes en France que dans le reste de l’Europe, avec Tony Blair en Grande-Bretagne, d’Allema et Walter Veltroni en Italie et Gerhard Schröder en Allemagne, mais qu’elle a fait quand même, à mots couverts, pour finir aujourd’hui par un ralliement officiel au libéralisme, sous couleur de « modernité ». Ralliement si tardif qu’il s’opère aujourd’hui à contretemps : pour s’afficher « moderne », on se dit libéral, au moment où la globalisation libérale entre dans une crise systémique qui, pour la première fois, ouvre la perspective de sa remise en cause !       <br />
              <br />
       A son Université d’été de La Rochelle, le parti socialiste a donné le sentiment de se désintéresser des questions de fond, qu’il s’agisse de la crise économique mondiale ou des risques d’une nouvelle guerre froide sur notre continent. Le débat sur l’Europe qui avait traversé le parti socialiste lui-même en 2005 a été refermé. Cette attitude n’est pas tenable dans la durée.        <br />
              <br />
       La gauche européenne qui a longtemps défendu « l’Etat-Providence », retarde de plusieurs guerres, pour n’avoir pas su inscrire son projet dans une analyse d’ensemble de l’évolution du capitalisme financier contemporain et de la crise de la globalisation libérale.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Une méconnaissance de la nature même de la globalisation.</b>       <br />
              <br />
       Comme ses homologues européens, le parti socialiste en France méconnaît, dans la plupart de ses composantes, le rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ce sont eux qui, dès les années soixante-dix, l’ont impulsée en faisant du dollar la monnaie mondiale, et en se comportant comme si cette monnaie était seulement la leur. John Mc Cain est toujours sur cette ligne quand il déclare : « Le libre-échange sert la politique extérieure des Etats-Unis. » Terrible cécité : La crise financière actuelle n’est pas seulement la conséquence d’une politique bancaire aventurée. Elle résulte du fait que, depuis longtemps, les Etats-Unis vivent au-dessus de leurs moyens. Leur déficit commercial dépasse 700 milliards de dollars, soit 6 % de leur PIB. L’endettement des ménages américains, encouragé par le Trésor et le Federal Reserve Board, équivaut à ce même PIB. L’épargne américaine est dramatiquement insuffisante. Le financement de l’économie des Etats-Unis n’est possible que parce que celle-ci capte 80 % de l’épargne mondiale ! Le monde marche ainsi sur la tête. Pour enrayer la chute du dollar, les Etats-Unis ont choisi avec M. Bush la fuite en avant dans le domaine de la politique extérieure, avec le dessein de contrôler l’essentiel des richesses pétrolières et gazières mondiales. Malgré un budget militaire colossal de plus de 450 milliards de dollars, à lui seul la moitié des budgets de la défense dans le monde, les Etats-Unis se trouvent aujourd’hui enlisés militairement en Irak et en Afghanistan. Le choix est aujourd’hui entre le désengagement ou l’escalade. Logique avec lui-même, M. Mc Cain déclare que les troupes américaines resteront en Irak cent ans, s’il le faut.       <br />
              <br />
       C’est cette logique globale que les gauches européenne et française, dans leur majorité, se refusent à comprendre. Elles vivent dans l’illusion irénique qu’un retrait américain d’Irak suffirait à résoudre le problème. La crise de la globalisation libérale et le destin de l’Empire américain sont étroitement liés : on ne peut envisager une refondation progressiste de l’ordre international et l’organisation à l’échelle mondiale d’un nouveau « New-Deal » que dans le cadre d’un monde multipolaire régi par le droit et d’institutions internationales rénovées. C’est cette absence de vision historique et géopolitique qui explique l’incapacité de la gauche française et européenne à proposer une politique réellement alternative. Bien entendu, cette incapacité s’enracine aussi dans un attachement à l’hégémonie américaine, lié à un passé révolu. J’ai parlé d’« occidentalocentrisme » à propos de la politique étrangère de Nicolas Sarkozy. En réalité, cet occidentalocentrisme se retrouve largement dans la pensée de la majorité des dirigeants du PS, ce qui explique leurs contradictions dans le domaine de la politique extérieure, y compris européenne. C’est ainsi qu’ils se révèlent incapables de remettre en cause l’orientation libérale de la construction européenne : beaucoup de dirigeants socialistes ont volé au secours de Nicolas Sarkozy pour faire approuver le traité de Lisbonne. C’est ainsi encore qu’on voit certains de ces dirigeants se lancer dans de dangereuses surenchères sur la situation en Géorgie, comme si celle-ci n’était pas aussi le résultat de la politique américaine mise en œuvre pour s’assurer le contrôle des richesses pétrolières et gazières autour de la Mer Caspienne. Ce n’est pas un hasard si Nicolas Sarkozy utilise Bernard Kouchner et Jean-Pierre Jouyet pour mettre en œuvre sa politique. Celle-ci reflète le consensus de l’Establishment financier et des élites bien pensantes pour mettre en œuvre la politique que j’ai décrite comme « du pareil au même ».       <br />
              <br />
       Nous sommes donc confrontés à l’incapacité actuelle de la gauche française à « penser mondial ». La plupart des courants majoritaires du parti socialiste ne se distinguent guère dans la surenchère social-libérale. Ils veulent tous « adapter la France à la mondialisation ». Ils comptent avant tout sur les difficultés et les échecs de la droite pour revenir au pouvoir en 2012. Or, à préparer une alternance sans alternative, ils prennent le risque de se couper non seulement des couches populaires abandonnées à la droite dure ou à la gauche radicale, mais aussi de cette fraction consciente de l’électorat qui entend se déterminer d’abord en fonction des intérêts du pays et d’un projet politique convaincant que j’appelle le « courant républicain », soit deux à trois millions d’électeurs, une minorité donc, mais bien souvent capable de faire la décision.       <br />
              <br />
       Beaucoup d’hommes de gauche sincères se bercent encore de l’illusion que l’Union européenne à vingt-sept puisse agir par elle-même pour infléchir le cours de la globalisation libérale, ce dont à mon sens elle est absolument incapable sans une reprise de conscience politique de ses nations, et d’abord de la nôtre.       <br />
              <br />
       L’incapacité de la gauche française et européenne à « penser mondial » s’enracine donc dans la crise de l’idée républicaine et dans le discrédit de la nation comme vecteur principal de notre responsabilité vis-à-vis du monde : telle est la thèse que je voudrais au moins esquisser en conclusion de notre Université d’été.       <br />
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       <b>III – Démonisation des nations et régression démocratique.</b>       <br />
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       1.	La construction européenne telle qu’elle s’est faite après les deux guerres mondiales a reposé sur l’illusion d’une démocratie post-nationale. Or, la démonisation et la démobilisation des nations comme cadre politique opératoire au profit d’une Europe dominée par des instances technocratiques - Commission, Banque Centrale, Cour de Justice européenne – dont la prépotence ne peut être dissimulée par les oripeaux d’un Parlement fantôme, a livré nos pays d’Europe à des politiques libérales menées au nom du « principe de la concurrence », relayant sur notre continent la globalisation libérale impulsée par les Etats-Unis.        <br />
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       Ce sont les peuples qui ont été frappés d’impuissance par cette démonisation de la nation. Quand on prive les peuples de leur passé, on les prive également de leur avenir. La France serait le pays de l’affaire Dreyfus, le pays de la collaboration et de Vichy, le pays du « Code noir » et de l’esclavagisme, un pays indécrottablement colonialiste. Il faut donc rappeler que la France c’est le pays de la Révolution française dont les adversaires animés par une féroce idéologie antiégalitaire et antisémite ont réussi, en 1894, à faire condamner le capitaine Dreyfus. Mais on oublie de rappeler que dans cette affaire ce sont les républicain, à la fin, qui ont gagné : le capitaine Dreyfus a été solennellement réhabilité en 1906 et la République est sortie victorieuse par la voie du suffrage universel de sa confrontation avec les courants nationalistes et antisémites de la fin du XIXe siècle.        <br />
              <br />
       Les contempteurs de la nation nous expliquent que la France a été irréparablement souillée par la collaboration. Ils oublient de dire que la France n’a pas mis au pouvoir un gouvernement fasciste par la voie des urnes. En 1936 elle a élu une Chambre de Front Populaire. La défaite de 1940 a été préparée et utilisée  par les adversaires de la République. Mais a-t-on le droit d’oublier le général de Gaulle, la France Libre, Jean Moulin, la Résistance et l’hostilité de l’immense majorité du peuple français à l’occupant nazi ?       <br />
              <br />
       Les mêmes contempteurs de la nation française veulent faire de celle-ci la complice du « Code Noir » et de l’esclavagisme. C’est oublier le combat des philosophes, la Révolution, l’abolition de l’esclavage en 1794 par Robespierre et en 1848 par la Seconde République et Victor Schoelcher.        <br />
              <br />
       La France serait un pays indécrottablement colonialiste. On retient Voulet-Chanoine mais on oublie Savorgnan de Brazza. On oublie que le peuple français consulté par référendum s’est prononcé massivement pour l’autodétermination de l’Algérie en 1962 et par conséquent pour son indépendance dans la coopération avec la France. Il faut renouer avec notre histoire, avec ses ombres certes, mais aussi avec ses lumières ; C’est la seule manière pour notre peuple de retrouver la raisonnable confiance en lui-même dont il a besoin pour construire à nouveau son avenir.       <br />
              <br />
       Et de la même manière les autres peuples d’Europe doivent renouer avec le fil de leur Histoire pour qu’ensemble nous puissions nous tourner vers l’avenir.       <br />
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       2.	En même temps que la mise en congé de la nation républicaine débouchait sur la crise du civisme, l’avènement du « tout marché » entraînait le creusement des inégalités, la mise à l’encan des services publics, et le repli sur soi. C’est ainsi que le Président de la Poste, M. Jean-Paul Bailly, déclarait, selon Le Figaro du 29 août, que la mise en Bourse de la Poste aurait deux avantages : « elle aurait l’assentiment de la Commission européenne et pourrait créer un choc culturel au sein de l’entreprise ». Nous sommes bien placés dans nos départements pour observer, avant l’heure, les conséquences de cette privatisation du service public : fermetures de bureaux de postes dans les zones rurales, et les quartiers périphériques, allongement des délais d’acheminement du courrier ordinaire, au prétexte d’affronter la concurrence. C’est à juste titre que le Comité de liaison de la gauche a décidé de lancer une pétition contre la privatisation de la poste.       <br />
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       Mais cette libéralisation à outrance n’est pas tombée du ciel : elle a été voulue ou acceptée par tous nos gouvernements successifs – faut-il rappeler les sommets de Lisbonne et de Barcelone ? M. Jouyet officiait déjà au cabinet du Premier ministre … C’est au nom de la concurrence qu’on a libéralisé les prix de l’énergie, au bénéfice, paraît-il, du consommateur. Curieusement, la facture de l’électricité et du gaz a explosé ! Demain la concurrence prévaudra aussi dans le domaine ferroviaire.       <br />
              <br />
       La politique de M. Sarkozy donne ainsi une cohérence d’ensemble à un choix d’alignement sur le tout-marché : le pouvoir d’achat est rogné par l’inflation. Le gouvernement prétend le sauvegarder en supprimant les protections dont bénéficiaient les petits commerces de centre-ville. En fait, « travailler plus et gagner moins », tel est le programme réel que des économistes soutenant le gouvernement, tel M. Nicolas Baverez, revendiquent ouvertement. Sous le nom de « révision générale des politiques publiques », c’est un repli systématique de l’Etat qui se met en œuvre autour des chefs-lieux de régions, laissant les autres départements en quasi déshérence du point de vue de l’administration de l’Etat. Le département lui-même, en tant que collectivité décentralisée, est menacé au prétexte de la suppression d’un échelon administratif, sans qu’on réponde à la question de savoir à quel niveau ses compétences, notamment en matière sociale, seraient mieux exercées. Chacun sent bien que c’est le service public de proximité qui en souffrira en premier lieu. Tout cela se passe en silence, en l’absence de tout débat public.       <br />
              <br />
       En réalité, la politique de M. Sarkozy est télescopée de plein fouet par la crise de la globalisation libérale. Le « fondamentalisme de marché » qui a soutenu le thatchérisme, le reaganisme, le consensus de Washington et, en France, la politique de rigueur, a creusé partout les inégalités, nourri la spéculation et engendré une crise systémique sans précédent. Joseph Stieglitz, prix Nobel d’Economie, a dénoncé l’illusion selon laquelle « les marchés sont auto correcteurs, distribuent efficacement les ressources et servent l’intérêt général. » Or c’est cette illusion-là qui soutient partout les politiques libérales au niveau national, européen et mondial.       <br />
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       <b>IV – Caractère central de la question européenne dans la refondation de la gauche</b>       <br />
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       La politique mise en œuvre par M. Sarkozy est une facette redoublée de cette politique néfaste que poursuit dans toute l’Europe la Commission européenne. C’est pourquoi il n’est pas possible d’ouvrir une alternative véritable sans remettre en cause l’orientation libérale imposée d’en haut par les instances européennes. Cette constatation de bon sens rencontre fréquemment l’objection que les politiques européennes sont celles qu’ont acceptées au Conseil des ministres les gouvernements nationaux. Cette objection fréquemment avancée par beaucoup de dirigeants socialistes ne tient pas la route, car le poids de la bienpensance européenne est tel que les gouvernements nationaux sont d’avance tétanisés à l’idée de vouloir s’en affranchir tant soit peu : ils seraient aussitôt taxés de régression « nationaliste », et mis au ban de l’Europe bien pensante, c’est-à-dire libérale.       <br />
              <br />
       C’est pourquoi la tâche de la gauche n’est pas seulement de réhabiliter le concept de nation républicaine comme communauté de citoyens mais d’en faire le vecteur d’une autre idée de l’Europe. Car l’Europe de MM. Barroso et Solana est une Europe anémiée, invertébrée, réduite à une bien-pensance libérale qui l’empêche d’être un acteur de son destin.       <br />
              <br />
       L’Europe a besoin de l’entente de ses nations et d’abord de ses grandes nations : l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne, la Grande-Bretagne, la Pologne délivrée des cauchemars du passé et j’ajoute même la Russie. Comment oublier qu’en 2003 c’est l’entente du Président de la République française, du Chancelier de l’Allemagne fédérale et du Président russe qui ont privé l’invasion américaine de l’Irak du sceau de la légalité et par conséquent de la respectabilité internationale ? Immense service rendu à la cause de ce qu’on appelle le dialogue des civilisations ou plus justement dialogue des cultures. L’Europe a besoin de nations vivantes et démocratiques capables de s’inscrire ensemble dans une vision partagée de l’avenir. Une vision de progrès social mais aussi d’identité politique par rapport aux autres aires géographiques de la planète. L’Europe ne peut pas être une filiale ou plutôt un ensemble de filiales de la holding américaine.       <br />
              <br />
       Il faut avoir le courage d’affronter la question européenne. Nous ne sommes évidemment pas contre l’idée européenne. Au contraire, nous sommes favorables à l’organisation d’une Europe à géométrie variable, car fondée sur la démocratie qui vit dans ses nations. Nous militons pour un gouvernement économique de la zone euro afin de contrebalancer l’omnipotence actuelle de la Banque Centrale européenne et de mieux protéger nos industries. Nous ne croyons pas non plus que la France soit vouée à s’effacer pour s’aligner sur la politique décidée à Washington. C’est pourquoi nous avons toujours refusé et nous refuserons toujours de donner congé à la souveraineté populaire. Nous savons que l’idée même du peuple français est aujourd’hui en danger parce qu’elle est combattue de droite par les élites ralliées à la domination du capital financier et souvent aussi, hélas, de gauche, par des courants libéraux ou même anarchistes qui n’ont jamais compris ce qu’est la République.       <br />
              <br />
       La République porte des idéaux universels mais elle s’enracine dans une identité collective, celle de la France. Oublier notre histoire, ignorer une géopolitique élémentaire, ne plus savoir même quelle place nous occupons sur la carte du monde, c’est évidemment méconnaître les intérêts fondamentaux de notre peuple, s’exposer à de terribles régressions, laisser la France et sa riche histoire à la droite et à l’extrême droite. Cette vue myope des choses serait suicidaire pour la gauche en France mais aussi en Europe..       <br />
              <br />
       Elle le serait d’autant plus que l’Empire américain, tel qu’il s’est établi depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, touche à sa fin. Il est clair que les Etats-Unis n’ont plus aujourd’hui la capacité de dominer seuls le monde. Ils cherchent partout en Europe, au Japon, et même en Inde, des supplétifs. Ils n’ont évidemment pas renoncé à exercer partout leur hégémonie, se concevant eux-mêmes, comme l’a rappelé utilement Hubert Védrine dans le Monde Diplomatique, comme le moyeu d’une roue de bicyclette dont chaque pays serait un rayon, s’instituant ainsi comme une sorte de « hub », de « passage obligé », pour les autres nations, en fonction du principe que chaque pays préfère l’hégémonie américaine à celle de son voisin plus puissant. Cette vision est cependant trop sommaire. Nous entrons dans une ère nouvelle où plusieurs pôles existeront dans l’ordre international : Chine, Inde, Russie, etc. La question qui se pose est celle de savoir quelle place l’Europe et la France tiendront dans cette nouvelle organisation du monde. La réponse apportée par la politique de M. Sarkozy est simple, c’est : aucune. Ni la France ni l’Europe, avec la politique de Nicolas Sarkozy, ne seront jamais un pôle dans le monde de demain.       <br />
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       <b>V – La tentation de l’occidentalocentrisme</b>       <br />
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       Dans un livre récent, trop peu lu, « Pour une Union occidentale », M. Balladur à l’école duquel Nicolas Sarkozy s’est formé, a théorisé ce que j’appelle « l’occidentalocentrisme » : les pays de souche européenne ne sont plus aujourd’hui à l’échelle du monde qu’une minorité déclinante. Pour préserver les avantages acquis de l’Occident, en fait ceux du capital financier, il est essentiel, selon cette théorie, de resserrer les rangs autour des Etats-Unis pour faire face à la montée des pays émergents. Je résume bien entendu la thèse développée par M. Balladur, observant qu’elle est, en fait, mise en œuvre par M. Sarkozy qui inscrit la politique française dans le sillage de la politique américaine, que ce soit en Afghanistan, ou face à l’Iran, ou en Géorgie face à la Russie, ou encore en annonçant son intention de rejoindre l’organisation militaire intégrée de l’OTAN, au prétexte illusoire de construire par ailleurs une « défense européenne ».        <br />
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       De Gaulle avait soustrait nos états-majors au commandement d’officiers généraux américains pour affirmer le principe d’une France indépendante, capable de faire valoir ses vues, raisonnablement s’entend, partout dans le monde. Qui peut contester que les vues du général de Gaulle étaient prémonitoires, vis-à-vis de la Chine, sur la guerre du Vietnam, ou encore sur les conséquences désastreuses de l’occupation des territoires palestiniens pour Israël ?       <br />
              <br />
       C’est à près d’un demi-siècle de politique étrangère indépendante, ou en tout cas relativement indépendante, que M. Sarkozy va mettre fin, et il le fera au plus mauvais moment, au nom de cette théorie erronée et dangereuse que j’ai appelée « l’occidentalocentrisme ».       <br />
              <br />
       Il est bien vrai que les pays du Sud ont généralement en commun le fait d’avoir été à un moment ou à un autre colonisés par tel ou tel pays européen. Mais faut-il figer et perpétuer cette opposition Nord-Sud qui fait l’impasse sur la diversité des civilisations et des nations au Sud comme au Nord ? Qui ne voit le danger d’un tel manichéisme qui coaliserait le Nord contre le Sud et réciproquement, les pays du Sud contre un Occident blanc replié sur lui-même ou théorisant la guerre-préventive, ou pourquoi pas la possibilité de l’emploi en premier de l’arme nucléaire, comme on l’a vu faire récemment par cinq anciens chefs d’Etat-Major, dont l’Amiral Lanxade pour la France ?       <br />
              <br />
       Cette idéologie occidentalocentriste est dangereuse pour la paix. Elle est dangereuse pour l’Europe au sein de laquelle la France affirmait traditionnellement une certaine volonté d’autonomie, pour le bien des autres autant que pour le sien propre. Elle est dangereuse enfin pour la France qui ne peut méconnaître sans graves conséquences à la fois le centre de gravité de ses intérêts et sa vocation universelle. Cette idéologie occidentalocentriste n’épargne malheureusement pas des secteurs importants de la gauche.        <br />
              <br />
       L’idéologie des droits de l’homme, déconnectés des droits des citoyens, constitue une couverture commode pour toutes les dérives expéditionnaires et nous devrions davantage prêter l’oreille à ceux qui, au Sud, voient dans le « devoir d’ingérence » professé par Bernard Kouchner la résurgence d’un état d’esprit colonial ou néocolonial.       <br />
              <br />
       Je vais prendre quatre exemples qui ne m’éloigneront qu’en apparence du sujet de notre Université d’été qui est – je le rappelle – la refondation républicaine de la gauche. Celle-ci en effet ne sera possible que si la gauche rompt avec l’occidentalocentrisme et renoue avec l’universalisme républicain.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">1.	Premier exemple</span> : Etait-il bien judicieux, en septembre 2007, à la Conférence des Ambassadeurs, d’évoquer, comme l’ont fait Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner, l’imminence d’une guerre avec l’Iran, alors que Barak Obama, s’il est élu en novembre prochain, évoque publiquement l’idée d’une négociation entre les Etats-Unis et ce pays ? Les expéditions militaires desservent la cause de la non-prolifération nucléaire parce qu’elles donnent un argument de poids aux pays qui veulent se doter d’une arme atomique. L’alignement français sur les positions de M. Bush a évidemment nui à nos intérêts et à notre image dans le monde.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">2.	Deuxième exemple : L’Afghanistan</span>. Le Président de la République a renforcé notre contingent militaire et étendu ses missions, contre la meilleure intuition du candidat  Sarkozy qui ne jugeait pas la contribution de nos forces « décisive » pour la solution du problème afghan. Nous voilà aujourd’hui embarqués dans une croisade pour les valeurs démocratiques, au nom d’une « guerre contre la terreur » proclamée par le Président Bush, concept extrêmement flou qui n’opère pas la distinction nécessaire entre Al Quaïda et les tribus pachtounes qui représentent plus de la moitié des Afghans. L’idée qu’on puisse faire passer l’Afghanistan du Moyen Age au XXIe siècle à coup de bombes plus ou moins téléguidées est évidemment absurde. Les guérillas auxquelles les forces de l’OTAN sont affrontées n’ont pour la plupart rien à voir avec Ben Laden. On ne fera rien en Afghanistan sans s’appuyer d’abord sur le peuple afghan. En attendant, voici nos forces enlisées derrière celles des Etats-Unis dans une zone géographique qui n’a jamais correspondu à nos intérêts géopolitiques, et associées à l’idée pernicieuse d’une « guerre des civilisations ».       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">3.	Troisième théâtre : La Géorgie et le Caucase</span>. On ne peut traiter de cette question complexe en faisant comme si la politique américaine dans cette région n’avait pas pesé lourdement dans le contentieux entre la Géorgie et la Russie et comme si l’Europe n’avait pas des intérêts propres distincts de ceux des Etats-Unis. Le partenariat stratégique avec la Russie est évidemment un enjeu décisif pour l’autonomie de notre continent et pas seulement sur le plan énergétique. Ce qui est en jeu c’est l’autonomie politique de l’Europe et sa capacité à s’affirmer comme un pôle autonome dans le monde de demain. Certes la reconnaissance par la Russie de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie est contraire au droit international mais celle du Kosovo par les Etats-Unis et la plupart des pays de l’Union européenne, ce printemps, ne l’était pas moins. La crise géorgienne démontre la folie que serait une extension de l’OTAN à la Géorgie et à l’Ukraine et l’inconséquence d’un retour de la France dans les structures militaires intégrées de l’OTAN.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">4.	Ce retour dans l’organisation militaire intégrée de l’OTAN serait une quatrième erreur</span>. Une nouvelle guerre froide diviserait notre continent. Elle peut arranger les Etats-Unis : Samuel Huntington dans « Le clash des civilisations », en 1994, n’avait pas dessiné par hasard une frontière entre une soi-disant « civilisation occidentale » et une soi-disant « civilisation orthodoxe ». « Diviser pour mieux régner » a toujours été l’adage des puissances dominantes. Mais les intérêts prioritaires de la France ne sont pas en Mer Noire et encore moins en Caspienne ou en Asie Centrale. Ils sont d’abord là où nous sommes, c’est-à-dire en Europe. Il est dangereux de se laisser entraîner trop loin du centre de gravité de ses intérêts. Il faut accepter que les valeurs universelles de la République puissent être défendues de manière différente selon qu’elles engagent ou non les intérêts fondamentaux du pays. La première mondialisation a sombré dans la première guerre mondiale que la mécanique d’alliances trop rigides a rendue inévitable. Evitons qu’il en aille ainsi de l’actuelle mondialisation américaine et que la France par le biais de l’OTAN ne soit de plus en plus entraînée selon l’expression du Général de Gaulle « dans des guerres qui ne sont pas les siennes ».       <br />
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       <b>VI – La gauche et la nation.</b>       <br />
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       La question de l’intérêt national est évidemment au cœur des débats de la gauche. Il y a ceux pour lesquels cette question existe et ceux qui, par légèreté et inconséquence, selon moi, font comme si elle n’existait pas. Je propose donc que la question de la nation républicaine soit mise au cœur du débat sur la refondation de la gauche. Elle sera ainsi fidèle à la pensée de Jaurès. Elle transcendera des clivages dépassés. Clémenceau a été l’homme de la France, mais il était aussi un homme de gauche, et on ne peut plus le démoniser aujourd’hui qu’au nom d’un révolutionnarisme dépassé, comme l’a très bien montré Michel Winnock dans la biographie qu’il lui a consacré. Et De Gaulle, qui se voulait « l’homme de la nation », qui peut contester que la France lui doit, en 1944-45, les avancées sociales les plus décisives qu’elle ait jamais connues ? La gauche, si elle veut devenir hégémonique en France, au plan des idées, doit rompre avec le sectarisme de vues étriquées.       <br />
              <br />
       Elle doit à la fois rassembler et renouer avec les couches populaires dont le patriotisme n’est pas éteint. Ringardise ? Non ! Le patriotisme défini comme l’amour des siens, à la différence du nationalisme qui est la haine des autres, est nécessaire à la renaissance du civisme ! Le sentiment d’appartenance à une identité collective forte est indispensable à l’acceptation de règles définies en commun.       <br />
              <br />
       Notre pays vit une grave crise de société et d’identité. Il doit réapprendre à s’aimer et il ne pourra s’aimer qu’en parlant librement aux autres. La France d’aujourd’hui ne tient plus par grand-chose, sinon par ce qui reste du service public et par l’exceptionnel maillage démocratique de ses communes. Mais combien cela est fragile !       <br />
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       <b>VII – Une gauche de projet</b>       <br />
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       C’est donc d’un sursaut civique et démocratique que peut procéder le redressement. Ce redressement est la tâche qui incombe à une gauche refondée. Si la gauche n’est pas capable de concevoir ce sursaut salvateur, elle ne reviendra pas au pouvoir en 2012, car il ne faut pas sous-estimer Nicolas Sarkozy ou tomber dans un antisarkozysme primaire ; la gauche a besoin d’un projet solide s’inscrivant dans une vision d’avenir et non d’une opposition systématique et quasi pavlovienne qui ferait seulement voir l’inconsistance de ses positions de fond. Je ne prendrai qu’un exemple qui paraîtra mineur : je suggère que nous réfléchissions objectivement sur le RSA (revenu social d’activité). Il est évident que les titulaires du RMI doivent trouver un avantage financier substantiel pour travailler à nouveau. Sinon que répondre à ceux qui vous disent : « Je perdrais de l’argent en reprenant une activité » ?  Il ne m’échappe pas que le RSA peut encourager le travail à temps partiel mais le travail à temps partiel a un effet de socialisation et vaut mieux en définitive que l’inactivité.       <br />
              <br />
       Enfin, le mode de financement, c’est-à-dire la taxation des revenus du capital, va dans le sens que nous avons toujours souhaité, même s’il ne remet pas en cause un « paquet fiscal » que nous avons critiqué en son temps. A ma connaissance il n’a jamais été envisagé à ce jour de faire passer à la caisse les collectivités locales et nous y serions évidemment opposés. Il me semble que dans notre manière de nous opposer, il doit y avoir une préfiguration de ce que sera notre action future. Si nous disons non à tout, c’est qu’en fait nous ne proposons rien. Soyons donc capables de dire oui à ce que nous réclamons nous-mêmes et mettons quelquefois  en œuvre dans certains départements.       <br />
              <br />
       Refusons la démagogie et travaillons dès maintenant à construire une opposition responsable. La responsabilité n’est nullement exclusive d’une grande ambition.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>VIII – Une refondation à la fois nationale, européenne et mondiale.</b>       <br />
              <br />
       J’en viens aux perspectives de la refondation de la gauche. Le débat sur ce sujet ne fait que commencer. Je n’ignore rien des rivalités de boutique et des objections que suscite la création d’un grand parti de toute la gauche. Il faut un évènement qui fasse électrochoc. Nous avons des divergences ? La belle affaire ! Elles peuvent, je le crois, se régler par le débat dès lors que les questions de fond auront été abordées.       <br />
              <br />
       Permettez-moi d’abord une observation : Le parti socialiste est certes la formation la plus nombreuse à gauche, mais elle est loin d’être majoritaire dans le pays. Et il ne lui sert à rien de dominer à gauche, si la gauche est durablement confinée dans l’opposition. Il faut un électrochoc ! Peu importe, à la limite,  la structure : nouvelle formation, fédération, confédération. Ce qui est important c’est d’affirmer un dessein pour la France, c’est d’organiser le retour de la France en Europe et dans le monde. C’est ce débat-là qu’il faut lancer, sur le fond des choses ! La crise de la globalisation libérale nous offre la chance de proposer ce nouveau dessein :       <br />
              <br />
       -	Refondation des institutions internationales pour un monde multipolaire et pacifique, régi par le droit.       <br />
       -	Organisation d’un nouveau « New-Deal » à l’échelle mondiale pour concilier le progrès social dans les anciens pays industriels, l’émergence des grands pays du Sud et la construction d’Etats dignes de ce nom, dans les pays qu’on dit « les moins avancés ».       <br />
       -	Réorientation de la construction européenne au plan monétaire, industriel et social, ce qui implique un changement de cap politique en Allemagne, auquel la gauche française devrait s’intéresser davantage. Nous avons une occasion historique de refonder la gauche à la fois au niveau français, européen et mondial. Prenons pleinement conscience de l’épuisement du capitalisme financier qui a été l’horizon de toutes les politiques économiques depuis vingt-cinq ans. La négligence des questions industrielles, sociales, environnementales aussi bien que des enjeux de long terme que seuls les Etats peuvent maîtriser, ne peut plus durer ! L’OMC doit être cantonnée à un rôle d’arbitre entre plusieurs zones régionales d’intégration commerciale. Les déséquilibres sociaux, environnementaux et monétaires doivent être pris en compte dans les règles du commerce international. A défaut, l’Union européenne doit rétablir une préférence communautaire. Le FMI doit être absorbé dans la Banque Mondiale qui doit financer les infrastructures des pays les plus pauvres, à commencer par l’Afrique. Les statuts de la BCE doivent être modifiés, un gouvernement économique de la zone euro institué. Le paquet fiscal doit être abrogé. Les ressources dégagées iront aux investissements nécessaires dans l’économie de la connaissance. L’encadrement législatif des relations sociales doit veiller au rôle des représentants des salariés. Bref, la gauche doit changer d’horizon, et s’affranchir du capital financier.       <br />
       -	Enfin en France même elle doit susciter une renaissance républicaine, comme celles que notre pays a connues à la fin du XIXe siècle ou après la deuxième guerre mondiale.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>IX – Des primaires à gauche</b>       <br />
              <br />
       Faisons d’abord lever ce débat ! la Fédération ou la Confédération de toute la gauche n’organiserait-elle pas de vastes primaires à gauche en 2011, largement ouvertes à tous les militants et sympathisants ? J’entends dire que cette ouverture qui réussit assez bien aux Etats-Unis ferait perdre au parti socialiste son rôle directeur. Mais c’est une vue étroite des choses. Il faut sortir de l’esprit de boutique et parler au pays. Je crois que celui-ci est prêt à entendre un langage audacieux qui lui apprendrait à penser à nouveau collectivement et à comprendre ce que le mot « peuple » veut dire.       <br />
              <br />
       Ce que le regard collectif a défait, comme l’a montré Patrick Quinqueton, la « classe ouvrière », le « citoyen », le regard collectif doit le retrouver : le « peuple en corps », c’est-à-dire l’ensemble des citoyens, à nouveau convoqués à l’existence politique.       <br />
              <br />
       C’est cela que nous avons à réinventer : « le peuple français » d’abord mais aussi le peuple français s’adressant à une Europe des peuples, capable d’exister par elle-même et de parler au monde entier ; c’est cette ambition et le regard qui manquent aujourd’hui à la gauche. Il est temps de les lui redonner. Nous n’y parviendrons pas seuls, mais au moins nous pouvons, seuls s’il le faut, témoigner de cette exigence !       <br />
              <br />
       Nous aiderons ainsi le peuple français à se retrouver et à poursuivre son Histoire, dans une Europe renouvelée, une Europe des peuples, qui pourra, elle, être aussi un pôle dans le monde de demain, un pôle nécessaire, indispensable au dialogue des nations et des cultures. Voilà un projet exaltant et réaliste à la fois. Il faudra l’incarner car nous ne pouvons pas laisser plus longtemps la gauche en déshérence.       <br />
              <br />
       Courage donc camarades, imagination et détermination ! Croyons en la France, croyons en notre capacité d’action collective, croyons en l’avenir du peuple français !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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 	<itunes:subtitle><![CDATA[Projet d’intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l'université d'été du MRC, Belfort, dimanche 7 septembre 2008 (seul le prononcé fait foi). Le discours intégral est disponible en format audio à la fin de l'article.]]></itunes:subtitle>
 	<itunes:summary><![CDATA[Projet d’intervention de Jean-Pierre Chevènement lors de l'université d'été du MRC, Belfort, dimanche 7 septembre 2008 (seul le prononcé fait foi). Le discours intégral est disponible en format audio à la fin de l'article.]]></itunes:summary>
 	<itunes:author>Jean-Pierre Chevènement</itunes:author>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Aider-le-peuple-francais-a-renouer-avec-son-Histoire-pour-construire-une-Europe-des-peuples-dans-le-monde-multipolaire_a41.html" />
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   <title>Quelques réflexions sur la gauche</title>
   <updated>2013-01-20T13:33:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Quelques-reflexions-sur-la-gauche_a52.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2008-09-07T10:01:00+02:00</published>
   <author><name>Sami Naïr</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Sami Naïr, secrétaire national, Université d'été du MRC, Belfort, 7 septembre 2008.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1040387-1310517.jpg?v=1289529560" alt="Quelques réflexions sur la gauche" title="Quelques réflexions sur la gauche" />
     </div>
     <div>
      « Champs de ruines » : c’est le mot qui revient le plus souvent pour décrire l’état de la gauche française aujourd’hui. En tout cas fin du cycle historique structuré autour de l’opposition entre la voie communiste et la voie réformiste. Toutes les versions de la gauche radicale ont explosé ; toutes les versions de la gauche réformiste ont échoué à offrir une alternative au capitalisme.       <br />
       Je ne rentrerai pas ici dans le détail de cette histoire.       <br />
              <br />
       Tout le monde a conscience que nous avons perdu un paradigme, celui des lendemains socialistes qui chantent, mais le débat peine à s’ouvrir pour savoir ce qu’il faut faire désormais.       <br />
       La pente la plus facile est bien sûr celle qui mène à l’adaptation au monde injuste et dur, tel qu’il est, et beaucoup de dirigeants de gauche s’y laissent entraîner.       <br />
              <br />
       Je laisse ici de côté la question des formes d’organisation dans lesquelles la gauche pourrait un jour se retrouver pour ne souligner, sans les analyser dans le détail, que trois questions incontournables, qui sont en quelque sorte des prolégomènes à toute gauche future.       <br />
       1)	La question de la mondialisation       <br />
       2)	Celle de l’Etat nation et des forces sociales capables de s’opposer à cette mondialisation libérale       <br />
       3)	Celle de l’Europe       <br />
              <br />
       Sur ces questions, la gauche existante n’a pas élaboré de vision propre; en revanche, la droite a apporté des réponses auxquelles, honteusement ou fièrement, adhèrent certaines mouvances de la gauche  libérale.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>1.	Sur la mondialisation libérale </b>       <br />
              <br />
       La droite dit qu’il n’y a pas d’alternative ; la preuve de son affirmation serait presque symboliquement apportée par le fait que les principaux organes de gestion de la mondialisation libérale sont aujourd’hui entre les mains de personnalités de gauche : DSK au FMI, Pascal Lamy à l’OMC !       <br />
              <br />
       La thèse des partisans de la globalisation libérale est connue : selon eux, si la globalisation ne donne pas tous ses effets bénéfiques, c’est parce qu’elle n’est pas allée assez loin dans la privatisation du lien social : ce sont donc les couches sociales « protégées » qui doivent payer encore et plus.       <br />
              <br />
       Que dit la gauche ?        <br />
              <br />
       Je note d’abord que dans la Déclaration de principes adoptée récemment par nos camarades socialistes, il n’y a aucune analyse de cette mondialisation, rien sur la réalité géopolitique impériale et le magistère américain, rien sur le contenu et la forme politique de l’Europe, rien sur l’avenir de l’Etat-nation. Or ce ne sont pas des questions abstraites, car la mondialisation libérale n’est pas un processus historique désincarné.       <br />
              <br />
       La globalisation libérale, c’est une évidence, a été dirigée par les Etats-Unis, en s’appuyant sur les multinationales et en utilisant les principales institutions financières internationales. Elle a changé profondément la nature même du capitalisme, devenu essentiellement financier et spéculatif. Et elle est aujourd’hui en crise.        <br />
              <br />
       Une crise qui est d’abord celle de l’empire américain, et qui provoque la récession dans les pays riches. Le magistère américain sur l’économie mondiale est ancien.       <br />
       Il y a en réalité, depuis plusieurs décennies, une véritable stratégie d’exportation de l’inflation américaine, qui est financée par l’épargne mondiale.       <br />
       Le déficit budgétaire américain est abyssal, il n’y a pas d’exemple comparable dans le monde. En 2009, il atteindra les 482 milliards de $ (autour de 306 milliards d’euros) en plus des 141,8 milliards de $ pour financer les guerres d’Irak et d’Afghanistan.       <br />
              <br />
       Je rappelle que le budget militaire des Etats-Unis pour 2008 a été de 645,6 milliards de $ dont 503,8 milliards seulement pour le financement des activités du Pentagone et des programmes d’armement nucléaire.        <br />
       Or la quasi totalité de ces dépenses est financée par l’épargne mondiale, surtout par l’achat de Bons du Trésor américains par les Chinois, les pays du Golfe Persique, le Japon et certains fonds européens.        <br />
              <br />
       Face à cette globalisation libérale, dans sa version agressive comme dans la crise aujourd’hui, la gauche a été incapable de produire un véritable discours alternatif. Et quand il existe, son discours est essentiellement défensif.       <br />
              <br />
              <br />
       On entend souvent à gauche qu’il faut donner un « contenu social » à cette mondialisation. Seulement voilà : par exemple, pour imposer des règles contre la privatisation généralisée des services sociaux au niveau de l’OMC, encore faut-il être capable d’imposer ces règles au niveau de l’Europe et de les faire respecter au niveau de la nation !        <br />
              <br />
       L’O.M.C. voulait, dés 2002, un Accord Général sur le Commerce et les Services (AGCS) dont la finalité était de privatiser tous les services publics. Le Commissaire européen d’alors, Pascal Lamy, en avait défendu le principe au niveau européen. Les transports, la santé et la Poste étaient dans le collimateur. Aujourd’hui, la privatisation de la Poste entre en vigueur ! Et bientôt ce sera le tour des transports ferroviaires !       <br />
              <br />
       Mais que fait la gauche ? Elle se limite de fait à une politique incantatoire, elle dénonce, mais elle ne prévient pas à la source.       <br />
              <br />
       Or, il n’y aura pas de sortie de crise pour la gauche si elle ne propose rien pour combattre cette mondialisation libérale. Et la stratégie alternative doit se déployer sur plusieurs fronts :       <br />
       1)	Des règles encadrant la concurrence à l’OMC, et notamment le principe de clause sociale dans le libre-échangisme concurrentiel. Ce serait une véritable révolution théorique.       <br />
       2)	Un contrôle systématique de la circulation des capitaux       <br />
       3)	Mais aussi : repenser l’architecture monétaire internationale et tout particulièrement le rôle du dollar.       <br />
       L’euro, nous avait-on annoncé pour le justifier, devait concurrencer le dollar. Il est aujourd’hui sévèrement châtié par le dollar.       <br />
       Pourquoi un euro fort ? Notamment parce qu’il profite le plus aux pays dont le commerce extérieur est intrazone européenne, soit l’Allemagne (4/5ème de ses exportations). On comprend pourquoi il ne faut pas toucher à la banque centrale.       <br />
       4)	- Déclarer, dans l’OMC, des zones de souveraineté nationale non marchandes : éducation, santé, et de façon plus large, services sociaux.       <br />
       -  Taxer les délocalisations       <br />
       -  Revoir les rôles du FMI et de la Banque Mondiale, etc.       <br />
              <br />
       Il y a, de part le monde, — en Europe, Amérique Latine, USA, Afrique, Inde, des milliers de proposition, d’idées qui circulent pour lutter contre le libéralisme.       <br />
       La gauche doit analyser ce grand laboratoire mondial, et en tirer des enseignements, des stratégies, des politiques.        <br />
              <br />
       Sur quelles forces s’appuyer ? Normalement, trois forces principales :       <br />
       1)	L’alliance des couches moyennes appauvries par cette mondialisation et des classes populaires       <br />
       2)	L’Etat-nation, qui n’est pas dépassé. (Le budget de l’UE n’est même pas de 1 % du PIB européen)       <br />
       3)	Une réorientation stratégique de l’Europe.       <br />
              <br />
       Dans ces trois espaces, il faut mettre la bataille contre le libéralisme mondialisé aux commandes. Il faut délégitimer les élites financières qui dirigent l’Union européenne ; montrer qu’elles n’ont plus rien à voir avec l’intérêt général ; qu’elles ne sont autonomisées et qu’elles sont devenues des vecteurs du pouvoir de l’argent contre l’intérêt général des citoyens de l’Europe.       <br />
              <br />
       Il faut reconstruire les solidarités sociales en élaborant un projet commun entre classes moyennes, ouvriers, salariés et exclus – autrement dit, construire un sujet politique qui puisse s’opposer au bloc hégémonique des élites financières unies.        <br />
              <br />
       L’Etat-nation est le vecteur stratégique principal dans cette lutte. Il faut d’abord le reconquérir, ce qui n’est pas simple ; il faut ensuite le rendre capable d’agir au plan européen et au plan mondial. C’est possible.       <br />
              <br />
       Un exemple : le rapport, en Europe, à la Banque Centrale Européenne. Aujourd’hui la France, l’Italie, l’Espagne demandent une révision de la politique de l’euro fort. Mais l’Allemagne n’en veut pas. Et les règles existantes favorisent la banque centrale. On est paralysé ? Oui, parce que l’on a accepté des règles paralysantes (le plan de stabilité – Maastricht). Une des premières actions serait de demander la transformation des critères de convergence de Maastricht, la remise en cause du pacte de stabilité, la nationalisation (la vraie) des secteurs de souveraineté, parmi lesquels il faut mettre les services publics.        <br />
              <br />
       Mais on voit bien que cela signifie un accord sur la signification de l’Etat-nation aujourd’hui. Or, la Gauche (sous toutes ses versions), n’a pas de pensée originale sur l’Etat-Nation.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2.	Sur l’Etat-nation </b>       <br />
              <br />
       Sur l’Etat : soit la gauche l’a combattu parce qu’elle le concevait comme l’instrument de la dictature du capital) — version instrumentale ; soit elle s’y est soumise (socialisme réformiste), c’est la  version sociale-démocrate et aujourd’hui libérale.       <br />
              <br />
       Or, c’est un paradoxe réel : la seule forme d’Etat social qu’on ait connue, c’est celle du Welfare State, qui était en réalité nécessaire au développement du capitalisme après guerre. L’Etat le plus social, en France, c’est celui préconisé par le Conseil National de la Résistance (CNR). De Gaulle !       <br />
       Et dont le capitalisme s’est débarrassé dès qu’il n’en a plus eu besoin. Mais la gauche n’a ni inventé un Etat social spécifique, ni fait la critique constructive du Welfare State. Il est venu, il est parti. Point ! D’où la victoire idéologique du libéralisme.       <br />
              <br />
       Mais aujourd’hui, pire encore, la gauche a intériorisé la délégitimation libérale de l’Etat. Elle refuse de revenir à l’« étatisme ». Et c’est la droite mondiale qui parle d’étatisation nécessaire (c’est-à-dire, pour celle-ci, de la socialisation des pertes). Pourquoi cette dérive ? Il y a beaucoup de raisons. Mais une me paraît évidente. La gauche accepte le cosmopolitisme du marché et assimile l’interventionnisme étatique à un nationalisme d’Etat. Elle se méfie de la nation-Etat.        <br />
              <br />
       Cette conception a été théorisée d’ailleurs par Habermas dans Après l’Etat-nation, mais dans une perspective, à mon avis, déconnectée de la réalité vécue des peuples. S’inspirant de l’idéalisme kantien, il propose une conception cosmopolitique post-étatique. Sa thèse centrale ne diffère pas, sur le fond, de celle des idéologues libéraux : elle affirme que la mondialisation actuelle manifeste un procès d’intégration économique mondial, et que l’Etat nation constitue un obstacle à ce procès.        <br />
       C’est là un postulat a priori qui mérite au moins discussion !       <br />
              <br />
       Pourquoi la mondialisation ne serait-elle pas tout autant et peut-être avant tout un processus de désintégration de l’économie mondiale sous l’effet d’un capitalisme financier que plus personne ne contrôle ?        <br />
       Pourquoi l’intégration économique mondiale serait nécessairement au bout de ce processus, et pas la destruction, la fragmentation mondiale, et de nouvelles guerres ?       <br />
              <br />
       En réalité, la faiblesse de la gauche à penser l’Etat à l’époque de la mondialisation  est elle-même liée à l’incapacité de penser la nation, dans ce que celle-ci signifie comme médiation politique et sociale. Car l’Etat n’est rien sans la nation qui lui donne sens.        <br />
              <br />
       La droite entend que le rôle stratégique de  l’Etat nation est dépassé à l’époque de la mondialisation libérale, la nation elle-même n’étant plus ou moins qu’une forme identitaire, culturelle, qui doit trouver sa place dans un monde pluriel.       <br />
       Il est vrai que l’Etat-nation ne constitue plus le seul cadre des grandes décisions économiques, mais cela signifie-t-il que la fonction régulatrice de l’Etat a disparu ?       <br />
       Et, surtout, cela signifie-t-il que la souveraineté nationale, c’est-à-dire l’intérêt général, soit devenue obsolète ?        <br />
       Peut-on comprendre la politique européenne si l’on met entre parenthèses les intérêts nationaux de nos voisins allemands, anglais, italiens, etc..?       <br />
              <br />
       En fait, la question de l’Etat-nation est centrale. C’est l’Etat qui lui donne une cohérence dans l’existence au monde, sous forme de nation.        <br />
       Non la nation entendue comme organe biologique, comme race ou ethnie, mais la nation dépassant, par son symbolisme et le lien qu’elle instaure entre les citoyens, les appartenances particularistes, que ce soit à une tribu, un clan, une religion, une spécificité culturelle ou linguistique, pour déboucher sur une union politique, une citoyenneté partagée, en France un même pacte laïque, une égalité politique et des obligations civiles qui fondent et rendent possible cette égalité.        <br />
       Une nation citoyenne. Et une nation métisse, fondée sur le brassage de différences et non sur l’apologie des particularismes. Une République citoyenne.       <br />
              <br />
       La gauche, si elle reprend à son compte la plupart de ces valeurs, se refuse à les corréler clairement, fortement, à l’identité nationale républicaine. En fait, la nation républicaine, c’est l’impensé de la gauche, et c’est le boomerang qui ne cesse et ne cessera de lui revenir au visage. Mais l’enjeu est plus important encore : c’est celui de la démocratie.       <br />
              <br />
       Dans la mondialisation comme dans la construction européenne, l’espace national est le seul cadre dans lequel la démocratie peut fonctionner de manière plus ou moins transparente et sous un contrôle plus ou moins effectif des citoyens. On n’a pas besoin d’être spécialiste de sciences politiques pour comprendre que si l’Europe actuelle a dérivé vers la technocratie autoritaire et opaque, c’est précisément parce qu’il n’y a pas de cadre démocratique européen et que le Parlement européen est loin, très loin, de jouer ce rôle.        <br />
              <br />
       C’est pourquoi, si l’on veut construire l’Europe, il est crucial, impératif de clarifier les rapports entre les Etats nations et l’Europe. Or, la gauche, là aussi, a des difficultés à comprendre la relation entre démocratie et Nation. Elle vit en général sous le poids de l’opprobre qui est portée contre les nations en raison des terrifiantes dérives nationalistes du XXe siècle. Il nous faut donc un vrai débat, à gauche, sur la nation et l’Etat.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3.	Enfin, sur l’Europe et sa nécessaire réorientation.</b>       <br />
              <br />
       La droite soutient que sa construction comme entité économique et politique dépasse la question de la différence droite-gauche. A gauche, beaucoup partagent ce point de vue.       <br />
              <br />
       De là le pacte passé entre la droite et la gauche depuis le début des années 80 pour mettre en place une Europe économiquement libérale et politiquement impuissante (c’est-à-dire en fait soumise aux Etats-Unis, comme le prévoyaient le Général de Gaulle et Mendès-France).       <br />
              <br />
       Je crois que s’il y a un domaine où la faiblesse théorique et politique de la gauche est patente, c’est bien celui de la construction européenne. Je crois aussi que l’accord des sociaux-libéraux et de la droite sur l’Europe libérale a détruit tout le potentiel émancipateur critique de la gauche européenne.       <br />
              <br />
       La gauche n’a pas de théorie alternative de l’Europe.       <br />
              <br />
       Il nous faut une autre vision de l’Europe. Une vision politique et stratégique.       <br />
       -	On doit trouver la forme politique adéquate pour unir les nations européennes ;       <br />
       -	On doit autonomiser l’Europe par rapport à ceux qui veulent la soumettre, surtout à l’Amérique (Balladur/Sarkozy). L’Europe doit devenir adulte, exister par elle-même. D’où un nécessaire débat avec nos partenaires européens.       <br />
       -	On doit avoir le courage de dire que l’Europe ne doit pas être l’ennemi de la Russie ; qu’elle doit aider ce pays à aller vers plus de démocratie ; qu’elle a des intérêts communs avec la Russie en matière énergétique et stratégique pour un monde multipolaire.       <br />
       -	On doit réorienter l’Europe vers des solidarités régionales et travailler avec les continents émergents : Chine, Inde, Brésil, Mexique, etc.       <br />
       -	On doit faire de l’Europe un acteur stratégique majeur en Méditerranée et faire du monde arabo-musulman un allié. Tout comme Israël et les palestiniens.       <br />
       -	Enfin, plus que tout, les peuples européens doivent réapprendre à s’occuper d’eux-mêmes : politique d’emploi et de croissance ; contrôle Banque Centrale Européenne ; politique environnementale non obscurantiste, etc., voilà les chantiers sur lesquels l’Europe est jugée et sera jugée.        <br />
              <br />
       La situation semble désespérée ? Mais Hölderlin ne disait-il pas : «  là où il y a le plus grand désespoir, germent aussi les semences du plus grand espoir » ?
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     <br style="clear:both;"/>
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