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 <title>MRC - Mouvement Républicain et Citoyen</title>
 <subtitle><![CDATA[Site officiel du MRC. Découvrez les élus, le programme, les positions, l'organisation et l'équipe du Mouvement Républicain et Citoyen. Articles, communiqués, adhésions.]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-08T13:47:28+02:00</updated>
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   <title>"Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes"</title>
   <updated>2013-02-24T15:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Pour-sortir-la-France-de-l-impasse-il-nous-faut-armer-les-consciences-elever-le-niveau-du-debat-faire-bouger-les_a279.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2011-10-07T17:04:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
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    <![CDATA[
Discours de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, lors de l'université d'été de Carros, 4 septembre 2011.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3334517-4785480.jpg?v=1318000577" alt=""Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes"" title=""Pour sortir la France de l’impasse, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes"" />
     </div>
     <div>
      Chers camarades, chers amis, Merci d’être venus nombreux à Carros. Je voudrais d’abord remercier l’organisateur de ces universités d’été, Ladislas Polski et derrière lui Yvon Grinda et l’ensemble des militants des Alpes Maritimes, pour leur accueil particulièrement chaleureux et sympathique. Merci aussi à Bastien Faudot pour l’organisation de cette université d’été et à tous les intervenants particulièrement brillants. Je remercie notamment, pour leur intervention de ce matin, Stéphane Rozès, Philippe Guibert, Jean-Yves Autexier et bien entendu Marie-Françoise Bechtel notre première vice-présidente. Je salue notre président, Jean-Luc Laurent, nos vice-présidents, la première vice-présidente mais aussi notre autre vice-président Christian Hutin, député du Nord. Je veux remercier enfin les délégations des partis de gauche d’être présentes, particulièrement le parti socialiste, le parti communiste français, le parti de gauche et puis tous les élus et tous les militants du MRC avec une mention pour l’équipe jeunes autour d’Adeline Crépin qui a animé un stage de formation un peu avant l’université d’été.       <br />
              <br />
       Chers camarades, je voudrais développer deux points :       <br />
              <br />
       L’impasse d’abord dans laquelle se trouve la France, une tragique impasse dont, je crois, l’opinion n’a pas encore pris totalement conscience malgré ce que nous a dit Philippe Guibert. « Un avenir friable à court terme pour chacun » ce n’est pas tout à fait la même chose que l’impasse historique au fond de laquelle nous nous trouvons désormais mais ça y ressemble.  Ce sera mon premier point.       <br />
              <br />
       Et mon deuxième point, naturellement, c’est que nous devons sortir la France de l’impasse et nous allons offrir un projet au peuple français.  Nous allons faire surgir un recours. Ce sera difficile mais il y a un chemin.       <br />
              <br />
       D’abord la France se trouve dans une tragique impasse.       <br />
              <br />
       Qui a pris le pouvoir ? Ce sont ces masses de capitaux qui, désormais libres à l’échelle du monde, sans aucune réglementation, comme si le monde était une cuvette, peuvent se déplacer d’un bout à l’autre de la planète avec la vitesse de la lumière, avec des mouvements d’amplification qui démentent tout ce qu’on a  pu dire sur l’efficience des marchés. Vous vous souvenez de l’école de Chicago, Milton Friedman : on a dérégulé, on a déréglementé, on a supprimé tout ce qui permettait de mettre un peu de viscosité et on a prêté. D’immenses pyramides de dettes se sont édifiées, des sommes colossales de capitaux sont en circulation assoiffés de rentabilité et avides « d’effets de levier », mais des capitaux qui ne reposent que sur une confiance qui, aujourd’hui, s’étiole. Le montant des CDS - c’est un produit dérivé, plus exactement un produit d’assurance - représente quelque chose comme dix fois le PNB mondial. Il y a une totale déconnexion qui s’est opérée entre la sphère financière et l’économie réelle. Ces masses de capitaux qui ont pris le pouvoir, car une décision d’implantation a pour contrepartie une décision de fermeture, ces masses de capitaux assoiffés d’une rentabilité à 15 %, quelquefois même davantage, détruisent l’entreprise où les actionnaires ont pris le pas sur les salariés. Qui possède aujourd’hui Novartis demandais-je à un haut fonctionnaire? Qui détient son capital ? Réponse : On ne sait pas … Ce ne sont pas des Suisses … des anglo-Américains oui, au conseil d’administration. Mais on ne sait pas très bien quels fonds de placement ils représentent vraiment. C’est un univers mouvant.       <br />
              <br />
       Comment en est-on arrivé là ?       <br />
              <br />
       Tout cela s’est fait en quatre temps : Dans le monde anglo-saxon : Thatcher-Reagan ; en Europe continentale : l’Acte Unique dont on ne dira jamais assez que c’est l’acte de dérégulation duquel ont procédé trois cents directives dont la plus connue est la libération des mouvements de capitaux, non seulement en Europe mais également vis-à-vis des pays tiers sans exception, y compris les paradis fiscaux, a ouvert la voie au capitalisme financier dont on voit aujourd’hui le naufrage. Puis vint la fin de l’URSS ; le ralliement de la Chine à l’économie de marché, puis son entrée à l’OMC, en 2001, sans que les problèmes de fond soient posés. La Chine c’est le modèle des petits dragons  mais à l’échelle d’un pays de 1400 millions d’habitants avec un modèle de croissance  qui est fondé essentiellement sur l’exportation et sur l’accueil d’entreprises délocalisées.       <br />
              <br />
       Nous sommes en présence, à travers le capitalisme financier globalisé, d’un nouveau Frankenstein, le monstre qui se retourne contre ses créateurs et qui s’attaque aujourd’hui aux Etats. Les Etats sont venus au secours des banques au moment de la crise des liquidités en 2008. Ils sont venus également à la rescousse quand nous étions confrontés à la récession de 2009. Mais aujourd’hui les marchés financiers dans lesquels il y a quand même les banques et leurs salles de marché, se retournent contre les Etats.       <br />
              <br />
       Il y a un conflit politique entre deux légitimités, la légitimité du capital et la légitimité démocratique qui s’exprime à travers les nations et les Etats quand ils sont évidemment des Etats démocratiques, quand ils sont des Etats républicains. Et aujourd’hui, les marchés entendent faire sentir aux Etats qu’ils ne peuvent pas faire n’importe quoi, et qu’en particulier ils ne pourraient pas re-réglementer, c’est l’enjeu des G20 et des réunions internationales. Il y a un rapport de forces, mais tout cela va nous conduire évidemment à l’abîme et nous laisse prévoir d’immenses secousses, à très bref délai. Déjà au début de l’été, quand nous nous sommes quittés, début juillet, je vous ai dit « l’été sera chaud », et il l’a été. Eh bien l’automne aussi, même si nous ne sommes pas encore tout à fait en automne. Il est évident que la crise de la monnaie unique n’est qu’un avatar de la crise du capitalisme financier. La spéculation se jette sur les Etats, sur les Etats les plus endettés. Elle fait apparaître ce qu’était le vice constitutif de la monnaie unique que nous avions dénoncé dès 1992. On a mis ensemble des nations qui n’ont pas les mêmes structures industrielles, qui ne sont pas au même niveau, qui n’ont pas les mêmes cultures, les mêmes langues, qui n’ont pas les mêmes repères, qui n’ont pas les mêmes politiques. Et cette monnaie unique n’a évidemment pas fait converger les économies. Tout au contraire, elle les a fait diverger. Elle a creusé les écarts. Elle a renforcé les forts - l’Allemagne et quelques pays nordiques - et elle a affaibli les faibles. Et naturellement, c’est dans cet écart que s’engouffre la spéculation. Je ne crois pas du tout à la théorie de Mme Parisot selon laquelle la crise de la monnaie unique serait un complot anglo-saxon. C’est une vision étonnement myope ! La crise de la monnaie unique résulte de son essence même, et de l’erreur de conception qui est derrière elle. Mais à vrai dire, et vous le savez bien, la monnaie unique était une monnaie politique. Derrière la monnaie unique il y avait le dessein qui fut jadis celui de Jean Monnet, repris par d’autres, de créer une Europe fédérale, de créer les Etats-Unis d’Europe. Et voilà, nous y sommes.       <br />
              <br />
       Nous devons regarder comment les choses se passent : Les écarts de taux se sont creusés. L’Allemagne paye pour emprunter un peu moins de 3 %. La France un peu plus. L’Italie aujourd’hui 5 % mais c’était 6 % il y a trois semaines – 5 % avec l’intervention de la Banque Centrale -, l’Espagne était tout près de 6,5 %, le Portugal 9 %, l’Irlande 9 %, la Grèce ça se ballade entre 14 et 16 %. Comme dit Alain Cotta « A ce taux là on n’emprunte plus », donc c’est le fonds européen de stabilité financière, c‘est-à-dire nous, ou les contribuables si vous préférez, qui viennent évidemment au secours des finances grecques. Donc des écarts de taux insoutenables. Parce qu’il faut que vous compreniez bien ce que sont les masses de dettes : pour la Grèce 350 milliards ; pour l’Espagne - l’Etat seulement 700 milliards mais il faudrait prendre les « généralités », et je mets de côté les ménages et les banques, très endettés. L’Espagne est un pays très endetté et c’est un maillon faible. Donc, l’Espagne, si je prends seulement l’Etat espagnol, 700 milliards, l’Italie tout près de 2000 milliards, 1990 milliards ; la France 1650 milliards ; l’Allemagne 2000 milliards, mais évidemment l’Allemagne emprunte à très bas taux, à bon marché et elle n’a pas de problème. Mais si on prend le total des dettes des pays sous tension, ça représente 3 450 milliards. La dette des pays de la zone euro est égale à 85 % du PIB. Vous me direz, c’est moins que les Etats-Unis qui sont à 100% ; c’est moins que le Japon qui est à 200 %, sauf qu’à l’intérieur de la zone euro il y a évidemment des situations très différentes, très contrastées et les enchères de dettes sont considérables : par exemple l’Agence France Trésor, qui opère pour le compte de l’Etat français, lève chaque année 180 milliards d’euros sur les marchés financiers, donc le service de la dette, au taux actuel, c’est à peu près 50 milliards. Si le taux doublait, ce serait 100 milliards. Aujourd’hui c’est le deuxième poste de dépense de l’Etat, après l’Education Nationale - 60 milliards - mais il est évident que c’est un aspect dont on ne peut pas complètement se désintéresser.       <br />
              <br />
       Les réponses qui ont été apportées sont des rustines. Le fonds européen de stabilité financière – on a dit 440 milliards – puis avec le FMI 750 milliards, si le FMI veut bien, mais les 440 milliards avec les pays très endettés qui empruntent à plus de 5 % çà n’est pas possible. Donc seuls les pays notés « triple A » peuvent concourir. Les fonds mobilisables dans le fonds européen de stabilité sont évalués à un peu moins de 250 milliards. Avec une surgarantie prévue dans l’accord du 21 juillet, on peut aller jusqu’à 400 milliards à peu près, l’Allemagne mettant je crois 220 milliards et la France 159 milliards. Le gouvernement a d’ailleurs trébuché quand on lui a demandé combien cette opération allait coûter et de combien le montant de notre dette, qui est de 1650 milliards, en sera renchéri. M. Baroin a annoncé que cela coûterait 15 milliards. Comment est-ce qu’on a calculé ces 15 milliards ? En fait nous garantissons pour 159 milliards. Comment ça se répercuterait à 15 milliards ? Je ne sais pas, je suis incapable de l’expliquer. Il faudra demander des explications à M. Baroin. Et comme le feu était à la maison, la Banque centrale a décidé d’intervenir en rachetant des obligations italiennes et espagnoles.       <br />
              <br />
       J’ai écrit à M. Sarkozy pour lui suggérer d’appuyer publiquement la décision du conseil des gouverneurs qui a été prise à une écrasante majorité mais sans l’Allemagne, sans les Pays Bas, sans la Finlande, sans le Luxembourg peut-être Le Président m’a répondu : « c’est ce que nous allons commencer de faire mais je ne peux pas prendre une position publique parce que cela gênerait Mme Merkel ». Il est vrai que le Président de la République fédérale allemand, M. Wulff, a déclaré que cette intervention de la Banque centrale était très discutable et contraire au traité. On l’avait déjà fait en 2010 pour les Grecs, les Portugais et les Irlandais ; on le fait maintenant pour les Espagnols et les Italiens mais en très petite quantité. Ces 50 milliards se sont ajoutés aux 60 milliards, total 110 milliards d’après mes dernières informations.       <br />
              <br />
       Il faudrait évidemment travailler à une tout autre échelle et je rappelle que la Banque centrale américaine, le Federal Reserve Board, a acheté 1640 milliards de dollars de bons du trésor américain, donc on peut dire que la proportion est de un à dix ou douze, ce qui n’est quand même pas tout à fait la même chose. On nous ballade avec les eurobonds, les émissions qui mutualiseraient la dette, mais mutualiser 10000 milliards de dettes, vous voyez ce que ça signifie. Il y a des pays qui empruntent pas cher et d’autres pays qui empruntent très cher. C’est un très bel acte sacrificiel de mettre tout le monde à contribution mais ça représente des sommes absolument colossales. Ce seraient des émissions pharamineuses et ceux qui nous parlent de cela et qui se disent fédéralistes ne se sont pas avisés que la solidarité nationale est quelque chose de beaucoup plus fort que la solidarité européenne. Moi je suis pour une certaine solidarité en maints domaines entre les pays européens et vous aussi, c’est clair. Mais, dans la réalité, le budget européen c’est 1 % du PIB, les transferts publics c’est 40 %, ce qui veut dire qu’en réalité la solidarité européenne c’est 2,5 % de la solidarité globale et la solidarité nationale c’est 97,5 %. C’est clair, c’est mathématique : 1 % de 40 % si on rapporte à 100, ça faut 2,5 %, donc c’est très faible. Comment peut-on augmenter la solidarité européenne ? On peut imaginer d’affecter le produit de la taxe sur les mouvements financiers, quand elle sera créée, sans la Grande Bretagne et on peut imaginer, quand elle existera, d’affecter la taxe carbone mais ça représentera peu de chose. Mais tout ceci n’est pas vraiment à la hauteur du problème. Alors, on nous dit maintenant « il faut faire le grand saut fédéral », mais ce grand saut fédéral est totalement irréaliste pour la raison que je viens de vous dire.       <br />
              <br />
       M. Minc, visiteur nocturne de M. Sarkozy, a déclaré dans le Monde du 6 août : « Si l’Europe  pète tout le monde meurt. On va ressortir de la crise un pas en avant. Avec la crise italienne, Merkel va accepter une intégration qu’elle n’a pas acceptée en juillet ». Et le lendemain, dans le JDD « Si l’Italie saute, l’Allemagne saute, l’Europe aussi et le monde enfin. Donc l’Italie ne sautera pas. Nous allons à marche forcée vers une gouvernance économique commune, une mutualisation des dettes pour financer le fonds européen de stabilité et des règles budgétaires strictes. »       <br />
              <br />
       Jacques Attali, le 11 août, au lendemain de la rencontre Merkel-Sarkozy,  « J’enrage de voir que la solution qui s’impose en Europe, plus de fédéralisme budgétaire, n’ait pas été décidée. Le risque n’est pas de voir la Grèce sortir de l’euro par le bas mais l’Allemagne de sortir par le haut. J’enrage ».       <br />
              <br />
       Alors Hubert Védrine a déjà répondu, mais je réponds après lui : Faire d’un ministre des finances européen l’arbitre des décisions budgétaires, c’est rompre définitivement le fil ténu qui existe encore entre l’Europe et la démocratie. Et en fait c’est bien ce vers quoi nous orientent ceux qui se disent fédéralistes parce qu’ils n’ont pas réfléchi.       <br />
              <br />
       Comment non seulement mutualiser les dettes mais répartir autrement les compétences ? Les soi-disant fédéralistes sont des gens qui n’ont pas réfléchi à ce dont ils parlent. Les deux variantes de fédéralisme sont irréalistes : la variante utopique, l’union de transferts financiers – l’Allemagne a bien voulu payer, d’ailleurs très cher, pour les Länder de l’Est mais elle ne veut pas payer pour le Péloponnèse, la Calabre, l’Algarve le Connemara, l’Estrémadure, etc. C’est clair. D’ailleurs Jean-Yves Autexier vous lisait un article de Handelsblatt qui était tout à fait significatif. Et la France, la France continentale, elle accepte de payer pour la Corse, pour les Dom Tom, mais si on lui demande en plus de payer pour la Sardaigne et pour d’autres, je ne suis pas sûr qu’elle acceptera. Les Français ont beaucoup de problèmes et ils n’ont pas envie d’ajouter encore à leur dette - 1650 milliards – la dette de tous les autres. Donc l’impasse est totale. L’Allemagne a évidemment les cartes en main puisque c’est elle qui tient le tiroir-caisse. Elle ne veut ni d’une nouvelle augmentation du fonds européen de stabilité ni des eurobonds. Elle veut imposer une autre conception du fédéralisme, une conception coercitive. Un fédéralisme punitif avec des dépôts portant intérêt pour les pays déjà très endettés et puis des amendes si les pays endettés ne se tiennent pas dans les clous. Et là dessus on nous parle d’une règle d’or … Ah, la belle astuce de communication. Moi je parle de règle d’airain, pas de règle d’or.       <br />
              <br />
       La règle d’or consiste à confier l’élaboration du budget – qui était laissée jusqu’à nouvel ordre au Parlement - à la Commission européenne, à la Banque centrale européenne en cheville avec les technocrates de Bercy. Il y a déjà des lois de stabilité, des lois-programmes de stabilité sur trois ans qu’on vote au mois de juin et puis ensuite le parlement vote le budget au mois de décembre. Mais son budget il est déjà préconstruit, c’est-à-dire qu’on vide la nation de sa substance démocratique, on en fait une simple circonscription d’action régionale pour les oligarques de Bruxelles qui sont en réalité les oligarques de la finance.       <br />
              <br />
       Nous sommes dans ce grand conflit politique entre les peuples et les oligarchies. Le schéma de révision du traité de Lisbonne n’a aucune chance d’aboutir. C’est une ficelle électorale pour M. Sarkozy qui a réussi à européaniser le piège qu’il tend aux socialistes, qui est le piège de la rigueur. J’écoute ce que disent les candidats - François Hollande, lui, il est prêt à faire 3 % de déficit budgétaire dès 2013. Mme Aubry, elle, elle est prête à affecter la moitié des économies qu’elle fera ou des recettes qu’elle prévaudra pour la résorption de la dette. Bref ils sont dans la même logique : il faut réduire les dépenses pour réduire la dette. Ils sont prisonniers de la dette. Et M. Sarkozy, qui se présentait comme un Keynésien dans les premières années de son septennat et qui avait d’ailleurs beaucoup de déficit – le plan de secours aux banques, le plan de relance, le grand emprunt, etc. – maintenant est devenu l’apôtre de la rigueur - plus vertueux que moi tu meurs ! Mais c’est une astuce de campagne et elle ne résistera pas à la réalité parce que bien évidemment dans les dix-sept pays de la zone euro nous n’aurons pas l’unanimité des pays sur ces modifications qui conduisent à une récession généralisée qui est déjà à l’horizon : en Grèce – 5 % et l’année prochaine - 5 % (l’année dernière – 4,5 %), c’est-à-dire une situation absolument dramatique ; l’Italie avec une dette qui fait 120 % du PIB, une croissance à 0,8 % dans la meilleure des hypothèses. Tout cela est intenable économiquement et intenable politiquement parce que les peuples refusent la mise sous contrôle des parlements et de la démocratie.       <br />
              <br />
       Il n’y a pas que « los indignados », il y en a d’autres évidemment qui se lèveront. Alors cette crise, c’est la crise d’une certaine conception de l’Europe que malheureusement la France a portée depuis 1950. C’est l’Europe de Jean Monnet. C’est l’Europe sans les nations, voire contre elles. C’est l’Europe à partir du marché tenant les souverainetés nationales en lisière puisque le pouvoir de proposition ne dépend que d’une haute autorité ou d’une Commission européenne. Les Etats qui procèdent de la volonté des peuples n’ont de fait pas la possibilité d’intervenir, il faut que ce soit une initiative de la Commission. Ce projet, qui s’est développé avec une remarquable continuité et dont le but était de faire les Etats-Unis d’Europe, butte aujourd’hui sur cette incohérence majeure. Si on veut faire l’Europe il ne faut pas faire comme si les nations n’existaient pas. Les nations viennent de loin, elles s’enracinent dans les siècles et même les millénaires et on doit tenir compte de cette réalité si on veut construire une Europe démocratique, et pas contre les peuples. Cette façon de faire aboutit à une impasse.       <br />
              <br />
       Il y en avait une autre qui nous avait été proposée par le général de Gaulle, c’était une Europe des nations, une Europe européenne existant par elle-même de manière indépendante, une Europe qui se faisait à l’époque contre les blocs dominés par l’URSS et les Etats-Unis. Cela n’existe plus mais aujourd’hui il y a toujours les Etats-Unis bien sûr, puis il y a la Chine. Il y aurait la nécessité de construire quelque chose et moi je crois à l’actualité de cette conception, naturellement revisitée. Dans la construction européenne, telle qu’elle a évolué, deux faits nouveaux se sont produits : la réunification de l’Allemagne en 1990 et l’élargissement à l’Est de l’Europe, nous sommes vingt-sept et non plus six. Tout cela est la conséquence de la chute de l’Union soviétique et vous connaissez ce que j’appelle le « deal » de Maastricht, c’est-à-dire l’Allemagne acceptant une monnaie unique dont elle a fixé les règles, et acceptant un calendrier que François Mitterrand échange en contrepartie de son acquiescement à la réunification. C’est ce que j’ai appelé le pari pascalien de François Mitterrand sur l’au-delà des nations par analogie avec le pari de Pascal sur l’au-delà – il faut vous convaincre que la vie terrestre est vraiment une misère mais que la vie éternelle, il n’y a pas de commune mesure, ça se démontre mathématiquement. C’est un mathématicien qui vous parle – je veux dire Pascal - donc choisissez de croire et si vous ne croyez pas, faites les gestes de la foi. Eh bien le raisonnement de François Mitterrand a été un peu le même : pari pascalien sur l’au-delà des nations, une Europe, les Etats-Unis d’Europe et si vous ne croyez pas eh bien le drapeau bleu, avec ses douze étoiles d’or, le drapeau de Marie et puis la neuvième symphonie, et puis le parlement européen, et beaucoup de choses comme ça, et puis à la fin tout ça marchera … sauf que ça ne marche pas …       <br />
              <br />
       Alors nous sommes dans une situation difficile puisque c’est l’Allemagne qui a aujourd’hui toutes les cartes en mains : je rappelle que son excédent commercial était de 200 milliards en 2007, qu’il sera un peu inférieur cette année compte tenu de la conjoncture mondiale, mais qu’il en est quand même proche alors que le déficit de la France va dépasser 70 milliards d’euros. Moi je me souviens  du déficit français sur l’Allemagne, c’était 28 milliards de francs en 1982 et aujourd’hui c’est 28 milliards d’euros. Vous voyez ça fait une multiplication par 6,5. Alors l’Allemagne, elle, elle a choisi l’industrie, les PMI à haute densité technologique, les excédents commerciaux, la recherche, la formation professionnelle, une exploitation méthodique des opportunités géographiques dans ce qu’on appelle la Mitteleuropa, avec les pays voisins comme par exemple la Tchéquie - donc fabrication des composants à bas coût mais assemblage en Allemagne, ce qui fait qu’elle conserve les marges qui vont avec…       <br />
              <br />
       Est-ce que le projet allemand a un sens ? On dit démographie vieillissante, donc choix des excédents pour préparer l’avenir. Mais est-ce que c’est vraiment un avenir  que de vieillir ? J’en doute. Alors au-delà il y a le partenariat avec la Russie qui redonne à l’Allemagne cette profondeur continentale  qu’elle a toujours recherchée par des moyens divers mais est-ce que l’Allemagne est de taille, et puis est-ce que par rapport à la montée des pays émergents - la Chine, l’Inde, le Brésil - l’Allemagne sera la petite Chine que nous connaissons aujourd’hui ? Est-ce que c’est bien vu ? Surtout, l’Allemagne peut-elle se passer de la zone euro qui est devenue son marché intérieur et dont le ralentissement va frapper par une sorte de coup de boomerang son économie elle-même ?       <br />
              <br />
       Y a-t-il une cohérence dans la politique allemande ? Pas de défense, une politique extérieure qui présuppose un accord entre les Etats-Unis et la Russie, alors ça marche avec Obama mais ça ne marchera peut-être pas toujours … Beaucoup d’impasses, donc nous ne sommes pas aussi désarmés que cela et je pense que la France devrait réfléchir d’une manière beaucoup plus stratégique que ne le fait M. Sarkozy. Aujourd’hui elle n’a pas de projet. Alain Cotta nous la décrivait hier comme en 1939, attendant le coup fatal et se réfugiant dans l’insouciance.       <br />
              <br />
       Que nous offre Nicolas Sarkozy ? Il nous dit « moi mon horizon c’est « le triple A », je veux garder « le triple A », tout ce que j’ai fait - la réforme des retraites, le remplacement d’un fonctionnaire sur deux, le gel des dotations aux collectivités locales, la règle d’airain, enfin la règle d’or parce qu’on parle en terme de communication (s’il voulait parler franc il dirait la règle d’airain) - tout ça  c’était pour garder le « triple A ».       <br />
              <br />
       Mais Monsieur le Prédisent, le « triple A » n’est pas un projet républicain. Comment le peuple français pourrait-il se reconnaître dans cet horizon du « triple A », mourir pour le « triple A ». Comment mieux dire que la souveraineté populaire a été remplacée par la souveraineté de Standard and Poor’s … Nous sommes vraiment à la botte des marchés financiers. C’est le contraire de ce que je vous ai toujours dit, notamment en 2002 « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité, ce sont les peuples et les nations qui sont les acteurs de l’Histoire ». M. Sarkozy nous entraine dans cette direction avec tous les arrière-plans électoralistes que j’évoquais tout à l’heure. Mais M. Devedjian, qui a pour ça peut-être quelques raisons propres aux Hauts de Seine de s’exprimer ainsi, déclare « la situation exige un grand projet de société ». Il met le doigt là où ça fait mal, car le « triple A » n’est certainement pas un grand projet de société.       <br />
              <br />
       L’habileté de Nicolas Sarkozy, je veux parler de l’habileté électorale, c’est d’avoir suivi l’impulsion donnée par Mme Merkel, parce que M. Sarkozy suit Mme Merkel, puis M. Zapatero, lui, vous voyez bien, il vote la règle d’or et M. Papandréou, il est à quia, donc faites comme eux. Voilà l’incitation et si vous ne voulez pas faire comme eux, vous êtes des démagogues, donc vous dévissez, comme s’il n’était pas possible d’apporter une autre réponse. Alors, je vous le disais tout à l’heure, jusqu’à présent François Hollande et Martine Aubry sont restés prisonniers de cette logique sarkozienne. Quant au programme socialiste, qui représente entre 100 et 125 milliards de dépenses, selon les estimations, celle du parti socialiste étant la plus basse, il n’est pas réalisable dans le cadre actuel si l’on n’a pas parlé de l’euro. Alors j’ai beaucoup écouté ce qui s’est dit à La Rochelle, je n’étais pas là-bas moi-même mais j’ai écouté ce qui s’y disait, et d’abord j’ai vu qu’il ne s’était rien passé. Je me suis dit, c’est très bien pour le parti socialiste parce qu’ils auraient pu se faire mal … Mais je n’ai pas entendu parler de la crise de l’euro, ça n’existe pas … J’ai entendu des odes à la croissance, prononcées par François Hollande dans un lieu qui s’appelle l’oratoire, c’était un lieu prédestiné.       <br />
              <br />
       Alors moi je vais vous dire maintenant comment on peut changer de logique parce qu’il faut changer de logique. Il faut sortir de l’impasse où se trouve aujourd’hui la France. Il faut lui rendre confiance. Il faut remettre le peuple français debout, je dis bien le peuple français comme peuple de citoyens. Il faut lui expliquer d’abord que pour résorber la dette - parce que naturellement nous sommes désireux de payer les dettes de la France - il ne faut pas entrer en récession parce que ce serait le plus sûr moyen d’accroître la dette. Pour résorber la dette il faut imaginer un nouveau trend de croissance, une nouvelle prospérité. C’est la seule manière de sortir du piège.       <br />
              <br />
       Comment redevenir maître de notre destin ? La crise actuelle, vous le sentez bien, dépasse ces aspects purement financiers dont je vous ai parlé parce que c’est notre quotidien, mais c’est un remodelage général de la mappemonde : d’une part la montée des pays émergents, et d’abord des pays de l’Asie – la Chine, l’Inde, le Brésil, d’autres encore – le lent déclin des Etats-Unis irrémédiable – il peut être ralenti mais il ne peut pas être empêché, et puis d’autre part, entre les deux, il y a la crise de l’Europe. Il faut rebâtir l’Europe sur de nouvelles bases. L’Europe est à refaire. Entre les Etats-Unis et la Chine, nous devons faire surgir un acteur global pour desserrer les tenailles de ce qu’on a appelé le G2. Il faut revenir à l’Europe européenne, selon le général de Gaulle : une Europe fondée sur la démocratie, c’est-à-dire les nations, une Europe forcément à géométrie variable parce que cet espace qui comprend non seulement l’Europe à vingt-sept mais qui va jusqu’à la Russie, qui doit s’étendre à l’euro-méditerranée, à l’Afrique, cet espace est évidemment très divers, très hétérogène, donc on ne peut pas procéder par une espèce d’unification qui serait artificielle. Il faut concevoir dans les différents domaines des politiques spécifiques, à géométrie variable, avec qui le veut, ou le peut.       <br />
              <br />
       Vous sentez que ce monde est en pleine effervescence. Des révolutions démocratiques, arabes monte une exigence qui ne pourra être satisfaite qu’appuyée sur l’idée républicaine. Je ne veux pas en dire plus, pour le moment, parce que nous sommes simplement au début de cette affaire. Je pense que s’agissant de la Libye il serait temps que l’ONU prenne ses responsabilités et écarte l’intervention de l’OTAN. Je pense qu’il faut donner aux Libyens la possibilité  de se réconcilier et de s’entendre. En Libye les difficultés commencent. Je crois qu’il ne convient pas aujourd’hui de sombrer dans une espèce de triomphalisme qui serait prématuré. Il faut donner au peuple libyen les moyens d’exister démocratiquement. Donc un projet qui soit à l’échelle mondiale, le projet d’une Europe européenne entre la Chine et la Russie mais aussi une véritable inversion de la logique néolibérale. Il faudra re-réglementer, mettre de la viscosité dans cet univers qui est aujourd’hui dominé exclusivement par la finance. J’approuve l’idée d’une taxe sur les mouvements financiers. Beaucoup d’autres choses seraient nécessaires, y compris d’ailleurs des mesures de contrôle des mouvements de capitaux ou de taxation mais naturellement cela demande des initiatives, si possible coordonnées. Si ce n’est pas possible, eh bien il faudra savoir avancer à notre rythme.       <br />
              <br />
       La question principale posée aujourd’hui est celle de l’avenir de la zone euro. La zone euro est au cœur de cette grande Europe dont je vous parlais. C’est 300 millions d’habitants.  C’est la partie la plus riche de l’Europe. C’est là que sont concentrés les populations, les villes, les grands flux d’échange. Est-ce qu’il est possible  de sauver l’euro ? Est-ce qu’on peut permettre à la monnaie unique de se stabiliser ? J’ai développé ce scénario qu’au fond je préfère parce que je sais très bien qu’à partir du moment où on va détricoter la zone euro beaucoup de problèmes vont se poser : d’abord l’ampleur des dévaluations, le défaut sur les dettes, bref tout cela pourrait déboucher, si ce n’était pas maîtrisé, sur une sorte de spirale à la baisse. Mais le scénario A peut être défendu à travers ce que j’appelle « la monétisation de la dette ». La Banque centrale a commencé. Comme je l’ai écrit au président Sarkozy, il faut convaincre les Allemands pour que la BCE ressemble de plus en plus au Federal Reserve Board américain car à partir de là on peut passer par le fonds européen de stabilité, on peut faire en sorte que les avances de la Banque centrale européenne soient faits au fonds européen de stabilité qui ensuite interviendra en rachetant la dette des différents pays. Alors évidemment ça pose le problème de ce qu’est la logique d’ensemble : est-ce que c’est une logique d’austérité - il y aura forcément un contrôle -, mais est-ce que ça peut s’insérer dans un plan de croissance à l’échelle européenne. Il y a du mou sur les salaires, notamment en Allemagne. On l’a vu hier. On pourrait imaginer que, ensemble, nous soyons capables de concevoir un grand plan d’investissement dans le domaine de l’énergie pour préparer la transition énergétique quels que soient les choix des uns et des autres. On pourrait imaginer une coopération industrielle en nous appuyant sur la révolution technologique de notre temps qui est le numérique. Ca ne créerait peut-être pas d’emplois directs en grand nombre mais ça créerait de la richesse qui permettrait de créer des emplois indirects. Il faut relever le défi du climat car il est probable que l’augmentation des gaz à effet de serre a quelque chose à voir avec l’activité humaine. Et il faut aussi penser stratégiquement en matière de défense : les Etats-Unis s’occuperont de moins en moins de l’Europe. Ils vont se polariser sur l’Asie, sur la Chine, sur le Pacifique. Et nous, nous devons exister militairement. Nous devons exister au plan des industries de défense. On a commencé à faire des choses avec la Grande-Bretagne mais il faudra en entrainer d’autres, l’Allemagne notamment qui ne consacre que très peu d’argent à sa défense, à peine 1 % de son PIB. Mais il y a beaucoup à faire pour penser une autre perspective stratégique pour l’Europe, et pour penser aussi du point de vue des couches populaires, un autre projet de société, thème qui a été abordé ce matin avec talent par les intervenants de la table ronde pour la satisfaction d’un certain nombre de besoin sociaux.       <br />
              <br />
       Jean-Yves Autexier l’a très bien dit : l’Ecole qui est au cœur de la République, l’Ecole qui doit d’abord remédier à l’échec scolaire car il est absolument scandaleux en effet qu’on trimballe 25 % d’une classe d’âge en situation d’échec scolaire du CP jusqu’à la sortie du collège qui sont les mêmes de bout en bout et auxquels on a renoncé dès le départ à donner le petit bagage lexical et grammatical dont ils avaient besoin pour être à la hauteur de leurs camarades. Ça c’est une idée claire et ça veut dire priorité à l’école primaire, à l’école maternelle, au dépistage des handicaps précoces et ça veut dire aussi action vis-à-vis des Français d’origine immigrée récente ou des étrangers en situation régulière pour qu’ils apportent à leurs enfants, peut-être par le biais de cours spécifiques, le bagage linguistique dont ils ne disposent pas à domicile. Il y a un énorme travail à faire de ce point de vue-là.       <br />
              <br />
       Rappeler au peuple français son Histoire, ce que ne fait plus aujourd’hui l’Ecole. Il faut aussi exorciser une autre date de notre histoire qui est 1940. La France, il faut quand même le dire, était dramatiquement isolée. Il faut concevoir les deux guerres mondiales comme un tout. Nous avons payé le prix fort lors de la première guerre mondiale et dans l’entre-deux guerres la France était pacifiste. Elle s’est abandonnée et on voit le résultat. Mais nous n’avons pas beaucoup été aidés. Nous n’avions  plus d’alliés. Nous étions tout seuls. Je ne veux pas  éluder les responsabilités de nos élites qui sont immenses. Elles ne les ont reconnues que sous le poids de la nécessité. Il a fallu la Libération pour rendre les Français gaullistes. Mais nous devons absolument faire comprendre toute l’histoire de France – Jean-Yves parlait de ses moments de gloire, de ses gouffres. Je pense que si les sommets n’effacent pas les gouffres, ils nous aident à les relativiser parce que l’histoire de la France c’est l’histoire du combat pour faire triompher les idées républicaines malgré toutes les difficultés, malgré les reculs mais avec des avancées et la République a toujours triomphé. Je vous le rappelle l’affaire Dreyfus qui en est le modèle, la réhabilitation de Dreyfus, 1906, puis le Front populaire, et puis la défaite, 1940. Mais il y a quand même 1944, le Conseil national de la Résistance, la Libération et je pense que nous devons avoir une vision dynamique de notre histoire et faire comprendre que le peuple français n’a qu’une définition, c’est un peuple de citoyens.       <br />
              <br />
       Ce n’est pas facile à faire comprendre parce qu’il y a aujourd’hui les porteurs d’une définition ethnique ou ethnico-culturelle qui peut avoir une certaine réalité parce que les mentalités n’évoluent pas rapidement et c’est vrai que le concept de la famille patriarcale, voire endogamique, est puissant dans les sociétés du pourtour du bassin méditerranéen. Ca ne va s’effilocher que petit à petit, mais il faut avoir confiance dans le dessein de l’intégration. La France a toujours été le pays du métissage. Nous devons le rester, c’est notre chance. Nous devons nous teinter des couleurs du monde, nous ne deviendrons pas le Brésil bien entendu, ce n’est pas notre histoire, mais il y a, je dirais, 200 millions de locuteurs francophones dans le monde, dans les pays arabes, en Afrique. N’ayons pas peur. Soyons fermes sur les principes. Soyons, sur des questions comme la sécurité ou l’immigration, tout à fait au clair. Il y a un discours républicain à tenir, il ne faut pas mollir. Il ne faut pas sombrer dans le discours victimaire compassionnel, ce serait une erreur si nous voulons reconquérir la confiance des couches populaires. Mais pour cela, naturellement, il faudra redresser l’Ecole, il faudra que les médias apprennent à réintroduire d’autres critères que les critères ethniques dans la lecture de l’actualité. Il y a aussi un raisonnement à partir de ce que sont les classes et les milieux sociaux qu’il faut réintroduire dans les grilles de lecture médiatiques. Il faut rendre confiance à la jeunesse pour lui permettre de se situer dans le monde. Bref il y a une conquête républicaine à mener et pour cela il faut faire bouger les lignes, pour mettre la France à la hauteur des défis qui l’attendent.       <br />
              <br />
       Alors vous m’attendez pour me dire « Candidat, ou pas candidat ? ». J’ai dit, au mois de juin, que je serai candidat pour faire bouger les lignes, la phrase complète est celle-là. Faire bouger les lignes, c’est-à-dire faire évoluer les conceptions. J’ai naturellement une conception pédagogique de ma candidature. Je sais que sa fonction est de faire bouger les lignes, pour faire en sorte qu’un certain nombre de gens, placés devant des évènements auxquels ils n’étaient pas préparés, soient capables de reprendre le logiciel que nous avons élaboré au milieu d’immenses difficultés, depuis très longtemps - on évoque Maastricht, 1992, mais le combat avait commencé bien avant. J’ai dit que j’officialiserai ma candidature à l’automne. Il faut pour cela que l’opinion puisse la recevoir. Mais l’automne ça veut dire quoi : ça veut dire, au plus tôt le 21 septembre et au plus tard le 21 décembre, donc je me donne une marge d’appréciation. Je sais par expérience qu’une campagne présidentielle ça dure très longtemps, c’est très difficile  - je vous le dis, c’est très difficile. La France est une grande circonscription. Il ne suffit pas de se laisser porter parce que, par exemple, sur l’immigration j’aurais changé mon discours  comme certains me le conseillaient en prônant un moratoire de l’immigration, mais j’aurais manqué à mon éthique si je l’avais fait. Alors il faut qu’il y ait aussi la rencontre du sentiment populaire et du discours du candidat s’exprimant en conscience par rapport à l’avenir du pays.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui la France n’a pas pris les moyens de son redressement. Une Europe européenne, telle que je vous en ai dessiné l’esquisse, ne peut s’accommoder d’une France déclinante peu à peu transformée en parc d’attraction à l’extrémité du continent eurasiatique, ce qui est notre destin dans le capitalisme financier globalisé.       <br />
              <br />
       Pour sortir la France de l’impasse et lui préparer un autre avenir, il nous faut armer les consciences, élever le niveau du débat, faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Comment y parvenir ?       <br />
              <br />
       Moi, je vous pose la question. Etant donné ce que sont les institutions de la Vème République peut-on le faire autrement qu’en étant candidat ? C’est une question difficile à laquelle je vous demande de réfléchir. Gardez intact votre courage car notre ligne de force est la bonne. La France aura besoin, quoi qu’il arrive dans les années qui viennent, d’un recours. Elle aura besoin de retrouver ses fondamentaux. Elle aura besoin d’un axe politique. Elle aura besoin d’un projet. Et moi, j’aime mon pays. Je crois en la France. Je ne pense pas que la France soit morte. Je pense que le passé pèse sous les apparences de l’éphémère et que l’anecdote dans laquelle on voudrait nous entrainer – comment se passe le retour de celui-ci, et celui-là va-t-il y aller, etc. – n’est rien et qu’il y a en profondeur un peuple qui a une tradition, qui a une volonté, qui a des valeurs, pas seulement des valeurs d’égalité, mais aussi des valeurs de création, de courage, de liberté créatrice et c’est cette capacité d’orientation que nous allons devoir, ensemble, exercer. Je vous donne donc rendez-vous dans les prochaines semaines.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Pour-sortir-la-France-de-l-impasse-il-nous-faut-armer-les-consciences-elever-le-niveau-du-debat-faire-bouger-les_a279.html" />
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   <title>Faire surgir le recours républicain dont la France a besoin</title>
   <updated>2013-02-24T16:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Faire-surgir-le-recours-republicain-dont-la-France-a-besoin_a272.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-09-10T23:39:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Discours de clôture de Jean-Luc Laurent, président du Mouvement Républicain et Citoyen, lors de l'université d'été de Carros, 4 septembre 2011.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3257648-4664819.jpg?v=1373873180" alt="Faire surgir le recours républicain dont la France a besoin" title="Faire surgir le recours républicain dont la France a besoin" />
     </div>
     <div>
      Au moment de clôturer nos travaux de l’université d’été, je souhaite naturellement remercier les militants de la fédération des Alpes maritimes, emmenés par Yvon Grinda, qui ont préparé et organisé minutieusement nos journées.        <br />
              <br />
       Je tiens à remercier particulièrement :       <br />
       - le Maire de Carros, Antoine Damiani qui a bien voulu nous recevoir et nous faire découvrir sa ville hier soir. Merci aux représentants des partis de gauche qui nous ont honorés de leur présence.       <br />
       - l’ensemble des intervenants qui ont répondu à notre invitation pour partager leur compétence et leurs analyses et nous permettent de tracer le chemin pour reprendre en main notre destin.       <br />
       - Ladislas Polski, premier secrétaire fédéral, conseiller régional PACA et secrétaire national à la santé qui nous a proposé de nous accueillir et s’est impliqué pour que notre université soit une belle réussite.        <br />
       - Adeline Crépin et à travers elle, nos jeunes militants, qui se sont mobilisés pour la formation de la relève de notre parti.        <br />
       - Bastien Faudot, secrétaire national chargé des universités d’été et de la formation qui a conçu le programme donnant  son éclat et sa qualité à notre réflexion commune.        <br />
              <br />
       Vous tous, enfin pour avoir fait le chemin en ces terres du sud de la France. Un déplacement qui n’est pas anodin dans un territoire de prédilection de l’extrême-droite.        <br />
              <br />
              <br />
       Ensemble, ici, nous rappelons que notre combat républicain s’oppose à la vision du Front national qui prospère sur le terreau de la crise, de la dérégulation et de la parenthèse libérale ouverte depuis le milieu des années 80.        <br />
              <br />
       Nous sommes venus à Carros pour affirmer l’urgence et la nécessité d’une autre politique. Le hasard du calendrier nous donne aussi l’occasion, de donner à voir une politique alternative à celle de la droite réunie à quelques encablures d’ici, une semaine après La Rochelle où il ne s’est rien passé.        <br />
              <br />
       L’université d’été est tout à la fois un temps de débat, de réflexion, de partage de connaissance, d’affirmation du cap républicain mais aussi de fraternité et de convivialité.  Nos tables rondes n’ont pas failli à la nature même de notre mouvement : réfléchir au-delà des sentiers battus et des réponses à l’emporte pièce, faciles car dépourvues de réel. Une nouvelle fois, notre université s’inscrit dans l’actualité et permet d’anticiper. Et aujourd’hui, face à la crise de la globalisation financière et de l’euro, nous proposons « un contrat républicain pour une nouvelle prospérité » sur lequel Jean-Pierre Chevènement reviendra fortement pour sortir la France de l’impasse.       <br />
              <br />
              <br />
       Pour ma part, je veux insister sur la pertinence du combat engagé depuis des années et nous fixer les tâches en cette rentrée 2011.       <br />
              <br />
       Nous avons eu raison de tenir bon sur nos analyses. Après avoir subi tant de sarcasmes et avoir été tant brocardé, qu’il est malheureusement bon d’avoir raison.        <br />
       Et je suis comme vous : je ne boude pas mon plaisir !       <br />
              <br />
       Mais il ne s’agit pas d’avoir raison indéfiniment contre d’autres et d’avoir raison plus tôt mais d’anticiper et de faire bouger les lignes. Au MRC, avec la crise de l’euro, nous ne découvrons pas l’analyse solide et perspicace de Jean-Pierre Chevènement. Cette analyse prend simplement toute son acuité dans un environnement politique à gauche qui refuse aveuglément de l’évoquer : la crise de l’euro et de la globalisation est l’impensé du projet socialiste.       <br />
              <br />
       Pour autant, nous ne réclamons pas de nos partenaires socialistes la repentance ! Nous comprenons bien leur difficulté de devoir combattre aujourd’hui ce pour quoi ils se sont battus hier : l’accompagnement du libéralisme avec l’acte unique et le traité de Maastricht puis d’avoir été aux côtés de Nicolas Sarkozy lors du referendum de 2005 et du traité qui a permis de faire rentrer par la fenêtre la constitution européenne que le peuple avait rejetée.       <br />
              <br />
        La gauche est confrontée à ses choix d’hier et il est grand temps de les affronter avec réalisme. La gauche ne peut faire l’impasse de la crise de l’euro et plus largement de la crise de la globalisation. Pour gagner et pour réussir ensuite, la gauche doit proposer un nouveau cap pour la France et pour l’Europe.        <br />
              <br />
       Nous portons une exigence qui n’est pas de sortir de l’euro. Nous invoquons l’extrême nécessité de redresser la France, de refaire l’Europe, de changer les règles de conception et de fonctionnement de l’euro et de penser un plan en cas d’éclatement de l’euro.       <br />
              <br />
       Si le MRC est tant attaché à cette déconstruction-reconstruction, ce n’est pas par entêtement ou par oisiveté intellectuelle. Non. Si la question de l’Europe et de sa réorientation est au cœur de notre projet, c’est bien parce que l’Europe porte en elle des erreurs congénitales qui nous ont conduit à la crise et qui privent la France de ses capacités d’action pour continuer à avoir un avenir.       <br />
              <br />
       Le moment est venu de remettre les pendules à l’heure. L’adoption de la monnaie unique avec l’euro fort qui est aussi un euro cher et l’accompagnement du modèle néo libéral qui casse le pacte républicain, nous ont conduit à l’impasse et nous étranglent.         <br />
              <br />
       Depuis plus de dix ans, la Commission et la BCE conduisent la politique économique de la zone euro avec les résultats désastreux que l'on connaît : la zone euro est la région du monde où la croissance est la plus faible. Aujourd’hui, trois pays de la zone euro sont aux bords d'une faillite qui risque de s'étendre à d'autres pays.        <br />
              <br />
       Au lieu de changer radicalement cette orientation, l’Europe persiste dans ses erreurs. Elle ajoute la rigueur à la rigueur, la dépression à la dépression, et maintenant, l’austérité à l’austérité en  pensant parvenir à résoudre ses problèmes. L’intrusion de la règle d’or est le dernier avatar de cette folie libérale. Pour rassurer les marchés et garantir à la France la sauvegarde de sa note souveraine, Nicolas Sarkozy est prêt à liquider, après notre souveraineté monétaire, notre souveraineté budgétaire.        <br />
              <br />
       La soumission au triple A vaut-elle cet abandon ? Nous n’acceptons pas ce toujours plus d’intégration européenne ni le fédéralisme qui est une impasse, la négation des nations, cadre de la démocratie. J’ai lu une proposition de l’UMP faite à Marseille par Bruno Le Maire qui prépare le projet du candidat Sarkozy : après l’abandon de la souveraineté budgétaire avec la règle d’or, voici la création d’un marché du travail commun à la France et l’Allemagne !       <br />
              <br />
       A propos de la dette, je voudrais vous livrer cette analyse de Frédéric Lordon.        <br />
       « La mondialisation néolibérale va périr par la dette parce que, à l’encontre de l’idée reçue qui le présente comme la raison économique même, le néolibéralisme est fondamentalement le régime économique du surendettement généralisé. Dette des ménages, dette des institutions financières, dettes des Etats ».        <br />
              <br />
       Dès lors, travaillons aux causes profondes, le libéralisme, arrêtons les placebos, les rustines et changeons de perspective.       <br />
              <br />
       Se battre pour changer les règles de l’Euro, contre un euro fort, c’est regagner en  compétitivité, en croissance. Imposer un retournement de la politique économique à l’Union européenne, c’est offrir une chance de développement et c’est une arme contre le chômage. Rompre avec la politique d’austérité, c’est se battre pour le peuple, c’est opposer une autre politique.       <br />
              <br />
       Car, si la crise économique, financière et monétaire est internationale, elle est surtout la crise du quotidien pour des millions de Français. Les citoyens français n’ont plus de perspective : à la différence des générations qui nous ont précédées, ils ne peuvent plus espérer de situation meilleure pour leurs enfants. Ils attendent un autre chemin, un autre cap.       <br />
              <br />
       Le Président de la République vient de déclarer à la conférence des ambassadeurs : « L’euro est au cœur de l’Europe. Si nous cédons sur le cœur de l’Europe, nous cédons sur l’Europe. Si nous cédons sur l’Europe, cela veut dire que nous renonçons à la paix sur le continent. Donc, nous ne céderons sur l’Europe. »        <br />
       Cela nous rappelle le bétisier de Maastricht avec « l’euro nous protège » et « l’euro c’est la paix » !       <br />
              <br />
       Non, Monsieur le Président de la République, si nous changeons les règles actuelles de l’euro, nous ne signons pas la guerre, mais nous renouons avec notre devise républicaine. Nous donnons un espoir et un avenir au peuple français.       <br />
              <br />
              <br />
       Face à la crise, face à l’aveuglement devant la réalité, qui peut redresser la France ? Qui peut refaire l’Europe dans le respect des Nations ? J’ai beau observer toutes celles et ceux qui s’imaginent un destin pour 2012, les entendre comme le week-end dernier à La Rochelle. J’ai beau scruter l’horizon, je vous pose la question : pourquoi confier l’avenir de la France à ceux qui nous ont mis dans l’impasse ?       <br />
              <br />
       Le choix de la liberté, la force de nos analyses et de notre projet, nous a conduit à éviter l’intrusion dans le processus des primaires socialistes qui ne portent que sur la sélection –tel un concours de beauté- et non sur le projet politique. Une participation aux éliminatoires socialistes nous aurait conduit inéluctablement à un soutien dès le premier tour au projet socialiste auquel nous ne souscrivons pas sur trois questions essentielles : l’euro et la réorientation de la construction européenne, l’énergie et le nucléaire, les valeurs de la transmission et de la citoyenneté. Ce sont les raisons sérieuses qui nous ont convaincu de ne pas participer ni nous mêler de la primaire socialiste.       <br />
              <br />
       Avec la crise, nous avons besoin d’un capitaine qui fixe un cap, s’y tienne et nous conduise à bon port.        <br />
              <br />
       Comme vous je n’en vois qu’un : Jean-Pierre Chevènement. Sa stature d’homme d’Etat, son expérience, sa clairvoyance et son anticipation m’amènent à penser que la candidature de Jean-Pierre Chevènement est une nécessité.       <br />
               <br />
       Jean-Pierre Chevènement a annoncé qu’il serait candidat et officialisera sa décision d’ici la fin de l’automne. Le MRC est aux côtés de Jean-Pierre Chevènement. Mais le MRC, qui n’est pas spectateur, doit préparer la campagne et réunir les conditions qui permettront avec les événements qui peuvent se produire, de faire surgir le recours républicain dont la France a besoin.        <br />
              <br />
       Le MRC s’emploie donc à donner à Jean-Pierre Chevènement les moyens d’être un candidat libre. Pour cela, une équipe de campagne dirigée par Marie-Françoise Bechtel est au travail.       <br />
              <br />
       Chacun d’entre nous participe à la collecte de parrainages qui est engagée et se poursuit. Avec « pourquoi je serai candidat », les grandes orientations d’une présidence républicaine sont tracées. De même, la collecte de dons se poursuit. Bientôt, le site chevènement2012 sera mis en ligne. Déjà, le logo est créé. Il convient en cette rentrée 2011 de poursuivre ce travail.       <br />
       Notre mobilisation doit se poursuivre : à nous, à vous, de permettre à Jean-Pierre Chevènement de prendre sa décision dans la sérénité et dans la force.       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Faire-surgir-le-recours-republicain-dont-la-France-a-besoin_a272.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Où va l'Europe ?</title>
   <updated>2013-02-24T16:42:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Ou-va-l-Europe_a259.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2011-06-27T14:26:00+02:00</published>
   <author><name></name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Tribune de Claude Nicolet, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, parue le 27 juin 2011 sur le site Atlantico.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/3087152-4405207.jpg?v=1309178929" alt="Où va l'Europe ?" title="Où va l'Europe ?" />
     </div>
     <div>
      Alors que Nicolas Sarkozy vient de déclarer devant les agriculteurs que l’Euro et l’Europe étaient synonymes de paix et de stabilité, la Grèce s’effondre sous nos yeux. Le pays est littéralement mis à la découpe. Qu’en sera-t-il de L’Espagne, du Portugal, de L’Irlande, de l’Islande, voire de l’Italie ? L’aveuglement n’a jamais permis de mener de grande politique et surtout de faire face aux grands vents de l’histoire. <b>La gauche peut gagner en 2012 mais pour faire quoi ? Accompagner le néo-libéralisme ou proposer un projet de transformation sociale ?</b>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Quelle Europe après le "non" à la constitution ?</b></div>
     <div>
      <b>Il me semble incontestable que depuis six ans, un nouveau cycle politique et historique s’est ouvert en France et en Europe. On peut très précisément le dater du 29 mai 2005 avec la victoire du NON au référendum sur la Constitution européenne.</b> Comme tous les évènements de dimension historique, les conséquences s’en font sentir à plusieurs niveaux, avec des temporalités différentes. La stupeur dans un premier temps des partisans du OUI, puis ensuite l’organisation de la riposte politique et idéologique avec la mise en place du  « mini traité de Lisbonne » voté par les parlementaires : l’UMP aux ordres et qui a terminé sa mue libérale, avec la complicité d’une bonne partie du PS qui reste « euro-libéralo-compatible ».       <br />
              <br />
       <b>Aujourd’hui, dans le monde tel qu’il est, les contradictions qui étaient inscrites en réalité au cœur même des différents traités européens (Maastricht, TCE, Lisbonne, Pacte de compétitivité) sautent aux yeux de toutes celles et ceux qui veulent bien se donner la peine de regarder les choses en face</b>. Ces contradictions sont telles, qu’elles deviennent littéralement insoutenables pour l’immense majorité de la population. En France comme en Europe.       <br />
              <br />
       C’est l’effondrement de notre tissu industriel et son cortège de délocalisations, c’est la mise à mal de notre modèle de protection sociale et de santé, c’est la disparition annoncée de pans entiers des services publics, c’est la remise en cause des retraites et des pensions. C’est un système monétaire européen déjà à bout de souffle après à peine dix ans d’existence et totalement inadapté aux circonstances actuelles. Aucune vraie politique de changes, pas de direction politique et démocratique de la zone euro, pas de vraie politique commerciale, encore moins industrielle, une obsession de l’inflation… et le dogme du libre-échange et de la concurrence libre et non faussée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'équilibre du couple franco-allemand en question</b></div>
     <div>
      Pour aller à l’essentiel, l’une des principales difficultés qui est devant nous est non seulement l’équilibre des pouvoirs en Europe mais aussi l’organisation politique du leadership européen. <b>Peut-on accepter d’avoir un euro qui ne fonctionne essentiellement que dans le cadre des intérêts économiques allemands ? </b>La politique allemande de pression sur les salaires satisfait une économie tirée aujourd’hui par sa production à l’exportation. L’Allemagne a fait le choix d’un euro fort et donc de salaires faibles pour intégrer son économie dans la mondialisation. C’est plus un choix allemand qu’un choix européen. Même l’agriculture allemande exporte aujourd’hui plus que l’agriculture française.       <br />
              <br />
       Or l’équilibre franco-allemand est la garantie d’un bon fonctionnement de l’Europe.       <br />
              <br />
       <b>L’objectif stratégique de la France doit donc être de se donner les moyens politiques de rassembler autour d’elle d’autres puissances européennes qui ne peuvent suivre un pareil choix quant au développement de leur économie et de leur société.</b> La Grèce ne peut plus suivre et aujourd’hui il y a fort à parier qu’elle devra sortir de l’euro pour dévaluer sa monnaie et restructurer une dette qu’elle ne remboursera pas, un pareil scénario ne doit pas être exclu quant à l’Espagne, au Portugal, voire à terme l’Italie. Quant à la Grande Bretagne, elle tente de jouer son propre jeu.       <br />
              <br />
       La pression sur les salaires en Allemagne ne sera pas éternellement soutenable. Sauf à s’inscrire totalement dans le jeu de la globalisation et en ne tenant compte que de ses propres intérêts nationaux. Ce qui semble être de plus en plus le cas et faire assez largement consensus en Allemagne. La croissance démographique française au contraire de l’allemande nous oblige à nous pencher sur ces questions que bon nombre refusent d’examiner. Parce qu’il nous faut créer beaucoup d’emplois. Mais les contradictions sont là, désormais évidentes. Autrement dit <b>les choix de la monnaie et de son fonctionnement sont aujourd’hui des débats de fond. Et même existentiels.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Que faire ?</b></div>
     <div>
      Peut-on imaginer d’un côté une zone euro qui serait en réalité une zone « Deutsche Mark » revisitée ? Et de l’autre une zone euro qui fonctionnerait selon les principes d’une monnaie commune et non d’une monnaie unique? Peut-on, doit-on proposer que la France et l’Allemagne ne partagent plus le même destin monétaire ? Est-ce souhaitable ? Une zone euro à géométrie variable en quelque sorte. Est-il envisageable de conserver un taux de croissance à long terme qui navigue glorieusement entre 0,8 et 1,5% en Europe quand tout va bien ? Nous savons tous que ce n’est pas « durable » ou « soutenable ». Derrière ces chiffres ce sont les destins de notre pays et du continent qui se jouent.       <br />
              <br />
       Car ce qui transparait derrière tout cela, c’est la divergence de nos fonctionnements, de nos économies, de nos intérêts. Or les solutions sont limitées. <b>Soit nous trouvons un arrangement politique au sein de la zone euro, ce qui est souhaitable car l’euro est une réalité historique</b>. C’est la mise en place du gouvernement économique de la zone euro que nous souhaitons. <b>Soit nous ne changeons rien et c’est une France inféodée, politiquement, économiquement, financièrement à l’Allemagne. Ce qui ne pourra aboutir qu’à l’explosion de la zone euro</b>. C’est le pire scénario. Car cela voudrait dire que nos « élites » auront préféré s’accrocher jusqu’au bout à l’idéologie néo-libérale plutôt que d’anticiper l’avenir. Ce n’est pas à exclure.       <br />
              <br />
       Dans les années 1930 on pouvait entendre « plutôt Hitler que Blum », aujourd’hui « plutôt l’euro que la souveraineté populaire ». Ce qui apparait, c’est qu’il faudra, d’une façon ou d’une autre trouver des marges de manœuvre si on veut que la gauche française, mais aussi les gauches européennes, sortent de la nasse dans laquelle elles sont enfermées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Fabriquer de la démocratie</b></div>
     <div>
      Nous sentons tous avec angoisse et parfois même avec un sentiment d’humiliation et de colère, l’abaissement du pays. L’abaissement du débat politique. L’abaissement de l’esprit public, du civisme, du sens de l’intérêt général, de l’amour de la Patrie.       <br />
              <br />
       Le cœur du problème c'est que l'Union européenne en tant qu'institution, ne parvient pas à &quot;fabriquer de la démocratie&quot;, les Etats qui transfèrent de la souveraineté, font en réalité un transfert démocratique que l'Union ne peut reprendre à son compte et développer. Le « démocratique » est transformé en « technocratique » et en « technique ». Car <b>seule dans le cadre de la Nation s'exprime la démocratie et seul dans ce cadre là le Peuple peut être souverain</b>. C’est ce que souligne le Tribunal constitutionnel de Karlsruhe dans son arrêt du 30 juin 2009 qui dit que le peuple européen n’existe pas. Le cas de la Banque Centrale est exemplaire: nous avons transféré notre souveraineté financière à une structure désormais indépendante. On a voulu nous faire croire qu’une transformation technique, politiquement voulue était un progrès démocratique. On voit bien que non.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>L'importance de la souveraineté populaire</b></div>
     <div>
      Autrement dit, cela renvoie aussi à la question de l'Etat, non pas en tant qu'outil technocratique ou de gestion, mais comme exécuteur et incarnation de la volonté populaire. <b>La souveraineté nationale et populaire, que les commentateurs appellent &quot;souverainisme&quot; avec une moue de dédain, est en réalité la condition de notre liberté.</b> Ce qui est devenu le &quot;trou noir&quot; d'une grande partie de la pensée politique de la gauche française était à l'origine le moteur de son action et de son identité. Or ce qui se produit aujourd'hui c'est &quot;la destruction d'un espace public de biens communs, ce qui est consubstantiel à cette orientation&quot; (Sami Naïr dans &quot;l'Europe au défi de la crise&quot;, acte du colloque de la Fondation Res Publica du 14 février 2009). Confusément, nos concitoyens sentent bien tout cela.       <br />
              <br />
       La République sociale est-elle compatible avec une organisation technique qui confond technocratie et démocratie, progrès social et atteintes aux services publics ? L'Egalité peut-elle se confondre avec l'Equité ? La Liberté peut-elle se passer de la souveraineté ? Il s'agit là d'éléments fondamentaux qui structurent le peuple français dans son organisation politique, dans son histoire, donc dans son identité. Peut-on y toucher impunément sans prendre le risque de voir les électeurs se détourner des urnes avant qu’ils ne finissent par s’indigner puis se révolter ?       <br />
              <br />
       <b>La gauche peut revenir au pouvoir mais à condition qu’elle sache s’adresser à la France et au peuple français et qu’elle ait une vision pour l’Europe et le monde</b>. A condition qu’une perspective claire soit tracée. En particulier sur les questions économiques, sociales, européennes mais aussi institutionnelles.       <br />
              <br />
       Salaires, retraites, santé, éducation, sécurité, emploi, développement économique et énergétique, fonctionnement des institutions européennes, de l'euro… Voilà les grands défis auxquels il faut répondre. Voilà les questions qui se posent et les perspectives dans lesquelles nous devons placer l’action collective de la gauche française en direction de 2012 mais pour aller bien au delà...       <br />
              <br />
       ---------       <br />
       Source : <a class="link" href="http://www.atlantico.fr/decryptage/europe-france-allemagne-euro-mrc-souverainisme-128925.html">Atlantico</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Ou-va-l-Europe_a259.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>François Fillon condamne la France à l'impuissance</title>
   <updated>2010-11-26T18:03:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Francois-Fillon-condamne-la-France-a-l-impuissance_a209.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2010-11-26T17:54:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de presse du MRC, vendredi 26 novembre 2010.     <div>
      Sitôt reconduit dans ses fonctions au terme d'un interminable vaudeville, François Fillon a délivré un discours de politique générale, l’œil rivé sur la règle à calcul en guise de projet pour la France. L'obsession de la rigueur en dit long sur l'impasse dans laquelle la France persévère contre toute logique. En assumant &quot;la vertu budgétaire au nom de l'indépendance&quot;, le 1er ministre fait un magistral contresens. La rigueur elle-même, motivée par le diktat des agences de notation, constitue une preuve de l'assujettissement du pouvoir aux injonctions de la finance mondialisée.  <b>Cette orthodoxie budgétaire dont François Fillon se fait l’ardent défenseur, produit, prolonge et aggrave la crise qu’elle prétend combattre.</b>       <br />
              <br />
       L'évocation d'une réforme de l'assurance maladie, inspirée par une démarche comparable à celle sur les retraites, continue de défaire notre modèle d'égalité et de solidarité hérité du programme du conseil national de la Résistance. La remise en cause de la solidarité nationale affaiblira encore les couches populaires et les gens de peu, particulièrement exposés dans la tourmente de la crise.       <br />
              <br />
       Le discours de politique générale du 1er ministre donne la mesure de l'incurie du gouvernement et de la pensée monétariste dans laquelle notre Nation s’est depuis si longtemps enlisée. A défaut d’un changement de cap radical dans la politique de l’euro, la banque centrale de Francfort pourrait devenir le fossoyeur de la monnaie unique, dont l’avenir est gravement menacé. <b>« Dans ces temps nouveaux, les citoyens peuvent dresser le constat de l’archaïsme des critères de convergences du Traité de Maastricht, qu’aucun pays de la zone euro n’est plus en capacité de respecter. » assure Jean-Luc Laurent, président du MRC.</b>       <br />
              <br />
       Le MRC demande au gouvernement d’<b>infléchir vigoureusement la politique économique de la zone euro</b> : gouvernement économique pesant en faveur d’un euro plus faible, relance de la consommation intérieure allemande, nouvelles réglementations bancaires et financières, protections commerciales face aux pays pratiquant le dumping social et environnemental. Sans cette profonde réorientation qui seule pourrait éviter un déclin dramatique de notre pays, il faudra se préparer pour la France à sortir de la zone euro et à reprendre en main son propre destin.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Francois-Fillon-condamne-la-France-a-l-impuissance_a209.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pour devenir Président de la République française, il faut s’identifier pleinement à la France</title>
   <updated>2013-02-24T15:12:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Pour-devenir-President-de-la-Republique-francaise-il-faut-s-identifier-pleinement-a-la-France_a184.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/2326787-3253455.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2010-09-05T17:45:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Pierre Chevènement, président d'honneur du MRC, lors de l'université d’été du MRC, Valence, le 5 septembre 2010. (introduction au débat avec François Hollande) (texte et vidéos)     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120672" data="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/72e8961ead415493772972028c059246a42c6e08"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Je suis heureux, en conclusion de notre Université d’été, de pouvoir ouvrir le débat avec François Hollande avec lequel j’ai toujours entretenu des relations amicales et sympathiques, et qui n’est pas seulement un homme politique expérimenté et avisé, étant donné les responsabilités qu’il a exercées durant dix ans à la tête du parti socialiste, mais un homme qui réfléchit et qui, sans céder sur ses fondamentaux réformistes, peut procéder à des inventaires qui conditionnent l’avenir, parce qu’il permettent de bouger et d’évoluer.       <br />
              <br />
       Or, la gauche pour gagner vraiment, c’est-à-dire pour réussir, doit bouger impérativement. Il faut faire « bouger les lignes » ; telle a été la conclusion de notre dernier Congrès, les 26 et 27 juin derniers.       <br />
              <br />
       Nous avons, François Hollande et moi, des points d’accord, par exemple la nécessité d’une réforme de la fiscalité des revenus fusionnant l’IRPP et la CSG de façon à associer justement tous les Français à l’effort nécessaire, si nous voulons non seulement réduire les déficits, mais marquer nos priorités dans le domaine de l’éducation notamment et de la jeunesse. Nous avons - ou en tout cas nous avons eu – des points de désaccord, notamment sur l’Europe et par conséquent sur la nation, et par conséquent sur l’indépendance nationale sans laquelle on ne peut exercer les effets de levier nécessaires.       <br />
              <br />
       François Hollande a affirmé une haute ambition parfaitement légitime : celle de devenir Président de la République en 2012. Il m’est arrivé de dire qu’on ne naissait pas homme d’Etat mais qu’on pouvait le devenir. Simplement, pour devenir Président de la République française, il faut aussi s’identifier pleinement à la France. Le moment d’un débat de fond est venu. J’aurais souhaité qu’il puisse être abordé dans une autre configuration, avec la constitution, au lendemain de la présidentielle de 2007, d’un grand parti de toute la gauche. Cette ambition que nous avions faite nôtre à notre Congrès du Kremlin-Bicêtre de 2008 s’est heurtée au conservatisme des structures politiques de la gauche. Je l’ai regretté. Nous abordons donc l’échéance de 2012 en ordre dispersé. Ce peut être un avantage si le débat permet de faire bouger les lignes.       <br />
              <br />
       Et ce qui n’a pas été possible au lendemain de 2007 le sera peut-être en 2012 avec les socialistes, les communistes, les radicaux, les citoyens, et peut-être avec ceux des Verts qui n’ont pas renié l’héritage des Lumières, les Verts lumineux, qu’on pourrait aussi appeler les Verts luisants. C’est le fond qui est déterminant. Nous devons incarner le grand parti de progrès, en lutte contre l’obscurantisme, avec le projet que nous avons développé hier de refaire de la France une grande puissance industrielle et technologique.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Tout d’abord, je voudrais dire amicalement à François Hollande que la rigueur, sans doute nécessaire, ne peut être une perspective politique.</b>       <br />
              <br />
       1.	il ne suffit pas non plus d’y ajouter quelques réformes comme l’avait fait la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La France vit une profonde crise morale qui est aussi <span style="font-style:italic">une crise politique de longue durée, une crise nationale entamée dès la fin de la première guerre mondiale</span>. Il faut remédier à cette crise de sens, dire à la France à quoi elle sert et aux Français ce qu’ils sont, c’est-à-dire des citoyens qui doivent témoigner, dans un monde qui paraît voué aux communautarismes et aux intégrismes, de l’universalité des valeurs républicaines.       <br />
              <br />
       3.	Parallèlement, <span style="font-style:italic">nous vivons la crise du capitalisme financier mondialisé. Cette crise n’est pas derrière nous</span> : la conjonction des plans de rigueur dans la zone euro ne peut déboucher que sur une nouvelle récession ou, au mieux sur une stagnation de longue durée.       <br />
              <br />
       a)	Les marchés ne se sont pas révélés plus forts que les Etats. C’est justement aux Etats de faire prévaloir leur légitimité qui est celle des peuples et de la démocratie. Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la substance et la permanence de l’Histoire. Cela il faut le dire : c’est un choix politique essentiel. Il faudra reréglementer et recompartimenter les marchés.       <br />
              <br />
       b)	La crise aussi bien reste devant nous parce que les <span style="font-style:italic">déséquilibres macroéconomiques</span> et politiques qui l’ont engendrée n’ont pas été résorbés, bien au contraire, par les plans de refinancement ou de relance, qui ont simplement déplacé la dette du privé vers le public.       <br />
              <br />
       c)	Cette crise est une crise mondiale, née de la déflation salariale, elle-même conséquence de la pression exercée par les pays à très bas coût, déflation salariale qui a conduit à l’endettement généralisé, et d’abord aux Etats-Unis, des ménages, des entreprises et des Etats.       <br />
              <br />
       d)	Cette crise n’a été rendue possible que par la <span style="font-style:italic">création d’un monde décompartimenté</span> et notamment en Europe, en vertu de <span style="font-style:italic">l’Acte Unique</span> et des trois cents directives d’application qui ont libéré les mouvements de capitaux et déréglementé l’économie. C’est cela qui a permis la dictature de l’actionnariat, l’extension démesurée de la sphère financière, et le creusement d’inégalités abyssales entre les rentiers de la finance et le monde du travail laissé sans défense devant les délocalisations industrielles.       <br />
              <br />
       e)	On ne peut pas faire face à cela par une simple réforme fiscale. Il faut <span style="font-style:italic">re-réglementer</span>, mais de façon cohérente, entre l’Europe et les Etats-Unis d’Obama. Les mesures de régulation Volcker doivent être reprises et durcies au niveau européen.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120676" data="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/99886328eab88113fe28d4c9b4bf10d81b8bbd51"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      f)	<span style="font-style:italic">La crise est aussi géopolitique</span> : les Etats-Unis, depuis trop longtemps, ont vécu au-dessus de leurs moyens. Nous devons aider Obama à remettre les pendules à l’heure. La ré-industrialisation nécessaire des Etats-Unis et de l’Europe peut-elle faire l’économie de protections sectorielles dans les industries que nous voulons préserver ou développer ? Cela dépendra beaucoup de la Chine, de sa capacité à relancer sa demande intérieure, et bien sûr de la fixation de normes sociales, environnementales et commerciales plus justes, sans parler de la réorganisation du système monétaire international, instaurant des parités ordonnées entre les quatre grandes monnaies mondiales. Nous ne pouvons en aucun cas accepter un euro surévalué qui asphyxierait ce qui reste de l’industrie française.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Il nous faut organiser l’Europe comme une zone de croissance à l’échelle mondiale et ne pas nous résigner à la stagnation et au déclin.</b>       <br />
              <br />
       C’est possible sur la base d’un nouveau modèle de croissance mettant l’accent sur la transition énergétique, l’éducation, la science et la technologie appliquées notamment aux domaines de l’énergie, des transports et de la mobilité, de la santé, et bien sûr la volonté de promouvoir un modèle social fondé sur la solidarité.       <br />
              <br />
       Cette Europe implique d’autres règles du jeu que celles élaborées par l’Acte Unique et les traités de Maastricht et de Lisbonne. Ces traités sont complètement dépassés.        <br />
              <br />
       Il faut ouvrir le débat :       <br />
       -	Sur une initiative de croissance européenne mettant fin notamment à la déflation salariale et finançant par un grand emprunt européen un plan d’infrastructures.       <br />
       -	Sur un gouvernement économique de la zone euro, incluant l’ensemble des paramètres économiques et pas seulement budgétaires. L’objectif doit être de résorber les déséquilibres internes à la zone euro, autrement que par la conjugaison de plans de rigueur insoutenables et dont l’effet ne peut être qu’une récession généralisée et l’éclatement de la zone euro.       <br />
       -	Il faudra modifier les statuts de la Banque Centrale européenne pour introduire la croissance et l’emploi parmi ses missions.       <br />
              <br />
       Je ne m’étendrai pas sur les quarante propositions de notre programme de salut public. Dix d’entre elles concernent le redressement de la construction européenne : développement des coopérations renforcées à géométrie variable entre les Etats – plan d’indépendance énergétique et d’équilibre écologique – agriculture orientée vers la sécurité alimentaire – régime propre des services publics – protection commerciale de notre modèle de développement – alliance sans subordination avec les Etats-Unis – partenariat resserré avec la Russie – refondation de nos relations avec la Turquie.       <br />
              <br />
       L’évolution de l’Europe nous conduit vers plus de coopération intergouvernementale. C’est inévitable et c’est une bonne chose pour la démocratie et pour l’efficacité. Il faut abandonner « l’Irrealpolitik européenne », comme dit Hubert Védrine, délaisser les chimères fédéralistes, alibi de l’impuissance, aller vers des coopérations à géométrie variable et  vers une ouverture de ces politiques à la Russie et à la Turquie.       <br />
              <br />
       J’ai cru noter une évolution de François Hollande de l’Europe à vingt-sept vers la zone euro à seize. Je partage ce point de vue mais il pose le problème de ce que veut l’Allemagne.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La politique allemande doit être analysée.</b>       <br />
              <br />
       Il serait trop facile d’imputer les difficultés actuelles au tempérament de Nicolas Sarkozy. L’Allemagne est aujourd’hui la puissance qui impose ses choix et sa philosophie ordo-libérale à l’Europe (Mme Merkel parle de « culture de la stabilité »). En fait, la déflation salariale pratiquée depuis 2000 a creusé l’écart avec les autres pays de la zone euro, notamment les pays de l’Europe du Sud.       <br />
              <br />
       La politique de rigueur que l’Allemagne impose à la zone euro est excessive. Elle risque d’ailleurs de se retourner contre l’Allemagne. <span style="font-style:italic">Il faut trouver un compromis avec l’Allemagne</span>, entre la nécessaire responsabilité des Etats et la solidarité financière entre les pays membres de l’euro. On ne peut espérer une solidarité telle que celle qui existe au sein de chaque pays. L’Europe reste faite de nations. Mais on peut imaginer des émissions de bons européens et surtout un rôle actif donné à la BCE pour lutter contre la spéculation. Nous ne devons à aucun prix nous enfermer dans un tête à tête mortifère avec l’Allemagne au sein d’une zone euro réduite à un noyau dur. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="120699" data="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81" width="608" height="342"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/842b819978ce29291ded75b6e1284a1a8922ad81"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      Mieux vaut préparer un « plan B » qui serait le retour à une monnaie commune qui pourrait continuer à s’appeler l’euro avec des parités ajustables pour des monnaies nationales recréées au sein d’un système monétaire européen bis.        <br />
              <br />
       Pas de fuite en avant dans l’irreal politik européenne comme celle consistant à offrir à l’Allemagne de partager notre siège de membre permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU. D’abord parce que les autres n’en seraient pas d’accord. Ensuite parce que nous n’avons pas les mêmes conceptions en matière de politique étrangère sur le Moyen-Orient et l’Afrique notamment, et sur la défense, et en particulier sur le domaine nucléaire. Enfin, parce que la priorité n’est pas là : elle est sur le terrain économique et monétaire d’abord.       <br />
              <br />
       Un peu de sens de l’Etat, à la veille d’une élection présidentielle, ne peut pas nuire.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>IV – La géographie et l’Histoire confèrent à la France une responsabilité particulière.</b>       <br />
              <br />
       La France est nécessaire à l’équilibre de l’Europe dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même.        <br />
              <br />
       La France n’est pas n’importe quel pays.        <br />
              <br />
       Elle doit préserver des marges de manœuvre :       <br />
       -	vis-à-vis de l’Allemagne – sur la relance et le cours de l’euro ;       <br />
       -	vis-à-vis des Etats-Unis – sur la régulation et la réforme du SMI ;        <br />
       -	vis-à-vis de la Russie – sur l’énergie, le développement et la paix ;       <br />
       -	vis-à-vis de la Chine – sur la concertation économique et monétaire et sur un partenariat responsable.       <br />
              <br />
       L’Europe peut et doit prolonger l’action propre de la France. Mais celle-ci ne doit pas être démobilisée. Elle reste notre avenir. Il faut changer le mode d’emploi des institutions européennes et savoir d’abord ce que la France veut.       <br />
              <br />
              <br />
              <br />
       <b>V – La France doit faire vivre le modèle républicain qu’elle a si fortement incarné depuis deux siècles en Europe et dans le monde.</b>       <br />
              <br />
       Elle doit contribuer à organiser la résilience de l’Europe à l’échelle mondiale, en préservant notre modèle républicain, à la fois civique et social. Et bien sûr, la première urgence consiste à le faire  vivre en France même où la droite contribue à le fragiliser par des initiatives provocatrices qui visent à nous entrainer sur le terrain qu’elle a choisi pour 2012 : la sécurité.       <br />
              <br />
       Pour mettre la France à la hauteur des défis qui sont devant nous, la gauche doit faire bouger les lignes à l’intérieur d’elle-même. Elle doit incarner le pôle républicain de la vie politique française, face à une droite post-républicaine ou peut-être tout simplement réactionnaire, revenue à des conceptions d’avant 1789.       <br />
              <br />
       La gauche doit offrir un avenir à la France et à sa jeunesse et pas simplement un futur !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Pour-devenir-President-de-la-Republique-francaise-il-faut-s-identifier-pleinement-a-la-France_a184.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La gauche a besoin d'une mise au net d'ici 2012</title>
   <updated>2013-02-24T16:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/La-gauche-a-besoin-d-une-mise-au-net-d-ici-2012_a185.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-09-05T17:30:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Discours de clôture de Jean-Luc Laurent, Président du MRC, lors de l'université d'été du MRC à Valence, 5 septembre 2010 (texte et vidéo).     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
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     </div>
     <div>
      Cette année, notre université d’été s’est affranchie de certains usages. En témoigne ce discours de clôture qui n’intervient pas en clôture mais… en lever de rideau de cette matinée du dimanche ! François Hollande arrive vers 11H et nous avons jugé souhaitable de ne pas vous imposer un horaire de fin trop tardif. Je sais que beaucoup d’entre vous sont venus de loin parmi les 250 à 300 participants que vous êtes.        <br />
              <br />
       Un mot d’abord de remerciement à nos camarades de la Drôme et de l’Ardèche, et au premier rang desquels notre ami Gérard Boucher, maire–adjoint de Valence, qui a été l’organisateur de cette université d’été. Mes remerciements vont également de manière appuyée à toi, chère Catherine, pour la spontanéité qui fut la tienne lorsque nous avons sollicité des fédérations pour l’organisation de cet événement. Grâce à vous deux et à l’équipe des militants votre fédération, nous avons pu jouir d’une organisation de grande qualité. Après l’Université d’été de Toulouse de 2009, il n’était pas facile de relever le défi. Vous avez su le faire de très belle manière car, comme chacun sait, organiser ce type d’événement demande une implication particulière, une motivation supplémentaire. C’est aussi par et à travers vous que le MRC est dignement représenté dans la Drôme et en Ardèche.       <br />
              <br />
       La tenue de notre Université d’été ici a une autre raison : l’inacceptable reniement de l’accord pour les régionales où Catherine Coutard et les autres candidats MRC ont été relégués par le président de région, ce qui nous a conduits à un retrait pur et simple. Notre présence vaut détermination.       <br />
              <br />
       Valence, Valencia en latin, cela veut dire la Vaillante, la Vigoureuse. Sous cet auspice, l’Université d’été du MRC est bien placée : le MRC n’a jamais manqué ni de vaillance, ni de vigueur.        <br />
              <br />
       Je veux remercier le maire de Valence, Alain Maurice, qui a su faciliter notre venue et qui nous a accueillis en partenaires et en amis, ici, aux portes du Midi.        <br />
              <br />
       Je veux saluer et remercier plus particulièrement nos intervenants d’hier : Alain Cotta, Jean-Pierre Gérard, Laurent  Pinsolle, Jean-Michel Quatrepoint et Pierre-Alain Weill pour les intervenants du dehors, et Etienne Butzbach, Bruno Moschetto, Yves le Hénaff, Julien Landfried, Patrick Quinqueton, Marie-Françoise Bechtel pour les intervenants du dedans, c’est-à-dire du MRC, selon l’expression de Bastien Faudot. Merci enfin et surtout à Bastien Faudot qui a la responsabilité de notre université d’été. 2010 est un excellent cru.       <br />
              <br />
       Le thème de l’Université d’été s’est imposé à nous comme une évidence. Une évidence politique, une évidence sociale, une évidence intellectuelle aussi. La crise est peut-être moins présente dans les médias qu’elle ne le fut au cours des deux dernières années, cela ne signifie pas qu’elle l’est moins dans la réalité, bien au contraire.       <br />
              <br />
       <b>I) Avec la crise, la France doit reprendre en main son destin</b>       <br />
       Au lendemain de l’épisode douloureux des subprimes, qui avait vu les puissances publiques intervenir directement pour sauver la finance, les banques, et donc aussi les épargnants, n’avait-on pas déjà entendu quelques esprits impatients un peu trop prompts à célébrer les miracles de la relance, à chanter le retour de la croissance ?        <br />
              <br />
       La crise grecque au printemps dernier aura eu l’effet d’une douche écossaise pour ceux qui pensaient en avoir terminé avec les turbulences. Il aura fallu là aussi l’engagement des puissances publiques pour rasséréner les exigences croissantes des marchés. Qui aurait cru hier que les Etats seraient un jour suspendus, accrochés au bon vouloir d’agences de notation privées, qui se sont mises en situation de faire la pluie et le beau temps sur le marché de la dette ? De ce point de vue, je glisse une piste qui me paraît essentielle pour l’avenir : n’y a-t-il pas nécessité à restructurer la dette pour la renationaliser ? C’est une piste pour se débarrasser de la tutelle des fameuses agences de notation et reconquérir ainsi notre autonomie.       <br />
              <br />
       Mais à nouveau, l’accalmie semble être revenue. Pour un temps, car le mal est plus profond. Je ne veux pas jouer ici les Pythie ou les Cassandre, mais il importe d’être lucide pour prendre la mesure des défis que nous aurons demain à relever.        <br />
              <br />
       Je ne veux pas non plus vous assommer de chiffres mais il y a des signes qui ne trompent pas. Il suffit de conserver en mémoire les chiffres donnés hier et les statistiques publiées par l’INSEE ces derniers mois pour prendre le pouls de ce qu’on appelle pudiquement « la conjoncture ». Celle-ci se révèle d’une grande fébrilité :       <br />
       -	Le chiffre d’affaire de l’industrie manufacturière a baissé de 0,5% en juin ;       <br />
       -	Augmentation des défaillances d’entreprises de +3,3% au printemps ;       <br />
       -	Les créations d’entreprises ont baissé de -23% hors auto-entrepreneurs en juillet dernier ;       <br />
       -	Les immatriculations de véhicules ont baissé de 5% en juillet ;       <br />
       -	Après une récession d’environ 2% en 2009, les prévisions de croissance en 2010 oscillent entre 1 et 1,5%, ce qui est tout-à-fait insuffisant pour faire face à la dette de l’Etat, à l’insolvabilité des ménages et au chômage notamment de longue durée.       <br />
              <br />
       Ce ne sont pas là ce que l’on pourrait appeler les signes manifestes d’une reprise. Ce sont ceux d’une préoccupante stagnation.       <br />
       Ce constat doit être croisé avec une évolution historique au long cours :       <br />
       -	La balance commerciale est structurellement déficitaire depuis 7 ans en France : les parts de marché de la France ont réduit d’1/3 en 10 ans.       <br />
       -	Le taux de chômage est repassé au-delà des 10% depuis le printemps selon l’OCDE        <br />
       -	Le nombre d’emplois dans l’industrie a chuté de 5,5 millions à 3,5 millions en 30 ans dont 500 000 emplois perdus depuis 2000 comme nous l’a rappelé hier Jean-Michel Quatrepoint.       <br />
       -	La dette publique atteindra 80% du PIB à la fin de l’année 2010. La cour des comptes a anticipé le chiffre de 100% du PIB pour 2013 !       <br />
       -	La zone euro est une zone atone en termes de croissance depuis sa conception avec des moyennes qui plafonnent à 1 ou 1,5% depuis sa création.       <br />
              <br />
       Je fais ce bref énoncé parce que nous avons un devoir de vérité. Ce devoir de vérité n’est pas le produit d’une visée morale. C’est la première condition pour comprendre aujourd’hui et pour agir demain.       <br />
       Face à ce dérèglement généralisé, la France est confrontée à une réalité historique rugueuse. Les tables rondes d’hier ont permis d’en prendre la mesure. Car la gravité de la situation doit être considérée pour elle-même : cette crise est le produit d’une histoire. Elle n’est pas apparue par l’opération du Saint-Esprit !        <br />
       -	Cette crise est le résultat d’une économie où la production de richesses réelles a été de plus en plus subordonnée aux valeurs virtuelles. Lorsque le soufflé retombe, ces dernières entraînent les premières dans leur chute.       <br />
       -	Elle est le résultat de choix politiques qui ont livré la force de travail de nos salariés à la concurrence déloyale des pays à très bas coûts. La déréglementation et l’abattement des frontières, hier perçus par certains comme une cause généreuse et sacrée, a désormais produit ses effets funestes.        <br />
       -	Elle est enfin le résultat d’une doctrine inconséquente, a-politique par essence, qui a connu une renaissance puissante à la fin des années 70 : le spontanésime de la main invisible d’Adam Smith. Le libéralisme est d’abord une théorie d’une naïveté confondante. Le système économique s’effondre en partie par la vacance du pouvoir, par l’abandon du politique. Depuis Rousseau pourtant nous savons bien que ce n’est pas la somme des intérêts particuliers qui constitue l’intérêt général.       <br />
              <br />
       L’enjeu, pour la France, c’est d’abord de reprendre en main son propre destin. Il est un rendez-vous politique qui doit pouvoir servir de levier pour cela : la prochaine élection présidentielle et bien sûr dans la foulée, les élections législatives.       <br />
              <br />
       <b>II) La gauche a besoin de mettre ses idées au net pour réussir vraiment</b>       <br />
       Pour se hisser à la hauteur de l’enjeu en 2012, la gauche doit se concentrer sur l’essentiel : l’analyse de la crise, de ses tenants et de ses aboutissants. Car cette crise est aussi un moment décisif, elle va remodeler les rapports sociaux, économiques mais aussi internationaux sur le long terme.       <br />
              <br />
       Depuis le début de cette crise, le MRC, fidèle à sa méthode, a privilégié le travail d’analyse et a mis sur le métier un corpus de propositions. Ces 40 propositions que notre congrès de juin a adoptées, ont été rassemblées dans ce que nous appelons <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/La-motion-d-orientation-et-le-programme-de-salut-public_a167.html">le « Programme de Salut public »</a>. Ce programme de Salut public, c’est la volonté d’instituer une main très visible qui doit organiser la vie sociale, le monde du travail et la vie économique. L’autorégulation est une théorie de charlatan au service du droit du plus fort.       <br />
              <br />
       Depuis la déconvenue des subprimes, nous avons entendu des appels vibrants à la moralisation du capitalisme financier. Mais le capitalisme financier n’a pas besoin de morale ! Le capitalisme financier a besoin de règles, de contraintes, d’un encadrement stricte pour délivrer les citoyens, les salariés, les ouvriers du double étau dans lequel ils ont été placés : l’étau de la contrainte actionnariale et l’étau de la contrainte concurrentielle.        <br />
              <br />
       La gauche a, de ce point de vue, un double objectif qui doit animer son ambition et son projet pour 2012: libérer l’économie de production des injonctions de rendement de la finance, remettre sur pieds un système concurrentiel loyal. En deçà de ces exigences, elle ferait fausse route. Ce sont les deux obsessions qui doivent conduire son action sur le plan économique.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement l’a dit à la fête de la rose à Frangy-en Bresse cet été : pour la gauche, la question ne se réduit pas à la victoire en 2012. Plus encore, la gauche a le devoir de réussir si elle l’emporte en 2012. Et pour réussir, elle doit changer de braquet, se délivrer de la logique sociale-libérale et des vieilles recettes sociales-démocrates qui sont obsolètes.       <br />
              <br />
       Ayons un langage d’exigence et de vérité : la gauche court le risque de retomber dans ses errements chroniques. La question posée par cette crise est autrement plus considérable que les turpitudes de M. Woerth et les extravagances de Mme Bettencourt. Il ne s’agit pas de les minimiser : les accusations portées sont graves et méritent d’être évaluées. Mais la gauche n’a pas à découvrir la lune !        <br />
              <br />
       Au MRC, nous ne découvrons pas la République et ses valeurs au premier rang desquelles figurent la rectitude, le désintéressement et l’intérêt général.       <br />
              <br />
       La gauche doit proposer un projet alternatif. Pour cela, la gauche a besoin de mettre ses idées au net sur la nation, la place de la France en Europe, les réponses à la crise de l’euro et à la globalisation financière. La gauche n’a pas aujourd’hui de projet partagé pour gagner et réussir vraiment.       <br />
              <br />
       L’antisarkozysme un danger incalculable. D’abord parce que la question posée n’est pas celle de sa personne, mais celle de l’orientation politique qu’il incarne, et de la pratique du pouvoir qu’il exerce depuis plus de trois ans. La gauche doit en un mot, se mettre hors de portée et faire la différence sur le fond.        <br />
              <br />
       Cet été, M. Sarkozy a multiplié les provocations et son cabotinage de mauvais goût auprès de l’électorat d’extrême droite semble ne plus avoir les effets escomptés. Pour l’heure, la gauche semble avoir réussi dans les grandes lignes à ne pas tomber dans le piège qui lui avait été tendu. Mais on sent la tentation qui peut être la sienne à se draper de vertu, à faire montre d’indignation et se réfugier dans une surenchère inutile. Sur la question des Roms, sur celle de l’insécurité, seul un discours républicain charpenté, articulé, lui permettra de répondre sur le fond, sans rien céder aux provocations. Le problème du Président de la République, à la différence de tous ses prédécesseurs, c’est qu’il rentre systématiquement dans une logique de dislocation du corps social en désignant à la vindicte telle ou telle catégorie de citoyens ou de résidents de notre pays.        <br />
              <br />
       A l’image du président, depuis plusieurs mois, le gouvernement s’égare. En juin, Mme Bachelot témoigne en Afrique du Sud qu’elle a arraché quelques larmes aux joueurs de l’équipe de France, en juillet M. Woerth s’explique à distance avec la famille Bettencourt, en aout M. Hortefeux se fait taper sur les doigts par le pape et puis, et puis, l’inénarrable M. Kouchner fait part de ses états d’âme et se contorsionne pour expliquer qu’il aurait bien aimé démissionner, qu’il était vraiment à deux doigts de le faire, laissant entendre que si ça continue, la prochaine fois peut-être…. Mais M. Kouchner, on ne brandit pas une démission. Dans la vie politique, on démissionne ou on se la ferme ! Preuve que ce sont ceux qui en parlent le plus qui en font le moins.       <br />
              <br />
       Cette séquence gouvernementale nous plonge au royaume d’Ubu !       <br />
              <br />
       La République mérite un autre destin. Face aux enjeux déterminants auxquels cette université d’été s’est très largement consacrée, la gauche va devoir faire preuve de ténacité, d’imagination et de suite dans les idées.       <br />
              <br />
       Pour 2012, la gauche aura besoin d’une pointe saillante et avancée à la proue du navire. Le MRC, par la qualité historique des orientations qui ont toujours été les siennes sera incontournable : sur la question industrielle, sur la croissance, sur les relations internationales, sur l’école, sur la laïcité, sur la sécurité, nous avons le privilège de l’antécédence. Nous avons aussi celui de la continuité.       <br />
              <br />
       Ce privilège de l’antécédence ne doit pas nous transformer en donneur de leçons. Nous avons toujours privilégié l’analyse et le débat afin de définir un projet solide et sérieux. C’est ce que nous faisons et allons développer dans les mois qui viennent avec les partis de gauche et avec les citoyens directement.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement a répondu à l’invitation d’Arnaud Montebourg voici 2 semaines. Il échangera dans un instant avec l’ancien premier Secrétaire du parti socialiste François Hollande, que je veux remercier chaleureusement d’avoir accepté notre invitation. Nous irons ensuite rencontrer Martine Aubry dans une dizaine de jour. Chacun d’entre eux connait notre tempérament, nos convictions et la place essentielle que nous faisons pour l’argument et la raison.       <br />
              <br />
       Certains doutent de notre décision de ne pas participer aux primaires socialistes. La question m’est posée régulièrement. Soyons clairs : du point de vue du MRC, le processus des primaires – réduites à des primaires socialistes êt avec un arrangement – est mort-né. Je m’explique : si l’objet réel de ces primaires était d’obtenir automatiquement le label républicain pour le futur candidat socialiste, il n’était tout simplement pas question d’offrir notre caution sans qu’une étape préalable de réflexion et de débat sur le fond, puis un projet commun n’ait eu lieu.       <br />
              <br />
       Fort de son projet, du programme de Salut public auquel il travaille depuis plus d’un an, le MRC a donc décidé de porter, de soutenir une candidature républicaine pour 2012. L’espace politique existe : il mérite d’être développé, agrandi, pour que notre message soit porté à la connaissance de tous les Français. Nous avons un an pour faire bouger les lignes. Si nous sommes capables de nous porter vers l’avant, l’égalité républicaine, la puissance publique sera le recours dans cette période troublée où les repères sont malmenés.       <br />
              <br />
       Jean-Pierre Chevènement a pris ses dispositions pour être prêt si la situation l’exige. François Hollande a fait connaître sa possible candidature dans le cadre des primaires. C’est donc un débat entre deux présidentiables qui va clôturer cette université d’été dans un instant.        <br />
              <br />
       Preuve que le MRC se tourne tout entier pour préparer les rendez-vous de 2012, qu’il compte bien peser dans le débat et prendre toute sa part au combat !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/La-gauche-a-besoin-d-une-mise-au-net-d-ici-2012_a185.html" />
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  <entry>
   <title>Face à la crise, un candidat républicain</title>
   <updated>2013-02-24T16:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Face-a-la-crise-un-candidat-republicain_a174.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-06-27T15:59:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Luc Laurent</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Intervention de Jean-Luc Laurent lors du Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/2191621-3055316.jpg?v=1289529572" alt="Face à la crise, un candidat républicain" title="Face à la crise, un candidat républicain" />
     </div>
     <div>
      Citoyennes, Citoyens,       <br />
       Chers camarades,       <br />
              <br />
       La France, l’Europe et le monde traversent une crise historique. Cette crise doit être envisagée totalement, comprise globalement. Cette crise est la crise d’un système. Il ne s’agit pas d’une petite convulsion ou d’une simple réplique des secousses précédentes, qui d’ailleurs, furent autant d’opportunités pour le capitalisme financier de consolider sa suprématie.        <br />
              <br />
       Depuis l’été 2007, elle a connu des épisodes liés les uns aux autres. On en comprend le sens profond qu’en s’efforçant  de relier les premières fissures du système bancaire à l’été 2007 à la crise des subprimes de septembre 2008, et cette crise des subprimes aux turbulences qui agitent aujourd’hui la zone euro.       <br />
              <br />
       Au plan des symptômes, cette crise est celle d’un endettement généralisé : endettement des Etats (près de 40.000 milliards de dollars, 2/3 du PIB mondial), endettement des banques, endettement des ménages. Cet endettement est le produit d’un déséquilibre économique majeur qui tient à plusieurs facteurs : porosité du système par la concurrence déloyale des hommes et des territoires, assujettissement de l’économie de production à l’économie des services et aux injonctions de la spéculation, détricotage méthodique du rôle de l’Etat depuis 3 décennies.       <br />
              <br />
       La crise n’a pas tardé à produire ses funestes conséquences. Le coût social qu’elle engendre donne le vertige : en 2009, 412.000 emplois ont été détruits en France, plus de 4 millions pour les seuls Etats-Unis.       <br />
              <br />
       Rappelez-vous ce que nous disions en juin 2008 lors de notre congrès au Kremlin-Bicêtre : Un tsunami barre l’horizon. La démesure des chiffres conduit à considérer que le tsunami dont nous parlions au précédent congrès n’était pas une emphase mais une réalité que nous sommes bien seuls à avoir anticipé. C’est à ce type de phénomène auquel nous sommes bel et bien confrontés : une déferlante contre laquelle les digues construites par notre pacte social et politique risquent de céder.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <object type="application/x-shockwave-flash" id="" data="https://www.mrc-france.org/v/4f3378c023430c66067d1f677e60efa610377a81" width="608" height="372">
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     </div>
     <div>
      Au MRC, cette crise, nous ne l’avons pas seulement anticipée. Nous en combattons les causes agissantes depuis plus de vingt ans. Qui se rappelle aujourd’hui du combat qui fut le nôtre contre la désindustrialisation de notre pays ? Devons-nous avoir honte de l’attachement qui a toujours été le nôtre au secteur public bancaire – nationalisation, prononçons le mot puisqu’il est, paraît-il, redevenu fréquentable ? N’étions-nous pas hier qualifiés d’archaïques lorsque nous dénoncions lors du référendum de 1992, l’indigence de l’Europe de Maastricht ?       <br />
              <br />
       Nous avons été bien seuls à refuser l’enterrement des Nations et à avoir une conception réaliste de l’Europe. Notre horizon fut toujours celui d’une République européenne des Nations et des peuples. A la lumière des développements récents, nous n’avons pas à en rougir. Au contraire, le mépris dont nous faisions alors l’objet, est devenu proprement risible.       <br />
              <br />
       Car cette crise a déjà fait quelques victimes : le traité de Maastricht et toute sa descendance (Amsterdam, Nice, Lisbonne). Ceux qui s’obstinaient à soutenir le caractère indépassable de ces textes sacrés en sont pour leurs frais : toutes les dispositions substantielles de ces traités ont d’ores et déjà fini à la poubelle. Je vous propose d’inventorier rapidement ces fondamentaux devenus subitement accessoires :       <br />
       -	piétiné le fameux article 107 de Lisbonne qui interdit les aides d’Etat ;       <br />
       -	oublié l’article 123 qui interdisait, autrefois, à la banque centrale européenne de prêter aux autorités publiques ;       <br />
       -	orphelins les articles 101 et 102 interdisant les constitutions de position dominante et qui pourtant, n’ont pas fait obstacle aux restructurations bancaires ;       <br />
       -	violés un à un tous les critères de convergence hérités de Maastricht : déficit de 3% (article 126 de Lisbonne) lorsque certains pays atteignent des chiffres à deux points, dette publique de 60% du PIB qu’aucun pays ne sera bientôt plus en capacité de respecter.       <br />
              <br />
       Cette logique du traité européen en jachère doit interroger nos élites au-delà du cycle de la crise. Des dispositions qui ne sont valables que par beau temps ont déjà perdu toute crédibilité. Il ne suffit plus de dénoncer ces impostures, il est urgent d’y mettre fin.       <br />
              <br />
       L’Europe-bouclier-contre-la-mondialisation ?  Elle apparaît désormais pour ce qu’elle est : une fable qui n’a que trop duré. L’acte unique de 1987 et les directives Lamy-Delors de 1988 (article 63 de Lisbonne) sont directement en cause. C’est la clause extérieure de cet article 63, interdisant toute protection, qui a permis que la nocivité des subprimes vienne contaminer le bilan des banques européennes.       <br />
              <br />
       Si je rappelle tout cela, c’est parce que cette Europe n’a pas seulement péché par absence de volonté face à la mondialisation. Elle en est le principe actif.       <br />
              <br />
       C’était hier.       <br />
              <br />
       De ce privilège de l’antécédence, nous ne devons pas tirer de gloire particulière. Nous le savons bien, nous autres : au Mouvement Républicain et Citoyen, faire de la politique veut d’abord dire penser le monde qui nous entoure, en comprendre les contours, en analyser les forces qui l’animent. C’est la première condition de l’action.       <br />
              <br />
       Aussi, si nous pensons en situation, le moment politique que nous vivons est important. Il est même, à certains égards, décisif. Depuis près de vingt ans, le courant idéologique que nous représentons a forgé une doctrine et un projet qui se trouvent aujourd’hui justifiés par la réalité elle-même.       <br />
              <br />
       Dans ce contexte économique, social et politique, nous avions dit il y a deux ans notre disponibilité pour la refondation républicaine de toute la gauche. Nous connaissions la réponse des autres partis de gauche : chacun a choisi son pré carré ! Pour autant, cette stratégie reste notre perspective.       <br />
              <br />
       Dans le prolongement, nous avions également répondu OUI, mais un OUI conditionnel à l’organisation des primaires de toute la gauche pour aborder 2012. Nous étions partants dès lors qu’un contenu politique substantiel, un projet commun précédait les primaires proprement dites. Nous souhaitions par ailleurs que ces primaires soient ouvertes et permettent de s’adresser aux citoyens et non seulement aux seuls militants de nos partis respectifs.       <br />
              <br />
       L’idée de réunir des Assises de toute la gauche pour préfigurer ce qu’aurait pu être un grand parti d’une part, et ces conditions minimales pour les primaires, n’ont pas été retenues par nos partenaires. Nous devions en prendre acte. C’est ce qu’a décidé notre Conseil national le 28 mars dernier.        <br />
              <br />
       Disons-le à nouveau clairement. Participer aux primaires dans les conditions et les modalités définies par nos partenaires socialistes entraînait non seulement notre ralliement automatique au candidat socialiste sans connaissance et discussion du projet.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, chacun garde en mémoire le sort qui a été réservé à notre accord dans le cadre des élections régionales qui étaient selon Martine Aubry . Il se trouve que nous demeurons attachés au respect de la parole donnée.       <br />
              <br />
       Dans ces conditions, le processus des primaires se trouve réduit à une question de casting. Face aux enjeux déterminants de ce monde, il est à craindre qu’une candidature qui ne serait que le produit des sondages ne pourra y répondre. Chacun sait que la république n’est pas soluble dans la démocratie d’opinion : nous plaçons le peuple dans une toute autre estime.       <br />
              <br />
       Il faut mettre la gauche en garde contre la tentation de se réfugier dans l’antisarkozysme pour 2012. L’antisarkozysme est une posture, cela n’en fait pas une politique. On ne répond pas aux défis de la crise d’une telle ampleur avec la crise de l’euro et le plan d’austérité qu’on nous prépare, en misant sur le désespoir légitime des Français face à la politique du gouvernement. A défaut, la gauche court le risque de connaître rapidement le soir qui déchante.        <br />
              <br />
       Nous avons l’obligation de regarder plus loin. Pour la gauche, il ne s’agit pas seulement de gagner en 2012. Pour la gauche, il s’agit de retrouver le peuple et de s’adresser à la Nation. La victoire ne serait que cosmétique si elle n’était pas d’abord bâtie par la force du projet.       <br />
              <br />
       C’est parce que le MRC veut une alternative sérieuse, réaliste et conséquente à Nicolas Sarkozy, que la candidature républicaine est une nécessité.        <br />
              <br />
       C’est le sens de notre programme de Salut public que notre congrès a choisi d’adopter. Parmi les 40 propositions qu’il contient, je veux citer quelques grands axes qui me paraissent significatifs :       <br />
       -	nous voulons un gouvernement économique de la zone euro qui s’affranchisse des règles absurdes qui la mettent aujourd’hui en péril. Il faut une politique monétaire au service de la croissance et de l’emploi, non une politique monétaire d’accompagnement du marché.       <br />
       -	nous voulons mettre un terme à la dictature du capitalisme financier en proposant, notamment, la nationalisation du crédit. Le crédit doit être envisagé pour ce qu’il est : un bien public qui ne saurait être abandonné à des intérêts privés. Ce  n’est pas une position dogmatique : nous sommes instruits par l’expérience et avons vu ce qu’ils en ont fait.       <br />
       -	nous voulons une politique industrielle volontariste, convaincus que la force de l’économie réside d’abord dans la production, la recherche et l’innovation. Nous devons revenir à cette grammaire : les pays qui aujourd’hui tirent leur épingle du jeu sont précisément ceux qui font de l’industrie une priorité.       <br />
       -	nous voulons une école de l’instruction et de la transmission des savoirs. Elle est un pari sur l’avenir, le moyen de former des citoyens libres disposant d’un esprit critique, capables de participer à la prospérité du pays.       <br />
       -	nous voulons une citoyenneté qui articule la réciprocité des droits et des devoirs. Oui nous assumons pleinement la sécurité dont doivent jouir tous les citoyens. Celle-ci ne doit pas être l’otage des émotions souvent instrumentalisées par le gouvernement. C’est tout le sens de la discipline républicaine.       <br />
       -	nous voulons une société débarrassée des fantasmes communautaires. Pour cela, notre Nation doit faire vivre son modèle de laïcité que la logique libérale met chaque jour en péril par l’individualisme triomphant. L’atomisation de la société se nourrit de l’incapacité de la France à accepter son propre destin : celle de la communauté des citoyens, libérée de l’obsession des origines. Notre modèle républicain est le meilleur antidote à toutes les conceptions communautaristes, de droite comme de gauche.        <br />
              <br />
       Avec son adoption, le congrès décide aujourd’hui de mettre ce programme de Salut Public en débat avec tous les Français. Ayons aussi l’immodestie de penser que ce projet bénéficiera d’un avantage comparatif évident : nous ne l’avons pas découvert dans une pochette surprise. Il est le fruit de notre histoire, de notre cohérence, de notre volonté. Vous connaissez la phrase de Madeleine Proust : « Quand on voit ce qu’on voit, quand on entend ce qu’on entend, on se dit qu'on a raison de penser ce qu’on pense et de n'en rien dire ».  Et nous, au MRC, nous le disons !       <br />
              <br />
       Malgré les ravages qu’elle produit, la crise que nous traversons a une vertu essentielle : celle de rendre pensable ce qui ne l’était plus. La crise constitue une opportunité à saisir pour proposer aux citoyens d’ouvrir un nouveau chemin.       <br />
              <br />
       Nous connaissons suffisamment bien les dommages collatéraux de la dialectique entre les archaïques et les modernes pour en avoir été longtemps victimes. La réalité a subi un tonitruant retournement : la social-démocratie et sa variante sociale-libérale ont pris un sacré coup de vieux. Elle se révèle impuissante, candide et obsolète. Politiquement, nous vivons la fin d’un cycle au terme duquel, le projet républicain réaffirme toute sa pertinence. Disons-le sans faiblir : ce sont nous, les Républicains, qui sommes redevenus modernes ! Ce sont eux, les libéraux, qui sont redevenus archaïques !       <br />
              <br />
       Mais une candidature républicaine n’est pas une candidature hors-sol. Que la République soit née à gauche ne procède pas d’un hasard. Elle est la substance de la société politique par excellence, l’affirmation qu’il y a du « plus que soi ». Elle est la prise en compte de l’humain comme être social, lié aux autres, dépositaire de l’intérêt général.       <br />
              <br />
       Le sens du combat républicain est plus que jamais opportun car la crise n’est pas seulement celle de l’économie. Elle est, plus profondément, celle du système libéral qui a mis en péril l’Etat et la puissance publique face au marché, mais aussi en faisant l’apologie de cet objet politique non identifié : l’introuvable société civile !        <br />
              <br />
       De ce projet est né la nécessité de proposer pour 2012 un candidat républicain qui devra aller à la rencontre du peuple.       <br />
              <br />
       En se rendant disponible, Jean-Pierre Chevènement fait un pas en avant vers la candidature républicaine. Son expérience, sa stature d’homme d’Etat, sa probité intellectuelle, lui permettent de se mettre en situation et de préparer cet objectif, non pas pour le MRC mais pour la France. Car nous le savons, l’élection présidentielle, c’est la rencontre entre un homme et la Nation.       <br />
              <br />
       En me proposant de lui succéder à la Présidence du MRC, je veux remercier Jean-Pierre Chevènement pour la confiance qu’il me témoigne. Je mesure la responsabilité qu’il me confie. Si le congrès le souhaite, je conduirai notre mouvement, avec le concours de tous, dans la clarté et la cohérence, pour préparer cette échéance, et l’accompagner.       <br />
              <br />
       Parce qu’il m’importe d’inscrire ce qui vient dans la fidélité et la continuité, je propose au congrès que Jean-Pierre Chevènement devienne notre Président d’honneur.        <br />
              <br />
       Le MRC doit se mobiliser pour le rendez-vous de 2012. La situation nous oblige collectivement et nous impose des tâches à la hauteur desquelles il nous appartient, et à nous seuls, de nous hisser.       <br />
              <br />
       Il nous revient de créer l’espace politique nécessaire pour rendre demain possible ce que la situation exige aujourd’hui.       <br />
              <br />
       Le chemin entamé il y a vingt ans, a été long, parfois douloureux. Si on a voulu nous faire disparaître, nous avons survécu et sommes debouts et vaillants. Si nous avons été confinés dans la marginalité au gré des événements, la période est nouvelle et ces événements ne manqueront pas pour l’avenir, d’être les plus fidèles de nos alliés.       <br />
              <br />
       « Aide-toi, le ciel t’aidera » n’est pas, malgré les apparences, un verset biblique, mais la morale d’une fable de La Fontaine « Le Charretier embourbé ». C’est aussi le nom d’une société jacobine née en 1827 et qui compta beaucoup dans la réussite des Trois glorieuses en juillet 1830. Voilà peut-être la maxime que le MRC doit faire sienne pour les deux années qui viennent.       <br />
              <br />
       Le MRC doit donc se mettre au travail et se dépenser sans compter. C’est dans cet esprit que la composition de la prochaine direction a été imaginée. A la mesure de l’ambition qui est la nôtre, nous devrons réunir les bonnes volontés et les envies pour nous mettre en situation d’ici 2012.       <br />
              <br />
       Conscient du défi qui nous attend, la composition de la direction nationale que je soumets à l’approbation du congrès s’inscrit dans le prolongement du travail réalisé depuis 2008. Elle témoigne aussi d’un nécessaire renouvèlement et ouvre au rassemblement de tous.       <br />
              <br />
       En lien avec Jean-Pierre Chevènement, j’ai souhaité constituer une EQUIPE.       <br />
              <br />
       L’EQUIPE est empruntée au langage marin. Au sens premier, c’est un équipage d’hommes et de femmes embarqués pour une aventure commune, qui suppose le dévouement et l’indéfectible solidarité. Je propose une EQUIPE opérationnelle qui devra faire preuve d’une implication et d’une disponibilité exemplaires. Ce Secrétariat national aura pour tâche de remplir les objectifs politiques fixés par le Congrès.       <br />
              <br />
       A mes côtés, Jean-Pierre Chevènement a proposé de créer une vice-présidence du MRC confiée à une femme de talent, une femme exigeante et solide : il s’agit de Marie-Françoise Bechtel.        <br />
              <br />
       En accord avec Jean-Pierre Chevènement, je vous propose d’élire également un 2ème vice-président en la personne de Christian Hutin, député-maire de Saint-Pôl-sur-Mer.       <br />
              <br />
       Au sein du Secrétariat national, un responsable aura la charge des parrainages pour 2012. Ce Secrétaire national animera le travail collectif que nous aurons à faire avec vous.       <br />
              <br />
       Je propose que le Secrétariat national comprenne un Secrétariat national exécutif qui se réunirait chaque semaine et un Secrétariat élargi qui serait constitué de membres issus de fédérations et qui se réunirait au moins deux fois par trimestre, pour être le lieu du débat, de la préparation de l’action et du travail sur le terrain. Par ailleurs, une conférence des premiers Secrétaires des Unions régionales et des fédérations importantes  sera créée par le Secrétariat national pour l’animation et le développement du MRC. Cette conférence dont l’idée revient à Marie-Françoise Bechtel, permettra de faire le lien entre la direction et l’action territoriale.       <br />
              <br />
       Avec cette équipe, si vous le souhaitez, je conduirai demain notre mouvement jusqu’à l’objectif de 2012 pour que la France, notre patrie, puisse reconquérir son destin. Nous disposons d’un dessein et d’une stratégie fidèles au sens de notre engagement. J’entends les servir avec chacun d’entre vous.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Le MRC pour un "candidat républicain" en 2012, Chevènement en première ligne</title>
   <updated>2010-06-27T14:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Le-MRC-pour-un-candidat-republicain-en-2012-Chevenement-en-premiere-ligne_a172.html</id>
   <category term="Actualités" />
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   <published>2010-06-27T14:05:00+02:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dépêche AFP, dimanche 27 juin 2010, 13h15.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/2191569-3055238.jpg?v=1289529572" alt="Le MRC pour un "candidat républicain" en 2012, Chevènement en première ligne" title="Le MRC pour un "candidat républicain" en 2012, Chevènement en première ligne" />
     </div>
     <div>
      Le Mouvement républicain et citoyen (MRC), regrettant la tournure qu'ont prise les primaires, a décidé de soutenir un &quot;candidat républicain&quot; pour la présidentielle de 2012 qui pourrait bien être Jean-Pierre Chevènement, désormais président d'honneur du parti.       <br />
              <br />
       Lors du 5e congrès du MRC ce week-end à Paris, à l'Auditorium George V (VIIIe arr.), les quelque 200 délégués ont voté à la quasi-unanimité pour &quot;se préparer à présenter un candidat républicain&quot; à cette &quot;élection primordiale, la mère des batailles&quot;, selon les mots de l'ancien ministre de la Défense et de l'Intérieur.       <br />
              <br />
       &quot;Nous avions répondu oui aux primaires de toute la gauche dès lors qu'un contenu politique précédait les primaires proprement dites&quot;, a expliqué à la tribune Jean-Luc Laurent élu, à 53 ans, nouveau président du MRC à 91,7%.       <br />
              <br />
       Un &quot;score pas tout à fait biélorusse&quot;, s'est amusé son prédécesseur, M. Chevènement, élu, lui, à 71 ans et à l'unanimité, président d'honneur.       <br />
              <br />
       Mais il n'est pas question de &quot;participer aux primaires dans les conditions définies par le PS, entraînant inéluctablement notre ralliement automatique au candidat socialiste sans connaissance ni discussion du projet&quot;, a ajouté M. Laurent, maire du Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne).       <br />
              <br />
       Dénonçant un PS qui &quot;nous écrase&quot; et &quot;reste prisonnier d'une vision libérale et européiste dépassée&quot;, M. Chevènement a estimé, devant le secrétaire national PS aux élections Christophe Borgel, que ces primaires risquaient de &quot;se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages&quot; après le &quot;pacte&quot; Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn, Ségolène Royal.       <br />
              <br />
       Face à la crise du capitalisme financier et &quot;la crise de la monnaie unique que nous avions prévue depuis sa création&quot;, le MRC propose donc un &quot;programme de salut public&quot; en 40 propositions.       <br />
              <br />
       &quot;Nous voulons faire la révolution&quot;, c'est-à-dire &quot;remettre les choses à l'endroit&quot; et &quot;faire passer le souci de l'Homme avant celui de la finance&quot;, a lancé &quot;le Che&quot; comme l'appellent certains délégués, se prononçant notamment pour &quot;une monnaie qui n'écrase pas notre compétitivité&quot; et une &quot;mise en oeuvre d'un contrôle public du crédit&quot;.       <br />
              <br />
       Dans un parti qui reproche au PS d'avoir renié les accords électoraux aux régionales (19 élus obtenus au lieu de 26 prévus), la candidature de M. Chevènement qui doit rencontrer Martine Aubry en juillet, semble donc se profiler.       <br />
              <br />
       &quot;Son expérience, sa stature d'homme d'Etat, sa probité lui permettent de se mettre en situation et de préparer cet objectif, non pas pour le MRC mais pour la France&quot;, a affirmé M. Laurent, très applaudi.       <br />
              <br />
       En devenant président d'honneur, M. Chevènement qui avait obtenu 5,3% des voix en 2002 et soutenu Ségolène Royal en 2007, se rend &quot;disponible le cas échéant&quot; pour 2012, selon Julien Landfried, secrétaire national MRC à la communication qui a déjà réservé les noms de domaine &quot;www.chevenement2012.fr&quot; et &quot;www.chevenement2012.com&quot;.       <br />
              <br />
       Avant d'entonner la Marseillaise à la fin de son discours, l'intéressé, lui, a assuré ne &quot;rien exclure&quot;, n'étant &quot;animé que par le souci de servir (s)on pays&quot;. &quot;Certes je ne suis plus jeune, mais l'expérience est irremplaçable&quot;, a dit l'ex-ministre de Lionel Jospin, récusant &quot;le procès ridicule qui (lui) a été fait d'avoir fait perdre le candidat socialiste&quot; en 2002.       <br />
              <br />
       Mais une autre ambition pourrait changer la donne. Selon un proche du sénateur de Belfort, &quot;M. Chevènement pourrait être un bon candidat à la présidence du Sénat&quot; en cas de basculement à gauche aux sénatoriales de 2011, car il est &quot;respecté à droite et apparaîtrait comme une candidature d'équilibre&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Le-MRC-pour-un-candidat-republicain-en-2012-Chevenement-en-premiere-ligne_a172.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La France à la reconquête de son destin</title>
   <updated>2013-02-24T15:13:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a171.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2010-06-27T13:00:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Discours de clôture de Jean-Pierre Chevènement au Congrès du Mouvement Républicain et Citoyen, Paris, dimanche 27 juin 2010.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/2191524-3055143.jpg?v=1289529572" alt="La France à la reconquête de son destin" title="La France à la reconquête de son destin" />
     </div>
     <div>
      Dans moins de deux ans d’ici, l’élection présidentielle qui est, dans le système politique français, l’élection primordiale, « la mère des batailles » en quelque sorte, nous donnera, si nous le voulons, l’occasion de peser pour redonner à notre pays, non pas un futur comme aujourd’hui, mais un avenir.       <br />
              <br />
       Le MRC est avant tout une ligne politique, indissociablement au service du monde du travail et au service de la France, continue dans la durée, à la fois cohérente et exigeante, ambitieuse enfin pour la République et pour la nation. Je vous parlerai de la crise qui est devant nous, des perspectives qu’elle offre à notre projet et enfin des moyens que nous avons de peser d’ici 2012 et après.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – La crise</b>       <br />
              <br />
       Elle est fondamentalement celle du capitalisme financier dont nous avons combattu la mise en place en France et en Europe, dès 1983. Elle est aussi la crise de la monnaie unique, celle de l’euro que nous avions prévue depuis la création de celui-ci en 1992 par le traité de Maastricht. Il n’y avait pas besoin d’être grand clerc pour deviner que l’abandon de la souveraineté monétaire à une Banque Centrale européenne indépendante, copiée sur le modèle allemand de la Bundesbank, conduirait à des tensions insupportables dans une Europe faite de nations diverses, aux structures économiques et aux cultures différentes, et aux politiques économiques souvent divergentes.       <br />
              <br />
       A ce pari fou sur une convergence économique improbable des nations dans la zone euro, nous avons dès le départ manifesté une opposition solidement argumentée, non pas contre l’Europe mais pour une Europe des peuples avec leurs nations et non pas sans elles, voire contre elles. L’heure des comptes est arrivée. L’arrogance de nos élites bien-pensantes perd déjà de sa superbe.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(La vidéo intégrale du discours)</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      https://www.mrc-france.org/video/<object type="application/x-shockwave-flash" id="104896" data="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942" width="432" height="243"><param name="movie" value="http://www.chevenement.fr/v/34b1bb00f2c040992badafe7acaf022216d74942"><param name="allowscriptaccess" value="always"><param name="allowfullscreen" value="true"><param name="quality" value="high" /></object>     </div>
     <div>
      1.	La crise du capitalisme financier est inséparable de la déréglementation néolibérale mise en oeuvre dans le monde anglo-saxon d’abord par Mme Thatcher et M. Reagan, en Europe ensuite en vertu des traités européens et particulièrement de l’Acte Unique de 1987. Au nom de la « concurrence », trois cents directives européennes ont interdit les politiques industrielles et cassé les services publics. La seule régulation admise était celle du capital dont la liberté de mouvement, y compris vis-à-vis des pays tiers, a été consacrée le 1er janvier 1990. Tout le pouvoir aux actionnaires !        <br />
              <br />
       Leurs exigences de rentabilité ont fini par commander tous les choix économiques. Les délocalisations industrielles s’ensuivirent. L’épargne française s’est envolée à l’étranger, les capitaux investis à l’extérieur passant de 80 milliards d’euros en 1982 à 880 milliards en 2006, soit onze fois plus. Les effectifs employés dans l’industrie française ont fondu dans le même temps de 6 millions à 3,5 millions. Une quasi stagnation industrielle a marqué les deux dernières décennies, installant notre pays dans un chômage de masse (10 %), frappant particulièrement les jeunes (20 %).       <br />
              <br />
       Le capitalisme financier à l’anglo-saxonne est entré, depuis 2007, dans une crise de longue durée. Il a vu son principe se retourner contre lui avec la crise des subprimes. L’Hyperpuissance américaine, qui soutient le capitalisme financier comme la clé de voûte la cathédrale, s’est enlisée militairement et financièrement. Obama solde les comptes de G.W .Bush.       <br />
              <br />
       Dès le 4 septembre 2001, <a class="link" href="http://www.chevenement.fr/Discours-de-Vincennes_a30.html">je vous avais dit à Vincennes</a> « Les marchés financiers ne sont pas l’horizon de l’Humanité. Ce sont les nations et les peuples qui font la permanence de l’Histoire ». Nous y sommes. Notre motion d’orientation fait une large place à l’analyse de cette crise que nous avions vu venir depuis longtemps, et en particulier à la situation de l’Europe prise en étau dans les tenailles du G2, ou si vous préférez de la « Chinamérique », je veux dire l’alliance objective des Etats-Unis, dont la monnaie - le dollar - est aussi la monnaie mondiale, et de la Chine qui a bâti sa croissance, tirée par l’exportation, sur l’exploitation par les multinationales d’une immense armée de réserve industrielle dont la qualité est d’ailleurs indéniable.        <br />
              <br />
       Le centre de gravité du monde a glissé vers le Pacifique. L’Europe est devenue un continent périphérique. Le traité de Lisbonne a achevé de la réduire à l’impuissance, à travers un mécanisme décisionnel opaque et inopérant. Quel échec  tous égards pour les prophètes de Maastricht !       <br />
              <br />
              <br />
       2.	La crise de l’euro manifeste la fragilité pour ne pas dire l’absurdité d’une construction européenne fondée sur la négation des nations et de leur irréductible diversité. Les marchés financiers s’en prennent au maillon faible, c’est-à-dire aux Etats de la zone euro, à commencer par ceux qui sont les plus endettés. Il est loin le temps où le général de Gaulle déclarait « la politique de la France ne se fait pas à la corbeille ».       <br />
              <br />
       Invité à une émission de télévision, en février 2009, le Président de la République déclarait : « J’observe tous les jours l’évolution de ce qu’on appelle les « spreads », les primes de risque sur un certain nombre de pays. » Monnaie unique ou pas, la pression des marchés financiers recrée, non plus entre les monnaies mais entre les Etats, les tensions que reflétaient autrefois – avant 1999-, les parités monétaires affrontées à la spéculation. Quel désaveu pour cette monnaie unique, dès le départ mal pensée !       <br />
              <br />
       L’erreur initiale de la monnaie unique conçue à Maastricht et même avant, dès 1989, a été de faire comme si les nations n’existaient pas. La souveraineté monétaire de chaque pays a été transférée à une instance déconnectée du suffrage universel, la Banque Centrale Européenne indépendante, sans qu’ait été mis en place un gouvernement économique de la zone euro dont le rôle eût été de ne pas laisser se creuser les écarts de compétitivité entre les différents pays et d’ouvrir à tous un sentier de croissance partagé. Le mot « gouvernement économique » semble aujourd’hui accepté, y compris par Mme Merkel mais les interprétations divergent du tout au tout quant à son contenu.       <br />
              <br />
       Le Fonds européen de stabilisation financière, mis en place le 9 mai dernier, n’est pas un remède suffisant à la crise de l’euro. J’observe en effet que contre l’avis initial de la France, l’Allemagne a obtenu que chaque pays ne garantisse les futures levées d’argent qu’à hauteur de sa contribution au Fonds.       <br />
              <br />
       Le refus de la solidarité financière des Etats pour la mise en œuvre de plans de sauvetage éventuels est une grave faute. Un tel dispositif, en cas de crise grave, favorisera le creusement d’écarts de taux entre les différents pays. Bref, il aggravera la crise ! L’Europe navigue sur un volcan ! Ces Etats peuvent être acculés à la faillite par la pression des marchés. La responsabilité de tous ceux qui ont soutenu le traité de Maastricht et encore hier approuvé le traité de Lisbonne est engagée. « l’autocritique doit être partagée » entre le PS et l’UMP. Pour autant je ne pense pas qu’il faille faire la politique du pire en prenant par avance son parti du défaut possible de tel ou tel pays et de l’éclatement de la zone euro. La monnaie unique est devenue réalité. Elle a coûté beaucoup de sacrifices. Mais elle a eu aussi beaucoup d’inconvénients : un euro trop fort pénalise nos exportations et favorise les délocalisations industrielles. Certes, là où la BCE avait échoué : obtenir une parité un peu plus réaliste, la crise actuelle a provisoirement réussi mais la méthode n’est pas satisfaisante ! Elle est même franchement insuffisante. Nous sommes partisan de défendre la zone euro dans son intégrité mais en changeant les règles du jeu, en introduisant par exemple la croissance et l’emploi parmi les objectifs de la BCE. Le modèle américain, quoi ! Or, un concours de plans de rigueur s’organise dans toute la zone euro sous la pression des marchés financiers et à l’initiative de Mme Merkel. Il est sans doute nécessaire de responsabiliser les Etats. Solidarité de l’Europe et responsabilité des Etats sont deux principes qui doivent aller de pair.       <br />
              <br />
       Mais on ne peut raisonnablement demander à la Grèce de réduire son déficit de 13,6 % de son PIB en 2009 à 3 % d’ici à 2013. L’Irlande a de même un déficit de 13,4 %, le Portugal de 9,4 %, l’Espagne de 11,2 %. La purge imposée à ces pays, blocage voire diminution des salaires et des retraites à la clé, n’a aucune chance de réussir en si peu de temps.       <br />
              <br />
       En France, les engagements pris – réduire de 100 milliards notre déficit budgétaire d’ici 2013 - risquent de casser la reprise. Il eût fallu distinguer la bonne dette et la mauvaise : la bonne qui prépare l’avenir à travers l’investissement, et la mauvaise qui couvre les frais de fonctionnement et qu’il faut effectivement supprimer. Mais tout cela ne peut se faire sur le dos du monde du travail. Une réforme fiscale de grande ampleur s’impose. On ne peut pas non plus, pour équilibrer nos régimes de retraites mais aussi pour calmer les marchés financiers, remettre en cause la conquête essentielle qu’a été pour la classe ouvrière la retraite à soixante ans. L’espérance de vie pour les ouvriers est de sept ans inférieure à la moyenne. Nous demandons que pour les ouvriers de l’industrie, l’âge de départ à la retraite soit maintenu à soixante ans. Ce sera une bonne manière de revaloriser à la fois le travail et l’industrie.       <br />
              <br />
       Joseph Stiglitz l’a dit clairement « Si l’Union européenne continue dans la voie d’un plan coordonné d’austérité, elle court au désastre. Nous savons, depuis la Grande Dépression des années trente, que ce n’est pas ce qu’il faut faire ! ». Le pronostic de Joseph Stiglitz pour la monnaie unique est pessimiste. Je le cite « Pour Athènes, Madrid ou Lisbonne se posera sérieusement la question de savoir s’ils ont intérêt à poursuivre le plan d’austérité imposé par le FMI et par Bruxelles, ou au contraire, à redevenir maîtres de leur politique monétaire. » Le Président de la BCE a déclaré qu’il n’avait pas de plan B. Est-ce prudent ? Je ne le crois pas. Il faut préparer un plan B. Il n’est pas nécessaire de le dire. Mais il faut le faire.       <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a fait malheureusement à Mme Merkel deux concessions majeures en acceptant :       <br />
              <br />
       -	que le droit de vote d’un pays au sein du Conseil européen puisse être suspendu pour laxisme, en contravention avec les traités existants ;        <br />
       -	que la coordination économique et budgétaire s’opère au niveau de l’Union à vingt-sept, et pas au niveau des seize pays qui ont adopté la monnaie unique où se pose justement ce problème, les onze autres pays qui ont gardé leur monnaie pouvant procéder à des ajustements monétaires.       <br />
              <br />
       Même suivisme pour constitutionnaliser l’interdiction du déficit budgétaire. Cette reculade est inquiétante. M. Trichet a proposé un « fédéralisme budgétaire » qui priverait les Parlements nationaux de leur prérogative essentielle : le vote du budget de la nation. Ce n’est pas ainsi qu’on remédiera au déficit démocratique des institutions européennes.       <br />
              <br />
       Nous ne saurions accepter l’idée d’un visa préalable de la Commission européenne sur les budgets nationaux. C’est le Parlement qui vote le budget et personne d’autre. Monsieur Trichet sort de son rôle quand il parle de « fédéralisme budgétaire ». Ce discours ne peut avoir qu’un sens : soustraire à la délibération des Parlements l’élaboration des budgets. C’est une remise en cause fondamentale de la démocratie. Parler de fédéralisme relève de l’intoxication.        <br />
              <br />
       Celui-ci est impraticable : le budget européen dépasse à peine 1 % du PIB européen. Le taux moyen des prélèvements obligatoires en Europe est d’environ 40 %. Le mot « fédéralisme » dissimule en réalité la volonté de priver les peuples de toute possibilité d’expression et d’influence politique.       <br />
              <br />
       Ce qui serait raisonnable ce serait un processus itératif : le Conseil européen approuverait un cadre général de prévisions macroéconomiques, éventuellement ventilé par pays. Il reviendrait aux Parlements nationaux de délibérer et d’établir une programmation, d’ailleurs révisable, des recettes et des dépenses. En cas de désaccord, le Conseil européen chercherait à dégager un compromis, à charge par le gouvernement concerné de le faire ratifier par son Parlement. Il s’agirait donc d’un document de programmation concernant l’évolution de l’économie dans son ensemble aussi bien que celle des Finances publiques. Les parlements continueraient, dans ce cadre, à voter le budget.       <br />
              <br />
       Le gouvernement allemand devrait être incité à infléchir sa politique en relâchant la pression qu’il exerce notamment sur l’évolution des normes salariales. Sans doute est-ce là d’abord l’affaire du patronat et des syndicats. Mais dans le passé le gouvernement allemand n’a-t-il pas impulsé des plans comme l’Agenda 2010 ou les différents plans Harz, du nom du conseiller économique de M. Schröder ?       <br />
              <br />
       De même, la BCE devrait-elle être encouragée à ouvrir davantage le robinet monétaire, en prenant en pension, en cas de besoin manifeste et comme elle l’a déjà fait occasionnellement pour les titres de l’Etat grec, les titres d’emprunt d’Etat de façon à stopper la spéculation. Il y a là un vrai mécanisme de solidarité européenne défensive. Sur ce sujet, il est important qu’un accord intervienne entre la France et l’Allemagne avant le remplacement de M. Trichet à la tête de la BCE. M. Axel Weber, président de la Bundesbank, s’il est nommé à la place, doit l’être sur la base d’un contrat. La cohésion franco-allemande est sans doute nécessaire, mais elle ne saurait se confondre avec l’alignement !       <br />
              <br />
       On ne peut que regretter rétrospectivement le projet de monnaie commune soutenu en 1990 par la Grande-Bretagne, dit encore « hard écu », la monnaie commune ayant cours vers l’extérieur et laissant subsister, à l’intérieur, des monnaies nationales inconvertibles autrement qu’à travers un accord politique fixant leur parité par rapport à la monnaie commune. Ce système simple permettait, sous un « toit européen » commun, les ajustements monétaires rendus nécessaires par les évolutions divergentes que le pacte de stabilité de 1997, rudimentaire et arbitraire, n’a pas permis d’empêcher et qu’on ne pourra jamais empêcher, car ils sont enracinés dans les comportements nationaux façonnés par des siècles d’Histoire.       <br />
              <br />
              <br />
       La situation st aujourd’hui gravissime. Après la Grèce, ce peut être le tour d’un grand pays comme l’Espagne et ensuite le détricotage de toute la zone euro. Nous devons nous préparer à toutes les hypothèses en nous efforçant d’approfondir le dialogue avec l’Allemagne et d’élaborer des positions communes, y compris des scénarios alternatifs.        <br />
              <br />
       Nous savons ce que nous ne voulons pas : il ne serait pas réaliste et même franchement contraire à l’intérêt national de vouloir redécouper la zone euro pour en exclure les pays autrefois désignés comme « pays du club Med ». La France ne pourrait pas accepter une union monétaire à cinq ou six avec l’Allemagne et le Benelux. Ce qui reste de notre industrie n’y résisterait pas. Ce serait inacceptable pour l’idée que nous nous faisons de l’Europe. Nous devrons le faire savoir à nos amis allemands. La zone euro doit être défendue dans ses limites actuelles. Il serait inacceptable de revenir à la conception d’un noyau dur à cinq (Allemagne-Benelux-France) tel que proposé en 1994.        <br />
              <br />
       Pouvons-nous faire confiance aux milieux dirigeants français, toutes tendances confondues, pour manifester une telle volonté ? Non, nous ne le pouvons pas ! Ils ont trop investi sur l’Europe de Maastricht et sur la monnaie unique. Leur orgueil nourrit leur aveuglement. Nos élites, comme dans les années trente, manquent de confiance en la France. Voilà pourquoi nous devons peser. Ici et maintenant !        <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Notre projet</b>       <br />
              <br />
       Notre projet est clairement de refaire de la France un grand pays industriel et technologique. Pour cela nous n’avons aucune confiance dans ceux qui nous ont fourvoyés.  Combien d’emplois ont créés en France depuis dix ans les entreprises du CAC40 ? A ma connaissance, aucun. Elles se développent à l’étranger. Nos dirigeants manifestent tous les jours à quel point ils ne croient pas en l’avenir de la France. Et nous, nous voulons rendre confiance à la France et à sa jeunesse. Nous voulons rendre à la France une éthique républicaine exigeante, et avec elle sa fierté et son ambition.       <br />
              <br />
       C’est possible ! Nos atouts restent immenses et d’abord dans la formation, la recherche, l’innovation, et ensuite dans notre épargne, l’une des plus élevées du monde ! Ce qui manque c’est la volonté de créer un cadre propice à la valorisation des atouts de la France. Notre mot d’ordre est le même qu’en 1981 : d’abord l’emploi !       <br />
              <br />
       Nous disons non à la dictature de l’Argent ! Non à « l’acquisition de la valeur par l’actionnaire », comme disent nos financiers. Nous voulons faire la Révolution. Au sens étymologique du terme : remettre les choses à l’endroit. Faire passer le souci de l’Homme avant celui de la Finance.        <br />
              <br />
       Ce n’est pas si difficile que cela :       <br />
              <br />
       -	Il nous faut d’abord une monnaie qui n’écrase pas notre compétitivité.       <br />
       -	Et nous devons imaginer et mettre en œuvre un contrôle public du crédit, afin de soustraire le développement de nos entreprises à la dictature du court terme et à la myopie de nos élites financières.       <br />
              <br />
       Voilà le projet de salut public qui éclaire nos quarante propositions.       <br />
              <br />
       Nous voulons une autre Europe, fondée sur la démocratie qui vit dans les nations. Nous voulons une ligue de peuples étendue jusqu’à la Russie. Nous devons organiser la « résilience » de l’Europe. Certes, les temps où l’Europe dominait le monde sont définitivement derrière nous. Nous nous réjouissons du développement légitime de grands pays milliardaires en hommes. Mais pas au prix de la destruction de notre industrie, de notre modèle social et de notre avenir !       <br />
              <br />
       Je suis persuadé qu’un projet commun peut réunir Paris et Berlin vers la Russie d’une part, vers la Méditerranée et l’Afrique d’autre part. Et ce projet européen peut associer Rome, Madrid, Varsovie, et d’ailleurs toutes les autres capitales européennes. C’est de la « résilience » de l’Europe qu’il s’agit, bref de la survie d’un ensemble de nations libres, démocratiques et que nous voulons maintenir prospères. Oui le moment approche où il faudra repenser ce que le mot « Europe » veut dire !       <br />
              <br />
       Il faut faire bouger les lignes. Que le vrai débat s’ouvre. Nos élites ne comprennent qu’un langage : celui des rapports de forces. Nous sommes seuls ? Mais ouvrons les yeux : en Europe, les peuples n’acceptent pas la purge. Les Etats-Unis d’Obama non plus, qui ont besoin d’une locomotive européenne pour les aider à combler leurs déficits.        <br />
              <br />
       Regardons le calendrier : après 2012 en France, il y a en Allemagne 2013, l’échéance des élections générales ! Or, la gauche allemande reprend du poil de la bête, même si ses divisions entre le SPD, die Linke et les Verts constituent pour elle un handicap historique. Une France progressiste pourrait l’aider à surmonter ce handicap. Parions que de toute façon les évènements feront bouger les mentalités chez notre grand voisin. À condition que la France se tienne et qu’elle joue son rôle, celui de la nation forte qu’elle a été et qu’elle doit redevenir !       <br />
              <br />
       Je ne m’étends pas davantage sur notre projet : Il est de rendre la France exemplaire !       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – Comment peser ?</b>       <br />
              <br />
       1. Comment d'abord mettre la France à la hauteur des formidables défis qui sont devant nous ?        <br />
              <br />
       Je ne dirai que peu de mots de Nicolas Sarkozy. Sa fonction n’est pas en cause. Il a été élu démocratiquement Président de la République. Mais c’est son projet, libéral, européiste et atlantiste que nous combattons. Il ne met pas la France sur la bonne pente. Nicolas Sarkozy peut être battu, mais il n’y a pas aujourd’hui d’alternative politiquement et intellectuellement construite : Le Parti socialiste reste prisonnier d’une vision libérale et européiste dépassée. Comme hier avec les Verts, au sein de la « gauche plurielle », l’alliance avec Europe Ecologie pose problème. Certes, sur divers sujets de société ou même de politique extérieure, et sur les questions environnementales, nous pouvons trouver des convergences ou des compromis avec cette formation, mais sa thématique (décroissance, sortie du nucléaire, rejet de la philosophie des Lumières, au nom de la contestation du « progrès »), tourne trop souvent le dos aux orientations d’une politique de salut public.       <br />
              <br />
       Comment, dans ces conditions, substituer une régulation politique à la dictature des marchés financiers, sinon en se tournant vers le peuple lui-même ? C’est tout simplement notre devoir, car il faut que notre peuple soit à nouveau rendu maître de son avenir.       <br />
              <br />
       2. Nous devons donc remédier à l’insuffisance de l’offre politique.        <br />
              <br />
       Non que les hommes ou les femmes qui prétendent à concourir soient médiocres.        <br />
              <br />
       Nicolas Sarkozy a des défauts, mais il a aussi d’incontestables qualités, d’habileté et de pragmatisme. Cela ne suffit pas. Dominique de Villepin a beaucoup de qualités, mais il a aussi quelques défauts, par exemple d’avoir gardé sa carte à l’UMP.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous nous tourner en confiance vers le PS ? Martine Aubry est une femme énergique. Elle donne le sentiment de savoir où elle va mais si son projet rencontrait le nôtre, elle ne nous marcherait pas sur les pieds tous les jours.        <br />
              <br />
       Je ne reviendrai pas sur les régionales où neuf de nos candidats, placés en position éligible et inamovible, aux termes mêmes de l’accord dûment paraphé par Martine et par moi-même, ont été purement et simplement éjectés entre les deux tours.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les élections européennes où les conversations engagées ont tourné court, du fait du PS.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien sur les municipales où quand nous sommes en position forte, comme à Belfort, nous devons affronter une liste socialiste au premier tour. Encore, avec 13 % se désiste-t-elle au second tour pour la liste conduite par Etienne Butzbach qui l’avait nettement devancée au premier avec 33 % des voix.       <br />
              <br />
       Rien de tel aux sénatoriales, où le Président du Conseil général socialiste se maintient contre moi au deuxième tour bien que je l’aie devancé au premier. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêché d’être élu contre le candidat de l’UMP, ce qui est normal, et contre celui du PS, ce qui ne l’est pas du tout.        <br />
              <br />
       Bref, le Parti socialiste ne nous tolère que lorsque cela lui est utile ou qu’il y est contraint. Autrement, il nous écrase. Il ne reconnaît pas la légitimité du débat qui nous oppose à lui sur maints sujets. Il est incapable d’une autocritique sérieuse, sur Maastricht par exemple ou sur 2002 où il nous transforme en bouc émissaire commode pour ne pas avoir à remettre en cause la ligne politique qui l’a conduit à la défaite. Il délaisse le social pour le sociétal et au point où il est parvenu, il transformerait volontiers la gauche en organisation caritative.       <br />
              <br />
       Dominique Strauss-Kahn, a de remarquables facilités intellectuelles. Comme Martine Aubry, je le connais bien. Nous avons eu longtemps des relations sympathiques. Sauf sur la politique industrielle, sur l’Europe dont, dans un rapport remis à Romano Prodi en 2004, il voulait faire une nation, thèse peu sérieuse pour un candidat potentiel à la Présidence de la République française, sauf enfin sur les plans de rigueur qu’il administre à la tête du FMI. Au sein de celui-ci, les Etats-Unis disposent d’une minorité de blocage. Etait-il si prudent de les introduire dans la bergerie européenne ? Et de mettre d’éventuels plans de sauvetage de l’euro sous tutelle américaine ?        <br />
              <br />
       Ségolène Royal est courageuse. Sa personnalité est charismatique. Elle n’a malheureusement pas respecté jusqu’au bout l’accord politique qui la liait à nous.        <br />
              <br />
       François Hollande est talentueux. C’est le meilleur orateur chez les socialistes. J’ajoute, à titre personnel, qu’il est très sympathique. Mais sur l’essentiel, ces quatre-là pensent la même chose. Ce sont des sociaux-libéraux. Ils ne voient rien, au-delà de l’horizon des marchés financiers. C’est embêtant.        <br />
              <br />
       Je ne dirai rien du Parti communiste et du Parti de gauche. Il faut d’abord qu’ils s’entendent sur la procédure.       <br />
              <br />
       3. Nous avions un moment envisagé, avec circonspection mais esprit d’ouverture, des primaires de toute la gauche. Elles n’auraient été possibles que sur la base d’un dessein à peu près partagé. Sinon le désistement n’aurait eu que le sens d’un ralliement. En sommes-nous là aujourd’hui ? Certainement pas. Il faut donc faire bouger les lignes !       <br />
              <br />
       Par ailleurs, il faudrait bien sûr un accord sur l’organisation de ces primaires. Mais les dirigeants du PS n’ont-ils pas commencé à vider eux-mêmes ces « primaires » de leur substance en passant par avance des pactes de désistement ? Pacte de Marrakech entre Dominique Strauss Kahn et Martine Aubry … Pacte du Boulevard Raspail où se sont rencontrées Ségolène Royal et Martine Aubry … François Hollande lui-même exprime sa crainte de passer pour un « diviseur » s’il se présente à ces primaires ! Bonjour l’ambiance !       <br />
              <br />
       Bref, les choses de ce côté là ne sont pas mûres … Il faudrait que sur tous les sujets de fond s’engage un débat fracassant !  Sinon ces primaires risquent de se résumer à une campagne médiatique arbitrée par les sondages.       <br />
              <br />
       Pouvons-nous changer la donne ?       <br />
              <br />
       4. Devant tant d’incertitudes, nous devons prendre nos résolutions.  Pour faire bouger les lignes et engager un débat sur le fond, le MRC doit se préparer à présenter un candidat républicain – je cite notre motion d’orientation. C’est la seule manière de faire que 2012 soit le début de la reconquête par la France de son destin.       <br />
              <br />
       La tâche est infiniment rude car la gravité de la situation financière va très vite mettre le salut public à l’ordre du jour. Ce n’est pas seulement une candidature républicaine qui fera bouger les lignes. Ce seront les évènements eux-mêmes. Pour préparer l’avenir d’une Europe des peuples, avec en son cœur une compréhension franco-allemande renforcée, il faut une France forte et une France capable de raisonner mondial. La crise du capitalisme financier mondialisé implique en effet une réponse mondiale. Notre meilleur allié aujourd’hui s’appelle Obama. Car le Président américain doit résorber les énormes déficits de la balance commerciale (700 milliards de dollars) et du budget général américain (12 % du PIB !).       <br />
              <br />
       Il ne le peut qu’à travers une croissance forte, non seulement aux Etats-Unis mais dans le reste du monde. Il doit pouvoir compter sur une France  capable de jouer son rôle de contrepoids en Europe, dans l’intérêt de l’Europe et de l’Allemagne elle-même. Car celle-ci réalise 60 % de son excédent commercial sur la zone euro. L’Allemagne aussi a ses problèmes. Elle connaît notamment une précarité grandissante. Une relance de la demande intérieure, y compris par la voie salariale, peut ranimer la croissance allemande. Bref un compromis européen est nécessaire à tous égards, y compris pour aider les Etats-Unis à surmonter leur crise.       <br />
              <br />
       Voilà le discours que devrait tenir un candidat républicain, animé d’une vision qui réponde à l’intérêt national mais plus largement encore à l’intérêt de l’Humanité tout entière dans cette période historique dangereuse où la guerre peut, comme dans toutes les périodes de crise, à tout moment, surgir à l’horizon.       <br />
              <br />
       5. Qui peut nous inspirer confiance dans ces circonstances difficiles ? Objectivement, il n’y a pas beaucoup d’hommes d’Etat à l’horizon. Certes on ne naît pas homme d’Etat. On le devient. Je suggère que nous ne prenions pas aujourd’hui de décision précipitée sur la personne du candidat républicain dont la France a besoin et que nous soutiendrons. Un candidat à la Présidence de la République peut être soutenu par un parti. Mais il ne peut être le candidat d’un parti. Pour ma part, vous le savez, je n’ai jamais été tenaillé depuis l’adolescence par l’envie rentrée de devenir Président de la République. Je n’ai pas calibré ma carrière en conséquence.       <br />
              <br />
       Je me suis borné à une fonction d’instituteur républicain, en quelque sorte, au sens étymologique du terme. Si je me suis résolu à être candidat en 2002, c’est pour témoigner d’une vision républicaine qui n’était portée par aucun autre. Je ne retire rien des vues que j’ai exprimées qui n’avaient en général que le défaut d’être prémonitoires. Sur l’Europe par exemple.       <br />
              <br />
       Je récuse évidemment le procès imbécile qui m’a été fait d’avoir fait perdre le candidat socialiste. Si 11 % des ouvriers seulement ont voté pour lui, ce n’est quand même pas la faute de Chevènement. Trêve donc de balivernes ! En démocratie il est légitime de porter le débat devant l’électeur.       <br />
              <br />
       Aujourd’hui, je ne veux rien exclure. Certes, je ne suis plus jeune. Mais l’expérience est irremplaçable. Depuis quarante ans, depuis le Congrès d’Epinay, j’ai vu qui était qui, qui faisait quoi. J’ai compris beaucoup de choses. Et je ne suis animé que par le souci de servir mon pays. J’observe qu’en 1917, Clemenceau avait soixante-dix-sept ans. Quelle leçon d’énergie il a laissée ! Celle-ci serait aujourd’hui bien nécessaire !       <br />
              <br />
       6. Quel profil d’ailleurs doit avoir un Président de la République par les temps qui courent ?       <br />
              <br />
       La hauteur de vues, c’est le principal.       <br />
       La volonté ensuite de rétablir dans l’Etat une stricte déontologie républicaine.        <br />
       Le souci enfin d’aller à l’essentiel, en laissant le Premier ministre gouverner et recevoir, par exemple, Thierry Henry.       <br />
              <br />
       Bref, du grand classique ! En outre, le souci de rassembler largement, sans sectarisme  et sans démagogie, car le Président de la République doit être « l’Homme de la Nation » et pas celui d’un parti. C’est ce qui est embêtant aujourd’hui : les institutions de la Vème République n’étaient pas faites pour être ainsi confisquées par deux partis. Il faudrait donner un peu d’air à tout cela ! Voilà pour le profil du candidat.       <br />
              <br />
       7. Le moment est-il venu de décider ? Chacun comprendra qu’il faut créer d’abord un espace politique. C’est là votre mission. Pour ma part, je porterai dans le pays le message de la République à chaque occasion       <br />
              <br />
       Comment créer cet espace politique ? Je ne vois qu’un moyen : convaincre nos concitoyens que ceux qui les ont fourvoyés depuis Maastricht, et même avant et jusqu’à Lisbonne en 2008, ne sont pas les mieux placés pour solliciter leur confiance. Faites donc entendre le langage de la vérité ! Vous le connaissez ! Faites connaître nos analyses et notre projet. Sachez que pour ma part, je suis disponible !  Alors, vous verrez, d'ici un an, vous ferez bouger les lignes. C’est ainsi que vous ferez revivre la République, que vous aiderez au grand retour de la France et que vous ouvrirez non pas un misérable futur, mais un bel avenir à notre jeunesse. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/La-France-a-la-reconquete-de-son-destin_a171.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"</title>
   <updated>2010-06-03T19:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Pour-un-programme-de-salut-public-_a135.html</id>
   <category term="Tracts" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1701868-2300125.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-11-12T14:51:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le tract est disponible en bas de page au format PDF. Il est à votre disposition pour vos tractages, vos réunions publiques, vos permanences, etc.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1701868-2300125.jpg?v=1289529566" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1701868-2300133.jpg?v=1289529566" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Pour un programme de salut public !"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>POUR UN PROGRAMME DE SALUT PUBLIC !</b>       <br />
              <br />
       Souvenez-vous, c'était il y a 10 ans ! Les attentats du 11 septembre n'avaient pas eu lieu. La Chine ne semblait pas à ce point conquérante sur le plan économique. L'euro valait seulement un dollar. Le modèle néo-libéral américain et anglais était montré en exemple au monde entier. La bourse et la “ création de valeur pour l'actionnaire ” étaient les alpha et omega de la pensée unique médiatique. Les Etats-Unis n'étaient pas encore enlisés sur deux fronts, en Irak et en Afghanistan. La Russie ne se relevait pas de la chute du communisme. Le Brésil ne s'imaginait pas encore organiser les jeux olympiques. La liste pourrait s'allonger, qui prouverait à quel point le monde a changé en dix ans, et comment le prêt à penser conformiste n'est plus en mesure <span style="font-style:italic">de faire face au monde tel qu'il est</span>.       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen, présidé par Jean-Pierre Chevènement (sénateur du Territoire de Belfort), conscient des immenses mutations à l'oeuvre sous le double mouvement de la globalisation financière et de la constitution d'un monde multipolaire fait de grandes puissances nationales, propose aux citoyens français <b>un programme de salut public en dix points pour la France</b>, à la hauteur des enjeux de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>1 - Lutter contre la concurrence déloyale du dollar et des pays à très bas salaires</b>       <br />
       Entre la concurrence déloyale du dollar et celle des bas salaires de la Chine, la France doit affirmer son indépendance stratégique en oeuvrant de manière déterminée pour un euro moins cher contre le dollar et pour la mise en oeuvre de protections commerciales à l'échelle de l'Europe (à 27 ou à défaut à 6), réponses les plus sérieuses aux délocalisations et à la pression à la baisse sur les salaires. La France doit rechercher la coopération de l'Allemagne à cette stratégie, ainsi que la mise en place d'un gouvernement économique de la zone euro. A défaut, la sortie de la zone euro de plusieurs pays dont la France s'imposera comme le seul moyen d'échapper à l'asphyxie.       <br />
              <br />
       <b>2 - Programmer le retour au plein emploi</b>       <br />
       La priorité absolue doit être accordée à la protection des emplois industriels, agricoles et dans les services existants par une protection commerciale européenne, la taxation plus forte des suppressions d’emplois par les grands groupes, le soutien à l’emploi non délocalisable, un statut du travail dans les activités de service à la personne, etc.       <br />
              <br />
       <b>3 - Nouer des partenariats avec les puissances émergentes</b>       <br />
       La France doit mener une politique étrangère de construction de grands partenariats avec les puissances émergentes (Russie, Inde, Brésil, etc.), seule politique réaliste pour échapper à l'étau sino-américain qui structurera le début du XXIème siècle. Il ne saurait par ailleurs être question pour la France de renoncer à son siège au Conseil de sécurité des Nations Unies ou de le partager, ni de demeurer dans le commandement intégré de l'OTAN.       <br />
              <br />
       <b>4 - Lutter à l'échelle planétaire contre la dégradation de l'environnement</b>       <br />
       La politique environnementale doit prendre acte des grands déséquilibres écologiques et orienter une très grande partie de l'effort de recherche vers les projets de captation du Co2 et d'énergies propres (incluant le nucléaire de 4ème génération). Ces grands projets doivent aider les pays émergents à se développer sans dégrader l'environnement.       <br />
              <br />
       <b>5 - Desserrer l’étau de la dette en acceptant une inflation modérée</b>       <br />
       L'explosion des dettes privées et publiques dans les grands pays industrialisés rend d'ores et déjà très difficile leur remboursement. L'acceptation d'un taux d'inflation modéré de l'ordre de 5 % par an peut aider à soulager de manière décisive le poids que font peser sur les économies ces dettes. Le pouvoir d'achat des ouvriers et des employés sera garanti par une échelle mobile des salaires.       <br />
              <br />
       <b>6 - Nationaliser les banques subventionnées par des fonds publics</b>       <br />
       Le système bancaire doit être profondément assaini par la nationalisation des banques ayant reçu des aides publiques et la séparation légale des banques de dépôt et des banques d'affaires. Il doit être mis un terme au système des bonus extravagants dans les activités prédatrices pour l'économie. De nouvelles réglementations nationales, européennes et internationales doivent encadrer drastiquement les activités financières.       <br />
              <br />
       <b>7 - Lancer une politique industrielle ambitieuse</b>       <br />
       Une politique industrielle ambitieuse doit être lancée urgemment à partir d'un emprunt national dans les domaines d'intérêt stratégique pour la France : réseaux haut-débit et fibre optique, réseaux de ferroutage, isolation des logements, énergies propres et renouvelables, automobile propre, nanotechnologies, biotechnologies, matériaux du futur, etc. Ces grands investissements prépareront les 50 prochaines années.       <br />
              <br />
       <b>8 - Rendre le logement plus abordable pour les familles</b>       <br />
       Le logement devient une charge de plus en plus lourde dans le budget des familles et des personnes seules, qu'il faut réduire. Le parc locatif public doit être soutenu par la création de logements à loyer abordables et de qualité. Un programme national pour les logements sociaux et privés de rénovation et d'économies d'énergie doit être engagé afin de réduire la facture énergétique des locataires. Les avantages fiscaux qui encouragent la spéculation immobilière seront supprimés.       <br />
              <br />
       <b>9 - Revenir à des impôts progressifs en fonction de la richesse des ménages</b>       <br />
       Prenant acte de l'envolée des plus hauts salaires et de la concentration du capital, immobilier en particulier, une réforme de la fiscalité nationale et locale sera engagée pour donner la priorité absolue à la réduction des inégalités, par la suppression du bouclier fiscal, le retour à la progressivité de l'impôt selon les ressources et le rétablissement de l'impôt sur les successions pour les patrimoines supérieurs à 500 000 euros.       <br />
              <br />
       <b>10 - Développer l'égalité républicaine</b>       <br />
       Les services publics, éléments essentiels de l'identité républicaine de la France, doivent être adaptés aux nouveaux besoins des citoyens (éducation, santé, eau, réseaux Internet, transports). Leurs moyens doivent être développés par une contribution de l'ensemble des revenus, en particulier financiers, à l'effort de cohésion nationale. Des services publics forts et modernisés, en particulier dans les zones rurales, périurbaines ou les banlieues populaires, seront un levier puissant de l'égalité entre tous les citoyens.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Pour-un-programme-de-salut-public-_a135.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti Socialiste</title>
   <updated>2013-01-20T16:20:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Communique-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen-et-du-Parti-Socialiste_a132.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1686420-2275889.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-11-04T16:40:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Suite à leur réunion du mercredi 4 novembre 2009.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1686420-2275889.jpg?v=1289529565" alt="Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti Socialiste" title="Communiqué du Mouvement Républicain et Citoyen et du Parti Socialiste" />
     </div>
     <div>
      Les délégations du Parti Socialiste et du Mouvement Républicain et Citoyen conduites respectivement par Martine Aubry et Jean-Pierre Chevènement se sont rencontrées le 4 novembre 2009 au siège du Parti Socialiste.        <br />
              <br />
       Nos deux partis partagent des analyses communes sur la situation que connaît aujourd’hui notre pays.        <br />
               <br />
       La France est profondément affectée par la crise de la globalisation financière et par la récession économique. Le chômage et les inégalités vont croissant. Pendant ce temps, les banquiers ont repris leur course folle aux bonus et autres avantages extravagants. Les facteurs de la crise demeurent.       <br />
              <br />
       L’Union européenne, qui aurait pu profiter de la coordination opérée entre les principaux gouvernements au plus fort de la crise pour se réformer et instaurer un véritable gouvernement économique, n’a pas apporté de réponse à la mesure de la situation. Au contraire, la Commission européenne n’a  de cesse que d’appeler au rétablissement des règles de concurrence et d’orthodoxie budgétaire comme si l’orage passé, tout pouvait recommencer comme avant. Entre la concurrence déloyale des pays à très bas coût salarial et celle du dollar, la France et l’Europe sont prises en tenaille.       <br />
              <br />
       Le gouvernement Sarkozy-Fillon, au-delà des mesures d’urgence, se révèle incapable d’inscrire son action dans une stratégie du long terme visant à mettre sur pied un nouveau modèle de développement et une société plus juste.        <br />
              <br />
       Il continue sa sape méthodique du modèle français de l’action publique et collective. La prochaine étape est la reprise en main politique et la rigueur financière administrée aux institutions locales.       <br />
              <br />
       Dans les faits, les collectivités locales, majoritairement gérées par la gauche, sont aujourd’hui un vecteur essentiel d’une puissance publique qui répare, protège et prépare l’avenir. Les régions gérées par la gauche sont bien souvent les derniers outils efficaces d’aménagement du territoire, de soutien au développement économique à l’emploi ou à la formation.       <br />
              <br />
       C’est donc un devoir pour les forces de gauche de s’unir au-delà de leurs différences, pour continuer le travail mené dans les régions qu’elles dirigent.        <br />
              <br />
       Un certain nombre de formations à gauche sont tentées par l’isolationnisme dans l’espoir de gagner quelques sièges de plus. Le PS et le MRC appellent les uns et les autres à dépasser cette recherche illusoire. Les enjeux sont au-delà. La gauche n’arrivera à mobiliser les électeurs que sur une démarche claire d’alternative à la politique libérale du gouvernement. Cela se prépare dès aujourd’hui.       <br />
              <br />
       A cet égard le MRC et le PS affirment avec force la nécessité d’une politique favorisant une croissance durable. Il ne pourra y avoir de préparation de l’avenir, de réduction des inégalités ni même de développement durable sans création de richesse.        <br />
              <br />
              <br />
       Sur ces bases, dans le respect de leurs différences, le PS et le MRC ont décidé :        <br />
       1-	La réunion d’un groupe de travail sur la préparation du projet de la gauche ;        <br />
       2-	La réunion d’un groupe de travail sur l’organisation des primaires ;       <br />
       3-	La construction de listes communes dès le premier tour des élections régionales de 2010.        <br />
              <br />
       Ces listes devront permettre l’expression et la représentation de nos deux formations dans l’ensemble des régions. Elles ont vocation à être, avec les forces de gauche et républicaines qui voudront s’y associer, le socle d’une union de toute la gauche capable de réunir les acteurs de la société qui veulent inscrire leur action dans la préparation des échéances nationales prochaines.       <br />
              <br />
       Le PS et le MRC invitent donc leurs instances régionales, en lien avec les présidents de régions, à se rencontrer rapidement afin d’aboutir à la constitution de telles listes d’union au premier et au deuxième tour.       <br />
              <br />
       ------       <br />
       Voir le même communiqué <a class="link" href="http://presse.parti-socialiste.fr/2009/11/04/communique-du-ps-et-du-mrc/">sur le site du PS</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Communique-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen-et-du-Parti-Socialiste_a132.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"</title>
   <updated>2009-10-16T18:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Crise-banque-G20-rien-appris-rien-compris-_a124.html</id>
   <category term="Tracts" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1643228-2212537.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-10-14T22:20:00+02:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le tract est disponible en bas de page au format PDF. Il est à votre disposition pour vos tractages, vos réunions publiques, vos permanences, etc.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1643228-2212537.jpg?v=1289529565" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1643228-2212540.jpg?v=1289529565" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" title="Téléchargez et distribuez le tract : "Crise, banque, G20 : rien appris, rien compris !"" />
     </div>
     <div>
      <span class="u">Mode d’emploi pour insérer votre texte :</span>       <br />
       1. Imprimez votre tract une première fois recto/verso       <br />
       2. Tapez votre propre texte dans un document aux marges pré-réglées de façon à ce que le texte s’insère dans l’espace blanc du tract réservé à cet effet       <br />
       3. Une fois votre texte saisi, imprimez cette page sur le verso de votre tract
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Crise-banque-G20-rien-appris-rien-compris-_a124.html" />
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   <title>Rupture !</title>
   <updated>2013-02-24T15:14:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Rupture-_a399.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/5141763-7673559.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-09-06T20:03:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Éléments pour l’intervention de clôture de Jean-Pierre Chevènement, Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen, Toulouse, le 6 septembre 2009.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/5141763-7673559.jpg?v=1371904645" alt="Rupture !" title="Rupture !" />
     </div>
     <div>
      Je veux tout d’abord remercier Thierry Cotelle, maire adjoint de Toulouse, Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC, ainsi que Jean-Luc Laurent, Secrétaire national à la Coordination, et son équipe. Sur eux a reposé l’organisation de cette université d’été. Merci également à tous nos intervenants, et notamment à nos invités extérieurs : Paul Quilès, ancien ministre, Arnaud Montebourg, député, Jean-François Kahn qui aurait pu être député européen s’il avait voulu, Paul Thibaud, philosophe, Jean-François Knepper, syndicaliste, Président du Comité européen Airbus, Liem Hoang Ngnoc, économiste et député européen. Merci aussi à notre ami Pierre Cohen, maire de Toulouse et Martin Malvy, Président de la région Midi-Pyrénées qui ont bien voulu intervenir à l’ouverture de nos travaux. Merci à vous tous qui êtes venus nombreux de toute la France.       <br />
              <br />
       Face à la crise d’un système, celui du capitalisme financier mondialisé, nous avons besoin d’une réponse républicaine pour la France mais aussi pour le monde.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>I – Une crise de la mondialisation</b>       <br />
              <br />
       A)	Il ne faut pas se tromper sur l’analyse. Le problème n’est pas celui de la moralisation du capitalisme, celui des bonus, tout cela est, bien entendu, scandaleux mais le problème est plus profond. La déflation salariale, qui est à l’origine du surendettement des ménages américains, a des causes : La principale, est dans un libre-échangisme effréné, dans la liberté donnée aux multinationales de mettre en concurrence les territoires et les mains d’œuvre. Le rapprochement Chine/Etats-Unis intervenu à la fin des années soixante-dix du précédent siècle, a joué un rôle essentiel dans cette fuite en avant du capitalisme vers l’exploitation du travail à bas coût. Certains évoquent aujourd’hui la Chinamérique ou encore le G2 : cette expression est inadéquate pour traduire la réalité d’un monde multipolaire beaucoup plus complexe. Mais il est vrai que ce soi-disant G2 a une réalité : c’est la parité fixe entre le yuan et le dollar. L’Administration Obama a renoncé à demander une réévaluation du yuan. Ce renoncement exprime un rapport de forces. La Chine tient le dollar à sa merci. Cette réalité géopolitique aussi est au cœur de la crise.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      La mondialisation financière a fonctionné dans l’intérêt des multinationales et du capital spéculatif avec une monnaie mondiale, le dollar, qui a été gérée par les Etats-Unis comme si c’était seulement leur monnaie. Un secrétaire d’Etat au Trésor américain, M. Conally, disait à ses collègues : « le dollar est notre monnaie et c’est votre problème ». Les Etats-Unis se sont permis des déficits abyssaux. Ils vivent aujourd’hui très au-dessus de leurs moyens. Parce qu’ils étaient la puissance dominante, ils ont cru trouver une porte de sortie à leurs difficultés économiques dans la guerre en mettant la main sur les hydrocarbures du Moyen-Orient. Le résultat : ce sont deux guerres dans lesquelles les forces américaines sont aujourd’hui enlisées. Nous vivons le début de la fin de l’hégémonie américaine. La tache du Président Obama est difficile. Son but affiché est de restaurer le leadership américain. Mais dans la réalité, il faudra bien que les Etats-Unis adoptent une politique conforme à ce qu’ils sont : une grande nation certes, mais qui doit réapprendre à épargner, à dialoguer, bref à faire avec le reste du monde. Cette transition sera grosse de conflits.       <br />
              <br />
       À cet égard, l’Europe risque d’être prise en étau entre la Chine et les Etats-Unis. L’affaiblissement de la parité du dollar rendra les produits américains plus compétitifs et accroîtra encore l’hypercompétitivité du yuan et des produits fabriqués en Chine.       <br />
              <br />
       Les énormes déficits américains vont accroître les déséquilibres macro-économiques à l’échelle mondiale. De nouvelles bulles se créeront. De nouvelles crises sont en perspective. C’est une nouvelle donne – un  nouveau New Deal - à l’échelle mondiale qui est nécessaire. Si nous voulons sortir durablement de la crise, il faudra mettre un terme à la domination des marchés financiers.        <br />
              <br />
       Remettre la politique aux postes de commande, bref refaire des peuples et des nations les acteurs de l’Histoire et non les marchés financiers afin de mettre sur pied un nouveau modèle de développement.       <br />
              <br />
              <br />
       B)	<span style="font-style:italic">Désuétude de la social-démocratie</span>. Le modèle social-démocrate correspondait à un équilibre entre le travail et le capital. C’était vrai il y a un demi-siècle. Le capitalisme, à l’époque, fonctionnait sur un modèle fordiste. Il obéissait à une régulation keynésienne dans le cadre national. Ce capitalisme-là n’est plus ; il a été remplacé par le capitalisme financier. C’est la dictature de l’actionnariat, le triomphe de la théorie dite de « l’acquisition de la valeur pour l’actionnaire » dans un cadre entièrement dérégulé à l’échelle mondiale. Le communisme, qui faisait peur aux bourgeoisies occidentales qui se croyaient obligées de faire des concessions à leurs classes ouvrières, n’est plus. Les taux de syndicalisation ont fléchi. Les sociaux-démocrates sont devenus des sociaux-libéraux. Partout en Europe ils ont cru trouver une « troisième voie » (Anthony Giddens) : Jouer le jeu du libéralisme censé produire des richesses et ensuite opérer des corrections à la marge : RMI, CMU, investissement éducatif, etc. Cette politique, introduite en France en 1983, consacrée par l’Acte Unique en Europe, a été théorisée en Grande-Bretagne par Anthony Giddens et Tony Blair. Elle a été mise en œuvre aussi en Allemagne par Gerhard Schröder, à travers le plan Agenda 2010, à partir de l’année 2000. Ses orientations ont été généralisées à l’échelle européenne par les sommets de Lisbonne (2000) et Barcelone (2002). Ces politiques ont fait faillite. Les gouvernements sociaux-démocrates, qui étaient onze en 1999 dans l’Europe à quinze, ont tous perdu le pouvoir ou sont en voie de le perdre. Le cycle du social-libéralisme est clos. C’est ce dont beaucoup de nos camarades socialistes ne se sont pas encore avisés. Notre rôle est de leur ouvrir l’esprit.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>II – Pour faire face à la crise, la gauche doit faire sa mutation républicaine</b>       <br />
              <br />
       A)	La classe des producteurs ne s’identifie plus à un bloc de classes homogène. Le retour aux sources de la République, l’appel à la raison du citoyen, la croyance en l’égalité humaine, voilà ce qui pourrait permettre à la gauche de se définir comme « parti républicain du peuple ». Il nous faut réhabiliter l’idée d’un intérêt général qui serait à la fois l’intérêt national et correspondrait aussi à l’intérêt général de l’humanité.        <br />
              <br />
       Comment substituer à la logique des  marchés financiers une autre logique politique ? Chacun comprend qu’un nouveau modèle de développement soutenable peut seul permettre de concilier l’aspiration légitime de pays comme la Chine ou l’Inde au développement, la volonté des Etats-Unis et de l’Europe de préserver leur tissu industriel, leur emploi et leur bien-être, et en même temps l’intérêt général de l’Humanité qui est d’économiser ses ressources rares (énergies fossiles, eau, air, sol) et lutter contre l’effet de serre.        <br />
              <br />
       Pour cela, nous devons planifier une révolution énergétique sans tomber dans le catastrophisme écologique mais en promouvant les énergies nouvelles, y compris nucléaire, les économies d’énergie, les techniques de charbon propre et en préservant les forêts équatoriales. J’ai lu que Martine Aubry, à La Rochelle, a déclaré : « Nous vivons l’ombre des Lumières. C’est l’idée même de progrès qui est épuisée. »       <br />
              <br />
        À mon sens c’est une erreur. Malthus déjà, au début du dix-neuvième siècle, considérait que la terre était trop petite pour nourrir les hommes. Cette prophétie s’est révélée une erreur historique car elle méconnaît les ressources de l’humanité en inventivité, créativité, progrès des connaissances et de la technologie. Il faut faire confiance en l’homme. La gauche est inséparable de la volonté de raison. Elle ne doit pas renier l’héritage des Lumières. Elle doit affirmer le primat des valeurs de la connaissance, ne pas sombrer dans la technophobie.        <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B)	Un projet républicain en forme de nouveau new-deal</span>       <br />
              <br />
       J’énoncerai sept propositions :        <br />
              <br />
       1.	Relance concertée des économies. Un effort supplémentaire sera demandé à chacun (davantage d’épargne aux Etats-Unis, relance du marché intérieur et sécurité sociale en Chine, relance allemande et japonaise, financement du développement de l’Afrique et des PMA).       <br />
       2.	Réforme du système monétaire international : création d’une nouvelle monnaie internationale de réserve reflétant la place des différents pays dans l’économie mondiale et ayant vocation à se substituer au dollar. L’émission de 250 Milliards de DTS par le FMI est un premier pas. Il faut aller beaucoup plus loin pour aider au développement des pays pauvres. Nouveaux « accords du Louvre », fixant des fourchettes aux parités monétaires (dollar, euro, yen, yuan) afin de parvenir à une concurrence équitable.       <br />
       3.	Redéfinition du mandat de l’OMC (en fonction des principes comme la « concurrence équitable » et la « souveraineté alimentaire »). Changeons les règles du jeu en matière commerciale.       <br />
       4.	Plan mondial d’aide à l’Afrique et aux PMA.       <br />
       5.	Contrôle du crédit par la voie de nationalisations bancaires.       <br />
       6.	Réglementation des marchés financiers visant à éliminer les fonds purement spéculatifs. Chasse aux paradis fiscaux et traçabilité obligatoire des mouvements de capitaux, les banques devant être tenues de communiquer à la police et à la justice leurs archives informatiques.       <br />
       7.	Réintroduction d’éléments de planification au niveau régional et mondial par exemple :       <br />
       -	en matière de politique énergétique ;       <br />
       -	`d’autosuffisance alimentaire (suspension des négociations agricoles de l’OMC et redéfinition du mandat de l’OMC sur cette  base) ;       <br />
       -	de planification industrielle ;       <br />
       -	d’eau potable et de grandes infrastructure (assainissement, routes, chemins de fer, hôpitaux, écoles, université et recherche).       <br />
              <br />
              <br />
       <b>III – La France 2009-2012</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">A)	La France souffre </span>       <br />
              <br />
       Elle récolte les fruits amers d’un choix libéral effectué dans les années quatre-vingt et aujourd’hui renouvelé par Nicolas Sarkozy. Je n’évoquerai que quelques têtes de chapitre : le bouclier fiscal, la cure d’austérité infligée aux services publics à travers la RGPP, la réforme des collectivités territoriales qui serait un coup terrible pour la solidarité et pour les investissements collectifs, le tour de vis donné à l’Hôpital public, la réintégration de l’OTAN qui est un contresens politique.        <br />
              <br />
       Certes toutes les initiatives de Nicolas Sarkozy ne sont pas mauvaises, l’idée d’un grand emprunt national, s’il permet de financer les investissements économiquement rentables, est judicieuse dans un pays comme le nôtre où le taux de l’épargne avoisine 15%. Quand Nicolas Sarkozy propose des Assises de l’Industrie, je ne vais pas être contre puisque je les avais moi-même proposées en 1982-83. Jean Riboud ayant accepté  l’époque de les présider. Ce n’est pas ma faute si elles ont été annulées par mon successeur. Qu’elles soient reprises vingt-cinq ans après, sur une suggestion de la CGT paraît-il, ne me fera pas changer d’avis. Évitons l’antisarkozysme primaire et systématique. Celui-ci est la  marque d’un vide conceptuel, d’une absence de projet alternatif réel, bref d’un opportunisme politique que nous avons toujours combattu.        <br />
              <br />
       Nous devons nous opposer sur des bases solides. En France par exemple, il y a place pour un M.I.T.I. à la française, un contrôle public du système bancaire, une priorité accordée à la ressource humaine, un exercice calme et réfléchi des prérogatives régaliennes de l’Etat à l’opposé des effets de manche dont nous sommes las sur des questions comme la sécurité ou la justice. Ainsi, la suppression du juge d’instruction n’a rien de républicain. Le risque est grand de voir l’Etat instrumenter la justice à travers les parquets. Nous ne devons pas prendre des vessies pour des lanternes, accepter que la communication se substitue à la politique. Nous ne voulons pas que l’endettement de l’Etat permette seulement de renflouer les banques tandis que ceux qui sont aux commandes, après avoir failli, les conserveraient. « On prend les mêmes et on recommence » : de cela nous ne voulons pas.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">B) Que faire ?</span>       <br />
              <br />
       1.	L’état de la gauche.        <br />
              <br />
       La gauche aujourd’hui ressemble à une flotte démâtée. Il est vrai que la gauche plurielle était au départ une idée essentiellement tactique, une alliance dominée par le parti socialiste avec les Verts en éclaireurs et le parti communiste en arrière-garde. Aujourd’hui, trois épaves surnagent : la proue supposée, je veux dire les Verts, prétend naviguer toute seule ; à la poupe, c’est-à-dire les communistes et leurs alliés, il manque une hélice : elle n’a pas connu de véritable dynamique aux dernières élections européennes et elle doit faire face à la concurrence du NPA ; quant au corps du bâtiment, je veux dire le PS, il a un sérieux problème de direction.       <br />
              <br />
       Il n’y a pas de solution à cette situation désespérante en dehors d’un projet qui soit à la hauteur des défis du temps. C’est le rôle que le MRC revendique non pas pour lui mais pour toute la gauche et pour la France. La Maison commune de la gauche proposée par Martine Aubry ne saurait être que le replâtrage de la gauche plurielle.       <br />
              <br />
       2.	La gauche a un problème d’identité et ce problème surdétermine la question des alliances. Il faut donner la priorité au projet. L’Europe, telle qu’elle s’est construite sur une base libérale et technocratique, n’est pas la solution, elle est le problème. Il faut la réorienter. Sur la base de la démocratie qui vit dans les nations. À cet égard l’arrêt de la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe de juin dernier dit tout. Il y a un déficit de démocratie structurel dans l’Union européenne. La légitimité est dans les Etats nationaux et dans les Parlements nationaux. Il n’y a pas de peuple européen. C’est pourquoi le Parlement de Strasbourg ne peut être qu’un ersatz de Parlement. Tout cela nous pouvons d’autant mieux le reprendre à notre compte que c’est ce que nous disons depuis toujours.        <br />
              <br />
       Il faut reprendre la construction européenne sur la base de la démocratie qui vit dans les nations et aller vers une Confédération européenne qui nous permette d’exister, d’être un pôle, comme on dit, dans le monde multipolaire de demain.        <br />
              <br />
       C’est de cela dont nous devons discuter, sans exclusive, avec toute la gauche, y compris le NPA s’il le souhaite. Il y a là un rôle politique essentiel pour la France. Faut-il parler de tout cela  avec M. Bayrou ? M. Bayrou – nous le savons - est un homme politique qui vient de la droite mais il s’est dit « prêt à tendre la main à la gauche ». Si nous sommes sûrs de nous-mêmes, si nous avons des idées claires, il n’y a pas lieu de montrer un quelconque sectarisme.        <br />
              <br />
       Le problème pour la gauche, c’est d’abord d’avoir les idées claires. Nous avons proposé, il y a plus d’un an, des Assises de toute la gauche. Nous sommes prêts à examiner un projet de primaires dès lors qu’elles concerneraient plusieurs partis de gauche qui en seraient ensemble les co-organisateurs, bien entendu sur la base d’une charte d’orientation politique.  La gauche doit rompre avec une orientation qui l’a coupée des couches populaires depuis les années quatre-vingt. Je n’idéalise pas les primaires, mais elles peuvent être l’occasion d’une rupture salutaire. En tout état de cause, le MRC ne restera pas silencieux en 2012. Il pèsera, quoi qu’il arrive, directement ou indirectement. Nous sommes les gardiens de l’avenir républicain de la France. La priorité c’est le projet !       <br />
              <br />
       Y a-t-il un autre choix ? Sincèrement je ne le crois pas sauf à laisser le champ libre à M. Sarkozy qui s’emploie déjà activement à rassembler la droite autour de lui, en profitant des divisions et du désordre de la gauche.        <br />
              <br />
              <br />
       <b>Conclusion</b>       <br />
              <br />
       Nous avions jadis, au début des années soixante-dix, fait lever un immense espoir. La gauche ensuite a tourné le dos à ses engagements. Elle a rendu les armes sans avoir combattu. Le néolibéralisme a triomphé. Les couches populaires se sont détournées de la gauche. Mais ce cycle est désormais derrière nous. Les triomphateurs d’hier sont les faillis d’aujourd’hui.  Sachons trouver en nous-mêmes l’énergie de nous redresser. Sachons renouer avec les idées, c’est-à-dire avec le réel, mais aussi avec l’ambition collective, c’est-à-dire avec l’idéal. Il n’y a pas d’autre chemin pour une victoire qui, demain, ne décevra pas.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Rupture-_a399.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le programme de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen</title>
   <updated>2013-04-28T12:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Le-programme-de-l-universite-d-ete-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen_a111.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1542874-2060984.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-08-18T16:14:00+02:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voici le programme final de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen qui se tient les 5 et 6 septembre 2009 à Toulouse sur le thème : "Face à la crise, la désuétude du modèle social-démocrate, l’actualité du modèle républicain". Inscrivez-vous !     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1542874-2060984.jpg?v=1289529563" alt="Le programme de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen" title="Le programme de l'université d'été du Mouvement Républicain et Citoyen" />
     </div>
     <div>
      La République repose sur la souveraineté populaire et par conséquent sur le citoyen formé à penser par lui-même et sur une conception de l’intérêt général, résultat du débat public dans un espace laïc où chacun doit se déterminer en fonction de la raison naturelle et d’abord sur ce qu’est l’intérêt du pays.       <br />
       Il est proposé d’approfondir en quoi elle est le projet qui permet de faire face à la triple crise que nous traversons : crise économique, crise sociale, crise des valeurs.       <br />
              <br />
       Accueil et ouverture de l’Université d’été :       <br />
       Thierry Cotelle, Pierre Cohen (Maire de Toulouse), Patrick Quinqueton et Jean-Luc Laurent.       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Samedi 5 septembre / matin</span>       <br />
       <b>Crise économique : quelles réponses en profondeur ?</b>       <br />
              <br />
       La régulation financière internationale, la protection légitime des intérêts des classes populaires et la lutte contre le «dumping social », le maintien et le renouvellement du tissu productif, la reconstruction d’un modèle de développement qui ne se résume pas aux intérêts des financiers, imposent de poser sur ces différents registres la question de l’intérêt général.       <br />
              <br />
       Quelles sont les propositions républicaines pertinentes susceptibles de créer les conditions d’une sortie de crise positive en termes d’appel à l’intelligence (innovation/industrie), de protection raisonnable des intérêts des pays anciennement industrialisés (clauses dans les échanges), de charte de l’entreprise et le cas échéant d’appropriation publique (nationalisations de fait ou de droit) et d’utilisation rationnelle des ressources rares (biens communs de l’humanité) ?       <br />
              <br />
       Comment décliner l’intérêt général aux niveaux national, européen et mondial ? Quel modèle de développement élaborer à l’échelle mondiale ? L’Europe peut-elle ne pas être écrasée entre les Etats-Unis et la Chine ? Quelle place pour l’Afrique ?       <br />
              <br />
       <span class="u">Intervenants</span> : Yves le Hénaff (secrétaire national du MRC), Jean-François Knetter (président du comité européen Airbus, FO), Bruno Moschetto (ancien banquier, universitaire), Georges Sarre (Maire adjoint de Paris). Animateur : Pierre Dubreuil (porte-parole)       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Samedi 5 septembre / après-midi</span>       <br />
       <b>Crise sociale, crise de la justice sociale</b>       <br />
              <br />
       La crise sociale est là. Elle est d’abord le produit de la crise économique, même si elle ne s’y réduit pas. Elle est le résultat du dumping social lié au libre échangisme. Les inégalités s’accroissent.       <br />
              <br />
       La vague néolibérale, puis la crise, ont déséquilibré la part respective des salaires et de la rente dans la valeur ajoutée. Peut-on limiter les rémunérations les plus élevées ? L’idée d’une politique des revenus a-t-elle encore un sens ? La promotion des services publics n’est pas la défense de l’existant, mais de la place qui leur est assignée dans la vie sociale.       <br />
              <br />
       Comment redonner un sens et une réalité au progrès et à la justice sociale, qui ne se limitent pas à la lutte contre les discriminations tant proclamée ? Quelle dynamique sociale appuyer, face au communautarisme et à l’assistanat érigé en système ? Comment lier protection économique et protection sociale ?       <br />
              <br />
       <span class="u">Intervenants</span> : Liem Hoang-Ngoc (député européen, économiste), Christian Hutin (député, MRC), Patrick Quinqueton (Secrétaire national du MRC). Animateur : Etienne Butzbach (maire de Belfort)       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Samedi 5 septembre / Après-midi</span>       <br />
       <b>Face à la crise des valeurs, une réponse républicaine</b>       <br />
              <br />
       L’adjectif « citoyen » est aujourd’hui employé à tort et à travers, mais le nom commun de « citoyens » suppose que les membres de la communauté nationale aient prise sur leur avenir collectif. Cela suppose aussi le débat en raison, et non le consensus. Comment être davantage non pas « citoyens », mais « des citoyens » ? Que signifie aujourd’hui l’idée de progrès ? Comment aborder la question du privé et du public dans une optique républicaine ?       <br />
              <br />
       Quels sont les apports et les pièges de la communication électronique dans la création d’un lien entre citoyens qui ne soit pas communautaire ? Comment donner aujourd’hui le sentiment d’une appartenance collective ? Le monde est de plus en plus gouverné par les entreprises et leurs réseaux.       <br />
              <br />
       Que peut signifier aujourd’hui « faire de la politique » ?       <br />
              <br />
       <span class="u">Intervenants</span> : Paul Thibaud (Philosophe), Julien Landfried (Secrétaire national du MRC), Jean-Yves Autexier (directeur de la Fondation Res Publica). Animateur : Marie-Françoise Bechtel (Secrétaire national du MRC)       <br />
              <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Dimanche 6 septembre / matin</span>       <br />
       <b>Actualité de la réponse républicaine, désuétude du modèle social-démocrate, mort du modèle social libéral</b>       <br />
              <br />
       Débat général en présence de Jean-François Kahn, Arnaud Montebourg, Paul Quilès et Jean-Pierre Chevènement.       <br />
       Animatrice : Catherine Coutard (porte-parole)       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Le programme est téléchargeable ci-dessous au format PDF :</b> vous y trouverez le bulletin d'inscription à l'université d'été ainsi que les détails pratiques (hébergements, transports, plans).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Le-programme-de-l-universite-d-ete-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen_a111.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Jean-Pierre Chevènement répond à la lettre de Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste</title>
   <updated>2013-02-24T15:14:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Jean-Pierre-Chevenement-repond-a-la-lettre-de-Martine-Aubry-premiere-secretaire-du-Parti-socialiste_a108.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-07-15T23:09:00+02:00</published>
   <author><name>Jean-Pierre Chevènement</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Martine Aubry a adressé une lettre aux responsables des partis et mouvements de gauche et écologistes. Voici la réponse que Jean-Pierre Chevènement, président du Mouvement Républicain et Citoyen, lui a adressé en retour.     <div>
      Madame la Première Secrétaire, chère Martine,       <br />
              <br />
       J’ai bien reçu <a class="link" href="http://actus.parti-socialiste.fr/2009/07/07/lettre-martine-aubry-partis-mouvements-gauche-ecologistes/">votre lettre du 7 juillet 2009</a>. Nous partageons l’idée que « la gauche doit changer », mais elle ne saurait, selon nous, surmonter ses divisions que si, tous ensemble, nous sommes capables de procéder à une analyse sérieuse et approfondie de la « globalisation financière » ou si vous préférez, du capitalisme financier de notre temps. Ce système qui a creusé les inégalités et entraîné un profond recul de la démocratie  ne s’est pas installé d’hier. Sa crise implique que nous définissions des ripostes qui soient « à la hauteur ». Nous devons offrir un projet dans lequel le peuple français puisse se reconnaître.       <br />
              <br />
       A cet égard, nous sommes trop conscients des insuffisances que la gauche a manifestées après 1983 aussi bien que dans la période dite de la « gauche plurielle » (1997-2002) pour proposer de revenir à des formules qui ont montré leurs limites. Il a manqué et il manque encore à la gauche un « projet ».       <br />
              <br />
       Nous sommes donc partisans d’Etats-généraux de la gauche où chacun pourrait exposer ses analyses et ses propositions, non pas sur un sujet particulier mais sur l’ensemble de la démarche qui permettrait de rendre un espoir à notre peuple.       <br />
              <br />
       Nous ne voulons pas noyer sous des initiatives particulières qui brouilleraient encore plus le message de la gauche, l’autocritique salubre et nécessaire et les propositions à la fois audacieuses et réalistes qui pourraient retisser un lien de confiance, aujourd’hui fortement distendu entre la gauche et les couches populaires.       <br />
              <br />
       Pour ce qui le concerne, le Mouvement Républicain et Citoyen avait proposé, lors de son dernier Congrès, les 28 et 29 juin 2008, au Kremlin-Bicêtre, <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/Un-contenu-et-un-chemin-pour-la-creation-d-un-grand-parti-de-toute-la-gauche_a30.html">une « refondation républicaine » de toute la gauche</a>. Qu’entendons-nous par là ? Qu’en toutes choses l’intérêt du pays soit notre boussole. C’est cette exigence républicaine qui pourrait permettre de déboucher sur la création d’un grand parti de toute la gauche seul capable de fournir l’électrochoc nécessaire. Nous constatons que notre offre n’a rencontré aucun écho de la part de la direction du parti socialiste, <a class="link" href="http://actus.parti-socialiste.fr/2009/07/07/lettre-martine-aubry-partis-mouvements-gauche-ecologistes/">jusqu’à votre lettre du 7 juillet 2009</a> évoquant une « maison commune », aux contours, il est vrai, pour le moins imprécis.       <br />
              <br />
       Le redressement de la construction européenne, le rôle que la France peut y prendre, la conception républicaine de la nation sont évidemment des questions clés. L’est également l’élaboration d’un nouveau modèle de développement qui soit soutenable dans la durée et tienne compte de la nouvelle multipolarité du monde. Entre les Etats-Unis et la Chine dont la relation structurera le XXIe siècle, la France et l’Europe ont des intérêts légitimes à défendre, à commencer par ceux de nos couches populaires, particulièrement éprouvées par les délocalisations d’activités.        <br />
              <br />
       L’intérêt général de notre peuple et celui de l’Humanité tout entière, ne sont pas contradictoires. Encore faut-il inventer un nouveau chemin. C’est à cela qu’une gauche digne de ce nom devrait consacrer ses efforts. Pour ne pas décevoir à nouveau, la gauche doit tenir un discours de vérité.        <br />
              <br />
       C’est dans cet esprit que le Mouvement Républicain et Citoyen est prêt à participer à la rentrée à une rencontre des partis de gauche qui permette de « débroussailler le terrain ».       <br />
              <br />
       Je vous prie de croire, Madame la Première Secrétaire et chère Martine, en l’assurance de ma meilleure pensée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Jean-Pierre-Chevenement-repond-a-la-lettre-de-Martine-Aubry-premiere-secretaire-du-Parti-socialiste_a108.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique</title>
   <updated>2013-02-24T15:24:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/La-crise-economique-ses-consequences-sociales-et-l-intervention-politique_a94.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1285471-1686702.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-03-23T12:39:00+01:00</published>
   <author><name>Patrick Quinqueton</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
par Patrick Quinqueton, secrétaire national du MRC à l'Université d’été, au Projet et aux prises de position du parti.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1285471-1686702.jpg?v=1289529562" alt="La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique" title="La crise économique, ses conséquences sociales et l'intervention politique" />
     </div>
     <div>
      La crise financière, économique et sociale grave que nous traversons doit être l’occasion de mettre de la politique dans un débat qui, parce que beaucoup ne le comprennent pas, reste un débat de connaisseurs.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>1 – Une réalité économique</b>       <br />
              <br />
       	La crise <span style="font-style:italic">financière</span> demeure. Certains établissements financiers, notamment aux Etats-Unis, sont encore en difficultés. Les banques ont augmenté les garanties qu’elles demandaient et le crédit est donc plus rare.       <br />
              <br />
       	C’est de <span style="font-style:italic">récession</span> qu’il faut parler et non pas d’une croissance en baisse ou d’une croissance négative. Il est curieux que le mot ne soit que rarement employé. En 6 mois, la production a baissé de l’ordre de 2,5 % en France. Cela entraine (en positif) une baisse de l’inflation, qui était déjà faible et approche le niveau zéro.       <br />
              <br />
       	La production <span style="font-style:italic">automobile</span>, traditionnellement élément important de la croissance dans les pays industrialisés qui ont une telle industrie, est toujours en baisse, malgré la « prime à la caisse », qui n’a fait qu’amortir la récession dans ce secteur.       <br />
              <br />
       	La crise <span style="font-style:italic">immobilière</span> dont le lien, via le crédit hypothécaire, avec le déclenchement de la crise est évident, est importante : baisse des ventes, baisse des prix (ce qui n’a pas que des inconvénients, dans la mesure où ils avaient monté de façon spéculative). Pourtant, la difficulté de trouver un logement  est plus que jamais une réalité. Les pays qui avaient développé sans retenue l’accession à la propriété (Etats-Unis, Espagne) sont à cet égard en grande difficulté.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">nombre d’emplois supprimés</span> est important. Il est de l’ordre de 300 000 emplois en France, et de près de 3 millions aux Etats-Unis.       <br />
              <br />
       	Les pays traditionnellement <span style="font-style:italic">exportateurs</span> de biens d’équipement (Allemagne, Japon) voient leurs commandes s’effondrer. Les exportations allemandes connaissent une baisse supérieure à 30 %.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>2 – Des conséquences sociales</b>       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">chômage</span> est en hausse. La poursuite de la tendance actuelle conduit à un chômage de 8,8 % en juin, soit une augmentation de plus de 20% du nombre des chômeurs depuis le début de l’an dernier. Le chômage partiel (heures ou jours non travaillés sans qu’il y ait rupture du contrat de travail), qui se comptait en centaines de milliers d’heures l’an dernier, est désormais supérieur à 10 millions d’heures par mois.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">pouvoir d’achat</span> diminue, malgré une inflation proche de zéro, du fait de l’augmentation du chômage et de la sous-activité, ainsi que de la tendance à l’épargne de précaution. Mais, comme le montre le débat actuel, les inégalités sont fortes.       <br />
              <br />
       	Les <span style="font-style:italic">sinistres industriels</span> ne sont pas toujours directement liés à la récession, ils conservent une dimension de délocalisation d’activités. Si Heuliez (autocars et équipements automobile) a des difficultés directement liées à la crise, la décision de délocalisation est davantage présente pour Continental à Clairoix.       <br />
              <br />
       	Les grandes journées d’action manifestent une <span style="font-style:italic">unité syndicale</span> nouvelle incluant l’UNSA et SUD en plus du cercle des cinq grandes organisations. Mais le contenu de cette unité est pour l’instant assez flou.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>3 – L’intervention politique</b>       <br />
              <br />
       	Le discours dominant est celui de la <span style="font-style:italic">parenthèse</span> : une fois la parenthèse de la crise passée, tout redeviendrait comme avant. Or, c’est bien entendu une profonde transformation qu’il nous faut exiger, à la hauteur de la gravité de la crise.       <br />
              <br />
       	Le <span style="font-style:italic">retour de l’Etat</span> est une donnée qu’il nous faut théoriser. En effet, l’intervention de l’Etat dans l’économie n’est pas indispensable seulement en temps de crise, c’est au contraire la crise qui met en évidence une insuffisante intervention de l’Etat, au nom de l’intérêt général, dans la régulation des activités économiques. L’Etat ne doit pas s’excuser d’intervenir dans le capital des banques, il doit en exiger la contrepartie : son mot à dire dans les conseils d’administration.       <br />
              <br />
       	L’<span style="font-style:italic">Union européenne est inexistante</span> face à la crise. Pourtant, elle ne change rien à sa doctrine de fond : la concurrence plutôt que la politique industrielle, le libre échange plutôt que la protection, la marché plutôt que le service d’intérêt général. Elle met juste un (petit)bémol à certaines positions qui apparaitraient décalées (par exemple sur les aides d’Etat), mais son mandat ultra libéral n’a pas été changé.       <br />
              <br />
       	Il existe des <span style="font-style:italic">débats intéressants</span>, mais mal posés et qui exigent donc une clarification politique de la part de la gauche. C’est la question de la maitrise du système économique, au nom de l’intérêt général, qui est au centre de la crise que nous traversons. Or, une telle maitrise est contestée dans sa légitimité depuis que la victoire de l’ultralibéralisme dans les pays anglo-saxons au début des années 80, puis dans le monde entier par la suite.       <br />
              <br />
       	Il nous faut nous emparer des débats réels qui existent aujourd’hui pour transformer les débats conjoncturels en débats de fond :       <br />
       -	le débat sur la <span style="font-style:italic">régulation financière</span> : ce n’est pas seulement quelques règles de transparence qu’il faut imposer aux marchés, c’est une vraie régulation nationale et internationale de la place de la finance qui est nécessaire ;       <br />
       -	le débat sur la protection et les <span style="font-style:italic">limites du libre échange</span> : ce n’est pas seulement quelques correctifs qu’il faut apporter en s’excusant, c’est la protection contre la mise en concurrence des systèmes sociaux qui est légitime ;       <br />
       -	le débat sur les <span style="font-style:italic">revenus des patrons</span> et les « boni » des financiers : ce n’est pas seulement une question morale dont il faut se scandaliser quand la crise atteint les petites gens, c’est une nouvelle inversion de la part respective des revenus du travail et de ceux du capital qui est nécessaire ;       <br />
       -	le débat sur la <span style="font-style:italic">relance</span> montre que les Etats-Unis et l’Europe montre que nous n’en avons pas fini avec les déficits américains qui vont s’accroître : les parts respectives du soutien aux banques, aux entreprise et aux ménages doivent bouger en Europe, malgré les réticences allemandes et communautaires ;       <br />
       -	le débat sur les <span style="font-style:italic">paradis fiscaux</span> est ambigu, dans la mesure où il peut se substituer à la nécessité d’une régulation financière : or, il faut à la fois remettre en cause les paradis fiscaux et réglementer l’activité financière.       <br />
              <br />
       Sur toutes ces questions, la gauche est tout sauf claire. C’est pour nous l’occasion d’une intervention publique claire, <span style="font-style:italic">au nom de l’intérêt général</span>. La période nécessite plus que jamais de l’audace pour combattre les idées qui permettent au capitalisme financier mondialisé de s’imposer sur le ton de l’évidence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/La-crise-economique-ses-consequences-sociales-et-l-intervention-politique_a94.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Elections européennes : la position du Conseil national du Mouvement Républicain et Citoyen</title>
   <updated>2013-01-20T16:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Elections-europeennes-la-position-du-Conseil-national-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen_a92.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-03-22T18:25:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Résolution adoptée par le Conseil National du Mouvement Républicain et Citoyen, dimanche 22 mars 2009.     <div>
      La gauche, toute la gauche, a aujourd’hui la responsabilité historique d’apporter une réponse à la crise sans précédent qui frappe et frappera demain encore plus fort, crise historique du capitalisme, résultant elle-même d’une déréglementation généralisée engagée sous l’impulsion des Etats-Unis et dont l’Europe libérale a été depuis vingt-cinq ans le relais.       <br />
              <br />
       Le Mouvement Républicain et Citoyen a recherché loyalement <a class="link" href="http://www.mrc-france.org/Position-du-MRC-pour-les-elections-europeennes-de-juin-2009_a74.html">un accord avec l’ensemble des forces de gauche</a> pour redresser la construction européenne sur une base de projets, répondant aux besoins et aux aspirations des peuples à partir des nations, cadres premiers de la démocratie, d’une puissance publique réhabilitée, adossée à une citoyenneté relevée, dans la perspective d’un monde multipolaire régi par le Droit.       <br />
              <br />
       Le Parti socialiste s’est montré d’abord préoccupé de surmonter ses propres divisions intérieures. Quant aux organisations politiques regroupées au sein du « Front de gauche », elles n’ont pas voulu d’un accord acceptable par le Mouvement Républicain et Citoyen.       <br />
              <br />
       Le Conseil National réuni le 22 mars au Kremlin Bicêtre a constaté que les négociations engagées avec ces organisations achoppent sur une divergence de fond quant à la manière de redresser la construction européenne.       <br />
              <br />
       Leur rejet de la souveraineté nationale et particulièrement d’un amendement MRC indiquant qu’<span style="font-style:italic">« on ne fera pas l’Europe sans et à plus forte raison contre les nations qui sont le lieu privilégié de l’expression démocratique et de la solidarité »</span> est révélateur. Les organisations du « Front de Gauche » partagent en fait, à travers des expressions comme <span style="font-style:italic">« souveraineté européenne », « assemblée constituante européenne »</span>, les mêmes postulats illusoires que ceux qui ont conduit les sociaux-libéraux à accepter, au nom de la supranationalité, la prise en otage de la construction européenne par le capitalisme financier mondialisé.       <br />
              <br />
       Faire croire à notre peuple qu’on peut redresser la ligne sociale-libérale sur la base de postulats illusoires procéderait d’une démagogie trompeuse à laquelle nous nous refusons. La République ne peut se dissoudre dans le mouvementisme.       <br />
              <br />
       Une alliance électorale sans principe ni débouché stratégique ne correspondrait pas à notre conception de l’action politique. Le MRC constate que la gauche aujourd’hui n’offre malheureusement pas de débouché politique à la crise et à la protestation sociale : le PS n’a pas rompu avec sa ligne sociale-libérale, comme l’a montré la ratification du traité de Lisbonne par la majorité de ses parlementaires. Le « Front de gauche » n’offre pas de perspective sérieuse de redressement. Le NPA ne veut pas venir au pouvoir.       <br />
              <br />
       Dans ces conditions le MRC développera sa propre ligne républicaine. Il publiera son propre texte d’orientation dans les prochains jours. Il préparera les échéances qui viennent et plus particulièrement celles de 2012 qui seules permettront de relever la France et la République et de réorienter vraiment la construction européenne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Elections-europeennes-la-position-du-Conseil-national-du-Mouvement-Republicain-et-Citoyen_a92.html" />
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  <entry>
   <title>Téléchargez et distribuez le tract : "Le 19 mars, mobilisons-nous !" </title>
   <updated>2009-10-10T18:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Telechargez-et-distribuez-le-tract-Le-19-mars-mobilisons-nous-_a91.html</id>
   <category term="Tracts" />
   <photo:imgsrc>https://www.mrc-france.org/photo/art/imagette/1275489-1670972.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2009-03-16T12:12:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le tract est disponible en bas de page au format PDF. Il est à votre disposition pour vos tractages, vos réunions publiques, vos permanences, etc.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.mrc-france.org/photo/art/default/1275489-1670972.jpg?v=1289529562" alt="Téléchargez et distribuez le tract : "Le 19 mars, mobilisons-nous !" " title="Téléchargez et distribuez le tract : "Le 19 mars, mobilisons-nous !" " />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Le Mouvement Républicain et Citoyen appelle ses adhérents et sympathisants à se joindre aux grèves et manifestations interprofessionnelles organisées partout en France le 19 mars</title>
   <updated>2009-03-13T19:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Le-Mouvement-Republicain-et-Citoyen-appelle-ses-adherents-et-sympathisants-a-se-joindre-aux-greves-et-manifestations_a89.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-03-13T19:55:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Communiqué de presse du Mouvement Républicain et Citoyen, vendredi 13 mars 2009.     <div>
      Le libre-échange, adulé depuis presque trente ans, avec la course au profit maximum et la déréglementation généralisée, a entraîné une sévère déflation salariale et débouche aujourd’hui sur une récession économique de grande ampleur. L’insuffisance du plan de relance français et l’impuissance de l’Union Européenne condamnent des millions de personnes supplémentaires au chômage.       <br />
              <br />
       Il est temps de réorienter fermement la construction européenne et de promouvoir des politiques publiques ambitieuses pour la réindustrialisation nécessaire de notre pays comme pour la pérennité de notre système de retraite, pour l’Ecole et la Recherche comme pour la construction de logements décents et abordables…       <br />
              <br />
       De ces politiques peut venir la relance attendue de notre économie face à la grande crise qui s’annonce dévastatrice pour la France et l’Europe et pour l’avenir de notre modèle social.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <title>Déclaration commune de 12 organisations de gauche pour la manifestation du 19 mars</title>
   <updated>2009-03-12T22:45:00+01:00</updated>
   <id>https://www.mrc-france.org/Declaration-commune-de-12-organisations-de-gauche-pour-la-manifestation-du-19-mars_a87.html</id>
   <category term="Actualités" />
   <published>2009-03-12T22:43:00+01:00</published>
   <author><name>MRC</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La victoire des Guadeloupéennes et des Guadeloupéens en appelle d’autres. Face à Sarkozy et au MEDEF amplifions la mobilisation !     <div>
      90.000 chômeurs de plus le mois dernier, 350.000 supplémentaires déjà pronostiqués par les statistiques officielles, pas une semaine sans l’annonce de nouveaux plans de licenciements…        <br />
       Chaque jour qui passe confirme l'ampleur et la gravité de la crise qui pèsent sur la population à commencer par les salariés du public et du privé, les chômeurs et les retraités.        <br />
              <br />
       Chaque jour qui passe confirme aussi le danger qu'il y aurait à laisser se poursuivre la mise en œuvre des choix du gouvernement actuel qui, loin de combattre les racines de cette crise, continue au contraire de l'alimenter, continue de nous la faire payer et s'enfonce dans une dérive autoritaire pour imposer ses choix !       <br />
              <br />
       L'argent, par milliards d'euros, continue de circuler à sens unique : tout pour les financiers et les grands patrons, les miettes pour le monde du travail !        <br />
       Les robinets sont grands ouverts pour éponger les pertes des Caisses d'Epargne et des Banques populaires sur les marchés financiers spéculatifs et financer leur fusion en nommant un PDG sous contrôle de l'Elysée. Ils le sont encore pour renflouer les groupes automobiles en les laissant continuer à licencier et à développer le chômage partiel (20 000 suppressions d’emplois annoncées !).  Mais ils sont fermés pour l'université et la recherche, l'hôpital et la santé, le logement social, les salaires et les retraites, l’ensemble des services publics.       <br />
              <br />
       Cela suffit! C'est socialement intolérable, économiquement inefficace et politiquement inadmissible.         <br />
              <br />
       Ce n'est pas au monde du travail, à la population de payer la crise! La journée du 29 janvier comme le mouvement aux Antilles, en Guyane et à la Réunion portent clairement ce message et l'exigence d'un changement de cap, notamment sur les questions des salaires, de l'emploi et des services publics.        <br />
              <br />
       Les mobilisations imposent de premiers reculs au gouvernement.        <br />
              <br />
       Nous saluons la victoire des Guadeloupéens notamment sur l'augmentation de 200 euros pour les bas salaires et sur les mesures contre la vie chère. Nous saluons le mouvement à l'université qui a obtenu le gel, pour deux ans, des suppressions de postes d'enseignants-chercheurs.        <br />
              <br />
       Plus légitime que jamais, l'exigence de choix politiques, économiques, écologiques et sociaux différents grandit dans le pays, en Europe et dans le monde. Elle conteste et combat les logiques de la mondialisation capitaliste, les appétits de profits et de rendements financiers exorbitants et la mise en concurrence basée sur le dumping social et fiscal.          <br />
               <br />
       Des mobilisations importantes continuent de se déployer et de se renforcer. C’est vrai dans  l'université, la recherche, la santé, la poste et d’autres secteurs publics. C’est vrai dans de très nombreuses entreprises privées où les plans de licenciement, de chômage partiel et de compression salariale frappent quotidiennement. Tout cela confirme le besoin d’unité pour construire le rapport de force le plus large.         <br />
              <br />
              <br />
       Si la grève en Guadeloupe a fini par être entendue, la surdité du Président de la République, du gouvernement et du Medef à l’égard des revendications que la journée d'action unitaire du 29 janvier et les grèves dans l’ensemble des Antilles et à l’ile de la Réunion ont portées, continue.        <br />
       Dans ces conditions, les organisations syndicales ont unanimement confirmé la tenue d'une grande journée de grèves et de manifestations le 19 mars prochain.        <br />
              <br />
       Conscientes que l'unité est une force essentielle face à l'obstination gouvernementale et patronale, comme le montre le mouvement des Antilles, les organisations de gauche signataires de ce texte appellent à soutenir et à amplifier ces mobilisations, à réussir le 19 mars une très grande journée de protestation et de propositions, plus forte encore que celle du 29 janvier.        <br />
       Elles souhaitent contribuer, dans la diversité de leurs positions, à amplifier dans ces mouvements, le débat et l'action sur les nouveaux choix politiques alternatifs aux logiques actuelles nécessaires et utiles pour répondre aux mobilisations sociales.        <br />
              <br />
       Cela concerne notamment l’opposition aux suppressions d’emplois et à la précarisation, dans le privé comme dans le secteur public,  l'augmentation des salaires, du SMIC, des minimas sociaux et des retraites; la défense et le développement des services et de l'emploi publics ; la réorientation des richesses du pays vers le développement de productions et de services susceptibles d'engager notre pays dans un tout  autre  mode de développement fondé sur la satisfaction des besoins sociaux dans le respect des équilibres écologiques.       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="u">Signataires du texte:</span>       <br />
       Les Alternatifs, le NPA, le PCF, le PCOF, Gauche Unitaire, le Parti de gauche, le PS, le MRC, La Fédération, la Coordination nationale des collectifs unitaires (CNCU), Alternative Démocratie Socialisme (ADS), Alter-Ekolos-Ecologie Solidaire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link rel="alternate" href="https://www.mrc-france.org/Declaration-commune-de-12-organisations-de-gauche-pour-la-manifestation-du-19-mars_a87.html" />
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