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I Publié le Samedi 8 Septembre 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Discours d'ouverture de Jean-Luc Laurent lors des universités de rentrée de « Nos Causes Communes ».


Je tiens d’abord à vous souhaiter à tous la bienvenue à l’université de rentrée de « Nos Causes Communes » que le MRC et le courant animé par Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann « L’Union et l’Espoir » ont le plaisir d'organiser ensemble. Fort de l'intérêt et du succès des rencontres du 9 juin que nous avions co organisées avec également République et Socialisme, nous avons décidé de faire ensemble nos universités de rentrée et de lancer à cette occasion la plateforme "Nos Causes Communes". 
 
Je veux enfin également vous remercier de votre présence ici à Marseille, qui témoigne de votre envie, que nous partageons, de construire un projet politique de gauche pour la France. 
 
Je veux saluer le mouvement République et Socialisme qui n'a pu s'inscrire dans l'organisation commune de cette université de rentrée en raison d'un autre engagement mais a tenu à être présent avec une délégation afin de témoigner de son soutien. 
 
Après les rencontres du 9 juin, notre université de rentrée à Marseille et le lancement de la plateforme "Nos Causes Communes" ont pour objectif de poser les bases de l'action de la gauche républicaine pour reconstruire la gauche et bâtir une alternative politique. 
 
Les débats proposés tout au long de nos universités de rentrée avec la participation d'intervenants de qualité venant d'horizon, d'expériences et de parcours diversifiés et je veux saluer et remercier Bernard Thibault qui va intervenir après l'ouverture de nos travaux pour nous livrer ses réflexions sur la question du travail, la présence de toute la gauche avec des représentants de EELV, de Génération-s, de La France Insoumise, de l'Union et l'Espoir, du MRC, du PS, du PCF, des Radicaux de Gauche et de République et Socialisme font de notre manifestation, l'événement de la rentrée politique. 
 
Car il faut bien le dire, l’heure est à la reconstruction. Et il y a urgence à ouvrir ce chantier. Plus rien ne sera jamais comme avant. En fait, plus rien ne doit être comme avant. Car nous avons appris. Nous avons une expérience. 
 
L’année 2017 est venue mettre un terme définitif à une longue période d’hésitations à gauche, de compromis entre aspirations illusoires à la « social-démocratie » et opposition frontale aux libéraux, néolibéraux et autres ultra-libéraux. L'élection d'Emmanuel Macron à la présidence de la République est l'aboutissement de la fusion des libéraux de gauche et de droite qui va poursuivre et amplifier les politiques appliquées depuis une trentaine d'années. Les choses sont désormais clairement posées : la gauche d’aujourd’hui et de demain ne pourra se définir qu’en opposition au modèle prôné par les néolibéraux, ce modèle qui isole les individus au lieu de les rapprocher, qui cloue au pilori les plus faibles au lieu de les protéger, qui détruit le lien social et les solidarités au lieu de les préserver.
 
Un cycle politique s'est achevé en 2017. Le cycle d’Épinay, ouvert en 1971 qui a réalisé l'union de la gauche sur la base d'un programme commun de gouvernement et permis l'alternance du 10 mai 1981, s'est achevé. La force propulsive du cycle d'Epinay s'est épuisée : le projet de la gauche qui a été conçu pendant la période des 30 glorieuses avec pour leitmotiv la redistribution des richesses produites en période de croissance et de plein emploi, s'est heurté à la crise avec la désindustrialisation et le chômage de masse dans un contexte de triomphe du libéralisme qui apparait seul après l'effondrement de l'URSS, des deux blocs et du communisme.
 
La fin du cycle d’Épinay ne doit ni nous surprendre ni nous inquiéter. Ce n'est pas la fin de l'Histoire, n'en déplaise à Francis Fukuyama qui affirmait que la fin de la guerre froide marquait la victoire du libéralisme sur les autres idéologies politiques. La gauche a connu plusieurs cycles depuis 1905 et a su se relever. Cela dépend de nous. 
 
De cette période, doit demeurer la nécessité de l'union que la gauche par-delà ses différentes sensibilités, avait mis en marche sur la base d’un programme commun de transformation sociale avec pour objectif l’émancipation et pour moyen la démocratie. C’est cela qui doit nous inspirer mais nous inspirer seulement en veillant toujours à éviter le piège de la contrefaçon, du mauvais pastiche. 
 
La social-démocratie est entrée dans une crise profonde, le miroir aux alouettes du compromis entre État providence et dérégulation du marché, au premier lieu desquels les marchés financiers, n’aura pas passé l’épreuve de la confrontation avec le réel : à savoir une croissance atone et des marchés financiers insatiables par essence. 
Je voudrai à cet égard m'adresser à ceux qui, se réclamant de gauche, continuent de promouvoir l’idée qu’un compromis est possible avec le libéralisme, qu’un équilibre ou une « synthèse » est envisageable : cessez de vous mentir, ouvrez les yeux, regardez la réalité en face telle qu'elle est ! Il nous faut bâtir un nouveau rapport de force pour mettre un terme à cette course effrénée à la dérégulation et au moins disant social. 
 
Car nos adversaires sont aujourd’hui installés au pouvoir et leur main ne tremble pas. Emmanuel Macron est galvanisé par la facilité déconcertante avec laquelle il a atomisé le champ politique et pu imposer ses réformes depuis un an. En cette rentrée et malgré une situation dégradée pour l'exécutif avec la pitoyable et révélatrice affaire Benalla, la démission de Nicolas Hulot, une croissance en berne, un budget très contraint pour respecter les engagements maastrichtiens de réduction de la dépense et de la dette publiques, Emmanuel Macron vient d'annoncer au séminaire gouvernemental qu'il entend continuer à avancer sabre au clair.
 
Déconstruction méthodique du droit du travail pour plaire au MEDEF et à Bruxelles, austérité budgétaire, privatisation de la SNCF pour satisfaire la Commission Européenne et les marchés financiers, la liste est longue des réformes passées qui n’ont pour seule ambition que de contenter ceux qui jouissent déjà de tous les privilèges.
 
Parlant des privilégiés, il faut dire et rabâcher qu'il est intolérable de voir les écarts de revenus s'envoler entre ceux qui bénéficient de cadeaux fiscaux avec la réforme fiscale et la suppression de l'ISF et ceux qui voient leur pouvoir d'achat diminuer. Je pense notamment aux retraités auxquels la ministre du travail, Muriel Pénicaud ose dire que "les retraités qui perdent jusqu'à 800€ par an doivent le faire par solidarité intergénérationnelle ". 
 
Ne nous y trompons pas ! C’est l’héritage du Conseil national de la Résistance qui est au fondement même de notre pacte social depuis près de 80 ans qu’Emmanuel Macron et son Gouvernement entendent reléguer aux poubelles de l’histoire pour contenter son électorat et ses soutiens qui ont soif d’un État réduit au strict minimum qui serait au service du libéralisme. 
 
Nous ne pouvons évidemment laisser mener un tel projet sans réagir. Mais surtout, surtout nous ne pouvons laisser s’installer la mélodie doucereuse qu'on a déjà entendu dans le passé du « there is no alternative » Thatcherien à la mode Macronienne. C’est une idée mortifère, désespérante pour nos concitoyens qui conduit inéluctablement à ce cancer de la démocratie qu’est l’apathie. La politique libérale d'Emmanuel Macron nous oblige à ne pas être des spectateurs ou des commentateurs, mais des acteurs. La gauche doit s'opposer à cette politique mais elle doit proposer un projet. Comme le rappelait Didier MOTCHANE dans son dernier écrit : la gauche ne peut se définir uniquement contre la droite. Notre responsabilité est de tout faire pour bâtir une alternative et reconstruire la gauche. 
 
Nous devons d'abord porter un discours de déconstruction de cette foi aveugle dans les vertus et les bienfaits du marché et montrer l’inanité du dogme de la concurrence débridée qui devrait mener, comme par magie, au mieux-être collectif. Car nos concitoyens sont las de ce discours auquel ils ne croient plus et qui n’est que le cache-sexe d’un modèle économique absurde. 
 
Notre tâche ensuite n’est pas de bâtir simplement un projet qui soit une simple coalition des mécontents. Nous devons proposer une alternative radicale aux politiques libérales menées depuis tant d'années par ceux qui ont aujourd’hui trouvé leur maître en la personne d’Emmanuel Macron.
 
 
Nous devons préparer une alternative qui ne soit pas une simple alternance. Cela implique d’abord de nous rencontrer à gauche, de débattre, d’établir un diagnostic et d’analyser lucidement la réalité de notre situation politique, économique, sociale et écologique pour rechercher les convergences et fixer des orientations communes. Ce débat doit être conduit avec la volonté d'aller au fond des choses, de décomplexer la gauche, de s'affranchir des tabous des uns et des totems des autres afin de tracer une perspective nouvelle. C'est ce que nous proposons d'engager ici à Marseille. 
 
Le 15 septembre prochain nous « célèbrerons » le dixième anniversaire de la chute de Lehman Brothers, cet Armageddon de la finance internationale qui a fait plonger l’économie mondiale dans la nuit. Contrairement à ce qui a été dit et rabâché, nous ne sommes jamais vraiment sortis de cette crise majeure avec des mesures permettant d’éviter une nouvelle crise.
 
Ce cataclysme devait marquer l’histoire, constituer un moment fondateur pour tous les progressistes qui il y a 30 ans mettaient en garde contre les dangers inhérents à un modèle fondé sur le profit-à-tout-prix. Naïvement nous pensions que les responsables seraient mis en accusation, qu’ils reconnaitraient leur erreur et que nous étions à l’aube d’une ère nouvelle de saine régulation imposée par des sommets internationaux et des réunions du G20. Alternatives Économiques titrait même en mai 2009 « La finance enfin mise au pas ? ». Quelle erreur ! Quel goût amer nous laisse aujourd’hui cet espoir déçu ! Dix ans plus tard, cette même idéologie infuse encore et toujours au sein des grandes banques et des fonds d’investissement, jusque dans les institutions internationales, Union Européenne en tête. 
 
Toute honte bue, les thuriféraires de ce modèle nous expliquent désormais que si la déflation nous guette, la faute en revient aux peuples fainéants et assistés qui refusent de sacrifier leurs acquis sociaux pour contenter les actionnaires, véritables sachants et détenteurs des clés de notre économie. 
 
Non seulement en dix ans rien n’a changé mais la situation s’est aggravée ! « Qui veut noyer son chien l’accuse d’avoir la rage » dit-on et c’est l’État qu’on accuse désormais : « État obèse », « fonctionnaires trop payés », « administrations incompétentes », « services publics inefficaces ». Après avoir été secouru par les États qui ont ainsi dû recourir à l’émission massive de dette publique, les marchés financiers demandent désormais aux mêmes États d’accepter l’inéluctabilité de leur propre démantèlement ... pour cause d’excès de dette publique.
 
 
Les libéraux ont tout à fait compris, et c’est ici notre seul point commun, que la clé de voûte de tout édifice politique c’est bien l’État. Non pas l’État pour l’État mais parce qu’il s’agit du support, du seul socle possible sur lequel peut s’ériger la République ! 
 
La promesse Républicaine qui est inachevée, ce creuset qui transforme les individus en citoyens liés par un destin commun est plus que jamais la contre-proposition que nous adressons à nos adversaires. La République n’est ni un souvenir, ni un vestige mais bien la condition nécessaire de tout projet d’émancipation collective. Elle est à la fois le contenant comme régime politique et le contenu par son universalisme et les valeurs qui lui sont attachées : l’égalité comme condition tant de la liberté que de la fraternité et la laïcité comme garantie parce que la République ne reconnaît que des citoyens, égaux en droits et en devoirs. 
 
Cet idéal humaniste, forgé au fil des siècles par l’histoire de la Nation dans laquelle il s’enracine, à pour exigence que l’expression démocratique des citoyens soit respectée. Pas de République sans une souveraineté populaire pleine et entière. 
 
C’est en remettant ainsi les choses à l’endroit que nous pourrons rebâtir un État social et protecteur. Cet État que nous appelons de nos vœux et que nos gouvernements successifs se sont évertués à démanteler à la demande de l’Union Européenne qui se méfie autant de la République que de la Nation qui est le cadre de la démocratie et plus encore des peuples. 
 
Le premier signal que nous devons donc envoyer est à l’Union Européenne et plus particulièrement à la Commission Européenne dont le projet politique, puisque c’est bien d’un projet politique qu’il s’agit, construit à rebours du sens de l’histoire, contre les peuples, avec pour seul idéal la toute-puissance des forces du marché. 
 
La gauche s’est condamnée à l’impuissance et à l’échec en refusant de voir en face la réalité de la construction européenne depuis une trentaine d'années. La construction européenne depuis l'acte unique est devenue un mythe qui s'est substitué au projet de transformation sociale de la gauche. Libéralisation, déréglementation, austérité budgétaire et règle absurde des 3%, primauté des traités et normes européennes sur les normes nationales, monnaie surévaluée nous entraînant dans une spirale déflationniste, démantèlement des services publics et interdiction des aides d’État, ... la liste est longue des injonctions auxquels nous avons été forcés de nous soumettre. Il est temps d'ouvrir les yeux sur la vraie nature de la construction européenne :  celle d’un cheval de Troie de la mondialisation libérale dans ses aspects les plus odieux, les plus sauvages. Et la nouvelle opération de communication qui a lieu en ce moment à Marseille à deux pas d'ici entre Emmanuel Macron et Angela Merkel ne changera pas cette réalité. 
 
Nous voulons l’Europe du progrès économique et social, l’Europe qui protège, l’Europe qui respecte les valeurs dont elle a hérité de l’histoire des peuples qui la composent : respect de la démocratie, respect des droits humains, respect des droits sociaux. Et c’est parce que nous voulons une autre Europe que nous nous opposons aujourd’hui résolument à la politique de l’Union Européenne qui met en cause notre souveraineté et à pour effet d'empêcher tout projet de transformation sociale. Vous connaissez la règle fixée en janvier 2015 après la victoire en Grèce de Syriza par Jean-Claude Juncker, Président de la commission européenne: "Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les traités européens". C'est clair et net : les peuples ne peuvent choisir que dans le respect des traités. Autant dire que la démocratie et la souveraineté n'ont plus vraiment cours dans les pays de l'Union européenne. C'est cela qu'il nous faut rétablir. 
 
A tous les eurobéats nous devons adresser un message fort à l’occasion des élections européennes qui auront lieu en mai 2019 et empêcher cette bipartition mortifère que tentent d’installer les libéraux et les extrêmes-droites entre faux-progressistes et vrais-nationalistes !
 
La gauche, les gauches, doivent parler d’une seule voix à cette occasion pour adresser un « non » à la politique exigée par les institutions Européennes qu’Emmanuel Macron met tant d’ardeur à contenter tout comme elles avaient adressé un « non » clair au référendum sur une Constitution Européenne en 2005. C'est pourquoi, le MRC appelle à la constitution d'une liste d'union de la gauche qui rassemble le non de gauche de 2005 et tous ceux qui ont compris à présent l'urgence d'une autre Europe. 
 
La gauche dans son ensemble et surtout la gauche française, est condamnée à l’échec tant que ses différentes composantes refuseront d’entamer un dialogue sérieux et constructif.
 
C’est dans cette perspective que les organisateurs du colloque « gauche année 0 » ont lancé un appel le 9 juin dernier qui énonce les 4 enjeux sur lesquels nous souhaitons avancer ensemble :
 
-       La souveraineté populaire, autre nom de la démocratie, aujourd’hui sous contrôle des oligarchies, de la finance et des multinationales ;
 
 
-       La planète et ses ressources, objets d’une prédation qui met en péril la biodiversité et les conditions de vie et de survie de l’humanité avec le changement climatique ;
 
 
-       Le travail et l’économie réelle, soumis aux exigences exorbitantes de la spéculation, de l’appropriation des richesses par une infime minorité ;
 
-       La laïcité face au retour en force des réflexes identitaires, encouragé par l’affaissement des nations, des valeurs universalistes et le démantèlement des solidarités ;
 
C’est sur la base de ces 4 enjeux que nous voulons poursuivre le débat avec toute la gauche et que nous organisons ensemble ces Universités de rentrée et lançons la plateforme « Nos Causes Communes ». 
 
Nos Universités de rentrée sont organisées autour d'ateliers et de séances plénières destinées à favoriser la réflexion, le débat et la confrontation à partir de nos analyses respectives avec les représentants de toute la gauche et avec le concours d'intervenants extérieurs qui nous livrerons leurs travaux sur chacun des sujets que nous avons choisi d'aborder. Ces débats sont le seul et unique moyen pour parvenir à l’établissement de convergences. Et puisque au MUCEM, à Marseille il y a de belles expositions que je vous recommande aller voir, je vous livre cette citation de Al Weiwei sur la liberté : " La liberté concerne notre droit de tout questionner". C'est ce que nous vous invitons à faire lors de notre Université de rentrée. 
 
La plaquette qui vous a été remise vous donnera toutes les informations utiles sur les thèmes, les problématiques, les intervenants et les lieux. Je vous encourage à en prendre connaissance et je vous précise que vous retrouverez des extraits puis des vidéos sur le tweet live, la page Facebook, et la chaîne YouTube de nos Causes Communes. Enfin un #NosCausesCommunes est à votre disposition. N'hésitez pas à partager, relayer, commenter sur tous les réseaux sociaux ! Vous l'aurez compris, nous ne vous demandons pas d'éteindre vos portables. Gardez les en fonction , en silence certes , mais utilisez-les  !
 
Ne nous leurrons pas, la tâche de reconstruction de la gauche est immense.
 
Mais notre force c'est vous.
Parce que vous avez envie que ça bouge enfin à gauche ! 
Parce que vous avez envie de participer à la construction d'une alternative à la politique libérale d'Emmanuel Macron !
Parce que vous avez envie de changer la gauche pour la mettre sur de bonnes bases !
 
C'est une tâche qui va être passionnante, et exaltante pour vous tous et pour tous les citoyens qui ne veulent pas être condamnés à subir la potion libérale qu'Emmanuel Macron s'emploie à administrer au peuple français, vous savez ces " gaulois réfractaires" !
 
Les citoyens ont envie d'avoir de l'espoir pour l'avenir. 
Ensemble, donnons leur cet espoir !
 
La reconstruction de la gauche commence ici, ce week-end à Marseille ! 
 
Que cette université de rentrée et le lancement de la plateforme "Nos Causes Communes" soit une première pierre pour faire grandir la gauche républicaine et reconstruire la gauche !
 
Au travail citoyens et camarades !

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I Publié le Vendredi 31 Août 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Billet de Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 31 août 2018


J-7 avant l'université de rentrée de Nos Causes Communes !
Ne manquez pas l'Université de rentrée les 7, 8 et 9 septembre à Marseille. Le programme est attractif. C'est là que se retrouveront toutes les forces de gauche pour débattre et réfléchir à l'avenir : LFI, PCF, PS, Radicaux de Gauche, EELV, République & Socialisme seront présents. 
 
Le MRC qui a inscrit son action après l'élection d'Emmanuel Macron dans la reconstruction de gauche participe avec "l'Union et l'Espoir" d'Emmanuel Maurel et Marie-Noëlle Lienemann à la plateforme "Nos Causes Communes". Ensemble nous organisons cette Université de rentrée.
 
Les intervenants de qualité venant d'horizon divers et la présence de représentants de toute la gauche font de cette Université l'évènement politique de la rentrée. 
Je vous encourage à y participer, les inscriptions sont toujours ouvertes. Voici le programme définitif, rendez-vous à Marseille !

Vous pouvez vous inscrire ici 
 
 
 
 
 
 

Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Mardi 21 Août 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Le MRC organise conjointement avec "l'Union & l'Espoir" l'université de rentrée de "Nos Causes Communes" au palais des Congrès de Marseille Chanot, les 7, 8 et 9 septembre.
Des tables rondes et des intervenants de grande qualité au programme pour une rentrée politique studieuse


Vous pouvez vous inscrire sur https://noscausescommunes.fr/
Programme de l'Université de rentrée "Nos Causes Communes"

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I Publié le Lundi 30 Juillet 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC, le 30 juillet 2018


Une première depuis 2017 ! C’est une excellente nouvelle qui réjouit les citoyens qui ne veulent pas être condamnés à un deuxième quinquennat d’Emmanuel Macron et ceux qui aspirent comme le MRC à une politique alternative avec une gauche reconstruite et rassemblée.

Les groupes parlementaires Nouvelle gauche, La France insoumise, Gauche Démocratique et Républicaine qui rassemblent les députés de la LFI, du PCF, du PS et DVG, et le MRC avec Christian Hutin ont déposé une motion de censure dont voici le texte :

« Notre pays traverse une crise politique qui révèle des dysfonctionnements graves au sommet de l’État et au cœur des institutions républicaines. Les auditions des commissions parlementaires et les révélations de la presse attestent de la dérive autocratique et du sentiment d’impunité qui prévalent au plus haut sommet de l’État.

Des employés de l’Élysée, collaborateurs de la Présidence de la République, ont participé à des opérations de police le 1er mai 2018, indépendamment de la hiérarchie préfectorale et policière, en usurpant insignes et fonctions et en faisant preuve d’une violence intolérable à l’égard de citoyens.

Malgré l’illégalité de ces actes, les responsables informés n’ont pas jugé bon d’en référer au procureur de la République comme le leur impose pourtant l’article 40 du Code de procédure pénale. Il apparaît donc que plusieurs responsables au plus haut niveau de l’État ont tenté de dissimuler volontairement des faits qui auraient dû être signalés à l’autorité judiciaire. Ces faits ne peuvent laisser le Parlement indifférent, au moment où le pouvoir exécutif entend de surcroît diminuer ses capacités d’initiative, d’évaluation et de contrôle. Ces circonstances exceptionnelles soulignent combien la teneur du projet de réforme constitutionnelle défendu par la majorité n’est pas à la hauteur de la crise des institutions de la Ve République.

Ces faits interrogent les habitudes du président de la République en matière de sécurité, la pratique gouvernementale en matière d’ordre public, et plus généralement une pratique du pouvoir et des institutions. Ils fragilisent l’autorité de l’État. Ils expriment une irresponsabilité assumée du pouvoir alors que le Premier ministre, selon l’article 21 de la Constitution, assure l’exécution des lois et dirige l’action d’un Gouvernement qui comprend le ministre de l’Intérieur.

Pendant une semaine, le Premier ministre a refusé de s’exprimer devant l’Assemblée nationale, alors qu’il est responsable devant elle selon l’article 20 de la Constitution. Il a notamment décliné les sollicitations émanant des groupes parlementaires, en vertu de l’article 50-1 de la Constitution.

Enfin, cette crise au sommet de l’Etat a atteint l’Assemblée nationale au lendemain de l’intervention du Président de la République devant sa majorité. Depuis, les députés de la République en Marche ont fait obstruction au bon fonctionnement de la commission d’enquête parlementaire, mise en place grâce au volontarisme des groupes d’opposition. Cette commission d’enquête a été verrouillée de telle manière que ses travaux ne permettent pas de faire émerger la vérité.

La confiance que le peuple doit accorder au Gouvernement et dans ses institutions est donc compromise.

L’Assemblée nationale doit pouvoir s’exprimer sur la responsabilité du gouvernement et lui retirer la confiance que son comportement a rompue.

Ils ont menti pour se protéger, nous avons cherché la vérité, ils ont refusé de s’expliquer, il ne nous reste plus qu’un moyen : la motion de censure que nous déposons en vertu de l’article 49-2 ».

Les signataires :

André Chassaigne, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Rabault, Clémentine Autain, Joël Aviragnet, Ericka Bareigts, Marie-Noëlle Battistel, Huguette Bello, Ugo Bernalicis, Gisèle Biémouret, Christophe Bouillon, Jean-Louis Bricout, Moetai Brotherson, Alain Bruneel, Marie-George Buffet, Luc Carvounas, Éric Coquerel, Alexis Corbière, Alain David, Pierre Dharréville, Jean-Paul Dufrègne, Laurence Dumont, Elsa Faucillon, Olivier Faure, Caroline Fiat, Guillaume Garot, David Habib, Christian Hutin, Régis Juanico, Sébastien Jumel, Marietta Karamanli, Bastien Lachaud, Jérôme Lambert, Michel Larive, Jean-Paul Lecoq, Serge Letchimy, Josette Manin, Jean-Philippe Nilor, Danièle Obono, Mathilde Panot, George Pau-Langevin, Stéphane Peu, Christine Pires Beaune, Dominique Potier, Loïc Prud’homme, Joaquim Pueyo, François Pupponi, Adrien Quatennens, Jean-Hugues Ratenon, Muriel Ressiguier, Fabien Roussel, Sabine Rubin, François Ruffin, Hervé Saulignac, Gabriel Serville, Bénédicte Taurine, Sylvie Tolmont, Cécile Untermaier, Hélène Vainqueur-Christophe, Boris Vallaud, Michèle Victory, Hubert Wulfranc.


Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Mardi 24 Juillet 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Communiqué de Christian Hutin, vice-président du MRC, le 24 juillet 2018


Depuis une semaine maintenant, l’actualité française est marquée par « l’affaire Benalla » qui, au fil des heures et des jours, de fait divers est devenue une crise politique et institutionnelle au gré des révélations des média. Ces révélations, choquantes éclairent d'un jour particulier ce qu'il faut bien appeler "l'exercice solitaire du pouvoir".

Attribution d'accréditation de haut niveau à l'Assemblée nationale, logement de fonction, voiture de police entièrement équipée, promotion "rapide" de Brigadier-chef à Lieutenant-colonel dans la réserve de gendarmerie, volonté de l'Elysée de faire de Monsieur Benalla un sous-préfet, volonté de créer une service de sécurité ne dépendant que du chef de l'Etat et doté de pouvoirs très étendus...Nous ne sommes plus confrontés à l'erreur d'un homme, mais à la découverte d'un système.

Dans le même temps, l’Assemblée nationale est censée examiner un projet de révision constitutionnelle du gouvernement dont l'objectif est d'affaiblir encore un peu plus le rôle du Parlement.

Je me félicite de l'arrêt des travaux. Nous ne pouvions pas poursuivre comme « si de rien n’était ». Le silence de l'exécutif, du Président de la République comme du Premier ministre renforce incontestablement la crise politique à laquelle nous sommes désormais confrontés.

A ce stade, la seule avancée obtenue est de doter la commission des Lois des compétences d'une commission d'enquête parlementaire à l'initiative du groupe Nouvelle gauche. Cette dernière a finalement été constituée, sur la base de la proposition formulée par notre groupe visant à utiliser les dispositions spécifiques de l’article 5 ter de l’ordonnance 58-1100 du 17 novembre 1958, ce qui a permis d’accélérer le processus. Toute la vérité doit maintenant être faite. Ayant présidé la commission d'enquête sur l'affaire Lactalis, je mesure pleinement l'ampleur du travail qui attend mes collègues. C'est également l'illustration de la nécessité d'en renforcer les pouvoirs.

Plus rien ne sera pareil dans le cours du mandat présidentiel. La confiance avec les Français est très largement entamée et les restes du Nouveau monde s'effondrent sous les coups d'une affaire sordide et indigne. C'est un tournant également pour le parti majoritaire qui recycle des méthodes qu'il prétendait dénoncer par ailleurs.

Les coups portés au prestige de la fonction présidentielle, à l'autorité de l'Etat, à la confiance des citoyens dans leurs représentants seront difficiles à effacer.


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I Publié le Samedi 21 Juillet 2018 par Mouvement Républicain et Citoyen


Interview de Christian Hutin par la Voix du Nord, le 18 juillet 2018


Christian Hutin espère que sa commission «ne sera pas la dernière avec le même pouvoir d’investigation»
De toutes les mesures préconisées par le rapport, à laquelle tenez-vous le plus ?

« J’en retiens trois qui me tiennent à cœur : la première est « contrôler les contrôleurs » et « contrôler les contrôlés » ! Dans l’industrie, on marche à l’autocontrôle, ce qui n’est pas satisfaisant. Cela revient à décider soi-même si on est en pleine forme et si on peut conduire ! On veut un système d’État contrôlant les autocontrôles avec de la transparence, des registres à tenir et une communication obligatoire. Pour les laboratoires qui font ces contrôles, il faut regarder s’ils n’ont pas des liens avec les entreprises concernées. La deuxième priorité, c’est qu’on ne trouve plus jamais en France des produits en vente deux semaines après une procédure de retrait-rappel. Nous faisons une vingtaine de propositions sur ce sujet. Je suis personnellement pour une sorte de « crash test ». Qu’à un moment donné, l’État demande le retrait d’un produit dans les deux heures et vérifie ensuite. La troisième priorité c’est de mette de l’ordre dans la police alimentaire de l’État ».

Qui doit commander cette police alimentaire ?

« Nous considérons que nous ce qui touche à la santé alimentaire doit être dirigé par la Direction générale de l’alimentation au ministère de l’agriculture même si ça ne fait pas plaisir à Bercy ! Il faut arrêter avec cette armée mexicaine entre trois ministères (santé, agriculture et économie NDLR) ».

Vous avez finalement pu auditionner Emmanuel Besnier. Avez-vous eu le sentiment d’être face à quelqu’un qui fuyait ses responsabilités ?

« J’ai terminé l’audition en lui disant qu’à un moment, il fallait forcer sa nature. Peut-être ai-je dépassé mon rôle de président mais cela m’a semblé tellement indispensable par rapport aux victimes ! »

Et maintenant quelles suites attendez-vous pour ce rapport ?

« On a déjà évité qu’il ne soit torpillé ! Il contient de belles propositions qui sont le résultat d’auditions de qualité et de la bonne entente au sein de la commission. Avec le rapporteur Grégory Besson-Moreau (député LaREM de l’Aube) je n’ai eu qu’une petite différence. Je voudrais qu’il y ait plus de fonctionnaires qui travaillent sur le sujet, la République en marche est moins « fonctionnaires » que moi ! Mais quand il n’y a qu’une seule personne pour s’occuper des produits laitiers en Mayenne, c’est peu. Les services sont à l’os… »

Et vous, avez-vous eu assez de moyens pour travailler ?

« Non. Les moyens des commissions d’enquête sont extrêmement limités. Le rapporteur et moi avons travaillé avec trois administratrices, souvent dans des petits bureaux tard le soir. On est très loin d’une commission d’enquête aux États-Unis. Et surtout il y a un problème majeur de dépendance par rapport à l’exécutif. On doit demander à la Garde des sceaux l’autorisation d’enquêter et les avocats de Lactalis ont essayé de torpiller nos travaux. Heureusement Mme Belloubet et François de Rugy ont résisté. Enfin, j’espère que ma commission ne sera pas la dernière avec le même pouvoir d’investigation. Avec la loi sur le secret des affaires, je ne suis pas certain que je pourrai disposer des mêmes documents. C’est gravissime ».
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