Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Lundi 25 Mars 2019 par Mouvement Républicain et Citoyen


Billet de Jean-Luc Laurent


Extraterritorialité du droit américain et sanctions en Iran : l’Union européenne dépassée
Depuis la remise en cause de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien par Donald Trump, la liste des groupes français obligés de suspendre leurs activités en Iran pour éviter de subir les effets de l’extraterritorialité du droit américain s’allonge en s’aggravant. Airbus, Total, PSA et Renault, qui n’a enregistré aucune immatriculation depuis septembre, n’en sont que les exemples les plus visibles.

Le départ de ces entreprises montre la faillite de l’Union européenne, qui depuis le traité de Lisbonne a compétence sur la politique commerciale extracommunautaire des Etats membres, à protéger les intérêts de ses acteurs industriels.
 
Pour lutter contre l’extraterritorialité du droit américain, on nous promettait que l’euro remplacerait le dollar pour les échanges internationaux ainsi qu’une mise à jour de la « protection contre les effets de l'application extraterritoriale d'une législation adoptée par un pays tiers » datant de 1996 mais qui n’a jamais été appliquée depuis.
 
Après des discours remplis de bonnes volontés de Federica Mogherini, Haut représentante de l'Union pour les affaires étrangères, pour appeler à une réponse ferme de l’Union européenne, la réalité déchante.
Aujourd’hui, c’est à la France, à la Grande-Bretagne et à l’Allemagne de finalement proposer un système encore très flou de chambre de compensation limitée à l’alimentation et aux médicaments.
 
Malgré le caractère encore très restreint de cette chambre, elle va dans le bon sens. Elle montre bien que c’est en rendant aux Etats membres leur totale souveraineté commerciale qu’ils pourront répondre efficacement aux aboiements du gouvernement américain.

Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Samedi 16 Mars 2019 par Mouvement Républicain et Citoyen


Billet de Jean-Luc Laurent


Algérie : ne pas rester sourd à la jeunesse et aux citoyens en mouvement !
J’adresse ma solidarité aux Algériens qui manifestent pacifiquement leur soif de démocratie et leur demande de partage des richesses et des pouvoirs.

L’histoire entre la France et l’Algérie, les liens qui existent entre nos deux nations indépendantes et amies ne laissent pas indifférents les citoyens algériens vivants en France et les citoyens français qu’ils soient ou pas issus de l’immigration. Respectueux de la souveraineté de l’Algérie et soucieux de la stabilité du bassin méditerranéen, et parce que je suis attaché à ce beau pays que je connais depuis des années, je pense que l’Etat algérien doit entendre le désespoir des manifestants et l’inquiétude de sa jeunesse.

Confronté au chômage de masse et aux difficultés sociales, le pouvoir ne peut rester sourd à l’expression puissante des jeunes et des citoyens en mouvement. L’Algérie doit apporter les solutions pour redonner confiance au peuple et particulièrement à sa jeunesse qui représente près de la moitié de la population et a besoin de perspectives d’avenir.

Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Vendredi 15 Mars 2019 par Mouvement Républicain et Citoyen


Billet de Jean-Luc Laurent


Taxe GAFAM : un impôt symbolique très insuffisant.

L’annonce de la création d’une taxe GAFAM en France par le gouvernement est une bonne nouvelle ... en apparence.

Dans un premier temps le gouvernement a eu la même réponse que ses prédécesseurs à l’égard de la création d’une taxe sur les transactions financières : il ne fallait pas agir seul mais au niveau de l’Europe. Résultat : au lieu de mettre en place une imposition significative en France sans attendre la décision de l’Europe avec la TSF, on en a parlé régulièrement pendant 5 ans durant le précédent quinquennat pour rien. Cette expérience a montré que c’était une stratégie dilatoire qui a renvoyé à plus tard la création de cet impôt.

Face à la pression des citoyens qui portent l’exigence d’égalité devant l’impôt, le gouvernement a fini par annoncer la création d’une taxe sur les GAFAM qui est symbolique en réduisant de la moitié la base des activités qui seront imposées et donc le montant des impôts.

 

L’élargissement de la base imposable de ces entreprises pour leurs activités en France comme le propose Marie-Noëlle Lienemann et la Gauche Républicaine et Socialiste est une nécessité. La mise en place d’une imposition des GAFAM serait une mesure de justice fiscale à l’égard de tous les citoyens mais aussi des entreprises et particulièrement des PME.


Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Vendredi 15 Février 2019 par Mouvement Républicain et Citoyen


Appel à participer aux rassemblements contre l'antisémitisme mardi 19 février dans toute la France
Le MRC et la Gauche Républicaine et Socialiste (GRS) appellent à participer aux manifestations et rassemblement du mardi 19 février qui auront lieu sur l'ensemble du territoire à l'appel des partis politiques.

Pour les franciliens, un rassemblement est prévu mardi à Paris place de la République à 19h. Nous appelons les militants sincères, républicains de conviction à s'y rendre massivement.

Vous trouverez ci-dessous le communiqué publié par la Gauche Républicaine et Socialiste s'associant à l'appel "ça suffit !"

 

Le Mouvement Républicain et Citoyen

I Publié le Vendredi 15 Février 2019 par Mouvement Républicain et Citoyen


Dans une tribune au « Monde », le secrétaire national du MRC, économiste, estime que la crise actuelle doit pousser les pays européens à fixer une cible d’inflation à 5 % et à opérer une « mutation monétaire ».


"Tribune. De la Libération jusqu’en 1958, l’économie française présentait les caractéristiques suivantes : un fort taux de croissance, un quasi plein emploi et une inflation à deux chiffres. La balance commerciale systématiquement déficitaire conduisait à procéder à des dévaluations compétitives.

Pendant la première décennie de la Ve République, les grands équilibres économiques étaient maîtrisés et l’inflation avait été réduite sous les présidences de De Gaulle et Pompidou. Mais elle se manifesta de nouveau sous celle de Giscard d’Estaing, pour bondir à 15 % en 1981. Un tel taux érodait la valeur de la monnaie, permettant à un accédant à la propriété immobilière de voir le montant de sa dette inchangé en valeur nominale mais en fait réduite en valeur relative de 50 % au bout de trois ans puisque les revenus des salariés étaient automatiquement indexés sur l’inflation.

Pour mettre un terme à celle-ci, notre pays s’est engagé depuis 1983 dans un cycle ininterrompu de désinflation compétitive, appliquée par tous les ministres de l’économie qui se sont succédé depuis Pierre Bérégovoy jusqu’à Edmond Alphandery. En 1992, la politique de désinflation compétitive avait porté ses fruits : l’inflation était significativement réduite et notre commerce extérieur, redevenu excédentaire du fait de la compétitivité de nos prix, permettait d’initier une politique de l’offre aussi bien au plan externe qu’interne.
Mais le sauvetage de la monnaie ne s’est pas fait sans conséquences. La réduction du taux d’inflation entraine – selon la courbe de Phillips – un accroissement corrélatif du taux de chômage. Ainsi est apparu un premier clivage entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en n’ont pas.

L’émergence de deux nations

En luttant vigoureusement contre l’inflation, le choix a été fait de protéger les détenteurs d’avoirs monétaires devenus stables et attractifs, au détriment de ceux qui ne bénéficient plus de l’érosion de leur endettement. Ainsi est apparu un deuxième clivage, entre les seniors et les juniors cette fois. « Une inflation à 5 % se traduit aussi par un accroissement en valeur du prix de tous les biens et services, et par là, du montant du PIB de 100 milliards d’euros »

L’addition de ces deux clivages a contribué à la formation de deux nations, ainsi que le stigmatisait déjà Benjamin Disraeli dans son ouvrage Sybil and the Two Nations (1845). En France, à l’heure actuelle coexistent deux nations : au centre, des ménages très riches ; dans les métropoles et à la périphérie rurale, des territoires très pauvres. Comment en sortir ?

En remplaçant la politique de l’offre par une politique de la demande. Une dynamique politique de la demande nécessite de financer celle-ci par le déficit ou l’inflation. Ainsi, Olivier Blanchard, alors chef économiste du FMI, avait conseillé il y a déjà plus de cinq ans à Mario Draghi [président de la banque centrale européenne (BCE)] de porter la cible d’inflation de la BCE de 2 % à 5 %. Un retour à une inflation maîtrisée entraînerait une augmentation de l’ensemble des revenus et une relance de la croissance, certes financée par une augmentation du déficit public ou par la création monétaire.

La France, avec une dette de 2 000 milliards d’euros et un PIB de 2 000 milliards d’euros, connaît un taux d’endettement de 100 %. Avec une inflation de 5 %, sa dette de 2 000 millards serait réduite en valeur relative à 1 900 milliards et le taux d’endettement passerait à 95 %. Mais cette façon statistique et statique de voir les choses doit être complétée par une vision plus dynamique de celles-ci. Une inflation à 5 % se traduit aussi par un accroissement en valeur du prix de tous les biens et services, et par là, du montant du PIB de 100 milliards d’euros.

Cette somme peut servir à financer un déficit de même ampleur, soit une marge de manœuvre équivalente à dix fois celle concédée par le pouvoir pour tenter de calmer les revendications des « gilets jaunes ». La dette réduite en valeur relative à 1 900 milliards et majorée d’un déficit de 100 milliards donne à nouveau un taux d’endettement de 100 %. Mais en « sacrifiant » ainsi la monnaie, on contribue à sauver l’économie…

Rejet des contraintes européennes

Certains objecteront qu’une telle relance de la demande par l’inflation entraînerait corrélativement une augmentation des importations. Une telle hypothèse n’est recevable qu’en partie. Dans des économies avancées telles que la nôtre, la formation du PIB résulte à hauteur de 70 % de la production des services et à hauteur de 30 % des biens. Mais comme les services ne font pratiquement pas l’objet d’échanges extérieurs, seuls les échanges de biens contribuent à la détérioration de la balance commerciale d’une façon limitée.

L’adoption de cette « autre politique » nécessite le rejet des contraintes européennes issues des traités de Maastricht, d’Amsterdam et de Bruxelles. Un tel rejet impliquerait de transformer notre monnaie unique, l’euro, en monnaie commune, l’euro-franc. L’euro serait toujours notre monnaie telle que définie par l’article 1 de notre Code monétaire et financier : « L’euro est la monnaie de la France. » Mais cette mutation monétaire ne se traduirait pas par un accroissement de nos dettes publiques ou privées à l’égard des résidents ou des non-résidents, toujours libellées en euros, et ne nécessiterait pas un contrôle des changes puisque notre monnaie fluctuerait librement par rapport à ses pareilles.

Cette mutation monétaire a été reprise par Joseph Stiglitz dans son ouvrage, L’Euro : comment la monnaie unique menace l’avenir de l’Europe ? (LLL, 2016). Cette mutation monétaire que nous préconisons est une option. Elle devrait être une ardente obligation pour les Etats de la zone euro qui souhaitent mettre un terme à la crise profonde que nous traversons. Au moment où la croissance ralentit partout en Europe mais aussi aux Etats-Unis et surtout en Chine, il faut choisir plus que jamais d’appliquer enfin une politique de la demande en lieu et place d’une politique de l’offre."
 
 
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