Jeudi 24 Janvier 2013

Discours de Thomas Frémond lors du congrès MRC 2012




Mes Chers camarades,


Il y a des sujets importants dans la refondation que nous défendons. L'éducation est celui qui me tient particulièrement à cœur, étant moi même enseignant en lycée professionnel dans une ZEP et Zone de sécurité prioritaire situées à Méru, dans l'Oise. Le ministre de l'Education nationale M.Peillon a dit que « le redressement industriel passe par une valorisation du lycée professionnel ». Je me satisfait de ces annonces car rares sont les occasions d'entendre un ministre envisager de valoriser l'enseignement professionnel. Ce dernier étant dans l'esprit de beaucoup de parents une voie de garage plutôt qu'une voie d'avenir.
 

Cependant, ces annonces ne vont pas assez loin. Nous devons profiter de cette occasion pour réformer totalement l’éducation nationale afin de mener à sa réussite car la situation est grave. On ne peut donner du sens à l'enseignement professionnel sans avoir dans un premier temps une politique volontariste de réinsdustrialisation qui donnera mécaniquement des débouchés. De même, il n'y aura pas d'avenir productif sans une monnaie moins chère (passant par une sortie de la monnaie unique) et une relance industrielle. Cela passe nécessairement par une réorientation de la politique européenne vers un objectif de croissance.
 

Ensuite, l'enseignement professionnel doit retrouver la place qui est la sienne, à savoir former les futurs ouvriers et artisans de France. Cette filière doit être valorisée mais aussi repensée afin que les diplômes préparés répondent aux attentes du monde du travail. Trouver un équilibre entre formation professionnelle et enseignement général est primordial. 3 axes de réforme sont à mon sens envisageables:



Une meilleure gestion des orientations

Il faut éviter le décrochage qui arrive souvent quand la filière du bac professionnel est subie. Quand on veut être Maréchal-ferrant et qu'on obtient son 4ème vœu post-collège en logistique, cela pousse à l’absentéisme. Avant de montrer du doigt les absents, commençons déjà par rationaliser les places dans les filières. Il est curieux de voir dans les LP cette nécessité de "remplissage" des filières dont la non disparition prévaut à la réussite des élèves. Un élève bien orienté est un élève motivé qui trouve de l'intérêt dans ce qu'il fait.
 

L’absentéisme s'explique aussi par la lassitude vis-à-vis des contenus théoriques. On oblige à aller en bac pro alors que l'apprentissage ou une entrée plus précoce dans le monde du travail pourraient-être une voie salutaire pour certains élèves décrocheurs. A mon sens, une adaptation des parcours est nécessaire: apprentissage et CAP en 2 ans pour les élèves qui veulent se professionnaliser rapidement, Bac pro en 4 ans pour les élèves en difficulté et Bac pro en 3 ans avec préparation au BTS pour les plus motivés.
 

Permettre un plus grand choix de parcours permettra de parer à toutes les situations: décrochage, envie de professionnalisation, envie de poursuite d’étude. Nous aurons alors dans les classes des élèves avec un objectif commun et des enseignants qui pourront tirer tout le monde vers le haut.
 

Le doublon actuel CAP/BAC PRO 3 ans nivelle par le bas en réunissant dans une même classe des profils incompatibles. On empêche les meilleurs de réussir et on ne peut raccrocher les élèves en difficulté. C'est une impasse. Il faut donc ouvrir davantage de places en CAP qui est un niveau adapté aux élèves en difficulté, rendre au bac pro son rôle de préparation aux études supérieures et stopper la concurrence entre les LP et les CFA. L'apprentissage doit être un parcours intégré au LP et pas un concurrent.


Donner du sens aux enseignements.

Il faut des programmes théoriques moins lourds et adaptés au nombre d'heures disponibles. De même, nous devons créer un lien plus fort entre le Lycée professionnel et le monde du travail afin de définir avec eux les vrais objectifs de formation. Nous pourrions penser, par exemple, à lier un élève en LP à une entreprise qui cherche à recruter sur le temps de sa formation, avec un emploi à la clé.



Garantir un cadre scolaire.


C'est sur ce sujet que je rejoins le moins M.Peillon, encore trop influencé par un lobby pédagogiste mettant l’élève au centre de toutes les préoccupations et enlevant toute autonomie et responsabilisation de celui-ci. Ce dernier est à l’école dans un cocon protecteur où le mérite et l'effort n'existent plus et où l'on est valorisé même dans l'échec. Les moyens en terme de disciplines doivent être grandement renforcés devant les comportements intolérables qui nuisent à l'ambiance de travail. Un lycée apaisé est un lycée qui mène à la réussite.
 

Bien évidemment, pour parvenir à cet objectif, il ne faut pas penser l'école comme un puit de dépense mais comme un investissement pour l'avenir.

 
Des parcours mieux structurés, des sorties diplômées avec de réelles compétences et des débouchés industriels sont des facteurs majeurs d'insertion sociale et de réduction du chômage qui frappe prioritairement les jeunes de notre Pays. Ca tombe bien, il paraît que François Hollande a été élu pour le changement.



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