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Publié le Mardi 18 Novembre 2014 par

Rythmes scolaires: non à la garderie payante


Mots-clés : budget, école

Tribune de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, parue sur le site Huffington Post, mardi 18 novembre 2014.


Rythmes scolaires: non à la garderie payante
Depuis l'annonce de la réforme des rythmes scolaires, beaucoup de parents ont redouté de devoir changer une organisation quotidienne souvent compliquée sans que les avantages éducatifs pour leurs enfants apparaissent évidents. Avec maintenant deux mois de réforme effective, il est plus facile de faire la part des choses entre les contraintes réelles, les craintes dissipées et les avantages éducatifs attendus.

La ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a permis l'adoption d'un amendement important des députés du groupe "Socialiste, Républicain et Citoyen" visant à maintenir l'aide versée par l'Etat aux communes pour l'année scolaire 2015-16. Cette aide était réclamée par les communes mais elle mérite d'être conditionnée.

Trop de communes ne se sont pas investies pleinement dans la mise en œuvre des nouveaux rythmes scolaires. L'amendement voté conditionne désormais l'aide à la signature d'un contrat entre l'Etat et la commune. Ce contrat doit garantir que la lettre et l'esprit de la loi sont respectés: les nouvelles heures périscolaires ne doivent pas être de la garderie!

Ces trois heures hebdomadaires sont le cœur de la réforme puisque malheureusement elles remplacent les heures scolaires supprimées en 2009 par la droite lors du passage à la semaine de quatre jours. Ces trois nouvelles heures doivent s'inscrire dans un parcours éducatif cohérent pour chaque enfant, articulé entre les temps d'enseignement, relevant de l'Éducation nationale, et les temps périscolaires qui participent pleinement de l'éveil, la découverte et l'approfondissement à tout âge. Le Kremlin-Bicêtre, ma commune, a pu s'appuyer sur une expérience de quinze ans en matière d'activités périscolaires pour proposer à chaque enfant des projets pédagogiques construits avec des animateurs formés à des compétences spécifiques ou en lien les associations locales.

J'irai plus loin: il est indispensable de demander aux villes, en contrepartie de l'aide permanente de l'État, de mettre en place des activités gratuites. Ces nouvelles heures ne peuvent laisser de côté les familles qui ne pourraient pas payer. Les communes doivent aussi résister à la tentation de faire payer l'usager en profitant des difficultés de mise en place de la réforme. Accueillir tout le monde autour d'un projet éducatif ambitieux, voilà l'esprit de la réforme.

Je suis très attaché à la mission essentielle de l'École de la République, quitte à utiliser des mots d'arrière-garde comme "instruction" ou "élève". Je connais la crainte d'une municipalisation de l'école, d'une fuite en avant dans le tout éducatif et même de privatisation du service public. Ces analyses, parfois justes mais souvent excessives, condamnent par principe l'intervention des communes.

On ne peut pas découvrir en 2014 l'implication des communes dans la vie de l'école, le cœur, les poumons et le cerveau de l'école sont et doivent rester de la responsabilité de l'Etat ; mais depuis longtemps, les communes s'occupent du reste. Ce reste est de moins en moins accessoire avec le développement des activités périscolaires pour répondre à l'évolution des modes de vie.

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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur

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