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Publié le Mardi 14 Janvier 2014 par

Pourquoi un changement de politique s’impose à Hollande



Tribune de Bruno Moschetto, Secrétaire national aux questions économiques, parue sur Marianne.net, mardi 14 janvier 2014.


Pourquoi un changement de politique s’impose à Hollande
François Hollande a été élu Président de la République en 2012 au suffrage universel pour un mandat de cinq ans avec toute la légitimité qui incombe à cette élection. Il restera, quoiqu'on en pense, le Président de tous les Français jusqu'en 2017.

Gouverner une république moderne devient de plus en plus difficile parce que l’intérieur s’est progressivement ouvert sur l’extérieur et ce, sur tous les fronts. D’où la nécessité, pour les gouvernants, de s’arrimer autant que faire se peut sur le territoire national afin de ne pas être emporté par les flux mondiaux, qu’ils soient monétaires, économiques ou sociaux.

C’est au plan monétaire que la gouvernance est la plus délicate puisque face à des ressources globalisées, libéralisées et fluctuantes, les nations européennes ayant adopté la monnaie unique opposent un triple fixisme, monétaire, cambiaire et budgétaire et, par là, ne disposent plus d’aucune marge de flexibilité face aux turbulences externes.

Le choix de cette unité monétaire né de la logique supposée du marché unique, qui appelait une monnaie unique qui à son tour appelle une politique unique, ajoute un autre traumatisme au précédent du fait que les ajustements nécessités par les développement inégaux des différentes nations ne peuvent se faire, compte tenu de l’inertie des transferts de populations attachées à leurs structures et superstructures naturelles.

D’où l’émergence, dans le cadre d’une économie libérale de marché, de pôles d’excellence insupportables pour l’ensemble des nations. Les Etats nations de l’Europe, en vertu d’un abus de parallélisme, ne sont en aucune manière assimilables aux Etats régions des Etats-Unis.

Ainsi il ne saurait y avoir dans l’Union européenne, à l’instar de ce qui se passe aux Etats-Unis d’Amérique, un pôle pour la construction automobile (Détroit), un pôle pour la production pétrolière (Houston), un pôle pour la construction aéronautique (Seattle), un pôle pour l’industrie cinématographique (Hollywood), un pôle pour la finance de marché (New-York), etc. Les pays européens aspirent à un développement individuel, harmonisé et partagé. A chacun son excellence !

Plus prosaïquement encore, comment peut-on faire durablement coexister dans un même ensemble économique et monétaire deux Etats Nations dont l’un – l’Espagne - affiche un taux de chômage supérieur à 25% alors que l’autre – l’Allemagne - affiche un taux de chômage inférieur à 7,5% sans transfert massif de populations des nations en crise vers celles soi-disant prospères mais qui le sont au détriment des premières ?

Autrement dit, l’heure de vérité est arrivée. Cette économie monde (européenne) ne peut en aucune manière basculer vers le modèle de l’économie monde (américaine) où, l’euro devenu le virus de l’Europe est en train de miner cinquante ans de construction de celle-ci. L’on ne pourra pas longtemps atermoyer et ne pas changer radicalement de politique.

La situation actuelle n’est pas sans rappeler celle à laquelle a dû faire face le Général de Gaulle au lendemain de son arrivée au pouvoir en 1958. L’on pouvait dans un premier temps imaginer que l’Algérie pouvait demeurer française. C’eut été un choix absurde auquel la France, dans son intégrité, n’aurait pas résisté. D’où quatre ans après, en 1962, la décision de faire que l’Algérie soit algérienne, ce qui entraîna un changement de Premier ministre et naturellement de politique intérieure et extérieure.

En 2014, deux ans après son arrivée au pouvoir, François Hollande ne pourra pas – lui non plus, échapper à un tel changement imposé par les circonstances et les contraintes insupportables nées des choix économiques et monétaires européens précédents, d’autant plus qu’au plan extérieur les nations émergentes ne peut que nous rendre immergents par compensation naturelle des forces et des faiblesses de chacun.

L’heure de l’Europe des réalités a sonné. La France ne peut sombrer dans la débâcle économique et monétaire généralisée. Un sursaut salvateur s’impose : celui d’une nouvelle politique assumée par un nouveau Premier ministre. Et dont la première mission consisterait à prendre en mains le gouvernail monétaire et de transformer l’euro, monnaie de la France et qui a vocation à le demeurer, de monnaie unique en monnaie commune, l’euro franc.

Ainsi par un choix délibéré, avec ceux de nos partenaires qui le voudraient - et l’on peut imaginer qu’ils seraient nombreux - l’euro franc coexisterait avec ses pareils, l’euro peseta, l’euro lire, l’euro drachme entre autres. Cette coexistence s’effectuerait sans aucune contrainte et en particulier sans aucun contrôle des changes et pourrait permettre aux différents Etats de se doter de parités autonomes en attendant de retrouver les équilibres et parités naturels propres à chacun d’eux. L’Union européenne redeviendrait un ensemble monétaire cohérent et apaisé après la tempête !

Une telle politique ne peut être conduite, auprès du Président de la République, que par un Premier ministre appelé par lui dont l’équation personnelle et les responsabilités régaliennes antérieurement assumées, justifieraient sans conteste le choix. Cet homme de caractère est en réserve de la République : c’est Jean-Pierre Chevènement.

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Source : Marianne.net

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Bruno Moschetto
Secrétaire National aux questions économiques. En savoir plus sur cet auteur

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