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Publié le Jeudi 17 Septembre 2015 par

Mistral : un accord perdant sur le plan économique, perdant sur le plan politique



Communiqué de Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, jeudi 17 septembre 2015.


L’Assemblée nationale valide aujourd’hui l’accord franco-russe réglant l’affaire des Mistral. Cet accord prévoit le versement de près d’1 milliard d’euros indemnisant la Russie pour l'annulation de la vente de 2 porte-hélicoptères par la France, suite à la crise ukrainienne.

Le coût pour la France est supérieur car s’ajouteront la mise aux normes de sécurité de l’OTAN nécessaire pour espérer une revente et la couverture, garantie par le Gouvernement, de la marge des entreprises concernées. Ni l’existence de repreneurs potentiels (Egypte, Arabie Saoudite), ni les astuces de financement par la Coface ne masquent le manque à gagner réel pour notre pays.

Enfin d'autres pertes à moyen et long terme doivent être attendues, sur de futurs contrats d'armements que les acquéreurs potentiels pourraient hésiter à signer s'ils jugent que la France n'est plus un partenaire crédible – c'est à dire capable d'honorer sa parole et ses livraisons, indépendamment notamment de la politique étrangère des États-Unis.

A cet égard, quelles que soit les précautions prises par le gouvernement, cette décision constitue un mauvais coup porté à toute une filière, ses entreprises et ses emplois.

Si d’un point de vue comptable cet accord est perdant pour la France, il l’est aussi et surtout sur le plan politique.

En refusant de céder les 2 Mistrals vendus, avec pour objectif affiché de sanctionner la Russie, la France a choisi en septembre dernier le parti pris dans le conflit ukrainien plutôt que la médiation et l’apaisement. Un an plus tard, la fragilité du cessez-le-feu et l’absence de perspectives donnent tort à cette stratégie. La crise ukrainienne et ses suites constituent un cas complexe procédant de provocations répétées de part et d’autre et non d’une simple volonté expansionniste russe. L’application aujourd’hui imparfaite des accords de Minsk 2 témoigne d’une responsabilité partagée entre gouvernement et forces pro-russes.

L'annulation de la vente des Mistral comme la pérennisation du conflit ne servent que ceux qui ont intérêt à rejouer le scénario d'une Guerre froide pourtant achevée depuis plus de vingt-cinq ans.

La Russie est un partenaire essentiel pour la France et un acteur clé pour l’équilibre de l'Europe. Son affaiblissement économique, relevant pour partie des sanctions appliquées par l’Union européenne, constitue une menace sérieuse pour le reste du continent et contribue à pousser la Russie dans les bras de la Chine.

Il est nécessaire pour la France de faire évoluer sa stratégie à l’égard d’un pays avec lequel les liens historiques sont forts. Honorer notre parole sur le strict plan commercial eût été un premier pas bienvenu. Il convient également pour l’Union européenne d’envisager la levée de sanctions économiques dont l’effet est quasi nul sur la situation en Ukraine, mais bien réel sur nos exportations.

Les députés du MRC s’abstiendront sur l’ « accord Mistral », un accord doublement perdant, doublement absurde.

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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur

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