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Publié le Jeudi 28 Novembre 2013 par

"Lutter contre le Front National, c’est conduire une politique de transformation sociale qui émancipe et qui protège"



Jean-Luc Laurent, Président du MRC et Député du Val-de-Marne, participait au meeting "défendre la République contre les extrémismes" organisé par le Parti Socialiste, mercredi 27 novembre 2013 à la Mutualité. Voici la vidéo et le texte de son intervention.


Merci Harlem pour cette invitation et cette initiative. Ce Merci est d’autant plus sincère que ce meeting a été et est critiqué comme une initiative contre-productive, nuisible voire cynique.

Pour ma part, je viens à la Mutualité, animé d’une double conviction. La nécessité de réagir et la conviction que ni l’antiracisme ni l’antifascisme ni la vigilance ne font pas un programme pour la gauche, un programme efficace pour lutter contre le Front National mais tout simplement un programme efficace pour la France.

Il est nécessaire de réagir, de ne pas tourner la tête ou de baisser le nez. Depuis le retour de la gauche au pouvoir, les difficultés que nous rencontrons dans la conduite du pays, les oppositions qui se sont levées à l’occasion du débat sur l’ouverture du mariage aux couples de même sexe ont créé plus qu’un climat, une situation politique pourrie.

Dans les années 80-90, Le Pen se vantait de dire tout haut ce que certains Français disaient tout bas.
Avec le développement des réseaux sociaux, d’une société d’expression du moi, de l’information continue, ce que les gens pensaient tout bas maintenant ils peuvent maintenant trouver un canal pour le communiquer, un mur Facebook, un tweet, une vidéo virale, une caméra de chaine d’info continue…une bonne maîtrise de ces outils donnent une audience nationale à des actions groupusculaires voire individuelles.
Il y a 30 ans le FN organisait un système de provocations bien agencé mais aujourd’hui nous sommes confrontés à des initiatives protéiformes qui minent peu à peu l’espace commun, la cité.

La couverture de Minute a marqué un tournant dans l’abject mais les multiples expressions sont tout aussi inquiétantes. Cette « une » après tant d’autres a marqué un tournant en faisant lever le cœur de tous les Républicains et tous les Démocrates.
Trop c’est trop et il n’y aucune hésitation à avoir pour réagir politiquement à ces initiatives. Car la République, c’est un espace commun.

Bien sûr que la politique est conflictuelle mais la République doit être notre maison commune, un espace commun fondé sur un socle de principes fondamentaux qui nous rassemblent. Il y a clairement des comportements, des paroles qui sont hors du cercle républicain. Certaines tombent sous le coup de la loi, la Justice doit poursuivre et sanctionner. Certains sont limite, il faut alors des réactions politiques, des réactions civiques.

Réagir ne suffira pas. Courir après le Front National ne suffira pas. Car si certains ont l’impression de revivre les années 80, nous avons tous ici un peu de sagesse et d’expérience, l’évolution de nos coupes de cheveux en témoigne. L’expérience des années 80-90 doit nous éclairer. La réponse à l’activisme de l’extrême-droite (qui ne se résume pas au seul Front National) doit être politique.
La gauche a historiquement la responsabilité de lutter contre l’ensemble des inégalités et des insécurités. Lutter contre le Front National, c’est conduire une politique de transformation sociale qui émancipe et qui protège, collectivement et individuellement.

Permettez-moi une évocation que certains trouveront incongrue, celle de Philippe Cohen qui récemment nous a quitté, récemment et trop tôt. On le connait, il aurait ironisé contre notre réunion de ce soir. Il aurait ironisé mais au fond, sur un plan, supérieur, il aurait été, il est avec nous. Il est avec nous ce soir avec la conviction que ce sont les renoncements de la gauche qui font la force du Front National. La faiblesse de la droite, de l’UMP, c’est son affaire. La nôtre, ce sont les faiblesses de la gauche et l’épreuve de vérité du pouvoir. Philippe Cohen signait, il y a dix ans un essai visionnaire, mais qui je l’espère ne sera pas prémonitoire. Son titre était « Protéger ou disparaitre ».

Dans le monde difficile de 2013, cet impératif garde toute son actualité. Cela passe pour nous aujourd’hui par le retour à la souveraineté dans tous les domaines, à la réorientation de la construction européenne qui est la condition du redressement de la France et du retour de la croissance, de la prospérité et de l’emploi. La gauche doit regarder en face les défis de la mondialisation, les impasses de la construction européenne, les insécurités économiques, matérielles et culturelles. Ce sont les défis de notre temps, ce sont les défis de l’année 2014 que la gauche doit relever.

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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur


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