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Publié le Lundi 17 Septembre 2012 par

"Le MRC, la boussole républicaine"



Discours de clôture de Jean-Luc Laurent lors de l'Université d’été du Mouvement Républicain et Citoyen à Belfort, dimanche 16 septembre 2012.


Citoyens, citoyennes,

Il me revient le redoutable honneur de conclure nos travaux, de donner le mot de la fin – fin provisoire – alors même que nos discussions d’hier comme de ce matin, ont souligné la gravité de la crise qui est largement devant nous et l’immensité de la tâche politique que nous avons le devoir d'accomplir pour redresser la France. Ce mot de la fin provisoire, ce propos d’étape sera précédé de deux séries de remerciements. En votre nom à tous :

- Merci à Bastien Faudot pour l’organisation de cette université et de la formation des jeunes, merci à Jean-Marc Nicolle, Béatrice Desmartin et Catherine Coutard qui ont organisé la formation des élus ;

- Merci à Christian Proust, Maurice Schwartz et René Remy et à travers eux à tous nos camarades belfortains qui ont rendu possible cette étape dans cette ville que nous aimons tant et qui nous permet de nous ressourcer à nouveau.

- Ici, nous savons que depuis 40 ans, grâce à l'action de Jean-Pierre Chevènement, cette ville et le Territoire de Belfort ont su par l'articulation de l'action locale et de l'intervention nationale de l'Etat, être au service des citoyens.
A l'heure de l'impérieuse nécessité de la réindustrialisation, il est utile de prendre appui sur l'expérience de Belfort et du Techn'hom pour savoir résister et donner un avenir au monde du travail et aux jeunes

- Merci à nos invités et à nos intervenants qui nous ont fait part de leurs analyses et de leurs réflexions pour stimuler ce qui doit nourrir notre action

- Merci aux représentants des partis de gauche qui nous ont fait l'amitié de leur présence

20 ans après notre création, nous sommes toujours vivants et plus forts

La raison du choix de Belfort est simple: voici 20 ans, en août 1992, avec Jean-Pierre Chevènement nous avons énoncé ici les raisons de notre non républicain au traité de Maastricht créant la monnaie unique.

20 ans après, j'ai pensé que la tenue de nos travaux, à Belfort, au moment même où la crise de l'euro vient confirmer nos idées, était un choix judicieux et qui s’imposait. D'autant que notre Université d’été a permis de donner un chemin pour sortir de la crise, tracer une perspective pour réorienter la construction européenne et continuer à faire bouger les lignes.

Après le temps de la discussion et de l’analyse durant ces deux journées d'Université d'été, je veux pour conclure, tracer ce qui me semble être notre tâche: définir un contenu au changement en donnant un cap républicain à la gauche et pour la France. C'est cela qui dans l'année à venir, constituera notre boussole au sein de la majorité présidentielle dont nous voulons la réussite pour sortir la France de l'impasse dans laquelle elle se trouve depuis trop longtemps. Et il convient de rappeler quelques évidences dont nous avons besoin pour agir.

Le 6 mai 2012, c’était hier. Dans une vie politique dominée par le temps médiatique, par les flux d’information, dans une vie politique où un tweet peut faire événement, où certains journaux semblent soucieux de respecter à la lettre l’impitoyable séquence du « lécher-lâcher-lyncher »…nous pouvons être vite déboussolés, les citoyens engagés comme tous ceux qui se tiennent en retrait mais n’en pensent pas moins.

Le 6 mai 2012, c’était donc hier et la gauche a gagné. La gauche rassemblée a gagné et nous avons pris part à ce rassemblement victorieux.

Nous ne devons pas négliger la portée historique de cette victoire et nous savons que chaque victoire ne se juge au final que sur le bilan. La victoire de mai apporte plus de responsabilités que de satisfactions. Dans la théologie républicaine, l’élection est nécessaire mais seules les œuvres sont suffisantes !

La gauche a gagné et Nicolas Sarkozy a été battu. Le peuple français a donné congé à cet hyper président à l’orientation politique confuse, aux cent premiers jours étourdissants, menant une politique énergique aux premières heures de la crise avant d’accumuler les choix mortifères et les surenchères douteuses. La signature du TSCG au début de l'année, en pleine campagne électorale, est un bon exemple des deux.
Si son désastreux bilan économique et européen ne suffisait pas, il faudrait ajouter que Nicolas Sarkozy a rendu notre pays hystérique collant et légitimant les plus extravagantes exigences instantanées du système médiatique. Le climat politique a changé le 6 mai 2012 : la France n’a pas été libérée, elle a été délivrée.

François Hollande a été élu avec notre soutien dès le premier tour, avec celui des écologistes et du Front de Gauche au second.

François Hollande nous le connaissons bien, nous l’avions reçu lors de notre Université d’Eté à Valence en 2010 quand personne ne croyait à sa candidature. Il a mené une campagne dans la droite ligne de ce qu’il nous avait dit à Valence, se démarquant de l'orientation du PS et tenant son cap jusqu’au bout. Se payant même le luxe de refuser d’encaisser le soutien de François Bayrou entre les deux tours.

La gauche a gagné. Première évidence. Nicolas Sarkozy a été battu. Deuxième. François Hollande a été élu. Troisième. Et nous, nous sommes vivants.

20 ans après la convention pour une mouvement des Citoyens en août 1992, à Belfort, à quelques encablures d'ici, à la Maison du Peuple, nous sommes bien vivants et debout.

La crise d’identité semble être un article obligé pour une organisation politique. Où sommes-nous ? Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Il faut d’abord voir la réalité matérielle. Notre représentation parlementaire a doublé. Nous sommes passés d’un député et un sénateur, à trois députés et un sénateur. Les esprits chagrins me diront qu’on parle là de petites quantités. Je répondrai que pour la première fois depuis longtemps le flux s’est inversé. Et nous serons peut-être quatre à l’automne si le Conseil Constitutionnel donne à Julien Landfried l’occasion de faire chuter la maison Devedjian…à la loyale cette fois !

D’autres me diront que nous n’avons pas pu mener au bout la candidature de Jean-Pierre Chevènement à la présidentielle, l’exercice reste compliqué pour les petits et on l’a vu même pour l’enfant chéri des médias qu’est Europe Ecologie. Nous avons fait le bon choix.
Au delà des élections, j'ai plaisir à voir dans cette salle une diversité des âges parmi les participants grâce aux nombreux jeunes, cette génération 2005 qui nous a rejoint.

Le MRC : la boussole républicaine

Nous avons fait le choix du soutien de François Hollande dès le premier tour et par l’accord politique avec le Parti Socialiste d’être au cœur de la majorité avec la volonté de peser. Je l’ai dit la gauche a gagné…et quand la gauche gagne avec notre soutien, notre rôle n’est pas de favoriser son échec ou de nous retirer sur un Aventin.

Notre rôle est d’être dans l’action, et d'agir en responsabilité pour l’aider à réussir. Nous avons été intéressés par le discours du Bourget, nous avons senti pour la première fois depuis longtemps qu’il y avait sans doute une place pour nos idées dans cette maison. Et nous y avons pris place et nous y sommes.

Nous sommes les gardiens du discours du Bourget et surtout de l'accord politique que nous avons signé avec le PS. Cet accord fait de nous des alliés, pas des ralliés. Composante républicaine de la majorité, le MRC entend agir pour contribuer à la réussite de François Hollande. Mais nous entendons rester fidèles à ce que nous sommes. Et pour cela, nous avons notre liberté d’expression et la liberté de vote au Parlement. Les parlementaires du MRC n’ont pas de muselière ! Nous sommes dans la Maison, plutôt un immeuble avec ses parties communes et plusieurs appartements dont celui du MRC.

Nous aurons des alliés, nous en avons déjà. Nous aurons des adversaires, ceux-là nous les connaissons déjà. Nous les connaissons depuis 1992, ils sont nombreux mais contrairement à nous, leur ardeur est bien émoussée.

Jean-Pierre Chevènement porte une voix forte, écoutée, à laquelle le pays est attentif. Ses livres ont eu un grand succès en 2011, c’est un travail en profondeur pour faire avancer nos idées. Ce qu’il a semé en 2011-2012, nous le récolterons car la force de nos analyses c’est leur clairvoyance.

Traité européen : un non positif

Les défauts congénitaux de l’Euro nous les avons détectés dès 1992. Les dix dernières années de chloroforme ont semblé nous donner tort mais quand survient le choc alors la réalité éclate : la crise de l’Euro n’est pas une crise des dettes. Ca, c'est la fumée. Le foyer de la crise c’est la divergence des économies, les déséquilibres de compétitivité et une politique monétaire au forceps. La crise de la zone euro se niche dans le concept même de monnaie unique.

Le grand sujet de l’automne sera la ratification du traité européen. La donne a changé en Europe depuis l’élection de François Hollande. Le couple Merkozy a disparu et c’est une bonne chose. Ca n’est pas suffisant, nous le savons bien. Nous défendons suffisamment l’Europe des Nations pour savoir qu’il ne suffit pas de gagner les élections dans un pays pour tout changer. C’est la règle du jeu.

Le destin de l’Europe est dans les mains des nations et de leurs dirigeants élus, pas dans celle d’un Parlement supranational ou d’une Commission non-élue. Nous ne nous en plaindrons pas et nous ne voulons pas de l'illusoire sortie de crise par la fédéralisme. La crise a été un révélateur de ce point de vue, remettant à leur place le président de la Commission et ne laissant que peu de place au Président du Conseil. Mais l’Europe est lourde à manœuvrer et le président de la République, François Hollande, a le traité d’austérité sur les bras.

Nous savons qu'il faut du temps. Le Conseil européen a déjà permis de compléter le traité par un volet de croissance. François Hollande a réussi à imposer l’enjeu de la croissance. Les Conseils européen à venir prouveront que les temps changent en Europe mais pour le moment, il nous reste l’enfant bancal de l'étrange union de Nicolas et Angela. Traité inutile qui doublonne sur bien des points l’ensemble du droit européen élaboré à Bruxelles avec le Semestre européen, le Six-Pack adopté en 2011, le Two-Pack qui arrive.

Le Conseil Constitutionnel a fait une lecture très particulière, casuistique, du traité et a préféré ne pas voir les enjeux de souveraineté budgétaire contenus dans le traité. Mais il a également écarté le recours à une règle d’or constitutionnelle et ça n’est pas plus mal.
Ce traité, ce sont des procédures douteuses au service d’une politique économique absurde, et qui est déjà caduque au moment où l’Allemagne comme la France entrent en récession.

Nous voterons naturellement contre ce traité qui n'a pas été renégocié comme prévu par l'accord politique entre le PS et le MRC.

Nous voterons contre, il sera sans doute adopté et tout notre travail consistera à ce qu’il ne soit jamais appliqué. Nous ne sommes pas des fétichistes du droit, nous croyons à la politique et à la volonté. Notre travail est de faire en sorte que ce traité, ses objectifs et ses procédures de contrôles supranationales, soient très rapidement couverts de poussière, comme le Semestre européen, comme le Six-Pack. C’est là le vrai combat contre l’austérité budgétaire bien sûr, mais surtout contre la récession où ces politiques nous conduisent. A l’Assemblée comme au Sénat, nous porterons un non positif.

Avec la poursuite de la crise et notre travail politique viendra la vraie question : l’Euro est-il viable ? Monnaie unique ou monnaie commune ? Les mesures de répit prises par les dirigeants européens, et par le président de la BCE, pour tenter de circonscrire l’incendie, de limiter l’influence des marchés financiers sur les dettes souveraines ne traiterons jamais le vrai mal constitutif de l’Euro. Il est essentiel d’imposer dans le débat le bon diagnostic de la crise de l'Euro et qui d’autre que le Mouvement Républicain et Citoyen peut le faire.

La question monétaire ne doit pas nous prendre toute notre énergie Nous ne sommes pas un groupe de pression mais bien un parti politique. Les défis pour la France sont nombreux.

Les dix années de Chirac-Sarkozy ont fait reculer notre pays sur bien des points. Plusieurs ministres ont pris à bras le corps des chantiers qui nous sont chers et pour lesquels il fallait un changement de cap au sein de la gauche : sécurité, éducation, industrie. Nous devons contribuer, contribuer à innover, contribuer à renouer le fil républicain, contribuer à lutter contre les immobilismes et les conformismes. Et contribuer pour continuer à servir l'intérêt général et donner un cap républicain à la gauche et à la France.
La gauche n’a pas – collectivement --mis à profit les dix années d’opposition pour comprendre le monde et adopter sa doctrine. Dans les moments de difficultés, c’est trop facilement les réflexes socio-libéraux qui peuvent l’emporter et les débats de diversion, comme les questions sociétales, qui nous éloignent du fond des choses.
Nous sommes lucides, nous savons cela et c’est pour cela que nous avons un rôle non pas comme butte-témoin républicaine mais comme boussole républicaine et force d’entrainement.

La droite ne nous épargnera aucune provocation, la droite politique aura bientôt fini sa guerre des chefs.

La droite économique ne lâche pas le morceau et le goût de la Belgique affiché par Bernard Arnault relève de la trahison individuelle, de l’esprit de défaite, de la perte du patriotisme mais aussi de la volonté de créer un rapport défavorable à l’idée d’égalité républicaine et aux exigences de la justice sociale. Il s’agit bien d’un acte idéologique et authentiquement politique pour faire pression sur la gauche et sur le pays. Il paraît qu'il ne fuit pas la fiscalité des revenus mais la fiscalité des successions. Il veut transmettre son patrimoine, une vie de labeur...il veut transmettre son pouvoir à sa famille, ses héritiers. Pour nous autres républicains, il y a sans doute plus à voir dans ce geste que dans les péripéties des luttes internes de l'UMP. Nos adversaires sont là, les authentiques adversaires de la République

Et notre prochain Congrès qui aura lieu à Paris les 15 et 16 décembre prochains doit nous mettre en ordre de bataille sur l’ensemble des sujets, notamment la finance, la fiscalité en est un et celle des successions en particulier.

Nous sommes vivants et cela implique des responsabilités :
- d'abord du travail militant pour faire connaitre et diffuser nos positions avec une campagne pour expliquer notre non positif, notre non républicain, constructif, pour la réorientation de la construction européenne ;
- ensuite un travail doctrinal pour nous imposer dans les débats politiques des cinq prochaines années ;
- enfin un travail électoral en préparant 2014 : les municipales et les européennes, le Parlement Européen est une institution dérisoire, les grandes régions ne correspondent à rien mais nous ne devons pas rater ce temps du débat.
Ce seront les sujets de notre prochain congrès. D'ici là, travaillons, travaillons sans relâche. Ne ratez pas votre train..., je parle évidement du train de la refondation républicaine.

Vive la République et Vive la France.


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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur


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