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Publié le Vendredi 13 Novembre 2015 par

Des régionales sans région : les régions au cœur d’une décentralisation devenue folle



Par Jean-Luc Laurent, président du MRC et député du Val-de-Marne, vendredi 13 novembre 2015.


Les 6 et 13 décembre, les Français éliront leurs nouveaux conseils régionaux. Chaque élection locale est devenue une élection intermédiaire, une occasion de juger majorité et opposition, partis établis et outsiders. Les citoyens choisissent en conscience les raisons de leur vote ou de leur abstention. Ces régionales, dernières élections du quinquennat, à moins de 18 mois de l’élection présidentielle, n’échappe pas à la règle et jusqu’à présent les régions sont absentes des régionales.

Trente ans après les premières lois de décentralisations, les collectivités locales vivent au rythme du réformisme permanent, chaque année les lois s’enchainent, l’une défaisant souvent l’autre, pour créer une mécanique institutionnelle incompréhensible. On agrandit le territoire des régions, mais on mise tout sur les métropoles. On dévitalise les départements tout en faisant mine d’être préoccupé d’aménagement du territoire et du décrochage de la France périurbaine et périphérique. On sacrifie la commune dans des ensembles intercommunaux où la technocratie prend trop souvent le pas sur le politique. Les maires et l’ensemble des élus locaux mériteraient un moratoire sur le réformisme permanent pour pouvoir stabiliser politiques et finances locales.

Pour les régions, la majorité a voté deux mesures majeures : le monopole de la compétence économique et la fusion de nombreuses régions. Je n’étais favorable ni à l’une ni à l’autre. La fusion crée du désordre alors que la question de la taille dite « européenne » n’était pas du tout fondamentale. Ces fusions d’apparences régionalistes affaiblissent les régions. Sur les compétences clefs de l’aménagement du territoire et du développement économique, on laisse s’affirmer les métropoles contre les régions. En suivant cette pente, et avec le recul de l’Etat local, il n’y aura bientôt plus aucune politique d’aménagement du territoire pour équilibrer centres dynamiques et périphéries décrochées.

Catalogne, Ecosse, Flandre…beaucoup de nos voisins font face à de graves risques de sécession de régions périphériques. Ce risque est heureusement faible en France, mais ça n’est pas parce qu’il est faible aujourd’hui qu’il faut l’alimenter par des initiatives institutionnelles hasardeuses. La ratification de la Charte des Langues régionales serait une lourde faute. Généraliser la collectivité unique, comme on le fait en Corse, ou comme certains défendent « une Assemblée de Bretagne » constituerait une autre faute. Etat le plus centralisé d’Europe, plus encore que la France, la Grande Bretagne paie aujourd’hui les erreurs des travaillistes après 1997: la dévolution écossaise n’a pas calmé l’indépendantisme mais l’a alimenté. La France est une République unitaire, les provinces d’Ancien Régime n’ont pas vocation à être ressuscitées. Ne faisons pas les mêmes erreurs.

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Jean-Luc Laurent
Président du Mouvement Républicain et Citoyen, député du Val-de-Marne. En savoir plus sur cet auteur


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