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Publié le Mardi 2 Juin 2015

Commission d’enquête sur la surveillance des filières djihadistes : une avancée, des manques



Communiqué de Marie-Françoise Bechtel, 1ere vice-présidente du MRC et députée de l'Aisne, mardi 2 juin 2015.


La commission d’enquête sur la surveillance des filières et des individus djihadistes, dont je suis membre, a remis son rapport aujourd’hui.

Si j’approuve largement les orientations du rapport rendu ce matin et me félicite du consensus que nous avons su trouver autour de ces questions, j’ai souhaité y apporter ma contribution sur deux points en particulier.

D’abord, en matière de lutte contre la radicalisation, j’ai tenu à souligner les dégâts causés par l’abandon brutal en 2003 de la police de proximité par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Faite pour apporter une connaissance fine des quartiers sensibles et pour créer des liens avec des populations souvent fragilisées, la police de proximité mise en place en 1998 par Jean-Pierre Chevènement était un instrument d’efficacité en matière de prévention, de surveillance et d’information ; elle aurait apporté des renseignements précieux sur les liens qui se sont noués ces dernières années entre délinquance et terrorisme. Nous avons perdu dix ans en matière d’information, de surveillance et de renseignement territorial au plus près des sources. Nous le payons cher aujourd’hui : même si la création des ZSP depuis 2012 renoue avec l’esprit de la police de proximité, les lacunes de notre dispositif policier dans les zones sensibles ne seront pas comblées facilement.

Par ailleurs, la nature de la menace djihadiste devrait amener le gouvernement à s’interroger sur l’articulation entre la lutte contre le terrorisme à l’intérieur de nos frontières et les choix de notre diplomatie. L’intervention désastreuse conduite en 2011 en Libye qui, allant au-delà du mandat de l’ONU, a fait littéralement exploser le pays, a eu des conséquences gravissimes sur la circulation de groupes armés en Afrique saharienne et au Moyen Orient. La leçon aurait dû être tirée de cette diplomatie peu responsable. Au lieu de quoi nous payons le prix de notre absence en Syrie car il aurait fallu faire dès l’origine obstacle à la montée d’Al-Nosra pour éviter aujourd’hui de se trouver face à Daesh dans une spirale toujours plus folle qui alimente le djihadisme à l’intérieur même de nos frontières.

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