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Publié le Mercredi 6 Juillet 2016 par Mouvement Républicain et Citoyen

Bac 2016, un cru en trompe-l’œil


Mots-clés : école, éducation

Par Fatiha Boudjahlat, secrétaire nationale à l'éducation, mercredi 6 juillet 2016.


Les lycéens lauréats sont légitimement fiers et heureux d’avoir obtenu le baccalauréat, qu’il soit technologique, professionnel ou général ; leurs parents aussi. Nous les félicitons.

Sur les 617 900 lycéens, le taux de réussite est de 87,8 %, soit une proportion de 77,2% de bacheliers dans une génération. Relevons le taux inédit de 91,5% de réussite au baccalauréat général.

Dans ce que l’UE qualifiait d’ « économie de la connaissance », la hausse générale du niveau d’instruction d’une classe d’âge est une vraie réussite et un vrai motif de satisfaction. Mais cette démocratisation de l’accès au savoir n’est pas corrélée à la réussite artificialisée du baccalauréat.

Les facteurs de cette réussite toujours plus importante ? Plus de documents à exploiter, moins d’apprentissage et de savoirs à mémoriser. Des injonctions faites aux correcteurs de faire preuve de la plus grande clémence, un objectif en termes de pourcentage d’admission fixé avant la correction. La question est posée : que vaut encore le baccalauréat ? Surtout lorsque l’on relève que le taux d’échec en première année d’université est de 44 %. Un indice de la dépréciation de ce diplôme ? L’université de Genève exige une moyenne de 12/20 pour admettre un bachelier français en son sein. Le bac seul ne suffit pas. La démocratisation scolaire ne doit pas se résumer à des scores dont le niveau est déterminé par les modalités de correction. La démocratisation scolaire est ce que la République doit à chaque élève : le plus haut niveau d’instruction pour chacun en fonction de ses capacités, et pas des objectifs politiques démagogiques. Parce que la sélection est différée et la frustration n’en sera que plus grande.

Le baccalauréat doit redevenir un diplôme sélectif et exigeant et les consignes de correction doivent être abandonnées, le MRC fait confiance aux enseignants pour évaluer de manière la plus juste. L’échec à un examen n’est pas un drame et encore moins une injustice sociale insupportable. Un examen est la sanction d’un niveau de maîtrise de connaissances et de capacités qui permettent de poursuivre sa formation, pas le quitus prouvant que ce qui compte, c’est de participer. La démocratisation scolaire ne doit plus être ce que la démagogie pédagogiste en a fait : une distribution de diplômes qui trompe les élèves sur leur niveau réel et les met en échec à l’université. La sélection voulue par les pédagogistes existe toujours, dissimulée et reportée, elle ne profite qu’à une catégorie sociale et renforce la reproduction sociale. C’est là une injustice sociale qui trahit le pacte républicain.

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