Motion d'orientation du MRC adoptée au Congrès du Kremlin Bicêtre des 21 et 22 juin 2008.


Un contenu et un chemin pour la création d'un grand parti de toute la gauche
La France a cru trouver en M. Sarkozy sinon un sauveur du moins un Président réformateur capable de limiter la casse face aux dégâts de la mondialisation. Elle découvre aujourd'hui non sans effroi l'impasse dans laquelle l'a entraînée son élection.


I - Un tsunami barre l'horizon

1) De sombres craquements se font entendre de toutes parts : entrée en récession de l'économie américaine, euro à plus de 1,55 dollar, pétrole dépassant les cent trente dollars le baril, faillite et renflouement par des fonds souverains étrangers ou directement par la puissance publique, d'institutions financières prestigieuses : le fond Carlyle et les banques Citigroup, Merill Lynch, Salomon Brothers et Bear Stearns aux Etats-Unis, Northern Rock en Grande-Bretagne. C'est tout le système financier mondial miné par un endettement aussi gigantesque qu'inconsidéré qui découvre sa fragilité.

2) Les prévisions de croissance en Europe et en France doivent être précipitamment revues à la baisse. Le candidat Sarkozy se flattait de ramener « avec les dents » un point de croissance supplémentaire. C'est avec un point de croissance en moins que le nouveau Président de la République va devoir compter. Loin de remettre en cause les contraintes européennes, M.Sarkozy a négocié sans aucune contrepartie et fait adopter, en catimini, un traité de Lisbonne qui reprend la substance de la Constitution européenne. Ce traité entérine l'impuissance d'institutions européennes déconnectées du suffrage universel face à la globalisation financière ainsi que la perte d'influence de la France par rapport à l’Allemagne dans les votes au Conseil des ministres européen. En acceptant que notre pays ne pèse plus que les trois quarts de son partenaire principal en Europe, le Président de la République a mis fin à la parité fondatrice qui, pendant un demi-siècle, avait assuré un développement relativement équilibré de la construction européenne, déjà entamée, en ce qui concerne la représentation parlementaire, par le traité de Nice. Presque simultanément, Madame Merkel a mis son veto au projet d'Union pour la Méditerranée ou plus précisément l'a vidé de sa substance en l'inscrivant dans le cadre communautaire et en le privant de tout financement supplémentaire.

Le rejet de cette construction européenne technocratique et antisociale confirme, comme le non français du 29 mai 2005, le bien fondé de notre position depuis plus de quinze ans. Le « non » irlandais rend le traité de Lisbonne juridiquement caduc car un traité n’a de valeur que s’il est ratifié par tous les pays qui l’ont signé. L’Establishment européen, au lieu de s’interroger sur les raisons du fossé qui s’est créé entre l’Europe et les peuples et sur les moyens d’y remédier, persistent dans leur détermination de poursuivre le processus de ratification mais ils ne sont pas sûrs d’avoir gain de cause.

Le gouvernement prépare un programme drastique d'économies budgétaires et de réformes dites « structurelles », en fait libérales. C'est une cure de rigueur sans précédent qui s'annonce. L'ensemble des services publics est dans la mire. Pendant ce temps, l'euro cher précipite les délocalisations. L'érosion de notre tissu industriel et le creusement du déficit commercial vont de pair. Ainsi notre pays est-il confronté, non pas à un vide de projet, mais à un projet bien précis d'abaissement du coût du travail et de retrait généralisé de la puissance publique au bénéfice du marché. Ce projet est condamné d'avance parce que dans l'Europe de Maastricht et de Lisbonne, il ne touche pas aux paramètres essentiels et notamment monétaires qui gouvernent l'activité économique. Aussi bien le modèle de compétitivité chinois ne peut s’appliquer à l’Europe. Cette politique gouvernementale prend appui sur une idéologie dominante qui, aujourd’hui, a organisé un système médiatique d’une puissance inégalée, dépendant des oligarchies financières et qui contribue par les voies les plus diverses, souvent parées de l’attrait de la nouveauté, à élever le libéralisme au rang de quasi religion.

3) Après le référendum du 29 mai 2005, l'espoir s'était levé d'un redressement à la fois de l'orientation de la construction européenne et des politiques mises en œuvre en France même. Ségolène Royal avait souhaité une réforme des statuts de la BCE devant le Congrès du PSE réuni en décembre 2006 à Porto. L'accord MRC-PS du 9 décembre 2006, avait formalisé un bon accord stratégique entre nos deux formations sur des points essentiels : réorientation de la construction européenne, prise en compte de normes sociales et environnementales dans les règles de l'OMC, clause antidumping social, préservation de l'atout nucléaire de la France, réaffirmation des repères républicains, sauvegarde des services publics, exigence de la laïcité, politique étrangère et de défense indépendante.

4) Il apparaît malheureusement que les lignes directrices de cet accord ont été au moins provisoirement frappées de caducité par la défaite de la gauche. La régression qui emporte notre pays depuis près d'un an n'épargne pas non plus le principal parti de l'opposition. L'ouverture de Nicolas Sarkozy vers certains responsables du PS a montré l'identité de postulats libéraux et européistes que nous avions justement diagnostiquée pendant la campagne présidentielle de 2001-2002, en dessinant un projet alternatif à la politique « du pareil au même ».

Le PS a certes bénéficié, lors des municipales et des cantonales de mars 2008, du rejet de la politique gouvernementale, mais il semble plus que jamais en panne de projet et de repères solides, malgré l'effort récent, réalisé à l'initiative de son Premier Secrétaire, pour se réapproprier des concepts comme la nation et la République. Le vote du traité de Lisbonne par une majorité de parlementaires socialistes et, plus encore, le refus de faire obstacle à la révision constitutionnelle préalable, pour exiger un référendum sur cette Constitution européenne bis, conformément aux engagements pris, témoignent pour le moins de la fragilité des analyses et du manque de continuité politique de beaucoup de dirigeants socialistes. La plupart demeurent prisonniers de leur « oui » au référendum de mai 2005 et d'une conception de l'Europe aujourd'hui obsolète, comme vient de le démontrer encore le « non » irlandais. Le débat interne paraît vidé de toute substance. Seule la désignation du prochain candidat à l'élection présidentielle et du premier secrétaire qui succédera à François Hollande semblent intéresser. L'analyse de la crise et des moyens d'y faire face est remarquablement absente des débats du PS aussi bien que de sa dernière déclaration de principes qui fait l’impasse sur la nature du capitalisme financier de notre temps, alors même que c'est l'absence d'un projet à la hauteur des défis actuels et l’éloignement des couches populaires qui expliquent déjà l'échec aux trois présidentielles successives de 1995, 2002 et 2007.

Nous voici donc revenus, en apparence, à la situation de fin 2004, quand le PS s'était prononcé à la majorité de 58 % de ses membres en faveur d'une Constitution européenne dont le principe avait été posé, en 2000, en pleine période de cohabitation.

5) Ce serait se tromper beaucoup cependant que de penser que la volonté populaire telle qu'exprimée par le référendum du 29 mai 2005 puisse être ainsi foulée aux pieds. La réalité est plus forte que toutes les constructions politiques et diplomatiques. La France, l'Europe, le monde sont devant une crise systémique sans précédent. Cette crise prend racine dans la dictature des marchés financiers que nous dénoncions depuis longtemps et notamment à l'occasion des élections présidentielles de 2002 : « Les marchés financiers ne sont pas l'horizon de l'Humanité. D'autres valeurs que l'Argent mènent le monde. Ce sont les nations et les peuples qui sont la vraie permanence de l'Histoire » (discours de Vincennes, page 6) Notre projet adopté à notre Congrès de 2006 a analysé précisément les deux composantes essentielles de la « globalisation » qui sont à la racine de la crise actuelle du système :

a) Domination du capital financier sur le capitalisme industriel du fait de l'ouverture à l'échelle mondiale dès les années quatre-vingt-dix, des marchés et des mouvements de capitaux, dictature de l'actionnariat, exigences de rentabilité insoutenables pour les industries de l'Europe, délocalisations et migration, sous l'égide des multinationales et des fonds spéculatifs, du capital productif vers les pays à coût salariaux très bas.

b) Rôle central des Etats-Unis dans la globalisation. Ceux-ci ont fait du dollar la monnaie mondiale mais l'utilisent comme si elle était seulement la leur, au mépris des intérêts de l'Europe et particulièrement de la zone euro. La valeur de la monnaie européenne a ainsi augmenté de 80% depuis 2002, pénalisant les exportations et favorisant les délocalisations. Confrontés depuis 1997 aux crises financières successives (Asie du Sud-Est, Russie, Amérique Latine, éclatement de la « bulle technologique », crise des « subprimes, qui remettent en cause les bases mêmes de leur hégémonie et donc de la globalisation, les Etats-Unis pratiquent une dangereuse fuite en avant dans l'endettement intérieur et extérieur aussi bien que dans la politique étrangère et militaire, notamment pour le contrôle des ressources énergétiques au Moyen-Orient et en Asie Centrale.

Un budget militaire colossal (plus de 600 milliards de dollars) ne leur permet pas d'éviter l'enlisement, notamment en Irak. Un déficit extérieur abyssal nourrit la méfiance à l'égard du dollar. Les Etats-Unis se trouvent confrontés à ce que l'historien Paul Kennedy appelait la « surextension impériale ». Ils n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Là est la cause de la crise actuelle de la globalisation. Ils se tournent vers leurs alliés européens pour les transformer en supplétifs.

6) Mais cette politique suscite des réactions dans le monde, notamment en Amérique latine où les peuples ont élu démocratiquement des gouvernements qui, à des degrés divers, tentent de desserrer l’étau de la mondialisation (Brésil, Argentine, Vénézuela, Bolivie, Equateur). Elle se heurte aussi à la réticence de l'opinion publique européenne. Celle-ci souhaite dans sa majorité que les Etats-Unis redeviennent la grande nation qu'ils sont, en acceptant la réalité d'un monde multipolaire se nourrissant du dialogue des cultures et régi par le droit. Nous souhaitons que la victoire de Barak Obama puisse contribuer au rééquilibrage nécessaire. Ce monde multipolaire s'impose d'ailleurs dans la réalité avec la montée de la Chine, de l'Inde, du Brésil et le retour de la Russie. Il n’est pas jusqu'à l’Iran dont la destruction de l’Irak a conforté la position dominante au Moyen-Orient, dont les Etats-Unis vont devoir tenir compte pour passer un compromis leur permettant de retirer leurs troupes d’Irak tout en maintenant un équilibre de sécurité dans la région. D'immenses moyens de conditionnement médiatique sont déployés au nom d'un nouvel « occidentalo-centrisme » pour décrier et fragiliser cette perspective. Il en résulte des tensions grandissantes avec le monde musulman, la Chine et la Russie notamment. La réintégration dans l'organisation militaire de l'OTAN annoncée par Nicolas Sarkozy nous engage toujours plus à l'Est, à la remorque de la stratégie américaine, dans des conflits et des guerres qui ne sont pas les nôtres. La transformation de l’armée française en petit corps expéditionnaire à des fins de seule projection lointaine méconnaît les exigences à long terme d’une défense véritablement nationale. Ainsi la crise de la globalisation et celle de l'hégémonie américaine se recoupent-elles étroitement.

Dans ce monde dangereux, il est important que la gauche française fasse entendre une voix distincte. La grande crise américaine qui pointe à l'horizon amènera un réexamen critique des postulats libéraux (apologie du libre-échange, effacement de l'Etat, privatisation démantèlement des politiques structurelles au nom du principe de la concurrence) ; à la faveur de ces remises en cause, la gauche française peut faire entendre son message et ses valeurs. La gauche a besoin pour cela d'un projet à la hauteur des défis de notre temps.


II – Face au tsunami, un projet républicain à la hauteur des défis de notre temps.

1. L'urgence c'est de faire face à la récession et à l'approfondissement de la crise qui, après avoir touché les Etats-Unis, va se communiquer à l'Europe. Nous n'y ferons face que sur la base d'une réaffirmation claire de la souveraineté populaire et du rôle de l'Etat.

2. L'Europe à vingt-sept ne peut être qu'une confédération de nations. Les institutions européennes, si elle se montrent défaillantes, ne peuvent pas arguer de compétences exorbitantes pour faire obstacle à des mesures urgentes et exceptionnelles comme si l'Europe était une Fédération, perspective clairement rejetée par les peuples français, néerlandais et irlandais.

3. Les institutions européennes ont l'impérieux devoir de se réformer au feu de la crise, d'instaurer dans l'action un véritable gouvernement économique de la zone euro : baisse des taux d'intérêt, tolérance accrue pour les déficits budgétaires en période de crise, mise en œuvre de politiques contrariant la logique des cycles économiques pour faire de la zone euro un espace keynésien de relance. Ce serait d'ailleurs le meilleur moyen d'aider les Etats-Unis à surmonter leurs propres difficultés. En théorie du moins, l'Europe peut beaucoup aussi en matière de politique industrielle et énergétique, de programmes de recherche et de protection contre les concurrences déloyales, afin de maintenir un tissu industriel aujourd'hui en voie de délitement. Pour obtenir ces réorientations, le gouvernement ne doit pas hésiter à s’appuyer sur la volonté populaire lui permettant d’engager le rapport de forces.

L'Europe doit également veiller à la préservation de ses services publics, de son agriculture et de sa pêche. Il faut réinventer la PAC et la préférence communautaire. Cette exigence ne vaut d'ailleurs pas que pour l'agriculture. L'Europe doit se battre non pas pour libéraliser davantage encore le commerce international mais pour imposer à l'OMC la prise en compte de normes sociales et environnementales. L’autosuffisance alimentaire ne peut se satisfaire d’une concurrence débridée et d’une spéculation internationale entraînant la faim dans de vastes zones du monde. La liberté des échanges n'a de sens qu'entre pays de niveau de développement économique comparable.

4. La responsabilité de l'Allemagne dans la réorientation de la construction européenne est déterminante, car ce pays, en comprimant excessivement ses coûts depuis 2000, a pu dégager d'énormes excédents commerciaux (plus de 200 milliards d'euros en 2007) pour l'essentiel au détriment de ses partenaires de la zone euro (100 milliards) et de l'Europe en général (150 milliards), tout en freinant sa croissance intérieure. Il y a une solidarité objective entre l'action des syndicats et celle de la gauche allemande en vue d'une revalorisation des salaires et l'intérêt bien compris de l'Europe dans son ensemble. L'Allemagne doit mettre en œuvre une stratégie coopérative de relance à l'échelle européenne. Il appartient à la France de l'y aider en formulant des propositions adaptées. Cette perspective de réorientation de la construction européenne eût paru, il y a peu, hérétique, tant elle est contradictoire avec les dogmes de la globalisation, imposée au fil des décennies, par les Etats-Unis et relayée par l'Europe libérale. Mais aujourd'hui le système craque de toutes parts. Ce sont les Etats les plus libéraux (Grande-Bretagne – Etats-Unis –) qui utilisent les moyens de l'intervention publique. C’est paradoxalement d’Amérique que va souffler le vent de la rupture avec le modèle de la globalisation libérale.

5. Il est temps qu'en France aussi on change son fusil d'épaule. La souveraineté populaire, dans les temps qui viennent, aura matière à s'exercer. Nous avons toujours défendu le cadre et les repères de la République. Ceux-ci nous seront bien utiles dans la période qui s'annonce.

6. Pour maintenir notre tissu industriel, priorité des priorités, nous ne devons pas hésiter à utiliser tous les moyens : réglementation stricte des OPA, constitution de pactes d'actionnaires stables, promotion de l'épargne salariale et de la participation des travailleurs au capital des entreprises, lorsque c’est un moyen de protéger la stabilité de l’outil de travail, renforcement du rôle des grands intermédiaires publics et notamment de la Caisse des dépôts, instauration de « golden share » (action publique impliquant un pouvoir de veto), nationalisations partielles ou totales le cas échéant, de certaines entreprises stratégiques (notons au passage la responsabilité des gouvernements libéraux qui ont laissé partir à l'étranger Usinor et Pechiney, avec les conséquences que l'on voit sur la délocalisations de nos sites de production et de nos laboratoires de recherche). Il est temps de passer un pacte nouveau entre les entreprises, les acteurs concernés (détenteurs du capital mais aussi travailleurs), la Puissance publique et les sous-traitants. Il faut remettre en cause l'actuelle dictature de l'actionnariat. Celle-ci est récente. Elle n'a pas de légitimité profonde. Nous trouverons beaucoup d'alliés, et d'abord dans le secteur productif, pour remettre en cause les règles du jeu immorales du capitalisme financier et pour définir les bases d'une nouvelle Charte de l'Entreprise.

Cette politique de redynamisation du tissu industriel s'appuiera sur la relance d'un vigoureux effort de recherche orienté vers les technologies nouvelles (énergies renouvelables, réacteur nucléaire de quatrième génération, biotechnologies, NTIC, productique, nouveaux matériaux, nanotechnologies, promotion de normes et de standards ouverts), sur les économies d'énergie et la promotion de nouvelles formes d'habitat et de transport ainsi que sur un important programme de grands travaux d’infrastructures

7. Le renouveau de l'Etat ira de pair avec la reconquête du territoire et une décentralisation républicanisée refusant la mise en place par l’Etat de la compétition entre les territoires et dans laquelle l’Outre-Mer mobilisera tous ses atouts pour s’inscrire dans la dynamique du codéveloppement. La revalorisation du travail sera le socle d'une nouvelle croissance. Celle-ci permettra de garantir justement les protections sociales en tenant compte de priorités démocratiques (prise en compte de la pénibilité du travail) et en mettant fin à certains privilèges et abus (tarifs déconventionnés – concurrences privées déloyales au service public). Cet immense effort de redressement collectif prendra appui sur une citoyenneté raffermie. Ce n'est pas le modèle républicain qui est en cause : ce sont les attaques qu'il subit. Egalité hommes-femmes, accès égal à la citoyenneté, défense de la laïcité, refondation républicaine de l'Ecole, rien de tout cela qui ne soit éminemment moderne.

Il faudra revoir notre politique d'immigration sans préjudice de la nécessaire maîtrise des flux migratoires dans le cadre d'accords de codéveloppement fondés sur l'intérêt mutuel avec les pays d'origine. La science et la culture seront au cœur de notre démarche. Pour faire face au réchauffement climatique, une véritable écologie de l'Humanité éloignant toute tentation d'un obscurantisme paré aux couleurs de la modernité, est nécessaire. La culture doit s'ouvrir au plus grand nombre et la culture française sur le monde. La francophonie sera un des moyens de cette ouverture.

8. En même temps que la France aura repris confiance en elle-même et en ses capacités, elle aura le devoir de parler aux autres pour dessiner les contours d'un monde multipolaire et pacifique, fondé sur le respect du droit international.

La fin de l'unilatéralisme américain n'est pas la fin de l'Histoire. Nous souhaitons maintenir une belle et bonne alliance avec les Etats-Unis. Mais celle-ci ne saurait se confondre avec l'acceptation résignée d'une vassalité, maquillée aux couleurs d'un « Occident » improbable. Refusant l’occidentalocentrisme de la politique de Nicolas Sarkozy, nous devons nouer ou développer des partenariats stratégiques avec la Chine, l'Inde, le Brésil, le Mexique, le Venezuela, l'Iran, l'Indonésie, sans oublier de restaurer nos liens avec l'Afrique, dont le destin nous concerne et nous concernera toujours. Partout, nous devons promouvoir le dialogue des cultures et favoriser l'émergence et la construction d'Etats fondés sur le droit et notamment celui, intangible, de chaque peuple à se déterminer par lui-même.

Pour que l'Europe existe dans ce monde multipolaire et notamment par rapport aux Etats-Unis et à la Chine, elle doit développer des relations de coopération privilégiées avec ses grands voisins qui constituent l'Europe élargie. Au premier chef la Russie, qui est nécessaire à l'équilibre et à la paix du continent, et que nous ne devons pas repousser vers l'Asie. Il y a beaucoup à faire avec la Russie sur le plan économique et énergétique mais aussi sur le plan diplomatique.

De même nous devons chercher à donner un contenu à « l'Union pour la Méditerranée ». Le développement du Maghreb et de l'Egypte, la stabilisation des Balkans sur la base du respect égal de l'identité de chaque peuple, la paix au Proche et au Moyen-Orient, l'arrimage enfin de la Turquie à l'Europe, répondent ainsi à notre intérêt bien compris du point de vue de la croissance aussi bien que de la sécurité.

La France enfin doit rester une grande puissance politique. Le respect du droit international, le dialogue des cultures, le codéveloppement avec le Sud et enfin le maintien d'une défense indépendante seront les axes de notre politique extérieure. L'indépendance n'est pas moins nécessaire dans un monde multipolaire qu'elle ne l'était dans l'ancien monde bipolaire. Il nous appartient donc de combattre les dérives dangereuses auxquelles nous conduit déjà la perspective annoncée d'une réintégration de l'organisation militaire de l'OTAN en rupture avec la politique inaugurée par le général de Gaulle. Ainsi notre opposition à la politique de M. Sarkozy n'est-elle pas une opposition systématique et aveugle. C'est une opposition républicaine et argumentée, fondée sur la perspective d'un avenir différent et meilleur.


III – Vers la refondation républicaine de la gauche

1. Plus de trente ans après le Congrès d'Epinay et la signature du programme commun, la gauche française doit prendre un nouveau départ comme elle a su le faire à différentes étapes de son histoire : 1905 -1920 - 1946 - 1971. Le cycle d'Epinay est désormais révolu. Ce qui ne signifie pas que les objectifs originels - rassembler la gauche, reconquérir les couches populaires - aient perdu de leur pertinence. Mais le monde a changé. Avec l'effondrement de l'URSS, le communisme a perdu son étoile polaire. Confronté au néo-conservatisme libéral, le Parti socialiste peine à trouver ses marques. Ce n’est pas en s’affirmant libéral au moment où le libéralisme fait eau de toutes parts que le PS rejoindra la vraie modernité : celle qui consiste à anticiper et à vouloir. C'est une refondation de toute la gauche qu'il faut préparer, avec toutes ses sensibilités et toutes ses cultures : social démocrate, républicaine, communiste, radicale, écologiste, etc.

2. L'objectif d'un grand parti de toute la gauche doit être clairement affirmé. Seule une nouvelle structure pourra accueillir la masse des sympathisants aujourd'hui sans repères et l'élan des nouvelles générations. Une Fédération ou une confédération pourrait sans doute constituer une étape intermédiaire mais en réalité le temps presse : seule la création d'un grand parti de toute la gauche sur une base de principes, déjà relayée par certains responsables socialistes et faisant écho à nos propres propositions, peut créer l'électrochoc nécessaire. Ce nouveau parti devra rassembler largement et sans sectarisme toutes les sensibilités. Du dialogue en son sein d'une sensibilité critique voire utopique, et d'une sensibilité plus gestionnaire doit naître une dynamique féconde. Rien ne serait plus contreproductif que de vouloir construire un parti révolutionnaire, à plus forte raison de voir émerger un rôle purement contestataire à côté d'un parti social-libéral. Ce serait donner un boulevard à la droite conservatrice.

3. Au départ il faudra cependant ouvrir le débat sur la nature de la globalisation et du capitalisme financier aujourd'hui dominant, car dès les premiers temps du mouvement ouvrier, au XIXe siècle, aucune vision socialiste n'a jamais pu se développer que sur la base d'une critique préalable du capitalisme de l'époque. Il en va de même aujourd'hui. A partir d'une telle analyse du capitalisme financier d'aujourd'hui et de ce qu'on appelle la « globalisation », un débat fructueux pourra naître et se développer.

4. Chaque parti actuel de la gauche apportera son meilleur au parti futur. Les communistes, dont l'histoire tourmentée a eu sa grandeur, doivent savoir tourner la page, ouverte au début du dernier siècle, par le Congrès de Tours. Ils trouveront dans un parti de toute la gauche un cadre plus efficace pour faire mûrir les espérances révolutionnaires. Il en va de même pour les écologistes qui n'ont pas rompu avec la tradition des Lumières, pour les radicaux sincères et pour les hommes et femmes de progrès qui n'entendent pas tourner le dos au message qui fut jadis celui du général de Gaulle.

S'agissant du MRC, héritier du MDC mais aussi, avant 1993, du CERES et de « Socialisme et République », les raisons qui avaient motivé sa création : refus de l'alignement sur l'hyperpuissance américaine dans la première guerre du Golfe et rejet de l'Europe libérale de Maastricht, n'ont pas disparu, même si nos critiques depuis 2003 (deuxième guerre du Golfe) et 2005 (rejet de la Constitution européenne), sont plus largement partagées. 

Pour que les choses soient dites clairement, la fondation d’un grand parti de toute la gauche ne signifie pas l’adhésion au PS. La campagne d’éradication dont nous avons été les victimes depuis le 21 avril 2002 nous a criminalisés pour avoir porté un projet différent sur l'Europe, la politique industrielle, la République ou l'indépendance de notre politique étrangère. Aujourd’hui, dans un climat nouveau, nous entendons non seulement nous faire respecter mais conduire des débats de fond sans lesquels il n'y aura pas de refondation républicaine de la gauche. Le MRC se place dans cette perspective de refondation exclusivement. Il n'entend donc pas acquiescer à une version de l'Histoire qui n'a pas d'autre objet que de soustraire à la critique une orientation social-libérale qu'il a toujours combattue. Pas plus qu'hier nous n'accepterons de servir de caution. Aucune formule de recomposition de la gauche n’interviendra donc sans la réunion préalable d’un Congrès extraordinaire. C’est à une refondation républicaine que nous voulons contribuer, non à un replâtrage du parti socialiste.

5. Pour notre part, nous respectons le PS en tant qu'organisation, et nous n'entendons pas nous ingérer dans des choix de personnes qui lui incombent. Le débat d'idées au sein de la gauche en revanche est légitime et nous y contribuerons. Pour ce qui nous concerne, nous aspirons à la confrontation loyale des idées, au sein d'un grand parti de toute la gauche, avec le seul souci du fond. C'est ce qui a beaucoup manqué à la gauche depuis un certain temps et c'est avec cette loyauté élémentaire à l'égard des idées, et par conséquent des personnes, que nous aimerions la voir renouer dans son ensemble.

Le MRC propose donc un cadre de discussion ouvert à l'ensemble des femmes et des hommes de gauche et de progrès pour jeter les bases d'un grand parti de toute la gauche. Cette refondation est urgente. Sinon la gauche risque de se trouver confrontée à des divisions persistantes, au risque d'une nouvelle défaite.
Cela suppose que nous soyons un parti à la hauteur de ses ambitions et de son projet. Une campagne de mobilisation sera mise en œuvre, invitant les républicains sincères à s’inscrire dans un large rassemblement populaire et citoyen. Le MRC se doit d’être plus vivant et plus actif à tous les niveaux de son organisation.

Pour mobiliser l'ensemble de ses forces et susciter l'adhésion des hésitants, nous lançons un appel pour que la gauche se réunisse et se mette d'accord, non sur une simple perspective d'alternance dépourvue de contenu politique, mais sur un projet républicain réellement alternatif. C'est possible. Le projet républicain du MRC est sur la table. Cette contribution de notre prochain Congrès a pour but d'ouvrir le débat non seulement au MRC mais également au sein de la gauche tout entière, en tout cas parmi ceux qui, combattant la globalisation financière, font de sa refondation leur perspective.

Actualités

I Publié le Mercredi 2 Juillet 2008 par MRC

Mots-clés : dissuasion défense otan

Mouvement Républicain et Citoyen, 2 juillet 2008


Le Livre blanc sur la défense dessine les grands axes de la politique de défense pour plusieurs années. Ainsi, le Livre blanc de 1972 était fondé sur la dissuasion ; celui de 1994 centrait la politique militaire sur la projection de force sur des théâtres extérieurs.

Le livre blanc de 2008 est clairement marqué par la réintégration complète dans l’OTAN et l’alignement général sur les Etats-Unis.

L’appréciation des menaces

Le Livre blanc reprend la vision américaine de l’ordre mondial. La menace viendrait d’un arc de crise allant de l’Atlantique à l’Océan indien : il n’est pas difficile d’y voir le « greater Middle East », objet de toutes les préoccupations américaines. C’est accepter en fait une vision de confrontation Occident - Islam, qui fait du monde arabe une source de périls, du monde persan un ennemi désigné et de l’Asie musulmane un danger permanent. C’est cette vision du monde qui a conduit à l’invasion de l’Irak, à l’enlisement en Afghanistan, et aux menaces répétées d’intervention en Iran.

Dans cette vision des choses, la France perd son libre-examen, et se trouve enrôlée dans les croisades américaines à forte odeur de pétrole. L’unité du monde occidental est présentée comme une condition de la paix : mais cet « Occident » n’existe pas ! Les intérêts de l’Europe et ceux de l’Amérique, que 6000 kms d’océan séparent, sont distincts ; ils sont même souvent divergents au Moyen-Orient ou face aux défis énergétiques.

De plus cette vision du monde ignore la réalité : la montée en puissance de la Chine, de l’Inde, de la Russie, l’émergence du Brésil ou de l’Afrique du Sud... Bref de tous les acteurs de la planète qui remettent en cause l’unipolarité du monde sous la férule de Washington.

Il est consternant de voir la France épouser ces vues dépassées, pour complaire aux Etats-Unis, au lieu d’anticiper, de remettre en cause des situations aujourd’hui révolues, et de s’inscrire dans le monde multipolaire en train d’apparaître.

Embrigadement risqué

Déjà, l’accent mis sur les capacités de projection à l’extérieur des forces armées françaises a conduit le plus souvent à fournir des renforts aux opérations américaines. Nos soldats sont partout : 17 opérations extérieures en cours, mais la France est à peu près nulle part, car les clés de ces opérations sont dans d’autres mains. Le renforcement de nos troupes en Afghanistan en est le témoignage le plus absurde.

L’intégration pure et simple dans l’Alliance renforce le risque d’être entraîné dans des guerres qui ne sont pas les nôtres. Ceux qui se font aujourd’hui les plus actifs propagandistes de ce Livre blanc étaient en 2003 favorables à la participation française à l’invasion de l’Irak (*).

Certes, il est toujours possible juridiquement à un Etat membre de participer ou non à une opération de l’OTAN. Mais l’intégration crée un état d’esprit, un rapport de force, dans les états-majors, dans les instances de décision, et, dès lors qu’au sommet de l’Etat on se rallie à la vision américaine de la sécurité, il est logique d’en suivre les conséquences. La défense est un outil de notre diplomatie. L’intégration complète dans l’OTAN retentira inévitablement sur celle-ci.

La France doit au contraire conserver la maîtrise de sa défense pour garder une politique étrangère indépendante. Lorsque la voix de la France se confond avec celle de l’Amérique, elle n’est plus audible et n’est d’ailleurs plus entendue (cf. Liban).

Défense américaine de l’Europe

Ce ralliement à l’OTAN sonne le glas de toute politique d’émergence d’une défense européenne de l’Europe. Comme nous n’avons cessé de l’annoncer, les incantations à la « défense européenne » aboutissent à l’intégration dans l’OTAN c’est-à-dire à une défense américaine de l’Europe. Le traité de Lisbonne nous avait prévenus « l’OTAN reste pour les Etats qui en sont membres le fondement de leur défense collective et l’instance de sa mise en œuvre ».

Cette vision américaine de la défense de l’Europe aboutira à une stratégie de confrontation avec la Russie, parfaitement contraire aux intérêts français, allemands et européens. Elle conduira quelque jour à faire adhérer à l’OTAN l’Ukraine, la Géorgie, pour cerner la Russie, en plaçant nos relation avec Moscou sous le signe de l’hostilité alors que nous avons tout à gagner à conduire avec la Russie un partenariat stratégique.

Les moyens de la défense

La dissuasion est maintenue, mais le Livre blanc en diminue le format. De plus, son sens stratégique et politique s’efface : l’outil, en dernier recours, de notre autonomie et de notre indépendance coexistera avec un système militaire où l’intégration sous commandement américain sera la règle. C’est une profonde déstabilisation. Nous ne pouvons nous en remettre à un système occidental global du soin d’assurer notre sécurité en dernier recours.

En matière de renseignement par satellite, l’effort proposé est utile. Mais il ne changera rien au fond des choses : nos partenaires européens se refusent à construire un bouclier spatial européen indépendant. Rappelons que, pour la construction du système Galiléo, la Commission européenne impose un appel d’offres mondial ! Nous nous retrouverons peut-être avec des satellites américains et des lanceurs russes, pour ce système « européen »... En tout état de cause, nous resterons tributaires des renseignements fournis par les Américains.

Enfin la diminution drastique des effectifs, conséquence à retardement de l’abandon du service national et l’inorganisation des réserves nous laisseraient fort dépourvus en cas de crise majeure (incapables de protéger les abords maritimes, les réseaux d’eau potable, d’électricité, les relais de radio, TV, téléphonie...)

Le livre blanc renonce à toutes les conditions qui étaient posées auparavant pour une réintégration totale dans l’OTAN. La France réduit donc son outil de défense et regagne, tête basse et affaiblie, une place au fond de la classe OTAN.

-------
(*) Cf. Thérèse Delpech, audition devant la commission des affaires étrangères du Sénat, 11 février 2003 François Heisbourg, Tribunes publiées par Le Monde du 27 février et 10 septembre 2003

Actualités

I Publié le Mercredi 2 Juillet 2008 par MRC


Mouvement Républicain et Citoyen, 2 juillet 2008.



Le Traité de Lisbonne est mort, juridiquement et politiquement mort. Les Irlandais, consultés démocratiquement, l’ont rejeté massivement. Les initiateurs de ce mauvais texte le comprendront-ils ? Ou bien plutôt, comme tout semble l’indiquer, chercheront-ils malgré les obstacles apparus en République tchèque et en Pologne à contourner le vote du peuple irlandais, comme ils l’ont fait avec celui du peuple français ?

Pourquoi les Irlandais ont-ils dit non ? Ce n’est pas difficile à comprendre. Il y a une très profonde crise de légitimité du processus de construction européenne. Les peuples ont décroché, ils n’y croient plus. Plus : ils considèrent qu’il est devenu négatif, que les élites politiques, financières et médiatiques qui en sont les zélateurs intéressés et autoritaires, les ont trahis, abandonnés aux conséquences désastreuses de la politique ultralibérale et tracassière à la fois de la Commission européenne.

Car enfin, quelle est la situation dans laquelle les gens se débattent au quotidien ? La montée de l’inflation, alors que la Banque centrale prétend la contrôler en maintenant un euro fort, dévastateur pour l’activité économique, et dont seule l’Allemagne parvient à conjurer les effets négatifs ; la privatisation des services publics partout, la précarisation des statuts professionnels, la mise en concurrence des modèles sociaux, l’absence de protection face à la mondialisation sauvage et à la concurrence impitoyable des pays à bas salaires, l’absence de tarif extérieur commun, un pacte de stabilité qui agit comme un véritable couperet sur les politiques budgétaires nationales et qui paralyse toutes les politiques sociales, publiques et de solidarité ; enfin une incapacité stratégique de l’Europe, réduite au rôle de supplétif de l’empire d’Outre atlantique...

De fait, tout ceci se résume en deux formules : dépossession de la souveraineté des nations, détournement de la volonté des peuples au seul profit du capital financier européen et international. C’est cela que les peuples ont compris. Et qu’ils refusent.

Que faire ? Il faut réorienter la construction européenne en s’appuyant sur la volonté populaire, revoir les statuts de la Banque centrale en y introduisant des objectifs d’emploi et de croissance ; confier explicitement à l’Eurogroupe la responsabilité de la politique de change ; refuser toute nouvelle privatisation, déclarer les services publics biens de souveraineté nationale et, comme la recherche et l’innovation, les faire sortir des champs de compétence, c’est-à-dire de privatisation ,de la Commission ; réduire le droit absolutiste d’initiative de celle-ci ; assouplir la pacte de stabilité pour relancer la zone euro et jeter les bases d’une coopération intergouvernementale des pays de l’euro ; refuser le libéralisme effréné de la Commission, qui livre, à l’OMC, les peuples européens pieds et points liés à la mondialisation libérale ; introduire une taxe sur les délocalisations.

Il faut organiser un débat européen pour lancer de grands projets d’infrastructure et de développement, imposer à la Commission de mettre en œuvre une véritable politique de l’énergie, relancer des politiques d’industrialisation concertées, rétablir, enfin, pour un meilleur équilibre stratégique au sein du Conseil européen, la parité des votes entre la France et l’Allemagne. Il faut de l’imagination, le souci des peuples, le respect de la démocratie. Et remettre sur le métier tout le processus de construction en éclairant sa finalité et ses moyens. Il faut arrêter la course folle à l’intégration, réintroduire fortement la coopération intergouvernementale, et aller vers une Europe à géométrie variable fondée sur la démocratie des peuples. Permettre aux pays qui veulent plus d’intégration de le faire ; aider les autres à se mettre à niveau, donner enfin à l’Europe ce qui lui manque le plus : une identité sociale, un projet humain. Et pour cela, il faut rendre l’Europe aux peuples européens, respecter le verdict des urnes.

Actualités

I Publié le Mardi 1 Juillet 2008 par MRC


Déclaration commune du MRC, du PCF, du PRG et du PS, 1er juillet 2008.


Les priorités de la présidence française de l’Union européenne sont fixées. Elles concernent principalement : l’immigration, l’Union pour la Méditerranée, l’environnement et la lutte contre le changement climatique, l’énergie, la politique de défense. En arrière plan, le gouvernement français prévoit également d’aborder la question de la réforme de la PAC, de l’Europe du futur, de la politique économique, de l’influence de l’Europe sur la scène internationale, du renouvellement des institutions européennes.

Le référendum irlandais qui a vu la nette victoire du non ne traduit pas un rejet de l’Europe mais une exigence de réorientation des politiques en clarifiant les priorités de la construction européenne. C’est ce qu’entend proposer la gauche, à un moment où le gouvernement, en acceptant un compromis sur le temps de travail au niveau européen, fait sauter la durée légale pourtant fixée à 48h hebdomadaire. Ce choix fait au nom de la France par Nicolas Sarkozy est significatif de ce que va être cette présidence : transposer à l’échelle de l’Europe la politique aujourd’hui conduite en France. C’est le choix de l’adaptation à la globalisation économique libérale.

Face aux conséquences de ces choix de Nicolas Sarkozy, les partis de gauche proposent d’autres priorités pour la présidence française de l’Union européenne, qui permettent de répondre à la fois aux attentes sociales, aux enjeux environnementaux, à la préservation de la paix, à la coopération et au développement avec l’Afrique et la Méditerranée.

Cela implique la définition de priorités.

1ère priorité : la question sociale en Europe : croissance, emploi, pouvoir d’achat, salaires, retraites.

Cette question sociale ne peut être affrontée sans réorientation de la stratégie économique qui prévaut en Europe aujourd’hui. Elle implique que la question sociale soit au cœur de la coordination des politiques économiques dans la zone euro et un changement des objectifs de la Banque centrale. Les droits sociaux existants doivent être préservés, notamment en ce qui concerne le droit du travail. De même, la lutte pour l’emploi, la sécurisation des salariés contre la précarisation des conditions de travail doit être une priorité pour l’Europe. Elle doit notamment avoir pour objectif et d’avoir comme objectif l’instauration d’un salaire minimum dans tous les pays européens.

Il s’agit pour les partis de gauche de renforcer et d’harmoniser les politiques sociales protectrices à l’échelle européenne, de garantir une clause de sauvegarde sociale pour qu’aucune directive relative au marché intérieur ne remette en cause les droits sociaux existants dans un Etat membre.

2ème priorité : face à la crise financière, qui traduit une crise profonde du système financier mondial, il faut renforcer les pouvoirs de contrôle des marchés financiers et modifier la politique monétaire et de crédit de la Banque centrale européenne au profit de l’emploi, de la recherche, de la formation et de l’investissement dans les grandes infrastructures de transport collectif et de communication.

3ème priorité : lancer une vraie politique européenne pour l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Cette politique doit concrétiser les objectifs visant à réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre, à développer les énergies renouvelables, les économies d’énergie et lancer les bases d’une fiscalité environnementale. L’Europe doit défendre le principe du service public de l’énergie, et tirer les leçons des politiques de libéralisation du marché de l’énergie menées depuis une dizaine d’année.

4ème priorité : promouvoir et protéger les services publics, en particulier par la mise en œuvre d’une directive cadre sur les services publics.

5ème priorité : face à la crise alimentaire, il faut affirmer l’impératif d’une Politique agricole commune et le maintien d’une préférence communautaire dans le contexte de cette crise mondiale. Cela implique aussi la régulation des marchés agricoles et la prise en compte de l’environnement et de l’aménagement du territoire rural.

6ème priorité : concevoir une politique internationale européenne qui refuse tout alignement sur la politique américaine. A propos de l’Afghanistan, cette politique doit privilégier l’aide au développement promis par les Nations unies et non pas l’envoi de troupes.

7ème priorité : engager une politique européenne ambitieuse pour le développement de l’Afrique s’appuyant sur la suppression de la dette au profit d’investissements locaux dans les infrastructures, l’éducation, la santé et l’écologie en construisant un vrai partenariat euro-méditerranéen qui respecte les engagements en termes d’aide publique au développement et des initiatives fortes pour la paix au Proche-Orient. La politique d’immigration doit être fondée sur un vrai co-développement et non sur la seule vision sécuritaire et répressive du président de la République.

Mouvement Républicain et Citoyen, 30 juin 2008


Le Mouvement Républicain et Citoyen déplore les initiatives prises par le Président de la République et la majorité présidentielle qui témoignent d’une dérive par rapport aux principes républicains les plus élémentaires, en particulier par :
- la volonté d’inscrire le principe de « diversité » dans l’article premier de la constitution, qui témoigne d’une vision ethnique de la société, et qui prépare les esprits à des politiques de discrimination positive sur base ethnique, dont Nicolas Sarkozy s’est plusieurs fois fait le défenseur
- l’encouragement à reconnaître les langues régionales directement dans la Constitution, premier pas vers la ratification de la Charte des langues régionales et minoritaires, qui porterait un coup fatal à l’unité linguistique de la France
- les œillades prononcées en direction des responsables religieux ou communautaires lors des discours de Latran (20 décembre 2007), de Ryiad (14 janvier 2008), ou devant le CRIF (13 février 2008), où le Président de la République, théoriquement garant de la permanence de nos institutions et des principes républicains tend à reconnaître des corps intermédiaires ethniques ou religieux entre l’Etat et les citoyens

Pour le MRC, la République n’est pas un concept pour campagne électorale mais une exigence politique qui repose sur les trois piliers que sont la liberté, l’égalité et la fraternité.

Face à la grave crise sociale et aux développement des inégalités qui rongent la France depuis plusieurs décennies, le MRC considère qu’il faut s’appuyer sur les valeurs de la République et sur ses institutions et non les rogner comme le fait l’actuel président de la République, Nicolas Sarkozy.

Seule une politique d’égalité sociale, attachée à la réduction des inégalités, de nature essentiellement économique, permettra de relever la France et de la sortir de l’ornière. Les discriminations de nature ethnique ou raciale doivent être combattues par l’arsenal légal existant, la mobilisation des administrations concernées et l’expertise de la Haute autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité (HALDE).

Enfin il n’y aura pas de « vivre ensemble » sans un projet porteur pour tous les Français, capable de transcender les différences particulières, et de s’attaquer aux problèmes concrets que vivent la majorité des Français et des étrangers vivant en France : le sous-emploi, le mal logement, les difficultés pour se soigner, l’insécurité des conditions de vie, etc.

De ce point de vue, le communautarisme apparaît comme un système de substitution au principe de l’intérêt général, et un allié objectif de la préservation des intérêts des plus puissants. La gauche, de ce point de vue, doit reprendre corps avec les besoins des classes populaires et ne pas confondre un véritable progressisme avec le soutien quasi-automatique aux revendications identitaires et communautaires.

Actualités

I Publié le Dimanche 22 Juin 2008 par MRC

Mots-clés : congrès 2008 mrc

Plus de 500 personnes étaient présentes les samedi 21 et dimanche 22 juin au congrès du MRC. Voici des photos du congrès.


Les photos du congrès du MRC du Kremlin-Bicêtre
Voir la galerie dédiée au congrès.
1 ... « 159 160 161 162 163

Abonnez-vous à la newsletter


Les parlementaires du MRC
Député du Val-de-Marne
Président du MRC
Député du Nord
Vice-président du MRC





Suivez le MRC sur Facebook

Suivez le MRC sur Twitter

Suivez le MRC sur Google+

Faites connaître le MRC